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 Anger Therapy

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Axel J. Kennedy
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MessageSujet: Anger Therapy   Lun 29 Aoû 2016 - 19:36

Dimanche 10 Juillet 2016





    Voilà deux jours maintenant que j'avais discuté avec Carmen, que je lui avait fait par de ma potentielle décision de quitter le groupe, et que je m'étais finalement défilé. Ou plutôt que je m'étais enfin résigner à ne plus me défiler. Bref. Je m'étais mis en tête qu'il était grand temps que j'arrête de fuir quand quelque chose n'allait pas ; l'apocalypse m'est tombée dessus une fois, me sauvant de la misérable vie que je menais avant, je serais franchement étonné qu'un tel service me soit rendu une seconde fois. Alors oui, même si je n'étais pas encore parfaitement certain que ce choix soit le meilleure, j'allais rester, essayer de construire quelque chose avec eux et passer outre ce problème d'attache que j'avais pour le groupe.

    Je repensais constamment à tout ça, ne cessant de me demander si ce n'était pas une erreur, peser sans cesse le pour et le contre, me fatiguer pour rien donc. Le moral n'était pas au beau fixe et je m'agaçais bien plus facilement. Mais ce devait le cas de tout le monde après déjà plus d'une semaine sur les routes ; heureusement pour moi d'un côté, je n'avais pas besoin d'inventer des excuses quant à ma mauvaise humeur, affirmer que c'était l'angoisse de l'inconnu ou une connerie du genre suffisant amplement.

    Mais il y avait autre chose derrière tous ces questionnements, quelque chose qui me prenait tout autant la tête que mon indécision à rester ici ou à poursuivre la route seul. La Navajo m'avait avoué à demi-mots que oui, elle tenait beaucoup à Jasper et qu'il y avait quelque chose entre eux. Bien sûr je n'étais pas aveugle et m'en était bien rendu compte, mais j'étais excédé par cette attitude qu'elle avait eu de faire comme si de rien n'était. Parce-qu'avant elle m'en aurait parlé, alors pourquoi elle avait préféré tout garder pour elle ? Et franchement, pourquoi le psy ? Si y a bien une personne du groupe vraiment louche c'est lui. Avec son air fourbe, on ne sait jamais à quoi il pense ni ce qu'il prévoit de faire. Bon d'accord, je ne lui ai peut-être pas laissé la chance d'ôter tous les soupçons que j'avais mais vraiment, il ne m'inspire rien de bon même après tout ce temps. Je le tolère simplement parce-qu'il a été avec Carmy dès le début, et qu'apparemment il compte pour elle mais c'est tout.

    Lui lançant un regard en coin tandis qu'il conduit la bagnole, comme d'habitude, je me penche légèrement en avant afin d'allumer le lecteur. Mettre de la musique, ça m'évitera d'avoir envie de taper la causette, discussion qui pourrait s'avérer franchement agaçante. Et là... cette foutue chanson des Clash, comme si c'était fait exprès. Même pas deux secondes et j'appuie rageusement sur le bouton off du lecteur, ronchonnant franchement, le tout accompagné d'un soupire à fendre l'âme. Les sourcils froncés, je dépose mon coude droit sur le rebord de la fenêtre et regarde dehors, comme si je m'amusais à bouder le lecteur. On pourrait presque croire que j'imite Shawna, ou du moins la Shawna d'avant, parce-que là, depuis notre départ de la maison, on l'entend même plus. Jetant un regard rapide vers l'arrière, je la vois qui est réveillée et regarde dehors d'un air un peu vide. Et le psy qui est toujours aussi blasé. Un nouveau soupir.

« Ça fait depuis quand ? »

    Toisant le conducteur d'un air plein de reproches, les mots sont sortis de ma bouche sur un ton probablement plus agressif que ce que j'avais prévu au départ, mais qu'importe. Je n'en peux plus de me la fermer, et on sait pas quand on pourra sortir de ces voitures, alors autant crever l’abcès tout de suite plutôt que de finir la route avec cette ambiance de mort. Au vu du regard plein d'incompréhension dont j'écope, je lève les yeux au ciel en soupirant une nouvelle fois. Il fait exprès ou quoi ?

