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 Droppen som fick bägaren att rinna över

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Alan S. Karlson
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MessageSujet: Droppen som fick bägaren att rinna över   Jeu 1 Sep 2016 - 15:51



❝Droppen som fick bägaren att rinna över❞
Bruce & Alan

    Cela faisait maintenant environ un mois et demi que Christy et moi étions revenus au chalet, retrouvant ainsi nos marques et toute celle nouvelle famille que nous avions laissé derrière nous de nombreux mois auparavant dans le but de retrouver James. Et nous étions partis à trois pour ne revenir qu'à deux. Pas une journée ne passait sans que je penses à mon fils, par une nuit ne s'écoulait sans que la culpabilité qui me rongeait ne m'inonde de cauchemars qui n'étaient au final qu'un reflet bien trop réel de ce qui était arrivé. Je ne regrettais pas d'être revenu, parce-que les voir tous m'apportait bien plus de choses que si nous étions restés là-dehors à errer jusqu'à ce que nos vies s'arrêtent, mais j'étais parfaitement conscient d'avoir changé et, malheureusement, la force de faire comme si de rien n'était n'était que rarement présente.

    Depuis que nous avions perdu Sven, j'avais comme l'impression que le monde s'était arrêté de tourner. Même ici, au chalet, le sentiment que les personnes avançaient et que je regardais d'un œil extérieur toute cette évolution était présent. J'en faisais partie, évidemment, mais j'avais changé. Revenir m'avait fait un bien fou, retrouver certaines marques, certaines personnes, nous étions revenus chez nous, mais nous n'étions plus complet, j'avais laissé une part de moi là dehors et ce vide m'empêchait d'avancer convenablement. Être impuissant quant au bien être de mon épouse était également un poids constant non négligeable. Elle aussi avait l'air d'évoluer dans un monde à part, de n'être plus que l'ombre d'elle-même. Elle ne sortait que très peu du chalet, et croiser un Coyote la mettait dans une sorte d'hystérie incontrôlable qui me fendait le cœur. Y avait-il pire chose au monde que de perdre un enfant ? Probablement pas. Et nous en avions perdu deux.

    Une nouvelle fois je me réveillais en sursaut, des gouttes de sueur perlant sur mes tempes et le corps légèrement tremblant. J'avais froid, comme à chaque fois que je me réveillais d'un cauchemar. Une fois encore, la scène s'était rejouée, pour la énième fois. Les Coyotes, notre séparation, l'angoisse, les larmes de Christina, les affaires de Sven... Soupirant en me passant une main las sur le front, je m'assois au bord du lit, écoutant la respiration lente de ma femme à côté, avant de me lever et d'enfiler un tee-shirt pour accompagner le jogging en coton abîmé qui me servait de pyjama. Prenant au passage mon paquet de cigarettes, je sors de la chambre à pas de loup pour me diriger vers le hall, puis à l'extérieur.

    Tout est calme. Même après toutes ces semaines à être revenu, je m'attends encore à entendre à n'importe quel moment les râles constant des Coyotes qui traînent dans les parages. Mais ici ce n'est pas comme en ville, il y en a beaucoup moins et, avec la barrière qui a été montée, la sécurité est bien plus rassurante. Il n'empêche cependant que ce silence est agréable autant qu'angoissant. M'éloignant un peu de l'entrée, je marche pieds nus dans l'herbe humide jusqu'à rejoindre un banc un peu plus loin et m'y asseoir. Les seuls bruits environnants sont ceux de la forêt et de ses habitants, quoi de plus naturel ?

    Le ciel est plein d'étoiles qui elles aussi, malgré leurs apparences scintillantes, sont pour la plupart déjà mortes. Secouant la tête à la comparaison que je me fais, je sors une cigarette de mon paquet et l'allume, tirant longuement une première bouffée. Et une fois de plus, je me laisse envahir par toutes ces pensées qui m'accablent, penchant la tête en arrière pour observer l'immensité de ce ciel qui nous surplombe.


