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 Aerith Claiborne ¤ Those tears leave taste on my tongue

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WALKING WITH THE DEADS

MessageSujet: Aerith Claiborne ¤ Those tears leave taste on my tongue   Dim 4 Sep 2016 - 20:15


Aerith Claiborne
25 ans • Américaine • Assistante sociale • Emerald Freedom

i've got a war in my mind


Une survivante, mais seulement par hasard. C'est souvent l'impression que lui confère le cauchemar qu'est devenue sa vie, leur vie à tous. Souvent, le sentiment qui la taraude. Elle n'aurait pas dû faire partie des rescapés, jamais. D'autres auraient pu voir leur existence épargnée à sa place, car d'autres se seraient montrés plus malins, plus astucieux, plus utiles au résidu de société qui est la leur, à présent. La perte de ses proches l'a poussée à bout, et l'agressivité a pris forme dans sa poitrine douloureuse à force des pleurs, des courses pour ne pas mourir encore, de la peur ressentie mille fois déjà, depuis qu'octobre et ses malheurs se sont abattus sur la cité d'émeraude. Au courage d'une gamine pas finie, trop jeune, trop sensible pour le monde devenu impitoyable, un tempérament têtu lui colle à la peau, la handicape et l'enferme dans un cycle stable, mais sans fin. Ouroboros à l'horizon étriqué, les murs d'un lycée sont devenus sa prison, et si elle s'y acclimate difficilement, elle tente de communiquer, toujours, du mieux qu'elle peut, avec ceux qui cohabitent dans cet univers à la fois confortable et toujours inquiétant. Car oui, elle s'inquiète, beaucoup, tout le temps. Elle s'est mise à avoir peur de tout. De la nourriture qui viendrait à manquer, de la pluie qui tombe trop fort et dissimule les grognements des rôdeurs, du prochain nom inscrit quelque part, dans une vague tentative de commémoration. Des hommes qui perdent patience, des esprits et des corps mis à mal, des pensées suicidaires, de la caboche de son frère. Elle a peur mais qu'elle est forte, pourtant, cette gosse qui baisse les yeux ou les plante durement dans ceux de ses pairs, tour à tour. Qu'elle est forte aussi, cette certitude de ne pas trouver sa place, de se noyer dans un verre d'eau, de ne pas être assez douée pour figurer parmi les gens qui comptent. Une fois décidée à sortir de sa carapace, sa langue bien pendue parle pour elle, blesse et pique, mord et tord. Elle a le temps, d'éprouver des regrets, de se sentir seule au monde, de songer au passé, de brider son futur.


and blood on my hands


Ses jambes interminables la font culminer à un bon mètre soixante-treize, pour un poids de cinquante-cinq kilos. Longiligne et féminine, son allure sportive lui permet sans difficulté de se plier aux nouvelles règles de leur environnement, et de détaler rapidement en cas de besoin. Elle porte souvent lâche ses longs cheveux bruns, qui composent une crinière et l'une de ses rares parures aujourd'hui. Car dans la précipitation de sa fuite, elle a conservé quelques bijoux, ultimes traces de féminité qu'elle s'accorde encore. De grands yeux bruns expressifs mangent son visage et répondent à une bouche pleine. Côté équipement, elle conserve encore ses deux couteaux de cuisine, emportés également, et dont elle prend soin de maintenir les lames aiguisées. Elle possédait un flingue qu'elle a perdu lors de sa dernière expédition. Enfin, ses vêtements demeurent passe-partout. Elle se vêtit avec ce qu'elle trouve. Shorts ou pantalons en jean, chemisiers unisexe, débardeurs... Tout ce qui lui permet de se mouvoir avec aisance.  


