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 Someday in winter

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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: Someday in winter   Sam 1 Oct 2016 - 19:04

- Tu saignes…, murmura-t-elle faiblement avant de refermer les yeux.

Elle avait envie de lui dire de partir, de ne pas s’encombrer avec elle, mais ne pouvait pas nier être reconnaissante qu’il ne l’abandonne pas. Ils n’étaient pas en super posture, mais ils avaient une chance de s’en sortir à deux, alors qu’elle mourrait très certainement si Duncan décidait de poursuivre sa route. Selene se sentait coupable. Si elle avait su lui faire confiance, elle lui aurait avoué qu’elle ne se sentait pas au meilleur de sa forme, qu’elle avait besoin de manger plus avant de partir. Finalement, c’était une bonne chose que ses paupières soient trop lourdes : elle pouvait éviter de culpabiliser en voyant l’air inquiet du colosse.

Celui-ci la souleva avec une facilité déconcertante. Une plume. L’étudiante se laissa faire, étrangement rassurée dans ces bras protecteurs. La chaleur du corps de Duncan lui était presque perceptible, malgré les couches épaisses de vêtements qui les séparaient. Un frisson glacé courut sur sa peau laiteuse quand elle fut déposée au sol, arrachée au torse du magasinier. Ses orbes clairs se découvrirent alors que le gaillard parlait de descendre trouver un appartement, parlant d’une issue que la musicienne essaya en vain d’apercevoir. Suivant sagement les conseils de son aîné, ses mains gantées mais transies attrapèrent la gourde en tremblant pour avaler plusieurs gorgées d’eau.

- Merci…

Un bref sourire gêné s’afficha sur son visage décoloré. Elle examina les quelques gouttes de sang qui perlaient sur le front de son ami. Rien de grave, visiblement, mais impossible de ne pas se sentir responsable. Encore. Peu emballée par l’idée qu’il s’aventure seul dans les entrailles de l’immeuble, la pianiste réussit à refermer ses doigts sur la manche de Duncan. Ses yeux bleus le transpercèrent, toujours aussi intenses malgré sa faiblesse.

- Reste avec moi, s’il te plait…, elle humecta doucement ses lèvres gercées par le froid avant de continuer, laisse-moi juste… récupérer un peu… ok ? Je vais venir.

C’était autant une décision égoïste que collectif. Si le magasinier la laissait ici, il y avait effectivement beaucoup de chance que les températures cruellement basse lui fassent plus de mal encore. Ceci sans compter que pendant qu’il serait en pleine investigation, un rôdeur pourrait remonter sa trace en sens inverse et débarquer pile ici. Pas besoin de voir la porte condamnée de l’extérieur pour savoir que ce danger existait et que, tant qu’elle serait incapable de se lever, la jeune femme était un buffet à volonté. Toutefois, il y avait aussi cet impression qu'elle ne voulait pas le laisser partir en éclaireur seul.

- J’ai trouvé quelques trucs à manger avant de partir, avança Selene comme argument, tu peux me donner les crackers ? Dans mon sac. Suffit que je grignote un peu et… pour le froid, on a qu’à… se tenir chaud ? Je veux dire… l’un contre l’autre. Pas longtemps ! s’empressa-t-elle d’ajouter.

Il n’y avait rien de sexuel dans sa proposition, ni d’intime, mais elle avait peur que Duncan méprenne ses intentions. Il ne s’agissait que de partager leur chaleur corporelle, c’était encore l’unique moyen qu’ils avaient pour résister quelques moments de plus sur ce toit. Une fois qu’elle serait de nouveau capable de tenir sur ses pieds, la musicienne serait la première à demander qu’ils reprennent leur route. C’était entièrement de sa faute si elle avait fait un malaise, elle ne voulait pas plus encore pénaliser le magasinier…


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Duncan Donhadams
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MessageSujet: Re: Someday in winter   Dim 2 Oct 2016 - 15:29

- « Oh ça ! Ce n’est rien de grave. Une simple petite coupure. Ne t’en fais pas. » Répondit le manutentionnaire en essuyant le sang encore chaud qui coulait à petites gouttes de son front.

