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 Etched in your skin, etched in your mind

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Gabriel Fowler
Messiah
WALKING WITH THE DEADS
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MessageSujet: Etched in your skin, etched in your mind   Sam 20 Aoû 2016 - 16:15

Le 10 août 2016 ...

Elle était vivante ! Aucune autre pensée ne parvenait plus à détrôner celle-ci de son esprit. Depuis l'instant où Zack le lui avait annoncé, il n'avait plus eut que cette idée en tête. Selene était toujours en vie. Tout ce qu'il avait fait endurer à Zack, ce qu'il avait été prêt à lui faire endurer… mais que les autres l'avait empêché d'accomplir...  il l'avait fait parce qu'il avait cru que plus rien ne l'attendait. Si Selene était morte, alors pourquoi s'encombrer de sentiments. Alors il avait simplement éteint l’interrupteur de ses plus belles émotions, ne laissant la place qu'aux plus sombres. Mais maintenant qu'il savait... Maintenant qu'il avait un espoir... il aurait dû ressentir du remord, de la honte, ou dieu sait quoi encore... pourtant, il ne parvenait pas à se sentir coupable.

Il avait prit place au volant sans même consulter les autres et à présent qu'ils étaient arrivé au point de rendez-vous, il sentait une sorte d'angoisse s'emparer de lui. Oh il n'avait pas peur de mourir, ni même de tomber dans une embuscade. Non. Il avait peur que cet espoir ne se mette à le fuir. Il craignait de découvrir que tout ceci n'avait été qu'une vaste fumisterie et que Selene n'avait jamais été en vie tout ce temps. Que ces fumiers n'aient apporté que son cadavre en décomposition. Ou pire encore, son corps ramené à une fausse vie. Jamais il ne supporterait d'être confronté à pareille vision.

Le visage fermé, les yeux emplis de haine et de colère, il gara la voiture et coupa le moteur sans ménagement. Sortant de la voiture sans un mot, il fit le tour du véhicule et ouvrit le coffre avec violence. Dedans, le corps malmené de Zack était étendu, du sang ayant coulé de ses blessures les plus récentes pour venir tâcher ses vêtements en lambeaux et le tapis du coffre. Le saisissant brutalement par le bras, il le redressa et le fit sortir de l'habitacle. Sans force, celui-ci s'étala sur le bitume, le sac qu'il avait sur la tête l'empêchant de voir où il était ou ce qui l'attendait, le dessous de ses pieds nus affichant les brûlures encore douloureuses qu'il avait subi. Lui assenant un coup de pieds dans le bas du dos, Gabriel lui somma de se relever d'un ton calme et sec.
« Debout connard. Plus vite que ça ! »
Voyant qu'il ne pouvait pas se relever seul, il l'attrapa sous le bras et le remit sur pieds. Il chancelait et ils ne seraient pas trop de deux pour l'aider à marcher jusque dans l’entrepôt.

Ils étaient partis avec un peu d'avance pour être certain d'arriver avant les autres. Le soleil était déjà haut dans le ciel et il ne tarderait certainement plus à être midi. Gabriel avait garé la voiture assez proche de l’entrepôt. Tout était très calme et ils étaient assurément les premiers sur les lieux. Déposant Zack contre le mur du bâtiment, tout prêt de la plus grande porte d'accès, Gabriel se tourna vers les autres membres de Messiah alors que Zack se laissait choir sur le sol, adossé à l'entrepôt.
« On devrait s'assurer qu'il n'y a aucun danger immédiat. Le rendez-vous est pour bientôt. Si l'un de vous veut se dégonfler, c'est le moment ou jamais. Sinon, je suggère qu'on profite des quelques minutes d'avance qu'on a pour prendre l'avantage. »
Parlant un peu plus bas pour être certain que Zack n'entendrait pas, il s'adressa plus particulièrement à Breann.
« Ça a l'air plutôt encombré la dedans. Si on annonce directement notre nombre et notre force de frappe aux autres on perdra un gros avantage. Il faudrait que tu trouves un endroit où te planquer. Le mieux ce serait de te retrouver derrière eux quand ils arriveront. Comme ça, s'ils nous préparent un mauvais coup, tu pourras les prendre à revers sans qu'ils ne s'y attendent. Bobby est trop massif pour se cacher correctement. Et ils s'attendent à nous voir Abi et moi. Toi en revanche.. tu ne fais pas partie de l'équation. »
Il évita de mentionner le fait que de toute façon il ne faisait absolument pas confiance à Abi. Il attendit de voir si les autres avaient des suggestions puis ils mirent le tout à exécution. Zack étant solidement bâillonné, sac sur la tête et poignets entravés, et au vu de son état de faiblesse, il ne risquait pas de s'enfuir. Gabriel le traîna néanmoins jusque dans l’entrepôt d'où il pourrait le surveiller même en faisant un petit tour d'inspection.

Une fois que Breann fut en place, hors de la vue d'un quelconque arrivant, et dès lors qu'ils entendirent des bruits de pas s'approcher de l’entrepôt, il remit Zack sur pieds sans grand ménagement. Dès qu'il aperçut les silhouettes se profiler dans l'encadrement de l'entrée, il braqua son pistolet contre la tempe cagoulée de Zack. Le visage froid et impassible, il parvint à dissimuler son tressaillement lorsqu'il vit Selene. Elle était bien en vie. C'était tout ce qui comptait pour l'instant.


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Breann Yates
Messiah
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MessageSujet: Re: Etched in your skin, etched in your mind   Sam 20 Aoû 2016 - 23:36

Les nerfs en pelote depuis la grande révélation, j'évoluais dans un état semi-cotonneux. Le deuil que tout Messiah avait porté n'avait pas eu lieu d'être. Il n'avait eu aucune raison de l'être ! Selene, notre Selene, respirait encore, elle était toujours parmi nous ! Et nous allions la tirer des griffes du groupe de dingues sur lesquels elle était tombée. Je ne pouvais pas y croire... J'oscillais entre le soulagement, la joie et l'inquiètude la plus vive. Si elle était toujours en vie, mais retenue par ces hommes, je n'osais imaginer ce qu'elle avait pu traversé. Le sort semblait prendre un malin plaisir à s'acharner sur la pauvre jeune fille... Dans quel état allions-nous la retrouver ? Aurait-elle encore toute sa raison ? La sauvrions-nous pour mieux la regarder mourir plus tard à cause des sévices que ces mercenaires lui auraient infligé ? Si moi je m'inquiètais, je n'osais me représenter l'état dans lequel se trouvait Gabriel.

