Partagez | .
 

 Someday in winter

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4, 5, 6  Suivant
Auteur
Message
Selene Sweetnam
leader | Messiah
Modérateur
WALKING WITH THE DEADS
Date d'inscription : 07/11/2015
Messages : 1263
Age IRL : 26

MessageSujet: Re: Someday in winter   Dim 4 Sep 2016 - 4:08

Selene regarda fixement Duncan. La lueur des flammes se reflétait, vive et orangée, sur le miroir de ses yeux bleus. Était-ce le vent qui venait de tourner ? Est-ce que c’était le signe que la bonté pouvait suivre à sa traversée du désert ? Oh, certes, rien n’était encore fait ; ce n’était pour l’instant que des paroles au coin d’un feu salvateur. La jeune femme ne voulait pas nourrir trop d’espoir, car la survie lui avait déjà réservé tant de mauvaises surprises, mais elle sourit. Une expression hésitante mais légère, sincère.

- Ça sonne très bien, commenta-t-elle en frottant ses paumes l’une contre l’autre avant de les réexposer à la chaleur du foyer.

En effet. Elle ne pouvait rêver mieux que de voyager en compagnie de cet homme qui lui rappelait son père. La musicienne eut une pointe de culpabilité en réalisant que, même si son impression était sincère, elle profitait de lui. D’une pensée, elle chasse ce parasite : elle avait besoin d’aide, il avait besoin d’une famille. L’un comme l’autre y retrouvait son compte. N’était-ce pas de ça qu’il était question désormais ? Donnant-donnant.

Le silence était retombé. Maintenant que la pianiste avait pu dégourdir sa langue alourdie par des semaines de mutisme, les vieilles habitudes reprenaient le dessus. Sa discrétion, son déficit en communication. Selene n’avait pas peur des blancs, bien au contraire : elle avait la sensation qu’ils avaient un rôle que bien peu de gens savaient mettre à profit. Apprécier une présence par autre chose que les mots échangés, c’était bien plus intéressant que de raccrocher la conversation avec des questions inutiles. Surtout aujourd’hui. Au lieu de se recroqueviller seule dans ses ténèbres glaciales, elle savourait un feu avec un être humain.

Un peu plus à l’aise, l’étudiante entreprit de dompter un peu sa crinière emmêlée. Il n’y avait pas de peigne, ni de brosse, dans son sac, mais elle se promit intérieurement qu’une fois que la nourriture ne serait plus un problème de tous les jours, elle s’accorderait un peu de temps. Rien que se laver décemment, se coiffer, ne plus sentir la sueur et la mort, ça serait un changement incroyable.

Soudain, une violente bourrasque fit vibrer la fenêtre entrouverte et une gerbe enneigée fut projetée dans la pièce. Malgré la proximité des flammes, Selene sentit que la température essayait de dégringoler. A voir les gros flocons qui tombaient de l’autre côté des vitres, les intempéries reprenaient de plus belle. Dire que la musicienne avait bon espoir que la météo se calme avant deux jours, c’était raté. A ce rythme là, ils seront bloqués dans l’immeuble au petit matin avec plusieurs centimètres de neige dans l’entrée.

- C’est à cause de ça que je reste ici, expliqua la pianiste un peu blasée, faire des explorations avec ce temps là c’est… compliqué… même si ça ralentit les rôdeurs.    

Elle se mordit la lèvre. Curieuse, maintenant qu’elle avait rouvert la bouche, d’autres questions lui venaient : comment avait-il perdu sa femme ? S’était-elle transformée ? Venaient-ils d’un camp ? L’étudiante voulait mieux connaître Duncan, et aussi mieux connaître son parcours, mais elle n’osait pas. Peur de raviver une plaie encore béante, de manquer de tact, alors elle ne dit rien. Le regard plongé dans le foyer artisanal, avec une telle intensité qu’on aurait cru qu’elle y lisait l’avenir. D’ailleurs, était-ce le cas ? Après tout, elle ne voyait que le néant et un brasier. L’Enfer.