« Toi et Carmy, ça fait combien de temps ? »

    Prenant bien soin de croiser les bras pour ne pas me laisser prendre par cet agacement, je continue à darder sur lui un regard inquisiteur, prêt à m'engager dans une engueulade digne de ce nom. Comme si tout n'allait pas suffisamment mal, comme si la fuite n'était pas suffisamment pénible. Mais j'ai trop encaissé, et il fallait que ça sorte. Alors qu'il le fasse, son boulot de psy, commençons une thérapie. Première étape : extérioriser l'agressivité.





« Tout le monde dit que la ''survie'' n'est pas facile,
que ce n'est qu'un état second clôturé soit par une renaissance, soit par la mort.
J'ai eu ma renaissance.
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Jasper McCarthy
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MessageSujet: Re: Anger Therapy   Sam 10 Sep 2016 - 10:05

C'était pour éviter ce genre de réactions excessives... Qu'il valait mieux parfois construire des secrets. Les façonner, les emmurer, les garder enfermer, et... si possible pour toujours. Jasper savait qu'un secret, même sagement gardé par un cracheur de feu, pouvait se révéler très lourd et encombrant à porter... D'autant plus lorsque votre coeur de miséreux battait pour la reine de la promo, la cheftaine, et qu'il était de plus en plus difficile de cacher la relation à une foule de lycéen aigri. Enfin... Foule de morbides plutôt, qui défilait sur l'écran de son véhicule, disparaissant aussi vite que possible de son champ visuel. Des troncs, des larmes sur le bord de la route, qui tendait les bras pour les attraper. Ils étaient trop peu nombreux pour arrêter les roues du véhicule qui filait à vive allure.

Jasper laissa ses doigts se contracter autour du volant. Pourquoi parler de ça maintenant, parce qu'il n'y avait pas de meilleur moment ? Parce que la musique qui était passé avait éveillé chez Axel des tensions qu'il gardait trop enfui ? Il fallait qu'il se libère, qu'il en sache plus, qu'il laisse cette colère éclater au grand jour. Tout ça parce que c'était sa meilleure amie et qu'il était frappé par un désir de protection si puissant qu'il en aurait presque eu la larme à l'oeil s'il n'était pas si fatigué de la route... Il n'y avait aucune raison de plaisanter de la relation que lui entretenait avec ce gars-là. Des regards à distance. Une considération très brève, de la méfiance surtout, beaucoup de méfiance. Clairement, le psy y était habitué. Il n'était pas homme digne de confiance, et il n'avait jamais compris pourquoi il se fichait autant de l'avis subliminal des gens qui faisait partie de son groupe. Car pour que tout le monde s'entende, il fallait beaucoup de discussions, ne pas hésiter à parler de ces choses qu'on taisait. Jasper n'était-il pas le spécialiste du genre, faire parler les gens, les obliger à se livrer, à s'ouvrir pour décharger leurs émotions ? Il l'était encore un peu, psy. Mais cette optique de réconcilier les âmes avec leurs pensées, n'était plus aussi simple qu'auparavant. Les formes compliquées des sentiments le rebutaient, et il préférait observer et attendre que les choses se tassent. Comme avec ce charmant et parfait meilleur ami, qui croyait qu'en déversant continuellement sa mauvaise humeur sur lui, il disparaîtrait de son champ visuel.
Il devait tellement espérer sa mort celui-là. Ou pas. Qu'importe.

Tout doucement, de l'air franchit la barrière de ses lèvres, il inspirait, mettant de l'ordre dans ses idées, dans ce qu'il allait dire. Axel était toujours prêt à bondir, c'était un homme de poigne qui n'hésitait pas à mordre chaque main tendu trop vite. Il avait ses raisons, il était surtout comme ça. C'était son mental qui voulait qu'une barrière s'hisse entre les gens.
Il cligna des yeux, après avoir détourné son attention de son voisin bras croisé, qui fulminait certainement intérieurement. De quoi je me mêle hein . Comme pour se donner du temps, il renifla, comme s'il avait quelque chose à renifler... il allait finir par aspirer cette colère sourde qui se déverser du gigotant à coté de lui.

