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 Droppen som fick bägaren att rinna över

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MessageSujet: Re: Droppen som fick bägaren att rinna över   Mar 13 Sep 2016 - 14:28






Droppen som fick bägaren att rinna över

Avec Alan, Buzz avait eu pas mal de difficultés de communication au début. Sans doute parce que ce mec représentait le père idéal, celui qui parvenait à gérer sur tout les tableaux de sa vie. Etre un homme, gérer son taf, sa femme, ses gosses… Et en plus de ça être sympa avec les autres, toujours prêt à donner un coup de main. Aux yeux de Buzz il était simplement celui qu'il ne serait jamais. Qu'il serait incapable d'être. Bon, après il y avait eu quelques petites embrouilles parce que le tatoué appréciait traîner avec Sven, et que cela ne semblait pas beaucoup plaire à papa et maman au début. Et puis… Et puis les choses avaient peu à peu changé. Ils avaient prit le temps de discuter un peu. Oh pas de grandes phrases ni de longues tirades au départ. Mais peu à peu, ils avaient trouvé des terrains d'entente. Peut-être que Buzz s'était montré un peu moins con… Avant qu'Alan et Christy ne décide de partir à la recherche de James, les deux hommes étaient devenu capable de se parler avec franchise, lorsque les regards ne suffisaient pas. Et pourtant, ce soir, Alan lui répondait par un seul mot !

Sans bouger la tête, Buzz avait tourner les yeux vers l'ancien prof, le regardant ainsi du coin de l'oeil. Putain il n'allait pas se mettre à parler sérieux ? Depuis leurs retour, Buzz avait pour le moment prit des pincettes. Il n'avait pas forcé les choses. Il comprenait. Pourtant il voyait bien qu'Alan faisait passer Christy avant tout. Mais lui, qui s'occupait de lui ? De qu'il ressentait, de qu'il avait enduré ? Buzz se trompait peut-être, Alan n'était peut-être pas prêt à parler vraiment, à vider son sac. Après tout, il était dessinateur pas psy !

Buzz soupira en détournant à nouveau le regard. Ça pouvait laisser penser qu'il trouvait Alan pathétique. Ce qui n'était pas le cas. Le jeune homme voulait aider cet homme qui comptait pour lui, lui tendre la main, lui faire comprendre qu'il était là pour l'écouter, pour lui donner un coup de pieds au cul afin qu'il parvienne à sortir de cette sorte de gouffre dans lequel il ne cessait de tomber. Comment elles faisaient les nanas elles pour avoir la paroles si facile, pour lâcher les vannes et se mettre à chialer ! Ça semblait bien compliqué quand on était des mecs.

« -Alan… Bordel… Faut que… » avait commencer Buzz avant de s'intérompre pour la fermer, pas sur que c'était la bonne solution de dire cela. Pas certain que ça aide vraiment son ami. La fatigue qui pesait sur ses épaules ne l'aidait pas à être délicat, enfin si jamais il était capable de l'être. Du moins avec quelqu'un d'autre que Nara. Normalement, il aurait raconté une connerie ou deux, ils se seraient marrés et voilà les soucis étaient loin. Le problème, c'était que… Que ces foutus pensées noir collaient à Alan comme une seconde peau. « -parle moi papy... » finit-il par lâcher en tournant cette fois ci le visage pour regarder le père de famille. Il avait prit l'habitude de l'appeler ainsi, juste pour le faire chier. « -faut que ça sorte, craches tout. Va s'y j'encaisse, aller. »

C'était une sorte de provocation. Une sorte d'aide à moitié caché. Est ce que ça fonctionnerait, ça s'était une question. Alan pouvait très bien lui dire d'aller se faire voir ailleurs, qu'il se mêlait de ce qui ne le regardait pas. Buzz avait déjà des réponses pour chacune de ses phrases. Ce n'était peut-être pas le lieu, ni le bon moment. Rien à foutre. Parfois il fallait employer la manière forte. Est ce qu'il devait ajouter quelque chose de plus méchant, quelque chose qu'il ne pensait pas pour enfin avoir une réaction de la part d'Alan. « -y se passe quoi là dedans Alan ? » demanda Buzz en pointa la tête du prof du doigt. « -hein ? Tu te refais le film encore et encore ? Tu te dis que si seulement… » Provocation pure et simple. Dans ce domaine là, Buzz était doué. Il voulait déclenché une réaction, faire sortir tout ça de la tête et du coeur d'Alan. Si Nara avait été là, Buzz aurait déjà prit une baffe... Sauf que la vie était une belle connasse, et que Bruce le savait depuis son plus jeune âge.