Go back and forward, but all is melting like the snow ♪ Taking all from us, all we thought was left to know ♪ On what we treasure falls a dusty snow ♪ taking us backwards, but where we will never know.
Revenir en haut Aller en bas
Duncan Donhadams
Messiah
WALKING WITH THE DEADS
Date d'inscription : 20/07/2016
Messages : 295
Age IRL : 41

MessageSujet: Re: Someday in winter   Dim 4 Sep 2016 - 16:10

Pendant que l’étudiante se frottait les mains en répondant positivement à la question de Duncan, celui-ci commença à se concentrer sur le meilleur itinéraire possible pour parvenir jusqu’à leur objectif prioritaire. Il faut dire qu’il avait eut subitement cette idée quelques jours après la mort de sa femme alors il n’avait jamais trop réfléchit comment y aller. Il connaissait bien le chemin et les routes à emprunter mais il n’avait jamais crut pouvoir y arriver un jour. Il s’était seulement fixé un but dans l’espoir de ne pas sombrer dans la folie et il pensait qu’il se ferait tuer avant d’y parvenir. Du moins c’est peut être ce qu’il espérait pour quitter tout ce foutoir et cet enfer. Mais aujourd’hui tout avait changé. Rien n’était plus comme avant. Il n’était plus seul à errer sur les routes à la recherche de nourriture. Non dorénavant grâce à sa rencontre impromptue avec la jeune femme ils étaient deux. Et il était hors de question qu’il risque sa vie bêtement à affronter les cadavres comme il l’avait fait il y a quelque temps sous peine de faire tuer sa nouvelle camarade de route. Non maintenant il avait une personne à protéger. Enfin c’est ce qu’il pensait et c’est aussi ce qui lui faisait tenir le coup et lui remontait le moral.

Se concentrant et se représentant visuellement les rues et les routes qu’ils avaient sillonné lui et son patron en direction de la zone industrielle, il essayait de se remémorer le meilleur itinéraire possible afin de gagner de précieuses minutes et ne pas finir congelé sur un trottoir ou pire dévoré par une charogne.

Le regard dans le vide il put cependant distinguer Selene tenter de se démêler les cheveux. Tout comme lui elle avait une grande crinière et le manque d’un peigne se faisait quelque fois cruellement ressentir. Tout comme le manque de ciseaux ou de rasoir. Il avait l’habitude de porter une longue barbe mais il lui arrivait de temps à autre de la tailler proprement. Et là il devait avoir une tête de sauvage avec cette énorme touffe de poils hirsute sur le visage ? Il avait bien tenté de la tailler avec son couteau mais il avait rapidement abandonné peur de se trancher la gorge tout seul.

Le bruit du vent et la vue de la neige pénétrant dans leur foyer de fortune le fit sortir de ses rêves de soins esthétiques. Aujourd’hui les problèmes n’étaient plus les mêmes qu’avant. Et les soucis de beauté étaient bien loin d’être des préoccupations essentielles. Le froid glacial du dehors se fit aussitôt ressentir et lui rappela la température hivernale.

La neige tombait de plus belle et ne paraissait pas vouloir s’arrêter de sitôt. Cette situation était un problème de taille pour le magasinier car si la neige ne cessait de tomber, elle allait bientôt recouvrir les rues, former des congères et ralentir sérieusement leur marche en direction de l’endroit tant recherché.

La voix cristalline  de l’étudiante le sortit de ses stratégies d’établissement de plans routiers. Lui expliquant soudainement le pourquoi de son inactivité Selene paraissait comme absorbé et hypnotisée par la couleur changeante des flammes de leur feu de camps.

