Partagez | .
 

 Someday in winter

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4, 5, 6
Auteur
Message
Duncan Donhadams
Messiah
WALKING WITH THE DEADS
Date d'inscription : 20/07/2016
Messages : 294
Age IRL : 41

MessageSujet: Re: Someday in winter   Sam 15 Oct 2016 - 16:58

Sa proposition était la plus simple et paraissait la plus efficace. Mais demander l’opinion de sa camarade lui semblait nécessaire. Il n’était plus tout seul maintenant. Et les décisions importantes devaient être collégiales. Du moins c’est ce qu’il pensait. Ce n’était pas parce qu’il était plus âgé que Selene qu’il devait lui imposer ses directives. Non désormais la jeune femme avait son mot à dire.

Voyant que son plan pré-établi était accepté par l’étudiante, le manutentionnaire commença sa besogne afin d’ouvrir la porte. Arrachant planche par planche il finit par débloquer l’accès tant convoité. L’occupant des lieux grognait tel un fauve affamé qui reniflait sa future pitance.

Duncan se positionna à quelques pas de l’ouverture matraque en main prêt à attaquer. Puis il fit un signe de tête à sa collègue afin d’avoir la dépouille en décomposition face à lui. Une fois la porte ouverte la chose sortit de la cage d’escaliers. Le cadavre ressemblait à une femme de type Amérindienne. Cheveux longs mais de faible corpulence. L’éliminer fut très facile pour le grand gaillard. Un seul coup suffit pour se débarrasser de la cible mouvante. C’était malheureux à dire mais cela commençait à devenir une routine plus où moins quotidienne de voir du sang et des tripes.

Quoiqu’il en soit la voie était dégagée. Enfin pour le moment. Maintenant le plus dur restait à faire. Sans un mot mais avec une discipline quasi militaire, le duo se mit en position pour pénétrer dans ce qui semblait être un gouffre sans fonds. En effet la noirceur était de mise dans cette cage d’escalier. La puanteur régnait également. Des mouches affluaient de tous les côtés et la puanteur était telle quelle faillit retourner l’estomac du musicien à plusieurs reprises.

Armé de la lampe torche que sa camarade lui avait confié quelques secondes plus tôt et de son inséparable matraque le grand viking passa en tête d’expédition. La musicienne le suivait de près. Attentive et prête à ouvrir le feu au cas ou.

Descendant marche après marche dans le plus grand des silences le duo arriva sans encombres au dernier étage. La première étape avait été rapide et facile. Maintenant c’était du sérieux. Aucunes erreurs possibles. Il fallait être prudent et vif. La fraîcheur du dehors avait disparue. Agilement et discrètement Duncan ôta son bonnet et le fourra dans une poche de veste. Puis d’un signe de tête fit signe d’avancer à son arrière garde.

La tension était palpable. Le moindre bruit pouvait à tout moment les trahir. Il fallut enjamber des amas de choses dispersées à droite et à gauche un peu partout sur le palier mais la progression semblait positive et rapide. Après trois niveaux sans aucuns soucis le magasinier stoppa net son élan. L’oreille à l’affût il crut entendre un vague bruit provenant du dessous. Etais-ce ce qu’ils redoutaient ? Certainement ! Cela aurait été bien trop simple de pouvoir vadrouiller de couloirs en couloirs sans rencontrer la moindre résistance.

Le télescopage dos à dos entre Selene et le magasinier le fit se retourner vivement. Y avait il un danger derrière eux ? Le manutentionnaire releva instinctivement sa matraque prêt à agir. Mais heureusement aucuns dangers n’était présent. Juste une collision ridicule.

L’index pointé sur la bouche il fit signe à sa partenaire de garder le plus grand silence possible. Puis agitant de nouveau l’index en direction de l’étage du dessous il chuchota :

- « On va se rapprocher pour mieux voir. » Duncan éteignit tout d’abord la lampe torche. Puis une fois à proximité ils purent entrevoir le dos de trois dépouilles. Se reculant ensuite de quelques pas dans la pénombre des lieux, le musicien reprit son chuchotement :

- « Bon ce coup ci il va falloir se battre ! » Il redonna la lampe torche à la jeune femme. Il allait avoir besoins de ses deux mains armées et puis il fallait être discret, donc pas de lumière. Tout en sortant son immense couteau de chasse il continua : - « Je vais y aller ! Je vais essayer de les avoir silencieusement mais si jamais ça tourne mal je compte sur toi ! » Duncan fit ensuite une petite tape amicale sur l’épaule de l’étudiante suivit d’un sourire en lui disant : - « Ça va aller ! On va leur faire la peau ! » Puis il se retourna armé jusqu’aux dents et commença sa descente aux enfers.

