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 Someday in winter

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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Someday in winter   Lun 8 Aoû 2016 - 23:36

6 février 2016

Elle avait froid.

Pourtant, elle vivait à Seattle depuis des années, alors l’hiver, elle le connaissait. Ses chutes audacieuses sous le 0, ses pluies glaciales, sa neige obstinée, son gel tranchant. Mais avant, Selene avait un foyer. Des couvertures, un chauffage mutualisé allumée en octobre, et de quoi faire des boissons chaudes jusqu’à l’été suivant. Elle se souvenait même de ces soirées où elle s’allongeait dans le canapé, callée contre son père, plongée dans un épais bouquin.  

Mais aujourd’hui, elle n’avait plus rien. Depuis qu’elle avait perdu de vue Abigail et sa sœur en fuyant la boutique de Ziggy, la jeune femme errait comme une ombre. Son couteau de camping devenait bien dérisoire contre les meutes qu’elle apercevait parfois, ses munitions étaient lamentables – et de toute façon, elle visait trop mal. Depuis un ou deux jours, la musicienne s’était terrée dans un immeuble sombre et muet comme un tombeau. Le cinquième étage était clean, alors elle s’était dégoté un appartement dans lequel se réfugier en attendant que la tempête passe. Le vent soufflait, la neige tourbillonnait devant les fenêtres poussiéreuses. De temps en temps, elle entendait des pas au sixième, un peu trop réguliers pour qu’il s’agisse d’un rôdeur, mais elle n’osait pas aller voir.

Par précaution, elle avait poussé devant la porte l’un des lourds fauteuils du salon. Ils empestaient la saleté et le renfermé. L’étudiante était si sous-alimentée qu’après l’effort, elle dut restée assise presque deux heures afin de ne pas s’évanouir. Elle n’osait pas affronter les miroirs disséminés dans l’habitation, pour ne pas se retrouver face à ses traits blafards et ses yeux cernés. Parce qu’elle ne dormait pas… c’était sans doute ça, le pire. Chaque fois qu’elle essayait, les images lui sautaient à la figure : son voisin, le flic, Kate, même Bobby. Et quand les morts – ou ceux qu’elle croyait morts – quittaient la scène, c’était pour que les vivants la hantent.  

7 février 2016

Selene s’éveilla en sursaut. Elle se redressa lentement, le dos courbaturé, soufflant dans ses mains gelées. Quelque chose était venu la perturber jusque dans l’ombre glaciale de son cocon, mais elle mit longtemps à comprendre quoi. Des grognements, des râles, des chocs, qui provenaient de l’extérieur. La cage d’escaliers, sans doute. A pas de loups, repoussant derrière ses oreilles ses cheveux sales et emmêlés, la jeune femme s’approcha de la porte d’entrée. On aurait dit quelqu’un… quelqu’un qui se battait, seul. Pas étonnant qu’un survivant se retrouve ici : vue la météo, les gens avaient plutôt intérêt à s’abriter. Malheureusement, même si le coin était tranquille, les mordeurs n’étaient jamais bien loin…

La pianiste hésita. Devait-elle intervenir ? Devait-elle laisser passer ? Sa seule véritablement qualité depuis le début de son errance, c’était sa discrétion. Eviter les problèmes, éviter les charognes. Elle n’était pas une héroïne, elle n’était qu’une pauvre fille qui avait à peine de quoi tenir deux jours de plus. Quatre en se rationnant de façon déraisonnable. L’air désolé, attristé même, la musicienne allait s’éloigner de l’entrée pour se murer dans sa solitude muette, mais…

Il y avait ce truc. Cette volonté inexplicable, qui l’avait poussée à affronter les rues, à se rendre au Whole Food Market, à achever l’officier agonisant, à se battre quand elle pensait mourir. Réunissant ses maigres forces, Selene poussa le fauteuil pour l’écarter de l’entrée, non sans que la tête lui tourne, et se précipita dans les marches éclairées par la lueur grise du jour. C’était un homme, trois cadavres déjà à ses pieds, mais luttant difficilement contre deux autres. Il avait l’air assez costaud pour, si c’était une personne malintentionnée, la tuer juste après les rôdeurs, mais… il fallait prendre le risque.

Profitant de la surprise, l’étudiante se jeta sur l’un des macchabés pour planter violemment sa lame dans son cervelet. Elle dut prendre appui sur le crâne pour l’en retirer, puis laisser le corps s’affaisser comme une poupée de chiffon. Une grimace de dégoût déforma ses traits, mais maintenant que les vivants étaient en supériorité numérique, ils n’eurent aucun mal à se débarrasser du dernier mordeur. Quand le silence revint, ponctué seulement par leurs souffles, la pianiste resta là. Immobile, comme un chat errant pris sur le fait ; à moitié sauvage derrière ses long cheveux châtain.

