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 Somewhere only we know

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Carmen L. Mendoza
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MessageSujet: Re: Somewhere only we know   Mer 26 Oct 2016 - 14:30


Pourquoi s'en vouloir ? Elle ne faisait que ce qu'elle estimait juste après tout. Silencieuse, elle était restée sans mot dire devant son flot de parole, écoutant ce qu'il semblait exprimer sincérité. Sincérité qui lui noua à nouveau les entrailles, alors qu'elle avait l'impression de s'enfoncer sur une route sans issue. Oui, les sentiments étaient présents, et après ?

J'agis parce que je n'ai pas le choix. C'est le monde dans lequel on vit qui m'y force. Crois moi, j'aurai largement préféré qu'on vive dans un appartement à deux, et que ma seule inquiétude soit de savoir si la soirée que j'organise apporterait suffisamment de succès sans risque de bagarre générale, ou d'espérer que tu sois déjà débout quand je rentrerai à l'aube. Que le truc le plus risqué qu'on puisse faire soit de t'amener à la réserve Navajo pour je ne sais quelle fête à laquelle ma grand mère m'aurait harcelée, ou un tour en montagne russe qui garanti un frisson extrême. Sauf que non, ce n'est pas possible, plus maintenant.

Elle n'avait pu s'empêcher de sentir le regret dans sa voix en énonçant un semblant de vie parfaite, dans un monde désormais en décomposition. Quand au reste... Elle n'eut pas vraiment le loisir de répondre à la suite de ses aveux, alors que le reste de la horde se dirigeait dans leur direction. Démarrant la moto une fois qu'ils furent installé, elle augmenta le compteur aux alentours d'une centaine de kilomètres pour s'assurer de distancer le plus gros des wendigo. Probablement que le vrombissement du moteur en alerterait quelques uns, mais le temps qu'ils se jettent à leur poursuite, ils seraient déjà loin.
Faisant un détour pour quitter la ville, ils finirent par se stopper devant un vieux restaurant routier à l'abandon. En dehors d'une vieille voiture abandonnée, l'endroit semblait désert. Tant mieux. Descendant en laissant à Jasper le temps de reprendre ses esprit, Carmen s'était contenté de cogner plusieurs fois contre la vitre en espérant qu'aucun monstre ne s'y colle. Par chance, ce fût le cas. Malgré les tables éparpillées et les chaises renversées, il n'y avait aucun signe de malade. Faisant signe à l'homme de la suivre, elle referma la porte en silence. Au moins, ils avaient encore un peu de temps avant que le soleil ne se couche. Et un peu de répit avant de rentrer au ranch...

C'est ça que tu veux alors ? Prendre de la distance, réfléchir à tout ça jusqu'à te décider ?

Elle n'avait pas daigné le regarder en posant la question, déposant son tomahawk sur le comptoir alors qu'elle s'agenouillait pour fouiller les placards. En dehors de la moisissure du à l'humidité du lieu, elle ne trouva rien. Sans doute que l'endroit avait déjà été pillé depuis longtemps, vu l'état d'abandon extrême et la couche de poussière au sol. Tant pis. Ce ne serait pas la première fois qu'ils rentreraient bredouille. Ils devraient juste mieux mener les expéditions pour s'enfoncer dans le plus gros de la ville, en espérant que les wendigo aient suffisamment dissuader les pillards d'y aller. Et de toute manière, penser à ce qu'ils pouvaient ramener là tout de suite, ça lui sortait un peu de l'esprit.
Soupirant, l'amérindienne avait fini par se relever. Si elle n'était pas du genre à se confier, elle ne pouvait s'empêcher de tenter encore d'argumenter, tout en se doutant de l'issue que cela prendrait.

Plutôt mourir maintenant, que vivre un siècle sans toi.

Elle s'était mordue la lèvre, se refusant à lui avouer de la sorte. Fouillant nerveusement dans ses poches pour en ressortir son paquet de cigarette, elle inspira longuement la première bouffée de nicotine pour calmer ses nerfs usés par les révélations, avant de reprendre enfin.

