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 The truth about you and me

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Selene Sweetnam
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MessageSujet: The truth about you and me   Ven 26 Aoû 2016 - 20:42

27 août 2016




Elle allait mieux. Selene n’avait pas compté les jours depuis son retour, surtout que les premiers étaient noyés dans un brouillard confus, mais elle supposait que ça faisait plus de deux semaines. La moitié d’un mois, pour être capable de tenir debout et ne pas avoir l’impression que le monde aller basculer au bout de dix pas. Assise sur son lit, la musicienne s’étira avec précaution. Les coupures qui sillonnaient sa peau d’opale s’étaient résorbées, tout comme la plupart de ses bleus. Sur son visage, il ne restait que l’ombre d’un hématome, ainsi que les fantômes roses des endroits où ses lèvres, et sa pommette, avaient été fendus. Ne subsistait plus dans le bout de ses doigts qu’un fourmillement, comme s’ils étaient engourdis, et sur son flanc, la plaie cicatrisait mieux qu’elle ne l’aurait espéré.

Avec lenteur, la pianiste se leva et ôta son T-shirt. Sur son buste, la brûlure infligée par Jonah laissait une signature indélébile que l’un de ses majeures suivit fébrilement. Un souvenir. Une leçon. Jamais elle n’oublierait… même sans la marque bien sûr, le long trou noir chez les « American Dream » resterait gravé dans sa mémoire ; mais ainsi, même son corps n’oublierait pas. Un mélange de tristesse et de résignation peignit légèrement ses traits de femme-enfant. Il était temps d’arrêter de tomber… et de reprendre sa vie en main.

Poursuivant son étude, Selene ôta son pantalon, révélant ses cuisses maigries mais bientôt délivrées des empreintes de coups, elles aussi. Même ses genoux s’étaient remis, et la plante de ses pieds menus pouvait toucher le sol sans qu’elle n’ait l’impression de piétiner des braises. A demi-nue, elle s’approcha de la fenêtre pour regarder à travers celle-ci, un vent de mélancolie s’aventurait dans son cœur. Au final, l’étudiante ne savait même pas pourquoi cette boule gonflait dans sa gorge ou plutôt… si. Elle savait. Ne plus être en rémission, sortir définitivement de cette chambre, c’était accepter de faire face à la réalité de sa communauté qui allait mal. Une partie d’elle-même voudrait rester dans cette bulle, ne jamais guérir, ne jamais recommencer à se battre. Se condamner à son mausolée.

C’était alors presque à contrecœur qu’elle s’empara, dans ce qui était devenu sa « garde-robe » d'une robe estivale piquée dans une baraque abandonnée. La musicienne pensait ne jamais la mettre, mais finalement, c’était ce dont elle avait envie aujourd’hui. De la légèreté, et s’offrir une parenthèse avant de retrouver sa place et ses obligations. Esquiver ses amis et aller prendre l’air, seule ; essayer de canaliser ses pensées et ses émotions chaotiques. Comprendre – et se remémorer – la raison pour laquelle elle avait lutté tout ce temps ; et pourquoi elle ne devrait pas abandonner.

Une fois nouée autour de sa taille gracile la ceinture de sa robe aussi bleue que ses yeux clairs, la pianiste enfila précautionneusement ses chaussures, dont la mode jurait complètement, mais qu’importe. Laissant libre ses cheveux châtains qui devenaient sacrément long, elle sortit discrètement, priant pour ne pas croiser sur quelqu’un.

Mission réussie. Selene n’avait pas emporté d’arme, pas même une lame. Ça faisait réellement longtemps qu’elle n’avait pas affronté le monde extérieur aussi démunie, mais en ce début d’après-midi, ça lui importait peu. De toute façon, il y avait quelqu’un sur le phare pour faire la vigie et elle voulait aller du côté du ponton, en contrebas de la falaise. Pour s’aventurer jusque là, un rôdeur devrait donc échapper à la surveillance du veilleur et descendre les escaliers sans basculer dans le vide.

Le vent soufflait, emportant dans une danse parfumée aux embruns océaniques sa chevelure et sa robe censée tomber au-dessus de ses genoux. Savourant cette sensation, elle prit son temps pour progresser, embrassant du regard l’horizon magnifique. Dans son silence mortuaire, le monde paraissait même plus beau ; à se demander comment elle avait pu se satisfaire de Seattle pendant si longtemps.