- Vous… allez bien ? Demanda-t-elle d’une petite voix.


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Duncan Donhadams
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MessageSujet: Someday in winter   Jeu 11 Aoû 2016 - 14:30

4 février 2016

Duncan, debout et immobile tel une statue de pierre, contemplait les restes de l’incendie de son ancienne demeure. Du haut du toit d’un petit établissement voisin de vente en tout genre, il se remémorait chaque instants passés dans cette magnifique petite maison avec sa compagne. Les disputes, les moments de bonheurs et les franches rigolades. Mais toutes ces périodes de bonnes humeurs et de joies faisaient dorénavant parti du passé.

En effet, cela faisait maintenant deux jours que sa femme était décédée à cause du froid. Il avait été à ses côtés jusqu’à la fin. Elle était partie dans la nuit sans souffrir. Au moins elle avait eut cette joie. Suite à sa mort il avait ensuite été contraint de lui planter son couteau dans le crâne. Cette obligation était un véritable crève cœur pour lui mais il ne souhaitait pas la voir revenir sous d’autres traits. C’est donc avec une grande délicatesse qu’il fit son œuvre.

L’ancien magasinier avait passé une journée entière dans les bras de sa défunte femme. Là pleurant elle ainsi que son enfant qu’il n’aurait jamais vu venir au monde. Mais il devait se ressaisir immédiatement et se relever de ce drame. Cet épisode malheureux resterait à tout jamais gravé au fin fond de son esprit mais il devait réagir. Sinon il sombrerait rapidement dans un état de léthargie dont il serait difficile de sortir.

Le froid était rude. Malgré ses gants et son bonnet, le vent soufflant par petites rafales lui glaçait les os. Le grand gaillard restait toutefois à observer les dernières fumées du brasier qu’il avait lui-même provoqué. En effet après la mort de son épouse, Duncan fit le choix de la revêtir de ses plus beaux habits et décida de brûler la bâtisse dans laquelle ils avaient vécu afin que personne ne vienne souiller la dernière demeure de sa conjointe. Aussitôt après avoir mis le feu, il se précipita dans le bâtiment voisin. Il se doutait bien que la fumée allait attirer les morts alors il avait prit les devants.

5 février 2016

Cette fois ci Duncan était livré à lui-même. Seul et sur ses gardes la majeure partie de la journée. Il fallait qu’il bouge, qu’il occupe son esprit. Sinon il ne faisait que se ressasser les souvenirs douloureux. Dès qu’il voyait une dépouille vivante qui lui barrait le chemin il se faisait un plaisir de lui briser le crâne avec une barre métallique qu’il avait découvert sur un des chantiers environnants. La rage intérieure et la haine qui étaient en lui, lui faisaient prendre quelques fois des risques inconsidérés mais la décharge d’adrénaline que lui procurait ces combats calmait ses envies de destructions.

Quoi qu’il en soit l’ancien manutentionnaire connaissait bien le secteur d’habitations où il se trouvait. Avec son ex-employeur il venait de temps à autres pour se réapprovisionner en matières premières et faire quelques livraisons dans les entrepôts environnants. La route était encore longue pour y arriver mais il devait poursuivre sur cette voie. Peut être que tout aurait été détruit ou pillé mais il devait tenter le coup.

La nuit quand à elle allait bientôt tomber et il devait se mettre à l’abri des rôdeurs. Il réussit à trouver son bonheur dans un vieux bar en ruine. La nuit fût calme pour une fois.

6 février 2016

Ce matin là était encore plus froid que le précédent. La vapeur sortait de la bouche de Duncan comme la fumée d’une ancienne locomotive. Il marchait d’un pas décidé et volontaire. Il lui fallait toutefois rester sur ses gardes. A la moindre incartade ou erreur d’inattention il risquait de tomber sur un rôdeur ou pire encore, dans un traquenard. Les plaques de verglas était un ennemi supplémentaire et il devait prendre garde à chaque instant. Longeant les murs dans la plus grande discrétion possible il repéra une dizaine de créatures un peu plus au loin occupés à dévorer les restes d’un malheureux. Il les observa un moment pensant que cette mésaventure pouvait lui arriver à chaque minute. Reprenant ses esprits il continua sa progression dans la neige fraîchement tombée.

