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 Etched in your skin, etched in your mind

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Selene Sweetnam
leader | Messiah
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MessageSujet: Re: Etched in your skin, etched in your mind   Jeu 20 Oct 2016 - 20:34


Elle n’avait rien entendu de toute la scène. Il n’y avait que les images ; floues, altérées, incertaines. Ses paupières s’abaissaient au ralenti, comme si elles menaçaient de ne pas se relever à chaque battement. Gabriel avait riposté en mettant aussi Zack à genoux, lui collant son flingue derrière le crâne. Impossible de vraiment dire pourquoi, mais ça lui fit mal de voir ça. Peut-être parce que l’instituteur avait toujours eu cette aura de pacifiste confirmé. Il voulait l’échange, la paix, le dialogue, les secondes chances… mais il n’était pas comme ça. Pas le genre d’homme qui menaçait d’en exécuter un autre.

Elle l’avait perverti. Son œuvre, son héritage – parce qu’elle allait mourir, elle le sentait. Pourquoi avait-il fallu qu’elle le mette à l’épreuve ? Comme cette fois, dans les bois, quand les trappeurs avaient attaqué le chalet. Selene n’avait pas oublié sa requête, son ordre : aller voir si l’agresseur était vivant, ou bien… ça n’avait pas été dit explicitement, mais c’était ce qu’elle voulait. Ce que son aîné avait compris. Ce qu’il avait fait. Il avait toujours été à ses côtés, envers et contre ses actes, ses pensées, ses blessures… et en échange, elle l’avait aliéné. Oui, regardez tous : ceci est la seule chose qu’on retiendra d’elle ; comment elle avait empoisonné un homme bien. Une fièvre qui l’avait rendue cruel. Fou.

Brusquement, les bouchons sautèrent. Son œil valide fixa son petit ami, intensément, pour qu’il soit la dernière chose qu’elle voit. Malgré le bâillon, la musicienne essaye de murmurer quelque chose, mais personne n’y comprend rien ; forcément. L’arme l’avait devancée pour exploser dans son oreille, se répercutant douloureusement dans la moindre fibre de son corps. Sa tête tournait, ça sifflait, la luminosité semblait descendre petit à petit. Est-ce qu’il l’avait touché ? Elle n’était même plus en état de le savoir.

A partir de cet instant, la jeune femme avait déconnecté. Elle sentit vaguement qu’on la remettait brusquement sur pieds, que des bras puissants la soulevaient de terre, mais c’était comme lorsque l’ivrogne de Tacoma la violait. Son esprit s’était échappé de son enveloppe charnel et flottait dans une dimension incertaine, imprécise. Selene ouvrit difficilement un œil, mais elle ne vit ni Bobby, ni Gabriel, ni personne d’autre penché sur elle. Elle vit Flann. Son visage si doux enveloppé de ses mèches cuivrées.

« C’est fini », assura l’image de son amie, « tu vas pouvoir rentrer avec les autres maintenant. »

« Comment… je t’ai vue… les chasseurs… », la pianiste avait du mal à articuler. Pourtant, ce n’était que dans son délire qu’elle s’exprimait. Dans le monde réel, son corps brisé était installé à l’arrière d’une voiture, aux côtés de l’instituteur. Elle avait même l’impression d’entendre sa voix, mais les sifflements étaient encore trop forts, alors que les paroles de la libraire lui parvenaient distinctement.

« Il faudra plus que ma mort pour m’empêcher de veiller sur toi, pas vrai ? », l’étudiante eut toutes les peines du monde à froncer ses sourcils, mais Flann comprit immédiatement, « Je ne te l’ai peut-être pas dit, pourtant… tu étais comme une petite sœur pour moi. Alors je ne serai jamais très loin. »

« Je ne comprends pas… »

Pas de réponse. L’apparition lui sourit. Un de ces sourires légers et nostalgique dont la libraire avait le secret, puis elle s’estompa ; sa fantaisie également. Selene reprenait conscience de ses membres endoloris, de sa poitrine brûlante, de sa faiblesse extrême. La culpabilité et les remords se mélangeaient jusqu’à bourdonner dans son crâne lourd, mais en même temps, elle avait pensé ne jamais les revoir. Elle pensait ne jamais « le » revoir. Ça valait bien de se concentrer, pour rassembler ses forces inexistantes, et faire ramper misérablement une main jusqu’à ce que ses doigts entre en contact avec ceux de Gabriel.

Il y avait quelque chose qu’elle voulait lui dire de vive-voix… elle lui avait même écrit sur un papier avant de courir à sa mort, mais… impossible de mettre le doigt dessus. Ses pensées se déchiraient, elle sombrait dans l’inconscient. Oh… trop tard. Elle venait de se souvenir.

