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 La torture interroge, la douleur répond

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WALKING WITH THE DEADS

MessageSujet: La torture interroge, la douleur répond   Jeu 18 Aoû 2016 - 22:54


3 août 2016

« T'es sûr que tu veux pas d'aide ? » « Malcolm, j'attends ce moment depuis deux jours. » « Ouais mais je veux dire, t'auras peut être besoin de bras nan ? » Un petit sourire en coin se dessine sur mon visage alors que mon frère semble craindre que l'idée d'interroger cette garce ne m'embête. Droit, face à la porte verrouillée de notre salle d'interrogatoire, je répond à mon frère d'un air cruellement impatient. « Ça ira vieux… Ça va m'amuser. » « Bon… Si tu as besoin hésite pas. » « J'y penserais. » Tranquillement, Malcolm quitte le vestibule et s'installe dans la salle de réunion dont la porte reste ouverte.

Deux nuits. Cela faisait maintenant deux nuits que cette connasse dont je ne connais même pas encore le nom était enfermée dans cette pièce. Aucune lumière. Pas un seul petit écart entre les planches qui barricadent les fenêtres. Pas de siège, pas de lit, pas de table : une pièce vide, froide, hostile. Seul traînait là un pauvre seau rempli d'eau de mer : à elle de choisir si elle préférait s'en pour se laver ou pour ses besoins naturels… Aucune sorties. Aucune exposition à la lumière. Aucune douche. Un simple passage journalier pour lui donner une portion de nourriture périmée et un peu d'eau. A chaque fois qu'elle avait besoin de se soulager, de se laver, nous l'observions, là, à tour de rôle. Nous ne la touchions pas, non, mais un regard pesant dans de tels moments est bien une torture psychologique des plus mesquines.
Notre medic avait prit soin de soigner la blessure de madame, sans anesthésie bien sûr et avec le moins de douceur que possible. Deux nuits. C'était le temps qu'on lui avait donné pour se remettre un minimum de sa blessure avant que l'on ne passe aux choses sérieuses.

Calmement, j'attrapai un tabouret et une grosse lampe torche que j'avais pris soin de poser près de la porte. Je soupirai, comme pour me préparer à l'interrogatoire, et ouvris la porte sur la salle humide et froide, laissant le faisceau lumineux ainsi créer déchirer l'obscurité de la pièce sans manquer de brûler sans doute les yeux de la prisonnière, sans doute habituée à l'obscurité.
Sans un mot, je refermai la porte, plongeant à nouveau dans une obscurité totale. Je posai le tabouret au centre de la pièce dans un claquement sourd et enfin, pressai l'interrupteur de la lampe torche qui éclaira une maigre partie de la pièce. Je posai cette dernière sur le sol, près du siège, et pris le temps de m'asseoir sur le tabouret, face à notre otage. Elle était là, au sol, sans doute épuisée par sa blessure. Nous avions prit soin de la dépouiller de toute ses armes et de ses vêtements, l'abandonnant dans la pièce en sous vêtements. Je lui souris. Ce pauvre petit morceau de peau et d’os, les yeux souffrant, assise sur le sol comme un vulgaire animal. Pense-t-elle déjà souffrir ? Si c'est la cas, malheureusement pour elle, elle est loin d'en avoir fini. « Alors ma jolie, ça flotte ? Qu'est ce que ça donne ce petit bobo ? » Tranquillement, je jetai un coup d'oeil à sa plaie, recousue assez négligemment et qui suintait légèrement. « Boouh c'est pas joli joli. Tu veux un bisou magique ? » Je ris. Cruel. Sarcastique. « Bon alors ma grande, tu m'as pas encore dit ton nom ? » demandai-je un peu plus sérieusement et d'un air calme et curieux, tout en sortant mon paquet de cigarettes et mon zippo de ma poche. Toujours tranquillement, je calai une barrette de nicotine entre mes dents et l'allumai, laissant un petit nuage de fumée se disperser dans la pièce. On va commencer doucement… je vais attendre la réponse à cette première question, et on verra ensuite pour le reste.
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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: La torture interroge, la douleur répond   Ven 19 Aoû 2016 - 17:23

Breann était vraiment un génie. Ces derniers mois, Selene avait boudé ses conseils en méditation, obstinément mauvaise pour faire le vide et s’émanciper des pensées superflues. Mais dans les ténèbres froides de la pièce où elle était gardée prisonnières, ses progrès étaient fulgurants. Parce qu’il n’y avait que ça à faire ; parce qu’il fallait oublier la douleur et la faim ; parce qu’il fallait se préparer à la suite. Au pire.

