Partagez | .
 

 Somewhere only we know

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2, 3  Suivant
Auteur
Message
Jasper McCarthy
Sanctuary Hills
WALKING WITH THE DEADS
Date d'inscription : 01/11/2015
Messages : 1850
Age IRL : 26

MessageSujet: Re: Somewhere only we know   Dim 9 Oct 2016 - 12:04

Non vraiment ce n'était pas le moment. Il n'y avait jamais de bonnes occasions pour se disputer ou mettre les choses au clair.
Là au contrebas, une ancienne survivante était en train de se faire dévorer. Là sous l'horreur de voir une énième scène de chaos, ses doigts crispés s'étaient soudainement ouvert pour lâcher son arme blanche qui venait d'exécuter une danse macabre sur les escaliers de métal. Bing, bong, bong. Il n'avait fallu que quelques secondes aux rôdeurs pour décider d'entreprendre cette avancée morbide, approchant pas à pas du couple, se poussant, se bousculant pour arriver le premier. Mais quel con putain, quel con. Pourquoi précisément avait-il fallu que les muscles de sa main lâche à ce moment précis, pourquoi son cerveau avait-il à ce point déconnecter son esprit d'analyse et son esprit de survie ? Il adressa à la même seconde un regard plus qu'horrifier à sa partenaire. La discussion était clause, là il fallait courir, ils reprendraient cette dispute plus tard. Leurs pas se perdaient dans ces multiples résonances, ils montaient un étage du plus vite qu'ils pouvaient. Carmen trouvait une fenêtre qui s'ouvra miraculeusement sur leurs portes de sorties. Ces cadavres fonceraient dans l'ouverture tous ensemble et finirait par bloquer l'entrée, un ou deux passeraient mais ils auraient tout à fait le temps de s'enfuir. Rien n'y personne ne bloquerait leur avancée à l'intérieur, il en était presque sûr. Pourquoi, comment ? Il voulait mettre ça sur le compte de son intuition plutôt que sur ses espoirs.
Des crissements, métal contre métal, des martèlements, pieds contre métal. Son coeur était prêt à exploser dans sa poitrine mais il restait concentrer, il tentait du moins, sur les mouvements de la brune qui tendait sa main dans sa direction pour l'aider à passer par l'interstice. Presque bon, presque sauf. Loin de ce vacarme assourdissant, de ces gueules ouvertes sur la mort. Elle le tirait et il s'élançait, et c'est à ce moment là que son pied, celui bien encré sur l'escalier de métal délabré, glissant en arrière. Suivant, sans qu'il ne se rende compte, le mouvement du métal s'effondrant sur la droite.
Et cette main qu'il avait cru serrer une seconde disparut à l'instant où il bascula en arrière, son dos heurtant la barre de métal, l'empêchant par la même occasion de tomber dans le vide. Le souffle coupé, un regard en direction de Carmen et de son expression effaré, il réalisa qu'il était vraiment en train de perdre pied et qu'il n'était pas prêt d'arriver à l'atteindre. C'est ce moment que choisit l'escalier de secours pour s'effondrer, se plier sous le poids de la masse grouillante de cadavres qui cherchaient à les atteindre.
Le temps était compté et il espérait qu'elle reste là-bas et qu'elle ne tente rien de stupide. Après tout, c'était un peu pour ça qu'il l'aimait bien, ses traits si imprévisibles, ses sautes d'humeurs et ses idées folles. Là, il fallait qu'elle reste là-haut, en sécurité, plutôt que de tenter de descendre. Il ne savait pas pourquoi il avait eu précisément ce genre de penser avant qu'un courant d'air glacé lui chatouille l'échine, il ne savait pas pourquoi il n'avait pas centrer ses pensées sur sa propre vie au lieu de celle d'autrui, mais ça avait manqué de le tuer puisqu'il avait sauter la barrière un peu tard. En s'effondrant sur le coté, il se projeta dans la ruelle adjacente, celle d'où était venue la femme hurlante. Il avait roulé sur le flanc, et la pression appliquée sur sa cheville lui donna l'impression de vaciller. Pas de courant électrique ni rien, non juste un choc violent. Il n'avait sûrement rien de casser, rien qui l'empêcherait de prendre cette ruelle et d'éviter les deux trois âmes en retard pour le dîné. Putain de merde. Pas maintenant, pas aujourd'hui. Qu'il avait envie de dire. Mais c'était plutôt du je vais crevé qu'il se répétait sans relâche et qui tournoyait dans son esprit tout à coup embrumé par la peur et l'adrénaline.
Pas de mots, pas de phrases, pas d'appel ni de regard en direction de la brune quelques mètres plus haut. S'il voulait tenter de survivre, il devait courir, et il se releva juste à temps, chancelant un peu sur le coté. Un peloton de défiguré l'avait pris pour cible et une main manqua de se refermer sur lui. En face, il en avait trois qui arrivait dans sa direction, et peut être un millier à l'embranchement plus loin.
Et une autre évidence le frappa. Il avait quoi comme arme, son flingue et que ça. Rien sur le chemin ne ressemblait de près ou de loin à une arme. Il était fini. Avec un coup de feu il allait sonner son arrêt de mort. Il fallait qu'il évite ça à tout prix.
Il ne chancelait plus, il fonçait, donnant toute la puissance qu'il fallait à ses jambes pour avancer à vive allure, guettant de son regard fou une ouverture, une échelle miracle ou une porte. Rien, cette ruelle en était vide. Il fallait qu'il pousse plus loin.
D'un détour, il évita le premier mort, mais les deux suivants étaient trop proches et l'un réussi tout juste à enserrer son épaule de ses mains noires de suie.
Sous le coup de la panique, il attrapa l'arme dans son étui et tira un ultime coup, le crâne explosa et la pression disparut. Il pivota sur lui même évitant de justesse le troisième pour foncer en ligne droite. Il fallait qu'il avance et trouve une échelle, une sortie, vite n'importe quoi. Jasper eut envie de prier Dieu, comme une envie soudaine qui ne lui était pas arrivé depuis longtemps, dans l'espoir qu'une aide surnaturelle lui donne la force nécessaire pour gagner quelques points, quelques étapes. Et s'il réussissait à contourner l'immense bâtiment, qu'il réussissait à trouver une autre entrée pour la rejoindre. En allant à droite, il trouverait certainement quelque chose. Mais à cette même pensée, en jetant son regard précipité à droite, il fut contraint de bifurquer dans l'autre sens en jurant, pestant, et insultant la malchance. Une horde d'une vingtaine de mort s'y trouvait déjà. C'était à cause de la fille, la fille qui avait hurlé... Ahah... Elle avait pas hurlé pour rien... Vu tout ce qu'il y avait à ses trousses... Ahah... Comment il allait faire pour la retrouver si il devait s'éloigner toujours plus loin, et elle, elle... Il fallait pas qu'elle en sorte, ou si fallait qu'elle parte... Mais si elle se retrouvait bloqué ?


