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 The broken anglel sanctuary

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Selene Sweetnam
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MessageSujet: The broken anglel sanctuary   Lun 22 Aoû 2016 - 18:34


Selene avait cessé de compter les jours, parce qu’elle avait perdu le fil. En sacrifiant l’intégralité de leur maigre stock d’antibiotique, d’antidouleur, et presque tous leurs pansements, Aori avait fait des merveilles. Chacune de ses plaies était propre, couverte, suturée au besoin, alors il ne restait plus qu’à laisser le temps faire son travail. Le temps, et le repos. Ses bleus et ses ecchymoses étaient à moitié résorbés, le bout de ses doigts torturés commençait enfin à reprendre une couleur normal. Chaque parcelle de sa peau restait hypersensible pourtant. Ses nerfs étaient fatigués, engourdis, alors même le frottement des couvertures – ou la douceur d’une caresse – lui était désagréable.

La musicienne était encore trop faible pour rester debout très longtemps. Les pires moments, ça avait été le début. Quand il fallait la porter ne serait-ce que pour aller aux toilettes, et la tirer de son sommeil réparateur pour la nourrir et l’hydrater. Pas de perfusion, pas de médecine moderne. Alors il était primordial qu’elle continue à s’alimenter par voie normale, sous peine de grever les dernières forces de son corps frêle. Elle avait fait un peu de fièvre et de nombreux cauchemars. Quand ce n’était pas la douleur qui l’éveillait, c’était la voix de Gabriel, ou bien les sueurs froides qui lui donnaient l’impression qu’une main glacée arrachait la chair de son visage.  

Désormais, la pianiste était plus éteinte que jamais. Brisée, humiliée, mutilée, marquée. Car certaines cicatrices ne partiront certainement jamais, à l’instar de ce « A D » gravé sur son buste à la lame par Jonah. Un animal. Comme avec l’ivrogne qui l’avait abîmée, Selene se sentait trop épuisée pour ressentir de la haine. Elle était perdue dans sa propre tête, prisonnière d’un état second. Chaque claquement de porte, chaque bruit trop brusque la faisait sursauter. Dès que la nuit tombait, invincible puisqu’ils n’avaient pas de lumière, les chimères se matérialisaient. Terrifiantes. Et les apparitions… combien de fois la jeune femme avait-elle cru voir Jonah entrer dans la pièce ? Ou son frère ? Ou Zack ?      

Sa chambre était un mausolée, parfaitement taillé pour son corps. Sa vie était un leurre : elle pourrissait de l’intérieur, réduite en pièce par les événements des dernières semaines. Comme Icare, elle avait voulu voler trop haut, et une chute mortelle aurait été plus clémente que celle-ci. Ça aurait été simple de quitter son tombeau, de s’extirper de ses draps mortuaires comme une momie et franchir la porte. Aller sur la terrasse, ou sur le phare, profiter des derniers rayons estivaux. Car ils étaient au nord-ouest du pays, là où l’été ne s’attardait pas puisque l’automne était trop impatient de se manifester.

Aujourd’hui, elle avait de la chance. Pas de migraine, pas d’hallucination, pas de crise de panique, même la voix dans sa tête était muette. Ses deux yeux bleus pouvaient s’ouvrir parfaitement depuis quelques jours et pour l’heure, ils étaient tournés vers la fenêtre. Le ciel était pur. Quelques mouettes passaient de temps en temps dans son champ de vision. Elle imaginait les barbecues de poisson dont avait parlé Abigail et un sentiment amer l’étouffa aux larmes. Dire que c’était ce qu’elle avait voulu… quand ils s’étaient tous trouvés, avant les chasseurs, avant Flann. Qu’ils forment une famille unie et qu’ils trouvent dans cette fin de l’humanité quelques moments de bonheur.

Puis elle songea à son père, d’abord, ensuite à Duncan, même à Ziggy. Que penseraient-ils de ce qu’elle était devenue ? De ce qu’elle avait enduré ? Elle se sentait si sale et si vulnérable… la musicienne n’osait pas s’avouer vaincue, pourtant, Jonah avait ravivé quelque chose qu’elle pensait avoir dépassé depuis plusieurs mois : la peur. Pas la peur de lui, non, mais l’essence même de la terreur viscérale qui rognait ses entrailles aux premiers jours de l’épidémie. La crainte de voir débarquer une armée de morts-vivants, ou d’autres problèmes… parce qu’elle ne saurait pas se battre. La guerrière était à terre et n’avait plus ni son épée, ni son armure. Elle n’était rien d’autre qu’une gamine privée de ses illusions.

