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 The broken anglel sanctuary

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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: The broken anglel sanctuary   Mar 30 Aoû 2016 - 8:18

Le golem de chair suivi l'ange brisé vers la terrasse du phare. Le soleil, astre chaud et doux, caressait la peau martyriser de Robert comme sa douce Malorie laissait courir ses mains de velours sur le cuir ignoble de sa personne. Le vent marin apaisait la bête comme la belle de ses souffrances. Le colosse déformé par sa masse de muscles disproportionné appuya ses avant-bras sur la balustrade du garde-fou en peinture rouge écaillé et se penchant vers l'avant. Respirant la pureté de l'air salé, Robert fut en paix avec son ange d'ivoire comme à leur début de relation. De la naissance de cette amitié qui s'était transformé en un lien fraternel.. Mais depuis quelques semaines, le monstre de foire se sentait totalement impuissant dans les relations envers sa famille adoptive. Comme si chacun avait soudainement réalisé de la pauvreté intellectuelle du mineur et de son apparence monstrueuse. De son inutilité apparente qui laissait la présence indésirable du chainon manquant derrière lors des sorties. Il avait dû suivre Gabriel et les membres du clan pour l'échange de prisonnier. L'empathique créature de cauchemar savait maintenant que l'enseignant le détestait car Bobby avait essayé de l'empêcher de torturer Zack sans aucune raison. Abigail s'était refermée comme une huître à son approche. Harold lui en voulait de l'avoir repousser durement pour lui restreindre l'accès à la chambre des mille tourments du prisonnier. Breann qui lui avait refusé sa première tentative d'essayer d'éprouver un amour sincère et complet. Le colosse balafré soupira tout doucement en souriant tendrement envers la jeune pianiste. Elle et Aori étaient maintenant les seules raisons de revenir vers le phare. De s'entêter de croiser les regards hostiles des membres de la communauté. Sursautant en entendant la dernière question, une mélancolie profonde reluisait dans les yeux bleuté si pur de Bobby. Le regard glacé de sa sœur d'âme venait de plonger profondément dans les tréfonds du cœur torturer si pure et humaine du géant. Elle pouvait lire comme un livre ouvert l'amalgame d'émotion qui jaillissaient des océans du regard de l'homme maintes fois rejeté. Le géant essaya de regrouper ses pensées vagabondes qui s'enfuyaient en tout azimut sur les étendues désertiques de l'esprit pathétique de l'homme. Un murmure s'échappa alors douceur des lèvres exsangues du mineur. Le ballet de mot s'éleva dans le vent tiède de cette superbe journée d'été.

Robert- Tu te souviens de la danse que tu m'as offerte? De ces instants que tu m'as fait comprendre que j'étais un peu normal?

Le mastodonte parlait de ces discussions autour d'un feu au chalet avec la musicienne. De ces moments où elle disait qu'il devait coute de coute rester la personne qu'il était. De suivre les élans de son cœur. Voulant lui prendre la main pour trouver un regain de courage, la paluche lézarder de cicatrice du s'éleva. Elle resta immobile dans les airs, ne sachant plus quoi faire. Alors la main démesurée du golem de chair se reposa sur le bois de la rampe.

Robert- Merci pour tous ces moments qui sont gravés dans ma tête. Je sais que tu aimes pas que je dis que tu es ma sœur, mais je le pense toujours dès que je te vois. Que je suis chanceux que tu sois là.

La gorge nouée par le trop plein d'émotion, le golem baissa son regard vers le sol. Le bois de la terrasse était patiné par le passage du temps et des semelles des générations de gardiens qui s'étaient succédé à cet endroit. La voix blanche, cassé du monstre de Frankenstein s'exfiltra de sa gorge de cauchemar.

Robert- Tu te souviens quand on a trouvé le phare? Que j'ai été pas gentil avec les corps de tes amies? Je t'avais promis que je ne ferais jamais ça avec toi. Alors quand Abi nous a dit que tu étais morte, j'ai fouillé partout pour retrouver ton corps. Faire un bel endroit pour que tu te reposes et que je pourrais venir te parler à chaque jour. Récupérer tous ce temps qui nous a filé entre les doigts tu sais.