- « C’est vrai qu’avec ce temps on n’est pas gâté ! Ça les ralentit et même temps on voit s’ils sont dans le coin. En tout cas j’espère que cela va bientôt s’arrêter sinon on risque de se retrouver bloqué ici pendant un moment. J’ai bien quelques vivres mais je ne pense pas que l’on tienne longtemps avec si peu de provisions. »

Il y a quelques jours de cela le manutentionnaire aurait bien tenté le diable en se risquant aux éléments naturels. Mais dorénavant il formait un duo avec l’étudiante. Les décisions devaient être collégiales et non plus individuelles. Chaque choix ne pouvait être prit à la légère alors il se risqua à donner son avis sur la situation en lui demandant son point de vue :  

- « Pour être honnête avec toi, je pense qu’attendre ici est une perte de temps. Mais à y réfléchir c’est peut être un bien pour un mal ? Je pense que si j’avais été seul, je serais déjà dehors à affronter la tempête et les éléments naturels. En même temps je n’ai pas le même gabarit que toi alors … » Le grand gaillard fouina dans sa poche de veste. Il en ressortit ses gants et son bonnet qu’il enfila rapidement pour se protéger du froid.

- « Alors il me paraît essentiel d’avoir ton opinion sur la question ! Je vais te parler franchement et sans détours. Si on doit se risquer à mettre un pas à l’extérieur je dois te demander si tu es tu prête physiquement à faire face à ce genre de situation ? Et si tu as assez de force pour aborder n’importe quel danger par ce temps ? Ma priorité à l’heure actuelle c’est que l’on reste en vie. Alors si tu te sens faible n’ai pas honte de me l’avouer. Il n’y a aucun déshonneur à dévoiler ses faiblesses. Si ta décision et de rester ici et attendre alors on attendra calmement. Mais avant tout il faut que l’on apprenne à se faire confiance. Il me semble que c’est un point important et nécessaire entre amis. »
Revenir en haut Aller en bas
Selene Sweetnam
leader | Messiah
Modérateur
WALKING WITH THE DEADS
Date d'inscription : 07/11/2015
Messages : 1263
Age IRL : 26

MessageSujet: Re: Someday in winter   Mar 6 Sep 2016 - 23:55

Perdre du temps à attendre ? Risquer sa vie dans le blizzard ? Etait-ce vraiment un choix ? Comme l’avait souligné Duncan, ils ne pourraient pas tenir ici le reste de l’hiver. Quand bien même ils dénichaient dans les autres logements de quoi subvenir à leurs besoins, la solution restait à l’extérieur. Ils ne savaient pas de quoi était fait demain : des rôdeurs pouvaient s’égarer en grand nombre dans le coin en dépit de la tempête, des pillards pouvaient débarquer, le froid pouvait les surprendre et les pétrifier… non. Il ne savait pas de quoi était fait demain, mais ils savaient exactement en quoi consistait aujourd’hui.

Selene sourit à cette pensée. Un nouveau mantra, une formule qui la galvanisait. Il fallait qu’elle brise les chaînes de la peur, pour trouver cet équilibre précaire avec la prudence. Savoir quand partir, combien de temps rester. Elle pensait l’avoir su jusqu’à présent, mais peut-être que les épreuves et la solitude avaient fini par avoir raison de sa combativité. Son aîné était dans un état d’esprit tout opposé. Déterminé, motivé, positif même. Il ne pensait pas aux groupes qui pourraient s’être octroyé une suprématie sur les entrepôts – ou les magasins – ni à la possibilité de ne jamais trouver de véhicule en état de marche, ni même à la perspective de se retrouver bloqué par la neige. La jeune femme admirait cet aplomb. Il ne laissait pas de place aux doutes qui la taraudaient jour et nuit ; forgeaient ses cauchemars.

- Ça va, répondit-elle en écartant la cascade de cheveux qui venait de dégringoler de ses épaules, je ne te ralentirai pas, promis.