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Alan S. Karlson
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MessageSujet: Re: Droppen som fick bägaren att rinna över   Mar 13 Sep 2016 - 23:13



❝Droppen som fick bägaren att rinna över❞
Bruce & Alan

    Le silence uniquement rompu par le soupir de Buzz était plus que pesant, évidemment que ma réponse ne lui convenait pas mais taire mes maux était la seule méthode que j'avais trouvé pour me protéger, pour ne pas me laisser envahir par tous ces sentiments. En public du moins, parce-qu'au moins, seul, il n'y avait personne à qui il fallait cacher tout cela. Les yeux toujours rivés sur le sol, je ne cillais pas quand le tatoué prit la parole ; il fallait que quoi ? Qu'est-ce qu'il attendait au juste ? Je ne me sentais pas prêt à déballer tout ce que je portais, même si la culpabilité ne faisait que s'accroître à chaque mot du jeune homme.

    Quand il me demanda clairement de parler, je relevais le visage vers lui, posant sur lui un regard un peu vide, comme si j'avais l'air ailleurs. En réalité, je ne trouvais surtout pas les mots, et craignais de m'engager dans une telle conversation. Secouant légèrement la tête, je soupire légèrement.

« Je n'ai pas envie d'en parler, Buzz. »

    J'espérais que ces mots suffiraient, que le tatoué repartirait sur une conversation plus légère, mais il semblait déterminé à me faire cracher n'importe quoi qui pouvait potentiellement me faire relâcher un peu la pression. La plupart des gens ne finissaient-ils pas par laisser tomber au bout d'un moment ? Partir sur autre chose quand ils voyaient qu'ils ne parviendraient pas à trouver la faille de la personne en face ? Bien sûr que si. Tout le monde faisait ça, quand ça n'avait pas d'importance. Mais là il semblait que ça en avait pour le brun, sinon il n'aurait pas au fond de son regard cet air soucieux. Sa voix se fit pourtant un peu plus agressive et, surpris pas ses mots, je ne pris pas le temps de voir s'il était vraiment en colère ou pas. Fronçant les sourcils, je sens ma culpabilité se muer définitivement en colère. Me relevant vivement, je commence à tourner comme un lion en cage, les poings serrés ; la colère prenait le pas sur mon calme pourtant légendaire, celui que je ne perdais pourtant pour ainsi dire jamais.

« Oui je me dis ''si seulement'', Bruce. Si seulement je n'avais pas été si con, si seulement on l'avait laissé ici, si seulement j'y étais passé à sa place ! Ça te vas comme réponse ?! »

    Dardant sur lui un regard empreint d'une colère trop longuement contenu, je ne me suis même pas réellement rendu compte que j'avais prononcé son prénom d'un air royalement agressif. A dire vrai, tout mon ton avait dû l'être, mais qu'importe, il avait cherché la petite bête, il l'avait. Une partie de moi me hurlais que si je poursuivais dans cette voie j'allais regretter, que je regrettais déjà de m'en être ainsi prit à lui alors qu'il n'y était pour rien, mais la culpabilité était telle que je ne parvenais plus à trouver une sortie.

    Tournant le dos au tatoué, je cogne légèrement du poing sur un sapin qui s'est malencontreusement trouvé sur mon chemin. Respirer calmement. Essayer de passer outre la colère. Mais il y avait quoi derrière la colère ? La douleur, cette douleur insoutenable qui me déchirait le cœur. Sachant mon cadet suffisamment proche de moi pour m'entendre, je reprends d'une voix un peu plus calme.

