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 Et finalement ? Retour à la case départ ...

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MessageSujet: Re: Et finalement ? Retour à la case départ ...    Lun 12 Sep 2016 - 14:17

Oui, j'ai bien dormi ! répondit-elle t-elle presque joyeusement, cela faisait à peine cinq minutes que j'étais éveillée et je suis en pleine forme !
D'un bond elle se leva et accompagna Josh à la fenêtre. L'arrière de ce qui avait été un parc certainement créé par un paysagiste gardait encore sa majesté malgré les mauvaises herbes qui avaient pris le dessus sur les rosiers, les plates-bandes et les allées. Des arbres splendides offraient leurs bourgeons ou leurs floraison naissante tandis qu'un peu plus loin l'ombre des immeubles de la ville se découpaient dans un ciel qui se teintait de rose à l'horizon.

Tout en buvant à la bouteille tendue par son ami, Malou acquiesça du chef la proposition d'un petit déjeuner et tandis qu'il descendait se soulager dehors avant de prendre des provisions, elle décida d'aller dans les toilettes mais quand elle vit l'état d'abjection absolu des lieux, les toiles et la grosse araignée noire et velue dans la cuvette des WC, elle repartit d'un coup en claquant la porte; elle se soulagerait après avoir mangé.

Tandis qu'elle grignotait des céréales dont elle ne connaissait pas la marque, le soleil se levait doucement et comme Josh avait l'air de vraiment vouloir partir sous un ciel clair, elle décida d'aller chauffer de l'eau sur le réchaud de l'ambulance et de remonter avec deux sachets de thé et quelques pierres de sucre.
Au passage, elle attrapa les deux oreillers afin de ne pas partir à vide.
Encore un peu traumatisée par les événement de la veille, elle grimpa rapidement dans la camionnette, posa la casserole sur le feu, et se dépêcha de se planquer derrière un buisson pour ses besoins.
Elle détestait cela. C'était toujours quand elle était accroupie, dans une position des plus vulnérable qu'elle entendait toutes sortes de bruits !
Mais la chance avait décidée d'être encore un peu de son côté et c'est avec un liquide fumant qu'elle pénétra à nouveau dans la chambre.

Tandis qu'elle dégustait le breuvage devenu rare, elle s'inquiéta d'un coup de la tournure des futures opérations et pressa l'ami de question:
comment va t-on faire si on est attaqué ? Dans mon état je ne pourrai pas t'aider, je ne pourrai même pas courir aussi vite que d'habitude ni même ramper... Comment tout cela va t-il se passer ? Tu crois qu'il y aura beaucoup de danger ? Il faudra que je reste dans l'ambulance ? Et s'il t'arrive quelque chose ?

La chambre d'ami étant orientée plein Est, la clarté entra progressivement dans la pièce au point que l'on pouvait voir dans l'air confiné des myriades de minuscules étoiles de poussière scintillantes stagner dans un rai de lumière entre sol et plafond.
Fixant des yeux quelques instants ce spectacle hypnotique, elle se leva et commença à plier la couverture; il était temps de partir.
Ils firent plusieurs allées et venues pour descendre leurs affaires, chargèrent tout à l'arrière du véhicule et s'installèrent. Il n'y aurait plus qu'à dénouer la corde du portail avant le départ d'une nouvelle aventure.

Malou espérait de tout son coeur qu'ils retrouveraient les soeurs. L'idée de se reposer quelques temps avec des personnes aussi agréables que Josh le prétendait lui faisait terriblement envie.
Puis elle pensa à Erik.
Ce qui est dommage pour mon frère, c'est que je ne sais pas où le chercher; il ne nous a rien dit quand il est parti. Dit-elle tout à coup en soupirant tandis qu'ils quittaient la banlieue.
Je rêve de le croiser dans une rue de cette ville... Ajouta t-elle songeuse en détaillant le paysage urbain.

Après avoir pris quelques avenues dans un état de décrépitude avancée comme à Seattle, ils se dirigèrent vers le centre ville avant de tomber sur des panneaux d'indications: « Olympia Little Theatre » et Washington Center for the performing Arts ».
Se tournant vers Josh elle demanda: c'est dans lequel des deux qu'elles ont travaillé ?
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Josh Harper
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MessageSujet: Re: Et finalement ? Retour à la case départ ...    Mer 14 Sep 2016 - 19:02

Malou est de bonne humeur. A peine réveillée qu'elle pète déjà la forme. Moi il me faut toujours deux minutes pour avoir les yeux ouverts et dix pour vraiment être d'humeur. Ca ne fait pas longtemps qu'elle a ouvert les yeux. Je ne l'ai donc pas trop fait attendre. Une chance car quelque chose me dit qu'elle n'avait pas envie de me réveiller. Ou alors elle aurait fait un peu de bruit, « l'air de rien ». Après les céréales elle a voulu se faire un petit thé. Pas une mauvaise idée. Ca ne vaut pas un bon café mais soit. Et puis ça fait longtemps que je n'en ai pas bu une tasse. Je ne sais même plus quel goût ça a. Le café je parle. Toujours noir, sans sucre. Un vrai café matinal. J'opte quand même pour deux carrés de sucre dans le thé. Sinon c'est assez fade. Et puis ça me donnera un chouïa d'énergie en plus. Un petit moment sympathique. Le calme avant la tempête ? Ne l'espérons pas. Beaucoup d'inquiétudes, de craintes et de questions tout de même. Malou se fait du soucis pour elle et c'est bien normal. Vu son état, je doute qu'elle sorte vainqueur d'un affrontement contre une armée de monstres. Et toute l'agilité, la vivacité dont elle peut faire preuve se retrouve handicapée de par l'état de son bras. Même si je pense qu'elle sera toujours en mesure de pouvoir s'enfuir. En tout cas elle n'est pas seule. Je veillerai sur elle. A condition qu'elle ne se rue pas sur le premier pas sur le premier bonhomme venu. Hum hum.