Le cœur battant le viking commença à entrevoir l’étage inférieur. Des tonnes de choses encombraient le passage. Il allait falloir être agile pour se mouvoir dans ce bourbier. Chose qui n’était pas facile pour un homme de son gabarit.

Une fois sur le palier le manutentionnaire pût apercevoir les trois corps décharnés immobiles de dos. Trois hommes apparemment ? Pressé d’en finir il s’avança prudemment vers le premier des trois lascars esquivant les objets éparpillés au sol. Plus il s’approchait et plus les râles se montraient menaçants mais heureusement aucun d’entre eux ne se retourna vers lui. Du moins pour l’instant.

Agilement et silencieusement Duncan poignarda en pleine tempe le premier. Le couteau se planta d’un seul coup sans un bruit. Duncan laissa glisser le corps à terre le plus silencieusement possible mais dans la précipitation de bien faire les choses le magasinier se heurta à un morceau de meuble qui fit un horrible boucan. Serrant les dents il vit les deux autres cadavres affamés se retourner aussi sec et se diriger aussitôt sur leur potentiel repas. Le musicien recula de quelques pas mais reprit aussitôt son ascension évitant autant que possible de se crocheter dans les divers objets disposés aux quatre coins du palier.

Le coup de matraque vint percuter le crâne du second mais ne l’acheva pas. Il percuta le mur d’en face et tomba simplement au sol à quelques mètres du manutentionnaire. Le troisième était plus costaud et bien plus lourd. Il devenait délicat pour Duncan de pouvoir l ‘éliminer sans se faire mordre. Le musicien dans sa lutte acharnée recula instinctivement sans voir le fouillis derrière lui. Il faillit trébucher sur quelque chose mais l’évita de justesse.

Avec rage il poignarda avec un terrible coup de couteau le monstre en visant la tête mais ne broya que la carotide de son adversaire. Le couteau resta planté en pleine gorge pendant que le sang coulait à flot. Duncan qui était dans une position délicate frappa encore et encore son ennemi mais cette fois ci avec sa matraque jusqu’à ce que sa tête explose. Le corps inerte de l’énorme dépouille s’écroula sur le musicien. Celui-ci ne put éviter de basculer en arrière. Chutant sans pouvoir agir sa tête heurta durement le sol. Le choc fut intense.

Duncan était complètement étourdi. Mais toujours conscient. Essayant de se relever il put apercevoir le deuxième cadavre qui avait percuté le mur revenir vers lui rampant sur le sol. La masse de son adversaire l’empêchait de bouger et le choc subit précédemment lui avait donné le tournis. Il voulait agir mais n’y arrivait pas. Il pouvait cependant entendre des bruits sourds qui provenaient de derrière lui. Encore abasourdi il n’arrivait pas à distinguer les mots. C’était simplement une accumulation de sons sourds et inaudibles. Peut être que Selene lui disait de se dégager au plus vite ? Il ne savait pas et ne comprenait pas un traître mot de ce flux de parole mais cette fois ci il voyait réellement la mort face à lui, sous la forme d’un cadavre. Et elle arrivait à grands pas.
Revenir en haut Aller en bas
Selene Sweetnam
leader | Messiah
Modérateur
WALKING WITH THE DEADS
Date d'inscription : 07/11/2015
Messages : 1253
Age IRL : 26

MessageSujet: Re: Someday in winter   Sam 15 Oct 2016 - 20:21

Elle n’aimait pas se retrouver dans le noir. Pas du tout. En précisant qu’il allait « essayer » de les avoir silencieusement, Duncan ne la rassurait pas. Ils pouvaient encore faire demi-tour, voir si l’un des appartements qu’ils avaient croisés ne pouvait pas être forcé, et se mettre à l’abri le temps que ça passe. Non. Le viking était bien décidé à en découdre avec les charognes. Derrière lui, Selene tenait l’arme à moitié levée, prête à riposter, mais c’était plus pour la forme : dans la pénombre, elle ne distinguait que des silhouettes de tailles variables. Impossible de viser quoique ce soit. Il y avait bien des fenêtres, crevant régulièrement le mur de la cage d’escalier, mais elles étaient si sales que la lueur faible du jour hivernal ne s’aventurait à l’intérieur que timidement.