« Je ne sais pas comment faire tu comprends ? Quand j'y pense... M'arrêtant un instant, je prends une profonde inspiration. J'ai l'impression d'être une bombe à retardement, j'ai juste envie de tout foutre en l'air parfois, comme si je ne pourrais jamais passer au dessus. »

    Après la rage, le désarrois. Ce fatalisme qui revenait encore et toujours en bloc, me persuadant qu'il n'y avait aucune issue, que rien jamais ne s'arrangerait. Croire que tout allait bien n'était qu'une illusion, tout comme espérer que nous pourrions un jour vivre à nouveau comme avant. Toujours dos à lui et de plus en plus pris par la peine, je ne pu retenir les quelques larmes qui menaçaient aux coins de mes yeux, exacerbant encore un peu plus la colère envers ma propre personne et ma culpabilité.


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MessageSujet: Re: Droppen som fick bägaren att rinna över   Mer 14 Sep 2016 - 9:04






Droppen som fick bägaren att rinna över

Buzz fit comme s'il n'avait pas entendu. Pas envie d'en parler. Ça s'était quelque chose de totalement normal. Les êtres humains n'aiment pas parler de ce qui leurs à fait mal, de ce qui leur apporte de la peine ou bien les montre faibles aux yeux des autres. Le jeune homme savait parfaitement qu'Alan n'avait aucune envie de prendre ce chemin, de mettre carte sur table et dévoiler devant lui ce qui se passait en lui, ce qui le rongeait. Ce fut pour cela que Buzz enchaîna provoquant son ami afin d'obtenir une véritable réaction. Oui, d'accord, il était peut-être allé un peu loin. Il n'aurait pas dut dire ça. Ou alors pas sur ce ton là. Mais il avait le sentiment qu'il n'y avait que comme ça qu'Alan dirait enfin quelque chose. Qu'il arrêterait de se cacher derrière quelques excuses, pour ne pas éclater en vol.

Même s'il attendait ce genre de réaction, Buzz fut quelque peu surpris de voir Alan se mettre debout avec tant de rage. Il ne le quitta pas une seule seconde du regard alors que l'homme d'âge mure se mettait à faire des aller et venu. On pouvait sentir que ça bouillait à l’intérieur, que tout allait bientôt lâcher. Vraiment lâcher.

Est ce que ça lui allait comme réponse ? Pas totalement, mais il y avait tout de même une sorte de petit sourire satisfait sur son visage. Un truc discret, qui ne se voyait presque pas, et Alan ne le percevait sans doute pas avec la pénombre qui régnait ici. En fait, il était plutôt content parce qu'il constatait qu'il ne s'était pas trompé. Qu'Alan n'affichait qu'un façade, qu'il portait une sorte de masque mais qu'en dessous il était en train de… De dépérir peu à peu. En tant qu'ami, c'était son devoir de permettre à Alan de respirer à nouveau. De l'aider à trouver un nouveau souffle.

Toute la question maintenant était de savoir s'il poussait un peu plus encore dans ce sens là, ou s'il désamorçait le tout avec un trait d'humour, qui n'était pas sur de fonctionné cela dit en passant… Nope… A entendre la voix d'Alan là, alors qu'il semblait se confier au sapin après l'avoir martyrisé, Buzz se pinça les lèvres entre elle. Trois secondes de réflexion et de tactique c'était pas mauvais parfois.  Dans sa tête il chercha dans les cartes qu'il avait à sa disposition : provocation, il venait de la jouer. Humour, ce n'était pas le bon moment, plus tard. Il ne restait que franchise alors… Celle qui payait le mieux disait-on.

Il ne se leva pas, parce qu'il pensait qu'Alan avait besoin de son espace, et qu'il n'avait pas forcement envie d'en prendre une comme le pauvre arbre. « -Alan… J'vais pas te dire que je sais ce que tu ressens, parce que ça serait faux et prétentieux. Tu me connais assez pour savoir que je suis pas ce genre de mec. » oups… ce genre de phrase ça pouvait s'assimiler à de l'ironie… tant pis. « -j'suis pas psy non plus. J'suis juste un pauvre mec qui tient à toi. » Buzz laissa passé un petit silence, sans quitter le dos d'Alan des yeux.