7 février 2016

Cette nuit là avait été des plus terrible. Pris en chasse la veille au soir il avait trouvé refuge dans un ancien salon de coiffure. En sécurité à l’intérieur, la nuit aurait put être tranquille mais ces répugnantes choses n’avaient cessé leurs râlements de toute la nuit. C’était à tomber fou. Ayant passé une nuit blanche des plus désagréables Duncan était ce matin là de bien mauvaise humeur et avait une faim de loup. Il avait bien mangé quelques barres chocolatées, trouvées la nuit précédente mais pour un homme de sa corpulence cette nourriture paraissait des plus ridicule. N’entendant plus aucuns bruits il entrouvrit  la porte de sa cache et put sortir. Les cadavres avaient disparus. Peut être que quelque chose ou quelqu’un les avait attirés. Le grand costaud n’en avait que faire. Ils étaient partis, c’était le principal. Il continua cependant à déambuler dans les rues prenant soin à chaque recoin de ne pas tomber nez à nez avec un quelconque ennemi.

Au détour d’une rue l’ancien magasinier put apercevoir une camionnette de transport de marchandises alimentaires. C’était peut être son jour de chance. Lui qui avait l’estomac dans les talons commençait à désespérer de trouver quelque chose à se mettre sous la dent. Le symbole sur les portes ne mentait pas il devait y avoir des vivres à l’intérieur. S’approchant prudemment du véhicule, Duncan observa dans les moindres recoins s’il y avait un danger dans les alentours.

Rien. Aucunes traces au sol. Les portes arrière de moyen de locomotion étaient closes. Il y avait bien quelques empreintes de mains faites avec du sang un peu partout sur les parois du véhicule mais rien d’autre, ni aucun bruit. Le bruissement de la neige sous ses pas était le seul bruit à signaler sa présence. Glissant sa barre métallique dans sa main gauche il se décida à ouvrir le loquet de la porte avec son autre main puissante. Le grincement strident de la porte signalait son déverrouillage. S’écartant sur la droite à l’ouverture il eut la déplaisante surprise de voir plusieurs cadavres tomber de l’intérieur du véhicule. Stupéfait et prit au dépourvut Duncan se rua aussitôt sur le premier bâtiment pour se mettre à l’abri. Mais ce maudit verglas était lui aussi de la partie. Dérapant le survivant se ramassa lourdement sur le sol. Se relevant péniblement il put entrevoir que les cadavres en décompositions étaient déjà entrain de le pourchasser.

Duncan enfonça violemment la porte de la bâtisse d’un monstrueux coup d’épaule. Celle-ci récalcitrante à s’ouvrir normalement vola cependant en éclat. Comme quoi cela servait d’être costaud dans un monde en plein apocalypse ! Mais le rescapé n’était toujours pas sortit d’affaire. Les cinq charognes s’approchaient. Le combat était inévitable et il allait se passer dans le bas d’une cage d’escalier. Le premier coup arriva instinctivement. La barre métallique tenue par la main ferme de Duncan fracassa le crâne du premier des ennemis. Le deuxième macchabée se rua sur l’homme seul. C’est avec une dextérité et une force des plus impressionnante qu’il planta sa barre de métal dans la tête du second adversaire. Un craquement des plus terrifiants fit écho sur les murs environnants. Duncan était enragé mais la force qu’il avait déployée dans cette attaque avait si profondément enfoncée la barre qu’elle y resta bloquée.

Se saisissant rapidement de son couteau pour défendre sa vie et anéantir la prochaine menace, Duncan n’eut néanmoins pas grand mal à se débarrasser du troisième cadavre frêle et rachitique. Il n’en restait plus que deux. Enfin encore deux. L’adrénaline était présente, la rage aussi. L’ancien batteur tenait son couteau et attendait de pied ferme la prochaine attaque qui semblait plus délicate. En effet les deux morts arrivaient sur lui mais de deux côtés différents. Cette fois ci la survie s’annonçait délicate. Lequel devait il frapper en premier ? Le survivant n’eut pas le temps de réfléchir plus longtemps car subitement il aperçut sur un de ces flancs ce qui semblait être une femme fondre sur une des deux dépouilles. Ne perdant pas plus de temps il se précipita sur le dernier danger lui explosant littéralement la cervelle sur le poteau de la rampe d’escalier.

Cette fois ci le combat était véritablement terminé. Essoufflé par ces dernières minutes éprouvantes, Duncan contemplait le triste spectacle des corps éparpillés à travers toute la petite pièce. Quand tout à coup la petite voix douce et tendre de la jeune femme vint le sortir de ses sombres pensées pour lui demander s’il allait bien. Duncan tourna aussitôt la tête en direction de la jeune demoiselle qui avait  les cheveux épars sur le visage en lui déclarant :

- « Ouais ça va ! Enfin ça peut aller ! On ne va pas se plaindre ! Et toi ça va ? » N’attendant pas la réponse de la jeune fille il reprit aussitôt :

