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 The Innocent Criminal

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Reese B. Maddox
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MessageSujet: Re: The Innocent Criminal   Dim 25 Sep 2016 - 19:03

Il y avait un silence pesant dans l'appartement des Alvarez. En les reconduisant chez eux, en sachant que ça serait encore plus dur de rentrer dans leur maison sans la présence de Juan, Reese eut l'impression de leur infliger quelque chose d'horrible. Mais il n'y avait rien qu'elle pouvait faire pour arranger les choses, rien excepter se montrer serviable. Douce. Attentive. Chose qu'elle n'aurait jamais été, si ce n'était pour des gens comme eux. Si ça n'avait été pour Hernando et sa famille. Elle aurait donné tout ce qu'elle avait pour soulager leur chagrin, leur peine. Elle aurait donné n'importe quoi pour que son ami ne pleure plus son frère. Pour que Juan soit toujours là.

Mais elle n'avait rien. Elle n'était pas Dieu. Elle ne faisait pas les événements qui se produisaient, et envoyer systématiquement le monde dans un mur. Elle avait eu la gorge serrée, tout du long du trajet, jusqu'à arriver, sans savoir quoi dire qui pourrait détendre l'ambiance. Elle avait l'impression qu'une quelconque parole pourrait mettre le feu aux poudres, ou pire, augmenter le chagrin qui pesait déjà sur leurs épaules. Lorsqu'elle accompagna les trois jusqu'à leurs appartements, elle se revit à quelques mètres, près de sa voiture, là où Juan était venu la chercher pour lui demander de venir à la partie de Paintball. Quelques semaines plus tard, en bas de l'immeuble, lui demandant de le conduire au lycée. Dans le couloir, où il dévalait les marches avec Rafael. Dans le couloir, la première fois qu'elle l'avait vu, se tenant entre Maria et son petit frère, après qu'elle ait fait la bise à Hernando, attendant de comprendre ce qu'il y avait entre eux.

Juan l'avait toujours accueilli comme si elle avait été quelqu'un d'important pour lui, et surtout pour son grand frère. Il s'était montré simple, mais bon, avec une capacité à cerner les gens qui l'entouraient. Il ne prétendait pas lire dans les autres, mais Reese avait eu cette impression qu'il avait compris ce qui avait été dur pour elle. Et ça n'avait jamais entaché la motivation qu'il avait eu à grandir, et aider les autres. Juan voyait le bon en chacun, et ce qu'il y avait à tirer de meilleur chez son prochain. Et alors que Hernando s'éclipsait dans la cuisine, elle craignait que la lumière dans laquelle il avait baigné sa famille ne s'estompe, et que de mauvaises décisions soient prises en son absence.

Elle s'inquiétait, oui. Elle avait l'impression qu'un équilibre venait d'être brisé, en même temps que le silence quand Hernando se cogna le crâne contre le robinet et qu'elle se précipita vers lui pour voir s'il n'avait rien. « Ca va, tu ne t'es pas- » fait mal. Elle n'eut pas le temps de finir qu'il rigolait déjà. Silencieusement. Ça n'était pas un rire heureux, comme elle l'avait déjà entendu, il y avait quelque chose de triste dans ses éclats là. Et ça lui arrachait le cœur. Elle n'osa pas sourire, ou rire, ni rien. Elle n'en avait pas la volonté à dire vrai, trop soucieuse et trop triste. Ça reviendrait. Chaque chose reprendrait sa place, et une autre lumière viendrait bercer les Alvarez. Mais pour l'instant, tout était trop compliqué, trop frais, trop nébuleux, pour que ça soit envisageable.

« S'il y a quoique ce soit que je puisse faire, Hernando... » Souffla-t-elle dans un murmure en se rapprochant de lui. Sa main se posa sur sa joue, et elle le fixa avec une tendresse qu'elle ne lui avait jamais montré jusqu'ici. « Pour vous aidez. » Elle, elle avait la chance de ne jamais avoir personne à perdre, parce qu'elle n'avait déjà rien. En rentrant dans la vie de Hernando, elle avait commencé à comprendre ce que ça pouvait signifier, s'attacher à quelqu'un. Elle ne pleurerait la mort d'aucune mère, d'aucun père, d'aucun frère. Mais elle comprenait. Elle avait perdu Moxley, en ayant cru dur comme fer qu'il était sa moitié. Maintenant... Elle commençait à saisir que chaque personne qui rentrait dans sa vie pouvait tout faire basculer. Tout. Et Hernando avait un jour tapé à sa porte en pensant y trouver un homme, elle avait ensuite frappé à la sienne en cherchant des informations.

