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 Somewhere only we know

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Carmen L. Mendoza
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MessageSujet: Somewhere only we know   Lun 19 Sep 2016 - 1:26


Quelque chose avait changé.

Tout du moins, il ne s'agissait ni de Seattle qui avait désormais des allures de ville fantôme, ni même de l'air frais du mois de Septembre. Non, c'était quelque chose de plus profond, ancré au sein même de son propre groupe.
Si ils avaient finalement réussi à s'installer confortablement au ranch, il avait été convenu d'un commun accord que les ravitaillements devraient se faire rapidement. L'hiver ne serait sans doute pas plus clément avec eux que le précédent, et quitte à l'affronter, autant le faire avec un maximum de ressources. Ainsi, au moins deux fois par semaine, deux ou trois personnes s'organisaient pour partir, avec pour heure de retour la fin de journée, avant la nuit, jugée trop dangereuse pour voyager.
Le trajet en moto s'était fait dans le plus grand silence, jusqu'à ce qu'ils ne la garent à l'abri dans une ruelle désertée. Les immeubles qui se dressaient devant eux semblaient presque menaçant, alors que l'amérindienne refermait les pans de sa veste en cuir, fermant un instant les yeux en sentant l'air froid glacer son visage. Sa soeur et elle avaient vécus ici, fût un temps, se souvint-elle en observant l'ancien appartement qu'elle avait partagé brièvement avec la défunte. Un infime sourire naquit sur ses lèvres alors qu'elle prenait son sac, jetant un rapide regard à Jasper qui semblait toujours aussi silencieux.

Quelque chose avait changé oui. Il était plus distant, moins enclin à la discussion. Peut-être que leurs recherches loin des autres l'aiderait à se confier un peu plus ? L'espace d'une seconde, elle avait pensé qu'il s'agissait peut-être de la mort de Mary, sans oser lui demander clairement. Lui même ne l'avait jamais forcé à parler d'Ana après tout...

Y'avait un vieux centre commercial dans la seconde ruelle, on peut essayer de voir si il reste quelques trucs à récupérer ?

Elle avait lancé l'info sans regarder son amant, son regard se perdant à nouveau en direction de l'ancien immeuble. Au moins ici, elle connaîtrait un minimum le coin, sans que ce soit aussi douloureux que de retourner dans son dernier appartement en date. Commençant à avancer en faisant signe au jeune homme de la suivre sur les escaliers de secours qui leur permettrait de se déplacer par la voie des airs sans risquer de croiser de wendigo, elle lui confia en montant les premières marches.

On à vécu en colocation avec Ana dans ce quartier à une époque. Ca nous à éloigné de la réserve Navajo, mais ça lui permis de terminer ses études de médecine. Elle haussa les épaules en y pensant, happée par les souvenirs. Ca n'avait pas été facile, mais ça avait été le bon choix oui. L'avantage, c'est que ce quartier est rempli de commerce, on devrait trouver notre bonheur.

Toujours aussi peu de conversation. Bon... Un infime grincement la fit resserrer sa prise sur la rambarde, grimaçant. Après un an sans entretien, pas étonnant que ce vieux tas de ferraille commence à rouiller, se rassénéra t-elle. Et puis, n'importe quelle fenêtre d'appartement leur permettrait de le quitter dès qu'ils le décideraient.

En revanche, Jasper ne semblait toujours pas d'humeur à la discussion. L'amérindienne ne releva pas, préférant stopper leur ascension pour descendre d'une marche, faisant face à son partenaire pour l'empêcher d'avancer d'avantage. Presque timidement, elle vint déposer un bref baiser sur ses lèvres avant de rajouter.

Tu pense pas qu'on est assez loin du ranch pour me parler ? Je vois bien qu'il y à un truc qui te travaille, alors crache le morceau...

Mary ? Ou peut-être autre chose, comme de la lassitude dans leur histoire ? Non, ça semblait un peu trop... "normal", pour leur situation, il devait y avoir autre chose. Ramenant son regard brun vers lui, la jeune femme ne bougea pas, attendant une réponse de sa part.