Oui c'est délicat. Je crois qu'on devrait rester ensemble. Si tu restes dans l'ambulance et qu'il t'arrive malheur je ne pourrai pas t'aider. Et je m'en voudrai terriblement. On ne prendra pas de risque. Si c'est trop dangereux alors on rebrousse chemin. Même si on est deux doigts de trouver quelque chose. Je crois que ... Je crois qu'il y aura du danger oui. Mais je peux m'occuper seul d'un groupe de monstres. S'ils sont assez groupés et qu'on ne tombe pas sur eux par surprise ça ne posera pas de problème. Et puis s'ils sont trop nombreux on fuit. Ce sera pas évident pour toi de courir mais les monstres ne sont pas des sprinteurs. Et puis je les ralentirai. Si on reste prudent, tout se passera bien.

Tout se passera bien et pas «tout POURRAIT bien se passer ». De l'optimisme ! De la confiance en soi. En nous. Je lui ai peut-être un peu menti. Et puis je me mens certainement à moi-même également. Que se passerait-il se je voyais mes sœurs en danger ? Je foncerais dans le tas. Bêtement. L'instinct de protection. J'oublierais même Malou je crois. Et même si leurs chances de survie sont nulles je ne les abandonnerai pas. Je me sacrifierais s'il le faut. Laissant mon amie livrée à elle-même. Je n'ai pas répondu à sa dernière question. Pas parce que je suis sûr de moi et qu'il ne m'arrivera rien. Mais parce que je ne savais pas quoi répondre sur le moment. « T'inquiète pas, tu t'en sortiras ! ». Mouais. Je ne pense pas l'avoir rassurée plus que cela avec mes réponses mais je réitérerai mes dires en chemin, quand sera tout proche du théâtre. Nous plions bagage et transportons le tout dans l'ambulance. Une fois le tout rangé je me dirige vers le portail et desserre la corde. Galérant un peu car le nœud n'est pas si facile à enlever. J'ouvre la grille, remonte dans l'ambulance. Direction Olympia. Au revoir baraque pourrie.

Ne pas savoir où chercher son frère. Se doit être très dur. Seattle est déjà vaste alors imaginer chercher une personne dans tout l'état de Washington ! Moi-même je ne suis pas sûr de l'endroit où ils sont. J'ai essayé de deviner mais toujours en vain. Aujourd'hui c'est peut-être la bonne. Il faut que je trouve quelque chose à lui répondre. Au fond elle est dans le même cas que moi. Pas de nouvelles de où il a pu partir. Pas un mot sur une table ou sur la porte du réfrigérateur. Rien. Tu es déjà allée voir aux endroits qu'il préférait je présume ? Tu sais c'est devenu pareil pour moi … J'ai été fouillé tous les endroits où je me suis dit qu'ils auraient pu aller se réfugier pour toujours faire chou blanc. Enfin  à part Olympia. Et puis maintenant j'essaye de me mettre à leur place mais rien d'évident ne me vient à l'esprit. L'impression de tourner un peu en rond et prier pour une rencontre fortuite. Ton frère peut très bien se trouver dans le coin. Comme il peut être à des centaines de kilomètres. Une pensée que je garde pour moi. Une pensée qui est valable pour moi. Qui me dit que mes sœurs sont à Olympia ? Je persiste à croire que je tomberais sur elles un jour. Sur eux. Je n'oublie pas mon père au beau milieu des quatre femmes de sa vie.

On roule sans trop se presser. Je n'ai pas oublié cet épisode où une bande de sauvages nous ont tirés dessus alors je préfère ne pas prendre de risque et ralentis convenablement dès que je tourne dans une rue pour observer. Direction ce fameux théâtre. C'est qu'il y en a une paire dans cette ville ! Ils sont principalement tous regroupés sur la 4th Avenue. Même si dans notre cas il fallait plus se diriger vers Washington Street. Malou me pose alors la question concernant l'endroit où l'on se rend. Au WCPA. C'est trop long à dire le nom complet. Ahah. La salle est vraiment incroyable. Doit y avoir trois ou quatre balcons. Ce que ça doit être impressionnant d'être sur scène. Je serais totalement incapable de faire face à tant de monde. L'Olympia Little Theatre, était, par définition, un petit théâtre. Amy et Lucy auraient été honteuses de faire des représentations là-bas. Au WCPA par contre. Elles étaient presque hystériques quand elles ont rejoint les rangs d'une troupe de cet endroit. Enfin c'est ma mère qui me l'avait raconté car elle les avait eues au téléphone. Mais je m'imagine très bien la conversation. Les deux criant et n'arrêtant pas de babeler et de s'interrompre et de dire que c'est « GENIAL ».