“L’endroit le plus sombre est juste sous la bougie.” p. korean
Le silence qui suit un grand désastre est le son le plus paisible qu'on peut entendre à la surface de cette terre. Elif Shafak.

Revenir en haut Aller en bas
Carmen L. Mendoza
leader | Sanctuary Hills
Administratrice
WALKING WITH THE DEADS
Date d'inscription : 14/06/2015
Messages : 731
Age IRL : 25

MessageSujet: Re: Somewhere only we know   Mar 11 Oct 2016 - 11:40


Non !

La panique avait trahie sa voix, alors que la main dans la sienne avait glissé et que la scène se déroulait au ralenti devant ses yeux. Elle n'avait pas attendu que l'escalier ne cède pour repasser par la fenêtre, s'empêchant de tomber dans le vide par un réflexe presque instinctif, suivant la scène en s'empêchant de respirer. Se refusant à fermer les yeux quand la mort semblait à deux doigts de happer son partenaire, se forçant à réfléchir du mieux qu'elle pouvait.

Il était en pleine rue et elle, à l'abri dans un vieil immeuble. Réfléchis. Tu connais ce coin. L'immeuble avait un escalier de chaque côté, l'autre serait sans doute dans le même état, mais pouvait leur assurer une autre issue de secours si ils passaient par là. Mais pour ça. Il faudrait d'abord réussir à ramener Jasper dans l'immeuble. Et vu comme ils lui courraient derrière... Une idée germa dans sa tête, même si ça restait du pur suicide.
Lâchant son tomahawk pour récupérer son arme à feu de ses doigts tremblants, elle n'avait pu s'empêcher de jurer en entendant le coup de feu. Ce foutu coup de feu qui allait attirer d'autres wendigo, et le conduire à une mort certaine.
Sauf si elle réussissait.
Sans réellement viser de point précis, l'amérindienne avait braqué son arme sur le point de chute ou s'était réuni quelques instants les morts avant de se lancer à la poursuite de Jasper. Tout du moins, jusqu'à ce qu'elle n'appuie sur la gâchette et que la déflagration en amène une partie à tourner la tête jusqu'au niveau du bruit. Un second, puis un troisième coup de feu en incita quelques uns à abandonner la chasse à l'homme pour avancer dans sa direction, tendant leurs bras décharnés vers sa fenêtre avant qu'elle ne disparaisse. Elle n'avait pas beaucoup de temps si elle voulait réussir son test. Sortant de l'appartement en catastrophe, elle vit avec soulagement une porte ouverte donnant sur l'appartement d'en face. Pas le temps de s'assurer que des wendigo y rampaient. Ce serait toujours moins grave que la masse grouillante en bas qui devait être à deux doigts de dévorer Jasper.

A nouveau, le manège recommença. Briser la vitre, descendre en catastrophe les escaliers qui tenaient bon, et se retrouver dans une ruelle vide à l'opposé de celle d'ou les râles s'échappaient. L'entrée de l'immeuble au moins, était vide. Malgré le sol crasseux, les escaliers menaient directement au premier étage dont elle venait de descendre. C'était faisable, à condition qu'elle ne retrouve son partenaire vivant, et avec beaucoup de chance. Beaucoup, beaucoup de chance.
Tant pis pour la furtivité, elle y repasserait.

Jasper !

Courant à perdre haleine après avoir hurlé son nom dans l'espoir qu'il lui réponde, elle se retrouva presque en face à face avec le blond qui courait pour éviter la mort à ses trousses, alors qu'elle l'attrapait de force par le bras pour l'inciter à passer devant, son coeur ratant un battement en observant la petite horde déambulant à quelques mètres d'eux. Ils étaient mal, très, très mal. Mais ça valait le coup d'essayer plutôt que d'attendre sagement de voir l'homme qu'elle aimait se faire dévorer sous ses yeux. Là !
Indiquant l'entrée de l'immeuble devant laquelle elle était passée, elle s'était forcée à ralentir l'allure alors que les wendigo semblaient ne jamais s'épuiser de leur courir derrière, attrapant sa petite hache pour briser la mâchoire du montre le plus proche d'elle alors qu'une traînée de sang noirci venait éclabousser son haut. Premier étage, à gauche. Avait-elle réussi à articuler à l'homme avant de refermer sèchement la porte d'entrée de l'immeuble en espérant glaner quelques secondes de répit, grimpant à son tour les escaliers en priant pour que ses jambes ne la lâchent pas maintenant. Bien sûr que tout ce brouhaha allait en éveiller quelques uns qui avaient dû zoner dans l'immeuble, mais qu'importait. Ils venaient tout juste d'entrer dans l'appartement délabré en refermant la porte qu'elle avait lâché prise une demi seconde. Une demi seconde à peine, alors qu'elle demandait à Jasper de bloquer la porte le temps de reprendre leurs esprits, qu'elle sentit une main décharnée lui attraper le bras pour approcher sa mâchoire de son épaule.

Réprimant un hurlement de peur, la brune n'avait eu pour seul réflexe de se projeter sur le côté pour forcer le cadavre à perdre l'équilibre, récupérant son arme blanche pour lui écraser le crâne jusqu'à ce que l'ex trentenaire ne bouge plus.
Ses poumons étaient en feu, son coeur semblait à deux doigts de lâcher, mais qu'importait. Au moins, ils avaient réussi à se rejoindre et sécuriser une pièce. Si ils faisaient le moins de bruit possible, peut-être que les wendigo finiraient par abandonner leur traque acharnée...

Tu es blessé ?

Physiquement, il ne semblait pas avoir subi de morsure, ou alors il le cachait bien. Se rappelant que le monstre avait planté ses dents dans sa veste, la navajo quitta précipitamment cette dernière, avant de constater que le cuir avait subi le dégât, sa chemise et sa peau ayant été parfaitement protégée. Une bonne chose, déjà. Le verrou et la lourde commode qu'ils avaient placé devant la porte devrait leur offrir un petit moment de répit, alors que Carmen se laissait tomber à même le sol, ses jambes refusant de la porter d'avantage.