Ça pouvait bien se passer. C’était ce qu’elle se répétait. Après tout, quand elle avait découvert l’homme la veille, il était aux prises de deux cadavres, et combien déjà inanimés à ses pieds ? Il pouvait le faire. D’ailleurs, la musicienne crut même que tout allait se dérouler sans accroc : les premières secondes de silence étaient encourageantes. Jusqu’à ce qu’un choc fasse voler ses espoirs en éclats. Grognements sauvages, pas agités, coups violents sur la chair. La pianiste n’en avait que les sons et les ombres chinoises : c’était insoutenable.

Elle ralluma sa torche pour voir Duncan mutiler l’un des rôdeurs au couteau avant de lui exploser le crâne. Elle le vit tomber aussi, vaincu par le poids de sa victime, alors que l’autre mort rampait pour le rattraper. Un brouhaha s’était élevé : des ongles qui grattaient sur le bois des portes closes, des poings qui martelaient les obstacles, des rugissements d’outre-tombe. En voyant que son complice peinait à se relever, Selene n’eut pas d’autre choix : elle dévala les escaliers à son tour et tira dans la tête du mordeur, presque à bout portant. La détonation résonna si fort qu’elle lui vrilla les tympans. Déjà, elle sentait sa faiblesse lui revenir, mais se secoua nerveusement pour chasser le tournis.

- Vite, vite, vite, il faut y aller !

De mieux qu’elle put, elle aida le magasinier à s’extirper de sous le corps qui l’écrasait. La jeune femme n’eut pas vraiment le temps de s’assurer qu’il allait bien car depuis l’étage inférieur, deux autres charognes montaient mâchoires ouvertes. Elle ouvrit la voie avec son arme et enjamba les deux rôdeurs, non sans glisser sur le sang coagulé qui s’échappait de leurs crânes perforés. Combien de paliers encore à passer ? Sans doute beaucoup trop. Combien de balles dans son chargeur ? Pas assez. Encore un mangeur d’homme sur son chemin, cette fois ce fut son pied qu’elle propulsa dans sa poitrine. La chimère dégringola la volée de marches pour finir à l’étage inférieur, bien « vivante » mais avec un bras complètement désarticulé.

La musicienne faillit encore tomber, cette fois à cause de la fatigue, mais la terreur avait l’effet d’un stéroïde sur ses muscles sous alimentés. Elle s’évanouirait plus tard, pour l’instant, elle devait quitter cet endroit, se mettre à l’abri et souffler un bon coup. Nouveau mordeur, elle l’écarta de son chemin simplement d’un coup de revolver en pleine face putréfié, Duncan le finirait sans doute. En passant sa lampe en contrebas, entre les rampes qui se croisaient, Selene constata qu’ils n’étaient plus qu’à deux niveaux du rez-de-chaussée. Ils y étaient presque !

- C’est bon, on va y arriv-AAAH !

Ils croisaient un appartement duquel était brusquement sorti un bras décoloré dont la main se referma sur le poignet droit de la jeune femme. Elle avait beau tirer ou frapper le rôdeur avec sa torche, impossible de le faire lâcher prise. Il attirait déjà sa chair tendre de ses dents noires et le pire, c’était qu’il n’avait pas l’air seul.


Go back and forward, but all is melting like the snow ♪ Taking all from us, all we thought was left to know ♪ On what we treasure falls a dusty snow ♪ taking us backwards, but where we will never know.
Revenir en haut Aller en bas
Duncan Donhadams
Messiah
WALKING WITH THE DEADS
Date d'inscription : 20/07/2016
Messages : 294
Age IRL : 41

MessageSujet: Re: Someday in winter   Dim 16 Oct 2016 - 15:04

La tête de la face défigurée explosa sous l’impact de la balle tirée par la jeune femme. La dépouille rampante s’était seulement arrêtée à même pas un mètre du grand gaillard. Cette fois ci il pouvait dire qu’il avait chaud. La mort était passée à un cheveu près. Le musicien sentit les mains de sa camarade le tirer du mieux possible de l’endroit ou il s’était empêtré. La jeune femme peinait à l’extirper de là. Ce n’était pas étonnant vu la différence de poids entre les deux survivants. Lui demandant de se dépêcher Selene faisait du mieux qu’elle pouvait pour le relever.