Et désormais, ils étaient là, l'un en face de l'autre, à se regarder dans les yeux, et elle, ne savait plus quoi faire pour que tout ça soit moins pire. « Ou si tu veux en parler. » Elle eut un petit rire nerveux, qui trahissait son impuissance. Elle n'était pas persuadée qu'en parler changerait quelque chose, pas encore en tout cas... Mais elle devait le proposer. « Ce que tu veux, n'hésite pas. » Souffla-t-elle dans un murmure avant de se reprendre : « Juste... »

Elle pinça les lèvres, baissant les yeux. Elle commençait à connaître le tempérament enflammé de son ami, elle savait à quel point il pouvait être têtu, et comment il réagissait sous le coup d'une forte émotion. Alors, parce qu'elle le craignait, et parce qu'elle ne voulait pas qu'un autre malheur touche cette famille, elle se devait de lui dire. « Je sais qu'il serait tentant de faire quelque chose de stupide pour Juan mais... » Pour le venger. Comme si ça pouvait le faire revenir. Comme si ça ne bouleverserait pas définitivement tout ce qu'il avait essayé de construire de son vivant. Elle secoua la tête et lui demanda d'une voix suppliante : « Ne fais rien de stupide, s'il te plaît. »



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Hernando Álvarez
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MessageSujet: Re: The Innocent Criminal   Dim 25 Sep 2016 - 21:58

Les mots, pourtant simples de l'avocate, touchèrent Hernando. Il savait qu'il pouvait compter sur elle en toute circonstance, mais là, il ne savait pas ce qu'elle aurait pu faire. Lui-même n'identifiait pas ce qui était nécessaire de faire ou dire. Pourtant, la simple présence de Reese faisait du bien moralement, elle l'apaisait. Ne sachant trop quoi lui répondre, il haussa les épaules d'un air désemparé. Si seulement il était aussi simple de trouver la solution, mais rien ne lui venait. Une chose dont il était certain en revanche, était le fait de ne pas la voir partir. Se calant contre un meuble, il la regarda en tentant de ne pas afficher des yeux de chien battu. Le latino avait la chance d'avoir celle qu'il aimait dans cette pièce. Elle n'avait pas hésité à quitter son travail, peut-être avait-elle des rendez-vous importants, et pourtant elle était là, pour lui, pour eux.

Tandis que leurs regards restaient liés, le jeune homme rompit cette connexion en sentant la main de la brune se poser sur sa joue. Penchant la tête sur le côté, il ferma les yeux un court instant et se laissa submerger par l'énergie le traversant. « Reste ici s'il te plaît. » prononça-t-il d'une faible voix en rouvrant les yeux. Cette requête était dans un sens égoïste et pourrait faire naître de la culpabilité en elle, l'avocate ne souhaitait pas forcément passer la nuit ici en devant écouter les Alvarez pleurer. Mais si Hernando l'avait formulée, c'était parce qu'elle faisait partie de la famille. Évidemment qu'il était en quelque sorte le premier concerné, mais Maria et Rafael appréciaient la jeune femme, Juan aussi. « Si tu te sens pas à l'aise, je comprends, je t'en voudrais pas. » préféra-t-il ajouter. Supporter le deuil était une chose, l'infliger aux autres en était une autre.

Elle connaissait parfaitement le tatoué et ses réactions par moment disproportionnées. Sa crainte était justifiée étant donné que sur le chemin pour se rendre à l'hôpital, il avait demandé, même exigé, à ses amis de retrouver le ou les coupables, sans cacher ses intentions. Il était encore trop tôt pour dire la manière dont il réagirait réellement, mais l'acte qu'ils avaient commis été impardonnable. D'autant plus, que les échanges de coups de feu étaient très rares avec l'entente des chefs de gang, ce n'était pas bon pour les affaires, ils préféraient ne plus avoir à en arriver là. Que ce soit de sa main ou de celle d'un autre, ils paieront, ça, en revanche, il en était sûr.