On devrait plutôt passer par derrière non ? L'entrée des artistes. Il y a une petite ruelle qui donne juste sur la porte. Je me dis qu'il y aura sûrement moins de monstres de ce coté là. Et puis de toute façon s'il y a des réfugiés, je les vois investir le hall d'accueil. Les coulisses, vestiaires, l'arrière-scène, c'est là que je me barricaderais moi. Et pour quoi pas dans la grande salle. S'ils ont condamnés toutes les issues. Sauf une. Ca peut accueillir énormément de monde. J'imagine ce que pourrais donner un camp dans l'immensité du théâtre. Je suis fortement parti en spéculation. Il y a tellement d'autres possibilités. On aurait très bien pu condamner les portes. Ca ça ne change pas. Sauf qu'on l'aurait fait dans le but de contenir les milliers de monstres se trouvant  à l'intérieur. Il suffit alors d'ouvrir un accès et on se retrouve avec une armée de mangeurs d'hommes. Je ravale ma salive. Nous ne sommes plus qu'à deux blocs. Mon cœur commence doucement à battre avec insistance. Au moindre danger on se sauve hein ! Et n'hésite pas à me crier dessus, à m'appeler. Même si ça rameute un peu de morts-vivants. Et si ... Et si je suis en fâcheuse posture, que je suis submergé par une marée, prends tes jambes à ton cou et sauve-toi ! Laisse-moi et pars retrouver ton frère! Prudence ! C'est le mot d'ordre. Pas de précipitation. En espérant que je puisse moi aussi m'y tenir à ces mots.
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MessageSujet: Re: Et finalement ? Retour à la case départ ...    Ven 16 Sep 2016 - 23:15

Quand Josh posa les yeux sur les petits sachets de thé ,Malou comprit tout de suite qu'il aurait préféré un café; du coup elle pinça les lèvres sans rien dire. Il y en avait dans un des sacs plastiques mais elle n'y avait pas pensé et avait choisi selon ses goûts.
Habituée chez ses parents à ne s'occuper que d'elle-même, dans le sens « chacun pour soi et même pas Dieu pour tous », elle manquait des règles élémentaires de savoir-vivre.
Sur un soupir elle se promit de faire davantage attention la prochaine fois.

Tout en sirotant le breuvage qui réchauffait son corps, elle écoutait les recommandations et le ton rassurant de l'ami lui fit du bien même si elle n'était pas dupe; tout dépendrait des circonstances et de la gravité du danger.
Hochant la tête de manière affirmative afin de ne pas l'inquiéter outre mesure, elle tentait de réfléchir à la meilleure manière de ne pas être un poids mort mais ne voyait pas beaucoup de solutions.
Elle pouvait toujours tenir son rouleau à pâtisserie d'un bras mais la force lui manquerait quant au fouet, il ne serait d'aucune utilité face à des morts-vivants...
Elle se sentait obligée de lui faire confiance mais cela l'angoissait; elle n'avait pas l'habitude de devoir compter sur quelqu'un à ce point. Et s'il faisait un impair ? S'il était mortellement blessé ? S'il retrouvait ses soeurs et l'abandonnait comme une vieille chaussette devant une armée de monstres ?
Malou arrêta là le cours de ses pensées hypothétiques, elle n'était pas du genre à laisser tourner indéfiniment des idées fixes dans son cerveau; « on verra bien », se dit-elle tout en pliant bagage.

Tandis que Josh roulait lentement, inspectant chaque carrefour avant de s'aventurer au-delà, il reparla de son frère.
Sans savoir pourquoi cela lui fit du bien; cela lui donnait presque l'impression qu'il allait se matérialiser d'un coup au coin d'une quelconque avenue; c'était la première fois que quelqu'un abordait ce sujet aussi longuement, prenant la peine de se soucier un peu de sa quête et de ses inquiétudes.
Oui, je suis allée voir... répondit dans un souffle avant d'ajouter: mais Erik était comme moi, il ne sortait pas beaucoup, on n'avait pas les moyens, on restait dans notre quartier... Alors ça a été vite fait !
Songeuse elle se remémora son parcours et l'énuméra tout haut afin de vérifier avec l'ami si elle n'avait rien oublier.
Je suis allée à son lieu de travail, chez ses meilleurs amis... Il n'avait plus de petite copine à l'époque mais je suis quand-même allée voir la dernière et l'avant dernière. Après j'ai fait le tour des simples potes... beaucoup étaient partis; en fait je n'ai vu pratiquement personne, pas même leurs parents, alors...
Il a juste dit avant de s'en aller qu'il voulait aider les autres. Mais quels autres ? Je n'en sais rien, conclua t-elle au moment où ils arrivaient à hauteur de panneaux d'indications.

L'adolescente avait l'impression de rêver quand l'homme lui raconta ce que faisaient ses soeurs dans le grand théâtre; comme elle aurait aimé avoir une vie semblable !
D'accord elle n'aurait jamais osé, elle non plus, monter sur scène devant plein de monde mais une vie d'artiste...
Moi j'aurais voulu être dessinatrice ou peintre ! Lança t-elle fièrement tandis que l'ambulance ralentissait à hauteur du grand bâtiment.
J'aurais exposé dans des galeries et les gens seraient venus acheter mon travail. Un tableau ça coûte très cher, j'aurais peut-être été riche...
Immanquablement elle repensa à Selene devant son piano dans le magasin de musique et à ce qu'elle était devenue. Une onde de colère la traversa mais elle n'eut pas le temps de la laisser mûrir car Josh posait une question.