Retrouvant petit à petit ses sens le manutentionnaire réussit enfin à se sortir de ce pétrin et se releva encore un peu estourbit. Une fois debout il eut juste le temps de récupérer ses armes que déjà d’autres dépouilles semblaient arriver à toute allure de l’étage inférieur. Le silence avait été rompu. Un vacarme infernal résonnait de toute part. Les râles provenant des escaliers se faisaient de plus en plus menaçants. Ils étaient là et à quelques pas seulement. Et c’était la faute de Duncan. Le magasinier avait pensé se débarrasser facilement de ces trois monstres mais il avait échoué et mis sa vie et la vie de Selene en péril. La jeune femme était maintenant en première ligne. C’était elle qui menait la danse.

Les coups de feu pleuvaient à tout vas sur les cadavres. D’autres créatures ne tarderaient pas à se mettre sur leur route. Qui plus est l’obscurité ambiante, l’odeur nauséabonde et le sang qui emplissait le sol rendait la progression des deux amis encore plus difficile.

L’étudiante élimina sans peine les deux charognes qui venaient s’en prendre à elle. Elle dévala les marches quatre à quatre avec la seule envie de se rendre en bas aussi vite que possible. Duncan fit de même tout en essayant de ne pas louper une marche ou glisser sur des traînées de sang réparties à droite et à gauche ou des morceaux de corps. Ce n’était pas le moment de tomber et de se rompre le coup dans cet escalier rougis par le sang des dépouilles.

Le magasinier suivait de près l’étudiante. Il devait être là si jamais une de ces choses s’en prenaient à elle. Mais force est de constater que la demoiselle était déchaînée et se débrouillait très bien sans lui.

La lumière dansante de la lampe torche de sa camarade se reflétait un peu partout sur les murs et sur le sol faisant croire à chaque instants qu’un mort allait surgir de nul part. Duncan n’avait pas compté le nombre d’étage qu’ils avaient dévalés depuis sa mésaventure malheureuse mais quand il entendit l’étudiante lui dire que c’était bon il commença à espérer.

Son espoir resta toutefois de courte durée. En effet, le cri de terreur de sa compère et la vue d’un bras grisâtre venant l’attraper fit craindre le pire à Duncan. Il aperçut l’étudiante ouvrir le feu tout en essayant de se détacher de l’emprise du cadavre mais sans succès. Arrivant à grandes enjambées le barbare attrapa virulemment le membre décharné et tira de toutes ses forces dans le sens contraire du coude. Un craquement épouvantable retentit. Le bras se retourna d’un coup et fut détaché sans état d’âme du reste du corps. Agrippant son couteau avec rage le manutentionnaire le planta en plein milieu du crâne de son adversaire du moment et balança un redoutable coup de pied dans le corps qui repoussa les autres qui étaient juste derrière le premier.

Promptement Duncan referma la porte et ordonna à Selene : - « Continues ! Ne t’arrêtes pas ! J’arrive ! »




Aujourd'hui le sang et les balles sont l'unique loi. Si t'es une personne responsable tu comprendras que
le recours à la violence est inévitable.

Revenir en haut Aller en bas
Selene Sweetnam
leader | Messiah
Modérateur
WALKING WITH THE DEADS
Date d'inscription : 07/11/2015
Messages : 1253
Age IRL : 26

MessageSujet: Re: Someday in winter   Dim 16 Oct 2016 - 16:53


Selene fut aux premières loges pour voir l’articulation se briser, tordue par la force de Duncan. Une giclée de sang froid éclaboussa ses traits blafards, elle agita son bras pour se défaire de la main putride qui avait laissé un bleu sur son poignet. Elle leva les yeux et découvrit alors son aîné, retenant la porte à la force de ses bras, une meute rageant de l’autre côté. Alors qu’il lui ordonnait de prendre les devants, la musicienne secoua négativement la tête en affirmant :

- Non ! Non je ne te laisse pas !

Mais avait-elle le choix ? Les rôdeurs frappaient et tiraient le battant. Si le magasinier lâchait, ils se libéreraient tous en même temps ; mais s’il tenait ? Alors les trépassés finiraient par avoir raison de sa robustesse, s’ils ne broyaient pas simplement le bois avec leurs poings. La pianiste regardait partout autour d’elle, cherchant une autre solution, mais elle ne voyait rien. Rien qui les aiderait à quitter cet immeuble ensemble – en vie.