Mensonge ? Oui et non. Certes, la sous-nutrition la rendait moins endurante, moins vive, moins forte ; mais elle avait de la ressource. Quoi qu’en pense Duncan, elle était en vie parce qu’elle avait su s’adapter, apprendre, alors elle lui serait plus un atout qu’un poids mort. Et puis… elle ne souhaitait pas qu’il connaisse ses faiblesses. Pas encore. Ça ne faisait pas deux heures qu’ils se connaissaient mais en plus, la musicienne ne voulait pas qu’il l’infantilise. Même s’il lui faisait penser à son père, même si elle avait besoin de cette sensation de pouvoir s’en remettre à ses bras puissants, elle était une femme. Une louve qui avait appris à vivre en solitaire. Pas une gamine.

- Tu as raison, admit soudainement Selene, si j’attends que la météo s’améliore, je suis ici jusqu’au printemps…

Elle plia-déplia ses doigts avant de les éloigner du feu devant lequel ils étaient suspendus. Assise en tailleur, la pianiste posa ses mains sur le croisement de ses chevilles. Machinalement, elle gratta une croute incrustée dans la semelle de ses rangers. Du sang séché, très certainement. Elle grimaça en reprenant :

- Je te propose qu’on fasse un tour des appartements. Autant que possible. On pourrait trouver quelques réserves, des vêtements chauds, même quelques munitions. Ensuite… on part demain matin, lâcha-t-elle en expirant profondément.

Lorsqu’elle posa ses yeux sur lui pour s’enquérir de son avis, elle ne flanchait pas. Elle était décidée. « Il » l’avait décidé. D’ailleurs, réalisant qu’elle était toujours en possession de son briquet, elle le lui lança habilement. Un nouveau sourire se dessina timidement sur ses lèvres gercées par le froid. L’étudiante se sentait vibrer d’une sensation chaude qui n’avait rien à voir avec les flammes. Ça pouvait marcher. Tous les deux, ils pouvaient former un duo efficace ; ils pouvaient survivre.


Go back and forward, but all is melting like the snow ♪ Taking all from us, all we thought was left to know ♪ On what we treasure falls a dusty snow ♪ taking us backwards, but where we will never know.
Revenir en haut Aller en bas
Duncan Donhadams
Messiah
WALKING WITH THE DEADS
Date d'inscription : 20/07/2016
Messages : 295
Age IRL : 41

MessageSujet: Re: Someday in winter   Sam 10 Sep 2016 - 16:42

La réponse positive de l’étudiante rassura Duncan. Il ne pensait pas à mal en lui disant le fond de ses pensées mais il se sentait obligé de lui confier ses craintes vis à vis de son état de santé. Elle avait peut être une mentalité de fer mais quelque fois le mental ne suffisait pas pour survivre. A bien y réfléchir il était inutile d’aller se risquer à affronter les éléments si elle ne s’en sentait pas capable. Elle risquerait tout bonnement d’attraper un coup de froid et de tomber malade par la suite ou bien elle pourrait s’évanouir de faiblesse.

- «  Ah ! En voilà une bonne décision ! Ça fait un moment que j’ai envie d’aller voir ce qu’il y a là haut ! » Lui dit il en ajustant son sac à dos sur ses épaules. Rattrapant son briquet au vol il le fourra dans une de ses poches intérieures de veste puis agrippa son tube métallique qu’il fit pivoter agilement dans sa main puissante avant de poursuivre son argumentation :

- « Si quelque chose ou quelqu’un veut s’en prendre à nous il goûtera de ma matraque ! »

Aussitôt dit aussitôt fait le grand gaillard grimpa les marches quatre à quatre rapidement d’un pas décidé et volontaire. Un fois en haut le duo décida de se séparer en deux afin de rechercher plus rapidement tout ce qui pouvait convenir pour leur survie sans les encombrer.

La répartition des tâches avaient été fixées avant d’arriver à l’étage. Selene s’occuperait des appartement aux numéros impaires et le musicien lui s’occuperait des nombres paires. Le magasinier choisit bien évidemment d’aller visiter en priorité l’appartement que Selene lui avait indiqué faire du bruit. Impatient d’aller y jeter un œil il fut cependant vite déçut. En effet, il n’y trouva aucun mort ni aucun vivant. Si quelqu’un y avait vécut il avait dût prendre la poudre d’escampette ? Le lieu était sensiblement propre et les placards avaient été vidés. Donc rien de bien intéressant à se mettre sous la dent.