Ce ne fut qu’en posant un pied sur le ponton que l’étudiante réalisa qu’elle n’était pas seule. Gabriel était là, occupé à faire ricocher des cailloux sur l’épiderme bleu du canal Hood. Le cœur de la jeune femme s’emballa légèrement. Elle réalisait seulement qu’après tout ce qu’il avait fait pour elle, elle n’avait pas vraiment su lui rendre une affection aussi belle. Après l’incident de Tacoma, dont il était le premier à porter le secret, elle l’avait abandonné pour courir à sa mort et avait failli réussir. Ils n’avaient eu de véritablement discussion depuis, et encore moins au sujet de son mot lâchement laissé sur l’oreiller. « Je t’aime »…

- Hey…, l’interpella doucement Selene après avoir hésité à faire demi-tour, On a… on dirait qu’on a pensé à la même chose tous les deux…

Elle s’approcha doucement, l’un de ses petits sourires timides sur les lèvres. Après tout ce qui leur était arrivé, elle se sentait comme une jeune première après avoir froissé son petit-ami. C’était tellement sous-estimer ce qu’elle avait fait ; ce qu’elle lui avait fait. Une once d’elle en avait conscience, car la musicienne ne savait pas quoi lui dire d’autre. Observa une petite distance de pudeur, elle demanda :

- Ça te dérange si… je reste là moi aussi ?


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Gabriel Fowler
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MessageSujet: Re: The truth about you and me   Ven 26 Aoû 2016 - 21:35

La journée s'annonçait belle. L'été touchait à sa fin et pourtant, la chaleur leur ouvrait encore grand les bras. Dans d'autres circonstances, Gabriel aurait sans doute apprécié une telle journée. Dans son autre vie, celle où il avait un père, deux frère et une sœur. Dans cette vie où il avait un travail, des collègues qu'il appréciait, des élèves qu'il encourageait de son mieux, des idées plein la tête et des rêves plein les yeux. Que lui restait-il aujourd'hui ?
Combien de temps s'était-il écoulé depuis qu'il avait perdu l'esprit ? Il n'avait pas compté. Il s'en fichait. Qu'elle importance de toute manière ? Quel que soit le nombre de jours, de mois ou d'années qui passeraient, rien n'effacerait jamais ce qu'il avait fait. Mais le pire dans toute cette histoire, c'était qu'il ne regrettait absolument rien. Et si c'était à refaire, il agirait certainement de la même façon, encore et encore. Rien ni personne n'aurait put l'en empêcher. Rien ni personne ne l'en avait empêché...

Une fois qu'il eut terminé de mettre un peu d'ordre dans l'armurerie, il prit le couteau qu'il avait conservé de Malou, le seul souvenir qu'il avait de cette petite furie, il laissa de côté son arme à feu puis il sortit prendre un peu l'air. S'aérer la tête, se changer les idées... à quoi bon essayer c'était impossible... Mais il se sentait oppressé dans le phare. Alors autant rester dehors autant que possible. Par moment, lorsqu'il lui arrivait de passer là où il avait torturé Zack des jours durant, il revoyait certaines scènes dont il avait été l'auteur. Et plutôt que d'éprouver des remords, une esquisse de sourire se dessinait au coin de ses lèvres sans qu'il ne s'en rende compte. Il ne ressentait aucune fierté à ce qu'il avait fait, ni même aucune joie. C'était juste... il n'en savait rien à vrai dire. Peut-être simplement l'idée que le grand blond avait reçu exactement ce qu'il méritait. Ni plus, ni moins. Au fond de lui, une petite voix lui soufflait que ce qu'il avait fait endurer à Zack était immonde, absolument inhumain. Pas une seule fois il n'y prêta attention.

Étrangement il n'avait croisé le chemin de personne. Rapidement, il leva les yeux vers le phare et vit la silhouette de celui ou celle qui était en train d'y faire sa ronde. Était-ce le tour de Breann ? Ou bien était-ce Abi qui trônait là-haut ? Peu importe. Plus grand chose ne comptait vraiment à ses yeux désormais. Depuis qu'il avait cru en la mort de Selene... non. Même avant ça. Depuis le mot... Quelque chose s'était comme fissuré en lui, laissant peu à peu échapper tout ce qu'il était. Il avait changé, il en avait conscience. Mais il n'y pouvait rien. Cela dit, depuis le retour miraculeux de la musicienne, il parvenait à recouvrer un peu de ce qu'il était en sa présence. Il n'avait eut qu'une seule idée en tête depuis le jour de l'échange ; prendre soin d'elle. Rien d'autre ne comptait. Les morts auraient put envahir le phare et dévorer tous les autres, il ne s'en serait certainement pas ému. Pas vraiment.

Alors qu'il marchait sans vraiment avoir de destination en tête, il prit conscience d'une chose horrible. Il avait perdu une grande partie de son humanité. C'était sans doute pour cela qu'il n'avait aucun remord quant à ce qu'il avait fait. C'était pour cela qu'il ne cherchait plus à remonter le moral des troupes. Pour cela qu'il se sentait vide et froid lorsqu'elle n'était pas là. Qu'il se fichait d'absolument tout en dehors d'elle. Elle et rien d'autre. Absolument rien ! Il en avait même oublié sa sœur. Alors qu'elle avait toujours hanté ses pensées au moins une fois par jour, cela faisait des semaines qu'il n'avait plus imaginé son visage et son sourire si chaleureux.