A peine eut il terminé sa phrase que le magasinier sentit la fine main gantée de sa partenaire de route le retenir suivit par son refus de se reposer. La jeune femme était courageuse. Malgré son état de faiblesse elle refusait de se laisser aller à dormir. Avait elle peur que Duncan l’abandonne ? De se retrouver face à une dépouille vivante voulant la dévorer ? Ou pire de ne pas se réveiller ?

Le musicien n’en savait rien. Il aurait peut être eut la même réaction après tout ? Il là regarda en lui souriant et lui répondit : - « Ok si tu veux que je reste, je reste. Mais il te faut du repos. Tu ne peux pas reprendre la route dans cet état ! Tu ne ferais même pas quinze mètres ! Tu n’as tout de même pas envie de terminer au fond de l’estomac d’une de ces choses ? » Il marqua un temps d’arrêt avant de reprendre tout sourire aux lèvres : - « Enfin je ne sais même pas s’il leur reste un estomac à ces trucs ? » Le musicien essayait de plaisanter un peu. Cela ne faisait pas de mal. Bien au contraire. Dans ce monde ravagé par le chaos il fallait tenter de se soutenir comme on pouvait. Même avec des plaisanteries vaseuses.

Quoi qu’il en soit Selene avait peut être raison ? S’aventurer seul dans cette immense bâtisse était risqué. Très risqué même. Il devait sans doute y avoir une quantité indénombrable de morts rôdant dans les couloirs et les appartements ? En l’empêchant de descendre elle lui sauvait peut être la vie ? Et se sauvait elle aussi. Il est vrai qu’une fois que la porte donnant sur le toit serait ouverte n’importe quelles dépouilles pourraient facilement atteindre la jeune femme épuisée et impuissante. Mais comment se chauffer sur ce toit ? Comment trouver un meilleur refuge que ce trou béant ouvert et où chaque courant d’air pouvait s’infiltrer à tout moment et les frapper de leur fraîcheur hivernale ?

L’étudiante sortit subitement le grand gaillard perdu dans les méandres de ses pensées. – « Ça c’est une bonne idée ! Manger te redonneras un peu d’énergie » Duncan attrapa le sac de la jeune femme et lui donna l’objet de son désir.

Quand à la deuxième remarque concernant la chaleur corporelle, le musicien y avait bien pensé en voyant le manque d’objets pour fabriquer un feu. Mais il n’avait pas osé se risquer à le lui demander de peur qu’elle le prenne pour un pervers. Alors il lui répondit sur un ton paternaliste et moralisateur :

- « Ok fillette ! Mais avant de repartir d’ici fini les cachotteries sur ton état de santé ! Il faut que tu sois à cent pour cent de tes capacités. Il est hors de question que tu t’écroules au beau milieu d’une course poursuite ! Ah les jeunes qu’est que vous feriez sans quelqu’un pour vous surveiller ! » Duncan se mit subitement à rire en reprenant : - « Voilà que je radote comme un vieillard ! » Il releva ensuite délicatement sa camarade afin de l’adosser contre le mur le plus proche. Puis s’assied à sa droite en lui disant : - « On va s’en sortir. Ne te fais pas de bile. » Avant de lui passer le bras gauche autour de ses frêles épaules.
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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: Someday in winter   Dim 2 Oct 2016 - 16:27

Pendant que ses doigts tremblant s’affairaient sur le premier paquet de crackers donné par Duncan, ses petites répliques paternelles réussirent à lui tirer un sourire faible. Sur le coup, elle fut tentée de lui répliquer de ne pas l’appeler « fillette », puis se ravisa. C’était ce qu’elle avait envie d’être à ses côtés : un enfant. Pas une femme, pas une combattante, mais quelqu’un qui avait besoin d’être protégé – au moins un peu. Peut-être était-ce la perte de son père qui ne resurgissait que maintenant, lui rappelant qu’aussi indépendante qu’elle avait pu être, on a toujours besoin de cette figure masculine synonyme de force. En principe en tout cas. Blottie contre le colosse, la morsure du froid parut se réduire légèrement. Selene avala ce qu’elle était en train de mâcher avant de lui glisser avec une pointe de dérision :