Les lèvres de l'homme s'étirèrent en une mince ligne, essayant de taire ce qui s'était passé. Mais un regard appuyé de l'ange déchu le fit parler de force.

Robert- Au bout de deux jours je suis revenu. Je me demandais sans cesse pourquoi toi et Abi vous m'avez pas emmené pour régler le problème. Je ne veux pas que personne vous fasse du mal. Mais les gens, à part Aori qui leur disait d'arrêté et Breann qui disait rien, se sont mis à faire mal à Zack. Juste pour se défouler et éponger leurs peines. Violence entraine la violence tu sais. J'ai essayé d'arrêter tout ça et…

Les yeux du mineur parlèrent pour lui. La tristesse, la déception, l'amertume étaient les sentiments dominants de ce maelström qui avait couvert la pureté et la bonté de ce regard bleuté.

Robert- Laisse faire. Je devais être dans le tort comme d'habitude. J'ai continué à te chercher. Tout le monde pensait que tu étais morte, mais moi non. Je l'aurai senti dans mon cœur. Quand tu es revenu en sécurité, je ne pouvais pas rester. Je me suis trouvé un endroit pas loin pour préparer le phare au froid et je peux chasser. Aussi travailler à la ferme pour avoir notre nourriture. J'espère juste que les gens vont m'excuser d'avoir agi comme ça. Je pensais que c'était bien. Ton retour est une de mes seules joies depuis juillet tu sais. Ça et…

Alors l'image de Malorie revint en mémoire comme une douce flamme qui réchauffa son cœur torturer de cicatrices. Un air doux, tendre et affectueux s'imprégna sur l'horrible faciès du colosse balafré.



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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: The broken anglel sanctuary   Mar 30 Aoû 2016 - 17:48

- Je n’ai jamais dit que…, avait commencé la jeune femme avant de s’interrompre.

Elle vit les yeux du géant dégringoler, devina que sa gorge se nouait. Il avait quelque chose sur le cœur et elle en avait mal. Ce monde n’était pas taillé pour lui, la musicienne s’était déjà faite la réflexion. Bobby voulait transporter tous les fardeaux du monde sur ses épaules de titan, mais la vérité, c’était qu’il flanchait. Selene ne savait pas quoi dire. Quand le regarder fut devenu trop difficile, elle aussi se passionna pour le sol de la véranda. Son égoïsme lui sautait en pleine figure : le monde ne tournait pas qu’autour de se sentiments, elle avait oublié cet élément clef en cours de route.

Le colosse lui coupa le souffla en révélant qu’ils l’avaient cru morte. C’était vrai qu’elle n’avait jamais eu le loisir de se poser la question. Assommée par Zack, il ne lui restait plus que de vagues images de leur altercation. Ayant perdu connaissance, la première des choses qui lui revenait, c’était la pièce où l’un des acolytes de Jonah l’avait recousue. Elle frissonna. Ce simple souvenir transportait son lot d’échos, des souffrances fantômes qui reprenaient prise sur ses nerfs convalescents.

Face à l’interrogation de son amie, la pianiste n’eut que plus encore envie de s’enfoncer sous terre. Même si la vraie question n’était pas « pourquoi n’avaient-elles pas emmené Bobby ? » mais « pourquoi étaient-elles parties ? ». Cette décision avait été au parfait opposé de la sagesse que Selene cherchait à acquérir, celle que ses compagnons lui prêtaient alors qu’elle était leur benjamine. Le bilan aurait pu être plus lourd. Quelqu’un aurait pu se faire tuer ; et si ça avait vraiment été elle : jusqu’où ses comparses auraient-ils été dans leur détresse ? C’était déboussolant de réaliser ce dont les gens qui nous aimaient étaient capable de faire pour nous…

L’étudiante devina que le colosse s’était heurté au chagrin de Gabriel et à la rage d’Abigail. A cet instant, elle se sentait traversée par des échantillons de ces émotions chaotiques, comme si le Phare avait absorbé les tensions passées pour les lui restituer. Elle fut prise de tournis et ferma les yeux. Ce n’était pas son corps qui faiblissait ce coup-ci, c’était sa conscience qui encaissait les morsures de la culpabilité. La musicienne s’accrocha à son tour à la rambarde. Elle fronça légèrement les sourcils quand son ami manqua d’avouer quelque chose qui le rendait heureux, mais ce n’était pas ce qui importait le plus pour l’instant. Après s’être pincé les lèvres, Selene dit lentement :