Y'a un autre escalier de secours ici. La ruelle ne va pas tarder à se vider, vu qu'ils sont tous rentrés à notre poursuite dans l'immeuble.

Pourquoi n'arrêtait-elle pas de trembler de la sorte ? Allait-elle se mettre à pleurer ou faire une crise de panique ? Pourtant, Jasper allait bien, malgré un énorme état de choc très certainement. Récupérant son tomahwk encore enfoncée dans le crâne du wendigo, elle s'était contentée de tirer sur le bras de Jasper pour l'inciter à s'asseoir à côté d'elle, juste sous la fenêtre, trop épuisée pour se relever.

Au moins, ça s'est bien passée. Peinant à retrouver sa respiration, elle fit tout de même la remarque à son coéquipier, avant de se mettre à rire nerveusement. A défaut de fondre en larme, c'était ses nerfs qui lâchaient. La peur de le perdre, peur de réaliser la force de ses sentiments, peur de mourir ici...
Oui, il y avait vraiment de quoi lâcher prise.


HELP, I'M ALIVE
My heart keeps beating like a hammer,
Hard to be soft, Tough to be tender. If we're still alive, My regrets are few If my life is mine, What shouldn't I do? Come take my pulse the pace is on a runaway train (⚡) june.
Revenir en haut Aller en bas
Jasper McCarthy
Sanctuary Hills
WALKING WITH THE DEADS
Date d'inscription : 01/11/2015
Messages : 1850
Age IRL : 26

MessageSujet: Re: Somewhere only we know   Mer 12 Oct 2016 - 7:18

Un. Deux. Puis trois. C'était les coups de feu qu'il avait entendu derrière lui. Coup de feu qui devait se situer précisément à l'intérieur de l'immeuble qu'il venait de quitter par la force des choses. C'était l'immeuble où devait se trouver Carmen. Elle tentait quoi là ? D'apporter le plus de mort possible vers elle ? De s'arranger pour qu'ils meurent à deux parce que ça faisait plus romantique ?
Alors que des sueurs froides rendaient son tee-shirt moite et que l'air qu'il respirait irritait sa gorge, il eut une seconde d'arrêt, rien qu'une, pour regarder derrière lui. Les yeux écarquillés par une peur sourde. Il n'était pas capable de voir au delà des murs. De voir ce qu'elle manigançait pour tenter d'appâter ces fous dans sa direction et vider la hordes qui s'était jeté à sa poursuite.
Carmen était dotée d'un incroyable instinct de survie, mais aussi d'une incroyable capacité à lancer des actions suicides pour sauver les autres. Ça, ce qu'elle venait de faire c'était aussi stupide que le premier coup de feu qu'il avait dû tiré pour éviter de tomber dans l'emprise d'un marcheur... À défaut de ne pas avoir d'arme blanche et de l'avoir fait danser dans l'escalier, il n'avait pas eu le choix... Alors que Carmen si. Elle aurait pu se faire discrète et silencieuse. Sa part trop protectrice avait pris le dessus, c'était une armure blindée qui ressentait constamment le besoin de faire barrière. Vraiment. Il aurait dû ressentir de l'inquiétude mais aussi du soulagement. Malgré la horde qui était apparu sur sa droite, il pouvait toujours courir encore et encore, trouver une sortie. La route était toute tracée, là, devant lui. Une ligne droite, jusqu'à une autre intersection, où d'autres cadavres perturbateurs viendraient le surprendre. Il n'était pas du tout soulagé de son aide, il était au bas mot terrifié à l'idée qu'il puisse lui être arriver quelque chose à cause de cet acte stupide. Cours.
Sa jambe dérapa sur un morceau de métal qui venait probablement de l'un de ces véhicules calcinés sur le trottoir. Réception réussit. Tant bien que mal, alors que son esprit tournait à pleins régimes et qu'il se posait dix fois la même question, il tombait sur elle. Était-il déjà mort ? Il n'avait absolument rien senti. Il était peu sûr de l'avoir réellement en face d'elle... Son esprit lui demandait encore pourquoi il ne ressentait même pas une pointe de soulagement.
« C'est... » La poigne ferme de la jeune femme sur son bras, cette voix pressée, un peu hystérique, c'était bien la sienne. Elle était apparu, sortie de l'immeuble voisin sans qu'il n'ait réellement compris comment elle avait fait pour arriver jusque là.
L'adrénaline, sûrement. Elle avait poussé un maximum sur ses jambes, quitte à déchirer ses muscles, pour ne pas perdre sa trace, pour avait-elle espéré, tombé sur lui. L'acte et les hommes hein. Ils étaient doués de tellement plus de chose avec un minimum de volonté. Dans l'immeuble, il était rentré, manquant de tomber à plusieurs reprises dans les escaliers tant ses jambes n'étaient pas coordonnées. À force de regarder en arrière, de voir qu'elle était vraiment là et qu'il n'était pas en train de rêver, il allait vraiment se retrouver à dégringoler des escaliers. Mais, le bordel sonore qu'amenait les zombies étaient meilleurs qu'un cachet de vitamines. Tellement plus puissant. Il grimpa, suivit les indications de Carmen sans réfléchir plus que ça. S'enfermer, ne plus bouger, rester immobile jusqu'à ce que la vague passe. La porte se referma sur eux, mais au même moment, alors qu'un soulagement profond pointait le bout de son museau, la mâchoire ouverte venait se refermer sur l'épaule de sa campagne. En deux secondes la bête noire était neutralisée et gisait sur le sol, le crâne fendu. Mais sans un regard pour le mort en décomposition, il fixait un point sur l'épaule de la jeune femme. Elle demandait s'il était blessé ? Elle venait à ce moment même de retirer précipitamment sa veste, tentant de maintenir ses tremblements. Il la regardait là, sans rien faire, sans bouger d'un millimètre, la bouche ouverte sur une respiration insupportablement précipité. Son coeur allait exploser. Il avait été sur le point de la perde deux fois. Deux fois de trop. Comme d'habitude, c'est elle qui avait réussi à arranger leurs situations, même s'ils n'étaient pas tout à fait sortie d'affaire. Mais pour que tout s'améliore, elle avait dû se mettre en danger... L'imprudence finirait bien par rendre les cauchemars du psy réelles.
« Bien ? Tu dis bien ? Jamais. JAMAIS t'aurais dû me suivre. Tenter ce que tu venais de faire, là. Ça avait une chance minime de marcher. Je préfère te savoir en sécurité en haut de cet immeuble, que de te voir risquer ta putain de vie comme ça. Plus JAMAIS ça. ! » Il croyait l'avoir entendu rire, un de ces rires nerveux qui peuvent vous faire tomber dans une folie furieuse, un de ces rires qui ont des échos si peu rassurants. En même temps que l'émotion guidait ses paroles, il se rendait compte que ses mains s'étaient refermés sur les épaules de sa vis-à-vis, l'obligeant à rester plaqué contre le mur à coté de la porte qu'ils avaient pris le soin de bloquer pour éviter toute intrusion.
Aussi, il savait que mélangé à la sueur de ce dépassement physique, des larmes creusaient des sillons clairs sur sa peau sale.
« Tu le sais mieux que personne... Que tu es aussi importante pour moi que pour le reste du groupe. » Ce n'était pas qu'une question d'importance, d'utilité dans le groupe. C'était bien plus complexe que ça, la relation qu'elle entretenait avec les autres, avec tous, le point central qu'elle était dans la survie de chacun. C'était comme retiré la lumière à un enfant qui a peur du noir...
Ses mains étaient venus se coller contre ses joues, son visage. Ses lèvres vinrent s'appuyer sur ses lèvres, son front, chaque parcelle de son visage. Elle était là, entière, sans blessure apparente, en vie. C'était le principal pas vrai ? D'être bien, à deux, encore ici, les pieds encrés dans le marbre. Ils allaient peut être pouvoir mourir ensemble finalement, comme l'un de ces bons films tragiques à l'américaine. Ils s'échangeraient des paroles douces et tellement pompeuses, pleines de leur amour l'un pour l'autre et... Il riait à son tour, suivant le même rire nerveux de sa dame.
« Faire pleins de choses stupides de ce genre ne te rendra pas plus sage... » À quoi bon lui répéter qu'il préférait la savoir en vie ? Elle en dirait la même chose. Elle aurait sûrement autant de mal que lui d'imaginer cette vie apocalyptique sans l'unique, sans cette boule d'énergie qui lui donnait tellement envie d'avancer dans ce monde noircie par la haine et le sang. « Plus jamais... Ok ? »