« Waouh. » Lâcha t-il, pour souligner tout à coup l'absurdité de la situation.
Se retrouver là à conduire, vers un inconnu certain, à discuter de la relation qu'il avait depuis longtemps entamée avec la brune. Qu'est-ce qu'Axel voulait entendre tiens ? Il était si imprévisible qu'il avait tout à parier qu'aucune réponse ne conviendrait vraiment.

« J'ai plusieurs propositions en tête, mais je ne sais pas laquelle t'irait le mieux. Tu sembles déjà remonter alors. Je peux toutes te les énumérer... Si tu veux. »

Laquelle l'énerverait le moins. Sur une échelle d'un à dix, il savait que la colère de l'ami serait proche de 10 en continu. Il avait affaire à une boule de nerfs mais cela ne l'empêchait pas de garder son calme. Après tout, il avait le volant... Le moindre coup de volant pourrait les envoyer dans le fossé sur le bas-côté. Ça, Axel en était conscient aussi. Et s'il était capable de lui décrocher une droite pour témoigner de sa super force, il ne le ferait certainement pas ici. Le moment était bien choisi... Ahah. Pour avoir une super discussion entre enfants. D'où ce serait une discussion d'adultes puisqu'il aurait forcément tort avec l'homme enragé. Dites-lui....

« Qu'est-ce qui te chiffonne autant dans cette relation ? Hormis le fait que tu m'aimais déjà pas dès les premières secondes où tu as croisé mon regard. »

Passer d'une question à une autre, c'était une très bonne façon de trouver le centre du problème. Les lèvres à peine pincées, il attendit le verdict. Shawna derrière, semblait toujours aussi silencieuse. Elle était ailleurs et ne prenait pas vraiment en compte l'échange tendu qui était en train d'avoir lieu.
Hé, était-il possible d'avoir un siège éjectable là tout de suite ? Une migraine serait vraiment mal venue en ce temps de crise... sur cette route maudite... vers l'inconnu et l'au-delà.


“L’endroit le plus sombre est juste sous la bougie.” p. korean
Le silence qui suit un grand désastre est le son le plus paisible qu'on peut entendre à la surface de cette terre. Elif Shafak.

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Axel J. Kennedy
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MessageSujet: Re: Anger Therapy   Dim 11 Sep 2016 - 19:27


    C'est le regard plein d'une colère retenue depuis quelques jours que je regardais le psy, essayant de le sonder comme si je pouvais lire en lui comme dans un livre ouvert. Le problème étant que Jasper n'était pas ce genre de personne, il était franchement insondable, et ses petits yeux de psy qui donnaient toujours l'impression de voir au plus profond de chacun n'aidaient en rien. Le zieutant, les sourcils froncés et les bras toujours croisés, j'attends sans mot dire que monsieur réponde à ma question ; certes, en soit il n'a aucun compte à me rendre, mais il doit savoir avec le temps que je ne lâcherais pas l'affaire.

    Excédé par son silence, comme s'il faisait mine de réfléchir, je lève un sourcil blasé, le regardant toujours d'un air insistant. Dommage qu'on soit en voiture, dehors j'aurais pu le secouer pour qu'il réponde plus vite et ne cherche pas le moyen de potentiellement détourner le sujet de la conversation. Mais quelque part ce n'est pas plus mal, ici, dans ce petit habitacle, il ne peut pas se défiler. Lançant un regard rapide à Shawna derrière, je remarque qu'elle a détourné son attention sur nous, nous regardant d'un air un peu distrait. Soupirant, mon attention se reporte vite sur l'homme au volant.

    Et finalement il répond. Enfin, il parle, parce-qu'on ne peut pas appeler ça une ''réponse''. Jasper détourne le sujet comme tout bon psy. La vague de colère qui me submerge me prend encore un peu peu plus et je ferme un instant les yeux, inspirant bruyamment comme pour étouffer l'envie de lui hurler dessus. Fronçant à nouveau les sourcils, je lui réponds d'un ton sec.