Cette fois-ci, de la merde, il se leva et s'approcha de l'ancien prof. Posant une main dans son dos, il ajouta : « -t'as pas tors tu sais, tu ressembles à bombe sur le point de péter et de tout balayer.  Sauf que... » Attention ça allait devenir beau : « -tu peux aussi être le démineur. J'me doute que ça fais mal, mais parler ça soulage. » On pouvait pensé que c'était facile à dire venant d'un type qui n'avait jamais eu de famille, jamais eu d'attache. Et pourtant, c'était la mort d'un de ses amis proches qui avait fait changé Buzz il y avait déjà plusieurs années. Il avait eu mal, il avait faillit partir en taule… Rajouté à ça la paranoïa, le mal être et les nuits de souffrance dut au sevrage de la drogue… Ouais, il avait pas mal douillé à l'époque. Une époque où il n'avait plus rien qui le retenait ici, une époque où il avait voulu lui aussi tout foutre en l'air.

Sven était le fils d'Alan, alors la douleur devait être bien plus forte. « -tu peux pas rester comme ça. Tu peux pas laisser tomber, tout envoyer valsé. Pas ce que ça serait pas juste. Sven n'aurait pas voulu vous voir dans des états pareils. » Buzz recula d'un pas, sa main délaissant le dos d'Alan, et il ajouta : « -si ça peut t'aider, frappe moi. Ça fait du bien, ça aide j'te jure. Le sapin c'est une lopette il a déjà mal de ce que tu viens de lui faire. » Un sourire en coin amical et doux, alors qu'il avait les deux mains tendues devant lui, comme une invitation. En désintox, pendant les suivis psycho, il avait eut recours à ce genre de technique pour faire sortir toutes la violence qu'il avait en lui, toute la rage et la colère.



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Alan S. Karlson
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MessageSujet: Re: Droppen som fick bägaren att rinna över   Jeu 15 Sep 2016 - 14:30



❝Droppen som fick bägaren att rinna över❞
Bruce & Alan

    Complètement démuni face à toutes ces émotions que je contrôlais difficilement, je me sentais royalement ridicule. Me donner en spectacle de la sorte, ce n'était pas moi ça, j'avais toujours été celui qui encaissait tout, qui restait fort en toutes circonstances et mettait mes maux de côté pour faire avancer les autres. Et voilà que ce trop plein de rage, de culpabilité, et de profonde tristesse, fit surface sans que je ne puisse rien y faire. Mais comment en aurait-il pu être autrement après les mots durs du tatoué ? Combien de temps encore aurais-je pu continuer à tout garder ? Même devant Christy je faisais tous les efforts du monde pour ne pas lui montrer à quel point j'étais affecté par la perte de notre fils, essayant de lui offrir cet épaule réconfortante qui ne semblait pourtant pas parvenir à l'apaiser.

    Quand Buzz répondit, je serrais légèrement les dents, peu ravi qu'il assiste à cela. Peut-être aurait-je préféré qu'il garde le silence et fasse comme si de rien n'était, ou peut-être même qu'il parte... ç'aurait été indéniablement plus simple, mais une part de moi ne cessait de me dire d'une toute petite voix que j'avais besoin à mon tour de laisser sortir la pression, pouvoir me reposer sur quelqu'un. Et il semblait que Buzz me poussait pour endosser ce rôle. Sa voix s'était faite plus calme, il n'y avait plus de reproches ni d'agressivité ; j'avais presque l'impression d'y déceler cette impuissance qui flottait dans la mienne quand je parlais de l'état de Christy. Fermant les yeux qui fixaient jusqu'alors le tronc du sapin, ses dires comme quoi il tenait à moi me ramena à quelques mois plus tôt ; notre entente avait été relativement difficile, tous deux bornés dans nos idées concernant l'autre. Et finalement, le temps passant, le jeune homme en était devenue à être l'un de ceux qui comptait le plus ici à mes yeux.