- NON ! Répéta-t-elle, mais une secousse ébranla son ami, qui l’incita à nouveau à partir.

Sa main se serra sur la crosse du glock. Il lui restait moins de dix balles ; même si elle n’avait pas compté, elle pouvait l’estimer assez facilement. Peut-être même moins de cinq. Selene avait envie de crier, de défouler sa frustration face à cet ultimatum. Ses yeux croisèrent encore ceux de son aîné, cette figure paternelle qu’elle pensait garder à ses côtés, éclairée par la lumière de sa torche. Elle ne le laissait pas. Non… elle ne le laissait pas.

- Je t’ouvre le passage, décida la pianiste, je dégage la voie, et tu n’auras qu’à suivre et me rejoindre dehors.

Elle hocha plusieurs fois la tête, pour assurer que c’était bien ce qu’elle comptait faire, et s’engagea prestement dans les escaliers. Premier étage. Il n’y avait qu’un mordeur aux jambes atrophiées, rampant péniblement pour l’attraper. Elle lui envoya furieusement son pied en pleine figure, pulvérisant le nez putréfié, mais sans le tuer. Tant pis. Elle frappa avec son talon, déboîta la mâchoire ; encore, une pommette se fissure ; encore, la peau se détache ; encore, la boîte crânienne se fend. A peine le temps de tanguer, épuisée, et la musicienne reprit sa descente.

Rez-de-chaussée. Les vitres de la porte de l’immeuble étaient cassées, mais les trois morts qui se trouvaient de l’autre côté ne parvenait pas à franchir la large rambarde-poignée en bois. En cinq tirs, Selene s’était ouvert le chemin et pouvait retrouver l’air glacé de l’extérieur. Déjà, un petit groupe de rôdeurs s’approchait, excités par les coups de feu. Ils étaient encore assez loin, mais l’étudiante leva son arme pour tirer dans le tas. Trois balles, un seul cerveau, et son chargeur lui fit savoir qu’il était vide.

- Merde, merde, siffla-t-elle avant de reprendre beaucoup plus fort, Duncan ! Dépêche-toi !

Pourquoi n’arrivait-il pas ? Il avait dit la suivre. Elle rangea son flingue devenu inutile et sortit de sa poche son couteau de camping. Sa petite lame était dérisoire devant ce qui arrivait, mais il fallait qu’elle gagne du temps. Allant à l’encontre des rôdeurs les plus proches, la musicienne planta un premier crâne, repoussa un second candidat, brisa un genou fragile. En extirpant le métal d’une orbite oculaire, elle réalisa que ça ne suffisait pas : le magasinier ne réapparaissait pas. Non, il n’était pas mort. Elle ne voulait pas y croire ! Pas comme ça.

- HEY ! hurla-t-elle, HEY ! SUIVEZ-MOI !

Sa décision était prise. Elle lui avait promis de lui ouvrir une brèche. Si la seule façon de le faire, pour qu’il puisse s’en sortir en vie, c’était de servir d’appât, alors… ainsi soit-il. Après un dernier coup d’œil vers la porte de l’immeuble, Selene commença à s’éloigner, entrainant dans son sillage une petite quinzaine de morts affamés. Quand elle fut certaines qu’ils la suivaient tous, elle accéléra un peu l’allure, afin de garder une marge de sécurité. Dans sa poitrine, son cœur tambourinait, son souffle peinait à garder le rythme.

L’étudiante avait fait de son mieux pour les entraîner loin. Jusqu’à ce qu’elle ait la possibilité d’escalader une barrière séparant la rue d’une propriété privée. Là, elle avait fait quelques pas de plus, vidée, avant de tomber à nouveau. Pendant plusieurs secondes, elle avait entendu les rôdeurs s’acharner sur la barrière, puis tout était devenu noir et muet. Ses paupières ne s’étaient rouvertes que longtemps plus tard : le crépuscule hivernal était déjà de retour sur le ciel triste de Seattle. Elle était transie de froid, mais vivante ; et intacte. Toujours. La chance. Les mordeurs avaient laissé tomber, sans doute attirés par autre chose. Avec lenteur, la pianiste réussit à se trainer jusque sous le porche de cette belle maison aux dimensions exagérées. Avec des gestes tremblant, elle enleva son sac de son dos pour finir ce qui restait de sa bouteille d’eau. Rester hydratée, c’était ce qu’il lui avait dit.