Apercevant le bleu cristallin de l'eau, il lui prit soudain une furieuse envie d'y jeter tout ce qu'il pourrait trouver. Il aurait voulu y balancer Jonah et son sentiment de supériorité à deux ronds. Au lieu de ça, il ramassa quelques cailloux ici et là, en fourrant dans ses poches tant qu'il le put. Puis il se rendit sur le petit ponton de bois, persuadé qu'au moins ici personne ne le verrait laisser libre court à ses émotions chamboulées.
Jetant un premier caillou, il imagina qu'il l'envoyait à la face de ce salopard qui avait mutilé Selene. Puis le deuxième fut pour Zack. Puis un autre, et encore un autre. Un pour chacun des membres des Américan Dream. Serrant les mâchoires, sentant une véritable rage l'envahir, il en envoya encore un. Inconsciemment, il avait imaginé qu'il le destinait à Selene. Cette idée le coupa net dans son élan et le caillou s'enfonça dans l'eau calme sans avoir fait le moindre ricochet. Pourquoi avait-il eut cette idée ? Il aimait Selene plus que tout.

Extirpant un nouveau galet de sa poche, il le fit tourner entre ses doigts, réfléchissant à cela. Il n'avait pas voulu l'admettre jusqu'à présent, mais il lui en voulait. Une partie de lui était en colère contre elle. Parce qu'elle avait refusé son aide après son viol. Parce qu'elle avait préféré suivre Abi dans ses délires. Qu'elle avait risqué sa vie sans même se soucier de ce que ça lui ferait à lui. Oui, il lui en voulait.
Foudroyant le galet du regard, il l'envoya valser plus loin que tous les autres. Après trois rebonds, la pierre coula à pic. Ce fut à cet instant qu'une petite voix s'éleva dans son dos. Sursautant il se retourna et sa colère se volatilisa lorsqu'il l'aperçut.

Gracile dans cette petite robe bleue elle se mouvait avec aisance et charme. S'avisant qu'il fronçait encore les sourcils, il essaya de lui adresser un sourire mais ne parvint qu'à former un rictus aux coins de ses lèvres. Maintenant qu'il avait prit conscience de ce qu'il éprouvait à son égard, il ne pouvait plus s'empêcher d'y penser. Mais voilà qu'elle lui faisait son petit sourire à la Selene, de ceux qui feraient fondre un iceberg en pleine mer arctique.
Finalement la question qu'elle lui posa fit voler en éclat ce qu'il restait de sa colère. Comment pouvait-il lui en vouloir ? Elle n'aurait pas dû agir comme elle l'avait fait. Mais on ne pouvait pas revenir sur le passé. Et elle avait largement payé pour ses erreurs. De quel droit pourrait-il faire son enfant gâté et lui reprocher de ne pas avoir pensé à lui ? C'était puéril et égoïste.

Cette fois-ci, il parvint à lui adresser un véritable sourire, franc et amoureux. Il détestait la voir souffrir. Alors si elle devait souffrir à cause de lui, jamais il ne se le pardonnerait.
« Si ça me dérange ? À ton avis ? »

Elle ne sembla pas savoir à quoi s'en tenir, ce qui le blessa quelque peu. Mais peut-être le ton sur lequel il avait dit ça avait été moins engageant que ce qu'il aurait voulu. Il se rendait parfois compte, un peu trop tard, qu'il s'exprimait avec froideur et dureté.
« Bien sûr que tu peux rester. »


Comme il avait craint de ne plus jamais revoir ce regard. Et ce sourire.


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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: The truth about you and me   Ven 26 Aoû 2016 - 22:39


A son avis ? Malgré le sourire de Gabriel, elle avait hésité. Son timbre était légèrement différent. Elle ne pouvait que le comprendre. Ce serait évident qu’il ne veuille plus d’elle, voire même qu’il songe à partir. Jusqu’à ce jour, l’instituteur incarnait ce qu’elle avait perdu : la mesure, la raison, le pardon, l’humanité. Combien de limites avait-il franchi d’un coup, par désespoir pour elle ? Ça avait été si facile de lui laisser un mot lui demandant de l’oublier, alors qu’il suffisait un instant de prêter attention à ses sentiments pour savoir qu’il n’aurait jamais fait une chose pareille. Avec un air désolé, Selene allait pudiquement remonter vers le phare quand son petit-ami assura qu’elle pouvait rester.

La musicienne ne put retenir un sourire. Une expression véritablement lumineuse qu’elle n’avait pas eue depuis que l’ivrogne de Tacoma l’avait empoisonnée. Glissant délicatement une mèche de cheveux derrière une oreille, elle rompit le mètre qui la séparait encore de l’ancien professeur pour laisser leurs épaules s’effleurer. Son cœur était si lourd de culpabilité qu’elle avait la sensation que si elle tombait à l’eau, elle coulerait droit au fond. Devait-elle en parler ? Préférait-il oublier ? La pianiste avait fait tellement de mal qu’elle ne souhait plus en faire à nouveau. La pire leçon qu’elle retenait, ce n’était même pas les mutilations, c’était de ressentir dans la moindre fibre de sa chair la destruction émotionnelle de Gabriel.

