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 The story of gods and men

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Reese B. Maddox
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MessageSujet: Re: The story of gods and men   Lun 7 Nov 2016 - 18:26

Sauf si Grant gnagnagna. Reese roula des yeux, déjà bien contente que la Doc dise que ça allait bien pour elle. Bon, elle n'était pas encore tirée d'affaire, et ce n'était que le début d'une longue convalescence, mais au moins, ça allait bien et elle se raccrochait à ça. Avec une infection en moins, le reste n'était que broutille... Bon, peut-être pas. En tout cas, pour Reese, c'était déjà un beau progrès. Elle hocha la tête aux ordres de la brune, sans esquisser un sourire. Un simple « Chef, oui chef. » Lancé d'une voix plutôt faiblarde, et elle remercia pour la gourde, se contentant d'en reprendre une gorgée quand Daphne la laissa toute seule sans lui dire au revoir. Pas comme si ça lui faisait quelque chose, mais bon.

*

La porte du garage coulissa à nouveau sur ses railles quand Daphne revint le lendemain. Leurs entrevues ne duraient jamais longtemps, mais Reese n'imaginait pas qu'elle viendrait tous les jours. Si elle avait l'occasion, tant mieux. Sinon, elle ne s'en formalisait pas. La solitude ? La brune n'avait pas le temps de la voir passer, il fallait dire que la veille, elle avait eu de la compagnie. Et elle l'avait échappé belle. Une belle surprise alors qu'elle parvenait enfin à fermer l'oeil et dormir pour de vrai. Quand elle sentit quelque chose venir lui presser les bottines.

Un rôdeur, s'acharnant sur ses semelles. Jamais de sa vie Reese n'avait été aussi vive et réactive. Mais même avec le bide à peine cicatrisé, la brune avait réagi au quart de tour en comprenant ce qu'il lui arrivait. Le fait qu'un mordeur avait réussi à rentrer dans son abri, qu'il tentait de lui bouffer les orteils, qu'elle n'en avait pas envie. Pas mal aurait pu mettre du temps à réagir, mais pas elle. Malgré l'épuisement, la douleur, l'avocate s'était saisit de la clé à molette avec laquelle elle jouait avant de s'endormir et avait éclaté le crâne du mort sans se faire prier. Bilan, le petit bureau annexe dans lequel elle dormait s'était transformé en boucherie.

Et pour Daphne, une autre surprise dans l'entrée. Un second cadavre, d'un autre rôdeur qui avait fait le tour de l'endroit, et qui avait été cueilli par la brune qui lui avait coupé la tête. Même si coupé n'était pas techniquement le mot qui décrivait vraiment la situation. Alors, voilà. Elle eut droit au corps d'une femme d'un certain âge, décharné, éventré, en plein devant l'entrée, avec la tête posée à côté. Et Reese, réveillée de sa sieste, ne se redressa pas de son plan de travail où elle avait posé la joue. La fraîcheur à travers le tissu de son coussin de fortune lui faisait du bien. Pas de fièvre, mais un certain soulagement.

« Tu as mal fermé avant de partir, j'ai eu de la visite après ton passage. » Annonça Reese à Daphne sans se redresser, sachant parfaitement qu'elle était là, qu'elle l'écoutait, et tout ça. Elle continua à parler, pas certaine qu'elle était écoutée et étendue, mais elle s'en fichait. « Si je ne savais pas que tu étais une urgentiste appliquée, j'aurais juré que tu l'avais un peu fait exprès. » Pourquoi aurait-elle fait ça ? Parce qu'elle le pouvait. Ou peut-être n'était-ce qu'une erreur, qu'une mauvaise déduction. Reese n'était pourtant pas mauvaise en déduction. « Pour voir si je pouvais y survivre, c'est ça ? » Questionna-t-elle en se redressant. « On va dire. »

Sans bouger de son siège, elle prit une profonde inspiration. Le reste de la journée, Reese l'avait passé à essayer de regagner un petit peu d'endurance. Elle marchait dix minutes à côté de son tabouret à roulettes, avant de se poser dessus. Elle le refaisait, encore et encore. Puis elle s'endormait deux heures, et recommençait. Elle buvait, grignotait quelques petits gâteaux, rien de folichon, juste pour se maintenir et se donner du carburant. Relevant son haut, elle annonça : « J'ai du m'ouvrir légèrement durant le grand nettoyage. J'ai dû nettoyer avec ce que j'avais et rafistoler comme je pouvais. C'est pas grand chose, mais pour que tu le saches. » Non, elle n'était pas urgentiste. Mais c'était qu'un strap qui avait probablement sauté, elle n'avait même pas eu mal.