« C'est la vérité que je veux, je m'en fous de ta liste de proposition. »

    Pour moi qui suis d'habitude relativement diplomate, qui ne parle pour ainsi dire jamais de manière aussi grossière, je m'étonnes presque moi-même de ce ton, des mots que j'emploie, mais c'est passé au plan secondaire, tant la réaction du conducteur m'horripile. Et voilà qu'il me retourne une question, comme quoi, Monsieur le Psy ne perd pas le Nord. Sauf que je ne suis pas l'un de ses patients docile qui ne se rend pas compte des méthodes foutrement agaçantes qu'il emploie. Au final oui, heureusement qu'on est dans cette bagnole et pas dehors, parce-que je ne sais pas ce qui aurait bien pu m'empêcher de le prendre au col et le plaquer contre un mur pour qu'il arrête de prendre ses airs supérieurs.

« Arrêtes de jouer au psy avec moi, si j'avais voulu engager une thérapie je serais déjà venu te voir. Maintenant si tu veux bien répondre à ma question plutôt que de tourner autour. »

    Me sentant de plus en plus énervé, je n'ai de cesse de repenser à ma discussion avec Carmen quelques jours plus tôt. Oui, je lui avais dit que je resterais, mais cette nouvelle discussion avec Jasper n'engage rien de bon et pousse une nouvelle fois la balance vers le négatif. Je repense aux mots de la navajo, à ses ''on a besoin de toi, même Jasper''. Et ? ''oh jasper ? Vraiment, ça me réconforte de savoir ça !'' Si j'avais été moins énervé j'aurais pu rire nerveusement de ce souvenir, mais là il ne faisait que m'horripiler un peu plus. Depuis que j'avais retrouvé mon amie et ce psy, nous n'avions passé qu'une seule soirée où rien ne semblait pouvoir nous porter atteinte. Mais le temps ayant passé, l'euphorie étant retombée, je peinais vraiment à accepter le soi-disant bon fond de Jasper. Alors oui, je n'avais moi-même jamais cherché à changer la donne, mais si chaque discussion se commençait comme celle-ci, s'il continuait encore et encore à jouer au psy qui savait tout, ça ne collerait définitivement pas.





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Jasper McCarthy
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MessageSujet: Re: Anger Therapy   Ven 23 Sep 2016 - 6:34

Allez. Il allait lui épargner une séance. C'est dire qu'il n'avait pas tellement le choix avec le regard noir qui le transperçait. Jasper n'avait pas réellement peur, et le fait qu'il soit au volant de ce véhicule aidait fortement à ce qu'il se sente quasiment à l'aise. Parce que les joutes verbales, ça lui donnait des nausées. Il préférait le silence aux éclats de voix, il préférait des conversations simples sans accroche, il préférait ne pas avoir à répondre à cette question qu'il trouvait passablement insupportable.

Pourquoi ? Parce que si la vie privée est une notion très vague depuis le début de l'épidémie, devoir détaillé une part de ce qu'il partageait avec la meilleure amie de son voisin, ne concernait personne. Encore moins celui qui voyait d'un mauvais oeil toute approche avec la mexicaine. Si elle avait besoin d'un chien de garde, elle te l'aurait déjà dit.
Peut être bien que non. Elle aimait sûrement que ce cher Axel lui taille un petit passage et le protège avec son regard tueur. Regard qu'il avait toujours trouvé dérangeant mais qui pouvait s'avérer très utile pour le contraindre à laisser de l'acide sortir de sa bouche. Pas cynique pour un sou. Un sourire crispé tira les lèvres du psychologue qui se recala dans son siège avant de poursuivre en s'efforçant de ne pas quitter la route des yeux.

« Ce sont toutes des vérités. Tout dépend de l'angle que l'on prend tu sais. Mais chacune de ces vérités peut apporter une réaction tout à fait différente. Surtout avec les gens imprévisibles de ta trempe. »

Il y viendrait. Il fallait qu'il y vienne. Tirer en longueur c'était joli, ça lui permettait de choisir la supposée meilleure option. Quoique. Dans ces petits instants avec Carmen, il y avait eu autant de point de départ que d'échange.

