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 La torture interroge, la douleur répond

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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: La torture interroge, la douleur répond   Dim 18 Sep 2016 - 9:47

Il ne la croyait pas. Bien sûr. Elle serrait les dents tandis qu’il la tenait par les cheveux, si fortement qu’elle avait la sensation que son cuir chevelu allait s’arracher de son crâne. A Seattle non plus, cet hiver, les hommes qui l’avaient séquestrée avec Flann n’avaient pas cru qu’elles puissent s’en tirer. Et pourtant… Selene ruminait sa rage, tenant à peine debout, mais suffisamment lucide pour ne pas retrouver le « réconfort » du sol crasseux. Son geôlier ne plaisantait pas, alors elle ne reprendrait le dessus qu’en l’échange de certaines concessions. Sa tête tournait dangereusement pourtant, des tâches colorées dansaient devant ses yeux. Personne ne lui avait dit de ne pas s’acharner sur la tête en début d’interrogatoire ? Comment les gens étaient censés garder les idées claires ensuite…

- Aaah !

Son cerveau avait déconnecté et s’était rebranché quand il liait douloureusement ses mains ensembles. Position très inconfortable. Ses épaules frêles lui faisaient déjà mal, ses poignets étaient comprimés, sa blessure au flanc brûlait, son crâne résonnait. Sa propre respiration paraissait chaotique, rompue par les tremblements, les spasmes, le froid. La musicienne clignait des yeux plus souvent que de raison aussi ; pour se forcer à rester consciente. Jonah lui promit de la faire souffrir comme jamais. Nouveau soupir. Mi-agonisant/mi-moqueur. Il avait de la concurrence en la matière, mais la jeune femme ne doutait pas qu’il ferait tout son possible pour tenir parole. Elle rejeta ses cheveux sales en arrière pour essayer de se redresser, de faire face…

Si elle fumait ? Ses yeux troubles s’écarquillèrent au moment où elle comprit ce qu’il comptait faire. Selene ne put retenir son cri quand l’embout incandescent entra en contact avec sa peau blafarde. Ses glandes lacrymales se mirent en marche réflexe, laissant échapper une larme, alors que tous ses muscles se contractaient. Ses poings se serraient, ses orteils se recroquevillaient, son corps entier se tendait pour essayer de contrer la douleur.

La brûlure s’arrêta, elle crut émerger d’un rêve. Elle expira bruyamment, pour retenir d’autres gémissements, d’autres exclamations qui feraient le plaisir de cet enfoiré. Est-ce qu’elle était capable de tenir ? De supporter tout ce que cet homme serait capable de lui faire ? Honnêtement… la pianiste n’en était pas certaine. Elle n’était pas née pour ça, elle l’avait appris; être une guerrière. Mais l’important, c’était que lui croit qu’elle ne flancherait jamais. Quand bien même elle était en situation de désavantage, ça restait une partie d’échec. Il ne lui restait que des pions, mais il suffisait de bien les pousser pour gagner du temps, trouver une issue… ou bien mourir avant de lui donner ce qu’il attendait.

Son nom. Stupide question. Selene savait pourquoi il demandait. Ça n’était pas important, c’était simplement une mise en bouche. Pour lui montrer qu’il était capable de n’importe quoi pour lui soutirer des réponses. Flancher maintenant, pour lui, c’était montrer une faiblesse, et il ne le ferait pas. La musicienne n’avait plus la force de le provoquer désormais, pas verbalement. Son énergie était consacré au fait de ne pas s’évanouir. Putain, elle avait mal…

- Ça ira Selene, dit soudainement une voix, donne le mien…

Elle tourna brusquement la tête. C’était impossible ! Elle était morte, elle l’avait vue. Juste devant ses yeux, elle était tombée, s’était étouffée dans son propre sang, ils l’avaient enterrée. Alors comment ? Pourquoi ? Ça n’avait pas de sens… pourtant, l’image ne disparaissait pas. La libraire ne bougeait pas, agenouillée à ses côtés, son air doux et triste sur le visage, cherchant à l'apaiser.