Incapable de savoir ce qui serait le plus judicieux entre le grand hall d'entrée et celle des artistes, elle resta silencieuse quelques secondes, pesant le pour et le contre.
Enfin, elle répondit:
tu as raison, il vaut mieux aller vers l'entrée des artistes mais je voudrais que tu gares le van juste en face de la porte comme ça, s'il y a du danger, on remonte et on fonce.
Mais sans vraiment le montrer Josh semblait avoir peur à présent, cela s'entendait à sa voix.
Ne t'inquiète pas, je serai prudente, le rassura t-elle.
Et si ?
Ajouta t-elle en écho à sa question en suspens, et ben si je me fais choper, tu ne prends pas de risque, tu me laisses, tu fonces jusqu'à l'ambulance et te tu casses le plus vite possible; ce serait complètement idiot qu'on soit morts tous les deux !
Elle allait ouvrir la portière quand elle ajouta: juste, j'aimerais bien s'il m'arrive malheur que tu continues à chercher Erik, sa photo est dans mon sac et que tu le mettes au courant; il n'y a rien de pire que de ne pas savoir...

Incapable de transporter son sac à dos, elle cala le fouet dans l'écharpe de bandages et prit le rouleau à pâtisserie dans l'autre main car même si c'était vain, cela rassurait de se sentir un peu armée.
Malou était courageuse mais froussarde et quand elle sauta au bas du véhicule, une vague de peur envahit son bas-ventre: que trouveraient-ils dans ce théâtre ?
Pourvu qu'on voit tes soeurs très vite, dit-elle comme une supplique en jetant un regard effrayé mais plein d'espoir vers l'ami.

Maintenant concentrée à l'extrême, Malou surveillait les arrières et tandis que Josh avait l'air de s'avancer droit vers la porte pour l'ouvrir elle se plaqua contre lui face à la rue pour le protéger: elle ne pouvait pas attaquer, elle tâcherait d'être ses « yeux dans le dos » et se jura de ne pas paniquer comme dans la jolie maison toute propre.
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Josh Harper
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MessageSujet: Re: Et finalement ? Retour à la case départ ...    Sam 17 Sep 2016 - 20:21

Bien sûr … Bien sûr qu'elle aussi a fait le tour de tous les endroits possibles et inimaginables de où pourrait se trouver son frère. Elle a même probablement eu « le luxe » de pouvoir le chercher depuis que l'apocalypse a commencé. Une chance que je n'ai malheureusement pas eu. Si seulement j'étais rentré à Seattle dès que les choses ont commencé à mal tourner … Elle énumère donc tous ces lieux. Ces lieux que j'ai moi-même fouillé. Et comme elle j'y ai rarement croisé du monde. Et les seuls personnes que je croisais me faisait toujours un 'non' de la tête quand je leur montrer la photo. L'indication de son frère, « aider les autres », n'indique en réalité rien du tout. Il entendait sûrement par là, « aider tout le monde et n'importe qui, aider ceux qui en ont le plus besoin ». On ne peut pas se fier sur ses derniers mots. Au moins avait-elle pu lui parler une dernière fois. La dernière fois que j'ai entendu mes sœurs c'était sur leur répondeur. « Je ne suis pas là pour le moment ... ». Et la dernière fois que je leur ai parlé, je ne me souviens même plus ce que l'on s'est dit. Je soupire …

Malou a donc une âme d'artiste ? L'envie de revoir les jumelles et de les lui présenter ne fait qu'augmenter. Si elles sont toutes trois passionnées des mêmes choses, elles vont s'entendre à merveille. C'est vrai que je me souviens que Malou avait pris un paquet de feuilles blanches au bureau de papa pour pouvoir dessiner. Je me souviens aussi qu'elle m'a dit qu'elle me ferait un dessin d'ailleurs. Enfin je crois. Une pensée qui me fait sourire. Je ne sais pas trop si les jumelles continuent à crayonner mais dans leur jeunesse, ou leur adolescente, elles étaient très douées. Elles pourront peut-être lui donner quelques conseils. Le rêve d'être artiste-peintre. Gagner de l'argent en vendant des tableaux à sept ou huit chiffres. L'envie d'être riche. Elle qui semble avoir eu un train de vie très pauvre. Je suis sûr que tes tableaux auraient été magnifiques et que tu serais devenu très célèbre ! Evidemment la phrase peut sembler « être dite comme cela » ou sans le penser. Mais j'ai pesé mes mots. Et puis je n'allais pas dire le contraire !

Parquer l'ambulance juste en face de l'entrée était bien sûr dans mes plans. Pourquoi la laisser au bout de la rue ? Comme le dit mon amie, si nous devons fuir, nous auront vite fait de monter à bord du véhicule et de partir au quart de tour. A condition de ne pas tourner trop vite la clé dans le starter. Une leçon que j'ai retenue mais dans la précipitation je ne suis pas certain que cela me revienne en tête. Oui oui on s'arrête devant la porte. Et forcément qu'elle va se montrer prudente. Surtout vu son état. Elle a bien noté mon hésitation à poursuivre ma phrase. Et c'est ELLE qui me dit exactement ce dont je voulais lui faire part. Je voulais visiblement la ménager, ne pas l'effrayer. Mais j'oublie parfois qu'elle a du en voir d'autres. J'oublie que malgré son jeune âge, elle a autant de courage que n'importe qui. Et qu'elle connaît les nouvelles réalités de la vie. J'aimerais bien lui promettre mais je ne peux pas lui mentir sur ce point. Malou … Tu sais bien que je peux pas te dire oui … que je peux pas t'abandonner. Mais si … si l'inévitable se produit et bien je te promets de chercher ton frère. Et je te promets que je lui dirais ce qu'il s'est passé et que tu as passé des mois à le chercher. Et que tu pensais beaucoup à eux. Que tu les aimais…