- « Au passage merci de ton aide ! Sans toi je serais peut être devenu une de ces choses ? Par les temps qui courent ce n'est pas simple de trouver des gens qui viennent en aide aux autres. Ah ! Mais ou sont passées mes bonnes manières ? » L’homme au look de barbare de l’époque viking retira son gant ensanglanté et tendit une main amicale à la jeune fille en signe de salutation en lui disant :

- « Je m’appelle Duncan ! Mais tu peux m’appeler « Dunk » si tu veux ? Et toi fillette tu t’appelle comment ? »
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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: Someday in winter   Jeu 11 Aoû 2016 - 19:06

- Selene, avait-elle répondu presque dans un murmure, je m’appelle Selene…

Ça lui faisait bizarre. Des présentations comme ça, comme s’ils étaient de simples voisins de palier. Doucement, avec cette méfiance qui lui donnait des airs de chat égaré, la musicienne avança sa main fine pour serrer la poigne solide de Duncan. Il n’avait pas tord. Ces derniers temps, les ressources d’entraides s’amenuisaient aussi vite que les denrées comestibles et les refuges sécuritaires. En vérité, depuis qu’elle avait perdu de vue Bobby et Abigail, elle avait la sensation que ses jours se finiraient ainsi : seule et crasseuse dans une planque minable. Oh il y avait bien eu un type… Stew si ses souvenirs étaient exacts, mais au final, un matin, elle s’était réveillée seule et dépouillée. Comme quoi...

Et lui ? La pianiste se posait la question. Etait-il vraiment amical, ou profiterait-il du premier instant pour s’éclipser avec toutes ses affaires ? Ses yeux bleus le détailler entièrement alors qu’elle s’interrogeait, l’évaluait. Son souffle s’apaisait, mais le froid l’agressait presque plus fort ici. Selene glissa son couteau dans sa poche, coupa court à ses pensées, parce qu’elle avait déjà fait son choix au moment où elle était intervenue.

- Venez, si vous voulez.

Le précédant, elle retourna dans l’appartement qu’elle occupait et ferma la porte une fois que son invité l’eut rejoint. Pendant qu’elle repoussait le fauteuil contre le battant, l’homme aurait largement le temps d’embrasser des yeux ce qui lui servait de « maison ». Un salon plongé dans la pénombre, glacial, complètement désincarné de sa vie passé. Dans un coin, un tas de couvertures témoignait de l’endroit où dormait la jeune femme et, à l’opposé, s’empilait sagement ses conserves vides et autres emballages. Une vieille habitude : ranger, même quand ça n’avait plus d’importance.

Maintenant qu’il était là, l’étudiante se demandait à nouveau pourquoi elle l’avait fait rentrer. Peut-être cherchait-il son propre appartement ? Peut-être avait-il été entraîné là par hasard ? Peut-être même avait-il un refuge ailleurs ? Ah oui mais… il ne l’aurait pas suivi dans ce cas. Sauf si… elle épia à nouveau ses traits de viking, observant une distance raisonnable. Resserrant ses bras autour de sa poitrine frêle pour frictionner ses épaules, Selene réalisa que son Glock était encore chaudement caché sous son amoncellement de couettes. Inutile si jamais il était question de se défendre.

- Je…,commença-t-elle avec hésitation, je vous ai juste entendu et… vous pouvez rester un peu ici si vous voulez. C’est pas vraiment chez moi, j’attends juste que la météo s’améliore, je serai repartie d’ici un ou deux jours. J’espère.

Oui, car elle avait un objectif, et chaque heure passée dans cette cage frigorifiée l’en éloignait. Déjà plus d’un mois qu’elle avait fait part à Bobby et Harriet de son sentiment concernant le fait de quitter la métropole. Environ, car elle n’avait plus de calendrier depuis un bon moment. Si longtemps, et elle était toujours à Seattle, bloquée par la tempête, ancrée par la neige mais aussi la peur de l’inconnue. Un chalet dans les bois… le géant lui avait laissé l’adresse. Elle le pensait mort, mais s’il était en vie, c’était là-bas qu’elle le trouverait. Lui et les autres ?

Lentement, la pianiste s’était déplacée en arc-de-cercle pour se rapprocher de son « nid ». Là, elle devrait être en mesure de plonger pour attraper son arme à feu si jamais les choses devenaient compliquées, mais ça n’avait pas l’air d’être l’intention de Duncan. Elle repoussa plusieurs mèches de ses cheveux sales derrière ses oreilles et se mordit la lèvre. Généralement, Selene n’était pas bavarde ; mais ça faisait si longtemps qu’elle n’avait pas rencontré d’être humain – vivant – que sa langue bougeait toute seule.

- Vous êtes…, elle ne savait pas trop comment demander mais pourtant, elle se doutait qu’il comprendrait, vous êtes seul depuis longtemps ?