“L’endroit le plus sombre est juste sous la bougie.” p. korean
Le silence qui suit un grand désastre est le son le plus paisible qu'on peut entendre à la surface de cette terre. Elif Shafak.

Revenir en haut Aller en bas
Carmen L. Mendoza
leader | Sanctuary Hills
Administratrice
WALKING WITH THE DEADS
Date d'inscription : 14/06/2015
Messages : 731
Age IRL : 25

MessageSujet: Re: Somewhere only we know   Mer 12 Oct 2016 - 13:51


Elle s'était attendue à se faire réprimander, certes. Un peu rabrouée, à la limite. Mais certainement pas à se retrouvée plaquée contre le mur, les épaules maintenus par Jasper qui lui rappelait à quel point son plan aurait pu tomber à l'eau. Comme si elle ne le savait pas tiens. Comme si elle ne s'était pas imaginé tomber au sol avant qu'un Wendigo ne vienne lui arracher la gorge ou le ventre, rapidement suivi de ses frères. Et pourtant, ces images cauchemardesques n'étaient pas pire que celle ou elle avait imaginé une demi seconde la vie sans lui. Elle l'avait fixé sans mot dire, se gardant bien de chercher à l'interrompre avant de se rendre compte de la véracité de ses propos, et de la peur dans son regard. Son cœur se serra en réalisant ça, alors qu'elle essayait sans grand succès d'ouvrir la bouche. Plus jamais ça, plus jamais.

Ce ne fût qu'à la fin de sa tirade qu'elle osa enfin bouger, venant effleurer du bout des doigts les sillons clairs tracés sur sa peau dans l'espoir de les assécher. Comprenait-il seulement ce qu'elle pouvait ressentir ? Elle s'en fichait, de son importance au sein du groupe, tant qu'elle comptait ici dans l'instant présent avec lui. Silencieuse, elle encaissa sans mot dire ses angoisses, ne quittant pas son regard jusqu'à ce qu'il ne vienne poser ses mains le long de son visage pour venir l'embrasser. A nouveau, elle se laissa faire, sentant l'adrénaline quitter lentement son corps alors qu'elle frissonnait sous son contact, mêlant un court instant son rire au sien alors qu'il lui faisait remarquer son manque de sagesse.
Ce n'était pas nouveau. C'était Ana, la sagesse incarnée de la famille, pas elle. Trop tête brûlée, trop impulsive. Trop passionnée, aussi.
Plus jamais, donc ?
Une vie pour une vie.  Elle se rappela brièvement lui avoir dit ça, le jour ou ils s'étaient rencontrés. Il lui avait empêché de se faire mordre dans l'ascenseur, peu après que Mary se soit fait dévorée sous ses yeux. En d'autre circonstances, sans doute lui aurait-elle fait remarquer que désormais sa dette était payée, sauf que désormais, c'était beaucoup plus que ça. A ce moment là, jamais elle n'aurait imaginé qu'ils en serait à ce stade de relation après tout. Un mélange d'épuisement et de contrecoup avait embué ses larmes alors qu'elle parvenait enfin à reprendre la parole.

J'ai eu tellement peur, c'est... Je n'ai pas pu m'en empêcher. Je suis comme ça, et je ne pouvais pas imaginer de continuer sans toi en espérant juste que tu t'en sorte, et attendre à ma fenêtre tranquillement que les choses se tassent. Il y en avait tellement en bas, et j'ai cru à un moment que c'était terminé quand je t'ai perdu de vue, sauf que je pouvais pas l'accepter. Parce que...

Parce qu'elle était amoureuse ? Evidemment qu'elle l'aimait. Elle ne réussit pas à le lui avouer là maintenant, alors qu'elle venait tout juste de se l'admettre à elle même en réalisant combien elle tenait à lui. Ça relevait d'une importance plus grande que celle de la cohésion d'un groupe, ou de l'attachement qu'elle pouvait éprouver à l'égard des autres. Ca relevait de d'avantage que de jouer le tampon entre Axel et lui, préférant prendre sa défense face à son meilleur ami de toujours. Mentir sur le passé houleux qu'elle avait pu avoir avec Jasper, et le cacher aux autres membres du groupe quand le seul témoin de cette scène avait depuis longtemps rejoint ses ancêtres.
C'était une force incommensurable qui lui donnait envie d'avancer parce que justement, il était ici. Sans lui... Elle ne voulait pas imaginer ce que ça donnerait. C'était impossible, trop douloureux. Elle aurait préféré le lui avouer en d'autre circonstances, peut-être même dans un cadre romantique à souhait comme ces films d'amour qu'elle ne supportait pas. Et de toute manière y'avait-il vraiment besoin de lui dire ? Ne s'en doutait-il pas un minimum désormais ?