On l’avait recousu assez sommairement. A moins que quelqu’un ne reprenne la suture avant que ses chairs ne se soient ressoudées, elle aurait une vilaine cicatrice. Du moins, si la plaie ne s’infectait pas avant ; dans ce cas, l’esthétique serait le dernier de ses soucis. La chance devait avoir épargné ses organes mais ça lui faisait toujours un mal de chien, à chacun de ses mouvements. C’était quelque chose qu’elle ne connaissait pas, et pourtant, on l’avait cognée plus d’une fois depuis le début de l’apocalypse.

Comme si ça ne suffisait pas, ses hôtes étaient bien décidés à la ramener plus bas que terre. L’affamant, l’isolant, l’obligeant à se souiller ou à se soulager en public. Ça devait certainement beaucoup amuser cette bande de pervers sadiques. Maigre consolation : ils n’avaient pas tenté de la violer. Ils s’étaient contentés de la dénuder presque totalement, exhibant sa chair fine et laiteuse, piétinant son intimité. Pourtant, elle ne leur fit ni le plaisir de pleurer, ni celui de crier et encore moins de supplier. Son âme était morte, son corps n’était qu’une carcasse mutilée, mais la guerrière était inaliénable. Ça, Jonah ne l’avait pas encore compris. Jonah

C’était pour ça que la pianiste s’était remise à méditer. Pour canaliser la haine brûlante qui l’animait, pour oublier qu’elle n’était plus qu’un spectre. Aussi, pour ne plus faire attention à la voix pernicieuse qui cherchait à saboter ses forces. Des paroles crues et assassines, comme chaque fois. Depuis combien de temps était-elle là ? Aucun moyen de le savoir, mais bribes par bribes, les éléments s’étaient recomposés. Ce qui s’était passé après que Zack l’ait poignardée, la raison pour laquelle elle était ici – et vivante –, les projets de « l’homme d’affaire »… et quelque chose de plus solide que la rage vint blinder l’armure de la jeune femme : la confiance. Les siens la retrouveraient un jour. Il n’avait aucune idée de ce qu’il avait déclenché…

La porte s’ouvrait. Selene ne bougea pas, recroquevillée sur elle-même, les bras enroulés autour de ses genoux. Ses paupières se fermèrent instinctivement quand la lumière déchira ses pupilles, ses cheveux formaient une auréole sale autour de ses traits blafards. Elle respirait lentement, bien consciente que sa « convalescence » était terminée. Ouvrant précautionneusement ses yeux bleus, elle leva légèrement la tête pour entrapercevoir le visage de son geôlier. Il souriait, comme d’habitude ; et lui demandait son prénom. A son tour de sourire. Une mimique qui étira ses lèvres gercées, sa coupure à peine cicatrisée. La musicienne était loin d’être au meilleur de sa forme, mais elle réussit à se redresser pour s’adosser au mur froid. Ses paumes se posèrent sur le sol. D’un air insolent, elle toisant son aîné et lui rétorqua en ignorant sciemment sa question :

- Elle l’a emmené, pas vrai ? Ton toutou, là. Comment il s’appelait… Zack ?

Sa voix était faible mais maitrisée. L’étudiante ne lui avait pas menti en disant qu’il ne lui faisait pas peur. Oh elle savait qu’il lui ferait mal, n’était-ce pas le privilège des mâles dominants quand ils voulaient soumettre une gamine ? En même temps, ça trahirait sa frustration. Parce que s’il était satisfait, cette mascarade n’aurait aucun sens.