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Duncan Donhadams
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MessageSujet: Re: Someday in winter   Sam 13 Aoû 2016 - 17:16

Duncan serra la fine et fragile main de Selene avec délicatesse. En effet, la jeune fille semblait si chétive et mince comparée à son gabarit qu’il eut peur de la blesser rien qu’en lui empoignant la pogne.

L’ancien magasinier était pour le moins étonné de l’intervention de Selene. La demoiselle était intervenue si soudainement et si gentiment que tout cela lui paraissait louche. Elle semblait toutefois avoir l’air d’être une personne honnête mais complètement perdue. Qui ne le serait pas ? Lui-même était là à vagabonder après tout. Et puis elle l’avait aidé alors pourquoi douter de ses intentions. Elle aurait très bien pût attendre sans rien faire.

La jeune femme ne lui avait cependant pas dit si elle était seule dans cet immeuble.  Peut être qu’il y avait d’autres habitants qui vivaient là haut ? Si c’était le cas aucune personne n’était descendue pour venir à son aide. Ce qui voulait dire que c’était soit des lâches, soit des individualistes ? Dans tous les cas le grand gaillard devait être prudent. Il n’avait pas envie de se retrouver prit en tenaille dans un endroit qu’il ne connaissait pas.

Après l’avoir dévisagé un court instant la jeune fille l’invita à grimper les escaliers afin de la rejoindre à l’étage. Le briseur de crâne était fatigué et avait l’estomac qui criait famine. Un peu de repos ne lui ferait sans doute pas de mal. Regardant les cadavres répandus aux quatre coins du hall d’escalier, il posa un pied volontaire sur le corps qui avait conservé sa barre métallique. Puis d’une force surhumaine la dégagea puissamment. Il aurait fallut dégager les dépouilles d’ici mais il le ferait un peu plus tard. Pour le moment il avait bien mérité un peu de repos. Et c’est avec plaisir qu’il accepta l’invitation de Selene.

Grimpant les escaliers quatre à quatre ils se retrouvèrent bientôt devant la porte de la demeure de la demoiselle. Celle-ci se glissa discrètement à l’intérieur pendant que lui suivait ses pas. Furtivement il agrippa le manche de son couteau avec sa main gauche au cas ou il faudrait se défendre. Quand à sa main droite elle serrait fermement son morceau de métal long d’environ un mètre ! Il pénétra dans la pénombre ambiante s’attendant à une quelconque attaque. Mais à sa grande satisfaction il ne se passa rien. La jeune fille repoussa quand à elle péniblement un fauteuil pour bloquer la porte d’une quelconque intrusion.

Duncan scrutait les lieux comme l’aurait fait toute personne débarquant dans un lieu inconnu. La pièce n’était certes pas très spacieuse mais chaque chose semblait être à sa place. Rangé et en ordre. C’est alors que les paroles de Selene firent revenir l’ancien musicien à la dure réalité des choses. La jeune femme avait l’air mal à l’aise et semblait presque vouloir se justifier de sa présence dans cet appartement.

Le colosse n’y avait pas encore songé mais il est vrai que sa masse musculaire, sa taille, ses tatouages et son look de barbare quelque peu effrayant aurait pût angoisser n’importe qu’elle personne surtout en cette période ou c’était la loi du plus fort qui régnait un peu partout. Il déposa donc l’objet métallique au sol pour détendre l’atmosphère.

L’ancien manutentionnaire n’avait aucunes mauvaises intentions contre qui que se soit et encore moins contre Selene. Il allait justement ouvrir la bouche pour lui dire qu’elle n’avait aucuns besoins de se justifier de vivre dans cet appartement et qu’il pouvait loger dans un autre logement si elle le désirait. Il ne souhaitait pas non plus s’imposer à elle et être un fardeau mais la curiosité ou la solitude prolongée de la jeune fille l’empêcha de répondre immédiatement faisant même réapparaître des souvenirs malheureux qui semblaient oubliés.