« Je sais, je sais... » répondit-il finalement en baissant la tête. Il savait qu'elle avait entièrement raison et, ce, depuis longtemps. En l'écoutant réellement, en prenant en compte ce qu'elle disait et en l'appliquant, Juan serait peut-être en vie. Les autres membres de la famille ne connaîtrait peut-être pas cette douleur incurable, cette perte que rien n'y personne ne pourra changer ou remplacer. Peut-être que sa voix résonnerait à cet instant dans l'appartement, peut-être serait-il entrain de rire en racontant une énième blague, peut-être partagerait-il son amour pour les études, pour l'avenir tout tracé qu'il se voyait prendre, peut-être... Hernando détourna le regard en pensant à tout cela et se dirigea à la fenêtre qu'il ouvrit en grand. Regardant le sol, il laissa échapper de nouvelles larmes.

Il resta un moment penché sur le bord de la fenêtre et une conversation avec Juan lui revint « Tu sais, un jour il m'a dit qu'entre lui et moi c'était comme un combat pour savoir qui de nous d'eux réussirait à sortir de ce trou. Il était sûr de remporter la victoire parce que même si je ramenais plein de billets, je serais toujours coincé ici avec toutes ces affaires d'une manière ou d'une autre. Forcément, je suis pas allé dans son sens, sinon il n'y aurait pas eu de combat, je voulais qu'il garde ça à l'esprit, qu'il se dise ''Je vais prouver à mon grand-frère qu'il se trompe, je réussirai moi !'' parce qu'en réalité, je savais qu'il avait raison, je le savais... – termina-t-il son anecdote en se passant les mains sur ses yeux – Mais jamais il atteindra son but, jamais il ne fera une danse de la joie devant moi avec son diplôme en main pour me montrer que lui, le petit-frère, avait réussi. Tout ça à cause de ces coños ! »

A cet instant, les pleurs laissèrent place à la colère, à la haine profonde envers ceux ayant pris la vie de son frère. Le latino serra ses poings de toutes ses forces et fit trembler nerveusement sa jambe droite. Il aurait besoin, à un moment ou à un autre, d'évacuer tout ça, mais il devait se contrôler avant de totalement craquer et de partir dans une chasse à l'homme sans connaître les cibles. « Aide-moi à ne pas tous aller les tuer Reese, trouve quelque chose, peu importe, mais fais quelque chose, je t'en supplie. » dit-il désemparé. Plutôt que prendre conscience de sa bêtise et de ses erreurs, une fois encore, Hernando les esquivait gardant son esprit fixé sur les mauvaises raisons et décisions. En plus de cela, voilà que maintenant il laissait à la brune la responsabilité de trouver les mots pour ne pas le laisser faire n'importe quoi. Et il se reprit avant qu'elle ne formule une quelconque réponse. Se tournant afin de la regarder dans le blanc des yeux, il reformula sa pensée « Pas dans le sens de me sauver, mais de me guider, de m'aider à faire les bons choix, ceux que je ne regretterai pas dans dix ou même cinquante ans, ceux me permettant d'avancer sans me demander si je n'aurais pas dû faire tel ou tel truc à la place de l'autre. Je suis totalement perdu.. » finit-il par admettre en baissant le visage pour dissimuler la honte et la tristesse éprouvées.

Soudain, il réalisa une chose. Si son frère était mort à cause de lui, ses proches l'étaient tout autant. Qu'est-ce qui lui garantissait que sa mère, Raf ou Reese, ne risquait pas de rejoindre Juan, six pieds sous terre ? Pour l'instant, il ne pouvait pas faire grand chose pour les Alvarez, si ce n'était se montrer présent, près à les défendre. Mais quand était-il pour la jolie brune ? Que ce soit l'endroit où elle vivait, son travail, ses amis, rien ne la rattachait à ce quartier à part lui. Elle était bien plus en danger que les autres au final. La fixant d'un regard apeuré, il décida de revoir sa demande « Non, en fait, faut que tu partes Reese. Que tu partes et que tu ne reviennes jamais ici, même pour le boulot, prends une autre affaire si on t'en donne une qui te fait venir dans le quartier – affirma-t-il d'un ton ferme. Il déraillait complètement ou alors était incroyablement lucide pour une fois – C'est ce qu'il faut, sinon il va t'arriver la même chose. Je veux pas devoir t'enterrer, tu mérites bien mieux que tout ça. » La jeune femme ne bougeait plus, aucun son ne sortit non plus de sa bouche. Hernando l'agrippa et haussa la voix « Tu dois bouger MAINTENANT ! »  