Je peux essayer de faire des efforts, arrêter de me jeter dans la mêlée... Mais ça ne sert à rien que j'essaie si toi, tu continue d'avoir peur constamment et de ne pas être sûr de ce que tu veux. Je ne pourrai jamais rester sagement a l'abri, parce que je n'ai jamais été comme ça. C'est dans ma nature...

Et pourtant, elle aurait adoré avoir le caractère calme et réfléchi d'Ana. Mais ça ne lui avait pas sauvé la vie pour autant. Tirant à nouveau sur sa cigarette, elle hésita un instant avant de reprendre. Est-ce qu'il y à autre chose ?

Peut-être ne lui avait-il pas tout dit après tout. Que quelque chose d'autre le travaillait, dont il n'avais pas encore dit mot. Si une partie d'elle voulait briser la distance entre eux, elle s'en abstint. Préférant tirer une nouvelle bouffée de fumée de cigarette en effleurant du bout des doigts le bois de son arme, s'accrochant à des choses futiles pour masquer sa douleur.


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Jasper McCarthy
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MessageSujet: Re: Somewhere only we know   Mar 1 Nov 2016 - 15:10

Jasper s'efforça de ne pas imaginer cette vie espérée, imaginée. Il bloqua son esprit et son imagination, tentant du mieux qu'il pouvait de ne pas se transposer dans le rêve que Carmen venait si bien de décrire. Il aurait sûrement aimé se voir avec elle sur un canapé en simili cuir à lui jeter des pop-corn sur ses charmantes boucles brunes...
Mais non.
Il était inutile de penser à cet ailleurs.
Le démarreur de la moto fit le reste, emportant derrière eux ces effluves de souvenirs créés de toute pièce. Le temps fila jusqu'à ce que la demoiselle en colère arrête le moteur de son deux roues devant un restaurant à l'abandon. La longue route qu'ils avaient pris était quasiment déserte. L'enseigne ne se cassait pas la gueule comme tout ce qu'ils avaient pu voir jusqu'à maintenant. D'un pas peu précipité, Jasper la suivit à l'intérieur après qu'elle ait veillé à ce qu'aucun marcheur ne s'y trouve. Certaines chaises étaient renversées, et rien ne semblait intéressant à récupérer... Le lieu avait dû être pillé depuis bien longtemps. Une nouvelle étape, ils rentreraient les mains vides.
Sans le regarder, la jeune femme était interrogative mais elle n'avait pas bien envie de connaître la réponse. Elle évitait clairement ses iris bleus alors que lui cherchait à la trouver. Un instant il capta son regard mais ne dit rien tout de suite, laissant un silence dérangeant s'installer à nouveau. Ces pensées étaient trop lourdes à dire, il craignait de la blesser à nouveau, d'abattre un ultime coup sur sa poitrine. Il la savait fragile, et c'était sûrement pour cela qu'Axel était toujours à zoner dans les environs, à vérifier qu'il ne lui ferait aucun mal. Il n'y avait pas une seule fois où l'ancien psy n'avait pas été attentif aux émotions de Carmen. Il arrivait que des dérapages surviennent, sous le coup de l'énervement, de la colère, comme maintenant, comme après ce qu'elle avait tenté de faire pour l'aider à fuir la horde. Dans le calme du restaurant, il se remémora la scène, elle qui avait tenté une percée dans l'immeuble suivant pour lui ouvrir une porte d'entrée et lui permettre de fuir. Qui sait, il serait peut être mort. Mais elle n'avait pas pensé à sa propre survie, un seul mot d'ordre subsistait dans sa caboche, elle ne pourrait pas s'imaginer laisser tomber quelqu'un. C'était beaucoup trop d'héroïsme pour lui.