Silencieuse, assise près de lui sur le siège du passager, j'avais observé son profil et sa machoire qu'il n'avait pas desserré discrètement tout le long du trajet, tâchant de jauger son état d'esprit. Ferait-il preuve de discernement ? Allait-il oublier toute prudence et se jeter tête la première dans la bataille qui ne saurait manquer ? Je ne pouvais pas le dire, je ne savais plus à quoi m'en tenir avec lui. Jamais je ne l'aurais crû capable de s'acharner autant sur un être humain, si froidement et méthodiquement. L'homme que nous transportions dans notre coffre n'était plus qu'une loque. Son corps porterait longtemps les sévices qu'il avait subi en notre compagnie... Autant je ne pouvais pardonner l'homme que nous avions cru complice de la mort de Selene, autant je me révoltais contre ce traitement, qui mettait à mal notre propre humanité. J'étais persuadée que nous valions mieux que ça. Nous avions évité le jugement sommaire, mais nous avions toléré ce genre de traitement dégradant... Je ne supportais plus de l'avoir sous les yeux, j'aurais préféré que nous le lâchions dans la nature, livré à son sort, que nous soyons libérés de sa responsabilité. Je suis lâche, et je préfère me considérer du côté des « gentils ». Torturer, tuer directement quelqu'un... C'est trop me demander.

Mais je l'avais toléré. Et cela soulevait un énorme cas de conscience, dont je devrais tôt ou tard m'occuper. Mais après le sauvetage de notre chef.

Je descendis calmement de la voiture, laissant Gabriel s'occuper de notre prisonnier, détournant le regard pour ne pas le voir le malmener davantage. Ce que c'est moche, cette attitude... Je rentrais la tête dans les épaules, honteuse. Jamais, jamais, je n'aurais crû devenir complice d'une torture sans fin. Même si elle se justifiait. Toujours sans dire un mot, je suivis notre chef d'expédition, m'étonnant de ne rencontrer personne du groupe ennemi. Nous n'avions pas été particulièrement discrets, et nous étions très sûrement attendus... Personne n'avait eu la présence d'esprit de faire le guet ? Si c'était effectivement le cas, nous jouiions contre une équipe assez sutpide, ce qui nous aiderait à sauver rapidement notre amie. Mais cela me paraissaît gros. Notre prisonnier effondré sous son poids, Gabriel se retourna vers nous, entamant ses explications. Lorsqu'il mentionna la possibilité de se dégonfler, je levais les yeux au ciel et répondis avec humeur : « Mais bien sûr, tu en as d'autres des aussi drôles ? On sauve tous Selene, point barre, il n'y a pas d'autres options. » Mains sur les hanches, je l'écoutais ensuite m'exposer son plan, avec lequel j'étais d'accord. A force d'entraînement, j'étais devenue une très bonne tireuse, bien meilleure à ça qu'au combat rapproché. C'était une meilleure idée de me laisser prendre de la hauteur et surveiller ce qui se passerait du haut de mon perchoir que de me garder en bas avec les autres, où je ne serai d'aucune utilité dès lors que les pourparlers auraient cessé. « Alors je passe par la petite porte. J'ai remarqué les passerelles extérieures, on doit sûrement avoir une belle vue d'ensemble de là-haut. Sachez que je suis là pour vous couvrir. Quant à Robert... Ils ne s'y attendent pas non plus, peut-être que tu pourrais te cacher aussi et attendre le bon moment pour te dévoiler ? Ou alors tu peux aussi les suivre, en espérant ainsi les intimider d'entrée de jeu. A toi de voir, Robert. » terminais-je en m'adressant au géant, ancrant mes yeux dans le sien encore valide. Je me tournais ensuite vers Abi, hésitant à lui dire quoi que ce soit. J'optais pour la lâcheté encore une fois et me tournais vers la solution de facilité en souhaitant bonne chance à tout le monde avant de partir vers les passerelles d'un pas rapide, fusil de chasse à l'épaule, pistole à la hanche et munitions dans les poches.

Je gravis rapidement les quelques mètres de hauteur, me trouvais une planque d'où je pouvais observer la scène qui n'allait pas tarder à se dérouler sans être vue de personne, et armais mon fusil. Le cliquetis que j'avais appris à aimer me rassura. Je m'attachais les cheveux dans une queue de cheval stricte, fermais les yeux un instant. Nous allions tirer de là Selene, coûte que coûte. Relâchant mon souffle, je me mis en position de tir et braquais mes yeux sur le sol, à l'affut du moindre mouvement. Les mercenaires ne tardèrent pas à montrer le bout de leur nez. Je sentis mes lèvres se retrousser en une grimace lorsque je vis l'un d'eux tenir debout sans ménagement Selene, amochée, affaiblie, mais vivante. Je rassurais ma prise sur mon arme. Que je sache lequel d'entre eux s'était personnellement occupé d'elle, et il pourrait dire adieu à l'une de ses jambes. Et Dieu sait que nous en avons besoin, en ce moment...