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Reese B. Maddox
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MessageSujet: Re: The Innocent Criminal   Dim 25 Sep 2016 - 22:54

« Juan aurait pas voulu ça, c'est tout ce que je peux te dire... » Fit Reese à travers un petit murmure en s'approchant de lui.

Elle admira son dos, dessiné à travers son T-shirt, au col légèrement trempé par l'eau qu'il s'était passé sur le crâne. Aux muscles qui transparaissaient, un dos contre lequel elle aurait voulu venir se blottir pour qu'il sache qu'elle était là, encore. Pour pouvoir le sentir vivant contre elle aussi, et ne jamais oublier cette sensation. Elle regretta de ne jamais l'avoir fait plus tôt. Elle aurait voulu lui donner cette tendresse folle qu'elle ressentait et qui la poussait à tout faire pour qu'il se relève de ce coup qui lui avait mis un genou à terre. Elle voulait qu'il sache combien elle était là, et comme elle restait droite à côté pour continuer la lutte. Et l'étreindre aurait été la meilleure des manières. Mais Hernando était en colère, et elle n'était pas certaine d'être celle qui pourrait calmer cette rage qu'il éprouvait au fond de lui, et qui éclatait par moment comme un mélange chimique instable.

Des mots, elle en avait des centaines en stock. Elle était capable de passer des heures sur une plaidoirie pour la peaufiner, en faire quelque chose de beau et de solide. Elle maniait la plume comme personne, pour aller droit au cœur et faire boum ! Mais là. Là elle avait l'impression d'être une totale gauche incapable de quoi que ce soit, effarée d'elle-même de devoir se contenter de phrases bateaux qui ne feraient pas sens aux oreilles de Hernando aujourd'hui. Elle s'en voulait. Elle aurait voulu avoir les mots magiques qui guériraient tout. Mais à la place, elle avait juste... Rien. Juste les quelques intentions qu'elle connaissait de Juan et de sa relation avec son aîné : « Il aurait pas voulu que vous soyez tristes, mais il se rendrait pas compte d'à quel point il comptait pour vous et... Et il saurait pas que pour continuer sans lui, ça va être vraiment dur pour vous. Hernando, il voudrait pas que tu poursuives sur cette voie. Il voudrait que tu relèves encore le défi, tu le sais... » Elle déglutit péniblement et poursuivit : « Il voudrait pas que tu fasses un truc stupide... Tu sais que ça servira à rien, à part meurtrir d'autres personnes, d'autres familles. Ça te soulagera pas. »

Il était perdu oui. Et c'était normal après ce qu'il était obligé d'affronter. Il avait le droit d'être paumé, d'être triste, détruit. Il avait le droit de prendre le temps qu'il fallait pour se reconstruire, et réapprendre à sourire. Revoir ces souvenirs, et réapprendre à les aimer. Finir par panser la douleur que ça lui inspire aujourd'hui, pour n'en garder que le meilleur. Mais elle sentit que Hernando fut comme foudroyer par quelque chose. Une pensée, une idée. Une réalité ? Elle ne sut le dire sur l'instant. Mais quand il releva les yeux vers elle, une pointe d'un sentiment indescriptible dans le regard, Reese fut comme prise d'un doute. Et ses mots la laissèrent sur le cul. Qu'elle parte ? La fermeté de sa voix la laissa encore plus bête qu'elle ne pouvait déjà l'être. Les yeux écarquillés par la stupeur. Il voulait qu'elle reste il y a deux minutes, non ? Et elle voulait rester ! Alors, quoi ? Qu'est-ce que... Quoi ? Et il haussa le ton en l'attrapant par les épaules, lui donnant un ordre qui la fit sursauter :