Sans mot dire, elle était venue poser ses lèvres contre les siennes, prolongeant le court baiser qu'il lui avait offert un peu plus tôt en se serrant contre lui. Savourant ce contact, appréciant sa présence à ses côtés, bien vivant et en un seul morceau. Se sentant plus vivante que jamais. Bien sûr qu'elle l'aimait, elle ne se serait pas jetée dans un acte aussi stupide sans chercher à réfléchir un minimum autrement, tout nerveuse et têtue qu'elle puisse être. Même le râle des Wendigo dans le couloir lui paraissait bien lointain, alors que le silence s'était crée le temps de leur étreinte. Si elle savait que ses émotions lui faisaient faire n'importe quoi, il n'empêchait qu'elle ne s'en sentait plus forte. Elle n'était pas seule pour affronter ce monde dans lequel ils étaient forcés de vivre, tant qu'il restait avec elle.

Fermant les yeux un instant pour cacher les larmes qui risquaient d'apparaître, elle se contenta de lui offrir un bref sourire en posant son front contre le sien. Ok, plus jamais. Je te le promets.  
Tout du moins, elle essaierait. Sa réputation la précédait en matière de folie. Il suffisait de se rappeler la tête qu'Axel et lui avaient tiré quand elle les avaient fait passer de force sous une voiture pour se cacher de la toute première horde qu'ils avaient croisé.
Se décalant du mur ou il l'avait bloqué, elle observa rapidement la ruelle ou continuait de subsister quelques errants.

On devrait pouvoir rester ici encore un peu sans se faire repérer. Au moins le temps de reprendre notre souffle, et de trouver le bon moment pour s'enfuir... 

Joignant le geste à la parole, elle avait posé son sac non loin d'eux avant de retirer le tomahawk de sa ceinture, le tendant à Jasper. T'en aura besoin pour redescendre, maintenant que t'as perdu ton arme. J'vais essayer de trouver un truc susceptible de ressembler à une arme. Pas besoin d'avoir fait des cours d'escrime pour maîtriser ça par ailleurs. Un coup sec suffisait en général.

Le petit salon dans lequel ils étaient semblait assez moderne. Si la décoration feng shui l'avait faite lorgner en direction des faux sabres de cérémonie accrochés à côté de la télévision, elle abandonna rapidement l'idée de s'en servir en ouvrant les premiers tiroirs à sa disposition. Même un couteau de cuisine pourrait faire l'affaire, songea t-elle en fronçant les sourcils, espérant que les recherches amènent Jasper à penser à autre chose que sa déclaration ratée.

Il faudra reprendre les escaliers de secours. Ceux là ont l'air en bon état. On peut soit monter en direction du toit en espérant rallier un autre immeuble jusqu'à rejoindre la moto, soit descendre et partir en courant...

Ouais. La peste ou le choléra, en somme.


HELP, I'M ALIVE
My heart keeps beating like a hammer,
Hard to be soft, Tough to be tender. If we're still alive, My regrets are few If my life is mine, What shouldn't I do? Come take my pulse the pace is on a runaway train (⚡) june.
Revenir en haut Aller en bas
Jasper McCarthy
Sanctuary Hills
WALKING WITH THE DEADS
Date d'inscription : 01/11/2015
Messages : 1850
Age IRL : 26

MessageSujet: Re: Somewhere only we know   Ven 14 Oct 2016 - 17:38

Malgré l'intensité qu'elle venait de mettre dans sa voix et ses yeux scintillants, il avait du mal à croire que cet acte stupide ne serait pas produit. Pourtant, il s'efforça de croire à cette réponse, le temps de calmer sa respiration, d'atténuer ses battements cardiaques. Elle échangea un nouveau baiser avec lui, contact qui l'aida à contenir cette tension brutale qui attaquait chacun de ses muscles. Après cette promesse, après ces échanges, elle s'était détachée du mur puis de lui. Un calme étrange plana au dessus d'eux. Enfin... Si on oubliait quelques morceaux de viandes putrides qui se baladaient dans le couloir et qui déjà, gratter à la porte. Ding dong, bonjour chéri, je suis rentrée, ouvre-moi. Et aussi en bas. Ça devait encore chercher le casse-croûte.

Le poids dans sa main le fit regarder en direction de ce qu'elle venait de lui donner. Le Tomahawk de la jeune femme était certainement mieux entre ses mains à elle. Ça lui allait mieux et elle maîtrisait l'outil comme personne. Comme s'il y avait lieu de plaisanter là tout de suite. Vraiment pas. Un sourire un peu crispé tira ses lèvres alors qu'il s'avançait dans la cuisine, suivant les pas de la jeune femme en poursuivant en lui retendant ce qu'elle venait de lui confier :

« Tu ferais mieux de la garder cette arme. Elle te va bien mieux qu'à moi. Et tu la maîtrise. Je préfèrerai quelque chose de moins lourd. Un couteau de cuisine, on devrait en trouver par ici. »

C'était toujours mieux que les armes de collection japonaise qu'ils avaient vu accroché au mur. Il avait remarqué le coup d'oeil intéressé que la brune avait jeté dans la direction de celle-ci. Mais il fallait le dire, ce genre d'armes n'étaient certainement pas facile à maîtriser et elle n'était certainement pas aiguisée.
Enfin, il repéra dans la cuisine un étui en bois, plusieurs manches à couteaux en sortait. Pourquoi ne l'avait-il pas vu avant ? La tension qui chutait sans aucun doute. Il eut envie de le vider sur la table, mais s'ils étaient déjà repéré par les fous dans le couloir, il préféra ne pas en rajouter. Il arrêta son geste puis sortie une première lame, la fixant avant de poursuivre : « Ça ira je pense avec ça... » Sauf s'il la faisait tomber aussi. Une grimace de dégoût déforma sa mâchoire mais il s'en défit aussi vite. Il tenta de glisser le couteau dans l'étui. Trop grand, la lame n'allait pas jusqu'au fond. Tant pis, il la garderait à la main.