- On dit ou on fait des choses stupides quand on est malheureux…, elle inspira profondément avant de s’expliquer : je n’aurais pas dû partir. On n’aurait pas dû partir. J’étais… mal, tu vois ? A cause de quelque chose qui m’est arrivé, et…, la jeune femme haussa les épaules, j’ai juste voulu oublier. J’ai fait ça pour oublier…

Avait-elle réussi ? Non. C’était un échec total. La sensation d’être dépossédée de son propre corps était plus intense que jamais. C’était indescriptible, cette impression d’être sale et exposée, en permanence ; d’être porteuse de la lèpre ou d’une autre maladie incurable. Et comme si ça ne suffisait pas, elle était responsable de ce désordre. Elle avait divisé les siens, était l’instigatrice du poison qui les rongeait de l’intérieur… la pianiste ne regrettait pas le traitement infligé à Zack ; mais plutôt que ce soient ses amis qui aient eu à le faire.

- Alors je ne sais pas ce qu’ils t’ont dit, reprit Selene, mais c’est de ma faute. Ne leur en veux pas à eux.

Pour la première fois depuis qu’elle avait commencé à répondre, ses yeux bleus trouvèrent ceux de Bobby. Elle était sincère là-dessus. Que la faute lui tombe dessus, elle acceptait la responsabilité de ce fardeau. C’était son erreur ; tout ça, tout ce Mal, c’était elle. Et si elle avait été tuée, ça aurait été son héritage…

- Et…, son regard s’égara à nouveau en contrebas, suivant machinalement le chien de Breann qui cherchait un emplacement où vider sa vessie, je n’ai jamais dit que je n’aimais pas que tu m’appelles ta « sœur ». Je ne suis pas très démonstrative, ou expansive, ça ne veut pas dire que j’apprécie pas.

La musicienne sourit, sans doute parce que c’était une leçon qui n’avait plus rien à voir avec la gravité de ce dont elle parlait avant. Bobby aurait dû comprendre, depuis le temps, que si elle parlait moins, câlinait moins et dispensait moins de mots doux, c’était simplement parce que c’était sa nature. Parfois, elle aurait voulu être plus ouverte, plus encline à partager ce qu’elle avait sur le cœur, mais c’était impossible. Instinctivement, Selene devina aussi l’amertume du géant pour le refus de la journaliste de céder à ses avances. Si elle en avait eu l’occasion, elle lui aurait expliqué que les femmes étaient bêtes, qu’elles préféraient parfois ce qui était dangereux, ou inaccessible ; quand elles n’étaient pas simplement aveugles ou terrifiées.

- Qu’est-ce qu’il y a qui t’a rendu heureux alors ? T’as l’air d’un enfant amoureux.


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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: The broken anglel sanctuary   Mer 31 Aoû 2016 - 8:14

Le regard perdu dans les vagues hypnotiques de la mer qui s'échouaient sur le rivage. Il se laissa bercer par la voix de l'ange d'ivoire aux ailes brulés par une démence qui gagnait petit à petit l'âme flamboyante de la pianiste. Quand la question du bonheur apparent de l'être misérable fut amené sur le tapis, une rougeur écarlate qui devait être visible de la lune gagna les joues mal rasées de Robert. Baissant son regard océanique à cause de ce soudain et prévisible trop-plein de gêne, une certaine douceur et une tendresse surnaturelle scintillait intensément. Selene n'avait plus vu ces émotions si positives pulser de l'homme depuis qu'il avait perdu une partie de son âme si merveilleuse. Les lèvres exsangues s'ouvrirent plusieurs fois et se refermèrent comme un poisson hors de l'eau. Le golem de chair aurait voulu crier son amour pour Malorie à la face de ce monde corrompu, le défier de venir lui ravir celle qui avait vu au-delà de l'amas de chair disproportionner et sanctifié de ce corps affreux et de ses carences intellectuelles. Mais vu le passé disons explosifs entre les deux femmes, le monstre de foire ne savait pas si la vérité sera bien accueillie ou non. Un choc si énorme pourrait compromettre la rémission difficile de la musicienne. Une honnêteté et une sincérité désarmante résonna alors de la bouche de cauchemar du chainon manquant.