« N-Non ! Je veux pas partir ! Je- » Rétorqua-t-elle en le regardant droit dans les yeux. Il était en train de se faire une frayeur, c'était forcément ça... Une frayeur, et elle devait l'apaiser pour qu'il arrête. Il avait peur de devoir l'enterrer, mais ça n'arriverait pas ! Elle resterait et puis c'était tout ! Elle n'entendait pas faire autre chose de toute façon que résider à ses côtés, elle s'en tenait à ce qu'il lui avait demandé. « Tu sais pas ce que tu dis, c'est pas le moment pour prendre des grandes décisions, Hernando, tu comprends ? » Martela-t-elle fermement elle aussi, mais moins que lui. « C'est pas le moment ! » Répéta-t-elle pour se donner de la contenance. Elle ne voulait pas partir. Elle ne voulait pas qu'il la mette dehors et qu'il prenne peur, parce qu'elle aussi avait peur, mais elle ne voulait pas céder face à tout ça.

Elle voulait se montrer courageuse pour lui, peut-être se voilait-elle la face, et peut-être était-ce stupide au possible. Mais elle ne voulait pas l'abandonner, parce que ça n'était pas dans son caractère de faire ça. Sauf qu'en croisant les yeux de Hernando, elle comprit une chose : Il avait pris sa décision. Et il allait falloir lutter pour le faire en changer... C'était pas grave. Dans un élan d'optimisme, elle allait dresser les armes. Elle pouvait le faire... Elle en était capable et...
Et ça irait.

N'est-ce pas ?



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Hernando Álvarez
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MessageSujet: Re: The Innocent Criminal   Lun 26 Sep 2016 - 0:08

Comment réussir à lui faire comprendre que c'était pour son bien à elle, qu'il ne faisait pas ça par plaisir, ni par envie ? La décision paraissait rapide, trop rapide même, mais elle était nécessaire. Et si derrière la mort de Juan se cachait une sorte de règlement de compte ou de vengeance à l'encontre de Hernando ? Si quelqu'un de sans cœur souhaitait réellement lui faire mal, autant appuyer là où c'était le plus douloureux ; les proches. Il en était persuadé, ou voulait s'en persuader, qu'il y a avait autre chose. Ça ne pouvait pas être un simple accident. Ça lui était impensable. Juan aurait pu simplement faire une mauvaise chute, là où tout le monde penserait logiquement à un accident, l'aîné des Alvarez lui voyait une personne mal-intentionnée pousser son frère. Toutes les morts possibles et imaginables revenaient à la même conclusion ; On lui voulait du mal et on s'attaquait à sa famille. « Non, je sais ce que je dis ! Tu dois partir, prendre tes affaires, ne jamais revenir ici, m'oublier ! »

Il se retourna aussitôt la fin de sa phrase. Cette situation des plus déplaisantes, le latino avait du mal à la regarder en lui disant cela, mais c'était pour son bien. Il lui avait déjà annoncé être prêt à tout ceux qu'il aimait, et si dans ce but, la cruauté était nécessaire, tout comme se mentir, alors il l'appliquerait, impitoyablement. Prenant une grande inspiration, il se retourna vers Reese, mais au lieu de voir celle qu'il aimait, il s'imagina avoir en face de lui le responsable de la perte de son frère pour rendre les choses moins compliquées, et réussir à s'énerver contre elle. En espérant que ça marche... « Putain, mais faut te le dire en quelle langue sérieux ? CASSE-TOI DE CHEZ MOI – se mit-il à hurler – C'est pas compliqué, je t'explique, tu marches jusqu'à la porte, tu l'ouvres et tu.te.barres.! » dit-il en mimant les mouvements avec un petit sourire.

Ce sourire était simplement là pour appuyer ses propos et masquer au maximum toute la peine ressentie. Il avait envie de hurler le contraire, de ne pas avoir à lui infliger tout ça, mais sa décision étant prise, il devait s'y tenir. De toute façon, c'était trop tard, impossible de faire marche arrière. Alors, il en rajouta une couche tout en percevant la douleur de la jeune femme, ce qui lui était insupportable. « Allez, on accélère le pas là ! Tu veux quoi ? Que je te traîne jusqu'à la sortie ? Je peux si tu veux, ça me pose pas de problème ! ». Il lui prît le bras et commença à tirer pour la faire sortir de la cuisine, mais la jeune femme se défit de cette emprise. Le latino faisait la sourde oreille aux paroles prononcées, en réalité, il ne savait même pas si elle lui disait quoi que ce soit, il se concentrait sur sa douloureuse tâche en se répétant qu'il s'agissait de la bonne décision Il faut que ça se finisse, et vite, je vais pas réussir sinon... Ne rends pas les choses encore plus difficiles, insulte-moi, déteste-moi, mais pars.