- « Oui et non en fait. Cela fait maintenant … cinq jours … que … » L’homme ressemblant à un viking retira son bonnet avant de le fourrer dans sa poche de veste puis d’un mouvement coutumier se passa la main dans les cheveux comme s’il voulait les démêler. A ce moment précis, il parut triste et désemparé d’un seul coup. Il détourna son regard sur le sol et reprit difficilement :

- « J’ai perdu … j’ai perdu ma femme … enceinte … il y de cela cinq jours et depuis … et bien …je … » Il s’agrippa la tête à deux mains et déclara les larmes aux yeux :

- « Elle et le bébé sont peut être mieux là ou ils sont après tout ? Quand on voit ce monde de fous ! Quand on voit tout ce qui se passe ! » Il reprit son calme posant ses mains sur les hanches avant de continuer son monologue :

- « Mais je ne suis pas le seul à avoir perdu des proches. Toi aussi tu as dû subir la perte de personnes proches ? A ce sujet tu devrais être plus prudente ! » Il s’essuya les yeux en lui faisant un sourire avant de reprendre :

- « Oui tu devrais être plus prudente jeune fille ! Je ne suis pas ton père mais tu ouvres les portes de ton foyer et accueilles trop facilement les étrangers. Tu as de la chance que je ne sois pas une personne malveillante. A l’avenir je te conseille de prendre plus de précautions. » Il passa une main agile dans sa barbe hirsute et se mit soudainement à rire :

- « Ah on croirait entendre ma pauvre mère ! Dieu ai son âme ! Et puis tu peux me tutoyer si tu veux ? Tu sais je suis pas si vieux que ça quand même ! » Il s’adossa contre le mur le plus proche et reprit plus sérieusement :

- « Et toi ça fait longtemps que tu es seule ? Que t’es t’il arrivée ? »
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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: Someday in winter   Mar 16 Aoû 2016 - 17:40

Selene ne savait pas à quoi s’attendre. Elle parlait pour parler, pour oublier les longues journées de solitudes, angoissantes et indissociables l’une de l’autre. Alors elle ne songeait pas briser la façade de cet homme à l’apparence si solide. A le voir désemparé, ôtant son bonnet, le visage dans ses mains, la musicienne fut frappée de plein fouet par son aveu. Son empathie naturelle fit le reste, nouant sa gorge, l’enveloppant dans une tristesse aiguë qui ne lui appartenait pas. Est-ce que la mère et l’enfant étaient mieux désormais ? Elle ne se risquerait pas à répondre. Parce qu’elle n’était pas croyante, qu’elle n’imaginait aucun « au-delà » meilleure que leur planète malade, et parce qu’à ses yeux, certaines personnes méritaient d’être encore en vie. La femme de Duncan par exemple.

- Désolée…

Quel mot dérisoire… elle détestait les réponses toutes faites, les habitudes presque pavloviennes, et pourtant, il n’y avait que ça. Déjà plusieurs mois que les morts régnaient alors que les vivants ne connaissaient plus qu’un passé fantomatique, et on avait toujours pas pensé à une meilleure réplique.

Il changea de sujet pour ne pas sombrer. Supposant qu’elle aussi devait avoir souffert, mais à vrai dire, la pianiste n’en était pas certaine. Elle songea à son père bien sûr ; ce père qu’elle avait espéré mais qu’elle n’avait pas réussi à pleurer convenablement. Peut-être que c’était parce qu’elle ne l’avait pas vu mourir ; qu’elle s’imaginait toujours, inconsciemment, qu’un jour, elle retournerait à son appartement et qu’il serait là pour l’attendre. Il lui dirait qu’elle rentrait tard, elle sourirait avec son habituel air mutin et s’effondrerait dans le canapé pour tout lui raconter. Sa traversée des ténèbres qui, à ce moment, ne ressemblerait plus qu’à un mauvais rêve.

Selene fut tirée de ses pensées par le rire de son aîné, communicatif. Elle ne put s’empêcher de sourire légèrement en hochant la tête. Faire attention ? Oui… mais parfois, elle voulait plus que ne pas mourir. Se « sentir » vivante, là était le challenge. Cette piqure d’adrénaline qui lui rappelait qu’elle était autre chose qu’une poupée désincarnée. Voir l’humain, humer l’humain…

- Ça fait…, répondit-elle doucement, depuis le début presque… j’ai rencontré des gens des fois. Des gens bien, des gens qui s’en sont pris à moi, et… c’est tout.

Elle haussa ses épaules frêles et renonça à sa proximité avec le glock caché sous ses draps. Il se montrait déjà trop paternel pour être mauvais, sa douleur semblait sincèrement réelle, alors elle lui accordait une chance. Une intuition. Même si au final, la dernière fois qu’elle avait cru en un inconnu, la leçon avait été dure à avaler. Aujourd’hui, rien qu’aujourd’hui, elle voulait oublier sa méfiance animale.