Selene n’entendit même pas la porte s’ouvrir. Elle était en pleurs, aveuglée par les larmes. Des pleurs d’enfant, d’humaine, de jeune femme. Ceux de quelqu’un qui réalisait que sa vie n’était plus rien.


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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: The broken anglel sanctuary   Mar 23 Aoû 2016 - 6:19

Voilà plusieurs jours que la résurrection de Selene s'était produite. Un peu comme le renouveau des quatre saisons de Vivaldi. Grâce à son endurance phénoménale, Robert s'était rétabli rapidement des blessures qu'il avait récoltées lors du sauvetage de son ange d'ivoire. Mais depuis son traumatisme d'avoir vu mourir les êtres les plus importants de sa vie, le géant balafré se sentait à l'étroit dans le phare. Trop de monde et peu de place firent qu'il dut prendre une décision crève-cœur dans un sens. Il devait aller vivre un peu plus loin de sa famille adoptive.

Plusieurs points jouaient à la faveur de ce plan qui avait germer dans l'esprit lent de la chose immonde et proscrits de tous. Dans un premier souffle, le mastodonte avait invoqué l'espace, la proximité des auras superbes des membres de la faction avec la sienne corrompu et laide à souhait. Il ne voulait pas entacher celle d'Aori, d'Arun et Breann. Déjà qu'il avait terrorisé la journaliste avec sa déclaration d'amour. Robert avait parfaitement compris le refus de la belle. À part Malorie, aucune femme ne lui avait dit de si belles paroles transcendant de beauté et d'amour. Aussi la jeune femme ne voulait pas habiter avec ses détracteurs de Brionn. Habitant à une bonne distance du refuge du phare était un compris acceptable pour la belle de la bête. Aussi bientôt l'hiver allait arriver en grand pas. Les plaines à perte de vue n'offrait aucune ressources forestières pour se réchauffer et bâtir quelques défenses que ce soit. Donc il s'était dénicher un campement sur le versant d'une montagne. Le géant balafré s'était senti revivre grâce à l'affection de celle qui occupait maintenant ses pensées. Il continuait de faire son travail quotidien. À savoir travailler sur les terres de la ferme des Whellers comme stipuler dans les accords entre Selene et Hope. Ensuite le sosie du monstre de Frankenstein travaillait au phare pour l'entretien de l'endroit et les défenses. À la toute fin il revenait le soir souper et essayer dormir un peu. Mais des cauchemars épouvantables, des scènes d'horreur ou deux inconnues zombifiés essayaient de lui parler, le réveillait en sursaut. Souvent les traits atypiques déformés par une terreur sans nom.

Aujourd'hui pourtant c'était une journée sans réel obligation. Malorie était partie en reconnaissance, laissant Robert seul à la maison. Le colosse, quoiqu'un peu inquiet pour celle qui avait permis à son cœur émietter de reprendre de la vigueur, avait foi en les capacités de son aimée. Se promenant dans la forêt pour choisir le prochain tronc qui allait tomber devant la puissance de ses coups de hache, un heureux hasard avait littéralement bondi sur le chemin du golem de chair. Une biche insouciante qui avait mourut les yeux exorbités par la flèche meurtrière que le chasseur disproportionner venait de décrocher. Vidant sa proie de l'instant, le regard bleuté du géant se perdit dans l'étendue de ses souvenirs. De ses chasses avec la musicienne et de l'Irlandaise. De ces moments où leurs complicités étaient complètes. Juste à un certain moment où l'ange d'ivoire et celle à la chevelure doré avaient commencés à l'éviter tout simplement. Même Gabriel lui avait crié dessus quand le monstre pathétique avait essayé de lui faire entendre raison à propose de Zack. Il avait reconnu une des rares lueurs d'humanité vacillante de ce monde de folie dans les yeux de l'enseignant et Robert ne voulait pas qu'elle s'éteigne dans la barbarie de la torture. Il y avait trop de viande pour leur couple, le géant décida donc d'emmener la carcasse au phare.