Je n'ai même pas fait attention. Que je parle pour ma personne et ma situation. « Eux ». « Les ». Je soupire doucement. Le regard au loin. Avant de reprendre la parole et de lui dire la même chose qu'elle. Toi par contre … Si ça tourne mal tu fais demi-tour, tu t'enfuis et tu ne te retournes pas. Il y a un album photos dans mon sac également. Pas de « tu me le promets ? » ou de « d'accord ? ». Je me dis qu'elle doit probablement être dans le même état d'esprit que moi. Un pour tous, tous pour un. Un petit signe de tête, simple, pour ponctuer mes mots. Et il est temps à présent de s'équiper. Je décide d'y aller léger. Le sac à dos pourrait être encombrant et je n'en vois pas l'utilité. Ma hache suffira. Ma Winchester aussi que je passe en bandoulière derrière mon dos. Je me contente des six cartouches dans le magasin et ne prends pas les munitions supplémentaires qui traînent dans mon sac. Ce que j'ai hâte de les revoir moi aussi. Le plus tôt sera le mieux. Mais comme on dit, mieux vaut tard que jamais alors ne vendons pas la peau de l'ours. Oui j'espère qu'elles sont là et qu'elles sont saines et sauves. Qu'elles soient en vie. Quelque peu blessée ou malade mais en vie ! Et à deux surtout. Je n'imagine pas l'une sans l'autre. Je n'imagine pas l'état psychologique de l'une d'elles s'il est arrivé malheur à l'autre.

Devant la porte arrière du théâtre, l'heure est à la prudence. A nouveau je fais un signe de tête à Malou. Pas besoin de mettre le doigt devant la bouche pour dire de faire silence. Une grande inspiration. L'oreille affûtée. Main ferme sur la hache. Je pousse la porte qui s'ouvre sans trop de difficultés. Qui s'ouvre accompagnée d'un grincement assez strident. Ce n'est pas encore aujourd'hui que je ferai mes preuves en matière d'espionnage et de discrétion. J'entends immédiatement le grognement annonciateur qu'un monstre n'est pas loin. Je le vois dès le premier coup d’œil. Il est au milieu du  couloir. Un couloir assez large avec des pièces de part en d'autre de celui-ci. Des loges, vestiaires, salles de rangement et j'en passe. Des pièces dont la porte est généralement fermée. Le monstre se retourne et se dirige vers nous. Il n'est pas seul. Deux copains à ses cotés. Je murmure Attends ... J'avance rapidement et plante ma hache dans la tête du premier qui s'écroule. Je regarde immédiatement à droite, à gauche pour être certain de ne pas me faire encerclé. Rien. J'envoie un coup latéral dans celui qui est à présent le plus près de moi et il vient s'écraser contre le mur avant de chuter au sol. Le troisième n'est plus qu'une formalité et je marche ensuite à reculons pour revenir à coté de Malou. Attendons une minute pour voir si d'autres arrivent …

Le cœur qui palpite. L'excitation. L'envie de courir et ouvrir toutes les portes. L'envie de crier leur prénom. L'envie de se précipiter et de les retrouver. L'envie de se faire le plus discret possible. L'envie de progresser plus lentement qu'une tortue ou un escargot. Un mélange plus que paradoxal. Un tumulte de sentiments contradictoires. Si Malou n'était pas là, je crois bien que je serais en train de faire des conneries. Heureusement je ne suis pas seul. Elle est mon repère, mon guide. Je dois garder la tête froide.
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MessageSujet: Re: Et finalement ? Retour à la case départ ...    Mar 20 Sep 2016 - 21:04

Malou avait sourit à l'évocation d'une hypothétique célébrité et cela lui rappela qu'elle avait promis à son ami de lui faire un dessin. Elle avait oublié. Tous ces évènements des derniers temps ne l'avait pas incitée à se détendre crayon en main; elle n'avait plus le coeur à cela, elle n'y croyait plus. Son avenir désormais se résumait au sang, à la puantueur, aux actes brutaux de défense, voire à l'ignominie des agressions en tous genre, sans compter l'éternelle quête de nourriture et de gas-oil.
Le ciel était bouché et chaque seconde de vie, chaque battement de coeur supplémentaire dans ce monde meurtrier était un miracle.