Si ça peut te rassurer, on est suffisamment haut pour que les wendigo n'essaient pas de nous courir après... Fit-elle remarquer en baissant le regard vers les trois mètres qui séparaient le sol de leur escalier.


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Jasper McCarthy
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MessageSujet: Re: Somewhere only we know   Mar 27 Sep 2016 - 17:03

Il y pensait sans arrêt. Il ruminait et refusait d'exprimer cette frustration et cette crainte qui l'habitait. Évidemment, il avait fallu qu'elle remarque ces changements. Il avait vu les regards pleins de questions de la jeune femme, encourageant peut être, mais il était resté dans ce mutisme. Il valait mieux que rien ne sorte pour le moment. Qu'il garde tout en lui pour éviter de cibler la mauvaise personne. Il n'était pas en colère à proprement dit, c'était bien pire que cela.

Il avait multiplié les sorties du territoire, les fouilles dans les nouvelles zones alentour à découvrir, sans pour autant aller bien loin. Pourtant, il détestait ça, sortir, risquer sa vie, même si ça en valait la peine. Mais ces ressentiments étaient portés au second plan quand il sortait. Sinon, en dehors, il était comme aveuglé par toute cette pression qui écrasait sa boîte crânienne.
Cette tension était sans doute du à ce qu'il avait accumulé. Oh Dieu que c'était mauvais de garder tout ça en soit. Mais, Oh Dieu que c'était aussi mauvais de laisser échapper le tout.

« Carmen... Vraiment... Vraiment ce n'est pas le moment... »
Il voyait venir la question, alors, c'était quand le moment ? Certainement jamais. Il était psy, il avait été psy, mais il avait ses raisons de ne pas parler. C'était le comble hein, pour un gars dans cette filière, de s'empêcher de parler, d'extérioriser certaines choses. Mais encore, il s'évertuait à penser qu'il avait raison d'agir de cette façon.
« Si je t'en parlais, tu comprendrais pas. » Grossière erreur que de juger. Elle comprendrait, du moins essaierait de comprendre et tenterait de trouver des pistes. Elle s'énerverait peut être un peu, mais elle avait le mérite de trouver les bons mots, parfois.
Mais pas cette fois-ci.
Son jugement ne serait pas neutre. Elle avait d'un coté son meilleur ami, un homme qu'elle connaissait depuis toujours. Et de l'autre l'intrus, l'inconnu, la tâche noire sur son joli nez aquilin.
Il s'était jamais senti aussi indésirable depuis qu'ils avaient perdu la maison de Jack. Pourtant, il n'y en avait eu qu'un qui imposait cette pression sur ses épaules. Qu'un, et depuis quelques semaines ça comptait pour mille.
Oui, évidemment qu'il n'était pas tout blanc lui. Qui l'était ? Tout le monde avait ses parts sombres et ses parts de lumières. Pas besoin de sortir un bouquin pour comprendre l'être humain, et encore plus celui de l'apocalypse.

« Ça ne changera rien entre nous. Tu sais. Tout se remettra en ordre quand j'aurais arrêter de penser. Tu t'en fais trop. Tu vas commencer à ruminer aussi, et on va être deux à s'arracher la tête. Alors, à choisir, je préfère garder ça dans mon coffre personnel. »
Il parlait distinctement, comme si chacun de ses mots était difficile à dire. Ces mots venaient d'allumer une autre crainte qui lui comprimait de nouveau le cerveau. Aie. Migraine bonjour.
Ça le rongeait de l'intérieur de l'imaginer elle dans les pires situations, en danger de mort. Et ça devenait de pire en pire, ces rêves maladroits, ces rêves décharnés.

Figé, il s'autorisa à se décaler contre la rambarde en métal, adressant un regard nerveux aux cinq cadavres affamés en bas.