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MessageSujet: Re: The story of gods and men   Lun 7 Nov 2016 - 19:15

« Oublier » de fermer, finalement, ce n’était pas si difficile. Quelques pas à l’extérieur, et elle n’y pensait déjà plus. Peut-être que le lendemain, elle aurait l’agréable surprise de voir la locataire de ce garage miteux dévorée par des rôdeurs. Est-ce que Grant serait dupe ? Oui. Non ? Va savoir… personne n’était réellement capable de lire ce qui se passait dans sa tête, alors le mécanicien ne pourrait que soupçonner son rôle dans le stratagème. Mais au fond, il ne saurait pas. Jamais. Peut-être qu’à ce moment, Daphne l’autorisera à venir se recueillir sur sa dépouille. Histoire que la dernière image qu’il ait de son béguin soit celle de son corps déchiqueté par un macchabée.

**Jour 2**

Pendant un moment, l’urgentiste avait même pensé à ne pas y retourner ce jour-ci. Ça aurait été simple de prétendre un empêchement et de laisser l’autre se débrouiller, avec sa blessure, sa sous-nutrition et la porte ouverte de son abri. Une journée de plus, pour lui laisser une chance de mourir. Mais au milieu de l’après-midi, Grant était venu la voir : il avait notamment réussi à dénicher une boîte d’antibiotique, quelques cachets contre la fièvre, et de quoi faire d’autres pansements. La trentenaire avait été prise en flagrant délit de lecture alors sous le regard insistait de son cadet, elle s’était préparée à sortir à son tour. Il fallait bien qu’elle fasse mine d’un peu de bonne volonté pour que son marché tienne jusqu’au bout.

Une vingtaine de minutes plus tard, elle était dehors, sac sur le dos et machette en main. Il devait y avoir eu quelques mouvements de foule pendant la nuit : elle dut abattre pas moins de trois charognes sur le court trajet qui la séparait de la cachette de Reese. Arrivée sur place, elle constata que la porte était fermée désormais. Cela signifiait que l’avocate s’était aperçue de son « oubli », mais était-ce avant ou après s’être fait mordre ? Dans le doute, et par précaution habituelle, Daphne rangea sa machette pour dégainer son arme à feu.

Sa première vision ? Le corps mutilé d’une femme, certainement dans la cinquantaine avant qu’elle ne commence à pourrir. Ses boyaux, échappés de son abdomen, dégageaient une odeur nauséabonde et sa tête, posée à côté, sonnait comme un avertissement. Ou une menace. Enfin… ce le serait, si seulement sa patiente avait la force de la mettre à exécution. C’était déjà surprenant qu’elle ait pu se débarrasser d’un mort. D’ailleurs, elle était assise, faible, la joue posée sur son plan de travail. De là, impossible de voir si elle avait été contaminée mais au moins, le fait qu’elle parle certifiait qu’elle était toujours vivante.

Laissant Reese faire ses suppositions, le médecin fit rapidement le tour des lieux ; pour sa propre sécurité. Il n’y avait rien d’autre, sinon un rôdeur au crâne éclaté dans ce qui, autrefois, devait être un bureau. Sincèrement, pas mal. Deux chimères pour une femme amochée qui tenait à peine debout, c’était un beau score. Elle méritait presque de vivre. Presque. Revenant face à l’avocate, l’urgentiste constata les dégâts : effectivement, un strip avait sauté et le renflement des bords indiquait que ça avait recommencé à s’infecter. C’était prévisible. Elle aurait mieux fait de ne rien toucher plutôt que de « rafistoler avec ce qu’elle avait ».