Ses yeux bleus préféraient fuir et contempler l’horizon. Le temps était clair, alors on voyait les contours de la côte à des centaines de mètres de là. L’étudiante déglutit plusieurs fois avant que ses mots ne soient capables de passer sa gorge étranglée. En essayant d’adopter un ton badin, elle n’était qu’à moitié convaincante :

- Vu le temps qu’il a fait ces derniers temps… on doit être en été, non ? Selene embraya avec une esquisse de sourire mélancolique, obligée de pousser sur sa voix pour ne meurt pas avant de franchir ses lèvres, je suis née le 13 septembre. Je ne te l’avais pas encore dit ? Je suppose que ce sera mon anniversaire bientôt… je vais être majeure, souligna-t-elle comme si ça avait une quelconque importance.

Cette fois, elle regarda brièvement son petit-ami avec son air timide de petite fille, ses petites fossettes la condamnant à éternellement ressembler à une adolescente. Pouvait-elle faire semblant ? Faire comme si les derniers événements ne s’étaient pas déroulés ? La musicienne aurait tellement voulu… mais c’était impossible. Elle avait besoin de Gabriel pour tenir le choc, mais elle ne se sentait pas la force de reprendre leur relation sur cette fondation de silences amers. Ce qu’ils ne se disaient pas aujourd’hui ne ferait que nourrir des chimères qui les dévoreront plus tard, et elle avait assez des rôdeurs dans ce registre.

L’étudiante ne réalisa même pas quand elle se mit à pleurer. Encore. Qu’est-ce qu’elle avait pleuré cette saison… enfin, à bien y réfléchir, elle avait versé des larmes régulièrement depuis l’automne passé. Avait-elle jamais été différente ? Les nerfs à vifs. Elle tenta de renifler discrètement – raté – et essuya ses yeux du dos de la main. L’expression triste, Selene n’osa pas relever le regard vers Gabriel, mais réussit à dire :

- Je suis… tellement désolée tu sais… je pensais… je voulais… je… je…

Alors que ses mots s’épuisaient, ses pensaient s’emmêlaient, et une voix s’insinua dans sa tête. D’abord trop faible pour que la musicienne puisse la comprendre, puis les sons se détachèrent, formèrent des phrases, des hymnes, des litanies. Le tout était pêle-mêle, glacé, jusqu’à ce que l’habituelle hallucination sans visage de se manifeste, juste à côté de la jeune femme.

… Dis-lui… tu voulais mourir… tu voulais du sang… tu espérais ne pas revenir… pourquoi tu ne dis pas la vérité ?

POURQUOI ?


Tu ne le mérites pas… dis-lui… tu l’as tellement fait souffrir – tu crois qu’il t’aime ?... Regarde, il-


- Arrête ! s’écria la pianiste en faisant face à son alter ego, laisse-moi ! Laisse-moi ! Laisse-moi ! Pas maintenant !

Elle poussa violemment l’apparition qu’elle était la seule à voir. L’illusion était si intense que Selene ressentit jusqu’à la texture de sa peau sous ses doigts et entendit le claquement de sa robe. Sa réplique sans visage bascula du ponton, secouée d’un rire mauvais et fantasmagorique, mais jamais ne tomba à l’eau. La musicienne battit plusieurs fois des paupières, comme s’éveilla d’un rêve – ou plutôt, de retour dans la réalité.


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Gabriel Fowler
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MessageSujet: Re: The truth about you and me   Sam 27 Aoû 2016 - 9:51

Cessant un instant de la regarder, il contempla l'horizon bleuté. Lorsque leurs épaules se frôlèrent, il ressentit un agréable frisson le parcourir. Ces derniers jours, il avait évité les contacts physiques quels qu'ils soient pour lui éviter de souffrir. Il lui avait même laissé le grand lit pour elle seule, se contentant de s'étaler une couverture sur le sol, à côté d'elle, pour être au plus proche si elle en avait besoin. Comme ça lui avait manqué. Tournant la tête vers elle, il chercha son regard. Mais elle fixait obstinément le lointain. Elle fuyait encore. Quand cesserait-elle de le fuir ? D'une certaine manière, cela fit renaître cette colère qu'il avait à son encontre. Lui faisait-elle donc si peu confiance pour s'esquiver ainsi ?
Lorsqu'elle lui débita cette banalité sur le temps et la saison, il fut partagé entre l'envie d'éclater de rire tant c'était comique d'en arriver à parler météo, et l'envie de la secouer une bonne fois pour toute. À la base c'était lui qui avait du mal à s'exprimer. Pas elle ! Si elle avait quelque chose sur le cœur, qu'elle le balance bon sang !
Lorsqu'elle annonça qu'elle serait bientôt majeure, une vanne idiote se forma aussitôt dans son esprit. 'Mince... je ne m'étais pas rendu compte... Du coup je suis coupable de détournement de mineur ? Ne me dénonce pas par pitié.' … Mais il ne prononça pas un mot, la petite blague s'évanouissant comme toutes les autres avant elle. Il n'arrivait plus à plaisanter. Il n'en avait plus vraiment envie. Il avait juste envie de balancer les quelques cailloux qu'il lui restait dans les poches à la figure imaginaire des membres de l'AD.