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MessageSujet: Re: Droppen som fick bägaren att rinna över   Jeu 1 Sep 2016 - 21:58






Droppen som fick bägaren att rinna över

 Encore une nuit passée dehors. Encore une nuit passée sans avoir le plaisir de s'endormir tout contre le petit corps de Nara. Encore une nuit où Buzz n'avait eu pour compagnie qu'un fusil, une putain de lampe torche et bien entendu ses fidèles amies : ses cigarettes. Grâce à elles, à ce va et vient de sa main entre sa bouche et son genou sur lequel elle venait de se caler, le jeune homme parvenait à rester éveiller, et assez attentif pour être efficace dans la tâche qui lui était confié. Malgré le temps qui passait, Buzz accordait toujours autant d'importance à être volontaire pour être de garde de nuit. D'accord Nara râlait parce qu'ils passaient ainsi moins de temps ensemble au lit, mais la plus part des autres hommes du camp avait des femmes aussi. A la différence de Buzz, ils avaient des gosses aussi. Et s'ils pouvaient resté au près d'eux et veiller sur leur sommeil, alors le jeune artiste voulait bien passer deux ou trois nuit de plus que les autres en haut des palissades.

Enfin ce soir, il avait prit son tour assez tôt, et par conséquent, quelqu'un venait prendre la relève avant que le soleil ne pointe son nez. Et franchement, c'était pas du luxe parce que Buzz avait vraiment du mal à éviter de bailler limite à s'en décrocher la mâchoire. Tout en marchant un peu, il se frotta les yeux avec deux doigts, avant de faire bouger sa tête en cercle pour faire craquer sa nuque. Ça avait été calme. Deux moches dans toutes la soirée… Normal qu'il se dormait dessus ! Pas assez d'action ! Enfin, c'était tout de même mieux ainsi.

Le chapeau de son zippo venait de faire un clic en se refermant lorsque le mec qui devait prendre sa place s'annonça. « -miracle ! C'est calme, dors pas, tchao ! » lança Buzz sans demander son reste et sans bavarder plus que ça. Non sérieux, il avait eu une longue journée, sans compter la longue semaine, et ce soir, il était fatigué. Sa clope entre les lèvres, son arme sur l'épaule, le tatoué traça la route d'un pas mou. Il leva les yeux vers les étoiles du ciel avant de souffler la fumée de sa clope par les narines. Au moins ce genre de soirée lui permettait de voir ce spectacle là.

Se passant une main lasse sur la nuque, tirant à nouveau sur sa clope, il distingua une petite lueur un peu plus loin. Un froncement de sourcil en se demandant de qui il pouvait choisir. Autant aller faire un tour, on était jamais trop prudent… En bon connaisseur, il avait cru voir une flamme de briquet, mais bon, il n'avait plus tout à fait les yeux en face des trous… D'un pas traînant, plissant les yeux pour mieux distinguer l'homme qui se trouvait sur le banc, il se décida à allumer sa lampe torche. Il la braqua dans la tronche du type en disant : « -hey ! » Lorsqu'il réalisa qu'il s'agissait d'Alan, il fronça un peu plus les sourcils avant de lâcher : « -oh merde pardon... » tout en éteignant au plus vite l'ampoule de la lampe qui devait aveugler papa Karlson.

Buzz avança de deux trois pas, penchant légèrement le tête sur le côté, tapotant sa clope pour en faire tomber la cendre. « -qu'est ce que tu fais là Alan ? » finit-il par demander. Il savait pertinemment que pour le moment, Alan n'avait pas été réintégré au système de garde. Il était encore « fragile », et avait surtout besoin de repos. Même si au fil des jours qui défilaient les cernes autour de ses yeux ne cessaient de grandir. Buzz se faisait du souci pour cet homme qu'il appréciait vraiment. Et le voir seul au beau milieu de la nuit en train d'en griller une le regard rivé sur les étoiles, et bien… Il trouvait ça étrange et surtout peu rassurant.

Sans demander la permission ou s'il gênait, Buzz avança jusqu'au banc ou il prit place en déposant son arme sur le côté. Il tira à nouveau sur sa clope, expira avant de tourner la tête vers Alan et d'ajouter : « -t'as du mal à dormir ? » Il n'avait pas envie de sa la jouer psy et encore moins maman poule. Mais Alan était le père de famille. C'était son rôle à lui de prendre soin des siens. Mais qui prenait soin de lui ? Sûrement pas Christy qui était encore plus mal. Le regard de Buzz détailla tant bien que mal le visage d'Alan, un sourcil froncé, attendant une réponse à ses questions.