"Pretty girls don't know the things that I know
Walk my way, I'll share the things that she won't"
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Zack M. Atkins
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MessageSujet: Re: Etched in your skin, etched in your mind   Lun 22 Aoû 2016 - 7:34


Combien de jours s'étaient écoulés depuis qu'il s'était fait lamentablement prendre par la blondinette ? L'homme d'affaire était incapable de le dire. Ils l'avaient laissé dans cette pièce dans fenêtre pendant un temps qui lui avait parut interminable, ne percevant ni les rayons du soleil ni les piaillements d'un quelconque piaf. Le temps avait semblé s'être arrêté et plus rien n'avait eu d'importance. Il avait tout perdu de toute façon, pratiquement en tous cas, alors ils auraient bien pu le crever là que ça n'aurait pas changé grand chose au reste du monde. Mais Zack n'avait pas envie d'en finir là. Aussi téméraire et dénué de toute crainte puisse-t-il être, il avait cette envie étrange de continuer à vivre, encore et encore. Pour quoi au juste ? Il s'était posé la question à plusieurs reprises, essayant de peser le pour et le contre, et il y avait vraisemblablement eut plus de contre que de pour. Et pourtant il était encore là, vissé sur cette chaise qui ne lui avait offert d'un confort médiocre. Lui, le gars de la haute qui se complaisait dans un luxe qui ne lui était pourtant pas destiné à la base, il avait mit un temps considérable à s'habituer à ce nouveau monde, accepter cette nouvelle condition de pouilleux. Mais ça... ce qu'il avait eu à supporter ici... il ne s'y était pas habitué et n'avait aucunement l'intention de le faire. Il les tuerait, même s'il devait y passer.

Et la porte s'était ouverte violemment pour une énième fois qu'il ne comptait même plus, pour la Dieu sait combientième fois, Gabriel était entré, sa gueule d'ange déformée par une haine qu'il ne prenait plus la peine de contenir. L'homme d'affaire avait penché la tête sur le côté, ses lèvres étirées en un rictus mauvais qui s'apparentait à un sourire. Il ne voyait plus très bien de l’œil droit tant celui-ci avait prit cher ; le coquard qu'il arborait n'était qu'une blessure parmi tant d'autre. Il s'était attendu à ce que l'instituteur parle, essaye de lui tirer les vers du nez, lui en mette une, mais rien de tout cela n'arriva. Au lieu de cela, il se retrouva avec un sac en toile sur la tête, bâillonné et finalement détaché de sa fidèle chaise. Où l'emmenait-il ? Peut-être aurait-il dû demander à garder la chaise, au moins ç'aurait été quelque chose de familier à quoi se raccrocher. Ne pouvant retenir un grognement de douleur quand le brun le tira violemment vers le haut avant de le pousser en avant, il pouvait aisément ressentir le frottement provoqué par ses côtes certainement brisées, le tiraillement dans ses doigts fracturés, et même les brûlures sur ses nombreuses plaies. Mais tout aussi étrangement, le corps du blond continuait à se mouvoir, comme si tout ce qu'il avait vécu n'avait pas été suffisant pour l'achever. Il s'était raccroché à quoi au juste ? Il y avait sans aucun doute bien plus de monde qui l'attendait là-haut que sur cette foutue Terre, alors pourquoi ne s'était-il pas simplement laissé mourir pour rejoindre les siens où qu'ils soient et rire avec eux des petites gens restés là en bas ? Une nouvelle poussée violente le fit s'affaler dans ce qui semblait être l'arrière d'un véhicule, la surface dure et froide n'était qu'un échos de ce sol qu'il avait également côtoyé ces derniers jours. Et alors il sut ce qui le maintenait en vie : la haine. Cette putain de haine qui pouvait amener le plus innocent des êtres à une vengeance sans nom. Il aurait sa vengeance. Le jour où il parviendrait à leur tomber dessus il les décimerait tous un à un, il les boufferait jusqu'au dernier, et il se taperait encore Gabriel, l'usant jusqu'à ce qu'il ne lâche son dernier souffle.

Soupirant bruyamment, Zack ferma les yeux un peu plus fort pour ne pas prêter attention à la douleur lancinante dans ses côtes causée par les soubresauts du véhicule sur la route irrégulière. Et après ça ? Après il s'attaquerait au reste du monde. Mais avant d'imaginer une quelconque revanche perdue d'avance, il lui faudrait rentrer au phare et attendre sagement le temps nécessaire pour se remettre sur pieds ; comme il avait tellement attendu que sa blessure au flanc soit entièrement cicatrisée avant d'aller s'aventurer dans les recoins de la ville. Sombre idiot.

Après un temps qui parut une nouvelle fois interminable, le véhicule s'arrêta. Des pas. Le coffre qui s'ouvre. On l’agrippe à nouveau avant de le relâcher un peu trop tôt et que le bitume ne lui brûle la hanche à peine recouverte par son tee-shirt qui ne ressemblait plus à grand chose ; ils aurait au moins pu le changer, le rendre un peu plus décent pour sa sortie ! La voix de Gabriel tout près de lui se fit entendre et, voulant lui répondre, seul sorti de sa bouche bâillonnée un amas incompréhensible de paroles. Il se releva non sans mal avec l'aide de l'instituteur et, une fois calé contre un mur, se laissa glisser au sol dans l'attente de la suite. Ils étaient où ? Pourquoi est-ce qu'ils l'avaient sorti de leur planque ? Fermant les yeux, l'homme d'affaire serra les dents fort sur son bâillon ; et maintenant ? S'ils avaient l'intention de l'abattre, qu'ils aient au moins le cran de lui ôter ce foutu sac. Mais les Hommes étaient trop lâches pour ça, affronter la mort c'était trop, surtout quand c'était eux qui avaient causé la mort en question. Ne pouvant retenir un reniflement de dédain, il stoppa néanmoins toute pensée en entendant quelques voix non loin de lui. Ils parlaient de quoi ? Quelqu'un d'autre allait venir ? Peut-être avaient-ils retrouvé leur copine ? Qui sait ce que Jonah en avait fait ? Repensant un court instant aux membres de son groupe, il pria un Dieu dont il ne se souvenait même plus le nom pour qu'ils n'aient pas été assez idiots pour revenir le chercher.

Et on le releva de nouveau. Comme à chaque fois, il peinait à tenir sur ses jambes flageolantes ; la plante de ses pieds était rougie par les cailloux au sol et les nombreux traitements dont il avait écopé, son jean pourtant à peine poussiéreux deux semaines plus tôt avait été raccourcis jusqu'aux genoux et laissait entrevoir les lésions qui ornaient ses mollets. Ses mains liées dans le dos, le blond faisait de son mieux pour ne pas respirer trop bruyamment dans son sac et risquer de ne pas entendre ce qu'il se passait autour. Pas de voix pour l'instant, simplement le contact bien trop connu du canon d'une arme à feu calé sur la tempe. Une nouvelle fois il marmonna bêtement jusqu'à se rendre compte que lui-même ne comprenait pas ce qu'il disait. Alors quoi ? C'était ça le jugement dernier ? Il avait été un tel salaud tout sa vie qu'il ne méritait même pas de regarder la mort en face ? Serrant un peu plus les dents, il regardait droit devant lui, dans ce sac sombre qui semblait être la dernière chose qu'il verrait.