Qu'est-ce que ça l'agaçait surtout de devoir répondre. Même simplement. Pour satisfaire la curiosité d'un protecteur trop envahissant.

« Et si je tourne aussi bien autour du pot, ce n'est certainement pas pour te proposer une thérapie... » Qui serait d'ailleurs voué à l'échec, puisque le sujet doit être réceptif et non tendu comme un arc. « ... Mais parce que je déteste devoir répondre de force à une question qui ne te concerne pas directement. »

« Des mois que ça durent. »

Voilà. Il savait. Serait-il satisfait ? Ses épaules s'affaisseraient-elles ? Laisserait-il l'air quitter lentement ou brusquement ses poumons ? Lui décrocherait-il la mâchoire avec un coup de poing bien placé ? C'est tout ce qu'il savait faire d'ailleurs, réagir avec instinct, suivant ses émotions de l'instant, ses pensées brutales.

« Ça a vraiment commencé le jour où la plupart d'entre vous n'avaient pas fait réellement l'effort de sortir Carmen de son mutisme. Tu t'en souviens, quand Ana est morte. »

Dans l’idée, peut être que le brun avait essayé de frapper à la porte de la jeune femme, peut être qu’il avait tenté en l’intimant de descendre en bas d’essayer de s’en remettre en participant à la vie de la maison. Mais Jasper se fichait pas mal des peut être, c’est ce qu’il avait trouvé de plus impactant à dire. Maintenant ? Axel lui intimerait de cesser toutes relations extra-sensorielles avec Carmen ? Il serait tellement capable, de lui dire de s'éloigner d'elle, immédiatement, et de le menacer. Les tensions dans le groupe ne s'étaient pas éteintes, elles perduraient, s'alimentaient, s'étendaient. Elles n'étaient pas partis avec le départ de Jack le bourru et de leur hôte d'une nuit. Elles étaient encore là parce que les affaires qui grignotaient le noyau n'étaient pas réglés.


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Axel J. Kennedy
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MessageSujet: Re: Anger Therapy   Ven 23 Sep 2016 - 11:52


    Un nouveau silence s'installa, lourd et pesant. Le calme apparent de Jasper devait être en parfait contraste avec ma colère, mais ce calme avait justement le don de m'agacer un peu plus. Serrant les dents, j'attendais qu'il daigne répondre, et quand elle tomba, je me crispais encore un peu plus ; il me prenait pour un con ou quoi ? J'avais juste le sentiment qu'il s'adressait à un gosse qui ne comprenait pas grand chose à la vie et ça avait le don de me foutre royalement en rogne. Soupirant bruyamment, je ferme un instant les yeux pour ne pas m'emporter encore plus, serrant les poings comme pour contenir la colère grandissante que provoquait en moi ce foutu psy. Un court moment je repensais à la façon dont parlait Jasper, comme à un gosse, c'était exactement ça, j'avais juste cette foutue impression d'être retourné vingt ans en arrière, face à un de ces psy qui essayait de trouver mon mal ; me renfrognant un peu plus, je pris une profonde inspiration, essayant d'envoyer balader ces souvenirs.

    Attendant qu'il reprenne la parole, je garde volontairement le silence ; à quoi bon prendre la peine de riposter à son air supérieur ? Il la garderait coûte que coûte alors autant ne pas user de ma salive pour rien. Et quand le conducteur reprend la parole, appuyant le fait que cette situation ne me concerne pas directement, je lève les yeux au ciel en soupirant légèrement ; certes, il n'a pas tord, mais en quoi ça lui pose un soucis de me répondre ? C'est pas un secret d'état non plus, faut qu'il se calme hein. Dit le type le plus énervé des deux, aucune cohérence, je sais. Et finalement la réponse tant attendue tombe. Des mois. DES MOIS ?! Tournant immédiatement la tête vers lui, je le regarde d'un air un peu interdit, la bouche à moitié ouverte sans qu'aucun son n'en sorte. Étonné que ça fasse aussi longtemps, et surtout légèrement vexé que la brune me l'ait caché depuis tout ce temps, je cherche mes mots. Certes, ils n'ont aucun compte à me rendre, et je ne suis pas concerné par leur couple mais... quand même.