Robert- Je suis heureux que tu sois de retour à la maison. De revoir les yeux remplis de joie de Gabriel et des autres.

Ensuit, il se tut un instant. Jugeant le risque trop grand de parler de l'ange de l'innocence qui l'avait accueilli dans son cœur et inonder de son amour, la lie de l'humanité releva les yeux vers la forme gracile, mais brisée qui était à ses côtés. Des yeux remplis d'un doute, d'incertitude, était facilement déchiffrable pour l'être Donc une petite voix, presque suppliante et pathétique, s'exfiltra de la gorge monstrueuse de l'homme difforme.

Robert- Je vais te parler de l'autre truc qui me rend heureux quand tu seras guéris ok? Je suis bien et je crois que c'est ce que tu voulais pour moi? Connaître ce que toi et Gabriel vous éprouver maintenant.

Les doigts massifs de l'homme difforme tambourinèrent un peu, laissant entendre une des partitions que Sandra avait écrit pour lui. Inconsciemment sa mémoire lui envoyaient des indices de ses anges trépassés. Soupirant lentement, le colosse balafré continua sur sa lancé avec douceur et tendresse.

Robert- Je t'aime ma sœur… Euh… Merci de me laisser t'appeler comme ça… Euh… Mais ce qui est bizarre c'est quand je pense à ce mot, je te vois toujours et aussi une autre dame… Euh… Très flous, mais avec des cheveux longs brun.

Soulevant ses épaules énormes et massives en signes d'impuissance, le géant ressemblait à l'homme doux et remplis de bonté d'autrefois. Les hésitations dans la voix, les « euh » caractéristiques de son ton lent et rocailleux. Portant sa main rugueuse à son menton volontaire, Bobby continua avec ce ton rassurant.

Robert- Ça doit être mon imaginatruc… Euh… Le mot pour rêver tu sais… Euh… J'en veux pas à personne. Ce qu'ils ont dit c'était vrai… Euh… Et j'aimerais un truc.

Avalant sa salive, les mains immenses se tordirent alors avec nervosité.

Robert- Tu pourrais me tenir au courant à l'avenir? Je veux que tu sois heureuse et bien tu sais… Euh… Comme quand tu voulais pas me voir… Euh… Je t'écrivais des trucs et je les envoyais sous la porte… Euh… Tu n'as pas à te battre seule. On est là pour toi tu sais... Euh... Je serais toujours là pour toi... Euh... J'avais peur pour toi et je m'ennuyais. J'ai même été parler à Rosalie et Sandra pour toi.

Continuant tout bonnement sans se rendre compte de sa dernière phrase, l'erreur de la nature continua tout doucement.

Robert- Tu allais plus les voir alors je m'occupais de leurs tombes tu sais… Euh… Je fredonnais un truc et j'ai eu envie de chanter… Euh… J'ai jamais chanter tu sais… Euh.. Tu veux me parler de ta famille, de Sandra et de Rosalie? J'aimerais les connaître.




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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: The broken anglel sanctuary   Mer 31 Aoû 2016 - 9:53

Ses sourcils se froncèrent vraiment cette fois. Bobby lui avouait purement et simplement qu’il avait trouvé l’amour, mais avec qui ? Il n’aurait pas fait autant de cérémonie si c’était Abigail ou Breann ; à moins que ce ne soit… Aori ? Certes, elle s’était persuadée qu’elle était homosexuelle à cause de sa relation avec Flann, mais ça ne voulait pas dire qu’elle ne lorgnait pas sur l’autre bord. Leur médecin attirée était discrète, ça pourrait être son genre d’avoir une relation secrète parce qu’elle ne voulait pas qu’on pense qu’elle avait trop vite fait son deuil de la libraire… non ? La musicienne n’en savait trop rien en vrai. Elle n’était pas assez proche de la mère adoptive d’Arun. Pour abréger ce suspens, elle eut envie de prétendre qu’elle était guérie, mais voilà que le géant enchaînait sur autre chose. Il parlait de sa sœur…