- Flann…, murmura la pianiste, Flann…

Jonah croirait certainement qu’il s’agissait de son prénom, et elle ne le contredirait pas. Il lui rappelait le courage silencieux de son amie, son abnégation, une force qu’elle n’aurait jamais. Brusquement, une vague démente s’empara de l’étudiante. Transcendant la douleur, la fatigue, ignorant la raison de sa présence dans cette pièce. Elle perdait la tête, un éclat paranoïde, dans une gerbe flamboyante de folie. Dans ses yeux, le néant était sans fond.

- Qu’est-ce qu’elle fait là ? QU’EST-CE QU’ELLE FAIT LA ?! C’est pas POSSIBLE !! Elle est… elle est morte. JE L’AI VUE ! Qu’est-ce que tu lui as fait ? DIS-MOI ! Je T’INTERDIS de la toucher, se tournant brutalement vers son hallucination, elle poursuivit, pars ! Je le laisserai pas te toucher. PARS !


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MessageSujet: Re: La torture interroge, la douleur répond   Lun 24 Oct 2016 - 19:56

Tout vient à point à qui sait attendre, comme dirait l’autre. J’ai un prénom, j’ai ce que je veux pour le moment. Ce n’est peut être pas vraiment le sien mais finalement, j’en ai rien à branler, non ? C’est vrai, j’ai juste besoin de l’appeler par autre chose que “pauvre merde”, même si ça me plait, faut l’avouer… Je hausse les sourcils et pars en éclats de rire lorsqu’elle me balance enfin un nom. « "Flann" ? "FLANN" ? HAHA ! » Non vraiment, je suis mort de rire là. « Attend… Flann... comme le dessert ? Comme le… Haha ! Comme le putain de flan ?! Ahahahah ! Ah putain ma pauvre t’as vraiment rien pour toi ! » C’est vrai quoi, elle vient pour venger sa pote : c’est elle qui trinque, elle s’apprête à vivre les pires moments de sa vie, elle crevera probablement sous mes coups et… ELLE A UN NOM DE DESSERT. Putain alors si ça si c’est pas une vie de merde je me demande ce que c’est ! Si je l’achève ce serait limite une libération ! Non mais franchement quoi… “Flann” bordel.


Pendant un moment, je continue de rire bruyamment et très franchement alors que l’autre conne reste sur sa chaise à souffrir en silence. Et puis elle gueule. Avec peine, je finis par arrêter de rire et la regarde en fronçant les sourcils. Elle hurle des trucs sans aucun sens… Putain je lui ai déjà tapé le crâne trop fort ou quoi ? Mauviette. « Eho ça va pas ou quoi là ?! Eh ! EH ! Putain mais qu’est ce que tu baves bordel ?!... » Je lui donne une petite claque pour la faire réagir, mais madame décide de gueuler encore plus fort. « Ma blague était si nulle que ça pour que tu te mettes à gueuler comme ça ?... OH ! JE TE PARLE, PAUVRE TACHE ! » Ah mais elle veut pas réagir hein. Bon, je vais la laisser se calmer toute seule, la gamine doit avoir un sacré problème aux neurones… Putain de tarée. J’aurais dû emmener la blonde, ça aurait été plus marrant.
Continuant son délire, elle hurle à son ami imaginaire de partir de là… Bon, la plaisanterie a assez duré. Soupirant d’agacement, je décroise les bras et, roulant les yeux, viens écraser brutalement mon poing contre son estomac, la faisant se plier en deux sous le choc, et le faisant aussi occasionnellement fermer sa grande gueule de taré. « ROH TA GUEULE ! » Bon, visiblement j’en tirerai pas grand chose aujourd’hui autre que ce foutu prénom de dessert… Tant pis, on a tout notre temps.