- Je ne suis pas sûre de pouvoir me remettre à 100% avec simplement ça, elle agita son paquet de biscuits, mais on va dire que dès que je peux marcher, ça ira.

La musicienne se doutait que son aîné ne serait pas de cet avis, mais pourraient-ils faire autrement ? Ce n’était pas en restant plantés sur ce toit qu’ils allaient trouver de quoi combler leurs carences alimentaires et, chaleur corporelle ou pas, ils mourraient certainement de froid en rien qu’une nuit à l’extérieur. Par bribes portées par le vent, on pouvait entendre les mordeurs s’acharner encore sur la poubelle ; tirer, pousser, gratter, grogner… c’était sûr qu’ils n’allaient pas pouvoir repartir par là.

- Je suis désolée, reprit la pianiste un peu plus sérieusement, de ne pas t’avoir dit que je ne me sentais pas bien, elle essaya d’hausser les épaules mais son corps fragile était solidement ancré sous le bras du magasinier, je ne voulais pas te retarder, et je me méfiais aussi. J’avais… peur, que tu essayes de me voler, parce que tu me croyais trop faible pour me défendre.

C’était là le centre du problème ? Se défendre. Peut-être était-ce une autre raison pour laquelle elle aimait que Duncan la traite avec paternalisme, comme sa fille, parce qu’elle savait qu’elle n’était plus innocente ? Selene avait beau vouloir oublier, et espérer, il y a des actes qui ne disparaissaient pas. Des choses qui la hantaient, jour et nuit, mais en même temps… qui témoignaient de sa force. C’était trop lourd à porter comme fardeau – trop pour son cœur fragile. Continuant à manger machinalement, la musicienne eut soudainement envie de s’ouvrir. S’ils devaient mourir ici, alors elle aurait soulagé sa conscience ; et s’ils s’en sortaient, le viking avait bien mérité sa confiance. Il l’avait aidée, sauvée, et lui avait parlé avec une sincèrement désintéressée. Ce n’était que sur ce toit qu’elle s’en rendait compte.

- J’ai… j’ai déjà… j’ai tué, articula-t-elle difficilement, une lance au travers de la poitrine, hum… il y a eu un de mes voisins, au début de... tout ça. Je ne sais pas ce qu’il voulait, il m’a… agressée quand j’avais le dos tourné. J’ai résisté, j’ai attrapé un couteau, et…

L’image était ancrée dans son subconscient. La lame dans la gorge, le sang qui gicle en l’éclaboussant, l’homme qu’elle avait connu qui portait en vain ses mains à sa blessure. La raison de son départ. L’étudiante avait quitté son foyer, parce qu’il était hanté désormais, mais parce qu’elle avait la preuve – la sensation – qu’elle saurait se défendre. Que la réponse était dans les rues malades. C’était effrayant, ça lui donnait la nausée, mais… aujourd’hui, elle respirait parce qu’elle avait été capable de tuer ce fameux jour. Selene renifla avant d’essayer de conclure :

- Je ne suis pas fière de moi mais… tu crois qu’on finit par oublier ?

Oublier le sang qu’on a sur les mains et l’odeur ferreuse qui nous trépane. Elle avait peur que son aveu spontané ne braque le magasinier, mais en même temps, elle ne voulait pas lui mentir. Même si ce mensonge était silencieux. Elle n’était pas une pauvre fille cachée dans un appartement, elle n’était pas une créature vulnérable et sans défense. Au fond, la pianiste n’était même pas capable d’être complètement sincère, parce qu’il y avait un meurtre qu’elle passait sous silence : celui du flic qu’elle avait « euthanasié ». Même si c’était pour abréger ses souffrances, même s’il était mordu et condamné à s’étouffer dans son hémoglobine, elle avait eu le sang-froid de lui coller une balle dans la tête.