- C’est pour ça que je ne l’ai pas encore vu… et que tu n’as pas fait ton petit numéro de « j’en tue une pour apprendre à l’autre ». Et aussi pour ça que je suis en vie, pas vrai ?

Son sourire s’élargit légèrement. Provocatrice. Indomptable. Elle avait pensé à l’hypothèse que Zack soit simplement mort, mais dans ce cas, même s’il voulait la faire chanter pour qu’elle balance ses complices, il ne l’aurait pas soignée. Il aurait laissé la plaie s’infecter et l’aurait interrogée jusqu’à son décès par septicémie. Mais non… il avait besoin qu’elle tienne le coup, parce que c’était le seul moyen de récupérer son copain vivant. Le triomphe serait de courte durée, mais la musicienne était fière d’Abigail. Fière et soulagée. Elle s’en était tirée et avait fait comprendre à ces deux abrutis qu’ils ne pouvaient rien tirer de mieux qu’un match nul.

- Je t’avais dit que ce serait plus simple de juste nous donner vos affaires. Ça fait chier, hein ? Autant de complication parce que tu as essayé de plumer une blonde…

Que faisait Gabriel en ce moment ? La question lui vint brusquement. Que savait-il ? Etait-il en colère ? Paniquée ? La cherchait-il déjà ? Le mec aurait craché le morceau ? La vision d’Harold qui lui matraquait la tête lui procurait une espèce de satisfaction malsaine. Courte. Il craquerait avant, c’était certain, parce que Selene n’avait plus rien à perdre. La mort ne voulait pas d’elle, mais elle ne voulait plus vraiment de la vie. Dilemme de merde. Son sourire tomba brusquement alors que ses yeux plongeaient dans ceux de son interlocuteur. Elle le défiait, pour qu’il comprenne que même blessée, c’était une louve qu’il hébergeait, pas une biche.

- Je te promets qu’on va venir me chercher et que tu vas regretter le jour où tu as rencontré Abigail.


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MessageSujet: Re: La torture interroge, la douleur répond   Sam 20 Aoû 2016 - 19:49

Ooh mon Dieu. “Mon toutou”. J’en ris tellement c’est ridicule. Alors que la gonzesse commence déjà très mal en me provoquant tout en refusant de me dire son nom, je me met à lui rire franchement au nez, me moquant ouvertement du pathétisme de ses mots. « “Mon toutou” ? Ahah ! Marrant venant d’un clébard qui traine enfermé ici depuis deux jours… Tu te verrais ma pauvre, on dirait un vieux lévrier galeux. » Tirant un coup sur ma cigarette, souriant toujours sereinement, je pris tout de même le temps de répondre à sa question, puisqu’elle n’avait même pas eu l’amabilité de répondre à la mienne. « Sinon, bien vu, elle l’a emmené. C’est plutôt drôle de se dire que celui qui te faisait plonger droit vers la mort… est aujourd’hui ta garantie de survie. » Je ris à nouveau, d’un calme olympien, amusé par les provocations futiles de la brune. « Enfin, “survie”... tout est relatif. Ca fait quoi de savoir que tu vis grâce à un type que tu hais profondément ? » A nouveau un rire franc et cruel. Je pense que j’en aurais beaucoup pendant cet interrogatoire : la turbulence de cette conne va m’amuser pendant un bon moment. Vous savez pour moi, c’est comme… un défi. Voir combien de temps elle tiendra à balancer ses vannes à la con, avant de se jeter à mes pieds pour me supplier de l’achever en chialant. Oh je ne doute pas de ses capacités, loin de là, après tout il est fort possible que cette gosse soit finalement une putain de dure à cuir et qu’elle tiendra un sacré bout de temps. On est a parfois des sacrés surprises, c’est vrai après tout ! Mais enfin quoi ? C’est pas ça qui m’intéresse. J’en ai rien à foutre finalement du temps qu’elle prend à se la jouer caïd, de la limite de sa douleur… Puisque dans tout les cas, la souffrance est bien là. Avec ou sans toute ses paroles et ses artifices, la douleur, elle, ne change jamais. C’est ça qui fait que c’est un jeu marrant : qu’importe si elle me répond, dans tout les cas, j’aurais gagné. Je me serais amusé à la voir souffrir. « Dooonc pour répondre à ta question, oui, c’est pour ça, et non ça me fait pas chier. Mon “toutou” est un grand garçon. » Appuyant mes avant-bras sur mes cuisses, j’avançai légèrement mon visage vers elle, riant pour lui faire comprendre qu’elle ne me touchait en aucun point. « T’es hilarante. »