Parce qu'il en eut besoin, il alla s'asseoir sur l'une des chaises en la regardant se lever puis allumer une cigarette. Une habitude lorsqu'elle était nerveuse. Mais ses mains, elles, ne tremblaient pas. Ses lèvres pinçaient la cigarette qui rougeoyait dans la semi-obscurité. Longtemps, il aurait pu la regarder s'intoxiquer avec cette chose, le regard dans le vague, songeuse, soucieuse. Jasper gardait son regard sur elle, et se décidait enfin à briser le silence après qu'elle ait tenté de lui promettre de faire des efforts pour ne pas se jeter dans la gueule du loup.

« Tu fais partie de ces personnes intenses qui ne jugent leurs actes qu'après avoir agi. Je le sais. Je t'ai vu à l'oeuvre un nombre incalculable de fois... Au début, je te trouvais particulièrement courageuse, quoique extrême... Mais plus on avance dans le temps, plus je me dis que l'héroïsme n'a plus sa place. Je ne peux pas te changer... Même si tu me promets de freiner tes ardeurs... Il est fort probable que tu recommences parce que ce qui te guide dans ce genre de moment c'est ton ardeur.... Je ne suis pas en train de te dire d'abandonner tes proches, tu en serais incapable... Mais je te demande de ne pas tenter de te suicider à tout bout de champ... Tu ne peux pas sauver tout le monde.
J'ai besoin de réfléchir à tout ceci oui... De voir les choses autrement, d'accepter cette part de danger aussi sûrement... Je ne sais pas...
»

S'il y avait autre chose ? Dans ses propos, il aurait presque oublier la tâche d'ombre qu'était Axel. Ses lèvres se fermèrent alors qu'il basculait légèrement en arrière, détendant son dos et regardant cette fois le plafond, du moins ce qu'il pouvait entrapercevoir.

« Axel. Je ne le supporte plus. » Lui, sa présence, son aura, tout. Jasper pouvait facilement dire qu'il n'avait jamais autant détesté quelqu'un au court de sa vie. Il laissait les choses couler, en général... Mais l'accrochage de la dernière fois sur la route et le regard persistant du jeune homme l'énervait toujours plus.


“L’endroit le plus sombre est juste sous la bougie.” p. korean
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Carmen L. Mendoza
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MessageSujet: Re: Somewhere only we know   Mer 2 Nov 2016 - 13:22


Elle ne s'était pas trompée.

Elle avait toujours fonctionné à l'instinct. Qu'il s'agisse de savoir quoi faire à la mort de sa mère, jusqu'à ce moment précis ou elle était venu le récupérer dans la rue. Chaque fois, l'adrénaline qui envahissait son corps prenait le dessus sur la raison et jusqu'à aujourd'hui, cela avait plutôt bien fonctionné.
Sauf que jamais encore, elle ne s'était attendue à se retrouver dans cette possibilité de la vie, ou l'homme dont elle était tombée amoureuse avait besoin de prendre de la distance pour savoir ou il en était, et si il se sentait un jour capable d'accepter cette partie de sa personnalité. En silence, elle s'était contenté de hocher la tête, preque vaincue face à ses propos. Il avait beau les avoir dit avec une certaine douceur, il n'empêchait qu'au pllus profond de son être, elle encaissait la nouvelle comme un coup de poing en plein plexus solaire, se mordant la lèvre pour ne pas que son visage trahisse une quelconque émotion. Et pourtant, elle était noyée sous ces dernières. La déception, la tristesse, un peu de colère aussi. Mais elle se refusa à les faire entendre, se contentant d'un simple hochement de tête face à tout ce qu'il pouvait dire.
Dans un sens, elle comprenait. Même si elle avait toujours accepté chaque défaut de Jasper, essuyant même ce passé houleux qu'ils avaient en commun. Mais c'était différent. Peut-être qu'elle aurait tout aussi mal réagit si il avait risqué la mort pour venir l'aider, elle n'en savait rien. Peut-être pas. Elle n'était plus en position pour le savoir de toute façon.

Peut-être qu'on devrait arrêter de se parler quelques temps alors.