Le petit sourire qu'elle lui adressa le fit une nouvelle fois fondre. Il le lui rendit à moitié, encore partagé entre diverses émotions contradictoires. Regardant à nouveau droit devant lui, c'était à son tour de fuir. Il était complètement perdu.
Il ne s'était pas rendu compte qu'elle s'était mise à pleurer. Ce ne fut que lorsqu'elle reprit la parole qu'il daigna la regarder à nouveau. Elle s'excusait à présent... mais de quoi ? D'avoir été torturée ? Comme elle s'était excusée de s'être fait violer ? Qu'est-ce qui ne tournait pas rond chez elle ? On ne s'excusait pas de s'être fait malmener ! À moins que...

À moins qu'elle ne soit pas en train de s'excuser pour ça. Avait-elle prit conscience des tourments qu'elle lui avait fait endurer ? Cela l'avait-il rongé tout ce temps sans qu'elle ne parvienne à le formuler ? Gabriel ne trouva rien à lui répondre sur le moment. Il espérait qu'elle poursuivrait, donnant un peu plus de matière et de contexte à ces excuses. Au lieu de ça, son regard changea du tout au tout. Elle semblait prise de folie. Comme toutes ces fois où elle semblait entendre des murmures qui n'existaient pas. Ces fois où elle s'adressait à un fantôme imaginaire. Il aurait donné cher pour savoir ce qu'elle entendait. Ce qu'elle se murmurait à elle-même.
« Selene... »
La voyant sombrer à nouveau dans la folie, il lui attrapa le bras avec douceur. Mais elle se mit à lui hurler d'arrêter. Il la relâcha, essayant de comprendre. Il l'avait déjà vu sombrer dans ses plus noirs délires. Malgré ça, il ne pouvait s'empêcher de l'aimer du plus profond de son âme. Mais alors qu'il avait cru qu'elle le repoussait, il se rendit compte que ce n'était pas à lui qu'elle s'adressait. Elle poussa violemment dans le vide, comme si elle avait le désire d'envoyer quelqu'un à l'eau. Il détestait la voir souffrir ainsi. Elle était passée maître dans l'art de s'auto flageller. D'une certaine manière elle était pire que Bobby dans ce domaine.

Lui faisant face, il lui attrapa les deux bras avec précaution et l'attira à lui. L'enlaçant, d'un bras, il plaqua son autre main dans ses cheveux pour l'attirer encore plus près. Il lui glissa alors à l'oreille dans un murmure rassurant :
« Il n'y a personne d'autre que toi et moi ici. »
Lui caressant doucement les cheveux, il la berçait sans même s'en rendre compte. Sa colère n'existait plus. Il n'y avait plus que Selene. Cette jeune femme frêle et fragile entre ses bras. Cette furie intenable qui n'en faisait qu'à sa tête et qui le rendait fou. Complètement fou d'amour.
« Ferme les yeux. Ignore tout le reste. Juste toi et moi. »
Il lui embrasa le front et poursuivit.
« J'ai rêvé de toi cette nuit. On était dans un bus et on se rendait à un musée. C'est idiot parce que je ne vois vraiment pas ce qu'on irait faire au musée tous les deux. Déjà j'ai horreur des musées. C'est vieux et poussiéreux et on y trouve des trucs très moches et qui ne servent à rien. »
Il parvenait enfin à sourire. Un sourire franc qui venait du cœur.
« On était assis côte à côte et tu entortillais tes cheveux dans tes doigts... Ensuite on s'est retrouvé devant un vitrine et à l'intérieur il y avait un hippopotame qui faisait du hoola hop debout sur une planche de surf... »
C'était complètement faux, il avait fait des cauchemars toute la nuit. Mais c'était exactement le genre de rêve idiot qu'il aurait été capable de faire en temps normal. Et il se surprenait à plaisanter... C'était bon de se sentir léger au point de débiter des idioties sans queue ni tête.