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Abigail Breckenridge
Bras Droit | Messiah
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MessageSujet: Re: Etched in your skin, etched in your mind   Lun 22 Aoû 2016 - 9:10

La culpabilité. Ca l'avait dévoré. D'abord à travers la haine. Zack avait été la catalyseur, mais au fond, celle qu'elle détestait, c'était elle-même. Pendant un temps elle avait cru que sa colère était contre les deux hommes qui avaient fait basculé sa vie ces derniers jours. Mais elle ne pouvait que se rendre à l'évidence : celle qui était fautive, c'était elle. Elle avait causé la mort de « Claire », elle avait causé la mort de Selene... Du moins, c'était ce qu'elle croyait. Selene avait survécu. Au delà de la joie de la savoir envie, la culpabilité la rongeait toujours. Est-ce qu'elle lui en voudrait de l'avoir embarqué dans tout ça ? Est-ce qu'elle lui pardonnerait un jour ? Et est ce qu'elle même pourrait se le pardonner ? Certainement pas.

Abigail était restée silencieuse depuis deux jours et le resta durant tout le long du voyage jusqu'au lieu du rendez-vous. Le visage fermé et les yeux éteints, elle regardait défiler le paysage. Gabriel avait pris de l'avance et elle s'était habituée à sa haine. Après tout, elle ne pouvait que le comprendre. Elle s'était habituée aux regards accusateur de Bobby et à la quasi ignorance des autres. Elle avait conscience que tout cela était sa faute et à vrai dire, elle préférait faire profil bas et laisser le retour de Selene se passait le plus calmement possible.

La voiture se gara. Gabriel était déjà là avec Zack et elle ne l'écoutait pas. Elle observait l'endroit. Les portes, les passages... Elle voulait être certaine qu'il n'y aurait pas de débordements. Après tout, ils avaient à faire avec Jonah... Et ce n'était pas un enfant cœur. Il ne se laisserait pas avoir, ne se laisserait pas battre. Abigail soupira. Elle tenait fermement le Glock dans sa main droite, quelques munitions glissées dans la poche. Elle était fatiguée de se battre. Elle voulait récupérer Selene et partir. Ne plus jamais revenir.

Le reste du groupe s'éparpilla un peu, faisant le tour des environs pour que l'on s'assure que rien ne vienne encombrer l'échange. Elle marchait lentement, presque fantomatique, ses jambes lourdes. Son cœur battait dans ses tempes et elle avait envie de vomir. C'était sûrement une nouvelle forme d'angoisse. Et si Selene était belle et bien morte, en fait ? Si elle n'avait pas survécu ? Pire, si celle que Jonah leur rendrait n'était qu'un monstre assoiffé de chaire fraîche ? Elle tenta, en vain, de chasser de son esprit l'image de son amie, déformée par la mort.

Une fois le périmètre sécurisé par la faction, Abi revint vers Zack. Gabriel se tenait toujours à ses côtés. « On devrait aller se placer. » lança-t-elle d'une voix lasse sans même leur accorder un regard. Se positionner à l'intérieur c'était prendre encore un peu plus de l'avancer sur les autres. Chacun pouvait se positionner, armes brandies, si jamais ça tournait mal. Elle laissa Gabriel s'occuper de Zack pendant qu'elle se dirigeait vers l'intérieur de l’entrepôt.



 
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The night is when, the ghosts all come out. Playing with my head, spin it all around. This room is like a prison cell, I'm all by myself. I'm waiting for my friend to come and break me out.
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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: Etched in your skin, etched in your mind   Lun 22 Aoû 2016 - 14:04

La vieille moto suivait le véhicule en face de lui, tressautant à cause des nids de poules et autres imperfections de la route. Mais l’être impitoyable, répugnant et gigantesque qui maniait le guidon de ses mains immenses et rugueuses n’avait pas son habituel sourire niais qu’il arborait lors qu’il chevauchait la bête d’acier. Les traits atypiques de l’homme ressemblaient à une gargouille de granite balafré où la dureté n’était qu’un masque de résolution impitoyable. Mais dans les deux océans bleutés mouvementés où grondait une fureur légitime, une inquiétude tourbillonnait faisant naitre des moutons dans le passage des tsunamis qui alimentaient la haine de la pathétique créature. Une rage viscérale pour ceux qui avaient détenu une des rares personnes qui comptait encore pour le mineur s’était lovée dans les tripes du monstre de foire. Mais dans le même temps, une désillusion qui lui faisait saigner son cœur ayant déjà trop souffert par de multiples raisons. Les membres de sa famille d’adoption, des anges à ses yeux de créature impie n’ayant même pas le droit de respirer le même air qu’eux, venaient de subir une transformation atroce. Des actes de barbaries et de démences pour soi-disant soulager une peine et une douleur incommensurable s’étaient produits dans l’enceinte même de leur refuge. Aori et Arun, les deux seuls qui avaient gardé un soi peu d’humanité, avait passé les derniers jours à la ferme des Wheelers pour échapper aux sévices et aux cris inhumains que poussait le prisonnier que l’Irlandaise avait ramené avec elle.