« Et si je ne doute pas de tes capacités à gérer des tensions intérieures... Je ne peux pas te dire... Tu ne pourras rien faire. »

L'éloigner était la solution. Elle comprendrait sûrement plus tard cette mise à l'écart, ou elle s'offusquerait. Oui, ce serait plutôt ça, sinon elle ne se mettrait pas plantée en face de lui, à le regarder avec ce regard-là.
Après un silence, il choisit ce moment pour se tourner dans sa direction, un air désolé au visage.

« Je suis sérieux. Tu peux rien faire parce que tu es trop impliqué. »

Alors quoi ? Elle dirait que justement, si elle était concernée, pourquoi ne pas l'inclure ? Que cette mise à l'écart était totalement stupide. Elle lui dirait qu'elle devait savoir, qu'elle avait besoin de réponses comme si ça allait faire tomber ses craintes ou il ne savait quoi. Ces femmes à vouloir toujours tout savoir, pour balayer leurs doutes et les incertitudes.


“L’endroit le plus sombre est juste sous la bougie.” p. korean
Le silence qui suit un grand désastre est le son le plus paisible qu'on peut entendre à la surface de cette terre. Elif Shafak.

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Carmen L. Mendoza
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MessageSujet: Re: Somewhere only we know   Mar 27 Sep 2016 - 18:12


Pas le bon moment ? Y'avait-il seulement un bon moment, pour faire quelque chose dans ce nouveau monde qu'ils foulaient ? Non, elle en doutait sérieusement. Peut-être que se mettre à avoir une discussion profonde et presque psychologique là tout de suite, sur un vieux tas de ferraille sur le point de s'écrouler n'était pas forcément le meilleur lieu du monde, mais au moins ici, personne en les entendaient.
Lui avait-elle déjà expliqué que dans son enfance, sa mère avait tendance à lui dire qu'elle cherchait toujours des réponses au mauvais moment ? Peut-être valait-il mieux s'en abstenir là tout de suite, songea t-elle alors qu'il lui disait qu'elle ne comprendrait peut-être pas. Surprise, la brune l'observa un instant sans mot dire, se contentant de s'appuyer sur la rambarde Qu'est-ce que tu en sais ?

Bien que blessée sur le moment, elle s'était contentée d'afficher un sourire amusé par la situation. A une époque, c'était lui qui l'avait forcé à parler, mettre des mots sur sa douleur. Pourquoi refuser qu'elle lui rende la pareille ?
Elle se fit violence pour ne pas lui demander clairement si il s'agissait de Mary, comme si l'esprit de son ancienne petite amie aurait pu le tourmenter un peu. Étrangement, elle en doutait un peu, mais ses mystères avaient le don de faire marcher son imagination à cent à l'heure.
A nouveau, il lui lança un argument peu convaincant alors qu'il esquivait son regard, venant s'accouder à la rambarde alors qu'elle s'en dégageait lentement. Elle allait finir par trop réfléchir pour eux deux si il lui en parlait blah, blah, blah.

C'est un peu tard pour me mettre en garde. Fit-elle remarquer sans se tourner, préférant croiser les bras contre sa poitrine en observant le ciel s'obscurcir. Je vois qu'un truc ne vas pas, donc forcément, je m'inquiète. Elle haussa les épaules, soupirant doucement. Pourquoi ne comprenait-il pas ce principe pourtant simple ?
Elle ne pouvait rien faire, point. Elle aurait presque pu abandonner pour relancer le sujet quelques jours plus tard si seulement, il n'avait pas raviver son inquiétude. Elle était trop impliquée. Donc, c'était bien à cause d'elle qu'il s'éloignait tant ?
Avait-elle fait un truc de travers ces derniers jours ? Pas qu'elle ne s'en rappelle pourtant...
Et quand bien même, étant impliquée, évidemment que ça la concernait et qu'elle avait son mot à dire !

D'accord, ça suffit les énigmes. Elle s'était exprimée avec douceur tout en conservant un ton ferme, lui faisant à nouveau face. Il avait beau avoir l'air désolé, ça n'empêchait pas qu'elle ne continuerait pas le chemin tant qu'elle n'aurait pas une réelle réponse.