Et alleeez elle continue ! Pas croyable ! Je sens que je vais m’amuser longtemps avec elle ! Leur donner nos affaires ? Haha ! Qu’elle est bonne. « Ooh correction, les emmerdes c’est elle qui les a cherché et… bah elle les a trouvé nan ? Sa copine là, maintenant toi… Je crois pas qu’on soit les plus mal lotis, avec Zack. Non je pense surtout que… vous vous êtes fourrées dans une merde inimaginable. » Je portai à nouveau ma cigarette à ma bouche, riant de plus belle. « Et puis les complications, j’adore ça. Ca met un peu de… Piment ! C’est ce qui fait que c’est marrant. »

Tiens donc, mais voilà que madame arrête de sourire… Qu’ils viennent nous cueillir ? Ben voyons. A nouveau, un fou rire détendu de ma part. « Alors tout d’abord ma grande, sache que je ne regrette jamais rien. Deuxièmement… Vas-y, explique moi comment ils me retrouveraient. Est ce que toi même tu as la moindre idée d'où tu te trouves ? » Doucement, je me relevai de mon tabouret et le poussai légèrement en arrière, puis m’approchai lentement de la jeune femme, l’air oppressant et ce sourire toujours aussi inquiétant au visage. « Et troisièmement… Qu’ils viennent. On les attends de pied ferme. Est ce que tu as la moindre putain d’idée du nombre qu’on est ? » Comment ? Des mensonges ? Parfaitement. Rien n’est trop bon pour effrayer, et je suis un excellent menteur. « Si seulement vous saviez, toi et tes copains, vous vous pisseriez plus dessus que tous les résidents réunis de toute une putain de maison de retraite de vieux séniles aux vessies trop sensibles. » Tirant lentement sur ma clope, je soufflai la grosse bouffée de fumée en plein visage de la brune avant de lui sourire à nouveau, haussant les sourcils. « Faut croire que le commerce en attire encore plus d’un, pas vrai ? Le Rêve Américain n’est pas mort ! Ahah... » Calant ma clope entre mes dents, je retournai tranquillement m'asseoir et repris la parole. « Et c’est ça notre petit nom. American Dream. »

Un temps de silence suivit, je croisai les jambes, le sourire aux lèvres et le regard fixé dans celui de l’otage. J’attendais maintenant une réponse à ma question, mais il semblait qu’elle ne voulait toujours pas réagir. « Enfin, on s’éloigne de ce qui nous intéresse… Je t’ai posé une question, ma grande. Ton nom. Tout de suite. » Mon sourire était retombé alors que je prononçai ces derniers mots. J’espère que cette conne va tout de même comprendre qu’elle est pas là pour me raconter de blagues.
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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: La torture interroge, la douleur répond   Dim 21 Aoû 2016 - 11:21

Regardez-le esclaffer comme une baleine avec ses métaphores imagées sorties d’une mauvaise comédie américaine. Le privilège du geôlier, feindre la désinvolture pour faire croire qu’il n’avait aucune faille. Mais Selene avait survécu à ce monde suffisamment longtemps pour voir à travers les artifices ; sans doute aussi parce qu’elle jouait le même jeu, avec moins de m’as-tu-vu. Si Jonah ne regrettait réellement jamais rien, alors ils ne seraient pas là à perdre chacun un peu de leur temps. La musicienne serait morte, et lui aurait mis la disparition de son complice à la rubrique des pertes et profits. La vérité, c’était que ça l’emmerdait « grave » que Zack se soit fait prendre. Par une fille qui plus est. Parce que pour qu’un type comme lui prenne la peine de soigner une ennemie mourante afin qu’elle lui révèle comment retrouver son pote… c’était que ça lui tenait à cœur.