Le reste des investigations continua donc avec la ferme intention de dégotter un beau magot. La majeure partie des portes étaient closes mais l’homme à la force Herculéenne réussit facilement à faire sauter les serrures tantôt avec sa barre tantôt avec ses épaules. Aucunes serrures ne résista au mastodonte.

Le butin fut cependant bien maigre mais toutefois appréciable. Le batteur avait réussit à trouver parmi les débris une boite de conserve contenant des carottes qui avait sans nul doute été oubliée par ses propriétaires. Content de sa ridicule trouvaille Duncan là glissa dans son sac et s’empressa ensuite d’aller l’annoncer à sa nouvelle camarade de route.

Leur exploration terminée et la nuit approchant il aurait été dangereux d’aller oser s’aventurer à arpenter les rues couvertes de neige. Alors ils passèrent la nuit dans leur gîte à faire régulièrement des tours de garde. Puis au petit matin comme ils l’avaient décidés la veille ils firent rapidement leur paquetage et prirent la route en direction des entrepôts tant convoités. La météo était bien plus clémente que le jour précédent alors avec un peu de chance ils arriveraient à franchir les amas de neige plus facilement.

Arrivé en bas de l’escalier, là ou s’était déroulé le combat contre les monstres il y de cela quelques temps, le manutentionnaire regarda plusieurs minutes les corps à moitié gelés par le froid puis déclara à sa nouvelle amie :

- « Prête ? » N’attendant pas sa réponse il descendit les dernières marches enjambant les cadavres désormais inoffensifs. Puis armé de son inséparable barre de fer il franchit le seuil de la porte avec la ferme intention de les conduire dans un endroit ou il espérait trouver des vivres et peut être même la sécurité. Enfin du moins l’espérait il ?
Revenir en haut Aller en bas
Selene Sweetnam
leader | Messiah
Modérateur
WALKING WITH THE DEADS
Date d'inscription : 07/11/2015
Messages : 1263
Age IRL : 26

MessageSujet: Re: Someday in winter   Dim 11 Sep 2016 - 5:50

Une bouffée de courage revigora Selene quand Duncan se leva. Visiblement, il avait hâte de s’activer, voire d’en découdre. Ni une ni deux, elle attrapa son sac et sa lampe torche pour suivre rythme. A pas de loup, elle rattrapa son aîné, vérifiant que son arme était bien chargée. Bien entendu, la jeune femme préfèrerait ne pas avoir à s’en servir, mais en cas d’urgence, ça lui donnait plus de réactivité que son couteau de camping.

L’immeuble semblait muré dans le silence. Pas de pas, pas de râle, pas de souffle. Seul le sifflement du vent leur parvenait, quand il parvenait à s’infiltrer sournoisement dans un interstice. Maintenant qu’ils n’étaient plus à proximité du feu, la musicienne sentait clairement la différence de température. Le froid mordant ciselait sa peau d’ivoire, tentait d’engourdir ses membres graciles, mais il n’était pas question de faire marche arrière. Il fut décidé qu’elle s’occupe des appartements impairs, alors c’était exactement ce qu’elle allait faire !

Ils se séparaient. La pianiste posa la main sur la première poignée, l’actionna… ouverte. Un frisson grisa son corps. Un instant, elle ferma ses yeux bleus. Se concentrer, retrouver ses instincts, ses habitudes. Avant de se terrer dans ce bâtiment, elle avait appris à gérer cet exercice. Un léger sourire en coin et elle débloqua la sécurité de son arme avant de pénétrer dans l’appartement. Canon dressé, comme lui avait appris Stew. Selene avançait pas à pas, scrutant chaque recoin, chaque dessous de meuble, chaque placard, duquel un mort pouvait jaillir. Là où la lumière du jour ne parvenait pas, elle allumait sa lampe torche.