Et le voici donc dans le refuge, montant les marches de la rédemption et du pardon. Il rencontra Aori dans la cuisine qui lui dit que Selene prenait du mieux. Ce qui fit naitre sur les lèvres exsangues du colosse balafré un sourire de soulagement emmêler de gratitude. La jeune asiatique lui fit signe d'aller la voir. Le cœur du géant fut alors saisit de doute. Il savait que la pianiste ne voulait plus le voir, mais Robert désirait la saluer au moins. Peu avant sa disparition, il avait écrit de sa main malhabile des mots journaliers bourrés de fautes d'orthographe qu'il glissait chaque jour sous la porte de sa chambre. Lunatique comme trop souvent à son tour, le golem de chair se rendit devant la porte du sanctuaire de l'ange déchu. Entendant des sanglots, le côté grand frère du mineur refit surface et d'une main hésitante il poussa le battant. Voir sa sœur d'âme couverte de bandage et pleurant à chaude larmes lui comme un train de marchandise d'émotions qui percuta la pathétique créature trop empathique. Aussitôt il se décala pour aller la réconforter avant que sa gêne ne l'empêche. Déposant une main rugueuse et tendresse sur la peau de soie de l'ange d'ivoire, le géant tendit un mouchoir de tissus rouge. Une voix rassurante, apaisante sorti alors de la gorge monstrueuse de l'homme difforme.

Robert- Tu es en sécurité Selene. Tu veux que je vais chercher de l'eau? Une personne? Euh... Tu sais que je t'aimes et que tu importante pour moi. Je suis heureux de te revoir enfin...

Se rendant tout à coup compte qu'il ne devrait pas être là, que la pianiste ne voulait plus le voir même en peinture, la rougeur gagna alors le faciès monstrueux de golem de chair. Les cernes et la balafre de sa joue ressortait dans le visage aux traits dures et atypiques. Se décalant avec célérité, comme si le corps de la jeune femme était devenue un brasier infernale, le mineur se réfugia près de la porte.

Robert- Désolé Selene... Euh… J'ai pris un daim et je me suis dit que vous tous aimeraient la bonne viande. Je dois retourner couper du bois.

L'homme qui abattait plus d'une vingtaine d'heures de travail par jour pour la sécurité de sa famille adoptive se sentit alors mal à l'aise dans ces lieux qu'il avait pourtant permis à pacifiés…



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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: The broken anglel sanctuary   Mar 23 Aoû 2016 - 21:41


Le contact de la main de Bobby sur sa joue la fit sursauter. Brûlant. Presque douloureux pour ses sens abîmés. Ses yeux s’écarquillèrent de terreur avant que ne réalise que ce n’était que son ami. Son plus vieil ami dans ce monde mourant, sans doute le plus dévoué aussi. Serrant doucement ses doigts fins sur le mouchoir de tissu qu’il lui tendit, Selene revoyait le film des derniers mois. Comme leurs moments de complicités s’étaient amenuisés, notamment depuis l’épisode atroce de la découverte du phare. La musicienne ne savait même pas si elle lui en voulait, si elle était malade, ou si elle souffrait. Ses pensées et ses émotions avaient pris l’effroyable habitude de se disloquer, de se déchirer, de s’emmêler…

Après avoir épongé ses larmes, alla se redressa légèrement dans son lit, non sans grimacer à cause de ses blessures et du glissement du tissu sur sa peau sensible. Ses cheveux châtains étaient noués d’un chignon rapide, négligé, mais plusieurs mèches rebelles tombaient devant son regard. Elle les écarta avec des gestes lents et précautionneux. Le bout de ses doigts lui faisait encore mal.

- Reste… s’il te plait. Juste un peu.

L’étudiante soupira. Elle revoyait leur histoire, comme un film affreusement nostalgique. Leur rencontre dans les ténèbres d’un magasin abandonné, la fuite au travers la horde, la façon dont elle s’était laissée aller dans ses bras, le diner qu’ils avaient partagé. A cette époque, c’était la première fois qu’elle partageait un repas avec quelqu’un depuis le début de l’épidémie. Ils n’avaient pas beaucoup parlé, le cœur trop lourd, mais la jeune femme se souvenait qu’elle ne se sentait pas encore aussi… « aliénée ». Elle pensait encore que les choses pouvaient s’arranger, qu’elle ne changerait pas trop, que la solution à la survie était de rejoindre Ziggy et Juliane.

- Je veux bien un peu d’eau s’il te plait.