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Alan S. Karlson
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MessageSujet: Re: Droppen som fick bägaren att rinna över   Sam 3 Sep 2016 - 13:10



❝Droppen som fick bägaren att rinna över❞
Bruce & Alan

    Assis là, sur ce banc, j'avais la sensation étrange et probablement absurde qu'ici aussi le temps s'était arrêté, que le monde ne poursuivait plus sa marche folle vers la destruction. Tout était tellement paisible et pourtant, il y avait de ces souvenirs lourds de sens qui rappelaient sans cesse que plus rien ne serait jamais comme avant. Soupirant une nouvelle fois, je tirais machinalement sur la cigarette, observant l'instant suivant les volutes de fumée qui s'élevaient vers ce ciel sombre. Je me sentais juste ailleurs, jusqu'à ce qu'une vive lumière vienne m'aveugler, me faisant directement redresser la tête et plisser les yeux, me servant de ma main libre pour les protéger un peu de la lumière.

    Je me sentis presque irresponsable de ne pas l'avoir entendu arriver, si ç'avait été un Coyote... non, j'étais toujours dans l'enceinte du chalet, la sécurité était suffisante pour ne pas avoir à nous inquiéter à chaque pas. Reconnaissant la voix de Bruce, je souris légèrement malgré mon air un peu irrité d'avoir été sorti de l'illusion dans laquelle je me berçais quelques secondes auparavant. Haussant les épaules, je répondis d'un air relativement neutre après avoir tiré une nouvelle fois sur la cigarette.

« J'avais besoin de prendre l'air. »

    Ni plus ni moins. Le suivant du regard alors qu'il s'approchait pour s'installer sur le banc, je me décalais un peu pour lui faire plus de place. Depuis que nous étions revenus, j'avais eu l'occasion de parler quelques fois avec Buzz, mais ça ne dépassait pas les banalités, quelques points sur notre périple ; lui avais-je seulement dis à quel point la carte qu'il nous avait donné lors de notre départ, avec ses quelques visages du groupe dessinés, m'avait aidé ? Je ne m'en rappelais même plus. Me passant une main las sur la nuque, je reportais sur lui mon attention alors qu'il avait repris la parole.

« Je ne me souviens pas avoir fait une nuit complète depuis longtemps, alors quand c'est comme ça, je préfères essayer de m'occuper plutôt que d'attendre le sommeil. »

    Expirant par le nez d'un air mi-agacé mi-amusé, j'étais parfaitement conscient que je ne devais pas être le seul dans ce cas là, je n'avais d'ailleurs pas prononcé ces mots sur un ton empreint de plainte, ç'avait simplement été une constatation. Il y avait de ces gens qui préféraient dormir pour ne plus avoir à sentir la douleur, ou la peine, je faisais partie de ceux qui craignait de s'endormir, sachant pertinemment que les cauchemars étaient inévitables. Je laissais un instant voguer mon regard au delà des barrières ; évidemment je ne voyais rien de ce qu'il y avait de l'autre côté, mais imaginer ce qu'il pouvait y avoir était devenu bien plus aisé depuis que Christy et moi avions dû affronter ce monde extérieur.

« Et toi, comment tu vas ? Tu tiens le coup avec toutes ces gardes ? »

    Malgré l'été et l'absence de neige, les Coyotes ne s'étaient apparemment pas fait beaucoup plus nombreux dans le coin, et souvent les gardes se révélaient être plus qu'ennuyantes, mais elles étaient malgré tout obligatoires, il suffisait d'un seul moment d'inattention pour que notre situation tourne au cauchemar et personne n'avait envie de revivre un événement similaire au stade. Nul doute que je serais bientôt à mon tour également en haut de ces palissades. Gary m'avait parlé de me donner les reines de la sécurité du groupe, et j'avais accepté, demandant toutefois un peu de temps pour faire le point sur tout ce qui était arrivé, mais je ne pouvait décemment pas ''faire le point'' éternellement.