Je t’aime.

… s’il te plait, ne me laisse plus partir.


Go back and forward, but all is melting like the snow ♪ Taking all from us, all we thought was left to know ♪ On what we treasure falls a dusty snow ♪ taking us backwards, but where we will never know.
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Breann Yates
Messiah
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MessageSujet: Re: Etched in your skin, etched in your mind   Dim 23 Oct 2016 - 22:42

Lorsque la voix rocailleuse de Robert s'éleva suffisamment haut pour que je puisse également comprendre le moins de ses mots, je me sentis frissonner de peur. Faites qu'il ne tente pas le diable avec ces hommes, qu'il ne fasse pas encore une fois trop confiance aux gens... Mais son intervention tombait bien, sinon ils n'auraient jamais terminé de s'envoyer des piques pendant que nos otages respectifs souffraient en silence. Oh, ça me tuait d'être la snipeuse alors que j'aurais pû être utile aussi pour calmer le jeu ! Je dus prendre une grande inspiration pour calmer mes tremblements et m'empêcher de faire une bêtise. Il n'est pas dit que mes nerfs seront la cause du capotage de notre opération !

Je me contentais donc de surveiller d'en haut les faits et gestes des gens, braquant le canon de mon fusil sur la tête du plus vieux du groupe « ennemi ». Hors de question que Robert se fasse tirer dessus comme un lapin après qu'il ait exigé les pourparlers. Tout se passe bien, jusqu'à ce qu'un bruit de détonation manque de me faire appuyer également sur la gachette. L'autre grande gueule ne saura jamais à quel point il est passé près de la mort. J'aurais été concentrée sur lui au moment où il tirait, il aurait devancé Selene là-haut. Je soufflais doucement par la bouche, choisissant de relever le canon pour ne pas être tentée et continuer à simplement observer la scène. Enfin, nous procédions à l'échange d'otages demandé. Il faudra que nous remercions Robert à la juste valeur de son acte de bravoure lorsque nous serons rentrés chez nous, car il a indubitablement sauvé la vie de Selene. Tel que Gabriel et Abi étaient partis, nous en aurions eu pour au moins deux jours de plus.

Les otages presque revenus dans leur groupe d'origine, la grande gueule me nargua une nouvelle fois, plus par obligation pour rester dans son personnage détestable que par réelle envie de provoquer un nouveau drâme. Etant de bonne composition et assez intelligente pour ne pas agir à l'inverse de ses recommandations juste pour le principe, je restais dissimulée, me contentant juste de lui tirer la langue dans un pur élan de puerilité. Abruti, va. Récupère ton ami et allez-vous en, vous avez fait assez de conneries comme ça, ne me tentez pas davantage maintenant que vous ne pouvez plus menacer directement les membres de mon groupe. Les observant avec attention, je gravais chacun de leurs traits dans ma mémoire, me jurant de les éviter coûte que coûte à l'avenir. Hors de question de jamais les recroiser un jour, pas après ce que ça nous avait coûté.

J'attendis que mon groupe sorte, observais les autres hommes s'occuper de leur blessé et quitter les lieux à leur tour, puis descendis enfin de mon perchoir, exténuée. Quelle pression, alors que je n'avais même pas réllement participé à l'échange ! J'avais les nerfs en pelote, je n'osais imaginer l'état dans lequel devait se trouver tous les autres. Et il n'allait pas s'arranger lorsque nous soignerons les blessures de Selene... J'arrivais silencieusement et discrètement à notre voiture, m'installais à l'arrière avec Selene inconsciente et Gabriel, observant les deux avec une inquiètude non-dissimulée. Qu'est-ce que cette expérience allait avoir comme conséquences sur notre groupe et tous ses membres ?




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Zack M. Atkins
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MessageSujet: Re: Etched in your skin, etched in your mind   Lun 24 Oct 2016 - 9:44


Le temps s'égrenait à une vitesse atrocement lente, plus les secondes passaient et plus le blond doutait du fait qu'ils puissent tous sortir indemnes de cet échange ; quoi que s'en sortir sans mal était déjà foutu au vu de son état pitoyable et de celui de la dingue en face. Peut-être qu'ils n'allaient pas rentrer, aucun d'eux, et qu'il finirait par crever comme un con. Au fond, cette perspective ne l'attriste que partiellement, ç'aura juste été franchement bête d'avoir enduré tout ça pour rien, sa seule motivation étant encore de tuer tous ces moins que rien de ses propres mains. Et s'ils mouraient avant et qu'il n'était plus mû par cette petite vengeance, toute perspective d'avenir deviendrait alors tellement fade.