Alors que le géant s’exécutait, le filin de ses souvenirs continuait à se dérouler. Quand elle l’avait retrouvé au chalet, heureuse et soulagée de le savoir en vie, quand ils faisaient leurs expéditions ensembles, quand ils se racontaient des choses au coin du feu, quand il lui apprenait à utiliser l’arbalète, quand il lui parlait de sa famille… qu’est-ce qui avait changé depuis ? Selene réalisa que ce n’était pas lui. Pas vraiment. Elle reprochait à la gentillesse du colosse de s’être fanée, mais peut-être n’était-il pas responsable. Peut-être… elle ne savait plus. Petit éclair au niveau de la plaie qui avait failli la tuer. Ses traits se crispèrent momentanément quand elle saisit le verre d’eau.

- Merci, elle but lentement une gorgée, du bout des lèvres, et eut une petit moue désolée avant de reprendre : t’as vu ce qu’on devient… ?

Ou plutôt, ce « qu’elle » devenait ? Dans son lit de convalescente, la musicienne se sentait un peu comme ces vieilles personnes qui regardent le passé avec tristesse. Elle avait l’impression d’avoir quitté son appartement depuis des années et d’avoir pris 30 ans en quelques semaines. Ça ne l’étonnerait même pas que ses cheveux blanchissent d’ici l’année suivante. Luttant de toutes ses maigres forces pour esquisser un sourire, elle déclara faiblement :

- Merci… d’être toujours là…

En vérité, il n’existait pas de mot pour exprimer sa reconnaissance de voir que le géant la soutenait encore, envers et contre tout. Selene espérait qu’il accepte de rester. Simplement de s’assoir sur une chaise, comme une gargouille s’assurant que plus rien ne viendrait la blesser. Elle ne supportait pas les contacts et n’aurait peut-être pas la meilleure des conversations mais… il lui suffisait de sentir sa présence.


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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: The broken anglel sanctuary   Mer 24 Aoû 2016 - 8:20

Le colosse fit un sourire remplis de gentillesse, de tendresse et surtout d'affection envers l'ange alité. Celle-ci devait savoir que le mineur pourrait tout faire pour elle, la protéger et même mourir si ça pouvait laisser une chance à sa sœur d'âme de vivre une autre journée dans ce monde chaotique et dément. Remarquant une vieille chaise de bois tout près du lit, les pas pesants et gauche de la colline humaine les portèrent vers ce meuble. La chaise était très âgée, tremblante et patiné par les nombreux propriétaires qui se sont la légués. Prenant le dossier fatiguer avec sa main dont les doigts étaient aussi gros que les barreaux du meuble, Robert l'installa tout près du lit aux mille douleurs. Mais avant de s'asseoir, son regard océanique se posa sur la forme chétive allonger sous des draps minces. Son cœur torturer par des centaines de lacérations s'émietta davantage, son côté empathique subissant de plein fouet cette douleur muette. L'âme pure et protectrice du géant aurait tellement voulu subir les affres corporelles et les tortures à la place de l'ange d'ivoire. La pianiste avait endossé le rôle de chef sur ses épaules frêles, combattant sur tellement de front en même temps que son énergie était maintenant puisée dans son esprit indomptable. Elle ne méritait pas de souffrir à l'instar de lui. Il était un monstre de foire, une erreur de la nature et Robert croyait qu'il était sur cette boule de boue que pour être martyrisé à la place de ceux qu'il croyait être des anges descendus du paradis pour inonder la noirceur de leur présence flamboyante et rassurante.

Il devint un instant lunatique, son esprit le renvoyant dans ses souvenirs doux et rassurants. Une chambre d'hôpital où était allongée une adolescente à la chevelure de bronze en fusion. Bobby avait l'étrange sensation de la connaître et en même temps de ne pas savoir c'était qui exactement. Un peu comme un déjà-vu. Il se revoyait lui-même, les bras chargés d'oreillers emprunter dans un carrosse de fourniture de literie. Le rire cristallin de la jeune femme en devenir quand les gestes lourdauds et gauche du mineur entassait les oreillers pour en faire un dossier. Ensuite les deux êtres ayant une pureté d'âme aveuglante commençaient à … chanter. Au moment présent, un sourire s'était déposé sur les lèvres exsangues du sosie de la créature de Frankenstein. La belle savait, à force de le voir ainsi depuis de nombreux mois, que la bête repensait à un souvenir ou le bonheur et la peine devaient être intimement lié. Un souvenir de sa famille défunte. Les yeux bleuté, semblables à deux océans calmes et apaisant, se fixèrent de nouveau dans la dure réalité. La voix rocailleuse, mais dont une bonté absente depuis quelques temps venait de renaître, s'éleva avec douceur dans le sanctuaire de l'ange déchu aux ailes cassés.

Robert- Attend Selene j'ai une idée. Je reviens ok?