Tu m'aurais dis que ça concernait un membre de ta famille qui te manque, ou je ne sais pas, un truc dans le genre j'aurai pu comprendre et laisser tomber. Mais si je suis impliquée, j'estime avoir le droit de comprendre ce qui te tourmente. C'est pas une question de tout savoir, comprends aussi que je m'inquiète pour toi. Et si je suis dans toute cette histoire, si j'ai fais quelque chose, je préfère être informée plutôt que dans le flou.

Instinctivement, elle s'était rapprochée de lui pour garder son regard dans le sien, le forçant à l'écouter jusqu'au bout. Rarement pour ne pas dire jamais, elle ne l'obligeait à avoir une conversation en se forçant à ne pas perdre le contact visuel, mais maintenant qu'il avait lâché une information cruciale, elle ne risquait pas le laisser partir.

Ca te paraît si inconcevable que ça ? Que je sois juste inquiète pour toi, et pas avide de secrets en tout genre que je pourrai raconter à je ne sais qui ? Ce serait bien mal me connaître, depuis le temps...

Rien que d'y penser, elle leva les yeux au ciel, avant de reprendre à nouveau la parole.

Au pire des cas, j'ai les clés de la moto, et tout mon temps pour discuter... Je peux être plus patient que toi. lança t-elle avec un sourire en coin.

Une bourrasque de vent la fit frissonner, alors qu'à nouveau le vieux tas de rouille grinçait, rapidement noyé sous les râles des wendigo les observant toujours quelques mètres plus bas. Leur jetant un rapide regard, elle s'assura qu'aucun d'entre eux n'avait encore essayé de les rejoindre, conservant tout de même son arme à portée de main.


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Jasper McCarthy
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MessageSujet: Re: Somewhere only we know   Ven 30 Sep 2016 - 21:50

Ce regard profond en disait long, elle finirait par savoir qu'il disait. Elle saurait, et elle en démordrait pas. L'assurance dont elle faisait preuve ne le dérouta pas tant que ça, il connaissait de mieux en mieux sa manière d'être. Les premiers mots étaient tombés, qu'est-ce qu'il en savait ? Ah tiens. Il savait qu'il n'avait pas envie d'une discussion maintenant, même si elle, elle trouvait que c'était le meilleur moment, seul à seul, pour parler de cette épine profondément enfoncer dans la plante de son pied. Il savait que malgré ses efforts pour ranger les pensées de l'ancien psy, elle n'y arriverait pas. Les doutes s'amplifierait, ses jugements seront encore plus mauvais, et il prendrait peut être de mauvaises décisions, de mauvaises directions. Peut être même qu'il serait capable de dire le fond de sa pensée, celle trop épicée, celle à méditer avant de la lâcher.

« Si je comprends bien, il aurait été préférable que j'avance l'argument de la famille. J'aurais peut être dû, mentir pour ne pas t'inquiéter. Te raconter à quel point ces morts me manquent. Que j'en souffre. Que j'y pense sans arrêt. Tu m'aurais cru ? »