Oui… voilà qui elle était. Même quand elle avouait, la vérité n’était que partielle. Ses mots, ses pensées, étaient comme des poupées russes. Toujours une partie cachée, toujours compartimenter. Elle ne savait plus faire confiance. Plus vraiment…


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Duncan Donhadams
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MessageSujet: Re: Someday in winter   Sam 8 Oct 2016 - 16:55

- « Oui c’est sur qu’avec si peu dans le ventre tu ne risque pas de faire une indigestion. » Répondit Duncan à l’étudiante. – « Quand à notre départ … on verra … si je juge que tu peux le faire alors on partira sinon … » Il scruta l’horizon et reprit : - «  De toute façon on ne peut pas rester ici éternellement. Il va bien falloir bouger à un moment ou à un autre.»

Les excuses soudaines de la jeune femme surprirent le magasinier. - « Tu n’as pas à t’excuser. Tu ne m’as nullement retardé. Je n’avais pas de rendez-vous de prévus tu sais » Lui répondit il sur un ton plaisantin.

- « Qui ne se méfierait pas de nos jours ? En plus tu as vu l’allure que j’ai ! Je suis persuadé que je dois avoir une tête de fou avec ces cheveux ébouriffés et cette barbe longue de plusieurs semaines. » Il se passa la main droite dans sa barbe comme s’il voulait lui redonner une forme plus présentable.

- « C’est tout à fait normal que tu te sois méfiée de moi. » Il marqua un temps d’arrêt avant de reprendre son monologue : - « Et non je ne te croyais pas trop faible ! Si je t’ai demandé si ton état de santé te permettais de t’aventurer avec moi sur les routes, c’était simplement pour savoir si tu étais en état de le faire. Je ne voulais pas qu’il t’arrive quelque chose … je souhaitais juste te protéger. Je me fous d’arriver aux entrepôts demain ou dans trois semaines. Ce qui m’importe c’est ta santé. »

Un silence de quelques secondes plana. Le ciel quand à lui était grisâtre et le vent annonçait bientôt son retour. La jeune femme fut la première à rompre ce silence pesant mais avec une voix hésitante. C’était comme si elle avait quelque chose à avouer ? Quelque chose qu’elle avait besoin de confier à quelqu’un.

Le musicien écouta avec attention les propos de la jeune femme tout en se disant que le monde était déjà pourri avant cet apocalypse et qu’il le resterait quoiqu’il arrive. En fait il avait toujours été corrompu par la vermine. Et la chute des autorités avait permit à tous les tarés de cette terre d’essayer d’assouvir leurs plus délirants fantasmes. Le voisin de l’étudiante était peut être un obscur cinglé ? Et voyant le monde venir à sa fin il avait pété les plombs ? De toute façon il l’avait attaqué ! Ça prouvait bien qu’il était dingue.

Duncan était attentif et réceptif. Le magasinier comprenait le mal être de Selene. Elle avait ce poids sur le cœur depuis un moment déjà et n’avait pu le confier à quiconque. Lui aussi avait connu ce problème. Et les quelques mots qu’il avait échangés avec l’étudiante sur ce sujet lui avaient fait un bien fou. Il fallait qu’elle se débarrasse de cette anxiété une bonne fois pour toute. Sinon cette mésaventure là suivrait toute sa vie.

- « Je ne vais pas te mentir. Je ne pense pas que tu oublie cette histoire ... » La franchise du musicien était pour le moins déconcertante mais Duncan avait toujours eut un parlé franc et direct.