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MessageSujet: Re: Droppen som fick bägaren att rinna över   Dim 4 Sep 2016 - 14:31






Droppen som fick bägaren att rinna över

Besoin de prendre l'air… C'était le genre de phrases que beaucoup d'entre eux utilisaient lorsqu'ils étaient en proie à des insomnies. Même si le temps avait passé depuis l'épisode du stade, depuis que leur premier refuge avait été détruit, pas mal de gens ici gardaient des souvenirs bouleversants qui revenaient dans leurs cauchemars. Alan avait fait parti du survivant, tout comme Buzz. Mais la vie du père de famille avait été un peu plus encore noircie par de nouveaux épisodes bien plus sombres encore. Il avait été touché au plus près, en plein cœur… Buzz n'avait jamais eu de famille, et il avait identifié Alan comme un de ses hommes dont il aurait été fière d'être le fils. Même si les débuts entre eux n'avaient pas forcement été facile, ils avaient appris à se connaître, et ils tenaient l'un à l'autre. C'était d'ailleurs pour cela que le jeune artiste était venu s’asseoir à côté de lui. Si ça avait été quelqu'un d'autre, il aurait peut-être passé sa route, rejoignant au plus vite sa chambre, et surtout son lit ou dormait encore Nara. La fatigue aurait eut raison de lui. Mais c'était Alan qui était assis là, le regard perdu dans les étoiles…

Buzz avait été heureux du retour des parents Karlson, même si l'absence de Sven à leurs côtés laissait un goût amer. Il avait perdu un ami, un mec qu'il considérait un peu comme un frère. Il savait bien qu'Alan et sa femme souffraient bien plus que tout les autres. Qu'ils avaient mal et que chaque regard posé sur la communauté ravivait cette douleur. Les deux hommes n'avaient pas échangé grand-chose depuis. Des banalités, des infos évasives sur ce qui s'était passé dehors. Buzz n'avait pas insisté, pas posé trop de question parce qu'il n'aimait pas voir leurs yeux briller de larmes et leurs visages se creuser de souffrance.

La question qu'il avait posé été très con. Mais il fallait bien commencer la conversation, et c'était souvent par ce genre de connerie que les choses s'engageaient. Il était normal qu'Alan ait du mal à trouver le sommeil. Même lorsqu'on parvenait à fermer les yeux, des images remontaient, et venaient hanter les esprits. Pas vraiment évident de trouver des petites pilules capables de faire dormir comme une masse de nos jours. Alors il fallait faire avec. Sachant qu'au petit matin, il faudrait avoir assez d'énergie pour affronter une nouvelle journée. « -j'comprends... » lâcha Buzz avant de détourner son regard pour regarder la petite lueur rouge que produisait le bout de sa cigarette.

Un sourire en coin se dessina sur les lèvres du tatoué lorsqu'Alan lui demanda à son tour comment il se portait. Si c'était une façon de détourner la conversation pour changer de protagoniste, c'était hors de question. Buzz était le genre de personne à faire passer les autres avant lui. C'était sans doute très con, mais il fonctionnait ainsi. Surtout avec les gens qu'ils aimaient, qui comptaient pour lui. Heureusement il n'y en avait pas tant que ça. Mais papa Karlson en faisait parti. « -ça va, j'arrive à piquer un micro somme dans la journée, et puis j'ai jamais eu besoin de beaucoup de sommeil. » Relique d'une vie merdique passé à faire la fête, complètement décalé du quotidien des gens normaux. « -et puis c'est un peu la seule chose pour laquelle je peux m'rendre utile, alors bon... » Plissant les yeux, il tira sur sa cigarette, en calant ses coudes sur ses genoux, le buste en avant, les jambes écartées.

Buzz avait un peu de mal en ce moment, parce qu'il avait prit conscience qu'il ne servait pour ainsi dire à rien. Le dessin c'était bien, mais dans un monde comme celui-ci, ça ne sauvait pas la vie. Jusqu'à peu de temps, il ne savait pas se servir d'une arme comme un pro, merci à Arthur pour les cours de tire… Même être volontaire pour les gardes de nuits n'étaient pas un exploits en soi, puisque la plus part du temps tout se passait dans le plus grand calme. Oh il n'avait pas envie que cela change, parce que ça voudrait dire que le chalet et ses habitants étaient en danger. Enfin… Il se prenait sûrement un peu trop la tête, mais que faire d'autres ici à par tourner en rond ?

« -et Christy comment elle va ? » demanda Buzz en tournant son visage vers Alan, le ton sérieux, des cernes sous les yeux. Il savait qu'il n'allait pas avoir droit à une réponse ultra positive. Mais il voulait juste savoir si elle parvenait à remonter peu à peu la pente.