- Mais ne t’inquiète pas, poursuivit la musicienne avec un léger sourire, je sais me défendre ! Et… si je suis encore là, c’est justement parce que je suis prudente. Elle le fixa de toute l’intensité de ses yeux bleus avant de concéder avec douceur, mais ça fait plaisir de voir… quelqu’un s’inquiéter. Merci…

Négligemment, elle s’assit sur le rebord d’une table. Pouvait-elle lui parler ? Devait-elle garder ses projets secrets ? La pianiste ne savait pas encore. Compartimenter les choses, c’était parfait pour l’instant. Ne pas trop livrer. Peut-être aussi parce qu’elle avait peur… peur de ne pas savoir si elle saurait aller au bout. Peur de n’être au final bonne qu’à rester dans cette planque pourrie. D’ailleurs à ce sujet, elle rebondit brusquement sur la tirade passée de Duncan :

- Tu peux t’assoir, tu sais. Je te l’ai dit : c’est pas vraiment chez moi, donc techniquement, je n’ouvre pas la porte de mon foyer et tu es libre de prendre tes aises. Par contre tu es bien un étranger mais… tu es le premier que à qui je me montre ici.

Elle osa enfin un sourire franc. Le premier depuis un moment. Ses muscles devaient être rouillés parce que ses zygomatiques lui firent un peu mal. L’espace d’un instant, son visage pâle s’illumina, ramenant la jeune femme à la vie, mettant de côté la sauvageonne. Elle était contente de l’avoir aidé et qu’il l’ait suivie. Il l’avait dit : il n’était pas son père, mais au fond… peut-être qu’il pourrait ? La dureté des derniers mois faisait oublier, même à elle-même, qu’elle n’avait que 20 ans. L’adolescence était encore clair dans son rétroviseur, la vie était censée être droit devant. Selene avait beau être indépendante, son subconscient appelait encore à cette icone forte, sur laquelle se reposer, à laquelle demander des conseils. Quelqu’un qui lui reproche de ne pas être assez prudente, quelqu’un qui allume la veilleuse quand elle a peur du noir…

- Oh, tu ne sais pas allumer de feu par hasard ? Il caille vraiment et… je suppose qu’en intérieur, les rôdeurs ne le remarqueront pas.


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Duncan Donhadams
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MessageSujet: Re: Someday in winter   Sam 20 Aoû 2016 - 14:58

- « Désolée… » Ce simple mot était de coutume quand on annonçait un décès. Duncan acquiesça d’un signe de tête comme pour dire ce n’est pas ta faute et écouta avec attention les paroles de Selene.

La jeune femme en avait apparemment plus bavée que Duncan. Elle avait d’après ses dires rencontrée toute sorte de personnes allant de la plus sympathique à la plus sombre et pourrie. Jusqu’à maintenant l’ancien magasinier avait plutôt eut de la chance. Certes il était resté terré un long moment dans sa demeure mais il lui arrivait toutefois fréquemment de sortir afin d’aller chercher quelques vivres et de l’eau potable. Le peu de personne qu’il ait croisé durant ses raides solitaires était déjà mort et déambulait dans les rues. Il n’avait jamais encore rencontré de gens malhonnêtes mais il se doutait bien qu’il devait y en avoir plusieurs, voir des milliers qui devaient sévir à droite et à gauche dans tout le pays.

Il était tout en muscle et entraîné à combattre donc il ne redoutait pas spécialement une confrontation avec un groupe de pilleurs. Mais rien qu’à voir l’expression sur le visage de la demoiselle il comprit rapidement ce qu’elle ressentait et que lui non plus n’était pas à l’abri malgré sa carrure imposante.

La suite des propos de Selene interloqua quelque peu le grand gaillard. La jeune femme disait qu’elle savait se défendre et qu’elle était prudente.

Qu’elle sache se défendre, Duncan en doutait un peu. Elle était encore vivante mais pour combien de temps encore ? Si un si petit bout de femme aussi menue et fragile se retrouvait face à face avec des brutes de la pire espèces, il était persuadé qu’elle ne ferait pas long feu. Prudente ? Elle lui avait quand même ouvert grand sa porte, et elle semblait désarmée ? Si les intentions de Duncan avaient été malsaines il aurait pût lui dérober tous ses biens et même la violenter.

Il était pourtant sur et certain d’une chose. C’est qu’elle avait du caractère ; ça il en était persuadé sinon elle ne serait plus de ce monde après toutes les péripéties qu’elle avait dût subir depuis le départ de toute cette catastrophe.

Mais son regard bleu et ses mots de remerciements remirent du baume au cœur à l’homme à l’allure de grand viking. Il là regarda s’asseoir sur le rebord d’une petite table et pensa à cet instant qu’elle était comme lui,  perdue dans un monde de dingues. Sans avenir certain et sans but précis sauf peut être survivre et être le plus fort, le plus rusé peut être même devenir le plus fourbe ?