Tranquillement, je me décale pour me placer sur le côté de la chaise où est assise Flann, pliée en deux. Brusquement, je flanque un grand coup de pied dans la chaise qui valse à l’autre bout de la pièce, laissant la brune à moitié à poil s’écraser violemment sur le sol. Sans un mot, je l’attrape avec robustesse sous l’épaule et la force à se remettre debout au milieu de la pièce. Je pars ensuite ramasser la chaise plus loin, ainsi que les quelques objets que j’avais apporté un peu plus tôt. Ils serviront un autre jour; comme dit : on a tout notre temps, et il faut bien que cette pétasse se rétablisse un peu mieux de sa blessure pour que je puisse l’interroger comme il se doit. Toujours tranquillement, je balance donc tout le bordel dehors et referme la porte pour m’adosser contre celle-ci. Fourrant mes mains dans mes poches en souriant, j’observe Flann rester avec difficulté debout devant moi. « Bon, puisque apparement je t’ai cogné trop fort aujourd’hui, je vais te laisser mariner un peu histoire que tu te calmes avant de revenir te poser des questions plus sérieuses. Par contre... » Avec un sourire mesquin en coin, je rouvre la porte et appelle Malcolm qui débarque calmement dans la salle avec moi. « Ici t’es pas au Ceasar Palace. Alors tu vas gentiment rester debout ici même sans bouger jusqu’à ce que je revienne te poser des questions. Et t’inquiètes pas, on te surveille. » Je m’adresse alors à mon frère, d’une voix plus basse. « On fera des tours de garde, j’envois Nick après toi. » « Entendu. » « Bien ! A plus les p’tits loups ! » Comme si tout était normal, je sors de la pièce en refermant la porte et vais me décapsuler une bière - pas très fraîche, soit dit en passant. Je retournai la voir demain… et on discutera de sa petite maison.

4 Août 2016


Aujourd’hui, je me suis réveillé avec une pêche d’enfer ! Suffit de se dire que vous allez faire du mal à quelqu’un que vous détestez pour vous sentir bien dès le p’tit dej’ ! Je n’ai cependant décidé de ne pas aller cogner directement la brune dès le matin : j’ai préféré l’imaginer moisir encore un peu longtemps debout dans sa cellule, c’était bien trop drôle pour passer à côté de ça. Une heure après que Malcolm soit allé lui porter les reste de notre repas et un petit pichet d’eau, je me décidai enfin à retourner voir notre copine Flann. Entrant tranquillement dans la pièce avec tout le matériel nécessaire, comme la veille, je fis poliment signe à Nick, qui surveillait la brune à ce moment, de bien vouloir sortir. Une fois chose faite, je refermai la porte et plaçai à nouveau la chaise au centre de la pièce, juste derrière Flann. « Alors Sweetie, t’as passé une bonne nuit ? Nos services hôteliers sont-ils à votre convenance ? » Je retournai ensuite m’adosser à la porte et pris la parole. « Assise. » J’accompagnai mon ordre d’un petit geste du doigt, comme si je parlais à un chien. Parce que c’est ce que je veux qu’elle ressente. Elle n’est rien d’autre que mon clébard, en ce moment même.
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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: La torture interroge, la douleur répond   Lun 24 Oct 2016 - 22:47

Le coup dans son estomac brisa ses contacts avec le délire et la réalité. L’espace de quelques secondes, Selene ne vit plus qu’un voile noir, opaque, tissé par la douleur. Ce fut un miracle qu’elle ne vomit pas. Quand sa vision réussit à se reconstruire, elle reprenait péniblement sa respiration, sur le sol crasseux. Une poigne ferme la forçait à se remettre debout alors que ses jambes ne voulaient plus la porter. Elle était encore dans un état second : secouée de tremblements, les paupières qui papillonnaient irrégulièrement, les lèvres qui s’agitaient toutes seules. Le débit de parole de Jonah n’était qu’une cascade de bruits indistincts, impossible à enregistrer. Ses cheveux emmêlés masquaient une grande partie de son visage si pâle qu’il en avait l’air gris. Par élan, la musicienne avait envie de se jeter sur lui, pour lui arracher les yeux avec ses doigts s’il fallait, mais ses membres étaient trop lourds. Elle resta plantée là, la respiration sifflante, seule avec son nouveau gardien.