Duncan… pourvu qu’il soit toujours en vie.


Go back and forward, but all is melting like the snow ♪ Taking all from us, all we thought was left to know ♪ On what we treasure falls a dusty snow ♪ taking us backwards, but where we will never know.
Revenir en haut Aller en bas
Duncan Donhadams
Messiah
WALKING WITH THE DEADS
Date d'inscription : 20/07/2016
Messages : 294
Age IRL : 41

MessageSujet: Re: Someday in winter   Mar 18 Oct 2016 - 16:31

Désormais seule cette porte retenait les monstres. Ils tentaient tant bien que mal de sortir afin d’agripper quelqu’un à grignoter. Leurs grognements incessants et abominables commençaient à taper sur le système du manutentionnaire. Celui-ci tenait fermement l’ouverture close de toutes ses forces en espérant trouver une solution pour quitter cet environnement des plus poisseux. Il avait sauvé sa camarade comme elle l’avait sauvé précédemment. Ça faisait un point de chaque côté. Mais le musicien se demandait toujours comment ils allaient faire pour pouvoir quitter ce guêpier. Et surtout comment tout ce cirque aller se terminer. Ils étaient en bien mauvaise posture et le duo ne savait même pas ce qui se trouvait en dessous. C’était peut être encore pire ?

De toute façon s’il devait y en avoir un qui devait mourir aujourd’hui c’était bien lui. C’était par sa faute et son arrogance que tout ça avait commencé. A force de se croire toujours le plus fort et le plus malin il fallait bien que le pire arrive un jour ou l’autre. La chance et le destin avaient peut être basculé ? Quoiqu’il en soit il se battrait jusqu’au bout de ses forces et essayerait par tous les moyens de sauver Selene. S’il devait la perdre il ne le supporterais sans doute jamais ? C’était drôle à dire mais il là considérait un peu comme la fille qu’il n’avait pas eut. L’enfant qu’il n’aurait sans doute jamais ? C’est pour ça qu’il devait faire tout son possible pour la sauver quitte à y laisser la vie.

- « Vas-t’en ! Pars et ne te retournes pas ! » Vociféra Duncan en direction de l’étudiante qui têtue comme une mule ne voulait pas quitter ce lieu sordide et sombre. Jetant un rapide coup d’œil vers son amie il pensa aussitôt qu’elle était aussi opiniâtre que lui. Un nouveau trait de caractère en commun. Il esquissa un petit sourire, la porte bougea de nouveau, le vacarme ne cessait pas un seul instant. C’était évident que ça allait en rameuter d’autres ! Le manutentionnaire là regarda à nouveau : - « Je te dis de partir ! Vas-y ! J’arrive au plus vite ! Pars ! Je ne pourrais pas les retenir éternellement ! »

La jeune femme était nerveuse. Cela se voyait comme le nez au milieu de la figure. Elle ne voulait pas l’abandonner. L’étudiante n’était pas sotte et se doutait bien que s’il restait ici, il avait peu de chance de s’en sortir vivant. Mais devant l’insistance de Duncan elle fut toutefois obligée de partir le cœur lourd.

Le magasinier regarda le jeune visage de sa camarade disparaître dans la noirceur de la cage d’escalier espérant le revoir un jour. Mais les cadavres le firent revenir immédiatement à la réalité. La porte bougea de nouveau. Le pied du magasinier glissa sur le sang répandu au sol. Il essayait tant bien que mal de retenir cette foutue ouverture mais il devenait évident que le moment de quitter ce palier était venu.

Soudainement le musicien lâcha la porte et prit ses jambes à son cou. Derrière son dos il entendit un énorme bruit. Sans doute les dépouilles qui s’effondraient à l’ouverture de la porte ? Il descendit rapidement les escaliers. Il était au premier étage. Il avait aperçu le numéro « un » marqué sur le mur. Il y était presque. Il restait simplement un étage à descendre … mais … malheureusement la porte de l’appartement qui était proche de cet escalier tant convoité était ouverte. Le problème ne venait pas du fait que celle-ci soit ouverte. Non. Le problème c’était les cinq nouvelles charognes qui en sortaient plus celle au sol avec le visage complètement défiguré.