Quand elle avait fini, imposer son besoin de savoir, de comprendre les maux qui affligeaient son esprit, il avait tenu son regard, presque sans ciller. Son ton avait beau être ferme, il s'évertuait à penser qu'il risquait de prononcer les mauvais mots. Tu veux savoir hein ? S'il lui disait vraiment, ce que son esprit lui faisait subir, les doutes, les peurs, la colère brute, il risquait de voir cette étincelle dans son regard. L'étincelle de colère, qu'il connaissait aussi bien que celle de la malice.
Mais. D'un autre coté. S'il continuait à se taire. Elle deviendrait plus qu'insistante, peut être qu'elle appliquerait à cette conversation des mots encore plus rude, qui le forcerait à parler, à se livrer dans son mauvais jour. Bon dieu qu'il savait que les mots qui brûlaient le bout de sa langue était mauvais.
En premier Axel. Axel qu'elle aimait tellement, qui lui était tellement essentiel et qu'il avait de plus en plus de mal à oublier. En deuxième, les visions d'horreur, les images sanglantes qui s'imposaient continuellement dans son esprit. En troisième les questions, pourquoi avait-il fallu qu'il s'accroche à ce point, alors que tout dans ce monde était devenu si moche, si désespérant, si effrayant. Pourquoi avait-il fallu qu'elle l'empêche de prendre le véhicule et de partir la première fois ? Pourquoi avait-il si peur ?
Là preuve, il tremblait là, et il dû se faire violence pour arrêter le tremblement de ses mains en les glissant dans les poches de son jeans, se voulant nonchalant. À ce moment-là, le monstre en métal sur lequel était grinça encore, trembla un peu, l'obligeant à sortir une main et à se raccrocher à la rambarde. Il la regardait un instant, puis regardait ailleurs, évitait son regard, le retrouvait.
Cette discussion allait durer. Et en bas, ils n'allaient pas attendre. Peut être qu'ils allaient décider de monter, pour les plus intelligents de la masse. Puis les moutons suivraient.

« J'avais compris que t'aimais pas le mystère... Les zones d'ombres tout ça... Les petits secrets des grands. Ok. Ok. C'est de la curiosité naturelle. Pour vider ta tête de questions. Alors tu veux tout savoir parce que c'est important de tout comprendre... Mais si je parle, si je dis vraiment ce que je pense de ce bordel dans ma tête, là de suite, tu réagiras mal. Tout simplement parce que ce que j'ai à dire c'est mauvais. Et si je le sais, si je te dis que je ne veux pas en parler maintenant, c'est que j'ai de bonnes raisons de croire que ça fera plus de mal que de bien. »

C'était mauvais de lui dire que lui, il voulait que son meilleur ami à la noix dégage. C'était mauvais de lui dire qu'il en avait marre de voir le cadavre de la mexicaine en rêve, déchiré, déchiqueté. C'était mauvais de lui dire qu'il aimait pas que le hasard joue avec eux. Qu'il était content de l'avoir aider dans sa mauvaise passe mais qu'il n'était pas sûr d'avoir bien fait de se rapprocher à ce point d'elle. Et que des fois il se demandait si ça n'allait pas être pire si quelque chose arrivait, parce que ça arriverait. Là, en bas, tout le monde finirait par bouffer les pissenlits par la racine. Puis au final, il doutait de ce que le groupe pourrait lui apporter à lui sur le long terme. Il doutait de son envie d'être avec ce groupe.

« Carmen... On devrait y aller. »

La moto oui, les clefs qu'elle gardait bien dans sa poche en sécurité. Elle voulait tellement qu'il parle, mais il se faisait violence pour sceller ces mots. Ils devaient descendre. Pas de baiser rassurant, pas d'approche malgré le corps de son amante si proche.


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Carmen L. Mendoza
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MessageSujet: Re: Somewhere only we know   Ven 30 Sep 2016 - 22:25


L'aurait-elle sincèrement cru ? Elle hésitait sur la question, avant de finalement secouer la tête. Si tu m'avais parlé de Mary, peut-être. Pour le reste... Sans doute pas, puisque je sais ce que ça fait.

C'était une capacité qu'elle aurait apprécié avoir, par instants. Savoir mettre de côté le passé, pour ne plus souffrir. Ne plus se demander constamment si Alejandra, après avoir raccroché avec elle, s'était rendue compte de la situation critique, avait réussi à rejoindre un groupe, et même peut-être, mis son égoïsme de côté pour soigner les autres. Peut-être en ce moment même survivait-elle dans la statue de la liberté, ou un bâtiment abandonné ? Ou à l'inverse, elle déambulait dans les rues depuis un bon moment déjà. Son regard se fit mélancolique en y pensant, alors qu'elle avouait à demi mots. J'aimerai aussi parfois, ne plus y penser. A Lex, à Ana. Ca ferait moins mal.