- Ce n’est quand même pas très… « courtois », de faire des suppositions pareilles sur une personne qui risque sa vie pour te sauver.

En s’installant devant sa cadette, Daphne l’avait regardé dans les yeux, de ses pupilles parfaitement indéchiffrables. L’ironie perçait dans son ton pourtant, volontairement. Une autre façon de lui dire que son sort ne lui faisait absolument ni chaud ni froid. Qu’elle soit coupable ou pas. Un instant, elle hésita même à la planter là pour ne revenir que le lendemain, mais… quelque chose lui disait que Reese ne se laisserait pas prendre au jeu. Elle était trop forte, trop fière pour s’abaisser à la supplier de rester. Ça n’aurait rien d’intéressant.

- T’es vivante, c’est le principal. Pour les jours à venir, je te conseille de vérifier que les issues sont bien fermées. J’ai remarqué plus de mordeurs que d’habitude en venant.

Une fraction de seconde, un vague sourire s’esquissa sur ses lèvres. Si rapide qu’on pourrait croire à une hallucination. Elle déballa alors de quoi se mettre au travail : chasser l’infection, encore une fois, refaire les bandages, et lui donner quelques trucs à grignoter ramenés par son Don Juan. Si elle était sage.



   
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Reese B. Maddox
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MessageSujet: Re: The story of gods and men   Mar 8 Nov 2016 - 0:07

Courtois ? Parce que Daphne se souciait de la courtoisie ? Reese eut envie de rire sur le moment mais se retint parce que ça pourrait faire mal. Même si en dehors de ça, c'était super drôle il fallait l'admettre. Bientôt, madame chabada proutprout allait lui demander de faire la courbette à chacune de ses apparitions. Alors que, elle avait lancé l'endroit à la merci des rôdeurs, et qu'elle avait failli la tuer de ce simple fait. L'avocat aurait ri, oui, mais jaune. Elle avait un de ses culots, c'était fascinant d'en avoir autant. Un spécimen a étudier, probablement... Elle le pensa très fort en tout cas, sans pour autant le dire à haute voix.

Non, elle ne souffla rien, pour ne pas avoir à se la mettre plus à dos que ça. Elle était courageuse mais pas téméraire. Et elle avait encore un intérêt à l'avoir assez proche. Daphne devait finir de lui sauver la vie, même si pour l'instant la chirurgienne s'amusait apparemment à la torturer. C'était aseptisé, mais c'était surtout bien réel. D'autant plus pervers finalement. Reese la contempla un temps pour bien se rendre compte à quoi elle avait à faire. Dans le genre sociopathe, Grant se tapait du haut niveau, y'avait pas à dire. Heureusement qu'elle était pas désagréable à regarder, c'était sans doute la seule chose compréhensible là-dedans.

Il y avait un dicton qui disait qu'un trou était un trou. Et qu'une bite n'avait pas d’œil. Ça expliquait encore plus de choses. Elle imaginait pourtant pas Grant capable de se taper de la maîtresse, dominatrice à souhait. Oui parce que dans la tête de Reese, Daphne ne pouvait pas être autrement dans ce genre de moment que dans une combinaison en cuir avec un masque lui recouvrant le visage et un fouet à la main. Mais y penser était très dérangeant, alors elle préféra ellipser ces images là de son esprit pour se tourner vers autre chose...

« Oui, j'y penserais. » Souffla-t-elle avec un sourire un poil ironique. Car après tout, si cette gourde d'urgentiste savait fermer une porte d'elle-même, elle n'en serait pas là aujourd'hui à devoir refaire ce qu'elle avait déjà fait. Mais si ça l'amusait de reproduire les mêmes gestes mécaniquement, et de perdre du matériel et des ressources, pour respecter sa parole donnée à Grant (pour dire que ça avait apparemment de la valeur...) grand bien lui en fasse. Sauf que c'était avec sa vie qu'elle jouait. Et Reese n'était pas certaine d'apprécier ça. Elle n'avait rien à lui prouver, si ? « Ça serait bête de refaire de l'activité physique sans l'autorisation du médecin. »