Pour ne pas dire arrêter de se voir. C'aurait été beaucoup trop compliqué au vu de la promiscuité dont ils bénéficiaient dans le ranch. Mais qu'importait. Elle avait toujours su se débrouiller pour disparaître en ravitaillement ou partir en éclaireur quand elle en avait besoin.
Alors, il avait repris la parole, lui confirmant qu'il y avait bien autre chose. Axel Kennedy. Evidemment... La brune fronça un instant les sourcils sans répondre, alors qu'il admettait clairement ne plus le supporter, ses yeux bleus levés vers le plafond alors qu'elle se permettait enfin de l'observer. D'un geste fluide, elle était venue écraser sa cigarette sur le comptoir, un rire sans joie s'échappant de ses lèvres.

J'aurai dû m'en douter. A cause de ce qu'il s'est passé la dernière fois ?

Elle n'avait jamais eu le mot final de cette dispute, même si désormais, elle s'en doutait un peu. Son meilleur ami n'avait jamais compris son amour pour Jasper, et inversement, Jasper avait longtemps pris sur lui avant qu'ils n'en viennent aux mains...
Soupirant, la navajo avait passé une main lasse dans ses cheveux pour les ramener vers l'arrière avant de reprendre la parole.

Je comprends. Mais à part réglez vos comptes comme des adultes, je ne peux rien faire mieux que lui conseiller de se mêler de ce qui le regarde.

D'autant qu'elle ne s'était pas gênée pour plaquer Axel contre une voiture en lui hurlant dessus, refuser de lui adresser la parole de nombreux jours, et lui rappeler qu'elle était majeure et faisait bien ce qu'elle voulait avec qui elle voulait. Elle avait toujours couvert son amant face à son meilleur ami. Ne serait-ce que pour le vol raté de leur première voiture par exemple, pour ne pas envenimer la situation. Ana lui avait fait confiance, elle lui faisait confiance, et ça n'avait pas suffit au brun. Et de toute façon, c'est ton problème maintenant, non ? Puisque tu as décidé de prendre de la distance...

Sans agressivité, elle s'était contenté de soulever le problème en lui jetant un rapide regard avant de se laisser glisser de son appui, rangeant son arme à sa ceinture alors qu'elle s'approchait un peu de Jasper. Prudemment, tel un loup, avec une certaine distance de sécurité pour ne pas craquer et l'implorer de revenir sur ses décisions.

Vous avez tous les deux votre place dans ce groupe, et vos regards de travers n'y changeront rien. C'est le concept même de la survie, apprendre à vivre avec les autres, leurs qualités et leur défauts.


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Jasper McCarthy
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MessageSujet: Re: Somewhere only we know   Jeu 10 Nov 2016 - 12:08

La distance était une nécessité. Mais de l'entendre, il se rendit compte de son erreur. Il aurait dû simplement se taire, la laisser se poser des questions encore et encore, puis revenir vers elle dès que la tempête aurait fini son voyage. Qu'y avait-il de plus difficile dans une décision ? De faire du mal ou de se rendre compte qu'on aurait mieux fait de continuer dans le mensonge ? Il en connaissait un rayon sur les mensonges. Ils étaient souvent nécessaires. Dans le cas présent, Jasper avait décidé de dire la vérité. Changement sûrement dû aux actions de la jeune femme.

Il le voyait dans ses yeux. Les mots qu'il avait glissé était perçu comme un poison qui s'insufflait dans les veines de la mexicaine. Son regard le fuyait. Une pointe de colère se faisait sentir. Elle voulait montrer qu'elle acceptait ce temps mort, mais son corps témoignait du contraire. Jasper laissa ses ongles s'enfoncer un court moment dans sa chair, la marquant de quelques demi-cercle. Le doute et l'hésitation étaient le pire des maux dans un couple... D'autant plus lorsqu'il devenait insistant et persistant...