- « …tu n’as pas à être fière où non de ce que tu as fais. Tu l’as fais pour défendre ta vie, ce n’était pas ta faute ! C’était simplement de la légitime défense ! Tu dois au contraire te nourrir de ces mauvais souvenirs pour devenir plus forte. Tu es une battante ne l’oublies pas. » Le musicien regarda la jeune femme affaiblie à ses côtés et reprit : - « On ne se connaît pas depuis bien longtemps alors tu ne croiras peut être pas ce que je vais te dire mais si tu as besoins de parler, de te confier ou je ne sais quoi d’autre je suis là. Ça fait du bien de vider son sac de temps en temps alors n’hésites pas. »

Une fois son discours terminé Duncan leva la tête vers les cieux et reprit : - « Le vent se lève à nouveau. La température va encore chuter. Je ne sais pas si les voisins du dessous vont s’en aller ? » dit il en parlant des cadavres puants qui ne cessaient de marteler la poubelle du rez-de-chaussée - « Mais il va bien falloir qu’on se tire d’ici un jour ou l’autre ! » Le grand gaillard tourna la tête en direction de l’accès menant dans l’immeuble et désigna du doigt ce qui se trouvait juste derrière.

- « Avec un peu de chance il peut y avoir un accès sur l’immeuble d’à côté ? Auquel cas on pourra s’enfuir par ce côté ? Qu’est-ce que tu en penses ? »

Le manutentionnaire n’osait pas le dire mais il craignait que la seule issue possible soit cette satanée porte menant dans les entrailles de l’immeuble. Là où peut être des dizaines de rôdeurs en putréfactions attendaient leurs futurs repas.
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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: Someday in winter   Dim 9 Oct 2016 - 10:13

- Hum…

Selene restait pensive. Est-ce qu’elle attendait autre chose de Duncan ? Sans doute pas. Il ne pouvait pas l’absoudre, ni lui promettre qu’elle oublierait, ni effacer sa mémoire. Par contre, il pouvait l’aider à voir les choses en face. On ne peut pas faire disparaître les meurtres, ni les morts, mais on pouvait vivre avec. Devenir plus forte. En quelque sorte, ça faisait écho à son tatouage. La musicienne leva les yeux avec mimétisme quand le colosse parla du vent qui se levait et des températures qui chutaient.

- On va voir…, répondit-elle à ses questions, on peut toujours espérer que les rôdeurs en bas se lassent…

Elle mordit dans un nouveau cracker sans trop y croire. Le silence les enveloppa à nouveau, bercé par les rumeurs des charognes. Malgré la chaleur du corps du magasinier, l’étudiante se sentait glacée. Ses paupières battaient lentement, ses mains peinaient à porter sa nourriture à sa bouche, même les muscles de sa mâchoire avaient l’air de givrer. Le soleil poursuivait sa course derrière les nuages blancs, suivant paresseusement l’horizon. Ducan avait eu raison : le froid devint plus agressif encore, tellement que Selene finit par murmurer :

- Il faut… il faut qu’on y aille.

S’ils restaient là, ils risquaient de méchantes brulures, s’ils ne mourraient pas tout simplement. Précautionneusement, elle attrapa son sac, l’ouvrit, et en tira ce qui lui restait d’eau. Trop peu, mais sa gorge était sèche. Ensuite, elle soupira et s’extirpa à contrecœur de l’étreinte rassurante de son acolyte. Elle crut geler sur place ! Frottant ses bras et enfonçant plus encore son bonnet sur sa tête, la musicienne se mit sur pieds – non sans tanguer légèrement. Ce n’était pas la grande forme, elle sentait que ses membres étaient engourdis, que tout son organisme était à bout, mais il fallait continuer. Encore un peu. Voulant couper court à toute hésitation du viking, elle trouva la force de lui faire un sourire pour dire :

- Ne t’en fais pas, ça va aller. On n’est pas obligés de traverser tout l’immeuble : on trouve un appartement vide, on s’y installe le temps que ça passe, et on pourra revenir et descendre par l’échelle quand les autres seront paris.