Sa gorge s’assécha soudainement, jusqu’à devenir douloureuse. Les avant-bras épousant la rambarde, Selene laissa sa tête tomber jusqu’à ce que son front repose sur sa peau sensible. Il ne se souvenait toujours pas. Il ne se souvenait toujours pas, et elle n’avait pas envie de jouer à la comédie, pas aujourd’hui. Quand elle se tourna enfin vers son ami, ce fut pour essayer de lui sourire. Les coins de ses lèvres amorcèrent leur extension avant de retomber prématurément ; elle n’y arrivait pas. Le voile de tristesse qui pesait sur ses traits était trop lourd.

- J’ai pas trop envie d’en parler maintenant, répondit-elle d’une voix étranglée, quand je serai guérie, peut-être.

Finalement, ce n’était pas si dur. Voler une excuse et remettre le sujet à plus tard. Ses yeux se replongèrent dans le néant, ses cheveux cascadèrent sur ses épaules frêles. C’était tellement adorable, qu’il souhaite l’accompagner, la protéger, œuvrer pour son bonheur. Mais comment lui expliquer que désormais, les règles n’étaient plus si simples ? Qu’il y avait des tas de choses qu’il ne pourrait pas comprendre – ou qu’il souffrirait de comprendre. La musicienne préférait qu’il n’apprenne jamais ce qui s’est passé à Tacoma mais alors, ce secret dressait entre eux une barrière invisible. Selene avait conscience que ce comportement l’éloignait de la plupart des gens, hormis Abigail et Gabriel, mais elle ne savait pas faire autrement.

- Mais je te dirais la prochaine fois que quelque chose se passe, mentit-elle.

Cette fois pourtant, elle réussit à sourire. Elle s’en voulait, car c’était un peu comme duper la naïveté d’un enfant, mais c’était pour son bien. La pianiste l’avait toujours pensé : qu’un jour, il faudrait que leurs routes se séparent, sinon elle entraînerait son ami au fin fond des enfers avec elle. Jusqu’à aujourd’hui, elle n’avait rien fait pour l’empêcher de la suivre, parce qu’elle était lâche. Elle avait peur de se retrouver seule, d’affronter ses propres démon à un contre mille. Mais désormais… sa voie était claire et nette. Le géant ne pouvait pas la suivre, car il y avait d’autres personnes qui avaient besoin de lui – des gens qui le méritaient bien plus.

…tu as parfaitement raison…


L’étudiante sursauta et se retourna pour voir l’apparition qui n’existait que dans ses délires. Cette réplique sans visage de sa propre apparence, l’incarnation d’une voix glacée et inexpressive. La lèvre inférieure de la jeune femme tremblota alors qu’elle se détournait, cherchant à l’ignorer.

…Je suis là, Selene… même si tu ne me regardes pas…

- Tu veux bien…, commença-t-elle à demi-ton, je vais retourner m’allonger… désolée.

Et l’autre rit. Un rire qui résonna dans chacune de ses blessures, griffa sa peau marquée, trépana sa tête lourde. Ses paupières se pressèrent l’une contre l’autre alors qu’elle cherchait à faire abstraction, mais ça ne faisait que renforcer l’hallucination. Une main s’enroula sur son poignet, froide, fine. En ouvrant les yeux, la musicienne se retrouva face à son illusion. Elle poussa un cri en se libérant, ramenant son bras contre elle, la sensation désagréable du gel se rependant jusque dans son coude. La réplique s’était volatilisée, brusquement, la laissant seule avec un Bobby qui ne devait pas comprendre ce qui se passait…


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MessageSujet: Re: The broken anglel sanctuary   Mer 7 Sep 2016 - 8:13