Ça, la pianiste ne le dit pas. Qu’il continue à croire qu’il gagnait sur toute la ligne. Même si elle n’avait clairement pas l’avantage de la situation, la jeune femme savait qu’elle avait encore quelques jokers. Il allait lui faire mal… c’était clair comme de l’eau de roche. Mais tant que son hôte considérait qu’il avait une chance d’apprendre quelque chose, alors il ne la tuerait pas. Son sourire recouvrit ses lèvres blessées quand Jonah lui sortit sa rhétorique en trois points. A croire qu’il avait préparé son speech ! Pour aller jusqu’à se donner un nom, c’était que son trip mégalomaniaque était sacrément intense. Comment les siens allaient trouvés cet endroit ? C’était pourtant simple… Zack allait leur dire.

- Allez, arrête tes conneries, rétorqua Selene en ignorant à nouveau la question sur ton prénom, on sait tous les deux que vous n’êtes pas beaucoup ici.

Simple déduction en vérité, plutôt un coup de poker même. Son interlocuteur présentait comme le chef de son « American dream ». Et s’il était vraiment à la tête d’une communauté nombreuse et partageant les mêmes ambitions, pourquoi se casser la tête « un » mec ? N’avait-il pas dit qu’il ne regrettait rien ? Qu’était un seul homme dans une armée de criminels ? Mais surtout… pourquoi sortirait-il réaliser ses « affaires » lui-même s’il était entouré de dizaines de larbins ? Ces arguments étaient discutables mais… autant la musiciennes voulaient bien croire qu’ils étaient plus que ce qu’elle avait vu, autant elle doutait fort qu’ils soient légion.

- Tu peux essayer de prétendre le contraire, ça se comprend, mais… t’es pas mieux loti que nous. La survie de ton pote dépend aussi de moi et d’Abigail. Et « ça » te fait chier au fond.

L’étudiante savait qu’elle n’aidait pas son cas ; qu’au bout de ce sentier d’insolence, il n’y aurait que plus de douleur. Mais c’était plus fort qu’elle. Jamais elle ne saurait plier sur ordre, collaborer, mettre en danger la vie des siens. Elle s’était promis de les protéger, de s’assurer qu’ils puissent vivre au travers la tempête qui balayait l’humanité ; ce n’était pas pour les abandonner à un sociopathe. Quoiqu’elle dise, Selene préférait qu’ils ne viennent jamais et qu’elle meurt dans cette pièce, plutôt que de les savoir menacés par sa faute.

Un frisson ébranla son corps frêle, le froid et l’appréhension. Sa blessure lui répondit, encore embrasée. La pianiste était blanche comme une craie, mais ses yeux bleus brillaient avec la détermination d’une chef. Jonah lui avait posé une question, alors elle allait quand même y répondre, histoire que ce badinage prenne fin. Assez de préliminaires, il n’y avait que dans le sexe qu’il était intéressant de les faire durer. Elle écarta doucement de son visage blafard ses mèches de cheveux sombres, comme pour ôter tout obstacle entre son aveu et son interlocuteur. Ses membres étaient en coton, engourdis même.    

- Et je m’appelle « vas te faire foutre, Jonah ».


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MessageSujet: Re: La torture interroge, la douleur répond   Ven 26 Aoû 2016 - 16:37