Ça pourrait prendre un ou deux jours, mais comme l’avait signalé Duncan : ils n’avaient pas de planning suisse à respecter. Selene se souvint qu’il avait suggéré l’idée de trouver une autre voie, mais un simple tour sur le toit appris que : non. Ils n’avaient pas de chance. Sans espoir, l’étudiante regarda également du côté de la rue, mais la masse d’une trentaine de mordeurs était toujours là ; elle avait même l’air d’avoir grossi. Leur vacarme devait avoir alerté d’autres comparses, qui se greffaient bêtement à la petite meute.

Ils n’avaient plus trop le choix. La pianiste sortit son arme et vérifia le contenu de son chargeur : à peine la moitié. Génial. Sans la lâcher, elle s’approcha de leur unique issue, barricadée de l’extérieure, compta mentalement jusqu’à trois, et frappa plusieurs fois du poing dessus. Tout en se secouant la main – elle s’était fait mal – elle attendit… le résultat ne tarda pas trop. Un choc brutal sur la porte qui la fit sursauter, quelque chose qui glisse contre le métal, et un râle guttural. La jeune femme colle son oreille, essayant de déceler plus précisément ce qui se trouvait de l’autre côté.

- Il n’y en a qu’un, informa-t-elle en regarda Duncan, quasi-certaine. On peut ouvrir et s’en débarrasser. Non ?


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Duncan Donhadams
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MessageSujet: Re: Someday in winter   Dim 9 Oct 2016 - 16:19

Cette fois-ci le duo devait bouger. Le froid intense commençait à se faire ressentir de plus en plus. Il devenait évident que si les deux protagonistes restaient sur ce toit quelques heures de plus ils allaient finir congelés sur place.

Duncan n’avait qu’une réelle envie : quitter ce toit un moment protecteur mais qui pouvait maintenant devenir leur tombe. Ne voulant pas presser sa camarade de route encore fatiguée, il avait simplement suggéré l’idée de partir au plus vite sans le lui imposer. Mais son inquiétude ajoutée au climat maussade avaient dût être perçue par l’étudiante ? En tout cas c’est ce qu’il croyait car la jeune femme ne tarda pas à donner son opinion sur la question. Et comme il s’y attendait elle était du même avis que lui.

Le magasinier regarda son acolyte se relever spontanément et courageusement. Là voyant chanceler il se releva lui aussi le plus rapidement possible afin de là retenir au cas ou. Mais la jeune femme était plus forte qu’elle en avait l’air. La volonté de survivre était présente. C’était positif. Dans une période comme celle-ci il fallait avoir un mental d’acier pour pouvoir s’en sortir. Et le musicien put constater avec plaisir que Selene voulait lui prouver qu’elle en était capable.

Voyant qu’aucune autre sortie n’était possible puisque les rôdeurs les attendaient en bas de l’échelle et qu’ils s’agglutinaient de plus en plus, il ne restait plus qu’au duo une seule échappatoire : la porte menant dans les profondeurs de l’immeuble.

- « Ok ! Bon de toute façon on a plus trop le choix ! Si on veut s’en sortir on va être obligé d’aller faire un peu de nettoyage plus bas. »

Selene qui était visiblement d’accord avec Duncan vérifia tout d’abord l’état de son arme et tambourina dans la porte afin de s’assurer d’une potentielle présence ennemie. Il ne fallut pas beaucoup de temps pour entendre un cadavre se frotter à la porte close. Suite à la question de l’étudiante le musicien répondit :