Les pauses n'étaient pas de bonnes augures, et elle devait y songer. Comment lui assurer que ce n'était qu'une mauvaise passe, un coup dur de cette nouvelle ère ? Une impasse qui, il l'espérait ne durerait que quelques semaines... Mais au retour, que se produirait-il ? Accepterait-elle simplement de reprendre le cours de cette vie de couple dans ce chaos ou croiserait-elle les bras et le narguerait-elle ? Un peu des deux certainement... « D'accord... » La nouvelle règle était tombée. Ils ne se toucheraient plus, ne se parleraient que pour des soucis de gestion, et vivraient séparément comme un couple qui en serait venu à ne plus se voir. Il les sentait venir les interrogations au coeur du groupe et le regard noir d'Axel dans son dos... SURTOUT le regard de ce mec. Si Carmen et Jasper n'étaient un couple démonstratif... Un froid polaire serrait vite remarquer.

« Je changerai de chambre... Pour ne pas te faire davantage de mal... » Les mots avaient un goût sale. Cela fonctionnerait-il vraiment, de se renfermer, de prendre du temps pour penser à elle, à eux ? Allait-il vraiment pouvoir reposer les bases de cette relation ? Savoir que tout était sérieux et se rendre compte qu'il pourrait à tout moment la perdre, finirait-il par l'accepter et vivre comme si rien de tel allait se produire ? L'angoisse s'insinuait dans chaque zone sombre de son esprit.
Il baissa les yeux en direction du sol, se concentrant sur l'autre problème. L'autre. Avec une vision panoramique, c'était plus un deux en un. Jasper restait persuader que sans la pression omniprésente d'Axel, il n'en serait pas venu à vouloir prendre autant de distance. Cet autre problème de taille, Axel, allait jeter un nouveau froid. Cela se confirma lorsqu'elle lui expliqua qu'il devait se débrouiller et qu'elle avait le maximum. Évidemment, on ne tenait pas un chien enragé en laisse. Ah bon ? Des enfants ? « Rien que ça. T'as fait le max de ton boulot et maintenant ce sont mes emmerdes ? » Axel restait le problème de taille dans le groupe, l'unique pour lui même en faites. S'il avait espéré au tout début, que ses accusations disparaitraient, il s'était rendu compte qu'elle ne faisait que se renforcer. Il se sentait constamment surveiller, au point de se mettre à regarder derrière lui parce qu'il se sentait épié. Cette non-coopération devenait une vraie tâche noire dans l'organisation. Il était extrêmement difficile en mission de ne rester concentrer que sur l'objectif. Pour lui du moins, qui ne pouvait s'empêcher de penser à cette colère qu'il ressentait envers ce meilleur ami poisseux.

« Axel c'est ton meilleur ami. Pas le mien. Le jeter contre la portière ne lui a pas suffi. Il est tellement enfoncé dans son idée qu'il a de moi que tu devrais peut être lui donner une bonne raison de me détester. Le différent qu'il s'est créé avec moi, il se l'est créé tout seul. Je n'ai jamais rien fait pour qu'il me déteste. La seule personne qui aurait des raisons de me haïr dans le groupe c'est toi. » Elle saurait très bien de quoi il était question. Pas besoin de faire une esquisse, d'écrire un résumé ou de lui murmurer une histoire de leur rencontre. Quelques brides lui étaient revenus, le visage de sa soeur aussi qui avait tout fait pour faire pencher la balance en sa faveur. Que se serait-il produit s'il avait finalement réussi à quitter le motel avec leurs affaires ? Serait-il devenu un paria, serait-il fini mort et seul ? « Puis, il est pas tellement réceptif lorsqu'il s'agit d'avoir une conversation avec moi. » Il ne la cherchait pas non plus. Sûrement par crainte que tout dégénère. Le conflit le rendait maussade. Et parler avec Axel voulait forcément dire être en opposition et même risquer de recevoir un poing dans la figure. Comment dire à Carmen qu'il avait juste envie qu'il dégage ? Mais lui imposer un ultimatum, un lui ou moi, c'était la pire chose à faire. C'était un jugement hâtif, comme il devait éviter de le faire.