Ayant enduré une vie de blessures autant physiques et psychologiques des gens voulant prouver leur supériorité sur la montagne de muscle disproportionné, le géant difforme savait surtout encaisser et ne pas riposter. De par son expérience limitée avec les individus dits normaux de la société, Bobby savait que l’escalade de la violence n’était jamais bonne pour personne. Trop souvent sa peau fut lacérée par des armes tranchantes et perforées par des projectiles d’arme à feu, car l’erreur de la nature s’était défendue. Mais pour le commun de mortels, quand la peur et le désir de vengeance s’emparer de leur âme, les gens pouvaient accomplir les pires bassesses et souffrances pour essayer de se débarrasser de leur mal de vivre de l’instant. Mais pour la créature empathique, qui avait décelé la tristesse de l’enseignant et la rage de lange à la chevelure doré, le choc fut au centuple. Il avait mis ces deux êtres d’exceptions sur la plus haute marche d’un podium, des émissaires de la bonté et de l’indulgence, car ils le fréquentaient et acceptait la répugnance de l’être. Mais voir leur sourire grandiose, leur visage aux traits divins incurver par la malséance démoniaque d’expulser leur haine à grand renfort de torture sur un être vivant ligoté et ficelé. Étant petit, le mastodonte avait subi des sévices de la part d’un des nombreux amants de sa mère. Il avait été molesté, violé, sanctifié par des petites lames et bruler par des cigarettes sur la peau pour la plus grande joie du sadique. Le garçonnet avait essayé d’expliquer les tortures endurées à la seule personne qui pouvait le protéger à l’époque, mais celle qui n’avait que l’apparence de matriarche n’avait pas daigné écouter son unique fils. Son monstre comme elle le plaisait à l’appeler…

Revoir Zack jour après jour devenir une loque, un pantin entre les mains sadiques des deux personnes qu’il croyait d’ascendance divine démolissait le géant. La nuit il dormait à la porte pour empêcher les deux tortionnaires de venir accomplir leurs œuvres macabres. Le jour le géant allait essayer de trouver le corps de sa sœur d’âme dans les premiers jours et ensuite accomplir les volontés de Jonah pour empêcher Selene de souffrir ou de mourir entre les mains du démon des croisements. Sous la menace, il devait rien dire. Ce qui lui en coutait horriblement vu les actes perpétrés dans le phare au nom d’une justice déficiente. Maintenant c’était la dernière heure d’une longue période de disputes aussi. Des confrontations entre le goliath et les anges déchus pour le sort du prisonnier. Les visites en revenant de ses explorations pour voir que la parole n’avait pas été tenue, que le sang avait de nouveau coulées. Robert essayait de s’occuper de Zack du mieux de ses maigres compétences pouvaient lui permettre. Le nourrir à la petite cuillère pour lui redonner quelques forces, lui faire des bandages de fortune pour endiguer la parte de fluide vital. De lui raconter ses journées pour lui permettre de s’évader en esprit.

Un vieil entrepôt commença à apparaître au loin, arracha de son état lunatique le colosse difforme. S’arrêtant tout près du véhicule à quatre roues, le motard disproportionné bascula le trépied de sa motocyclette. Tournant la clef du contact, le moteur s’éteignit dans une toux et le mineur enjambant le corps métallique. Suivant le trio à l’intérieur, le géant fronça les sourcils devant la brutalité de l’homme qu’il admirait en secret. Gabriel était gentil avec lui, avec sa carence intellectuelle qui aurait fait abandonner plus d’un. Le regard bleuté dur, mais étonnant doux de l’homme monstrueux se posa sur l’ange à la chevelure doré. Elle se mouvait avec autant de grâce qu’une âme en peine et son regard éteint fit serrer un peu plus son cœur immense. Encore une fois Robert regretta d’avoir grondé après l’Irlandaise. De lui avoir dit qu’elle aurait dû lui en parler de leur plan d’aller attaquer des gens. Que ça aurait dû être lui le prisonnier ou le mort. Non pas l’ange d‘ivoire.

Une parole de Gabriel fit relever la tête du golem de chair et lacérer un peu plus encore son âme si pure. Sa voix menaçante, intimidante et semblable à deux pierres qui s’entrechoquent s’éleva dans l’air confiné du lieu isolé et déserté depuis tant de temps.

Robert- Je ne vais pas partir… Euh… Pour ma sœur et pour ma famille, je pourrais tout faire…

Dans la bouche à la dentition mal alignée, cette déclaration était plus près d’un serment qu’une observation. Le monstre de foire pourrait se sacrifier pour n’importe qui dans ce groupe qui semblait de plus en plus distancé avec lui. Dernièrement Selene ne lui parlait plus, Abigail s’était montrée distante, Gabriel était soit avec sa douce ou bien en train d’endosser le rôle de tortionnaire. Breann et lui s’étaient reparlé et elle avait convaincu Robert qu’elle n’était pas la femme idéale pour lui. Mais dans le fond de son for intérieur, le colosse avait deviné la triste vérité. Aucune femme ne pourrait l’aimer la bête immonde qu’il était. Laissant la journaliste et l’ange discuter de stratégie pour élaborer une autre partie de leurs vengeances, le géant alla retrouver la forme protestée du prisonnier. S’assoyant sur ses talons, le ton du sosie de Frankenstein se radoucit un peu. Une sincérité frappante enveloppait les mots prononcés avec hésitation.

Robert- Ça va aller Zack… Euh… Bientôt Jonah va être là et tu vas pouvoir te reposer. Je ne voulais pas que les gens de ma famille te fasse ça tu sais… Euh… J’ai essayé de te protéger… Euh… Dis juste aux tiens de laisser ma famille tranquille et si vous voulez faire du mal ou tuer quelqu’un, il y a moi si vous ne faites rien aux autres OK?

Breann parla alors et le colosse releva les épaules en se redressa de toute sa taille. Ne sachant plus vraiment comment se comporter envers la jeune femme qui avait rendu son cœur tout léger avant de l’égrainer, l’attitude du géant resta neutre.

Robert- Je me place où vous voulez… Euh… D’habitude on me laisse faire et j’espère ne pas trop dire de connerie. Mais je vais rester près de Gabriel pour lui empêcher de se faire tirer dessus… Euh… Selene l’aime beaucoup et je ne veux pas qu’ils soient séparés.

Pendant que l’enseignant relevait l’otage et que la journaliste parte se cacher dans un nid d’aigle, Bobby fit un pas gigantesque vers l’ange déchu qui s’éloignait comme une automate. La faisant pivoter avec attention, le colosse difforme et laid comme un Titan de la Grèce antique fit un des rares sourires qu’il avait offert depuis sa rencontre avec Malorie. Une esquisse où se mélangeaient tendresse, affection et douceur se déposa sur ses lèvres exsangues de la bête pour la belle. Une voix soucieuse envouta l’oreille de l’Irlandaise.