Quand Josh la prévint qu'il ne l'abandonnerait pas, elle fit non de la tête, buttée mais quand il lui annonça la promesse de chercher son frère si elle mourait, elle baissa des yeux embués de larmes afin qu'il ne voit pas son désarroi.
Oui elle l'aimait, de même qu'elle aimait aussi cette mère obèse, alcoolique et ce père analphabète, gentil mais faible. Qu'étaient-ils devenus ? Étaient-ils encore barricadés dans leur gourbis ? Il faudrait qu'elle y retourne voir un jour...
Naturellement elle fit encore un mouvement négatif du chef quand il lui ordonna de fuir si les choses tournaient mal.
Jamais ! Murmura t-elle entre ses dents.
J'ai tout perdu, tu es mon seul ami, je ferai tout pour te défendre et si... Elle laissa sa phrase un instant en suspens - les mots devenaient trop angoissants à articuler - avant de poursuivre: je chercherai ta famille en ville, à la mer, à la montagne, partout, je te le jure !
L'espace d'un instant elle songea à Nounours mais chassa bien vite cette idée persuadée qu'elle ne le reverrai jamais; cet amour était une chimère, une histoire inventée de toute pièce par son esprit bouillonnant et juvénile. N'avait-il pas prouvé son indifférence en la laissant partir seule et contre tous en pleine nuit dans la forêt ?
Malgré tout, une petite voix lui soufflait de retourner rapidement à Brinnon, juste pour voir...
Tandis que Josh préparait ses armes, elle soupira; il n'était pas dans ses habitudes de réfléchir aussi longtemps; elle irait quand son instinct le lui dicterait haut et fort, pas avant.

Josh avait tourné la poignée et la simple porte donnant sur les loges et les machineries s'ouvrit dans un grincement épouvantable.
Malou avait si peur qu'elle en avait mal au ventre mais comme promis, elle resta silencieuse et calme; ce n'était pas le moment de faire un impair !
Comme la rue était déserte, elle osa jeter un coup d'oeil à l'intérieur.
Le couloir minimaliste uniquement orné de porte fermées fit qu'elle aperçut illico les trois morts vivants. Sur les conseils de l'homme, elle resta en arrière et le laissa faire, tremblante d'appréhension.
Qu'était ce lieu ? Un repaire à monstre ? Ou un refuge pour survivants bien barricadés dans la salle de spectacle ?
Les deux peut-être....
Ce fut rapide. Josh avait la force et les armes qu'il fallait; en quelques secondes les corps décomposés s'écroulaient au sol mais tandis qu'il prononçait « attendons », elle ressentit une sorte de tension parcourir le corps de son ami, comme s'il voulait s'élancer rapidement dans le corridor. Anxieuse, elle exerça une légère pression de sa main sur le bras musclé afin qu'il s'apaise puis sortit de sa poche le rasoir coupe-chou: elle ne pouvait pas se défendre mais elle était encore capable de faire l'éclaireur.
Mimant en silence ses intentions à son ami afin qu'il ne panique pas en la voyant avancer, elle s'accroupit au-dessus du premier cadavre, lui ouvrit les entrailles et se pommada le corps comme à son habitude.
Etant enfin en terrain connu, elle n'avait plus peur; il lui suffisait de respirer le moins fort possible et de mimer les mangeurs d'hommes pour pouvoir avancer incognito.
Quand ce fut terminé, elle tendit la lame à Josh afin qu'il fasse de même s'il le désirait avant d'avancer lentement en claudiquant et grommelant.
Les fines portes de côtés semblaient muettes tant et si bien que Malou n'eut pas envie de tenter le diable en les ouvrant mais au fond du couloir, deux lourds battants se découpaient qui devaient donner accès aux coulisses puis à la scène.
Si c'était cela, ils avaient pour particularité d'insonoriser aussi bien l'intérieur que l'extérieur et il était inutile d'y coller une oreille pour essayer d'écouter quelque chose, ils n'entendraient rien.
Effrayée à l'idée de devoir pousser sur les huisseries pour les ouvrir malgré son grimage morbide et puant, elle se tourna vers Josh avec un regard interrogateur avant de s'effacer derrière lui tout en restant aux aguets.
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Josh Harper
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MessageSujet: Re: Et finalement ? Retour à la case départ ...    Mer 21 Sep 2016 - 22:28

Elle avait réagi de la même manière que je l'avais fait. Enfin si j'avais plutôt été sur la réserve, avait gardé un semblant de calme, Malou, elle, répond avec engouement. L'entendre dire que je suis son seul ami me fait un pincement au cœur. J'ai du mal à le dire mais elle me fait un peu « pitié ». Et son bras en écharpe n'arrange pas les choses. Ce qui est complètement con en fait. Parce que moi aussi je suis seul. J'ai bien recontré quelques personnes mais aucune qui ne soit resté longtemps avec moi. Aucune qui ne m'ait proposé l'idée de venir à Olympia. Parce que moi aussi j'ai tout perdu. Et cette promesse qu'elle les cherchera s'il m'arrive malheur sonne comme une réelle promesse. Pas quelque chose que l'on dit à la légère pour rassurer l'autre. Dès la fin de ses mots je la regarde. Avec un sourire sincère. Merci. Pas besoin d'en dire plus. Ce simple mot suffit.

Les premiers pas dans ce théâtre se passent plutôt bien malgré la présence de ces trois montres. J'attends aux cotés de Malou. Aux aguets. Les muscles crispés, tendus. C'est là que je sens sa main. Ce contact assez soudain ne provoque pour autant pas de sursauts ou de réflexes. Je savais que Malou était juste derrière moi. Son rasoir en main je comprends vite qu'elle n'a pas envie de se contenter d'un rôle de boulet ou de fardeau. Bien que blessée, elle veut se montrer utile. Se mettre dans la peau de ces monstres. Une bonne idée. S'il y a d'autres mordeurs,  cela pourra nous permettre de peut-être passer inaperçu. A condition de garder son calme, de rester silencieux. Plus facile à dire qu'à faire. Les seules fois où je me retrouve proche d'un monstre c'est pour lui enfoncer ma hache dans le crâne. Pas pour marcher tranquillement et faire comme si j'étais comme lui. Elle s'attelle à la tâche. Je me suis approché lentement et silencieusement. Pour la protéger au cas où il se passe quelque chose. Il faut vraiment que pense à employer cette technique de camouflage. Cela doit devenir un automatisme. Explorer un bâtiment ? Très bien, mais d'abord trouver un monstre et devenir comme eux.