Croisant enfin le regard embué de larme de la pianiste, Gabriel l'embrassa sur le front. Il détestait la voir malheureuse. Il détestait qu'elle sombre ainsi dans la folie. Et plus que tout, il détestait ne rien pouvoir y faire. Redevenant un peu plus sérieux, il lui caressa la joue, essuyant par la même occasion quelques larmes récalcitrantes.
« J'aimerais que tu me fasses une promesse. »
Il laissa quelques secondes de suspend, cherchant ses mots.
« Ne doute plus de moi. Jamais. Je t'ai dis que je serais toujours là pour toi. Mais si tu me fuis, comment veux-tu que je tienne parole ? »
Fermant les yeux, il vint coller son front contre celui de Selene. Ils ne s'étaient encore jamais dit qu'ils s'aimaient. Des mots sur un bout de papier... ça ne comptait pas. Alors, les yeux toujours fermés, il se jeta à l'eau avant que d'autres catastrophes l'en empêche.
« Je t'aime Selene. Je t'aime plus que tout. »


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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: The truth about you and me   Sam 27 Aoû 2016 - 11:15


Un frisson traversa tout son corps quand il l’enlaça. Depuis combien de temps n’avait-elle pas été étreinte de la sorte ? Ses larmes redoublèrent, ses sanglots silencieux faisaient tressauter ses épaules frêles. Gabriel assura qu’ils étaient seuls, elle n’était pas d’accord, mais ne dit rien. Il y avait « l’autre », de plus en plus forte, omniprésente, veillant à chacun de ses gestes. Et le pire dans chacune de ses manifestations, c’était qu’elle avait raison… Selene était indigne, coupable, et ne méritait certainement rien de mieux que de se jeter du haut de la falaise en espérant s’écraser sur les rochers en contrebas. Mais l’instituteur lui demanda de fermer les yeux et d’oublier le reste, alors elle obéit.

Ce n’était pas facile, ses pensées effervescentes s’emmêlaient toujours à ses émotions, créant des nœuds invisibles impossibles à défaire. La voix murmurait encore, trop bas pour qu’elle comprenne, mais elle était là, et chaque écho lui lacerait l’encéphale. La musicienne pressa ses paupières encore plus fort. Faire abstraction, c’était la consigne. Elle renifla, expira longuement, essayant de réguler sa respiration qui devenait chaotique. Puis il commença à parler… un rêve. Il lui racontait un rêve.

Au début, la pianiste songea qu’il allait simplement réciter leur rencontre, pour qu’elle s’ancre à leur souvenir commun et stoppe sa dérive. Mais finalement, il n’y avait pas eu d’hippopotame surfeur faisant du Houla Hop à Seattle. Il n’y avait eu que la solitude, la sensation d‘être perdue, et un interlude précieux devant une vitrine de masques. A défaut de rire, ou de sourire, les pleurs de la jeune femme s’arrêtèrent. Elle flottait dans une autre dimension, au-delà de la frontière avec la réalité ; de toute façon, dans un monde où les morts dévoraient les vivants, elle était surfaite. Peut-être était-ce là sa rédemption ? Embrasser l’imaginaire, l’adopter, l’apprivoiser… vivre dans un rêve, celui d’une vie qu’elle n’aurait jamais. Selene avait oublié où elle était, elle ne sentait même plus être dans les bras de son petit-ami avant d’ouvrir les yeux et de croiser son regard.

Une promesse. Pouvait-elle faire ça ? Sa parole avait-elle une valeur quelconque ? Une fois encore, quand les doigts de Gabriel essuyèrent ses joues, elle frissonna. Finalement, elle n’était pas de retour sur terre, prisonnière de son esprit malade. Le phare et sa communauté n’existait plus, tout se résumait à ce ponton et aux pupilles de l’instituteur. Oh, et s’ils habitaient ici ?! Ils feraient une jolie petite maison britannique, parce qu’elle les adorait, pêcheraient du poisson et… se baignerait dans l’océan tous les jours ! Et surtout, ils auraient des enfants. Une fille et un garçon. Ils n’auraient même pas besoin d’aller à l’école, leur père était professeur. Ils resteraient ici, pour toujours, ce serait parfait, et…

La musicienne cligna des yeux. L’instituteur venait d’avouer quelque chose qui mit fin à son délire au moment où elle allait le formuler à haute voix. Il l’aimait. Plus que tout. Son cœur se mit à battre très fort ; trop fort. Il lui faisait même mal, alourdit par la culpabilité et les remords. Ses lèvres tremblaient, courbées dans une moue triste alors que ses yeux brillaient d’espoir. Front contre front, Selene n’avait plus peur des contacts. Pas des siens. Au contraire, elle voulait que ça ne s’arrête jamais. Il se passa un temps interminable avant qu’elle ne soit capable d’articuler :

- Je… je t’aime aussi… je… je voulais pas. Je voulais… à cause de moi, tu… je pensais pas… il m’avait…

Mais pourquoi c’était si dur à formuler ? Dire que cet homme, celui qui l’avait violée, n’avait pas seulement meurtrie sa chair et son intimité, mais il avait aussi démantelé ses rêves. Ou plutôt, elle avait cru qu’il l’avait fait, que ses attentes n’étaient que des fantasmes réduits à néant, que son avenir était un trou noir. Alors en voulant venger Abigail, elle ne cherchait qu’à noyer son désespoir, à raviver la seule partie d’elle-même qui n’avait pas été détruite. Tout ça pour quoi ? Ils avaient tous souffert. Tous. Pour un secret. Pour « son » secret. Aveuglée par ce qu’elle endurait, elle n’avait même pas été capable de voir que Gabriel était le plus précieux de ses alliés. Il avait vendu son âme pour la retrouver… il s’était tué pour elle.