Robert- Fais attention à toi Abi… Euh… Je ne veux pas te perdre, tu sais… Euh… Tu es importante pour moi. Même si je sais que tu ne le crois pas… Euh… Tu es ma seule famille et je sais que maintenant je suis loin pour toi… Euh… Mais tu es toujours là.

De son index immense, le mastodonte pointa son cœur où la bonté et l’humanité semblaient émerger en permanence. Saisissant les épaules frêles de la jeune femme, Bobby l’attira à lui avec tendresse. Une étreinte tout en douceur, rassurante et dont le cœur laissait entendre tout l’amour qu’il portait à l’ange de la chevelure doré. Une des rares marques d’affection qui avait laissé planer depuis l’épisode de son traumatisme. Une seconde plus tard, le géant difforme laissa la gracile femme rejoindre sa position et lui se rendit tout près de l’otage chancelant et de son agresseur. Gabriel tenait en joue le sac ensanglanté où reposait la tête de l’homme. Coincé dans la ceinture de son jeans renforcé, le géant avait son immense pistolet qui ressemblait à une arme d’enfant dans ses paluches disproportionnées. Un couteau courait le long de sa hache et sur son épaule massive la fidèle hache de Robert se reposait avant d’entreprendre son chant de mort. Retenant d’une main Zack pour l’empêcher de s’effondrer, le géant grogna alors une observation pour l’enseignant.

Robert- Place-toi derrière lui… Euh… Ne laisse pas les autres avoir une belle cible… Euh… Je le tiens et si ça tire tu vas te cacher à droite et moi à gauche avec Zack… Euh… Mélanger les cibles…

Un air intransigeant et déterminé s’afficha alors sur le masque de pierre aux traits atypiques de Bobby. Le protecteur était maintenant au dominion de ce corps sculpter pour les combat, endurant au blessures et sombrant dans une fureur rouge. Il vit alors du mouvement et aussitôt il laissa l’adrénaline courir dans son organisme prodigieux pour défendre sa famille et récupérer l’ange d’ivoire qui méritait de vivre en comparaison de lui. Une lueur de rage à peine contenue, un orage sur le point d’éclater, dans ses yeux bleutés présageaient le pire si les opposants voulaient faire un coup fourré.



Perdre les gens qu'on aime vous affecte en profondeur. La douleur est ensevelie dans votre corps, votre âme et votre cœur. Et en résulte alors un énorme gouffre de souffrance et de douleur. Ce gouffre peut transformer un être de lumière en ténèbres...
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MessageSujet: Re: Etched in your skin, etched in your mind   Mar 23 Aoû 2016 - 22:42


Nous étions partis assez tôt dans la matinée, tous parfaitement à l’heure pour aller chercher Zack et renvoyer cette connasse de Selene chez elle. Cependant, nous avions eu le malheur de tomber sur une foutue horde qui nous barra la route… Le détour de fit que nous ralentir. Une chose est sûre : on ne sera pas les premiers arrivés. Est ce une bonne ou une mauvaise chose ? A voir. L’avenir seul nous le dira.
Avant même de la sortir de sa prison, j’avais pris soin de coller une dernière droite à la brune, par pure plaisir, avant de la bâillonner et de lui enfiler un sac sur la tête. « C’est l’heure d’une petite sortie, ma grande... » lui avais-je susurré avant de décoller, le sourire toujours aussi cruel aux lèvres. Nous avions aussi pris soin de lui mettre des bouchons d’oreilles qui l’isoleraient complètement de nos conversations. Il était hors de question qu’elle parvienne à retrouver son chemin vers notre campement… Et même qu’elle sache dans quel type d’endroit nous habitions. Elle ne sait et ne saura absolument rien.
Pour le voyage, nous avions pris soin de l’enfermer à l’arrière de notre véhicule utilitaire, conduit par Nick. Malcolm et moi nous étions chargé de conduire le pick-up : S’il arrivait malheur, il fallait que l’on est au moins un véhicule pour partir.



Une fois presque arrivé, Malcolm, Nick et moi quittâmes nos véhicules, dissimulés dans d’anciens parking privés, cachés derrière des bâtiments, emportant la gonzesse bâillonnée avec nous. Sans un bruit et en nous séparant légèrement, nous nous étions approché à pieds, le plus discrètement possible, du hangar qui allait servir à l’échange. Nous nous étions réunis tout d’abord, caché derrière une vieille carcasse de camion, afin de mettre les choses au clair. J’avais un plan. Un parfait plan qui, au pire, ferait revenir chacun chez soi et remballez y a rien à voir… Au mieux, il nous permettrait d’enfin faire affaire avec ce petit club de fils de putes. « Bien. A partir de maintenant on va plus avoir droit à l’erreur. Nick, t’as tes jumelles ? » « Je les ai. » « Parfait. Malcolm, pour l’instant tu viens avec nous, si on est en supériorité numérique - ce qui m’étonnerait fort malheureusement - tu te posteras à couvert et tu descendras le premier qui tente un geste brusque… Sinon, on y va tous les trois. » Mon frère se contenta d’acquiescer, toujours prêt au combat, les mains serrées sur son fusil d’assaut. Bon sang je l’envie, vivement que je trouve un jouet comme le sien… Ou que quelqu’un le trouve à ma place. Après tout, je pourrais bien demander ça à Bobby ? Ce pauvre Bobby. Plus manipulable qu’une pâte à modeler pour gosse. Je me demande quelle tête il fera lorsqu’il verra l’état dans lequel je lui rend sa copine… Espérons qu’il ne pète pas une durite, parce qu’un gaillard comme ça, faut pas trop s’y frotter.