Elle est née le 12 septembre 1991. À Houston, Texas. Pendant dix-huit ans, la gamine resta là, petite dernière d'une famille de trois enfants. Deux frères aînés, Chris et William Claiborne, un père vendeur d'armes, une mère au foyer débordée, silencieuse et au penchant sérieux pour la bouteille. Une vie banale, jalonnée de chagrins enfantins, de brouilles fraternelles, de désaccords familiaux et de fins de mois parfois difficiles. À l'aise parmi les hommes, elle eut la chance de ne pas trop souffrir du carcan misogyne et patriarcal qui s'imposa à elle durant tout ce temps. Une scolarité correcte et un amour des jeux de plein air firent d'elle une gosse plutôt équilibrée, capable de fermer les yeux, de boucher ses oreilles pour éviter d'entendre ses géniteurs se disputer à coups d'assiettes fracassées contre un mur, capable d'oublier les gifles un peu trop brutales que les garçons se récoltaient les soirs mal-lunés. Elle vécut avec la tranquille conviction que tout se déroulait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Son quotidien n'était en rien bien différent de celui de ses camarades de classe féminines, alors pourquoi s'offusquer ? Pourquoi se plaindre ? Pourquoi se torturer, se faire des films en s'imaginant ailleurs ? Elle aimait ses frères de tout son cœur, et grâce à eux, put se prémunir des pièges tendus au lycée. Elle évita la plupart des mains baladeuses, celles qui appartenaient aux garçons mal embouchés, préoccupés par une virilité en devenir, et qui convoitaient avec une avidité à peine voilée un avenir plus ou moins sérieux à ses côtés. Toutefois, contrairement à nombre de ses amies, elle ne rêvait pas de rester là, de terminer le lycée pour se marier au premier qui la ferait rire plus de cinq minutes à la fin du bal de promo. Elle souhaitait autre chose. Plusieurs années passèrent, avant qu'elle ne s'aperçoive de ses envies de carrière, de ses envies de servir à quelque chose, d'être utile à autrui. Elle bénéficia d'une bourse sportive, et mit les voiles en direction de Seattle. Pourquoi si loin ? Que fuyait-elle ? Un climat étouffant, des pensées étriquées, une petite ville médiocre, où les faits et gestes de tous étaient espionnés avec une rigueur toute exemplaire. Ses parents plièrent, et ses frères bondirent sur l'occasion de saisir une vie meilleure, en l'accompagnant. La cité d'émeraude vit débarquer les trois Texans avec ce mélange d'audace, de candeur et d'ingénuité qui leur permit de passer alors les cinq plus belles années de leur vie. Habitués à vivre ensemble, ils employèrent leurs services en une succession sans fin de boulots ingrats, tâchant de survivre en priant pour que leurs efforts ne demeurent pas vains. Pour sa part, elle avait compris qu'oeuvrer dans les services sociaux pouvait être fait pour elle. Car elle savait faire parler les gens, et pas uniquement ses frères bourrus. Elle avait quelque chose, quelque chose qui poussait les autres à l'aborder, à lui parler, à lui confier certaines choses qu'ils n'auraient pu avouer à un proche. Ses expériences à Seattle furent multiples, et pas toujours placées sous les meilleures augures. Parfois livrée à elle-même, elle se perdit certaines nuits dans les affres des ruelles les plus glauques de la ville, connue pour sa liberté de mœurs à l'opposé de ce qu'elle avait connu jusqu'alors. Il y eut de sales souvenirs, des étreintes regrettées. Il y eut des conflits violents l'opposant à ses frères, des menaces la blessant au plus profond. Des paroles qui n'auraient jamais dû être prononcées. Trop crédule, trop naïve, elle se laissait facilement berner par les belles promesses, convaincue d'avoir vu le pire dans ses contrées natales, et que les hommes d'ailleurs ne pouvaient être un réel danger. Une erreur que balaya l'obtention d'un diplôme, et la fierté familiale de voir les derniers Claiborne se tailler une petite place au soleil, même sous la pluie conférant à la cité son aura verdâtre.
Désormais prête à côtoyer le pire de ce que le quart-monde avait à lui offrir, frêle jeune adulte sortie du cocon et lancée sur un terrain précaire, elle aurait pu commencer à voir l'avenir s'éclaircir et lui présenter un chemin tout tracé, plus serein. L'anniversaire de ses vingt-quatre ans, le dernier, l'avait bourrée d'un espoir juvénile.