    Ne l'ayant pas entendu approcher, je me crispais un peu en sentant sa main dans mon dos. Aussi borné et fier que soit mon esprit, je ne pouvais que me rendre à l'évidence que non, je n'étais pas seul. Certes, peu pouvaient réellement comprendre la douleur qui nous faisait sombrer mon épouse et moi, mais ça ne les empêchaient pas d'être là pour nous, comme une famille, la seule qu'il nous restait désormais. Soupirant légèrement à la remarque du brun, je rouvris les yeux, lui tournant toujours le dos comme pour éviter de croiser son regard de peur qu'il y voit l'homme démuni que j'étais devenu.

« Je sais qu'il faut en parler. »

    Le déni n'avait jamais été une solution acceptable, et pourtant elle avait été la plus douce que j'avais trouvé jusqu'à présent. Peut-être était-il temps pour une fois de mettre ma fierté de côté ? Sven n'aurait pas voulu nous dans cet état, c'était le genre de phrase bateau, et certainement qu'elle contenait une phrase de vérité, mais c'était justement parce-qu'il n'était plus là que nous étions ainsi, tout le problème était là, alors au fond, je n'en avais rien à faire de ce que Sven aurait aimé, je n'en pouvais seulement plus de cette situation. Quand le tatoué s'éloigna un peu, je pris une profonde inspiration et me tourner vers lui, ne parvenant plus vraiment à dissimulé la douleur au fond de ses yeux qui accentuait encore un peu plus les cernes sous mes yeux. Je restais un instant interdit à ses mots, plantant mon regard directement dans le sien pour la première fois depuis de longues minutes. Le frapper ? Il était sérieux ? Secouant la tête en souriant malgré moi, je sortais mon paquet de cigarettes de ma poche, en prit une avant de le tendre au tatoué.

« C'est très aimable comme proposition mais je n'ai pas l'intention de te frapper, Bruce. »

    Rangeant mon paquet, j'allume sa cigarette puis la mienne, tirant dessus lentement. Combien de fois dans ma vie avais-je levé la main sur quelqu'un ? Je pouvais le compter sur les doigts d'une main. Cogner n'avait jamais été acceptable, et ce n'était pas parce-que j'avais mis un poing sur ce pauvre arbre que j'allais en faire de même avec Buzz. Je devais sortir toute cette colère, c'était évident, mais pas de cette manière ; me promettant de réfléchir à ce qui serait adéquat pour extérioriser cette rage, je me réinstallais le banc, me penchant légèrement en avant accoudé sur mes genoux.

« Je ne sais même pas par où commencer... C'est tellement difficile. »

    Soupirant en me passant une main lasse sur la nuque, je fais de mon mieux pour rassembler tout le courage qu'il me reste, ne pas me défiler, et parler. Pas simplement expliquer bêtement les fait, pas simplement dire que nous avions ''perdu'' Sven, vraiment parler. Et tant pis pour le sang froid et la façade, c'était ça où je finirais par perdre la tête.


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MessageSujet: Re: Droppen som fick bägaren att rinna över   Ven 23 Sep 2016 - 8:57






Droppen som fick bägaren att rinna över

Buzz était peut-être quelqu'un qui aimait faire son chemin en solo, un électron libre qui à la base ne se souciait pas des autres. Du moins pas du commun des mortels qui n'avait pas la moindre importance à ses yeux. Il en était tout autre pour ceux qui avait une place dans sa vie et surtout dans son coeur. Oui, c'était un peu romantique et fleur bleu, mais derrière tous ses tatouages, Bruce Detweiler c'était un bon gars. Un mec capable d'aller décrocher la lune pour celle qu'il aimait, un mec capable de faire des choses complètements dingues pour voir apparaître des sourires sur les lèvres et des étincelles de joie dans les yeux de ses amis. Il venait de pousser un peu le bouchon pour qu'Alan craque. Ok c'était un peu moche, mais sincèrement Buzz pensait que c'était nécessaire. Aux grands maux les grands moyens.  