Rien. Rien d’agressif en tout cas. Passant de pièces en pièces, l’étudiante fouillait méthodiquement, froidement. Plus rien de comestible dans la cuisine, rien d’intéressant dans le salon. Dans la salle de bain par contre, elle put dénicher une boîte de tampons et quelques serviettes. Toujours utile, même si ses cycles hormonaux étaient foutus en l’air. Dans les chambres, pas une seule fringue à sa taille. Dommage.

Appartement suivant : fermé. Elle eut beau essayer de forcer la serrure avec sa lame, elle ne réussit qu’à mutiler le bois de la porte. Suivant ? Ouvert. Toujours aucune denrée valable dans la cuisine, ni nulle part ailleurs. A voir l’état des lieux, quelqu’un avait séjourné ici plusieurs jours. Partis certainement avant que Selene n’arrive dans les parages. Après deux autres tentatives enrayées par des portes closes, elle découvrit enfin la garde-robe d’une femme de sa corpulence. Retournant sans vergogne le contenu de ses tiroirs, la musicienne cherche ce qui s’apparente au pull le plus chaud et l’enfile immédiatement à la place du sien. Esthétiquement, c’était plutôt moche, mais le but était principalement qu’elle ne meurt pas de froid. Elle trouva également de grosses chaussettes, des guêtres en laine noire et un bonnet.

Plutôt contente de ses trouvailles, la pianiste finit son tour. Elle eut la chance de tomber sur quelques paquets de crackers, deux conserves, et un petit nécessaire de premiers soins. Il était quasiment vide, mais aucune importance. Cette nuit là, même s’il fallait se réveiller pour alterner ses tours de garde avec Duncan, l’étudiante se sentait plus sereine. Oh elle ne put pas s’empêcher de se recroqueviller avec son sac dans ses bras, mais… elle le sentait bien ce mec. Il pouvait l’aider, elle pouvait l’aider.

Au matin, son estomac rugissait. Elle engloutit rapidement plusieurs biscuits secs et se prépara pour leur sortie. Complètement emmitouflée, son écharpe masquant son visage, Selene suivit les traces de son aîné. Devant les cadavres entassés dans l’escalier, elle ne put réprimer une grimace. Si elle était prête ? « Oui. ». La météo était plus clémente, mais la température restait glaciale. Immédiatement, l’air frigorifié piqua ses yeux bleus et ses doigts, à peine protégés par ses gants trop fins. La musicienne tenait son glock, pivotant pour couvrir toutes les angles possibles d’attaque aux abords de l’immeuble. Pas de rôdeurs, pas de vivants. Seattle était muette, enneigée, bercée par le bruit des pas des deux alliés qui piétinaient la poudreuse. Après plusieurs minutes de marche silencieuse, elle parla soudainement à voix basse :

- Je ne l’ai pas dit tout de suite mais…il ne faut pas que tu crois que je suis… une espèce de gamine terrifiée qui attend que ça passe.

Elle dut s’interrompre pour enjamber un mordeur au crâne perforé, gelé et à moitié recouvert de neige. Au bout de la rue qu’ils empruntaient, du mouvement : un putréfié, visiblement seul, ralentit par le givre, les pieds pris dans la neige.

- Je veux dire… j’ai peur ; et j’étais dans une mauvaise passe. Mais… je suis pas nulle. Et tu m’as redonné envie de me battre... Merci, conclut-elle avec un léger sourire avant de changer de sujet : tu veux qu’on s’en occupe ou on le laisse là ?


Go back and forward, but all is melting like the snow ♪ Taking all from us, all we thought was left to know ♪ On what we treasure falls a dusty snow ♪ taking us backwards, but where we will never know.
Revenir en haut Aller en bas
Duncan Donhadams
Messiah
WALKING WITH THE DEADS
Date d'inscription : 20/07/2016
Messages : 295
Age IRL : 41

MessageSujet: Re: Someday in winter   Dim 11 Sep 2016 - 15:14

Selene était apparemment prête à lutter. Il le fallait car maintenant chaque personne qui avait survécut avait son destin en main. Chaque action quelle soit bonne ou mauvaise pouvaient changer leur existence à tout jamais. Duncan ne répondit pas à sa réponse mais un signe de tête approbateur lui fit rapidement comprendre qu’il était heureux qu’elle n’abandonne pas tout espoir.