D’un coup d’oeil rapide, je passai la tête sur le côté du camion, ayant ainsi le hangar en visuel, au loin. De cette distance, je pouvais apercevoir la large entrée du bâtiment, mais impossible de voir l’intérieur… « Nick ? Dis moi si tu vois un truc... » Sans attendre, Nick me remplaça et commença à scruter le bâtiment qui nous intéressait à travers ses jumelles. « Hum… J'arrive pas à distinguer des visages mais on dirait qu'il y a… une, deux, trois… quatre personne. » « Chiotte. Bon, y a sans doute Zack dans le lot, ce qui signifie que dans tous les cas ils sont soit plus nombreux que nous, soit autant que nous. » Un moment d'hésitation sembla régner durant un court instant de silence. Malcolm était pensif, tandis que Nick me regardait, comme attendant des ordres de ma part.

Je plisse les yeux. Je me frotte le menton. Réfléchis Parks, réfléchis… J'ai. « J'ai une idée. » Un sourire mesquin en coin se dessina sur mon visage tandis que Malcolm s'était lui aussi mit à me regarder et que Nick me faisait signe de cracher le morceau. Je pensais à ce que j'avais dis à Selene, durant l'interrogatoire. Je lui avais copieusement menti en lui laissant entendre que nous étions une véritable communauté, et que notre puissance était inimaginable. C'était parfait. « Le bluff. On va la jouer au bluff. » « Pardon ? » m'interrogea Malcolm, intrigué. « Ils sont au nombreux ? Soit, sauf qu'ils n'ont encore aucune idée de combien on est. » Malcolm commença à sourire lentement, notre complicité fraternel s'était bien chargé de lui faire comprendre mon plan. « Tout dépend de paroles… On peut être plus nombreux, s'ils en sont convaincus. Vous voyez ce que je veux dire... » « Parfaitement bien. » « Et comment. Ça peut carrément marcher : c'est pas la première fois qu'on ment hein ? » m’intima Nick avec un clin d'oeil, se rappelant de notre passé dans le milieu de la pub. Je me mis à rire d'un air mesquin et repris un peu plus sérieusement. « Bon, on va y aller. Vous me laissez causer et vous faites tout comme si on avait d'autres hommes, ok ?... Oh et aussi. Méfiez vous des snipers. Visiblement, eux non plus ont pas peur des coups de pute. » Mes deux coéquipiers acquiescèrent, Malcolm attrapa Selene par le bras en la forçant à se relever et nous commençâmes à avancer furtivement vers l'entrée du hangar, avant d'arriver à proximité de celle ci. A cet instant, il nous était devenu impossible d'avancer en restant cachés. Contraints de sortir à découverts, nous commençames donc à avancer vers l'entrée, Selene, toujours privée de ses sens, en tête de ligne, forcée d'avancer à une vitesse imposée malgré ses plantes de pieds écorchées et ses genoux affaiblies par les sévices que nous lui avions infligé.

Arrivant enfin dans le hangar, je pris l'initiative de passer devant et de prendre la parole, un large sourire aux lèvres. Insupportable. Ces gens doivent déjà avoir envie de me buter. Mais ils ne pourront pas. Oh la belle torture que voilà, j'en jubile intérieurement ! Bon, voyons voir qui se trouve ici… déjà, Zack, bien amoché… mais debout. Ça ça me plaît. Ensuite, Ab… madame la Connerie. Il y aussi ce cher Bobby, ce gaillard qui m'intéresse tant et enfin… un trou du cul énervé que je connais pas qui à l'air de se la jouer petit chef de groupe. Sans doute le jules de la brune. Le pauvre aura les boules rien qu'en la voyant à poil, maintenant. Le “AD” marqué au fer rouge sur le buste de sa copine lui rappellera mon large sourire de salaud à chaque fois qu'il devra satisfaire ses pulsions sexuelles. Vous vous imaginez ? C'est comme si une photo de votre grand mère s'incrustait dans votre esprit quand vous vous astiquez... Pas cool hein ?

Bref. Nous sommes en position. Malcolm, fièrement armé de son M4 passé en mode rafale, juste à la gauche de Selene, Nick et son fusil pointé vers la brune à sa droite et moi un peu en avant, colt et batte à la main. Faisant basculer d'un air nonchalant cette dernière sur mon épaule, je gardai mon éternel sourire heureux et m'adressai à voix haute à l'intégralité du petit groupe face à moi. « Saluuut ! C'est ici la soirée mousse ? » Gros blanc. Ils tirent la gueule. Okaaay… « D’accooord je vois que c'est la chaude ambiance… Tirez pas la gueule les gars, c'est bon, elle est vivante votre copine là, roh ! » D'un geste peu délicat, je retirai le sac de la tête de Selene, dévoilant son visage très marqué et son bâillon afin de montrer aux autres qu'elle était bel et bien vivante. Sale gueule par contre. Me tournant à nouveau vers eux en souriant, je repris. « Bon !  Je vais être clair : je suis Jonah, l'enfoiré qui a explosé le crâne de “Claire”, qui a traumatisé votre blondasse officiel et maintenant votre tarée brune. » Présentations faites, maintenant c'est leur tour. « Bon, lequel d'entre vous, bande de danseuses, est le chef ? » Un rire. Je plisse les yeux. « A moins que… ce soit elle ? » Je pointais Selene d'un air interrogateur. Ils ont pas l'air de vouloir déconner en face… Ils font chier. Tant pis pour eux. Après un petit instant de calme, rythmé par mon rire serein et inquiétant, je finis par prendre ma décision. J'ai pas envie de perdre une jambe… ou ma tête.