- Je ne douterais plus, promit-elle dans un murmure, je ne partirai plus comme ça…

La musicienne ouvrit ses bras graciles pour les enrouler autour de Gabriel et plaquer à nouveau sa tête contre sa poitrine. Les yeux fermés, elle huma son odeur, visualisa à nouveau cette petite maison de rêve. Une délire, mais elle ne s’en rendait pas compte. Un sourire acheva enfin de tarir ses larmes. Une expression colorée d’un bonheur candide, mais en même temps trahissant l’équilibre fragile de sa conscience. Une enfant qui perdait la raison.

- Et je ne te laisserai pas partir… pardonne-moi. Pour tout. Je t'aime, Gabriel.


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MessageSujet: Re: The truth about you and me   Lun 29 Aoû 2016 - 21:23

Elle lui rendit ses paroles. Il avait craint qu'elle ne le fasse pas. Qu'elle réagisse autrement. Mais elle lui avait dit qu'elle l'aimait. Ces simples mots, même bafouillés, avaient sur lui plus d'effet que ce qu'il aurait pu croire. Puis elle se mit à bafouiller de plus belle. C'était trop confus pour qu'il parvienne à en tirer quelque chose de logique. Mais une seule chose était certaine, elle en avait gros sur le cœur. Jonah l'avait torturé physiquement, mais elle n'avait besoin de personne pour se torturer mentalement.

Finalement, elle lui fit la promesse qu'il lui avait demandé. Mais la tiendrait-elle ? Sans doute que oui. Après tout ça, si elle doutait encore de lui, alors jamais elle ne lui ferait confiance.
Il se laissa enlacer, rendant son étreinte à la musicienne, avec délicatesse cependant, de peur de raviver des douleurs qui avaient finies par s’atténuer. Profitant de cet instant comme s'il était figé dans le temps, il se laissa submerger par l'odeur de ses cheveux, par la douceur de sa peau gracile, par l'apparente fragilité de son corps encore convalescent, par le bruit apaisé de sa respiration...

Elle ne le laisserait pas partir ? Mais il n'en avait jamais eu l'intention. Lorsqu'il s'était rendu compte, la première fois, des crises de folies qui la prenaient parfois, il avait cru que c'était une sorte de choc post traumatique. Puis il avait fait quelques recherches rapides à l'occasion d'une virée qui l'avait conduit dans une bibliothèque. Il ne lui en avait jamais rien dit d'ailleurs. Une chose était certaine ; elle était plus gravement atteinte que ce qu'elle voulait bien laisser paraître. Une telle révélation en aurait découragé plus d'un. Mais bizarrement, il n'en avait éprouvé que plus d'affection à son égard. Comme s'il avait alors eu pour mission de reléguer sa folie au second plan. Il ne la guérirait certainement pas, mais il avait la certitude de pouvoir au moins améliorer les choses.
Et alors qu'ils étaient là, dans les bras l'un de l'autre, les voix dans la tête de sa bien aimée semblant s'être tues, il se fendit d'un large sourire à l'idée qu'il avait eut raison.

« Tu ne me laisseras pas partir... je vois... mais dis moi, je fais comment pour aller aux toilettes du coup ? Non parce que, à deux dans le cabinet ça risque d'être un poil serré... et puis ce serait un peu glauque. »
Encore une vanne... Décidément ! En l'espace de quelques minutes il en avait fait plus que ces dernières semaines réunies. Il y avait de l’amélioration dans l'air. Enserrant toujours Selene de ses bras, il redevint à nouveau sérieux, songeant à une réponse appropriée aux excuses qu'elle venait de formuler. Il aurait put lui dire qu'il ne lui en voulait plus. C'était le cas après tout. Mais cela sous entendrait qu'il lui en avait voulu. Et il ne voulait pas qu'elle replonge tête la première dans les remords.

« C'est derrière nous. Rien ne sera jamais pire que ce qui est arrivé. Absolument rien.»
Se détachant un peu d'elle, il lui prit la tête entre ses mains et plongea son regard empli d'amour dans celui de la pianiste.
« Alors on va aller de l'avant et on va se construire un avenir. Qu'est-ce que tu en dis ? »

À la regarder ainsi, il avait envie de la couvrir de baiser. Depuis combien de temps ne l'avait-il pas embrassée ? Une éternité.
Laissant une de ses mains sur la joue de la musicienne, il fit descendre l'autre jusqu'à sa taille puis, l'attirant vers lui, il lui vola un baiser. Il ne voulait plus que le temps s'égraine. Il voulait que tout s'arrête, que tout reste à tout jamais figé sur cet instant. Selene et lui, debout sur ce ponton, enlacés. S'embrassant. Amoureux...