Concentré sur ses réflexions qui lui firent oublier un court instant chaque parcelle de douleur qui recouvrait désormais son corps, Zack sursauta vivement quand le géant hurla des directives. Il le fixait d'un air un peu hagard avant de lâcher un reniflement plein de dédain. Était-il conscient qu'il risquait de faire tuer tous ses copains avec son super plan ? Bien, super. Comment t'as fait pour être encore en vie avec des conneries pareilles hein ? se dit-il, ne pensant pas une seule seconde que c'était bien lui qui s'était fait attraper, pas le grand nigaud et ses plans pourris.

L'homme d'affaires observa son groupe baisser peu à peu leurs armes. Ils étaient un peu en sous effectif comparé à ce groupe d'empotés, mais le plan de Bobby avait légèrement tourné la donne en leur faveur. De là où il était, le captif dû plisser les yeux pour comprendre que Jonah ôtait les bouchons d'oreille de son otage avant qu'un coup de feu assourdissant ne retentisse dans tout l'entrepôt. Le publicitaire avait tiré. Sur elle ? Non. Aussi mauvais soit-il, Zack avait confiance en lui : il ne ferait rien tant qu'ils ne l'auraient pas récupéré. Le blond n'avait pu s'empêcher de se crisper en sentant la rage évidente de Gabriel derrière lui, son sursaut ; il aurait tout aussi bien pu l'achever, là, sur place. Ç'avait été un foutu coup de chance.

Le géant s'approcha, tirant sans ménagement sur son bras pour le relever. Toutes ses douleurs se réveillèrent, si bien qu'il ne pu retenir un grognement plaintif ; la poigne de Bobby le serrait trop, la souffrance du sol sous ses pieds encore douloureux à cause des brûlures était difficilement supportable. S'il n'avait pas eu ce bâillon, nul doute qu'il aurait insulté le nigaud de tous les noms possibles ; au lieu de ça, il se contenta de ronchonner un baragouinage incompréhensible, ses yeux empreints d'une douleur immense agrémentée d'une colère noire. Il l'aurait aussi ce grand là, quand il irait mieux. Il les aurait tous.

Les quelques mètres le séparant des siens lui semblaient interminables, et en toute contradiction, le nigaud le traînait presque trop rapidement pour que son corps ne suive. Il manqua de choir à plusieurs reprises, ses jambes le lâchant par moments, retenu uniquement par cette poigne qui enserrait douloureusement son bras, un peu plus et il risquait de lui démener l'épaule ; nul doute qu'il aurait un bleu de plus, sa peau claire ayant toujours tendance à marquer trop vite.

Arrivé à la hauteur de son groupe, le blond se laissa récupérer par Nick, grimaçant légèrement à se sentir enserré alors que ses côtes brisées à peine quelques jours plus tôt manquèrent de le faire tourner de l’œil une nouvelle fois. Rapidement, le brun lui retira son bâillon tandis que les deux frères ne quittaient pas des yeux le groupe en face et que le géant s'éloignait avec la tarée. Ils n'étaient pas encore tirés d'affaire mais déjà les sons environnants n'étaient plus qu'un bourdonnement lointain aux oreilles du blond. Ne pas flancher maintenant, pas encore, encore un peu de force. « On rentre. » ses mots n'avaient été qu'un murmure à peine audible mais le cadet semblait les avoir entendu. « Tu peux marcher ? »  Serrant les dents, Zack se contenta de hocher la tête ; il pourrait marcher oui, mais pas seul. Hors de question cependant de l'affirmer, et dès les premiers pas en direction de l'extérieur, Nick n'eut d'autre choix que de le soutenir pour qu'il ne tombe pas.

L'homme d'affaires fit de son mieux pour ne pas ralentir la cadence ; ils devaient se tirer de la sans plus tarder. Malgré toute sa volonté cependant, la douleur accumulée n'était que trop lourde à supporter. Il était à bout, autant physiquement que psychologiquement, et l'impression que son corps se brisait un peu plus à chaque mouvement acheva ses dernières volontés. Sa vue qui était déjà méchamment brouillée s'assombrit d'un coup. Il ne senti pas la nouvelle douleur de son corps tombant lourdement au sol, il ne sentait plus rien à dire vrai. Les trois hommes auraient tout aussi bien pu le laisser là, inconscient, qu'il n'aurait même pas senti le moindre putride le bouffer.

FIN



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MessageSujet: Re: Etched in your skin, etched in your mind   Aujourd'hui à 17:30

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