Démontrant une célérité que peu de gens pouvaient soupçonner, le golem de chair alla récupérer quelques oreillers dans les chambres avoisinantes. Revenant avec quatre coussins supplémentaires, il confectionna un nid douillet pour la musicienne en convalescence. Les gestes des bras massifs de l'homme difforme n'étaient que douceur et prudent, ne touchant aucunement le corps gracile et souffrant de sa sœur d'âme. Ensuite, avec précaution et retenant son souffle, le géant balafré à la joue s'assit lentement sur la chaise vacillante. Il plissa même des yeux dans l'attente que le meuble centenaire casse net sous son poids massif. Mais à sa grande surprise la chaise usée tient bon. Attrapant le verre d'eau de la main faible de la pianiste, le colosse difforme le déposa sur la table de chevet. Déposant ses mains immenses et rugueuses sur ses genoux, le colosse plongea son regard bienveillant et remplis de bonté dans les orbes glacés de l'ange brisé. Tous les discours du monde ne pouvait remplacer ce que les yeux de l'homme affreux, des fenêtres ouvertes sur son âme pure et trop humaine pour ce monde de ténèbres, véhiculaient comme amour et tendresse.

Robert- Pas besoin de dire merci. Je te l'ai dit ma soe… Selene. Que je serais toujours là. Un peu moins car j'ai déménagé. Vous laissez plus de place pour un temps.

Voyant le regard troublé de son ange à la chevelure noir de jais, le goliath à l'armure de chair sanctifiée expliqua le pourquoi.

Robert- J'ai trouvé une petite maison dans les bois près de la montagne. J'ai toujours aimé la forêt tu sais. Je suis entre le phare et la ferme. Comme ça je travaille aux trois endroits. Monsieur Whellers dis que le travail est en avance car je travaille là. Il doit vouloir être gentil. J'ai fait quelques défenses ici et je coupe du bois et je chasse à la cabane. Pour cet hiver je ne veux que personne ait froid.

Avec cette simple explication, certes un peu tortueuse comme un sentier dans la forêt, le mastodonte démontrait son dévouement pour sa famille adoptive. Il travaillait sur trois fronts, maintenant une alliance sûrement provisoire et planifiant le long hiver qui viendra bien trop vite. Une lueur espiègle, véritable joie et bonheur retrouver pour quelques instants, traversa le regard océanique de l'homme trop souvent diminuer. Sa main plongea dans la poche de sa chemise, autrefois repaire de sa photo plastifiée de ses anges trépassé, pour en sortir une barre chocolaté. Déchirant l'emballage scintillant du trésor sucré, le mineur fit un petit sourire mélancolique.

Robert- C'est moi qui ai le chocolat donc je commande. Tu t'en souviens c'est toi qui m'a dit ça lors de notre première rencontre. Tu en veux avant qu'Arun ne voit le chocolat, car il ne va plus en avoir tu sais. Ce que tu as dit, on est un peu plus user, mais l'important c'est qu'on est là et que je suis heureux que tu sois là. J'ai trouvé un vrai piano. Je te le répare et te l'emmène si tu veux, pour la magie que tu fais avec la musique.



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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: The broken anglel sanctuary   Mer 24 Aoû 2016 - 17:59

La musicienne termina son verre d’eau et le confia à Bobby qui le posa sur la table de chevet. Il racontait qu’il avait déménagé. Pourquoi ?! Elle n’était pas au courant. Un sursaut de son âme de leader voulut poser plein de questions : savoir où, comment, jusqu’à quand, ce qu’en pensaient les autres… mais elle était trop faible pour ce genre de discussion. De toute façon, le géant apporta quelques explications auxquelles Selene se contenta de hocher la tête. Elle avait la sensation de ne pas avoir vu Hope depuis bien longtemps. Était-elle au courant de ce qui lui était arrivé ? De ce que les siens avaient fait pour la retrouver ? Il allait falloir qu’elle lui parle.

Avec un éclat espiègle dans le regard, le colosse fourra sa main dans sa poche pour en sortir – la pianiste l’aurait deviné – une barre chocolatée. C’était devenue une espèce de code entre eux deux, et ça l’amusait toujours de voir comme il prenait ça au sérieux. A défaut de pouvoir rire, un grand sourire illumina quelques instants le visage encore un peu marqué de l’étudiante. Comme très souvent, Bobby touchait par ses intentions. C’était cet homme là qu’elle avait perdu ces derniers temps, c’était celui-ci qu’elle voulait retrouver.