Le géant au cœur si pur, mais parsemer de si nombreuses plaies sanguinolentes, fit soupira tout doucement. Le mensonge de l'ange d'ivoire venait encore une fois glissé sur l'innocence et la sollicitude trop grande de l'être difforme et crédule. Se redressant de toute sa taille imposante doté de muscles disproportionnés, le regard calme et rassurant du mineur engloba les alentours du phare. De toutes les personnes qui habitaient dans ce lieu qui ressemblait à une carte postal d'un autre monde, la pianiste avait toute la confiance de la créature affreuse et laide comme le pécher. Il pourrait tout faire pour sa sœur d'âme, quitte à aller toquer aux portes de Lucifer pour lui faire un doigt d'honneur. À part Aori, l'ange à la peau de porcelaine avait su garder intact la flamme de la foi vacillante en l'humanité que Robert portait au plus profond de son être. Cette lumière qui semblait reluire comme un phare au milieu de la tourmente et des ténèbres de cette nouvelle existence chaotique. Les autres, par leurs actes de barbaries et de bestialités, avaient secouées le monstre de foire juste dans son âme. Gabriel que Robert avait hisser au sommet de son amitié à cause de sa gentillesse s'était transformé en une furie hurlante au regard de cendres de fureurs. Abigail s'était refermé totalement sur elle comme une huître, devenant imperméable aux paroles de tempérance de celui qui aurait tout fait pour elle. Comme si l'influence néfaste de l'enseignant avait déteint sur l'innocente Irlandaise. Entendant la demande simple de l'artiste à l'âme si pur, Bobby hocha la tête pour lui signifier son accord.

Mais un spectacle qui noua les tripes de l'homme totalement dépasser se produit. Une lutte imaginaire, entre sa sœur d'âme avec un esprit démoniaque. Quelques paroles qui ne semblaient pas destinées à l'ouïe faiblissantes du mineur et ensuite un mouvement de répulsion. Les orbes glacées à la bleuté boréale de l'ange n'étaient que deux océans où l'effroi et la panique semblaient faire chavirer sa raison. Se plaçant devant elle, fouettant l'air pathétiquement de ses bras immenses en faisant de moulinets, le colosse semblait sur le bord de la rage. Fureur qui bouillait dans le corps phénoménal de l'être abject, car il ne pouvait pas absorber la douleur de Selene, de combattre sa peur et sa détresse. Il ne pouvait que s'occuper des menaces tangibles, de subir les blessures physiques de ceux que Bobby considérer comme des êtres divin. Il était un monstre et c'était dans sa destinée d'encaisser les revers de fortune pour laisser à ceux qui le méritaient de survivre un jour de plus. De sa voix douce et rassurante, oubliant totalement le ton rocailleux habituelle, la pathétique créature parla avec sollicitude et tendresse.

Robert- Selene c'est moi Robert. Tout va bien c'est fini. Viens te coucher ok?

Les mains de Bobby étaient tendus maintenant vers l'avant dans un signe universel d'apaisement. Voyant alors que le regard bleuté semblable à un glacier de la jeune femme se focalisa sur sa silhouette trapue et difforme, les yeux océaniques se firent affectueux et tendre. Une aura de quiétude et apaisante pulsa hors des pores de la peau sanctifiée du monstre de foire pour calmer l'angoisse qui glaçait les veines de la musicienne. Un peu comme si une promesse venait de se formuler entre les deux êtres si semblables et si différents. Que le mineur sera toujours là pour celle qui lui avait donné sa chance, une famille adoptive et de la compassion alors que d'autres avaient promis une amitié si belle avant de se dissiper totalement dans la nature. Escortant l'ange vers son lit de souffrance, la bête au cœur si lourd de tristesse regarda la jeune femme se hisser avec difficulté sur le matelas. Prenant la couverture, il l'emmena à la main douleur de Selene et ensuite il s'assit tout près comme une gargouille à peine sculpter sur le toit de Notre-Dame. De sa voix devenue rocailleuse, le mastodonte dit alors avec les accents de son cœur douloureux.

Robert- Je vais t'aider pour les médicaments Selene. Ensuite je vais trouver un docteur pour t'aider à être heureuse et de chasser les méchants esprits… Euh… Je vais fouiller chaque endroit pour t'aider ma sœur je te le promet… Je ne plus que tu souffres...