Aucun bruit ne résonnait sur les routes à part le bruit de leur pas s’enfonçant dans la neige et aussi le vent qui leur soufflait aux oreilles. C’était comme s’ils étaient en pleine nature sauf que des cadavres à moitié gelés étaient éparpillés ici et là sur le bord des routes. Un cri de corbeau se faisait entendre de temps à autre faisant sursauter le grand gaillard perdu dans ses songes.

Dans tous les cas il n’y avait pas de danger pour l’instant. Aucunes menaces de rôdeurs et aucunes traces de survivants non plus. Ils avançaient paisiblement et sereinement. Du moins pour le moment. Le musicien espérait que leur marche ne soit pas trop périlleuse et pour le moment tout se déroulait à merveille.

Après plusieurs minutes de silence à marcher dans la blancheur hivernale, la jeune femme osa prendre la parole. Peut être pour détendre l’atmosphère pesante ou peut être pour se motiver et convaincre Duncan qu’il pouvait compter sur elle en cas de besoin ?

L’homme continuant sa progression écouta avec attention les propos de l’étudiante. Puis s’arrêta en apercevant la dépouille mouvante embourbée dans ce qui ressemblait être une congère.

- « N’ai crainte ! Je me doute bien que tu es forte ! Une gamine terrifiée ne me serait jamais venue en aide et elle ne m’aurait jamais accueillie comme tu l’as fais ! Chaque personne à le droit d’avoir peur. Moi-même j’ai peur. Qui n’a pas peur de nos jours ? Les fous peut être ? Tu sais quand le malheur a frappé ma famille j’ai eu une mauvaise période. J’étais complètement perdu et désespéré et plus rien ne comptait pour moi. J’ai erré risquant ma vie à chaque moment car je n’en avais plus rien à faire de vivre. Mais quand je t’ai rencontré tu as redonné un sens à ma vie. Le hasard à voulut que nous nous rencontrions et à ce moment je me suis dis qu’il fallait que je t’aide. Enfin que nous nous aidions mutuellement. Peut être que d’autres personnes ont survécu ? Elles ont peut être installé un campement sécurisé ? Dans tous les cas il ne faut pas se résoudre à abandonner. Il faut se battre jusqu’au bout. Avant j’étais un battant. J’ai toujours réussi à m’en sortir et toi aussi tu es une battante. Tu es comme moi, je le ressens au plus profond de moi. »

Arrêtant son monologue il tourna subitement la tête en direction du cadavre coincé en répondant  à la question précédente de la jeune fille :

- « L’éliminer fera une menace de moins et sauvera peut être quelqu’un ? Tu veux t’en occuper ou tu préfère que je m’en occupe ? »
Revenir en haut Aller en bas
Selene Sweetnam
leader | Messiah
Modérateur
WALKING WITH THE DEADS
Date d'inscription : 07/11/2015
Messages : 1263
Age IRL : 26

MessageSujet: Re: Someday in winter   Lun 12 Sep 2016 - 19:46

A vraie dire, Selene ne s’attendait pas à une telle déclaration. Duncan s’ouvrait, sans crainte, comme un livre qui avait besoin d’être lu. Elle se sentit honteuse, indigne même, de cette confiance. De son côté, elle ne pouvait se défaire de sa méfiance. Justifiée, peut-être, mais tellement mal placée alors qu’une vague de compassion la submergeait. Comme toujours, la musicienne réagissait avec une empathie exacerbée. Elle avait l’impression de sentir le désespoir du géant, la détresse qui avait été la sienne, ce gouffre au bord duquel il avait tangué. Incapable de dire un mot, touchée par la foi que l’ancien magasinier portait en elle, la pianiste laissa sa main amicalement glisser sur son épaule. Un signe de réconfort, humain, avant de se tourner vers l’horreur.