- Tu devrais la garder pour Arun, suggéra la jeune femme avec un air complice, il en a plus besoin que moi.

Oui. Le pauvre enfant vivait dans un monde sans mère, sans camarde, sans liberté. Il avait besoin de petits riens de ce genre. Oh pourtant, les autres faisaient un travail remarquable. Breann, Aori, Gabriel, Bobby, même Abigail prenaient un peu de temps pour lui. Il n’y avait que la pianiste qui n’y arrivait pas. Impossible de savoir si c’était parce qu’il lui appelait Flann, ou parce qu’elle se sentait indigne de lui. Même avant tout ça, avant d’avoir été violée… elle avait la sensation que ce petit méritait mieux que ce qu’elle offrait. Un endroit où il pourrait courir librement, se faire des amis, se dégourdir un peu, et pas craindre chaque fois qu’une menace arrive ; ni fréquenter des criminels. Car ça aussi, ça avait changé. Personne ne lui en avait encore parlé, mais Selene savait qu’aujourd’hui, ils avaient tous été coupable – ou complice – de quelque chose qu’il était impossible d’oublier… tout ça par sa faute.

Les larmes revenaient avec cette rechute émotionnelle. Heureusement, la porte s’ouvrir doucement pour laisser passer la silhouette menue d’Aori. Ses cheveux étaient noués en une queue de cheval impeccable et son tee-shirt devait être le plus blanc de sa garde robe. A tel point que la musicienne se demanda si elle faisait exprès pour bien montrer qu’elle était le docteur. Ses traits étaient toujours impassibles. La blessée supposait que son aînée, qui n’avait jamais approuvé tous ses agissements, validait encore moins tout ce qui s’était passée ces dernières semaines. Mais elle n’était ni méchante, ni mesquine, alors elle s’occupait de leur benjamine avec une attention infaillible.

- Comment tu te sens ? demanda-t-elle non sans froncer des sourcils interloqués devant le rempart de coussins assemblé par le géant.
- Ça va, répondit immédiatement la musicienne.

Aori pencha la tête sur le côté et croisa les bras, comme une grande sœur à qui il était impossible de raconter n’importe quoi. Elle attendit quelques secondes avant d’insister doucement :

- Selene, comment tu te sens ?
- …ça fait mal, avoua-t-elle en baissant les yeux.

D’ailleurs, elle essaya de se redresser encore un peu mais interrompit son geste en grimaçant. L’ancienne étudiante vétérinaire devenue médecin s’approcha. Consciente de la sensibilité de sa patiente avec les contacts physiques, elle procéda le plus lentement et le plus délicatement possible pour apposer sa main sur son front et estimer sa température. Pinçant légèrement les lèvres, elle s’écarta en soupirant.

- Je suis désolée, on n'a plus rien pour faire passer la douleur. Je vais voir avec Harold s’il peut partir te chercher quelque chose. On n’a pas encore exploré tout le coin depuis qu’on est là, je suis sûre qu’il peut trouver.    

La pianiste hocha la tête, conciliante, consciente que son aînée essayait surtout de la rassurer. Mais elle n’ignorait pas que l’acteur ne risquait pas de dénicher autre chose que des aspirines dans les baraques de Tala point ; et elle aurait besoin de quelque chose d’un peu plus fort.


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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: The broken anglel sanctuary   Ven 26 Aoû 2016 - 23:01

Le colosse prit la barre chocolatée et la cassa en deux parties plus ou moins égales. Avec un petit sourire, luminosité brièvement retrouvée qu’avec quelques rares élus, le golem de chair plongea son regard océanique et calme dans les reflets froids qui faisaient penser à des orbes glacés de l’ange d’ivoire. Une telle humanité, une cascade de bonté passa rapidement dans iris de l’homme de Cro-Magnon. SA voix douce, murmure faisant rappeler à du gravier qui s’écoulait d’une pelle en un amas indistinct, s’éleva dans l’atmosphère d’une béatitude presque surnaturelle de la chambre.

Robert- Vous allez en avoir un chacun. Pas de chicane et tu as en besoin aussi.