Mes sœurs sont-elles ici ? La question me revient en tête. La réponse immédiate est 'non'.  S'il y avait des réfugiés ici nous n'aurions sans doute pas croisé ces trois morts-vivants. N'est-ce pas ? A moins qu'ils se soient barricadés dans la grande salle de spectacle ? Cela me semble peu envisageable tout de même. En tout cas je pense qu'il n'y a personne dans les différentes pièces de ce couloir. Même si nous sommes assez discrets, le bruit des trois corps chutant au sol était relativement audible. Quelqu'un aurait ouvert une porte pour jeter un coup d’œil. Malou ayant parachevé son maquillage, c'est à mon tour de plonger les mains dans les intestins en putréfaction et de m'enduire le visage. Toujours aussi dégoûtant. Une fois terminé il est temps de réellement commencer nos recherches. Notamment par ces deux portes qui doivent donner sur l'arrière-scène. Nous approchons en nous mettant dans la peau de ces monstres. On attend devant ces portes. On se regarde. Je lui fais un signe de tête. Elle recule un peu. Si un flux de monstre débarque de là je pourrais la protéger, elle ne sera pas en première ligne. Je tiens fermement ma hache de ma main droite. Je soupire. J'attrape l'espèce de grosse lanière en cuir qui sert à ouvrir la porte. Je tire doucement. D'abord pour passer la tête. J'entends quelques bruits qui semblent être assez loin. J'ouvre un peu plus la porte. J'avance de deux pas avec une démarche de mort-vivant. Je fais quand même signe à Malou de me suivre. De rester assez proche. Un coup d'oeil à droite à gauche. Rien. J'avance un peu plus. Et là je me fixe. Une frisson parcours ma colonne vertébrale. Je suis pétrifié. Je retiens tout juste ma hache qui était à deux doigts de chuter sur le sol. Un murmure s'échappe de ma bouche. Qu'est-ce que … Ma respiration s'accélère. Je suis horrifié par ce « spectacle ». Pourquoi ? Comment ? Un nouveau frisson dans le dos. Quelque chose ne va pas. Quelque chose ne va pas …

Devant moi, devant nous, sont pendus, littéralement, une trentaine de cadavres. Des cadavres vivants. Qui gesticulent doucement. Ces monstres sont pendus par des cordes donc. Des cordes qui sont accrochées sur les cintres de la scène. Ils se balancent à environ deux mètres du sol. Qui a fait ça ? Pourquoi ? Suicide collectif ? Psychopathe ? Je devrais être en train de trembler mais je suis fixe. Immobile. Pas un battement de cil. Froid dans le dos. Chair de poule. Goutte de sueur sur le front. J'essaye de faire le tour de la grande salle des yeux. Pour m'assurer que … Pour m'assurer que quoi ? Je ne sais pas. Je n'ai même pas pris le temps d'observer les monstres. Pour voir si … Mes sœurs … Malou … ? Je n'ai rien à lui dire. Je veux juste vérifier qu'elle est là. A coté de moi. Je ne sais pas s'il y a d'autres personnes. J'ai envie de dire non. Tout mon être crie « non ». Sinon … Que va-t-il se passer ? Si quelqu'un vit ici il nous aurait déjà remarqué non ? Nous serions peut-être même déjà ... morts ? Ou pire ? Suspendus ... ? Je tiens un peu plus fermement la main. Je murmure très doucement. Pour n'être entendu que de mon amie. Tu vois quelqu'un ? Qu'est-ce c'est ? Ca va ? Le ton est paniqué. Les questions fusent. Je ne me sens pas bien. Et je ne pense même pas à me dire que ce doit être aussi terrible pour Malou et qu'il faudrait peut-être fuir ...
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MessageSujet: Re: Et finalement ? Retour à la case départ ...    Dim 25 Sep 2016 - 23:05

Apparemment, Josh ne s'était pommadé que le visage; elle espérait que cela suffirait mais ne lui dit rien, il en avait peut-être ras-le-bol de souiller ses rares vêtements à ce point et elle le comprenait.
Avançant tous les deux en mimant les mangeurs d'hommes comme si eux mêmes étaient devenus comédiens dans ce lieu jadis fait pour cela, ils s'étaient approchés des deux battants.
Voyant l'hésitation de l'adolescente, devant ces portes muettes et effrayantes, l'ami, d'un signe de tête lui indiqua de se reculer, de bien se mettre derrière lui et avança la main vers la lanière de cuir.