« On devrait fouiller... On récupèrera peut être des trucs sans trop se charger. » S'ils devaient fuir de nouveaux en urgence, il vaudrait mieux qu'ils ne se trimballent pas avec des boîtes de conserves. Lorsqu'elle expliqua les différentes possibilités de sortie, ça ne fit que ravivait la scène qui venait de se produire. L'intensité de la scène, la peur de la perte, la peur du poids de la mort, la peur que tous ces cauchemars se réalisent. Tout lui revenait dans la figure, les raisons pour lesquels il avait pris un peu de distance avec elle pour réfléchir. Escalier ou toit. Au choix. Il se détourna d'elle pour fouiller les placards, il en sortit quelques sachets de pâtes laisser à l'abandon, quelques paquets de céréales sûrement bien périmés, du riz et d'autres rations non périssables. Ça gela suffisamment son esprit pour qu'il réponde d'une voix qui ne trahissait presque plus cette panique qui resurgissait :

« Certes, le toit est une valeur sûre... On avait déjà essayé... Tu m'avais bien dit que tu connaissais assez le quartier, tu saurais me dire si la majorité des immeubles communiquent ici ? On prendra toujours moins de risques en hauteur qu'au sol mais si on se retrouve dans un immeuble infesté, on devra faire marche arrière... Et si les autres entendent, ils reviendront sur nous. On prendra le risque de se retrouver piégés entre les deux... Alors...
Mais... Dans l'immédiat, les morts de l'immeuble sont sur nous, ils bloquent la porte de l'immeuble, on va sûrement devoir descendre par les escaliers si ils s'éternisent... Cela changera nos plans de nous enfuir par le ciel. J'avais l'impression que moins de morts arrivaient à l'ouest, peut être est-il mieux de partir par là quitte à faire un énorme détour... ?
»

Tout en parlant il avait glissé quelques denrées dans son propre sac. Il l'avait presque oublié sur ses épaules. En même temps, il était quasiment vide et sa compagne et lui n'avait même pas eu le temps de commencer à fouiller l'immeuble qu'ils avaient choisis. Immeuble qui se trouvait d'ailleurs encerclé...

« On... On devrait peut être déjà y aller en fin de compte... Si on traine, peut être que nous ne pourrions pas sortir. » Retourner dans cet enfer ? Sincèrement pas. Mais continue à entendre les grognements de ces affreux de l'autre coté de la porte, pas non plus... Son regard clair croisa celui de la jeune femme, mais il détourna brusquement le regard. Voilà que le doute revenait à la charge. Cette relation, n'y avait-il que du bon ? Avec la déclaration déguisée qu'elle venait de lui faire, il ne faisait aucun doute qu'il ressentait ces mêmes sentiments à son égard. S'il n'était pas prêt à avouer à voix haute qu'elle était le meilleur élixir dans ce monde de taré, il voyait aussi la part la plus sombre de cette relation. Non. Il n'y avait pas qu'Axel qui commençait à devenir une masse informe insupportable à ses yeux. Il y avait aussi l'impertinence de la dame, les pulsions qui la poussaient à agir pour le bien de l'autre, à agir pour la sauvegarde de ce qu'elle aimait. Cette rage de vaincre qui pourrait tout aussi bien lui faire perdre la vie plus tôt que prévu. Les relations amoureuses pouvaient être le plus délicieux des breuvages comme le plus handicapant... Un poison qui obscurcissait l'esprit des amants. Serait-il partie à sa poursuite lui aussi ? Un frisson parcourut son échine, puis d'un ton un peu rude il lâcha : « Tu vois... Ce que notre relation te fait faire... Te mettre en danger... Ce n'est pas la première fois... Je ne sais pas si ça sera la dernière... »


“L’endroit le plus sombre est juste sous la bougie.” p. korean
Le silence qui suit un grand désastre est le son le plus paisible qu'on peut entendre à la surface de cette terre. Elif Shafak.

Revenir en haut Aller en bas
Carmen L. Mendoza
leader | Sanctuary Hills
Administratrice
WALKING WITH THE DEADS
Date d'inscription : 14/06/2015
Messages : 731
Age IRL : 25

MessageSujet: Re: Somewhere only we know   Sam 15 Oct 2016 - 0:48


Elle se contenta d'hausser les épaules quand il annonça préférer un couteau de cuisine, observant un instant la petite hache entre ses doigts. C'était vrai que le tomahawk l'avait tiré de bien des mauvais pas... Sans compter qu'elle était légère à manier, et qu'à force de persévérance, elle commençait à maîtriser l'objet comme une extension de son corps. Mais tout de même. Vu le sort du dernier couteau qu'avait tenu Jasper entre ses doigts, elle en récupéra un autre qu'elle entoura dans un torchon avant de le mettre à son tour dans le sac. Plus qu'à fouiller certains placards, et sans doute pourraient-ils lever le camp.
Ouvrant ces dernier, la Navajo fronça tout de même le nez en constatant qu'en dehors de quelques sachets de pâtes épargnés par les charançons, il ne restait vraiment plus grand chose. Même fouiller les immeubles devenait inutile. Les trois quarts des provisions finissaient par périmer après plus d'un an à l'abandon. Récupérant une tablette de chocolat encore empaquetée ainsi que deux canettes de soda, la brune s'était finalement tournée vers ce qu'il restait de la chambre tout en écoutant Jasper, récupérant une ceinture de cuir abandonnée à même le sol, ainsi que des mitaines en cuir. Haussant les épaules en la récupérant aussi, elle enfila immédiatement les gants. Pour le nombre de fois ou elle s'était écorchée, ce truc pourrait parfaitement la dépanner pour toutes les prochaines fois elle elle tomberait à même le sol tiens. En revanche quand son coéquipier lui posa la question fatidique, elle ne put s'empêcher de grimacer. Evidemment que les deux solutions n'étaient pas les meilleures idées du monde, mais avaient-ils vraiment le choix ?

Certains immeubles se rejoignent, mais vu la solidité du dernier escalier, je ne suis plus très sûre de vouloir tenter l'expérience cent mètres plus haut... Soupira t-elle en jetant un regard par la fenêtre, se rappelant de l'époque ou le passage par les toits étaient devenu un moyen de survie de grande ampleur. Le détour peut être une bonne option, à condition de se faire discrets et de ne pas s'arrêter. Tu t'en sens capable ?