La pianiste ne percuta les consignes de son geôlier que lorsqu’elle voulut se rassoir et que Malcom l’incita à se tenir debout. Ce type paraissait presque plus inflexible que son frère. Il ne broncha ni devant son regard assassin, ni devant ses yeux humides quand, épuisée, elle cherchait un moyen de tromper le supplice. Essayer de méditer ne lui était plus d’aucun secours ; chaque fois qu’elle essayait de faire le vide, des bourdonnements remplissaient sa tête. Un véritable essaim d’abeilles, composé de voix, parcelles de discours ; des mots qu’elle ne voulait pas entendre.

***

Ses cuisses furent les premières à tétaniser, avec ses mollets, puis son dos devint raide et douloureux, ses épaules, sa nuque, même sa mâchoire. Selene avait fini par cesser de bouger pour essayer de se détendre, faire la statut devenait plus constructif. Elle pouvait oublier. Un peu. Les yeux dans le vague, comme une poupée sans vie, complètement déconnectée. Elle ne s’était réanimée que pour le petit déjeuner. Accepter ce qu’on lui donnait lui en coûtait, mais c’était encore le seul moyen de reprendre quelques forces. La musicienne était déjà résolue à mourir dans ce sous-sol, mais elle n’avait pas l’intention de faciliter la tâche à son tortionnaire. D’ailleurs quand celui-ci se présenta, avec ses manières toujours aussi horripilantes, elle pencha lentement la tête sur le côté, sans frémir. Ses muscles douloureux étaient durs comme la pierre, mais elle ne lui ferait pas se plaisir.

- C’est dingue… comme tu crois pouvoir me posséder…

Sa voix était faible. Elle avait beau avoir eu à boire, la jeune femme avait soif, sa gorge était sèche. Pourtant, il n’avait rien fallu de mieux que les restes d’un repas pour qu’elle retrouve suffisamment d’énergie pour tenir tête. Si Jonah pensait qu’elle allait s’agenouiller et déballer tout ce qu’elle savait, sans résister qui plus est, il avait mal choisi sa partenaire de jeu. Promis, elle allait lui gâcher le plaisir. Elle essaierait…

- Vas-y, amuse-toi. Tu peux me frapper… mais tu me dresseras pas.

Joignant le geste à la parole, elle prit une grande inspiration et outrepassa la rigidité de ses membres pour envoyer valser la chaise contre l’une des parois. Elle fit alors fasse au sadique, plantant ses yeux dans les siens, une lueur de combativité subsistant dans ses pupilles ternies. Le deuxième acte pouvait commencer, s’il était prêt à y perdre une journée.

***

Rien n’avait été facile à encaisser. Les coups, les brûlures, l’acier chauffé à blanc, le verre pilé sous ses pieds, les bâtonnets sous ses ongles… Selene n’aurait jamais pensé pouvoir souffrir autant, et cette douleur la rendait folle. De plus en plus souvent, de plus en plus longtemps, son cerveau déconnectait. Il ployait sous le poids des voix auxquelles elle répondait, des apparitions de Flann auxquelles elle réagissait. Un moment, elle avait pensé à trouver un répit : donnant l’adresse du chalet, où ses amis n’étaient plus depuis peu ; où la bande de Jonah mettrait au moins 48h à se rendre compte qu’ils avaient perdu leur temps. Elle avait échoué à s’échapper pendant ce laps de temps, mais ce n’était pas grave… c’était de l’insolence pur. L’étudiante était prête à mourir de cette façon, parce qu’elle l’avait mérité sans doute, parce qu’elle était déjà rongée de l’intérieur. Mais jamais son geôlier ne l’éduquerait comme un animal… jamais.


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