- C’est bon, je le fais.

A pas lent, elle s’approcha du rôdeur en troquant son revolver contre son couteau. Sa chair morte givrée par le froid semblait faite de silicones. Ses membres se pliaient difficilement, il avait un mal fou à progresser dans l’amas de neige. Plus Selene approchait, plus il s’agitait, poussant des râles d’outre-tombe, tendant les bras avec une obstination pathétique. La jeune femme pu s’apercevoir que le cadavre avait déjà perdu deux doigts, sans doute à cause du gel. Elle l’étudia de haut en bas. Tuer ces choses n’était toujours pas une habitude. Quand elle était seule, elle préférait de loin les éviter quand c’était possible. Dévisageant le mordeur, la musicienne se demanda si un jour, elle finirait comme ça. Pourvu que non…

Inutile de chercher plus longtemps un angle d’attaque. En voulant l’attraper, le rôdeur s’était effondré dans la poudreuse. Sans lui laisser le temps de se relever, l’étudiante pesa de tout son poids sur son dos, le genou sur sa nuque. Malgré les protestations du mort, elle prépara son coup, prit son élan, et enfonça d’un coup sec la lame du couteau de camping dans le crâne putréfié. Les mouvements s’arrêtèrent nets. La pianiste se releva alors, après avoir essuyé son arme sur les vêtements du mordeur.

- On peut y aller, informa-t-elle machinalement, je te suis.

La marche reprenait. Les paroles de Duncan lui revenaient en tête : d’autres personnes avaient-elles survécu ? Sans doute. Etaient-elles installées dans un camp sécurisé ? Dans un endroit différent de ceux réunis par les militaires voulait-il dire ? Peut-être… elle n’en savait trop rien. Et puis, depuis le temps, Selene s’était faite à l’idée de ne pas s’en remettre aux « autres ». Les solutions de masse, traquer les rassemblements sains, attendre des nouvelles du gouvernement… ça ne lui disait rien qui vaille. Elle trouverait sa propre voie pour traverser cet enfer.

- Comment… comment s’appelait ta femme ?

La musicienne avait envie de savoir. Connaître cet homme qui dégageait une aura si paradoxale : à la fois pleine de tristesse et pourtant, rayonnante. Il lui donnait courage, il la galvanisait. Est-ce qu’il ressemblait vraiment à son père ou bien est-ce qu’elle avait simplement envie que ce soit le cas ? Impossible de répondre. C’était comme ces bruits de pas au-dessus de sa tête : elle ne saurait jamais s’ils étaient réels. Le coin des lèvres de l’étudiante s’étirèrent timidement quand elle ajouta :

- Tu veux bien me parler d’elle ? Me… raconter comment elle était, avant ?

S’il avait vraiment été seul et désespéré, Duncan avait peut-être besoin de vider son sac. Ce serait aussi douloureux, Selene ne l’ignorait pas. Mais… parfois, il fallait s’entourer d’images révolues. Ouvrir une fenêtre sur un passé ensoleillé, oublier que nos disparus n’étaient plus que des cadavres – errants ou non.


Go back and forward, but all is melting like the snow ♪ Taking all from us, all we thought was left to know ♪ On what we treasure falls a dusty snow ♪ taking us backwards, but where we will never know.
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé
WALKING WITH THE DEADS

MessageSujet: Re: Someday in winter   Aujourd'hui à 21:37

Revenir en haut Aller en bas
 

Someday in winter

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 3 sur 6Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4, 5, 6  Suivant

 Sujets similaires

-
» Test Winter Assaut par Manik
» Jean-Guillaume de Winter
» Une arme éveillée pour tuer : Winter is coming
» Winter Tournament kits!!
» CATH A. WELLINGTON ► Ariel Winter

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
The Walking Dead RPG :: Archives RP :: RP Terminés-