- « Oui il faut s’en débarrasser. On va faire le ménage soigneusement. Je vais débarricader l’ouverture ensuite tu ouvres la porte en restant bien cachée derrière, je vais servir d’appât, je suis persuadé qu’il va se diriger aussitôt vers moi. Dés qu’il est assez éloigné tu refermes la porte aussi discrètement que possible. Ensuite j’élimine la cible. Maintenant il faut espérer qu’il est tout seul ? Après hé bien on verra au fur et à mesure. Chaque chose en son temps.» Retirant sa matraque rangée préalablement dans son sac à dos il attendait l’approbation de son plan par la demoiselle. Agenouillé, arme en main, prêt à en découdre  il releva subitement la tête en direction de Selene avec un regard interrogateur : - « Ça te convient comme plan ? Tu veux peut être qu’on inverse les rôles ? S’il y a un truc qui te chiffonnes dis le moi, toutes les idées sont bonnes à prendre par les temps qui courent. »
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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: Someday in winter   Lun 10 Oct 2016 - 17:47

Selene écouta le plan que proposait le géant et hocha légèrement la tête. Malgré sa faiblesse et le froid mordant, elle ne put retenir un léger sourire quand il proposa d’échanger leurs places. Doutait-il si peu de son idée ? C’était pourtant la plus évidente et la plus logique, mais elle se sentit flattée qu’il demande son approbation.

- C’est parfait, assura-t-elle, je te couvrirai.  

Alors en piste. A peine Duncan eut-il arraché les planches qui bloquaient l’entrée que le rôdeur à l’intérieur s’excita. Il y eut deux gros chocs contre la porte avant que la musicienne ne l’ouvre subitement. La chimère, appâtée par la vue du viking, sortit à la lumière crue du jour. Une femme, indienne sans doute, ses longs cheveux collés par le sang coagulé. Bien qu’elle n’ait aucune chance contre l’habilité du magasinier, l’étudiante la garda en joue, s’appliquant à viser, des fois qu’il y ait besoin d’un tir de sauvetage.

Mais non. La menace écartée, Selene referma doucement le battant pour écouter ce qui se passer à l’intérieur. Rien. Du regard, elle consulta son aîné. Leurs souffles de condensation, d’une blancheur épaisse, se mêlaient avant de s’évaporer dans l’air glacé. Pas besoin de mots : ils étaient d’accord. Avec précaution, la jeune femme rouvrit la porte et confia sa lampe torche à Duncan pour qu’il passe en éclaireur. Ce n’était pas de la couardise, juste de la logique : il était plus fort et en bien meilleur condition physique. Elle ne saurait pas riposter si un rôdeur l’attaquait par surprise, mais elle saurait faire de son mieux pour couvrir son ami.


Ils descendaient les marches avec lenteur. Comparé à l’extérieur, il faisait bien moins froid ici et une fois arrivés au palier résidentiel le plus proche du toit, il aurait presque fait chaud. C’était le genre d’immeuble avec une succession de petits étages, reliés par des volés de marches, avec seulement deux appartements face à face chaque fois. La pianiste plia et déplia ses doigts fins. Elle n’avait pas l’air d’avoir d’engelure, mais ils lui faisaient mal et était d’une raideur handicapante. Son cœur battait à tout rompre alors qu’ils progressaient à la lumière de sa lampe que tenait le colosse. On entendait le vent siffler, s’engouffrant certainement par des fenêtres laissées ouvertes, courant sous les portes et par les trous de serrures.  

Ils avaient déjà passé trois niveaux quand un choc dans le dos de Selene la fit sursauter. Dans l’appartement qu’ils venaient de croiser, un rôdeur avait cogné sauvagement le battant en bois. L’étudiante s’était heurtée au mur de muscles qu’était Duncan et manqua de laisser échapper son arme. Elle avait la chair de poule et avait frôlé l’infarctus mais au moins, elle avait réussi à retenir son cri. « C’est bon » avait-elle murmuré du bout des lèvres, juste avant qu’un bruissement de râles ne résonne depuis l’étage inférieur : des mordeurs, qui n’avaient pas encore perçu leur présence, mais qui serait impossible d’éviter. A première vue, ils n’étaient que trois, mais ils ne pourraient pas en avoir le cœur net sans s’approcher dangereusement…


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MessageSujet: Re: Someday in winter   Aujourd'hui à 19:35

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Someday in winter

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