Elle ne me croyait pas ? Soit. Peut être qu'elle ne me croit pas, mais une chose est sûre, c'est qu'elle ne sait pas. Et c'est ça qui lui fait peur, dans le fond, je le sais : que ses petits copains débarquent ici et se fassent dézinguer comme des bleus par une bande de types dix fois plus nombreux et plus armés qu'eux. Je me mis à rire, moqueur, alors qu'elle tentait toujours aussi vainement qu'elle savait que l'on était pas nombreux. Je croisai les bras en haussant les sourcils. « Pense ce que tu veux, mais dans tout les cas… je suis vraiment pressé de voir tes copains découvrir la surprise quand ils arriveront ici. » A nouveau, je ricanai en me relevant de mon tabouret. Je m'approchai de Selene et lui chuchotai d'un air inquiétant. « Tu peux toujours t'imaginer des trucs pour te rassurer… ça changera rien à la réalité. » Je lui tapai alors deux fois sur la joue du plat de la main et me mis à faire les cent pas dans la salle, tranquillement et les mains dans les poches. Je repris d'une voix cette fois ci plus forte et toujours aussi détendue. « Bon ! Va quand même falloir que tu le balances ton nom, ma grande, sinon ça va être chiant pour la suite ! » Je m’arrêtai un moment, le regard tourné vers elle pour voir si elle se décidai enfin à me répondre… J'insistai légèrement du regard, puis haussai les épaules. Sans dire un mot, j'ouvris la porte de la pièce et attrapai quelques objets posés au préalable à côté de celle ci : un poste radio portable dans lequel j'avais introduit notre CD du King, une trousse à outil trouvée au phare, un chalumeau de soudure ainsi que quelques bouteilles en verre vides regroupées dans un sac plastique. Je plaçai le tout dans un coin de la salle d'interrogatoire et refermai la porte. « Toujours pas ? » demandai-je encore une fois, comme pour la prévenir de ce qu'elle risquait. A nouveau, je haussai les épaules d'un air déçu. « Bon… Tant pis. » Subitement, j'abattis violemment mon poing sur la joue de la brune, la faisant brusquement tomber au sol froid et malpropre de la pièce.« Honnêtement, un putain de nom, qu'est ce que ça peut te foutre de me le donner ou pas ? Fais pas la conne et dis le simplement, ça t'évitera de te faire taper pour rien ! » Toujours aussi violemment, je lui flanquai un coup de pied dans l'abdomen et reculai d'un pas. Je repris d'un ton sérieux et las. « Allez, debout et donne ton nom. »
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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: La torture interroge, la douleur répond   Ven 26 Aoû 2016 - 17:49

Selene l’avait défié du regard quand il s’était approché pour essayer de la déstabiliser. Ses yeux bleus étaient encore brillants de combativité, alors que ses couleurs avaient déserté son visage. Il allait la torturer dans tous les cas, suffisait de voir la façon dont il la dévisageait et le sac qui récupéra derrière la porte. Alors autant faire durer les choses. Gagner du temps à chaque fois qu’elle le pouvait, pour espérer l’épuiser, ou trouver une solution pour s’enfuir. La jeune femme réalisa que c’était la deuxième fois depuis que les règles du monde avaient changé qu’elle se faisait capturer. Sauf que cette fois, Flann n’était pas là. Cette fois, elle était seule face au Mal. Constat qui la mit également devant le fait que Jonah était bien plus avancé qu’elle sur la voie qu’elle pensait emprunter. Sa devise, son symbole, tatoué au-dessus de son cœur :

« Si tu ne veux pas que la peur du Mal te hante, alors il te faudra incarner le Mal en personne. »

Il y avait de fortes chances que l’homme en train de faire les cent pas dans cette pièce miteuse n’ait plus aucune raison de craindre le diable. La musicienne lorgnait sur les bricoles rapportées de l’extérieur pour essayer de déceler de quoi il s’agissait quand son geôlier insistant. Non. Elle ne répondit pas. Alors le premier coup s’écrasa sur son visage, lourd, ferme, et elle mordit la poussière. Affaiblie par sa blessure et le manque de nourriture, Selene était de toute façon incapable d’encaisser les droites du bourreau.

A l’intérieur de sa joue, ses dents avaient écorché sa peau. Réprimant un gémissement, la pianiste souffla bruyamment et cracha un filet de salive teinté de rouge. Sa tête tournait déjà, elle ne comprit qu’à moitié ce que déblatérait Jonah avant de se faire frapper dans le ventre. Cette fois, elle hurla, impossible de faire autrement. La plaie fraiche de deux jours venait de s’enflammer à nouveau, foudroyant tout son corps. L’étudiante expira douloureusement, clouée au sol, ses bras tremblant peinant à empêcher sa tête d’épouser le sol sale. Quand elle put retrouver l’usage de ses membres, elle rampa misérablement pour revenir s’adosser au mur. Au fond, elle voulait se lever, mais ses jambes refuseraient la manœuvre. Cette fois, quand elle le défia, la souffrance se reflétait au fond de ses prunelles.