Ouais, Reese s'y connaissait en sarcasme. Quand on était avocate, il fallait savoir s'en servir. Avec modération. Et pour être modérée devant les répliques d'autres avocats, c'était parfois très compliqué. La brune avait appris à tenir sa langue, il le fallait la plupart du temps. Tout l'intérêt était de taper une fois et un grand coup. Comme sur un ring. Sauf qu'il n'y avait pas de violence. Du moins pas physiquement. Même si ça avait pu la démanger de temps en temps.

« J'ai fait comme tu as dit pour les médicaments. La douleur est supportable, et je n'ai plus de fièvre. » Annonça-t-elle avant de grimacer à cause de la sensation quand elle retira le pansement. La plaie était toujours assez vive, désagréable. Ça tirait, elle ne pouvait pas se tenir droite, mais au moins elle ne souffrait plus le martyr, elle avait retrouvé des couleurs, et elle se battait toujours pour sa vie : « Tu penses passer demain encore ? » Demanda-t-elle pour se tenir au courant.



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MessageSujet: Re: The story of gods and men   Mar 8 Nov 2016 - 19:01

Daphne resta de marbre devant les sarcasmes de Reese. Bien entendu, elle n’était pas bête : elle se doutait que tout ça n’était qu’une belle mascarade. C’était à se demander ce que Grant trouvait aux femmes plus intelligentes que lui. Rien qu’à sa manière d’être, l’urgentiste devinait que sa patiente n’était pas caissière ou servante avant tout ça. Même démaquillée, blême, blessée et épuisée, il y avait des marques indélébiles. Dans la manière de parler, dans les intonations, dans le regard, dans la volonté. Dans la manière d’endurer les choses aussi, avec une certaine dignité.

- Non, pas d’activité physique jusqu’à nouvel ordre, avait rétorqué le médecin, du coup tu vas devoir rester en compagnie de tes colocataires. Ils vont être trop lourds à traîner et je n’ai pas le temps de les sortir pour toi.

Voilà, quand on pensait avoir usé toutes les ressources de sadisme, il en restait toujours un peu. Puisque l’avocate avait eu la bonne idée de ne pas mourir, elle allait passer les jours suivants en compagnie de corps en décomposition. D’un point de vue sensoriel, hygiénique ou symbolique, ça risquait d’être une expérience assez unique. Aussi froide qu’à l’accoutumée, Daphne se remit au travail avec des gestes précis et mécaniques. Ça devait être parce que c’était la troisième fois qu’elle triturait les chairs de Reese, mais elle commençait à sérieusement se demander pourquoi elle se fatiguait. Et si Michaela débarquait ? Ou Adam ? Dire qu’elle risquait de tout foutre en l’air pour cette nénette…

- Demain ?

Elle feignit réfléchir. N’était-elle pas en train de l’accuser d’homicide indirect il y a quelques minutes ? Il fallait savoir. Finalement, la trentenaire ne dit rien : elle songea pour de bon à l’éventualité de ne pas se présenter le lendemain. Outre pour simplement emmerder sa cadette, c’était aussi pour briser la régularité de son emploi du temps. Même si elle était indépendante, certains pourraient se poser des questions en s’apercevant que chaque fois, elle sortait faire une petite virée. Oh bien sûr, elle pourrait noyer le poisson en sortant véritablement en expédition, s’accordant plusieurs heures pour revenir les poches pleines, mais c’était beaucoup d’organisation juste pour l’avocate. Ne pas être au rendez-vous, c’était plus s*/imple.

- Je verrai, laissa-t-elle planer.

Daphne n’avait pas de stéri-strip pour rattraper les dégâts donc tant pis : ça devrait se refermer comme ça. La cicatrice n’en sera que plus hideuse, mais elle n’était certainement pas à ça près. Comme elle l’avait dit : ce n’était pas tout de suite qu’elle reporterait un bikini. Une fois son œuvre terminée, l’urgentiste s’arrêta quelques instants, dévisageant sa victime comme si elle l’évaluait, puis consentit à sortir de son sac un paquet de chips et une boîte de cacahuètes grillées.