Tout en discutant, elle avait fait glisser ses trouvailles dans son sac, fourrant sa veste en cuir à l'intérieur de ce dernier avant de retrousser les manches de sa chemise. Si ils devaient courir, mieux valait éviter d'être encombrée. Elle s'était approchée de la fenêtre pour l'ouvrir, alors que Jasper reprenait la parole, lui donnant l'impression de geler sur place. Le danger, à cause de leur relation, sérieusement ? Après ce qu'elle venait de lui avouer ? Sans mot dire, la navajo avait laissé retomber la fenêtre coulissante, se mordant la lèvre un court instant. Prendre trop de risques... Qu'est-ce que ça pouvait faire ? Elle avait toujours eu ce tempérament, il l'avait connue comme ça, et non prudente et réfléchie. Comment pouvait-il se permettre de lui dire ça, après ce qu'elle avait manqué d'avouer ? Néanmoins, le puzzle se mettait enfin en place. Cette chose qu'il ne pouvait pas lui dire et qui la concernait un peu, par exemple.

Attends... Tu pense que c'est à cause de cette relation, que je me mets en danger ? Tu ne m'as jamais vue, me cacher sous une voiture ou me jeter sur une moto pour dériver une horde, histoire de laisser le temps aux autres de s'enfuir ? D'autant que je viens de te dire que je ferais attention, qu'est-ce que tu veux de plus ? Que je m'enferme au ranch, et que je laisse les autres le faire à ma place ?

Elle mourrait d'envie de hurler, tempêter, et pourtant son ton restait terriblement froid, alors qu'elle le fixait avec une pointe d'incompréhension qu'elle ne parvenait pas à cacher. Il la blessait tellement, avec son argument qui voulait tout et rien dire à la fois... Parler maintenant ne leur servirait à rien de toute manière. A nouveau, son regard s'était relevé sur ses yeux bleus avec une lueur de défi, avant de secouer légèrement la tête en s'éloignant de lui. J'en ai assez entendu...

S'en aller. S'en aller, retourner au ranch et s'enfermer quelque part pour ruminer sa colère comme elle savait si bien faire. Ouvrant la fenêtre en laissant Jasper passer en premier, elle le suivit rapidement en refermant la fenêtre par précaution. Peut-être gagneraient-ils quelques minutes de la sorte. Comme il le lui avait fait remarquer, la descente fût relativement calme alors que le plus gros de la horde était en train de s'agglutiner devant l'immeuble, attrapant son partenaire par le bras pour l'inciter à courir du côté des voitures abandonnées sur le bas côté, leur offrant un minimum de camouflage. Par là. A moins que ça ne soit trop risqué pour toi.

Sans un mot de plus ni un regard, elle s'était contenté de se relever de l'abri de fortune que leur offrait la voiture abandonnée, fendant le crâne d'un Wendigo dans un état de décomposition avancé en libérant la ruelle de tout adversaire visible. Elle ne devait pas penser maintenant à leur discussion, quand bien même la dernière phrase lui tournait en tête. Encore une ruelle avant la moto, elle ne devait voir que ça. Les râles dans leur dos s'intensifièrent légèrement alors qu'ils courraient encore, l'ex gérante s'autorisant à jeter un regard pour apercevoir une dizaine de cannibale. C'était déjà moins oppressant que plus tôt, quand l'inconnue était venue mourir à leur pied. Ses poumons la brûlaient, mais qu'importait. Elle préférait se concentrer sur cette douleur physique plutôt que la tempête qui embrouillait ses sens. Certains wendigo les avaient pris en chasse, fort heureusement trop abîmé pour réussir à les atteindre. La moto, enfin. Reprenant son souffle un instant, la navajo serra les dents en remarquant un des cannibales un peu trop proche d'eux. Faisant volte face, elle lança son arme en direction du monstre, cette dernière venant s'enfoncer dans la cage thoracique du wendigo alors qu'il s'effondrait sous le choc, continuant de gémir comme si de rien n'était. Dépassant Jasper sans lui accorder un regard, Carmen retira d'un coup sec le tomahawk, achevant le mort d'un coup dans le crâne peut-être un peu trop brutal.

C'était ça ton problème ? Cette histoire ou je suis trop "impliquée", que je risque de mal prendre dont tu n'osais pas me parler ?

Peut-être était-ce excessif, mais ces simples phrases qu'il avait pu prononcer avaient un goût de trahison dans son esprit. Jamais encore elle ne s'était autant confiée et mise à nue envers quelqu'un jusqu'à lui. Il la connaissait mieux que personne, et pourtant, il avait sorti son petit discours en sachant pertinemment que cela comportait un risque de la faire vaciller. Ce que tu dis, là... Je vois ça comme une excuse pour tout arrêter. Alors si c'est ce que tu veux, vas-y, dis le. Elle ne pouvait s'empêcher de le provoquer, espérant mille fois qu'il lui dirait qu'elle se trompait, ou qu'il s'était mal exprimé, quelque chose dans ce genre là. Quelque chose qui ne soit pas la sensation désagréable qui broyait son ventre, par exemple.


HELP, I'M ALIVE
My heart keeps beating like a hammer,
Hard to be soft, Tough to be tender. If we're still alive, My regrets are few If my life is mine, What shouldn't I do? Come take my pulse the pace is on a runaway train (⚡) june.
Revenir en haut Aller en bas
Jasper McCarthy
Sanctuary Hills
WALKING WITH THE DEADS
Date d'inscription : 01/11/2015
Messages : 1850
Age IRL : 26

MessageSujet: Re: Somewhere only we know   Mar 25 Oct 2016 - 14:48

On récolte ce que l'on sème. Un océan de colère passait sur son visage. Lui qui avait voulu attendre, crever l'abcès plus tard, il se retrouvait avec une Carmen remontée comme jamais. Ses propos étaient aussi tranchants que la lame d'un rasoir, coupantes, affûtés. Un froid polaire tombait entre le jeune couple, il s'installait longuement, et ne risquait pas de partir dans l'instant. Jasper avait jeté ce malaise, il le savait. Il ne se sentait pourtant pas plus mal. Il se sentait même en partie apaisé d'avoir dit à voix haute une partie de cette charge.
Il serait entre ses doigts le couteau qu'il tenait près de son corps, sans lâcher du regard les prunelles surprises de la jeune femme. Certes... Il aurait pu tout aussi bien attendre qu'ils aient embarqué sur son véhicule deux roues et qu'ils se soient éloignés de ce merdier, mais la pensée va parfois plus vite que les paroles.