- Tu dois avoir un sacré truc à compenser pour autant aimer tabasser les filles, rétorqua péniblement Selene en ignorant encore une fois sa question.

Elle aurait aimé pousser le sarcasme plus loin, pour essayer de l’agacer, mais surtout pour parler. Parce que parler lui faisait un peu oublier qu’elle avait mal. Ça lui permettait de se focaliser sur autre chose, pour ne pas que le doute gagne du terrain. Que pouvait-elle dire ? Que pouvait-elle garder ? S’arrêterait-il de cogner si elle lui offrait quelque chose ? Comme un chien s’arrête d’aboyer quand on lui donne un os, peut-être Jonah mettrait-il ses sévices de côté si elle livrait une information insignifiante… non. Hors de question. S’il voulait des réponses, il n’avait qu’à la tuer et apprendre la nécromancie pour les soutirer à son cadavre.

- Et mon prénom… n’a pas changé. Va te faire f-

Nouveau coup. Encore. Encore. La musicienne gisait déjà sur le sol, fébrile, un hématome peignait petit à petit l’une de ses joues. L’une des sutures sur son ventre finirait par craquer si ce traitement continuait. Un filet de sang s’en écoulait, s’étirant lentement jusqu’à sa culotte tâchée par le plancher crasseux. Planquée derrière un rideau de cheveux, haletant en gémissant, Selene savourait un bref instant de répit. Trois fois, elle inspira et expira profondément, puis se redressa. Une fois n’était pas coutume, elle s’assit contre le mur, les genoux repliés contre son corps. Position douloureux en vérité, mais c’était une manière de s’enfermer virtuellement dans un cocon protecteur.

- Tu devrais me tuer maintenant, suggéra-t-elle avec le peu de force qu’il lui restait, … parce que… si tu me laisses le temps, je te tuerai.


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MessageSujet: Re: La torture interroge, la douleur répond   Dim 18 Sep 2016 - 0:53

Les prunelles tremblantes d’un regard empli de souffrance, mêlés à une vaine attaque verbale formaient la parfaite représentation du pathétisme. Un être à terre, faible, vaincu, qui tente de s’accrocher tant bien que mal à son honneur par une parole téméraire qui ne vient, tristement, toucher aucun point sensible. Cette ensemble pitoyable donnerait presque envie de pleurer. Qu’elle est ridicule, cette espèce humaine, à toujours vouloir s'agripper à un espoir imaginaire. « “Un sacré truc à compenser ?” Rooh putain c’est tout ce qu’il te reste ? C’est triste… Enfin bon, puisque tu sembles attendre une réponse : j’ai rien à compenser ma grande, tu sais, on dit que “plus on en a, plus on en veut”. » J’accompagnai ma parole d’un large sourire et d’un petit clin d’oeil faussement charmeur à l’adresse de la brune misérablement adossée contre le mur.

Fini de rire, j’en ai marre qu’elle parle de choses qui ne m’intéressent pas. Je veux son nom… Et je me doutais qu’elle serait trop conne pour vouloir me le donner maintenant. Avant même qu’elle ne finisse sa phrase, je poussai un lourd soupir las en roulant des yeux, puis flanquai un violent coup de pied dans la joue la brune, la faisant à nouveau chuter violemment, une gerbe de sang venant colorer légèrement le sol poussiéreux de la pièce alors que sa joue irritée bleuissait sous le coup. Je n’attendis même pas qu’elle se redresse, et après avoir posé un genoux à terre, j'agrippai fermement le bas de son cou et lui assenai deux violents coups de poings. Ricannant sadiquement, je lui attrapai brutalement alors le menton pour la forcer à me regarder. « Tu le savoure ce moment de répit hein ? Mais dis moi… Est ce que ça n’en est pas que plus douloureux après ? » Un nouveau ricanement, puis je la repousse violemment avant de me remettre debout face à son pauvre petit corps fébrile traînant au sol.