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Alan S. Karlson
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MessageSujet: Re: Droppen som fick bägaren att rinna över   Lun 5 Sep 2016 - 20:24



❝Droppen som fick bägaren att rinna över❞
Bruce & Alan

    Malgré la fatigue, Buzz n'avait pas l'air d'aller trop mal, me rassurant un peu quant à l'évolution de la vie ici. Certes, ce n'était pas une colonie de vacances, tous les survivants étaient logés à la même enseigne et rares étaient ceux qui appréciaient cette nouvelle vie, mais chacun s'en accommodait à sa manière et j'étais heureux de voir qu'ici au moins l'horreur n'était pas aussi grande qu'en bas. Souriant légèrement à Bruce en hochant la tête pour lui montrer que j'avais bien entendu sa réponse, je tourne la tête vers lui quand il affirme que c'est l'unique chose pour laquelle il peut se rendre utile. Ce nouveau monde a forcé tout le monde à changer, s'adapter, et il est clair que nous n'avons pas tous eu la chance d'être ''préparé'' à ça ; si tant est qu'on puisse y être préparé. Il m'arrivais de repenser à ma profession, mes élèves, et ils faut bien avouer que ça ne m'est pas très utile maintenant, quoi qu'être pédagogue est toujours un plus dans certaines circonstances. Mais de toute façon, qu'y a-t-il de plus à faire ici ? Haussant les épaules suite à ma réflexion, j'adresse à Buzz un regard à la fois sérieux et qui se veut encourageant.

« Dis toi que monter la garde est justement la chose la plus importante ici, sois fier d'être de ceux qui protègent le groupe. »

    Un léger sourire avant de retirer sur ma cigarette. J'étais sorti dans l'optique d'être seul, me triturer les méninges comme trop souvent, mais je devais bien avouer qu'avoir le tatoué à mes côtés me faisait du bien. Mais nous ne pouvions pas parler uniquement de ''banalités'' et il arqua la conversation vers mon épouse. Regardant dans le vent comme pour réfléchir un peu, je ne pu retenir un léger soupir en passant machinalement une main sur mon genoux comme pour ôter une quelconque poussière, mon regard se faisant un peu plus soucieux.

« Mal. Elle ne parle pas énormément et peine à remonter la pente. Je ne sais pas si elle y parviendra un jour. »

    Tournant la tête vers le chalet pour en regarder les faibles bougies qui l'éclairent ci et là, je me demande si moi-même je parviendrais un jour à me pardonner la perte de notre enfant, ne serait-ce qu'à vivre avec ce vide dans mon cœur. Penser à tout cela n'a rien de bon, ça ne soulage en rien, mais étrangement j'ai l'envie de parler avec Buzz, lui faire part de mes sentiments ; il faut dire que la confiance et l'affection que j'ai eu peu à peu pour lui fait beaucoup.

« Quand on est arrivés chez nous, à Seattle, et qu'on a trouvé la maison sans dessus dessous, Christy s'est empressée de tout ranger, nettoyer, donner l'illusion que rien n'avait changé. Je pense qu'elle s'est toujours inconsciemment bercé dans une illusion que les choses pouvaient changer. Perdre Sven... ç'a été une prise de conscience bien trop brutale. »

    Reportant mon attention sur mon compagnon, je pince un peu les lèvres, tentant de faire fi de la boule qui pèse dans mon ventre. Si seulement Sven était resté ici, si seulement Christina n'avait pas eu à vivre tout ça, si seulement... mais malheureusement il n'y avait aucun retour en arrière possible, et nous n'aurions d'autres choix que de nous relever. Nous laisser mourir n'était pas une option envisageable, plus maintenant que nous étions revenus auprès des nôtres. Soupirant une nouvelle fois, je reprends d'un air songeur.

« Ici, on dirait presque que rien n'a changé. Après tous ces mois passés au chalet, j'en étais presque venu à oublier à quel point tout ce qu'on connaissait avait été détruit, à quel point le monde était dangereux. »

    Peut-être avait-ce été une erreur de le croire, certainement même. A dire cela, j'avais l'impression que je m'étais moi aussi laissé tomber dans l'illusion. J'avais certes mis du temps à me remettre de ce qui était arrivé au stade, apprendre à vivre avec, mais peu à peu, la vie avait repris son court. Jusqu'à ce que nous décidions de partir et d'affronter la réalité.