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Carmen L. Mendoza
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MessageSujet: Re: Somewhere only we know   Jeu 10 Nov 2016 - 18:21


Le sort en était jeté. Carmen s'était contenté d'hocher la tête, pinçant les lèvres pour conserver son amertume et sa déception pour elle. Cela voulait dire mettre de côté à peu près plus de la moitié de ces choses du quotidien qui lui donnait la force de continuer à avancer, mais qu'importait. Elle avait su survivre sans lui aux prémices de l'épidémie, elle saurait s'adapter à un nouveau mode de vie, elle avait survécu à bien pire.
Il suffisait juste, de planquer sa douleur dans un coin de sa tête et de faire comme si de rien n'était avec le reste du groupe. Ca saurait passer, elle saurait se débrouiller.

Comme toujours finalement. Songea t-elle avec une certaine ironie, alors qu'il parlait de changer de chambre. Bien qu'elle s'était attendue à quelque chose de ce genre, elle n'avait pas pu s'empêcher de rire nerveusement. Ca lui rappelait presque quelque chose, à quelques années près. Sa rupture avec Nolan s'était passée de manière quasi similaire, si on retirait sa tromperie avec une collègue de boulot, et le fait que 99% de ses vêtements hors de prix avaient été brûlés vif par la brune. Mais les choses avaient commencé avec la même phrase. Changer de chambre, s'éloigner, prendre de la distance pour mieux se retrouver plus tard, blablabla.
Vu le résultat, elle doutait sincèrement que Jasper ne revienne un jour vers elle. Si il avait trop peur, elle ne pourrait jamais lui retirer cette anxiété, même avec tous les efforts du monde. N'avait-elle pas commencé à en faire d'ailleurs, en assurant qu'elle ferait plus attention à ses agissements instinctifs ? Par chance, la discussion dériva sur le second problème concernant Axel, alors que l'homme qu'elle aimait semblait presque choqué de sa réaction. Elle avait fait son maximum, et c'était désormais son problème ? Mais bien sûr que oui, à quoi s'attendait-il ?

Tu t'attendais à quoi ? Avait-elle soufflé avec un air impassible alors qu'elle croisait les bras contre sa poitrine en se tournant vers lui. A ce que malgré la distance je continue de jouer les arbitres entre vous deux ?

Qu'il s'estime déjà heureux qu'elle ne soit pas pyromane une seconde fois. Et si la seule personne au monde à pouvoir le détester c'était bien elle, elle dût se mordre violemment la langue pour ne pas lui jeter au visage qu'elle commençait déjà à le haïr pour ce qu'il lui faisait subir. Non. Elle devait se calmer, et ne rien montrer. Comment disait Ama déjà ? L'ignorance est le plus grand des mépris ? Un truc dans ce goût là certainement.


Ne t'inquiète pas pour ta petite personne. Quand il comprendra que tu n'as plus rien à faire avec moi, il n'aura plus aucune raison de te chercher des ennuis. Car c'était bien ça le problème, non ? Le fait qu'ils soient ensembles. Et elle ne se gênerait certainement pas pour le jeter au visage de son meilleur ami quand elle rentrerait pour lui faire comprendre que désormais, elle ne voulait plus jamais l'entendre parler de Jasper devant elle au risque qu'elle ne dépasse les limites de manière drastique.
Et puis qu'est-ce qu'il cherchait à la fin ? Un choix ? A ce qu'elle prenne la décision de virer la seule personne au monde qui avait pu la connaître à une époque ou elle savait rire et profiter du peu que la vie lui offrait ? L'ex grand amour d'Ana ? Bien sûr, quelle idée. D'un pas lent, la navajo s'était approchée de son amant jusqu'à lui faire face, braquant son regard noir de colère dans le sien avant de lâcher d'une voix affûtée comme la lame d'un rasoir.

Tu n'as pas cherché à engager la discussion aux dernières nouvelles ? Alors je ne veux rien savoir. Il n'y aura pas de choix à faire, ou quoi que ce soit. Vous vous contenterez de ne pas aller ensemble en ravitaillement, et d'avoir des équipes séparée, tout comme je m'arrangerai pour partir de mon côté. Tu voulais de la distance, du calme et pouvoir réfléchir ? C'est chose faite. Félicitations.