La créature empathique ressentit alors la déferlante de la tristesse qui s’accumulait dans l’être de l’ange brisé et déchu. Bobby allait dire quelque chose, n’importe quoi pour renverser la peine et essayer de faire changer les idées noires qui avaient obscurcirent les penser de sa sœur d’âme quand la porte s’ouvrit. Un grincement salvateur, un peu comme la trompette d’un régiment de la cavalerie qui venait d’arriver sur les lieux d’une embuscade fatale. Sans un mot ni un son, la gargouille à peine sculptée assise sur la vieille chaise de bois regarda l’ange de la guérison faire son petit miracle journalier. Aori était la seule, à part le monstre de foire, à avoir bravé les quolibets et les remarques des tortionnaires de Zack. Breann avait décidé de ne pas parler, affligé par la perte du chef de leur famille. Souvent les deux êtres à l’humanité trop forte pour ce monde apocalyptique avaient soigné de leur mieux les sévices du pauvre homme. Et dès que le regard noisette de l’asiatique se releva de la forme protester de la pianiste alitée, un doux courant passa entre les deux rescapés de la folie ambiante. Un lien doux, bienveillant et fraternel s’était tissé entre le géant au cœur torturé et la jeune femme. Sans un mot, le colosse immonde se leva et étreint avec douceur le corps gracile et superbe de l’ancienne vétérinaire. Celle-ci se lova avec tendresse sur le corps disproportionné, heureuse de retrouver cet allié et frère des plus loyales. Se juchant sur la pointe des orteils, Aori déposa un doux baiser de bienvenu sur la joue de Robert, celle-là même ou la cicatrice ignoble courait librement. C’était un tableau touchant, presque hors du temps, de voir la menue docteure réfugiée dans les bras rassurants et doux de l’homme difforme et immense. La voix chantée, presque musicale de par son ton joyeux de l’instant, effleura l’ouïe amoindrie de l’erreur de la nature.

Aori- Je suis heureuse de te voir. Ça fait presque deux semaines que tu n’es pas entré ici. On s’ennuie, moi et Arun tu sais.

Redonnant la liberté de mouvement à l’être doté d’une aura divine aveuglante, l’être des ténèbres soupira doucement.

Robert- Beaucoup de travail à la ferme et aussi dans les bois. Je ne veux pas m’imposer, aussi tu le sais.

La japonaise balaya la dernière remarque de la main comme si l’absurdité la rendait hors d’elle.

Aori- Ne soit pas idiot Robert. Ici c’est chez toi autant que nous tous. Tu continues de nous aider même après ce qu’il s’est passé et tu es un membre du groupe.

Le géant souleva ses épaules immenses comme pour chasser ce douloureux souvenir. Gabriel et Abigail lui criant des insultes, le torturant psychologiquement sans le savoir réellement. Dès que Selene fut en sécurité dans le refuge, le colosse était parti sans un mot, ne comprenant plus les gens avec qui il partageait le quotidien depuis de si nombreuses semaines.

Robert- Je veux aider ma famille, tu sais. Je vous aime tous du plus profond de mon cœur, mais je dois laisser le temps de tout replacer. J’y pense je vais m’occuper des trucs forts pour ma soe… Selene. J’ai des médicaments dans mon sac en attendant.

Se tournant le dos pour farfouiller dans le sac à dos aux couleurs criardes typiquement associé aux adolescentes, le golem de chai produisit un sac en bandoulière militaire avec une croix rouge dessus. Le tendant sans aucune hésitation au médecin du groupe, il expliqua son origine.

Robert- Près du chalet il y avait deux mordeurs habillés en soldats. Un avait un casque comme les pilotes dans les films. L’autre ressemblait à ceux qui soignent sur les champs de bataille. Son sac était intact. Aussi je peux aller voir dans les bois le refuge d’animaux, au cas où il y aurait des médicaments tu sais. Harold devra rester pour surveiller ici non?

Pendant que l’Asiatique fouillait dans le sac, ses yeux s’agrandissaient de surprise devant les fournitures et les médicaments encore utilisable, Bobby donna le morceau de chocolat pour le petit garçon. Ensuite il fit un petit sourire ou la candeur et la bienveillance innée de la créature luisaient de mille feux.