La sollicitude, l'affection et la tendresse qui se dégageait de l'homme si durement éprouver était véridique et sincère. Il ne reculerait devant rien pour permettre à l'ange d'ivoire d'espérer un meilleur avenir.



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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: The broken anglel sanctuary   Jeu 8 Sep 2016 - 18:38

Selene s’accrocha à la voix du géant pour ne pas sombrer. Une violente crise paranoïde s’était déclenchée, entraînant sa raison dans un tourbillon chaotique. La réalité s’étiolait, se mêlant aux murmures qui la trépanaient. Machinalement, elle suivit Bobby à l’intérieur de la maison, mais ses lèvres ne cessaient de s’agiter en murmurant des « Non-non-non… ». Les efforts de son ami étaient admirables, la musicienne se concentrait sur lui, mais ses pensées se déstructuraient complètement.

A quel moment s’était-elle allongée ? Oublié. Mince. Le colosse lui avait dit quelque chose, mais elle n’avait pas pu saisir quoi. Sous son crâne, l’orage grondait. Elle n’était pas à l’aise. La couverture brûlait les parcelles de sa peau qu’elle effleurait, la jeune femme l’écarta brusquement. Ensuite, elle ferma les yeux, rideau sur ses orbes bleus baignés de démence. Un théâtre d’horreur se grava alors, restituant dans le désordre les épisodes les plus violents, ou les plus tragiques, de sa survie. Selene eut soudainement l’impression de s’enfoncer dans un liquide poisseux. En ouvrant les paupières, elle découvrit alors qu’elle coulait littéralement dans un bain de sang. La marée rouge vermeil imbibait son matelas, gorgeait ses draps, ses vêtements, recouvrait ses épaules.

Paniquée, la musicienne hurla à nouveau, cherchant à s’extraire du gouffre qui l’aspirait. Impossible. Son corps refusait de bouger, tétanisé, glacé par le liquide. Elle tourna alors la tête sur le côté, pensant rencontrer Bobby, mais la silhouette fine calmement assise à ses côtés lui coupa le souffle. Cette chevelure cuivrée, cet air éternellement triste, ces épaules frêles, …

- F-…Flann ?! réussit à articuler la pianiste, comment ?... pourquoi ? Tu…
- N’ai pas peur Selene… laisse-toi aller… tu ne veux pas me rejoindre ? Je suis seule ici…
- I-ici ? Qu’est-ce…

L’étudiante n’eut pas le temps de finir sa question. Le sang la couvrait totalement désormais, enserrait son cou, s’engouffrait dans sa bouche. Plus vrai que nature, le goût de fer l’enivra, anesthésia sa langue. Arôme synonyme de sa torture, la seule sensation qui ne s’était pas altérée. Le parfum du sang, la saveur de la vie qui l’étouffait. Selene ferma les paupières, agitée de spasmes, elle était sur le point de se noyer quand sa vision vola en éclat. Bruyamment, elle reprit sa respiration en se redressa dans le lit. Son corps tout entier cria de douleur, la tête lui tourna, lourde, et retomba sur son oreiller.

- J’ai vu Flann…, murmura-t-elle en apercevant Bobby, j’ai vu Flann… elle… seule… je dois… je dois…

Son discours s’effrita, apocalyptique. Un nuage de voix enflait toujours, prisonnier de sa boîte crânienne. Des larmes perlaient aux coins de ses yeux bleus alors qu’elle secouait la tête de gauche à droite. Déconnectée. Déphasée. Malheureuse.

- J’ai vu Flann, répéta la musicienne comme un mantra, j’ai vu Flann… j’ai vu Flann…

Combien de temps l’avait-elle scandé ? Impossible de savoir. Son esprit refusait de s’accorder, les pensées intelligentes mourraient dans l’œuf. Il ne restait plus que cette incantation, signe d’un choc traumatique qui la coupait du monde. Et quand bien même sa voix s’éteignait, les lèvres de Selene continuaient de bouger, faiblement. Jusqu’à ce qu’elle s’endorme… que sa folie feigne s’apaiser, pour se dissimuler dans un sommeil chimérique. Un cauchemar en plusieurs actes.


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