- « Putain de merde ! » Laissa t’il échapper de sa bouche instinctivement. Cette fois ils étaient trop nombreux pour lui. Il regarda par où il était venu mais plusieurs macchabées descendaient vers lui.

Il ne restait plus beaucoup de solutions au musicien s’il voulait s’en sortir vivant. Duncan se dirigea aussitôt vers la dernière habitation du palier et fractura la clenche avec sa matraque. Une fois à l’intérieur il poussa la porte le plus vite possible sans prendre garde à une potentielle menace. Mais heureusement cet abri inespéré était inhabité. Duncan fit glisser le premier meuble qu’il trouva pour bloquer l’ouverture. A peine eut il réussit à barrer le chemin aux créatures que déjà des bras commençaient à apparaître dans l’entrebâillement de l’ouverture. Rapidement mais sûrement le magasinier ouvrit la première fenêtre qui lui faisait face et regarda par où il pouvait prendre la fuite. Le paysage blanchi par la neige dissimulait le sol mais il put remarquer que le vent avait formé quelques congères pouvant amortir sa chute.

Un bruit inquiétant résonna. Le meuble bougeait. Ils arrivaient. Enjambant le rebord de la fenêtre, le magasinier se décida enfin à sauter. La chute fut brève et atténuée par l’accumulation de neige. S’époussetant le visage recouvert de poudreuse le manutentionnaire regarda tout d’abord vers la droite. C’était les râles des rôdeurs qui les avaient forcés à monter jusqu’en haut de l’immeuble. Cette voie était donc inaccessible. Il tourna la tête vers la gauche. Un cul de sac ! La seule solution semblait être la camionnette de déménagement lui faisant face.

Inspectant rapidement le toit du bâtiment qui était juste derrière le véhicule, le magasinier put facilement en déduire qu’une fois grimpé dessus il pourrait atteindre facilement la toiture de celui-ci et ainsi se retrouver à l’abri.

A peine était il grimpé sur le capot du véhicule que les sons morbides des charognes de l’étage résonnaient dans l’impasse. S’agrippant du mieux qu’il pouvait il réussit à atteindre le sommet de la camionnette. Jetant un rapide coup d’œil en contrebas il put apercevoir que déjà les cadavres s’agglutinaient les uns sur les autres et tombaient par la fenêtre.

Temporairement en sécurité il restait néanmoins un dernier obstacle à franchir pour que Duncan soit assuré de ne pas se faire dévorer. Le manutentionnaire se rapprocha du bord du toit et se positionna correctement afin de pouvoir attraper le rebord de la toiture lui faisant face. Puis une fois prêt, il sauta sans élan et s’agrippa au mur de briques avec ses mains puissantes. Fatigué, en sueur mais emplit d’adrénaline il réussit toutefois à se hisser de toutes ses forces jusqu’à ce qu’il puisse passer par-dessus.

S’écroulant dans la neige fraîche, il se releva quasiment aussitôt et regarda si ce toit était sans danger. Une fois assuré d’être en sécurité, le magasinier s’allongea sur le sol. Sa respiration était haletante. A bout de force et complètement exténué, il contempla le ciel grisâtre avec ses nuages formant des formes étranges. Soudainement il pesta et cria tapant du poing dans la neige épaisse. Qu’avait-il bien put arriver à son amie ? Avait-elle put s’en sortir vivante ? Ne pouvant rien faire dans l’immédiat puisqu’il était bloqué sur ce toit, il l’espérait du plus profond du cœur. Mais demain. Oui demain il partirait à sa recherche car il était persuadé qu’elle était encore en vie.

FIN




Aujourd'hui le sang et les balles sont l'unique loi. Si t'es une personne responsable tu comprendras que
le recours à la violence est inévitable.

Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé
WALKING WITH THE DEADS

MessageSujet: Re: Someday in winter   Aujourd'hui à 4:53

Revenir en haut Aller en bas
 

Someday in winter

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 6 sur 6Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4, 5, 6

 Sujets similaires

-
» Test Winter Assaut par Manik
» Jean-Guillaume de Winter
» Une arme éveillée pour tuer : Winter is coming
» Winter Tournament kits!!
» CATH A. WELLINGTON ► Ariel Winter

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
The Walking Dead RPG :: Archives RP :: RP Terminés-