Robert- Si tu veux Selene, je pourrais t’emmener dehors et profiter du bon air et du soleil. Papi disait que c’était les meilleurs médicaments dont on avait besoin. Tu sais, je ne te ferais pas mal et je vais y aller doucement…



Perdre les gens qu'on aime vous affecte en profondeur. La douleur est ensevelie dans votre corps, votre âme et votre cœur. Et en résulte alors un énorme gouffre de souffrance et de douleur. Ce gouffre peut transformer un être de lumière en ténèbres...
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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: The broken anglel sanctuary   Sam 27 Aoû 2016 - 16:48

Selene avait hoché la tête suite à la proposition d’Aori, n’ayant de toute façon pas de meilleure solution, et assista comme spectatrice à son échange avec Bobby. Ainsi ça faisait si longtemps qu’il était parti ? Même s’il n’était pas loin, c’était étrange de le savoir en dehors du phare. Il était un membre de cette famille recomposée, sa place était ici, pas à mi-chemin de la ferme Wheeler. La jeune femme ne dit rien mais observait intensément son ami pendant qu’il dévoilait sa trouvaille médicinale. Pourquoi ? Pourquoi tenait-il à mettre une distance entre lui et les siens ? Elle supposait que bien des choses s’étaient passées pendant son absence mais…

- Il y a un peu d’aspirine, nota leur médecin après fouillé dans le sac, je t’apporte un verre d’eau, et après tu pourras prendre l’air, ok ? Mais ne force pas trop, conseilla-t-elle en passant la porte, tu te remettras moins vite si tu te fatigues.

La musicienne hocha la tête avec une petite moue d’enfant sage. Effectivement, aller sur la terrasse prendre quelques rayons de soleil et respirer l’air marin, ce serait parfait. Rien que pour quitter cette pièce et cesser un instant de sentit l’odeur de sa propre mort, rôdant encore comme un fantôme, alors que l’heure n’était pas venue. Elle prit son inspiration, deux fois, et amorça son mouvement pour se relever. Sa tête semblait encore lourde, sa blessure au ventre tira, sa brûlure au torse cria en frottant le tissu. En position assise, la pianiste fit une pause pour grimacer, yeux fermés, avant de pivoter pour extirper ses jambes des draps. Ses mains appuyées sur le rebord du lit, elle attendit qu’Aori revienne. Elle portait une espèce de pyjama masculin, à la couleur imprécise et un peu trop grand.

- Pourquoi tu es parti, Bobby ?

Selene le regarda de ses yeux bleus, ceux de la sœur qui ne tolérait aucun mensonge. Parce qu’elle savait que le géant avait tendance à se dénigrer, elle savait aussi que leur nouvelle maison était petite, mais… était-ce une raison pour qu’il choisisse de vivre à part ? Ils avaient tous besoin les uns des autres et le colosse ne faisait pas exception à la règle. S’il se faisait attaquer là où il était ? S’il lui arrivait quelque chose et que personne ne l’entendait pour lui venir au secours ?

L’ancienne étudiante vétérinaire revint, un autre verre d’eau et un cachet à la main. La musicienne la remercia d’un sourire en attrapant le médicament pour ensuite tout boire d’une traite. Plus qu’à attendre que ça fasse effet – au moins un petit peu – pour tenir jusqu'à ce que Bobby, ou Harold qu’importe, lui trouve quelque chose de plus fort. Elle rendit son verre à la nippone, qui s’éclipsa alors que la pianiste essayait de se mettre debout. La plante de ses pieds lui faisant encore un peu mal et elle sentait une faiblesse dans ses jambes. Refusant toutefois que son ami l’aide, notamment parce que tout contact était désagréable, elle se fit violence pour se redresser et faire un premier pas vers la sortie. Histoire de faire plaisir au géant, parce qu’elle n’avait pas faim, Selene avala la moitié de barre chocolatée avant de reposer sa question :

- Pourquoi tu es parti ? Qu’est-ce qui s’est passé ?

Avec précaution, non sans quelques exclamations étouffées, la jeune femme évolua jusqu’à l’extérieur. Il faisait un temps radieux, certainement plus de 25°C. Dans une autre vie, elle aurait certainement pensé qu’il ne manquait que des transats sur cette terrasse pour que le cadre soit idéal. La musicienne n’était pas tellement fan des cures solaires, mais elle parierait que Breann – voire Abigail ? – aurait adoré s’offrir quelques heures de détente en bronzant. Quand le vent marin s’engouffra dans ses cheveux, elle sursauta ; elle avait oublié cette sensation.

- Tu peux tout me raconter… tu le sais ? En plus… j’ai l’impression que tu ne dis pas quelque chose.

Elle haussa les épaules mais ne délogea pas son regard du sien. Ce n’était pas qu’une impression en fait c’était… comme une révélation instinctive. Qu’avait-elle manqué dans la vie du géant, depuis que ses nombreuses préoccupation l’avait détournée de leur complicité originelle ?


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MessageSujet: Re: The broken anglel sanctuary   Aujourd'hui à 4:52

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The broken anglel sanctuary

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