Comme il venait de le dire, il n'avait pas fait d'étude en psychologie du comportement, il la jouait au feeling. Alors peut-être que c'était pas ce qu'il fallait faire, qu'il devrait plus prendre des pincettes afin de ne pas faire exploser Alan en vol… Mais les pincettes c'était pas trop son domaine… Oh putain comme cela lui fit mal lorsque Alan le regarda enfin… Il lui affirma qu'il ne le frapperait pas, et pourtant c'était un comme si le coup de poing venait de s'abattre dans le ventre de Buzz. Il y avait tant de détresse, de tristesse, de douleur dans les yeux du père Karlson. Mais le taotué était prêt à prendre une partie de ce fardeaux qui semblait écraser peu à peu Alan, si cela pouvait l'aider un tout petit petit peu… « -sur ? Tu me l'as joue pas à l'envers, j'te frappe quand tu t'y attends pas. » plaisanta Buzz avec un sourire en coin qui se voulait bien veillant tout en prenant la clope qui venait de lui être donnée. Alan venait de sourire, et ça c'était déjà une belle petite victoire. Plaçant le petit bâton blanc entre ses lèvres, il avança le menton pour qu'elle atteigne la flamme du briquet d'Alan.

Buzz inspira une première bouffée, sans doute celle qu'il préférait, et il garda quelques secondes le tabac à l’intérieur de ses poumons qui devaient être bien goudronnés depuis le temps. Alan venait de retourner sur le banc. Est ce qu'il devait lui laisser un peu d'air ? Rester debout, aller s’asseoir ? Feeling ! Oui oui feeling ! Écouter simplement comment il le sentait.  Il décida alors de revenir lui aussi prendre place sur le banc, mais sans être trop proche d'Alan. Il savait que c'était de vouloir être seul. A l'instant, Alan le prenait sûrement pour une de ses grosses mouches qui viennent vous faire chier lorsque vous êtes concentrés sur un truc important. Alors autant essayer de pas trop trop le faire chier…

« -cherches pas à me faire un roman. L'intro j'm'en fou. » Oui, il avait comprit les grandes lignes de l'histoire. Ce qu'il voulait entendre c'était ce qui rongeait Alan là, tout au fond de lui. Ce qui lui tordait les tripes, lui vrillait la tête, lui donnait la nausée. « -si tu veux tu peux t'allonger... » souffla Buzz avec un sourire en coin. Ba quoi ?! C'était pour détendre un peu le truc. L'humour était quelque chose de superbe dans ce genre de situation ! « -et je précise que j'fais pas payer... » bon ok, il allait la fermer peut-être… Expirant la fumée de sa cigarette par les narines, se grattant derrière l'oreille, les deux genoux bien écarté, le dos droit, Buzz était prêt à écouter. Mais Alan semblait ne pas trouver le moyen d'exprimer ce qu'il avait au fond de lui. Alors Buzz prit à nouveau la parole et proposa : « -laisse couler, laisse venir, comme si tu faisais de l'art abstrait. Tu jetes tout au milieu de la toile et on va arranger le tout à la fin. » Oui ba forcement lorsqu'on est dans la peinture c'est plutôt facile de faire des métaphore dans ce sens là. Mais bon c'était plutôt parlant non ? Et puis d'ailleurs c'était super bien comme technique pour se vider émotionnellement. « -ou alors j'te dis des mots et tu y relis les tiens. C'est toi qui voit. Mais faut que ça sorte »




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Alan S. Karlson
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MessageSujet: Re: Droppen som fick bägaren att rinna över   Lun 26 Sep 2016 - 20:43



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Bruce & Alan

    Suivant des yeux le tatoué qui se rassit à côté de moi, je n'avais pu m'empêcher pendant une seconde de me sentir un peu moins seul ; bien sûr, au fond, tout le monde était seul, personne ne pouvait régler les soucis des autres si eux-même ne l'avaient pas décidé, mais il n'empêchait que la présence de Buzz avait quelque chose de bénéfique en cet instant précis. Il fallait croire que sa petite méthode de me sortir de ses gonds avait été la bonne, bien que je me sois passablement contrôlé de ne pas laisser exploser tout ce que je gardais en moi depuis notre retour au chalet ; voire même depuis notre départ d'ici en réalité.