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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: The truth about you and me   Lun 29 Aoû 2016 - 23:45

Si elle n’avait pas éclaté de rire à sa boutade, c’était parce qu’elle était trop occupée à le serrer contre son cœur douloureux. C’était tellement… indescriptible, de songer qu’il y a quelques mois, elle ne pensait qu’à la survie de son groupe. Pendant si longtemps après le début de l’épidémie, Selene n’avait été qu’un animal, se faufilant, volant, mordant, pleurant recroquevillé sur lui-même dans l’obscurité. Gabriel avait changé tout ça. Définitivement. Il l’avait changée, parce que même si le monde avait continué de tourner rond, jamais elle ne se serait imaginée aussi éprise à son âge.

La musicienne souriait toujours alors que, bercée par la symphonie des eaux, elle replongeait dans son illusion. Ce rêve coloré où ils vivaient loin de la peur et de la mort, leur amour plus fort que jamais. Elle était assise là, sur ce même ponton, portant une robe de lin d’une blancheur éclatante gonflée harmonieusement par les vents que rejetait la falaise. L’instituteur soulevait à bout de bras une enfant au regard espiègle qui ressemblait trait pour trait à sa mère. La même chevelure sauvage, les mêmes iris bleus, les mêmes fossettes. Installé en tailleur face à l’horizon, un petit garçon jouait quelques notes sur un xylophone en bois. Une mélodie que la pianiste lui avait apprise, aux accents mélancoliques mais touchants.

L’image s’estompa. L’ancien professeur lui promettait que le pire était derrière eux. Selene se crispa légèrement quand elle repensa aux horreurs qu’elle avait traversées. Oui, elle espérait que ce soit la fin. Mais un éclair de lucidité assena violemment que leur cauchemar n’était pas à son épilogue. Les rôdeurs étaient toujours là, les pillards et les cinglés comme Jonah aussi. Elle était consciente qu’elle allait devoir retrouver sa rage de guerrière, pour préserver sa communauté et ses espoirs, mais elle se sentait encore tellement faible…

La main qui passa sur sa joue provoqua dans tout son corps frêle une vague de chaleur qu’elle avait presque oublié. Sa peau s’était tellement habituée aux coups, ses nerfs s’étaient tellement adaptés à la douleur, que la douceur d’une étreinte amoureuse la chamboulait. Quand ses lèvres pâles rencontrèrent celles de Gabriel, l’étudiante eut la sensation, effrayante et agréable, de ne plus savoir comment faire. Ça revenait vite. Quand il allait s’éloigner, elle passa ses bras graciles autour de son cou pour le retenir. Sans un mot, elle se promettait qu’il serait à jamais le seul homme qui la toucherait et qu'elle se pardonnerait Tacoma. Personne d’autre n’arrivera à la profaner. Personne.

Quand ils s’écartèrent enfin, Selene recula d’un demi-pas en s’agrippant à sa taille. Ses yeux brillaient d’une étincelle mutine, amoureuse, un brin dérangé. Elle avait toujours « ce » sourire. Son sourire. En coin, mystérieux, secret même. Avec lenteur, la musicienne se mit alors à déclarer sur un ton ensorceleur :

- J’en dis que tu es mon avenir, Gabriel Fowler. Alors ça me va.

L’espace d’une seconde, la pianiste fronça les sourcils, comme si elle n’était pas sûre qu’il comprenne. Puis elle se détourna avec grâce, faisant virevolter sa robe. Face à la mer qui renvoyait le visage du ciel, la réalité et la fantaisie venaient se côtoyer dans son esprit. La pianiste se sentait fébrile, sans doute à cause de son aveu déguisé, qu’elle pensait ne jamais formuler. Tout paraissait si simple dit comme ça. On croirait ces ambitions de môme, surréalistes et passionnées. Elle savourait ce moment, pour ne pas se rappeler qu’en priorité, il fallait survivre. Trouver à manger, combattre les marcheurs, passer l’hiver…

- Tu crois qu’on va s’en sortir ? Que quelqu’un va découvrir un vaccin et que les choses vont… redevenir normales ?

Jusqu’à maintenant, elle n’avait jamais posé cette question à quiconque. Ça aurait été comme avouer ses doutes, et ses craintes les plus profondes. Mais elle avait compris qu’avec Gabriel, c’était différent. Il était l’unique raison pour laquelle faire l’effort de revenir des Enfers en valait la chandelle. D'ailleurs, avant d'avoir une réponse, elle revint se réfugier dans ses bras.


Go back and forward, but all is melting like the snow ♪ Taking all from us, all we thought was left to know ♪ On what we treasure falls a dusty snow ♪ taking us backwards, but where we will never know.
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MessageSujet: Re: The truth about you and me   Aujourd'hui à 6:43

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