La jeune femme avait un mal fou à contenir son coeur qui palpitait d'angoisse et quand l'homme tira sur la sorte de poignée, elle se recroquevilla presque contre le mur.
Mais ce n'était pas le moment de trembler. Reprenant contenance elle endossa à nouveau son rôle et claudiqua jusqu'à l'ouverture.
Hormis des petites lumières vertes nommées « issues de secours » au-dessus de certaines portes, le lieu était obscur et gigantesque.
Ils posèrent le pied sur un parquet peint en noir mat à l'arrière de la scène. Au sol des débris de projecteurs et des câbles enchevêtrés trainaient ça et là, cachés de la vue du public potentiel derrière le grand rideau de fond.
Eux se tenaient devant la dernière coulisse à cour, comme prêts à entrer en scène. Devant s'étalaient d'innombrables rangées de petits fauteuils rouge profond, repliés.
La salle de spectacle était contemporaine donc vide de toutes les fioritures qui ornaient les théâtres à l'Italienne, elle était juste fonctionnelle, froide, impersonnelle.
Au loin, on entendait comme le bruit d'une porte qui claquait par intermittence; un courant d'air ?

Si Malou n'était pas concentrée à se contenir, elle aurait frissonner tant le lieu offrait une étrange résonance, ou plutôt non, rien; une sorte de silence ouaté comme si on l'avait enfermée dans une grande boîte noire aux parois épaisses. La température était très fraîche mais malgré cela, une odeur pestilentielle la prit à la gorge; cela n'indiquait rien de bon...
Elle lança un regard vers Josh qui, attentif lui ordonnait d'un geste s'avancer elle aussi de deux pas afin qu'elle reste toute proche.
La scène dans son entier s'offrait à son regard à présent. Au sol, des taches encore plus sombres maculaient le centre, le reste était poussiéreux.
Elle allait lever les yeux afin de découvrir l'immense hauteur de plafond strié horizontalement par des barres métalliques supportant une multitude de découpes encore installées et des pendrillons de velours opaque quand l'ami après avoir laissé échappé un murmure l'appela. Pourquoi ? Elle était là, juste derrière, n'avait pas bougé, à peine respiré, pourquoi ?...

Afin de ne pas rompre ce silence lourd à peine parasité par des sons diffus, elle ne répondit pas et regarda son visage.
L'ami était méconnaissable. Sous la lueur blafarde des petits blocs de sécurité, il paraissait pâle comme la mort. Visage tendu en l'air, mâchoire tombante, il semblait paralysé par une vision d'épouvante telle que le bras qui tenait fermement la hache descendait mollement le long de son corps.
Dans un état de terreur indescriptible, Malou suivit lentement le regard exhorbité de Josh et vit comme lui l'abominable, l'indicible spectacle digne d'un film d'horreur qui s'offrait à ses yeux.
Une vingtaine de morts vivants, des hommes, des femmes étaient pendus par des cordes aux cintres et gigotaient en les regardant de leurs yeux morts.
C'était effroyable, cela sonnait comme une condamnation collective froidement orchestrée par un esprit prit de folie furieuse, pourquoi ? Que s'était-il passé ?
Choquée, Malou ne bougeait plus et continuait de regarder avec stupéfaction les corps se balancer. Jamais elle n'aurait imaginer voir de ses yeux un tel cauchemar.
Une goutte de liquide post-mortem noirâtre tomba sur le plancher avec un bruit mat parachevant l'oeuvre démoniaque et absurde.

Alors d'un coup l'homme, si fort, toujours si souriant et prévenant, l'ami presque invincible paniqua au point qu'il posa des questions sans queue ni tête comme s'il perdait l'esprit:
Si elle voyait quelqu'un...?
Ils avaient devant les yeux plus d'une douzaine de gus pendus hauts et courts et il demandait si elle voyait... « Quelqu'un ? » qu'entendait-il par là ?
Tout à coup, un courant glacé monta le long de sa colonne vertébrale. Ils étaient venus ici pour chercher ses soeurs. Etait-il en train de lui demander si... Non, c'était impossible, pas là; pas comme cela...
Levant à nouveau des yeux plein d'appréhension elle tenta de détailler les visages en état de décomposition telle qu'il lui aurait été difficile de reconnaître qui que ce soit. Elle voyait bien des jeunes filles dans le lot, quatre très exactement mais il y avait aussi des jeunes hommes – pas son frère, elle en aurait mis sa main à couper – et aussi des messieurs d'un certain âge qui auraient pu être le père et des femmes mûres qui auraient pu ressembler à la mère...
Elle ne répondit pas, par pudeur, par peur d'invoquer de quelconques mauvais esprits. Aussi terrible que soit cette situation, c'était à lui de regarder, à lui de reconnaître ou pas. Elle lui laisserait le temps qu'il faudrait.

Malou suppliait le sort afin que Josh murmure enfin: « elles ne sont pas là, sortons ! ».
« Oui », aurait-elle répondu, « retrouvons le grand soleil, la rue, allons voir dans leur appartement ! »
A la place, ils étaient cloués devant ça, impuissants, nageant dans l'incompréhension la plus totale.
Je ne sais pas ce que c'est, finit-elle par balbutier dans un souffle, je ne comprends pas...
Elle ne savait plus que faire ni que dire. Ses jambes en coton peinaient sous son poids pourtant bien léger; elle avait la chair de poule, il fallait réagir d'une manière ou d'une autre.
N'osant pas aborder directement le sujet, elle tenta une interrogation détournée: tu as entendu quelqu'un toi ?
En attendant une réponse le coeur de l'adolescente se déchirait d'inquiétude comme si une bête sauvage le lacérait, toutes griffes dehors.
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