Du bout des doigts, elle avait pointé le côté gauche de sa poitrine, avant de chasser les souvenirs de son passé d'un geste de la main. Ce n'était pas le sujet, ni le moment pour s'épancher là dessus. Elle avait noté ce léger tremblement alors qu'il s'agrippait à la rambarde, sans pour autant lui demander. Au moins, il la connaissait bien. Les mystères avaient le don de la rendre folle, et celui-ci n'échappait pas à la règle. Quand bien même il semblait plus la psychanalyser que se contenter de la décrire. Haussant les sourcils un instant, elle ne put s'empêcher de pouffer en l'écoutant déblatérer de la sorte.

Tu pense que c'est le moment pour me prescrire une thérapie ?

Comme il y allait. Avide de savoir, curieuse. Il aurait pu rajouter tenace à la liste, tout de même. Mais au moins, il semblait qu'ils soient proche de ses réponses qu'elle désirait tant. Son regard se teinta un instant d'anxiété en l'écoutant parler. C'était si affreux que ça ?
L'amérindienne resta un instant silencieuse, encaissant la possible menace que la vérité risquait de dévoiler. Soupirant doucement en jetant un nouveau regard aux wendigo en contrebas, elle lança une dernière tentative.

Jasper, je ne suis pas là pour te juger, et je pense avoir survécu à bien pire que ce qu'il peut se passer dans ta tête. Alors oui, parles moi.

Il avait bien réussit à le faire lui, à la perte d'Ana. L'écouter parler, hurler sa douleur. Il avait même accepté qu'ils fassent brûler le corps malgré le risque que cela présentait au petit matin.
Ils devraient y aller, relança t-il. Elle en aurait hurlé d'exaspération pour un peu, mais elle devait bien admettre que le tas de rouille semblait vraiment à deux doigts de s'écrouler. Réussir à lui faire cracher la vérité, ou la survie ? Si une grande partie d'elle désirait la vérité, l'instinct l'emporta malgré tout. Se mordant un court instant la lèvre, hésitant à reprendre la marche tout de suite.

Ok. Lâcha t-elle un peu plus froidement en lui tournant le dos pour ne pas montrer que son mutisme la blessait plus qu'il ne l'imaginait, grimpant quelques marches pour arriver devant une nouvelle fenêtre aux vitres sales. Vu les escaliers, passer par là serait peut-être plus avantageux pour eux. Par précautions, la brune frappa plusieurs fois sur la vitre, attendant qu'un quelconque monstre ne vienne se jeter dessus. Rien. Ne restait plus qu'à l'ouvrir donc. Passant ses doigts dans l'interstice, elle essaya une première fois, sans grand succès. Sans doute trop occupée à se retourner le cerveau d'ailleurs.

Va falloir briser le verre. Lâcha t-elle à son coéquipier en récupérant la petite hache qui ne la quittait plus, priant pour que le bruit n'attirent pas d'autres infectés. Il n'empêche, que si c'est moi le problème je préférerais le savoir tout de suite plutôt que d'être prise en traître. Fit-elle remarquer d'un ton presque anodin alors qu'elle enfonçait le manche du tomahawk contre le verre et qu'une fissure s'y craquelait.


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MessageSujet: Re: Somewhere only we know   Ven 30 Sep 2016 - 23:22

Mary. Pas qu'il l'avait oublié, mais presque. Ne subsistait vraiment que le mauvais, son corps mis à mal par les rôdeurs de l'ascenseur. Le sang dans lequel ses cheveux roux et son corps froid avait baigné. Il déglutit, sans appuyer les propos de son interlocutrice. Son inquiétude première avait été celle-ci ? Qu'il repense à la rousse après tout ce temps ? Une pointe de culpabilité aurait dû naître, celle d'avoir oublier la petite patiente qui avait donné une autre saveur à sa vie de psy morne et ennuyeuse. Mais il ne se sentait pas coupable d'avoir oublier qu'il avait été avec elle, qu'il l'avait apprécié. Sans doute parce qu'il ne l'avait pas autant aimé qu'il ne l'avait voulu. Oui, il aurait dû s'en vouloir, de ne pas ressentir ce qu'il aurait fallu ressentir à ce moment-là.