    Je me sentais un peu plus enclin à parler, ou en tout cas, je sentais que si je ne le faisais pas rapidement, je risquais vraiment de finir par craquer et foutre en l'air tout ce que nous avions ici ; je me devais de faire au mieux pour dompter toute cette rage, et me faire aider un minimum me permettrait également d'être un peu plus présent pour Christy. Parce-que tout le problème est bien là, je ne suis pas apte à m'aider tout seul, à me sortir de mes pensées négatives ; j'en suis parfaitement conscient, même si ça me coûte de me l'avouer.

    Pris dans mes réflexions, l'air un peu rembruni en tirant sur ma cigarette comme si elle était tout ce qu'il me restait, je ne peux m'empêcher de sourire légèrement à la remarque de Bruce, secouant la tête en haussant les épaules.

« Je te payerais en cigarettes, c'est donnant donnant. »

    Bien que sur le coup, l'idée du psy ne me plaît pas vraiment, je sais que le jeune homme sera d'une oreille attentive et ne me jugera pas ; ou au pire, s'il a quelque chose à dire, il le dira. Me remettant à réfléchir, où commencer, quoi dire, j'écoute pour l'instant les paroles de mon compagnon ; sa métaphore me parle bien, il n'y a de toute façon pas de ''bon moyen'' de dire ce genre de choses, et plus vite on les dit, mieux on se sent après, plus simple ce sera pour tout organiser. Prenant une profonde inspiration, je me lance, essayant de me détacher pour l'instant de ce que je raconte.

« Nous avons eu pas mal de coups durs. Déjà l'arrivée à la maison, à Seattle, il n'y avait aucun signe de James. Christy s'est occupée de tout ranger, faire comme si rien n'avait changé... Je savais déjà que je devais garder espoir, pour elle mais c'était pas facile. »

    A quoi cela servait de lui dire ça ? Ce n'était que des fioritures pour arriver au point final de mon mal, mais j'avais besoin de passer par là pour y parvenir, comme si ça pouvait quoi que ce soit à la tristesse qui me rongeait un peu plus à chaque mot.

« Nous sommes allés à la recherche de la petite amie de Sven mais nous sommes arrivés trop tard. A partir de là il n'a fait que se renfermer. »

    Serrant les dents, je me remémorais ces moments difficiles ; le regard vide de Sven, ne rien pouvoir faire pour lui... Soupirant légèrement, je secoue la tête en tirant une nouvelle fois sur ma cigarette.

« La prochaine étape était notre chalet en forêt mais là non plus, aucun signe de James. Et je n'y croyais plus. Nous avions faillis mourir déjà à plusieurs reprises, c'était juste impensable qu'il ait pu survivre aussi longtemps, pas en venant jusqu'ici. Alors nous avons renoncé à l'idée d'aller jusqu'à San Francisco. »

    Là, nous y arrivions, petit à petit. Je parlais lentement, ne prenant pas réellement la peine de peser mes mots. Ma main commençait à trembler et je sentais cette boule qui m'opprimait le cœur remonter dans ma gorge. Arriverais-je jusqu'au bout ? Il le fallait.

« Nous étions à Olympia, sur le chemin du retour et... sans m'en rendre compte, ma voix avait commencé à dérailler un peu alors que je peinais à enfin entrer dans le vif du sujet. Nous avons été séparés par une horde. Quand... quand j'ai retrouvé Christina elle était à côté du sac de Sven. Il y avait du sang, sûrement le sien, mais lui... il n'était pas là. »

    Et maintenant ? Qu'y avait-il à rajouter ? Rien. Tout était finit. Il n'y avait plus rien à dire. Sven n'était plus là, et ne le serait plus jamais. Mettre des mots clairs sur ce qui était arrivé m'avait repoussé dans un vide bien trop lourd à porter. Calant mon front dans ma main libre, j'expire bruyamment, ne pouvant retenir les quelques larmes qui menaçaient de couler.