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MessageSujet: Re: Droppen som fick bägaren att rinna över   Dim 11 Sep 2016 - 19:44






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Ah Alan et ses petites phrases rassurantes… Alan qui prenait le temps d'avoir un mot gentil pour chacun, de trouver ce qu'il fallait dire pour donner un nouveau que de boost et faire en sorte que les gens retrouve le sourire. Buzz leva un œil en direction du père de famille, un sourire au coin de lèvres. Ça le faisait doucement sourire d'entendre ça. Même s'il appréciait les mots d'Alan. Le jeune artiste savait que monter la garde était important, c'était d'ailleurs pour cela qu'il s'y employait. Mais il avait envie de pouvoir donner plus. Sauf qu'il avait des capacités limités. Pas vraiment utile de savoir comment rouler un joint ou comment se piquer dans une communauté telle que celle du chalet. Le graff et le dessin n'étaient pas mieux…

Buzz se passa une main sur le visage, tentant de chasser quelque peu la fatigue qui pesait sur ses yeux. Il demanda comment allait la femme d'Alan, parce qu'elle avait de l'importance à ses yeux elle aussi. Et qu'il avait bien vu qu'elle n'était plus la même depuis… L'extérieur était un endroit plein de danger, qui foutait les ch'tons. Même si ça ne gênait pas le jeune homme de faire parti d'une expédition de ravitaillement. Ils se débrouillaient toujours pour partir en groupe, armés et pour être rentrés au chalet avant la nuit. Les groupes qui sortaient, étaient encadrés d'hommes compétant, qui n'avaient peur de rien… Alan et Christy avaient affronté le vrai monde, seul… Ne pouvant compter que sur eux même. Et ils avaient payé le prix fort…

Alors oui, Buzz ne s'attendait pas à ce qu'Alan lui dise que sa femme était rayonnante et pleine de vie. Le tatoué ne posait pas la question par simple curiosité, non il voulait réellement voir le couple Karlson aller mieux. Même si cela prendrait du temps. Bien entendu. Il ne voulait pas non plus forcé Alan à parler, s'il n'en avait pas envie, il savait qu'il pouvait lui dire non. Mais parfois parler faisait du bien. Cela permettait de se soulager de poids trop compliqué et dur à porter. Malgré sa grande gueule, Buzz savait être un bon confident. Quelqu'un qui n'irait pas repérer tout ça ailleurs. Etait-il de bons conseils, ça c'était une autre question.  Il ne dit rien d'ailleurs lorsque les premiers d'Alan concernant sa femme sortirent de sa bouche. Attendant qu'il poursuive sans doute.

Avalant sa salive, Buzz tourna légèrement la tête en direction d'Alan, l'écoutant avec attention. Pas de pitié dans son regard, seulement de la compréhension et de la tristesse. Ils n'auraient pas dut partir. Pas comme ça. Pas seulement à trois. A l'époque Buzz en avait parlé avec Alan. Ils s'étaient proposé avec Nara de les accompagner. Ils auraient peut-être mieux fait. Ou alors il aurait du trouvé les mots qu'il fallait pour persuadé le père Karlson de rester ici avec toute sa petite famille.

Ils vivaient ici bien trop protégé, bien trop hors de tout pour se rendre compte du bordel réel qui se trouvait là bas. « -ça n'aurait pas dut arriver. » souffla Buzz en détournant à nouveau le visage, les dents presque serrés. Il savait qu'il n'aurait jamais autant mal qu'Alan et Christy. Mais son ami lui manquait. Énormément. La fatigue avait peut-être un peu déformé sa voix, et même si il n'avait pas dit ces mots comme des reproches, ça sonnait presque ainsi. Buzz savait que ce n'était la faute de personne. Simplement celle de cette putain de vie de merde !

« -nous vivons à l'écart de la réalité. Vous n'étiez pas préparé à ça. On aurait pas du vous laissez partir. » Buzz renifla un coup après avoir énoncé ces mots. Il s'en voulait, comme beaucoup ici. Parce qu'il n'avait pas su être assez persuasif, pas assez fort mentalement pour s'opposer au départ des Karlson. Il tira un peu nerveusement sur sa cigarette, faisant bouger sa jambe comme s'il était stressé. Il savait au fond de lui qu'Alan avait sans doute besoin de mots de soutiens, qu'on l'aide à remonter cette pente. Papa Kalson n'était pas con. Il savait bien qu'on ne pouvait pas revenir en arrière et que se bercer de peut-être et de si seulement, ne ramènerait pas son fils. Pourtant Buzz avait un léger goût amer en bouche, non contre Alan mais contre lui même qui pouvait laisser croire qu'il était un peu en colère.