Puis Lex. Ana. Elle les mit sur le tapis. Évoquant ses doutes, ceux qui la réveillait parfois la nuit, ceux à quoi elle pensait tous les soirs en s'endormant contre lui. Il aurait pu lui dire là, qu'elle faisait partie de ces gens qui n'oublieraient jamais, qui ont du mal à bâtir des murs entre leurs émotions et leurs douleurs. Elle lutterait sûrement toujours, longtemps, au lieu de laisser mûrir cette douleur. Mais soit, pas de thérapie. Décidément, chaque mot qui sortait de sa bouche obligeait les gens à faire référence à son métier. Métier qui n'avait jamais été une vocation en soit, il s'était juste retrouver là sur les bancs de l'école, à vouloir empocher un diplôme pour faire un travail qu'il jugerait facile. Sans être bon ni mauvais. Sans être vraiment ce qu'il devait être. Il n'avait jamais vraiment chercher à vouloir comprendre l'Homme en général, c'était surtout de la curiosité. Fallait-il l'avouer un jour ? Non. Bien sur que non. C'était ses affaires. Là, il en avait d'autres à gérer. Elle, elle glissait entre ses doigts tout à coup. Un masque de plomb rendait son visage tout à coup si pâle. Voilà. Elle se fermait. Elle affirmait, mais son corps soudain raide disait le contraire. C'était sûr, il avait prévu qu'elle n'aimerait pas sa réponse. Tu vois, tu fais tout de travers. Non, il faisait bien de faire comme ça. Elle serait en colère un temps, elle ruminerait, lui balancerait quelques trucs à la figure, des petites remarques sèches, des petites piques, des regards obliques, puis se serait tous les jours, jusqu'à ce qu'il craque. Elle s'accrocherait, enfoncerait ses ongles dans la chair, laisserait perler quelques gouttelettes de sang sur son bras, plongeant son regard profond dans le sien. Juste ok, elle avait dit.

« Voilà. Tu boudes. C'est moche, cette ride du lion. Ça ne te va pas, je te l'ai déjà dit. » Détourner l'attention, la faire sourire, lui dire un commentaire gentil. Mais pas trop quand même, pas qu'elle croit à une ouverture et qu'elle s'y jette. De près, il l'avait suivi alors qu'elle brisait une vitre à l'ouverture difficile. Accompagnant le geste de la leader, il sortie à son tour l'arme blanche.
Elle l'avait dit. Si c'est moi le problème. Là, il fronçait le nez, c'était son tour, la machine était relancée. « Oh. À t'entendre, j'ai l'impression de t'avoir reprocher quelque chose. Je t'ai dit que tu étais trop impliquée, pas que le problème venait directement de t... »
Un hurlement acheva sa phrase. Un cri strident, suivit de bruit de pas des mètres plus bas. Un hurlement déchirant l'assistance, des bruits qui venaient d'en attirer plus sur le bout de ferraille qui maintenait Carmen et lui en hauteur. Stable. Carmen avait déjà presqu'un pied sur le bord de la fenêtre, prête à entrer. Plus bas, la chevelure châtain était affolée. Derrière une horde, de l'autre près des escaliers de secours une autre. Dans un ultime effort, elle avait tenté de passer la barrière de chair pour monter les marches de l'escalier extérieur.
Il avait retenu son souffle devant le spectacle. Le cri déchirant de la survivante en avait attiré d'autre. Ils s'amassaient tous en dessous, malmenant le corps de la femme qui s'était soudainement tue. Étendu face contre les premières marches de l'escalier, son visage immaculé fixé horrifié un point dans le vide. C'est ce moment que son arme choisit pour glisser de ses mains et raisonner dans les étages de métal du dessous. Cliquetant bruyamment avant de s'écraser quelques mètres plus bas, redonnant l'envie à quelques zonards de lever leurs yeux blanchâtres vers le ciel. Doux jésus.