Avant de commencer à la cogner, j’avais pris soin de poser ma clope dans un petit cendrier posé au sol, dans le même angle de la pièce où était disposé le matériel que j’avais amené. Tranquillement, alors que ma victime se remettait à nouveau pathétiquement en position foetale, je repris ma cigarette et, après avoir tiré un grand coup, me dirigeai à nouveau vers la brune. « Toujours pas de vrai nom ? » En guise de réponse, la brunette commença à m’implorer de la tuer pour échapper à la douleur avant de recommencer à me menacer de mort… Seigneur, c’est tellement pathétique que je n’ai même pas envie de répondre, alors je me contente de rire. L’air moqueur et plein de dédain, j’agrippai brutalement ses cheveux salis par le sang et la poussière et la forçai brutalement à se lever malgré ses blessures et sa faiblesse. Elle va se débrouiller pour se tenir sur ses jambes, où alors elle ne pourra plus jamais le faire. « T’aimerais surtout que je t’achève maintenant pour pas avoir à souffrir, pétasse. Je te voyais moins lâche que ça, je suis déçu. » A nouveau, je me permis un petit ricanement mesquin. « J’ai oublié un truc dehors. » déclarai-je calmement en tapotant du doigt le front de la jeune femme. « Si tu te refous au sol, je te coupe une jambe à la scie. Et jusqu’à preuve du contraire, courir avec une seule jambe, c’est pas pratique. » Et Dieu sait à quel point il est important de savoir courir dans un monde pareil… Tranquillement, je rouvris la porte de la salle et attrapai quelque chose derrière celle-ci. Une chaise en bois et du gros scotch. « T’as de la chance, je vais avoir la gentillesse de te faire asseoir. » déclarai-je en posant le siège en face du tabouret. A nouveau, j’attrapai la gonzesse par les cheveux et la forçai à s'asseoir. « Question de galanterie. » ricanai-je ironiquement, l’air sadique. Avec le gros scotch, je pris soin d’attacher fermement les mains de la brune dans son dos, derrière le dossier de la chaise, en veillant à le serrer assez fort pour que ce soit douloureux. À nouveau, je tirai sur ma cigarette. « Tu sais, je vais te faire souffrir comme t’as jamais souffert. » Je marquai un temps d’arrêt, faisant les cent pas autour de la chaise. « Ce serait con, pour un simple nom. » Nouvelle pause. Inquiétante. « Et surtout vu ce qui t’attend pour les prochaines questions. » Je me stoppai derrière elle et commençai à lui masser brutalement les épaules, effrayant. « Tu fumes ? » demandai-je après un moment d’attente d’une éventuelle réponse. Le retour de cette question là, pour le coup, je n’en avais rien à branler… Il ne servait qu’à introduire quelque chose : Je tirai un dernier coup sur ma cigarette, faisant briller l'extrémité brûlante de la barrette de nicotine au milieu de la pièce sombre, avant de la retirer de ma bouche pour venir l’écraser lentement sur l’épaule de la brune, la faisant tourner lentement pour bien accentuer la brûlure, jusqu’à observer une légère fumée partir de la zone de contact entre la peau et le mégot brûlant. Aussi petit que cela puisse être, une brûlure de cigarette est quelque chose de très douloureux. Une fois la clope bien écrasé et le feu parfaitement éteint, je retirai le mégot et le balançai à l’autre bout de la pièce en observant attentivement la belle petite cicatrice couverte de cendre qui décorait désormais l’épaule de ma victime. « Moi je fume pas mal. Et j’ai encore d’autre clopes à tirer. » Et elle comprendra parfaitement que j’entend par là avoir d’autre mégot à écraser sur son pauvre petit corps chétif. « Ton nom. » ordonnai-je alors pour la troisième fois d’un ton cruel.
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MessageSujet: Re: La torture interroge, la douleur répond   Aujourd'hui à 17:30

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La torture interroge, la douleur répond

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