« Ok. »

    J'ai comme l'impression d'un seul coup qu'on m'a coupé l'herbe sous le pied, incapable de réfléchir à quoi que ce soit ou de donner une réponse plus construite. Il y a quoi à répondre de toute façon ? Je ne vais certainement pas faire mon gars blessé et vexé, ça ne ferait que donner une raison en plus au psy de me prendre de haut. Hors de question. Tournant la tête vers la fenêtre, je regarde le paysage défiler sans vraiment le voir. Et le conducteur reprend la parole, tournant encore un peu plus le couteau dans la plaie.

    Les mots de trop. Ceux à ne pas dire. Mon sang ne fait qu'un tour et toute la contrariété quant au silence de Carmen me quitta, laissant place à la tristesse profonde qu'avait provoqué cet événement et une colère immense à la fois envers moi-même, et envers le psy qui avait appuyé sur ce point. Tournant vivement la tête vers lui, je ne prête pas réellement attention à la moto de Carmen qui nous dépasse. Si j'ouvre la bouche, je hurle, c'est inévitable. Et pourtant je ne vais pas simplement me la fermer. Après une seconde, je parle quand même, d'une voix froide et lourde de colère, mais relativement bien contenue.

« Arrête la voiture. Pas de réponse, juste un regard un peu sceptique. Jasper, arrête cette putain de bagnole ! »

    Je n'ai pas crié, bien. Mais mon ton glacé aurait sûrement fait frémir n'importe qui, certainement aussi que Shawna n'est pas très rassurée derrière, mais à ce moment précis, je n'y prête aucune attention. La voiture ralenti finalement et le psy la gare maladroitement sur le côté. Je sors du véhicule et le contourne rapidement. Arrivé à la portière conducteur je l'ouvre un peu trop brusquement et agrippe Jasper par le bras, le forçant à sortir de l'habitacle qui, jusque là, permettait d'éviter un quelconque contact physique. Une fois dehors, je le plaque contre la taule et me cale tout juste en face de lui ; il me surplombe de quelques centimètres mais ce n'est pas ce qui m'inquiète pour l'instant.

« Tu te prends pour qui pour dire ça hein ? Tu t'crois marrant à préciser ce genre de conneries ?! T'as été là, c'est bien, c'est super, tu veux quoi ? Une médaille peut-être ? Tu veux que j't'applaudisse ? »

    Tenant le col de son tee-shirt entre mes mains, je l'agite en accord avec mes paroles, complètement à bout par cette remarque qu'il a osé sortir. Comme si je ne culpabilisais pas déjà assez de ce qui s'est passé entre ma meilleure amie et moi, il fallait encore qu'il accentue cette culpabilité ; super méthode Monsieur le Psy, nul doute que ton carnet de client devait être plein à craquer avec ça. Mes yeux brûlant d'une colère difficilement contenue ne quittent pas les siens et je me retiens tant bien que mal de lui en mettre une. Très primaire comme réaction, ça ne me ressemble pas, m'énerver ne me ressemble pas, mais je suis à bout, et tous ces jours passés sur les routes n'aident en rien. Peut-être aurais-je mieux fait de ne pas promettre à la Navajo que j'allais rester avec eux.





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Jasper McCarthy
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MessageSujet: Re: Anger Therapy   Mar 27 Sep 2016 - 19:09

Le pied sur le frein, il y avait été le plus doucement possible pour ne pas que tout le monde rentre dans le carreau. Il avait failli piller sous la surprise de l'éclat de voix. Sa voix raisonnait comme un coup de canon près de son oreille, c'était douloureux et effrayant. Pourtant, ses émotions étaient sans dessus dessous. Il aurait aimé lui demander si ça lui avait fait mal, la vérité tiens. Et l'autre part plus seine de sa personnalité, celle qu'il avait tendance à montrer aux autres, lui sifflait qu'il n'aurait peut être pas dû. Mais non. Il l'avait bien cherché. Jasper se fichait sur l'instant que cette vérité-là n'était pas bonne à dire. Ce n'était que le résultat de non-dit accumulé, c'est tout. À force de temporiser, d'attendre que la tempête passe, il arrivait que la barrière échappe à son contrôle. Simplement.