Le vacarme fit arriver Rafael dans la pièce où il n'eut pas le temps de comprendre ce qu'il s'y déroulait. Hernando le somma de partir, lui aussi, mais en restant avec leur mère, ce qu'il fit sans discuter. Pardon, je suis vraiment désolé Reese, je... Tu dois y aller. Reprenant son courage à deux mains, il regarda en direction de l'avocate tenant bon face aux assauts de son ami. « OH ! Mais qu'est-ce que tu fous ?! Sérieux, je vais te sortir par la peau du cul, je t'ai dit partir alors tu le fais ! T'es plus la bienvenue ici, dans la maison des Alvarez, on ne veut plus de toi, plus jamais ! Je veux plus JAMAIS te revoir ni croiser ! C'est assez clair comme ça ? » Et elle finit par quitter la pièce, sans oublier de lui laisser un dernier souvenir ; une gifle. Il avait atteint son but ; l'éloigner de tout ça. Il pouvait être fier de lui...

Il se laissa tomber au sol. Bien joué mec, vraiment, chapeau, t'es un bon gros connard. Se passant la main sur la joue encore douloureuse, il se questionna. Avait-il bien fait ? C'était pour sa sécurité, il tenait à elle plus qu'à n'importe qui, certes, mais ne s'agissait-il pas de la plus grosse erreur de sa vie qu'il était entrain de commettre ? Il se releva pour regarder par la fenêtre où il pût la voir, une dernière fois. Il vit sa main se lever jusqu'à son visage. Possiblement des larmes qu'elle essuyait. Il venait de lui briser le cœur, à elle, qui n'avait rien demandé. A celle toujours présente et souriante, celle qu'il chérissait tant. Hernando, à cet instant, pris conscience de l'erreur monumentale. Il avait tout foiré. L'avocate monta dans son véhicule et juste avant de disparaître pour de bon, le jeune homme murmura en pleurant un « Je t'aime. » qu'elle n'entendrait jamais.



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MessageSujet: Re: The Innocent Criminal   Lun 26 Sep 2016 - 0:34

Alors c'était ça ? C'était comme ça qu'il voulait que ça se termine ? Avec des mots durs. En lui cognant en plein cœur pour lui faire mal, pour la faire fuir. Elle avait beau savoir qu'il le faisait exprès pour qu'elle s'en aille, elle ne put s'empêcher de s'accrocher à l'espoir qu'il n'était pas comme ça. Juan lui avait dit. Il ne lui ferait pas volontairement du mal. Il n'avait pas envie de faire ça... Mais plus encore, il faisait son possible pour la protéger. Alors elle se raccrochait à ça, en se disant qu'il voulait la protéger du pire, en disant que c'était probablement lui le problème et que s'il restait loin d'elle, alors elle n'aurait rien. Mais combien de temps pourrait-elle se raccrocher à cette excuse, hein ? Combien de temps arriverait-elle à panser la plaie qui était en train de se créer, laissant une brèche dans son armure haute comme ça pour qu'il puisse y rentrer, et finalement le voir suriner tout ça avec un sourire qui lui arracha le cœur. Elle eut envie de vomir sur l'instant. Et si elle n'avait pas eu cette volonté folle, cette fierté mal placée, de ne jamais se montrer faible devant quelqu'un, pour ne pas lui laisser ce plaisir de savoir comme ça pouvait lui faire mal, alors sûrement qu'elle se serait laissée aller à pleurer. Pour de vrai.