- Tiens, il a fait un effort pour toi. Tu as aussi… ça, elle posa la boîte de médicaments contre la fièvre, prends-en si la température monte, et ça, les antibiotiques, deux cachets par demi-journée.

Et qu’elle s’en souvienne et ne se trompe pas ! Manquerait plus qu’elle ait besoin de lui rédiger une ordonnance. Sans attendre plus que de raison, parce que la trentenaire n’allait clairement pas lui tenir compagnie ou lui faire la lecture, elle remballa ses affaires, laissant cette fois le nécessaire destiné à Reese sur le plan de travail improvisé.



   
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Reese B. Maddox
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MessageSujet: Re: The story of gods and men   Mar 8 Nov 2016 - 22:07

Le troisième jour, Daphne ne vint pas. Mais Reese ne s'en était pas du tout formalisée, elle n'avait de toute façon pas été consciente assez longtemps pour en avoir quelque chose à faire. Elle essayait de se réveiller à heure fixe, pour prendre son traitement, boire, et manger un peu. Elle avait assez de pilule pour tenir jusqu'à la fin de la semaine si elle se restreignait et se ménageait. Elle n'avait pas vraiment l'intention de faire autre chose de toute façon. Elle avait tiré de ses affaires sa carte, et se demandait déjà où elle pourrait trouver son prochain abri.

Son idée la plus simple était de sortir au plus vite de Seattle pour se rendre dans une ville annexe. Trouver un appartement, se mettre au second étage, y rester quelques jours juste pour finir de se reposer. Elle n'avait pas grand chose à manger, mais si elle comptait un peu pour sa chance (ce qui n'était pas forcément des plus évidents vu son état), peut-être pourrait-elle garder ses stocks un moment avant de s'en refaire. Elle avait un appétit de moineau, et avec sa blessure, ne mangeait pas des masses de toute façon. Trouver de l'eau ne serait pas un problème vu la région et le mauvais temps qui menaçait depuis quelques jours...

Reese essaya de tuer le temps, de passer à autre chose. Elle était parfois réveillée dans son sommeil par des petits détails, et des pensées dérangeantes. Entre autre, des images de Jon, et parfois de Grant. Et celles de Grant lui faisait mal, malheureusement. Elle ressentait une certaine aigreur, couplée à une déception crasse qui ne la quitterait jamais. Elle le savait. Relevant les yeux au plafond, la brune poussant un long soupir en essayant de passer à autre chose. Les gens étaient ainsi faits. Ils étaient fondamentalement décevants. Et par-dessus ça, les hommes avaient la fâcheuse tendance à être de surcroît un peu bête. Comme attachant.

*

« Magnifique ! » Se félicita Reese en laissant tomber son balai et en contemplant son chef d'oeuvre. « Ca lui fera plaisir. » Termina-t-elle, attrapa son sac qu'elle hissa sur son dos, posant finalement sa paume sur sa plaie qui lui faisait toujours un mal de chien. Elle avait mis des heures à préparer cette petite surprise pour Daphne. Et elle s'était sûrement fatiguée pour rien, mais elle aimait tellement être gentille, le cœur sur la main, qu'elle donnait beaucoup d'elle-même juste pour faire plaisir.

Reese n'avait plus l'intention de rester et d'avoir l'impression d'être une véritable intruse. Elle s'était faite rejeter par Grant, soit. Il ne voulait pas d'elle, soit. La douleur n'était pas une option quand elle était physique, mais la souffrance n'était aucunement une obligation. Elle ne se ferait pas du mal pour un homme incapable de voir à quel point elle pouvait être chouette et utile. C'était lui qui passait à côté d'elle, mais elle qui perdait au change. Elle avait terminé de se convaincre de ça, et ne lui souhaitait que du bonheur avec son plan cul frigide et dominateur.