Ils étaient descendus, il n'avait pas parlé tout le long du chemin. La jeune femme s'élançait avec une rare tenue sur les marcheurs, elle fendait avec rage leur crâne, dessinait un sillon de corps sur leur chemin. D'un regard il la regardait agir, comme s'il n'était plus vraiment là, plus à l'intérieur de son corps. L'apaisement qu'il avait ressenti avait maintenant disparu. Avait-il bien fait ? Oui, non. Ça n'avait plus d'importance. Ce qui suivrait ressemblerait à un nouveau combat dans la boue avec la sulfureuse mexicaine. Elle aurait raison au final, et il ne changerait pas d'avis non plus.
D'accord, tu es comme ça. Tu agis toujours pour le bien des autres, pour la survie de cette équipe formée sur ce chemin de sang et de chair. Tu laisses tes pulsions et tes pensées de l'instant te guider, écrire l'histoire de notre vie. Mais, moi, je ne suis pas d'accord avec ça. Peux-tu seulement comprendre que ton comportement me mets de plus en plus mal à l'aise ? Que je ne supporte plus de te voir te démener jusqu'à donner ton cou aux morts ? J'ai peur. Peur de devoir te perdre parce que t'es la seule chose qui semble me retenir en ce monde. Les autres ne comptent pas. Je me fiche des autres et de ce qu'ils pensent.
Son coeur loupa un battement, tatadam, lorsque le tomahawk siffla près de lui. Ses yeux écarquillaient suivis le mouvement de l'arme qui allait percuter le crâne moue de cadavre gargouillant. Un craquement sonore marqua les pensées de la femme. Ce n'était pas que de la colère, il y avait aussi de la déception dans son regard. Lorsque tout ne fonctionnait pas comme prévu, quand tout n'était pas droit comme une ligne parfaite et horizontale, l'Homme était toujours déçu. Même avec tout ce chaos, l'Homme croyait que tout se passerait aussi bien qu'il se l'était écrit dans son esprit.
Son regard, c'était la sensation de milles épines qui lui bousillaient le crâne de part en part. La douleur le maintenait aussi réveillé que cette course entre les morts qui les avait mené jusqu'au véhicule. Ils étaient près à partir, mais elle lui répondait et attendait une réponse de sa part. Il savait qu'elle n'aimerait pas la réponse. Elle réagirait forcément mal et elle avait en partie raison. En partie seulement. Les hommes étaient complexes par nature, bourré de doutes et pleins d'épreuves. Jasper avait été clair, il avait besoin de réfléchir avec tout ça. Il avait toujours besoin de temps pour savoir comment agir. Là, il réagissait comme elle, sous le coup de l'émotion. Et à fleur de peau, le fléau de paroles n'étaient jamais beau à entendre. Pourtant, il s'efforça d'être le plus sincère possible, ce qui n'arrivait pas à être souvent en général.
Son regard balaya ce qui l'entourait, il essuya le couteau qui avait figé maladroitement dans le crâne de deux morts sur leur chemin, il la regarda à nouveau :

« Tu ne vois que le reproche que je peux te faire...
Derrière tout ça, toute cette peur, je m'en veux à mort chaque fois que tu risques ta putain de vie pour moi. Est-ce que tu as conscience que les risques que tu prends me font tourner la tête ? Que chaque soir quand tu t'endors dans mes bras je ne vois qu'une seule issue possible à notre relation ? Parfois oui, je doute. Mais ne mets pas mes sentiments en déroute, car eux ils sont sincères. Comme les tiens... Aussi froidement que j'ai pu t'avouer l'une des raisons qui me poussent à douter de ce lien entre nous, cela ne remets pas en cause ce que je ressens pour toi Carmen.
»

Un son de violon et il se croirait dans un roman à l'eau de rose. Mais pour Carmen, il faisait l'effort de le dire, qu'elle sente le poids qu'elle faisait sur son âme.

« Je me fiche pas mal que tu te démènes ainsi pour les autres, que tu risques ta vie dans toutes les situations possibles et avec n'importe qui. Ce que je vois, moi, c'est ce que tu risques pour moi. Dans le feu de l'action t'as un sens des priorités proches de zéro. »

Les morts avançaient. Ils devaient repartir avant de poursuivre cette discussion. Peut être pourraient-ils s'arrêter ailleurs, dans un endroit plus calme, pour continuer si elle le souhaitait... Il s'était si mal lancé qu'il en doutait. La panique lui avait fait dire ce qui faisait tressaillir son esprit. Pourrait-il seulement parler d'Axel aussi, et de son comportement qu'il supportait de moins en moins, de cette pression qui devenait insoutenable ? S'il avait cru en être capable, il s'était rendu compte que même avec l'aide de la brune, il était tout à fait incapable de supporter les regards et les marmonnement d'Axel. Il ne songeait pas à partir du ranch, ça non, mais il aurait peut être préféré que l'autre s'en aille. Tiens, elle réagirait forcément mal alors qu'elle avait tout fait pour que le colosse reste. Elle préférerait les voir encore se battre plutôt que de se séparer de l'un deux... Quoiqu'il venait sûrement d'établir le doute dans l'esprit de sa dame en lui disant qu'il n'aimait pas qu'elle risque sa vie. Non ce n'était pas une excuse pour en finir avec leur histoire, rien à voir. Surtout qu'au fond, il doutait qu'elle changerait sa façon de faire... Il pointait du doigt les morts qui marchent puis ils entamèrent un bout de route, loin des morts qui plus loin derrière ce nuage de fumée, semblait les suivre. Il lui avait proposé de s'arrêter plus loin, à voir si elle fulminerait, pesterait, enragerait encore contre lui, ou si elle préfèrerait directement rentrer à la maison avec le peu de choses qu'ils avaient trouvé dans les immeubles...


“L’endroit le plus sombre est juste sous la bougie.” p. korean
Le silence qui suit un grand désastre est le son le plus paisible qu'on peut entendre à la surface de cette terre. Elif Shafak.

Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé
WALKING WITH THE DEADS

MessageSujet: Re: Somewhere only we know   Aujourd'hui à 23:20

Revenir en haut Aller en bas
 

Somewhere only we know

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 2 sur 3Aller à la page : Précédent  1, 2, 3  Suivant

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
The Walking Dead RPG :: Archives RP :: RP Terminés-