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MessageSujet: Re: Somewhere only we know   Sam 1 Oct 2016 - 10:48


En d'autres circonstances, elle aurait très certainement retrouvé un semblant de sourire face à la remarque de son amant. Mais là... Pas vraiment.
Je ne boude pas. S'était-elle contenté de répondre, laconique, s'enfermant d'avantage dans sa bouderie en donnant raison sans le vouloir à Jasper.
Alors elle avait préféré se concentrer sur l'ouverture de cette maudite fenêtre en essayant de penser à autre chose, sans grand succès. Rapidement, elle était retombée dans ses travers et le blond n'avait visiblement pas apprécié, puisqu'il sous entendait qu'elle déformais tout. Excédée, elle n'avait pas pu s'empêcher de lui couper la parole en ramenant son regard vexée sur lui.

Si je suis impliquée et que je vais réagir mal à ce que tu ne veux pas dire, c'est que tu as forcément quelque chose à me -

Le hurlement les avait stoppé net dans leur début de dispute, alors qu'ils avaient tourné mutuellement la tête vers la masse de cheveux châtains qui avait essayé de passer la porte grillagée de l'escalier sans grand succès, ramenant des cannibales avec elles. Au bas mot, une bonne trentaine, et nul doute que son hurlement allait attirer le reste de la bande.
Retombant sur l'escalier en faisant le moins de bruit possible, la navajo s'était accroupie en espérant qu'ils ne les voient pas, trop occupés à dévorer ce qu'il restait de l'ancienne survivante, resserrant sa prise sur son arme. Passe par la fenêtre. Avait-elle soufflé à Jasper en priant pour qu'ils ne remarquent rien, jusqu'à ce qu'un bruit métallique ne dégringole, lui donnant l'impression qu'un coup de canon venait de résonner dans leur coin de fouille. Il lui sembla voir la scène au ralenti alors qu'elle essayant sans succès de récupérer l'arme qui alla s'écraser un peu plus bas, tandis que tous les wendigo du coin étaient informés de leur présence, et que la plupart se poussaient déjà sur les escaliers de secours. Escaliers qui, visiblement, n'appréciait pas d'avoir autant de personen d'un coup sur le maigre structure.

Putain !

Le revolver ou le tomahawk. Courir jusqu'à la prochaine fenêtre, ou risquer celle-ci ou les monstres risquaient de s'engouffrer à leur suite. Elle n'eut pas vraiment le loisir d'y penser d'avantage que le tremblement du métal cédant de plus en plus sous la centaine de kilos qu'il venait d'encaisser d'un coup lui fit perdre l'équilibre, se relevant maladroitement en se tenant à la rambarde, tremblante. Attrapant Jasper par le bras pour l'inciter à reculer, elle ne put 'empêcher de crier en entendant de nouveau le gémissement de l'acier malmené par le surpoids du groupe qui venait à leur rencontre. Viens !

Tant pis pour la fenêtre. Mieux valait s'éloigner le plus possible de ce foutu groupe de cannibale qui s'approchait de plus en plus, et prier pour que la nouvelle fenêtre qu'ils venaient de trouver s'ouvre rapidement. A nouveau, le manège recommença, alors qu'elle parvenait à briser la vitre du premier coup, s'engouffrant à l'intérieur d'une vieille salle de bain empestant la moisissure. Bien, à Jasper maintenant. Lui tendant le main pour l'aider à grimper, elle ne put s'empêcher de sentir le sang quitter son visage en constatant que les premiers escaliers s'effondrait crescendo, comme ils l'avaient craint depuis le départ.

Dépêche toi !

Son calme toute circonstance avait désormais bel et bien disparu. Ils allaient s'en sortir, c'était obligatoire. Il le fallait.


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My heart keeps beating like a hammer,
Hard to be soft, Tough to be tender. If we're still alive, My regrets are few If my life is mine, What shouldn't I do? Come take my pulse the pace is on a runaway train (⚡) june.
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Somewhere only we know

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