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MessageSujet: Re: Droppen som fick bägaren att rinna över   Mar 27 Sep 2016 - 23:11






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Un sourire en coin, Buzz leva les yeux vers le ciel étoilé qui s'étalait au dessus deux, comme pour faire comprendre à Alan qu'il n'avait pas à lui filer des clopes. S'il était là, et qu'il venait de tenter de le faire craquer, de le pousser un bout, c'était pour l'aider. Parce que comme il l'avait dit, il tenait à lui et qu'il ne voulait pas le voir partir en couille. Alan était quelqu'un qui était apprécié ici, les gens l'écoutait et avait confiance en son jugement. Une sorte de Rafiki, le grand sage du groupe. Ça n'avait pas été facile de le laisser partir, parce que le groupe perdait un bon élément. Aujourd'hui Evergreen avait besoin du prof. Besoin de lui dans son intégralité et s'il perdait la boule ou se murait derrière sa douleur en attendant que tout explose, ça ne ferait du bien à personne. Mais bon… Buzz assis là, à côté d'Alan ne pensait pas vraiment au bien du groupe pour le moment. C'était pour Alan et seulement pour Alan qui faisait ça.

Est ce qu'il était le plus qualifié pour l'aider ? Peut-être pas. Est ce qu'il avait les qualités requise pour le faire avancer, lui faire apercevoir la lumière au bout du tunnel, il n'en savait rien. Mais Buzz n'avait pas besoin d'un dipolme pour être un bon ami. Il n'avait jamais eu de famille, alors l'amitié était la seule chose qu'il connaissait. Et c'était précieux pour lui. Il pouvait se montrer très con et laisser penser qu'il ne pensait qu'à sa gueule, mais ce n'était pas du tout le cas. Il était fatigué ce soir, et pourtant il était là et il allait écouter Alan jusqu'au bout.

D'ailleurs il commença à sortir quelques mots. Buzz fixa un point invisible sur le sol, comme pour laisser Alan croire qu'il n'était pas là. Ça l'aiderait peut-être à tout sortir. Se sentir observé, ça n'était jamais sympa. Pas de commentaire. Il le laissait parler, même s'il se faisait ses réponses dans sa tête. Garder espoir… Il avait déjà du mal à comprendre comment ils avaient pu en avoir assez pour partir d'ici. Mais ça, ça devait sûrement lui échappé. Pas de lien de sang… Pas de famille… La seule qui comptait, il l'avait gardé précieusement près de lui. Si ça avait été pour aller chercher Nara, Buzz aurait sans doute fait l'impossible.

Buzz tourna la tête vers Alan, un sourcil froncé. Sven avait une copine ? Il lui en avait jamais parlé. Enfin est ce que ça avait beaucoup d'importance aujourd'hui ? Le lien d'amitié entre Sven et le tatoué avait été court, presque éphémère. Quelques mois… A croire que Sven n'avait pas trouvé utile de lui confier ce genre de détails. Bref… « -il l'étais déjà quand vous êtes parti. » souffla Buzz. Sven n'avait jamais été très loquace comme mec. Et l'épidémie avait comme brisé un truc en lui. Ça l'avait traumatisé en fait. Par ces quelques mots Buzz voulait faire comprendre à Alan que le processus était déjà en marche bien avant qu'il ne décide de partir. Que ça n'était pas lui de porter toute la culpabilité du truc.

Buzz regarda quelques secondes la petite lueur rouge de sa cigarette, avant de la porter à ses lèvres, détournant son regard à nouveau vers le sol. Plus Alan parlait, plus Buzz se rendait compte qu'Evergreen était une sorte d'abri anti atomique. Si jamais tout s'écroulait, comme au stade, ils allaient en chier… Comme pas permis.

La voix d'Alan signala à Buzz que c'était dur. Qu'il avait mal. Est ce qu'il devait dire quelque chose ? Ou pas ? Est ce que c'était le moment. Buzz poussa un soupire en regardant l'ancien prof. « -ça va… pleure si ça peu te faire du bien... » souffla-t-il en posant le plat de sa main dans le dos d'Alan. Ça ne servait à rien de partir dans des délires de : il est peut-être en vie. Parce que c'était certainement faux. Et qu'ils n'avaient pas les moyens de pouvoir le vérifier. « -on est juste entre nous, alors laisse toi aller. T'es pas obligé d'être fort tout le temps. » De toute façon Buzz n'irait répéter quoi que se soit à personne. Pas même à Nara. Ce qui se passait ce soir sur ce banc, c'était seulement entre Alan lui et les étoiles.




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Droppen som fick bägaren att rinna över

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