Dans cet échange glacé, Jasper n'avait eu que deux choix. Être concis en allant droit au but, dans le sens que voulait monsieur en restant le plus discret possible pour ne pas enflammer la poudre. Ou être venimeux en laissant filer un peu de vengeance sous le manteau. Son jugement avait choisi l'allée sombre, et Axel avait réagi en conséquence réagissant sous le coup de la pulsion.
La mèche était si rapide à allumer. Et pourquoi tiens. Parce que depuis la naissance du groupe, ils étaient en froid.

En deux secondes, alors qu'une part de lui jubilait presque de le voir ainsi et qu'une autre craignait pour sa vie, il se retrouva plaqué contre le véhicule. Raide.
Shawna de l'intérieur de la voiture regardait, encore interloqué par cette brusque poignée de fer.

« Tu es sensationnel Axel... Sensationnel... » Ses dents crispés, sa main glissa sur le poignet du brun qui enserrait son col. Il attendait le furieux au détour, un coup de poing, un coup de tête, une folie du genre. À la moindre occasion, il lèverait son autre bras en guise de protection, de barrière de fer. Si parler l'aidait à canaliser ses émotions contradictoire, il restait sur la défensive. Non il n'était pas du genre à rendre les coups, non il n'avait pas l'habitude de se battre, et clairement, il n'avait pas envie de décrocher une droite même au dernier des salauds. Il n'était pas à sa place, il préférait le pied destale qui lui donnait tout de suite une vision d'ensemble. Il n'était pas en position de force. Du tout. Mais, bredouiller des excuses à cette tête de lard, jamais. Parce qu'il serait pas du tout désolé de lui avoir craché ça à la figure et qu'Axel le sentirait à des kilomètres de toute façon.

« Oh. Comment j'ose ? » Son ton était devenu mielleux mais il restait tout à fait bancale, pas forcément sûr de pouvoir tenter un mouvement. Mais il ne quitta pas son agresseur des yeux. « Sérieusement ? On n'a jamais été en bon terme, et tu me demandes comment j'ose réagir comme tel... ? » Sa voix s'étrangla dans sa gorge, un mélange de peur et de rire. « T'as jamais eu l'impression d'être étouffant ? Il arrive que quand on pousse quelqu'un à bout, sa langue se délie. Et je te dis ce que j'ai pensé de toi à ce moment-là. Ok. T'as dû t'en vouloir. C'est très triste. Et bien je m'en fou. Parce qu'après tous tes commentaires acerbes, je vais pas te taper dans le dos. Tu sais, Axel, la seule chose qui nous lit c'est bien elle, Carmen. Et rien d'autre. »


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MessageSujet: Re: Anger Therapy   Mer 28 Sep 2016 - 11:09


    La première remarque du psy ne fit qu'accentuer un peu plus les battements assourdissants du sang dans mes tempes. Plus rien autour ne semblait exister, pas même les véhicules de nos compagnons qui ne devaient pas être loin, je ne prêtais même pas attention à Shawna à l'arrière de la voiture qui devait sans aucun doute être paniquée ; tout ce que je ressentais encore était cette rage que je n'avais même pas eu conscience d'éprouver jusqu'alors. Je n'avais jamais été ce genre de type à partir au quart de tour, préférant contourner les problèmes plutôt que d'y sauter à pieds joints, mais les piques lancées par Jasper avaient été ceux de trop. Ajouter à cela les jours passés sur la route, ma discussion avec Carmen et tous mes doutes, tout n'avait fait qu'alimenter un peu plus le problème. Certainement que si je m'étais vu d'un œil extérieur, je ne me serais même pas reconnu, mais le fait que je pète complètement les plombs à ce moment précis ne m'importait pas pour un sous.