Faisant coulisser la grande porte, la petite brune prit la direction du dehors après l'avoir refermé derrière elle. Elle se dégagea du garage, tournant à droite pour se rendre jusqu'à l'intersection suivante. Carte dans la poche arrière de son jean, elle avait une vague idée d'où elle se rendait. Il lui faudrait marcher une heure, ou deux si elle arrivait à pousser plus loin. Fusil à pompe dans les mains, couteau à la ceinture, Reese n'était pas au mieux de sa forme, mais si elle n'avait pas les yeux plus gros que le ventre, elle pourrait réussir à s'en tirer. Avec un peu de discrétion en plus de ça...

Ah, ce qu'elle avait laissé derrière elle ? Une magnifique œuvre d'art faite en membre et en trippes de rôdeurs, un agréable « Thank you ! » écrit avec les moyens du bord sur le sol du garage de Grant. Pour sûr, Reese était persuadée que Daphne, comme Grant, seraient très sensibles à son art.



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MessageSujet: Re: The story of gods and men   Mer 9 Nov 2016 - 17:06

**Jour 3**

Finalement, elle n’y était pas allée. Quelques mordeurs étaient bêtement venus secouer les grillages qui protégeaient l’arrière du commissariat, alors Daphne s’était associée à Michaela pour faire le ménage. Elle se demanda même si elle n’allait pas y voir sa patiente, décédée pendant la nuit et réanimée quelques heures après. Mais rien. Uniquement des inconnus ; hommes, femmes, enfants. Plus ou moins reconnaissables, plus ou moins putréfiés. L’un d’eux était dans un état de décomposition tel que ses vêtements semblaient avoir fusionné avec sa chair molle ; son abdomen était fendu, laissant vomir ses intestins nauséabonds. Après cet effort, parvenant non sans mal à rester naturelle auprès de son alliée, l’urgentiste avait pris une douche et s’en était retournée sciemment dans sa chambre. Reese allait attendre, ce n’était pas comme si elle avait le choix.

**jour 4**


Impressionnée, ça faisait déjà plusieurs minutes qu’elle fixait l’expression de la reconnaissance de l’avocate. Des mouches bourdonnaient déjà autour des boyaux et autres morceaux de cadavres. Par principe, la trentenaire avait fait le tour des lieux, mais il n’y avait plus que les deux rôdeurs neutralisés l’avant-veille. L’hôte du garage était partie, véritablement, sans attendre la fin de sa période de grâce. Est-ce que Daphne s’en doutait ? Honnêtement, pas vraiment. Sa cadette était visiblement tenace, obstinée et digne, mais de là à tenter sa chance comme ça…. A voir son état deux jours auparavant, le médecin était prête à parier qu’elle devait à peine marcher droit. Pour peu que sa blessure ne s’infecte pas à nouveau, il lui faudrait au moins deux bonnes semaines pour récupérer des facultés physiques convenables. Avant cela, se battre, marcher longtemps, courir, seraient de véritables épreuves.

Profitant d’être sur place, l’urgentiste fouilla le garage, histoire de voir si elle y trouvait quelque chose d’intéressant à ramener, mais il n’y avait rien. Sans ressentir le moindre état d’âme pour sa patiente, qui risquait de mourir avant la fin de la semaine, elle sortit sans un regard, murmurant un ironique et glacial « Y’a pas de quoi ».

Daphne ne dirait rien à Grant. Dans le doute. Il serait capable de la soupçonner d’avoir tué Reese, voire même de partir à sa recherche. Dans ce cas de figure, compartimenter le secret était la meilleure des choses à faire. D’ailleurs, pour le féliciter de son « obéissance », et pour le faire penser à autre chose qu’à sa brunette aux grands yeux, la trentenaire songeait à lever sa décision sur l’abstinence forcée. Au fond, peut-être était-ce aussi une manière indirecte de narguer les deux tourtereaux : elle gagnait ; elle avait ce qu’elle voulait. Les autres n’auraient que les miettes… ce qu’elle daignerait leur laisser. Son monde tournait ainsi.




   
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MessageSujet: Re: The story of gods and men   Aujourd'hui à 23:20

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