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Alan S. Karlson
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MessageSujet: Re: Droppen som fick bägaren att rinna över   Lun 12 Sep 2016 - 19:27



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Bruce & Alan

    A la fin de ma réponse, tirant une dernière longue bouffée sur ma cigarette comme si c'était la dernière avant longtemps, j'expire la fumée encore plus lentement, essayant de contrôler cette vague de peine qui m'envahit un peu plus à chaque fois ; contrôler sa respiration pour ne pas tomber dans la panique, j'avais dû apprendre ça maintes fois depuis que le monde avait changé.

    Mon regard avait croisé un court instant celui de Bruce, plein de tristesse. A chaque regard que nous croisions depuis notre retour il y avait cette peine lourde que la plupart semblaient porter quant à l'absence de Sven, comme un échos à la notre. J'étais parfois partagé entre le sentiment que la page se tournerait plus vite si personne ici ne l'avait connu, mais également le besoin de ne pas tourner la page, je n'étais définitivement pas prêt pour cela. Soupirant légèrement en détournant la tête, ne pouvant soutenir plus longtemps le regard du jeune homme à mes côtés, je me révoltait une nouvelle fois intérieurement entre ce monde qui ne faisait de cadeaux à personne. Inutile de dire ''il n'aurait pas dû mourir si jeune'', aucun parent ne supportait la perte d'un enfant, qu'importe son âge ; ajouté à cela l'absence indéniablement définitive de James, comment pourrions-nous seulement faire comme si de rien n'était ?

    Un silence relativement pesant s'était installé depuis que j'avais répondu au tatoué, me laissant tout le temps de réfléchir à ce que j'avais dit. Et ses mots tombèrent. Peut-être plus sèchement qu'il ne l'aurait voulu ; ou peut-être pas ? Détournant vers lui des yeux ronds, je le regardais d'un air interdit. Bien sûr que ça n'aurait jamais dû arriver, que nous n'aurions pas dû l'emmener, s'il était resté ici il serait encore en vie. La culpabilité difficile à porter qui était mienne depuis la fin du mois de juin ne fit que s'accroître un peu plus, me compressant la poitrine d'une manière presque douloureuse. Serrant les dents pour ne pas me laisser submerger par les émotions qui me tiraillaient, je détournais à nouveau le regard, plantant mes yeux sur le sol d'un air probablement plus démuni que jamais.

    Et il en rajouta encore un peu, précisant le fait qu'ils n'auraient pas dû nous laisser partir. Soupirant peut-être un peu trop bruyamment, je fermais les yeux en serrant les poings. Au final, Buzz avait finit par dire ce que tout le monde pensait certainement tout bas, à savoir que Christy et moi étions fautifs dans toute cette histoire, que nous avions fait les pires choix, entraînant volontairement notre fils dans un enfer où vivre était impossible. Ouvrant la bouche pour répondre, je la fermais finalement ; que pouvais-je bien répondre à ça ? Bruce avait totalement raison.

« Sûrement. »

    C'était tout ce qui était sorti après encore quelques secondes de réflexion qui ne menait à rien. Non, il n'y avait aucun mot pour apaiser ces peines, ni aucune justification valable. Il ne servait à rien de démentir notre culpabilité dans ce qui était arrivé, ni de se voiler la face en se disant que si nous n'avions pas fait cela, autre chose serait arrivé. C'était de notre faute, point. De ma faute.

    Me renfermant un peu plus dans cette culpabilité qui se muait doucement en rage contre ma propre personne, je me passais une main lasse sur le front, ravalant difficilement la boule qui s'était formée dans ma gorge. Parler de Christina n'était pas simple mais c'était abordable, tout comme expliquer certains points de notre périple d'un air passablement détaché, exposant les faits comme ils étaient, mais étrangement, parler de moi, de ce qui me touchait directement, s'avérait bien plus compliqué que prévu. Une nouvelle fois, je me renfermais dans ce mutisme, me contentant de fixer le sol comme si j'allais d'un seul coup pouvoir disparaître et échapper à toute cette peine.


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MessageSujet: Re: Droppen som fick bägaren att rinna över   Aujourd'hui à 19:26

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