    Dardant sur le psy un regard des plus noir, je percevait aisément cette légère crainte qui flottait dans ses yeux ; il n'avait pas eu vraiment tord au final en affirmant que j'étais imprévisible. Mais une fois encore, ses suggestions de petit psy modèle ne faisaient que m'agacer, encore et encore. Le tenant toujours par le col de son tee-shirt, je serre un peu plus le tissu entre mes doigts comme pour occuper mes mains, les empêcher de trop s'agiter pour que mon poing ne finisse pas dans sa belle gueule de fourbe. Respirant bruyamment, mes traits sont sûrement déformés par la rage.

    Et il reprend la parole, répondant à mes questions auxquelles je ne suis même pas certains de me préoccuper des réponses. Son petit air supérieur en toute circonstance, une fois encore, j'ai juste l'impression qu'il parle à un gosse. Les dents serrées pour ne pas me laisser prendre par des émotions qui seraient mal venues dans cet échange, j'attends patiemment la suite de son charabia sans queue ni tête. Jamais été en bon terme, c'est le cas de le dire ouais. La faute à qui ? Probablement la mienne, c'est indéniable, mais il n'a rien fait non plus pour mettre de côté son costume de gars qui sait tout, qui crois cerner tout le monde ; pourquoi ce serait toujours à moi de faire des efforts ? Les sourcils froncés, je penche légèrement la tête sur le côté à sa voix qui s'éraille légèrement ; pitoyable. Un bon cas de tous ces humains qui ouvrent grand leur gueule pour se laisser happer par la crainte au moindre problème ; assume merde ! La plaquant un peu plus fort contre la taule comme si ça allait changer quoi que ce soit, je réponds d'une voix tout aussi froide qu'auparavant.

« Tu crois que je sais pas que j'ai merdé ? J'ai pas besoin d'un psy pour m'en faire prendre conscience. Je le sais. Mais ça te permet en rien d'en rajouter une putain de couche. »

    Parce-qu'il était bien là le problème pas vrai ? J'avais toléré Jasper pendant longtemps, me contentant de discussions d'usages des plus banales, essayer de maintenir un certain équilibre pour ne pas tout faire voler en éclat, mais là... c'était juste de trop.

« Et détrompes toi, y a rien du tout qui me lie à toi, ni elle ni quoi que ce soit d'autre. J'ai aucun compte à rendre à aucune foutue personne dans ce monde, surtout pas à toi. »

    Mes yeux lançaient des éclairs et la rage était toujours là, mais je n'avais plus la force de justifier quoi que ce soit d'autre, parce-que je ne lui devais rien. Je n'avais rien demandé, ni à avoir à côtoyer ce crétin tous les jours, ni à avoir à m'inquiéter du sort des membres du groupe ; tout ça m'était tombé sur la gueule et je m'en étais peu à peu accommodé. J'avais promis à ma meilleure amie que j'allais rester, parce-qu'elle avait besoin de moi, mais au fond tout était clair : l'idée de tout envoyer en l'air dans mon ancienne vie était bien ancrée et m'avait poussé vers le fond de nombreuses fois, si tout dégénérait ici, je ne m'encombrerais pas de tous ces maux dans cette nouvelle vie.

    Sans un mot de plus, je lâchais le psy non sans l'avoir poussé encore un peu plus vers l'arrière. Me détournant en soupirant, les dents toujours serrées pour empêcher mes émotions d'affluer, je me mis à faire quelques pas dans la direction opposée. Me passant une main sur le front, je serrais l'autre en un poing si fort que mes jointures blanchirent ; s'il la ramenait encore une fois, il y aurait deux options : soit le coup partait, soit je me murais dans un silence sans nom pour éviter cela.





« Tout le monde dit que la ''survie'' n'est pas facile,
que ce n'est qu'un état second clôturé soit par une renaissance, soit par la mort.
J'ai eu ma renaissance.
»

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MessageSujet: Re: Anger Therapy   Aujourd'hui à 6:45

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Anger Therapy

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