C'était sans compter la malédiction de ce mois d'octobre 2015.




on the highway to hell

C'est arrivé sans prévenir. Elle n'avait pas spécialement pris soin de regarder les informations, ces jours-ci. Emportée par le tourbillon des cas sociaux qui, jour après jour, affluaient aux portes des maisons de réinsertion, jouaient de leur situation ou, au contraire, se débattaient de toutes leurs forces pour s'extirper de leur ingrate ou douloureuse condition. C'est William qui, le premier, alerta sa fratrie de ce qu'il était en train de se passer, dehors. Pas seulement dans les rues aux alentours de leur appartement, mais dans tous les autres États. Un fait divers texan avait attiré son attention. Dès lors, l'angoisse n'a cessé de monter, avec raison. Jour après jour, c'était toujours la même chose. Les yeux ouverts, les premières nouvelles, via les smartphones, internet, la télévision. Elle savait qu'elle se faisait du mal, mais il fallait qu'elle voie de ses yeux le chaos qui, lentement, s'abattrait sur les siens. Une fascination morbide la clouait devant les écrans, devant la profusion d'images non-traitées par les journalistes, qui ne prenaient de toute façon plus le temps de censurer ce qui devait l'être. Très vite, ses frères lui interdirent toute sortie. Ils eurent à peine l'occasion de rapatrier deux packs d'eau, quelques conserves, errant entre les autres "clients" transformés en animaux à leur image ; la survie, toujours et uniquement la survie en tête. Ils sont restés là, cloîtrés entre quatre murs. Au bout d'un moment, Chris les obligea à éteindre toute source extérieure. Les cris qu'ils percevaient depuis la rue les renseignaient amplement.
Elle avait pressenti la catastrophe, mais pas à ce point-là. Deux ou trois rôdeurs avaient trouvé le moyen de pénétrer à l'intérieur de l'immeuble. Avec lui, quelques humains, en proie à la panique, désespérant de trouver un refuge. La solidarité fut plus forte que la peur pendant quelques minutes, seulement. Quelques minutes qui coûtèrent la vie de Chris Claiborne. Par sa faute à Lui. Lui, dont l'égoïsme primitif ne répondit à aucune règle d'entraide, contrairement à ceux qui lui avaient ouvert la porte. Par sa faute, elle conserve encore le souvenir de son frère séparé d'eux, trop bon, trop confiant en ses propres capacités, trop heureux de pouvoir aider l'un des survivants. Il le paya au prix fort et la mutation lui fut épargnée. Il périt sous les canines humaines, la chair déchiquetée, la carotide tranchée. Et elle, hurla longtemps, croyant céder à la folie. Son aîné n'était pas la seule victime, et pourtant, il était le seul qu'elle pouvait pleurer, coincée dans son chez eux. Ils étaient de nouveau trois, mais Lui, avait pris sa place. Lui qu'ils ne purent jeter dehors, par défaut de cruauté. Alors Il resta. Elle n'était pas dupe. Elle lisait bien sa propre souffrance, la culpabilité qu'il trimballerait probablement jusqu'à sa mort. Il paya une partie de la dette en se montrant des plus courageux ; car il fallut sortir. Le jour où ils quittèrent leur cocon pour affronter la ville dévastée, ce fut Lui qui leur traça le chemin le plus sûr, lui qui tua le plus de monstres pour leur éviter de tomber à leur tour. Grâce à Lui, ils parvinrent à bon port. Emerald Freedom.
Le frère et la sœur sont restés en retrait, se fondant dans la masse, grinçant des dents lorsque la junte repoussait les limites de la décence, soupirant de soulagement lorsqu'un ordre nouveau et plus paisible s'instaura. Elle décida d'aider ses semblables par la parole et par quelques expéditions au-dehors. William commença à perdre les pédales, par période, victime d'un tempérament instable et se remettant mal de la tournure prise par les événements. Il ne lui semblait pas qu'elle gérait mieux la situation, mais elle sentait pourtant que quelque chose la maintenait debout. Quelque chose qui n'était pas le second des Claiborne. C'était Lui. Sa haine à Son égard n'avait pas tari, et alors qu'il ne faisait rien pour jeter de l'huile sur le feu, la boule contradictoire de sentiments qui la fracassait ou l'éloignait de lui occupa ses pensées pendant de longues, longues journées. Jusqu'à ce qu'il disparaisse, au terme d'une mission. Lui et son binôme ne revinrent pas.
Elle compte les jours. Compte les théories.
Mort ? Parti ? Coincé ?
Elle compte.
Elle attend.
Chaque jour, elle relève la tête, quête les nouvelles. Chaque fois, elle accepte et reprend le fil de leur morne survie.