Malgré la colère sourde qui s'insinuait dans ses veines maintenant que la douleur s'apaisait, elle avait conservé une voix régulière tout le long, avant d'enfin le dépasser pour rejoindre la porte de l'abri. Prends tes affaires. La discussion est terminée je pense.


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Jasper McCarthy
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MessageSujet: Re: Somewhere only we know   Ven 18 Nov 2016 - 9:40

Le mécanisme de la machine s'était coincé. Il l'entendait grincer lourdement dans ses oreilles. Les poings à peine serrés, il tentait de contenir l'énervement qui gagnait en échelon. C'est ainsi que devait se terminer la conversation, il n'y avait plus rien à réparer. Sûrement qu'en éprouvant le besoin d'arrêter un temps cette mascarade, il venait de mettre définitivement un point final à cette relation. Une par une il laissait échapper ses interrogations. On s'en fichait pas mal qu'il est bien fait ou mal fait. Il était devenu une bête noire et même le sujet d'Axel ne pourrait pas embrayer cette infection qui s'était introduit dans leurs âmes. Jasper n'avait pas envie de regretter et de s'en vouloir, et c'est sans doute pour ça qu'il garda le silence, laissant ses immondices prononcées couler sur lui. Encaisser ce qu'elle avait à lui dire, ne rien dire, attendre que la tempête fasse son oeuvre jusqu'à lui arracher des morceaux de peau. Il la voyait scintiller dans ses yeux cette rage nouvelle, cette profonde tristesse. Le mélange était tellement explosif, tellement agressif, qu'il ne pouvait s'empêcher de garder son regard planter dans le sien. Ce duel de regard dura quelques secondes, secondes durant lesquels il ne voulut rien lâcher non plus.

« Tu as raison, on n'a qu'à en rester là, prendre des chemins opposés et laisser le temps faire son oeuvre. »

Et au mieux, s'observer de loin et détourner la tête lorsque l'autre se sentirait observé. Il riait jaune, intérieurement. Rien qu'à imaginer la tension insupportable dans leur nouveau refuge, il en riait. Il se détourna d'elle, car elle avait été clair. Il aurait pu tout aussi bien embrayer sur son meilleur ami et le fait qu'elle allait les laisser se débrouiller. Magique allait être ces moments passer en leurs compagnies. Maintenant qu'il n'avait plus rien à quoi se rattacher il allait très certainement devoir discuter avec son ombre. Pas grave, s'obligeait-il à penser. Ce pincement au coeur il l'oublia et attira ses affaires vers lui. Sa réflexion allait prendre plus de temps que prévu tiens... Tout tournait au vinaigre, ils subissaient les réactions en chaine. Jamais droit, jamais rectiligne, la vague reprenait ce qui lui appartenait. Les poings toujours serrés, il eut du mal à relâcher la pression lorsqu'il glissa son sac sur son dos... Il avait envisagé d'autres possibilités, d'autres manières de lui dire ou de ne pas la mettre dans la confidence... Maintenant qu'il avait déballé le morceau trop vite, il n'aurait plus à se demander comment elle réagirait... Alors sur le départ, il ajouta tout de même :

« Il y en aura bien un qui sera content dans le lot, qui va peut être bien se marrer que tout tourne comme ça. Il va peut être même sortir le champagne. »
Il poussa la porte vers l'extérieur, attendit qu'elle passe devant en lui tenant la porte, mais ne prononça plus un mot. Aussi amère soit le goût de la salive dans sa bouche, il s'arrangerait pour détourner son attention de cette houleuse conversation... Ressasser une scène ne menait qu'à un stress encore plus intense et à malmener son esprit. Alors, lorsqu'il monta à la suite de la jeune femme sur la moto, il imaginait un point fixe sur une immensité désertique et se promit de réfléchir à tout ce qu'elle avait pu lui dire dès qu'il serait au calme dans sa nouvelle chambre. Il le savait qu'il ressentirait un vide immense. Il le savait qu'il tâterait la place à coté de lui. Mais il savait aussi qu'il n'aurait jamais réussi à engager une discussion paisible et seine avec elle sur ce qui l'excédé... Elle aurait peut être essayer d'être compréhensive... Sûrement... Mais elle aurait doutée. Elle aurait posée des questions. Et ils en seraient venus au même point. Une séparation brutale, en bonne et dû forme. Alors, pour ne pas penser à tous ces mécanismes de défense humaine, il pensait à ce point noir, légèrement tremblant, sur ce fond blanc et désertique.