Laissant quelque peu tomber mon sourire, j'attrapai brutalement l'épaule de Selene et la jetai à genoux juste devant moi avant de coller subitement mon flingue derrière sa tête. « Bon, on va faire ça rapidement si vous voulez bien. » Je me mis à parler beaucoup plus fort, ma voix résonnant dans le hangar, comme pour s'adresser à quelqu'un de beaucoup plus éloigné. « Vous allez faire sortir immédiatement le sniper que vous avez planqué ici en arrivant, ou j'explose le crâne de votre pote. Ce serait con après tout ce qu'elle a bouffé. » Oh non, je ne savais absolument pas s'il y avait ou non un sniper ici, mais cette menace ne peut être qu’efficace. Pas de réaction instantanée ? Très bien. « Vous avez pas posté de sniper ? Eh ben j'en ai rien à péter, vous allez vous DEMERDER POUR M'EN CHIER UN DANS LES SECONDES QUI SUIVENT OU SINON PAF ! Et n'imaginez même pas pouvoir tenter quoi que ce soit, ou votre copine crevera salement et mon pote au M4 ici présent vous dézingue tous en une rafale. » Je ne me contentais plus de parler fort, non, je hurlais, menaçant. « JE COMPTE JUSQU'À CINQ... » Et lentement, je commençai mon compte à rebourg… J'espère pour ses fils de pute qu'ils ont eu la mauvaise idée d'amener un sniper avec eux.
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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: Etched in your skin, etched in your mind   Mer 24 Aoû 2016 - 17:12


La douleur était sourde. Son système nerveux surchargé décrochait, la plongeant dans un état second salvateur. Elle ne sentait plus le froid, la faim, la soif, ou l’humiliation d’être à moitié nue. Il n’y avait plus que le goût du sang dans sa bouche, un arôme ferreux qui était désormais le seul dont elle pouvait se souvenir. Le parfum de la souffrance. Elle avait tenu pourtant… l’emplacement du phare restait inconnu de Jonah, mais les traumas répétés commençait à entamer ses ultimes ressources de détermination. Pourquoi ça ne s’arrêtait pas ? Pourquoi ne la tuait-il pas ? La jeune femme ne pouvait plus faire un geste sans souffrir le martyr. Bientôt, elle ne lui serait plus utile à rien. Bientôt. Elle se raccrochait à cette idée ; nouvel espoir. Bientôt…  

Que ce passait-il ce jour là ? La musicienne ne savait pas si on ne lui avait rien dit, ou si elle avait simplement oublié. Ses pensées avaient tendance à se brouiller depuis que les bourdons de douleur remplissaient son crâne. On lui rendit ses vêtements, ceux qu’elles portaient le jour de son arrivée. Pas lavés, bien sûr. Ils étaient encore tachés de son sang et le frottement du tissu sur sa peau épuisé lui tira un cri – surtout au niveau de son plexus solaire. Allaient-ils la tuer ? Ou bien Jonah avait-il eu l’inspiration pour de nouvelles tortures ?

Ses pieds étaient trop douloureux pour qu’elle remette ses chaussures. Qu’importe, ils l’entraînèrent ainsi. Lorsque le monde disparut derrière un sac de toile, Selene comprit qu’ils n’allaient pas la tuer. Pourquoi s’encombrer de tout ça s’ils étaient sûrs qu’elle ne reviendrait pas ? Non. Par contre, ce qui était sûr, c’était qu’ils la déplaçaient. Le bâillon empêchait ses gémissements de s’exprimer, mais plus d’une fois, elle se serait effondrée si une main ferme ne la tenait pas debout.

Pendant le trajet, oppressée par les ténèbres et torturée par les cahots de la route, la pianiste essayait de rassembler ses esprits. C’était peine perdue. Ses songes s’effilochaient, sa conscience déclarait forfait. Par court épisode, elle perdait connaissance, puis revenait à elle dans son cercueil d’agonie. Qu’est-ce qui se passait ?! Elle voulait juste savoir. La peur était de retour, il fallait l’avouer, comme une vieille maladie. Voir l’étendue de la cruauté de Jonah ne l’intéressait plus, elle voulait simplement que ça s’arrête…

On la sortit, on la força à se remettre debout. Ses genoux ployèrent, mais quelqu’un la tenait et la faisait cavaler bien trop vite pour son état. Chaque pas était un supplice, ses dents mordaient douloureusement le tissu pour étouffer ses gémissements, les larmes coulèrent d’elle-même. Combien de temps avant qu’on ne l’arrête ? Sourde. Muette. Aveugle. Selene ignorait tout jusqu’à ce que le sac de toile lui soit brusquement arraché. Même à l’intérieur de l’entrepôt, la lumière brûla l’unique œil qu’elle pouvait ouvrir. La paupière de l’autre était violacée et enflée. Ses lèvres étaient fendues en trois endroits, gonfées, à l’instar de sa pommette droite. Ses longs cheveux avaient beau masquer une partie du désastre, on ne pouvait pas se tromper sur la nature du traitement qu’elle avait subi. Certains de ses ongles, et le bout de ses doigts, étaient d’un bleu presque noir, sa peau était sillonnée de microcoupures.    

D’un coup, l’étudiante comprit et d’un coup, elle fut en proie à une terreur immense. Bobby, Abigail, Gabriel… ils étaient là. Zack aussi, il n’avait pas l’air en grande forme non plus, mais ça ne l’amusait plus. La simple expression de son petit ami lui laissait entendre ce qu’il avait dû traverser, et ça lui donna envie de pleurer. Son corps frêle et meurtrie était saisi de tremblements. Il ne devait pas voir ça ! Il était censé l’oublier, passer à autre chose. Mais là… elle connaissait Jonah désormais, elle savait de quelle genre de coups tordus il était capable. S’ils n’avaient pas fait attention, cet échange se révélerait être un piège.

On la jeta brutalement à genoux. Son unique œil valide s’écarquilla alors qu’un hurlement s’étouffait dans son bâillon. Selene n’entendait rien, mais sentit parfaitement le canon de l’arme contre son crâne. Elle voulut hurler, se redresser, se débattra, mais ses membres ne répondaient plus. Les tremblements s’intensifièrent, ils ressemblaient presque à des spasmes désormais. Est-ce que Jonah était capable de tout ce cirque ? L’amener devant ses proches pour la tuer devant eux ? Oui. Oui il pourrait…

La musicienne redressa la tête, juste assez pour regarder Gabriel, sans savoir ce qu’elle voudrait lui dire. Elle était prête à mourir, depuis qu’elle était captive, elle était prête à mourir, mais pas comme ça. Pas abattue comme un animal galeux devant sa famille. Elle était heureuse de les voir, de savoir qu’ils avaient fait un pacte avec le diable pour elle… mais ils n’auraient jamais dû venir. Ils n’auraient pas dû…


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