Elle attend.



time to meet the devil

• pseudo › Bastet.
• âge › 24 ans.

• comment as-tu découvert le forum ? › Via les Top-Sites.
• et tu le trouves comment ? › Génial. D'ordinaire je me méfie des forums inspirés de TWD, mais celui-là donne l'eau à la bouche.
• présence › Très régulière, si ce n'est quotidienne.

• code du règlement › Ok - Jay
• crédit › Bastet ©
passeport :
 

fiche (c) elephant song.
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Jasper McCarthy
Sanctuary Hills
WALKING WITH THE DEADS
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MessageSujet: Re: Aerith Claiborne ¤ Those tears leave taste on my tongue   Dim 4 Sep 2016 - 20:31

Magnifique ce choix, j'viendrais certainement te gratter niveau lien pour Wade.

Bonne rédaction pour ta fiche, impatient d'voir la suite !


“L’endroit le plus sombre est juste sous la bougie.” p. korean
Le silence qui suit un grand désastre est le son le plus paisible qu'on peut entendre à la surface de cette terre. Elif Shafak.

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Invité
Invité
WALKING WITH THE DEADS

MessageSujet: Re: Aerith Claiborne ¤ Those tears leave taste on my tongue   Dim 4 Sep 2016 - 20:48

Merci, ce sera avec plaisir !
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Ian F. Lennon
WALKING WITH THE DEADS
Date d'inscription : 21/11/2015
Messages : 849
Age IRL : 22

MessageSujet: Re: Aerith Claiborne ¤ Those tears leave taste on my tongue   Dim 4 Sep 2016 - 21:12

OMG TON AVATAR *-* Je l'approuve à 200% ♥
Bon courage pour le reste de ta fiche et j'espère bientôt pouvoir te lire



☩ Walking Down On The Road So Far ☩

Mes AnnexesIan écrit en #990000

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http://www.walkingdead-rpg.com/t6813-listing-des-comptes
Rosaleen A. Glanmor
Modératrice
WALKING WITH THE DEADS
Date d'inscription : 07/12/2015
Messages : 507
Age IRL : 24

MessageSujet: Re: Aerith Claiborne ¤ Those tears leave taste on my tongue   Dim 4 Sep 2016 - 21:31

Bienvenue et bonne rédaction ! :103:


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Alex K. Adams
Administratrice
WALKING WITH THE DEADS
Date d'inscription : 01/06/2016
Messages : 233
Age IRL : 25

MessageSujet: Re: Aerith Claiborne ¤ Those tears leave taste on my tongue   Dim 4 Sep 2016 - 22:14

Bienvenuuuuue ! :smile2:


Just another day in the world we live
It's just another war
Just another family torn
Falling from my faith today
Just a step from the edge (⚡) Hero.
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MessageSujet: Re: Aerith Claiborne ¤ Those tears leave taste on my tongue   Dim 4 Sep 2016 - 22:19

Merci à vous trois !
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MessageSujet: Re: Aerith Claiborne ¤ Those tears leave taste on my tongue   Aujourd'hui à 3:23

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