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MessageSujet: Re: Somewhere only we know   Ven 18 Nov 2016 - 19:42


Laisser le temps faire son oeuvre.
La réflexion lui avait arraché un rire sans joie, alors qu'elle se refusait à répondre à ça. Soit disant que le temps guérissait toutes les blessures... Pourtant, non loin de la plaie béante qu'avait crée la perte d'Ana, une seconde plus sournoise venait de s'ouvrir. Il lui faudrait du temps, c'était certain. Pour se relever, lâcher prise. Mais le temps n'attendait jamais personne, et si elle commençait d'ores et déjà à savoir que ce ne serait qu'un long chemin périlleux, elle ne risquerait pas de s'en tirer. Alors, elle s'était tu, se contentant de prendre sur elle comme elle savait si bien faire. Ce n'était qu'une étape de plus dans ce monde pour l'entraîner à la survie, elle devait se dire. Sa vie n'avait été qu'un immense combat, et jamais encore elle n'était tombée à genoux. Pourtant aujourd'hui, il lui sembla avoir échappé de justesse à un coup fatal dont elle peinerait à se relever. Laisse le temps faire son oeuvre.

Tu parles.

La route s'était faite dans un silence de mort, jusqu'à rejoindre le ranch. Les autres n'avaient pas eu besoin d'études supérieures pour comprendre que quelque chose s'était passé, au vu de leurs vêtements abîmé et du regard accusateur que pouvait lancer la navajo à l'attentions de ceux qui la regardaient de trop près. Sans un mot, elle s'était contentée de rejoindre sa chambre, rapidement suivi par Jasper alors qu'elle s'était contenté de lui au visage la plupart de ses affaires. Ca, elle savait faire. Masquer sa peine et sa douleur derrière un mur de colère et d'arrogance. Elle lui avait fait confiance, lui avait appris tout de sa vie, s'était mise à nu devant lui. Il s'était contenté de briser ses barrières qu'elle avait mis tant d'année à édifier pour tout faire voler en éclat.
Elle s'était contenté de lui claquer la porte au nez sans même lui adresser un regard avant de s'adosser à cette dernière, observant le lit qu'elle avait partagé durant tous ces mois avec lui. La simple idée de retourner s'y coucher seule lui souleva un instant le coeur, avant qu'elle n'assassine cette pensée naissante sauvagement. Enfonçant ses mains dans ses poches pour en retirer son paquet de cigarette, elle finit par ressortir de cette chambre ou tant de souvenirs étaient déjà ancrés, fuyant cette sensation d'étouffement alors qu'elle sifflait Alsea en annonçant qu'elle prendrait le tour de garde de cette nuit.

Par chance, personne ne fit de réflexions quand elle annonça qu'elle ne voulait pas de relève, qu'elle n'en aurait pas besoin. En silence, elle s'était contenté de s'asseoir sous la véranda, tirant une longue bouffée de nicotine en laissant cette dernière s'échapper de ses lèvres sans avoir même la force de souffler.
Le temps filait, le temps n'attendrait personne. Et pourtant, plus que jamais, elle en aurait aimé pouvoir en disposer à sa guise.



HELP, I'M ALIVE
My heart keeps beating like a hammer,
Hard to be soft, Tough to be tender. If we're still alive, My regrets are few If my life is mine, What shouldn't I do? Come take my pulse the pace is on a runaway train (⚡) june.
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Somewhere only we know

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