Peut-être même que lui dire qu'elle trouvait ça dingue, qu'elle comprenait pas, tout ça... Non. C'était pas suffisant. Hernando était décidé à la sortir de sa vie. Elle était l'intruse désormais, et plus ça allait, plus ses mots étaient durs. Elle n'était plus la bienvenue. Et même l'apparition de Rafael, qu'elle aurait pu prendre comme son sauveur, comme une bouffée d'air frais, si l'aîné n'avait pas été aussi décidé à aller jusqu'au bout, ne la soulagea en rien. Ce fut pire en fait. Pire de croiser le regard désemparé du benjamin, persuadé que son frère était en train de faire la plus grosse connerie de sa vie, et de ne rien pouvoir y faire. Finalement, elle se laissa aller à la colère elle aussi. Ce fut bien la seule chose qu'elle réussit à exprimer, dans le surplus de choses qu'elle ressentait à l'intérieur et qui était en train de la rendre totalement folle. Elle ravalait ses larmes avec ses dernières forces pour ne pas lui faire le plaisir de pleurer devant lui. Il l'avait blessé. Elle pensait qu'après Moxley, il ne pourrait rien lui arriver de pire, que ça ne pourrait jamais faire aussi mal que lorsqu'elle vit son ex-petit ami s'en aller pour quelques années de taule. Mais si. Hernando avait réussi. Et elle avait envie de lui décerner un prix pour ça. Un prix pour être le plus gros enfoiré que la terre ait jamais porté.

Elle réussit à partir sans se retourner, et en dévalant les escaliers, elle ne voyait pas à trois mètres devant elle. Elle ne pouvait plus retenir ses larmes, alors elle se laissa aller jusqu'à sa voiture, ou rageusement elle les essuya. Non. Non elle ne lui accorderait pas ses larmes. Elle tenta de se convaincre que c'était pour Juan qu'elle pleurait. Et sa mort lui faisait mal. Mais les mots de Hernando, et ce second deuil qu'elle devrait faire, était le coup de grâce. Alors non, elle ne pleurerait pas. Elle ne pouvait pas. Elle ne voulait pas. En fait, plus que tout, sa fierté lui demandait de tenir le coup. Elle écrasa les larmes qui se faisaient la malle sans son autorisation de son poing fermé, sans regarder en arrière. Et elle prit le volant même si elle n'était pas en état de le faire. Elle était forte. Elle tentait de s'en convaincre. C'était pas un abominable crétin qui ne voulait pas d'elle qui arriverait à la faire plier. Non. Non, elle ne se laisserait pas abattre.

Mais sa main la brûlait, et son cœur lui faisait mal. Elle avait envie de se l'arracher et de le balancer par la fenêtre de sa voiture, pour être sûre de ne plus jamais rien ressentir. Il lui faudrait des semaines pour reconstruire le mur qu'il avait fait s'écrouler pour se faire une place au creux de sa poitrine. Des semaines ? Non. Des jours. Moins. Quelques minutes. Elle essayait de s'en convaincre tout du moins, parce qu'il n'y avait que ça. Je suis une femme forte, songea-t-elle si fort, en fermant les yeux à un feu rouge. Je suis une femme forte ! Mais ça ne retira pas le chagrin qui s'était abattu sur ses épaules.

Non, ça n'enlevait rien à la douleur. Elle aurait aimé ne jamais le connaître. Elle aurait préféré qu'il ne frappa jamais à sa porte pour voir Moxley. Elle aurait voulu ne jamais sonner à la sienne pour lui poser des questions. Elle aurait voulu effacer tous les souvenirs. Ce moment au café qu'ils avaient partagé, le piment, la salle de boxe, le repas chez eux, la fête foraine, ses étreintes, ses sourires, ses yeux brillants, les mots de ses frères, la gentillesse de sa famille, lui. Elle aurait voulu de toutes ses forces ne jamais l'avoir rencontré. Si elle avait su par avance que tout ça lui aurait fait aussi mal, alors elle n'y serait jamais allée. Elle aurait voulu qu'une petite voix le lui dise, qu'aimer c'était à chier, que s'éprendre de quelqu'un, c'était bien la plus grosse connerie du monde. Tomber amoureux, c'était pour des gens qui pouvaient pas se supporter. Elle, elle avait toujours vécu qu'avec elle-même, Hernando n'y aurait rien changé...

Personne n'avait le droit de la traiter comme il l'avait fait. Personne ne pouvait la mettre plus bas que terre. Plus jamais elle ne le permettrait...

FIN.



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The Innocent Criminal

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