Quoiqu’il en soit la suite des propos de Selene et son sourire radieux confirmèrent qu’elle avait confiance en lui. Ces quelques mots échangés entre l’ancien manutentionnaire et la jeune femme semblaient en tous cas leur remonter le moral. A ce moment il se dit qu’il pourrait voyager ensemble. Si elle n’y voyait pas d’inconvénients bien sur. Après tout il n’avait aucun projet sérieux à par aller voir dans l’entrepôt de marchandises. Et ils pourraient s’entraider. Mais la voix délicate de Selene le tira de son rêve éveillé.

- « Faire du feu ? Je ne sais pas en faire mais j’ai un briquet. Alors oui je peux faire du feu ! Voilà une bonne idée, c’est vrai qu’il fait froid. » Duncan ôta son sac à dos et fouina à l’intérieur. Après quelques minutes à farfouiller il en retira un petit briquet tempête noir. Contemplant ce tout petit objet dans son énorme main il lui lança en lui disant :

- « Tiens attrapes ! Avec ça tu peux faire du feu n’importe où. C’est un cadeau de ma femme alors ne le perd pas s’il te plaît ! Je vais aller chercher de quoi faire du feu dans les autres appartements. Il doit bien y avoir de quoi brûler ! On aura bientôt tout ce qu’il faut il ne reste plus qu’à ne pas s’enfumer c’est tout ! Les rôdeurs ? Non je ne pense pas qu’ils soient attirés par un si petit nuage de fumée ? Il faudrait plutôt se méfier des vivants ! » Il reposa son sac à terre juste à côté de sa grande barre et lui posa certaines questions qui lui brûlaient les lèvres depuis qu’il était arrivé :

- « Mais au fait tu es seule ici ? Il n’y a personne d’autre aux étages supérieurs ou ailleurs dans cet immeuble ? Pourquoi t’es tu installée ici et pas tout en haut, proche du toit ? »
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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: Someday in winter   Sam 20 Aoû 2016 - 17:17

La musicienne attrapa le briquet au vol, consciente de recevoir un trésor. Alors que Duncan mettait le doigt sur un autre problème relatif au feu en intérieur – l’enfumage – elle détaillait le cadeau de sa femme. Un bel objet, effectivement. C’était maintenant qu’il ne lui restait plus rien de son père que Selene comprenait le sens de tels symboles. Des totems. Des amulettes. Souvenir que la personne qu’on avait aimé avait existé, qu’elle n’était pas qu’un fantasme ou un fantôme. Quand son aîné lui demanda s’il y avait d’autres personnes dans l’immeuble, la pianiste leva machinalement ses yeux bleus vers le plafond :

- Je me suis arrêtée là parce que… la porte n’a pas été dure à forcer. C’est tout. Des fois j’entends des pas venir de là-haut, avoua-t-elle en baissant la voix, mais je ne sais pas vraiment… ils sont trop réguliers pour que ce soit un rôdeur, tu vois ? Alors je ne suis pas allée voir.

Passant délicatement le briquet d’une main à l’autre, l’étudiante eut la sensation que la température avait déjà pris quelques degrés. Pas pour une quelconque raison physique, simplement parce qu’elle avait rencontré un homme amical. Sur le fil du rasoir, elle avait fait un choix. A l’heure qu’il est, elle aurait pu être morte – ou pire. Une petite moue complice restaura la jeunesse de son visage d’ivoire tandis qu’elle haussait les épaules en signe faussement désolé.

- Du coup, je suis bien seule. Rien qu’une gamine qui prend des décisions irresponsables. Tss-tss, choisis mieux tes alliées Duncan !

Encore une fois, elle osa sourire. Timide et libérée. La musicienne ne chercherait même pas à savoir depuis quand elle n’avait pas taquiné quelqu’un. Même pour elle, la solitude n’était pas une excellente voie à long terme. Et… impossible de savoir si c’était à cause de ce qu’il lui avait dit un peu plus tôt, mais un sentiment étrange se tissait à l’égard du colosse. Une impression plutôt à ce stade. Paternel. C’était sans doute pour ça qu’elle avait instinctivement envie de se comporter comme avec son géniteur : un des seuls à avoir connu sa facette lumineuse, quand d’autres ne voyaient qu’une jeune femme discrète et peu loquace. Alors que le magasinier allait sortir pour chercher de quoi faire un feu dans les appartements voisins, Selene se leva pour attirer son attention.

- Attends, tu crois pas qu’on aura de quoi faire ici ? J’ai pris les couvertures, mais il doit rester des draps, des chaises ou des trucs de cuisine en bois, du papier, … pas besoin de se risquer à sortir.

Ce qu’elle n’avouait pas, c’était que son intervention héroïque dans les escaliers avait brûlé le peu d’énergie disponible dans ses muscles sous alimentés. Elle se sentait faible, fébrile, et d’ailleurs, elle s’était levée trop vite. La tête lui tournait. L’étudiante s’empressa de s’assoir sur un fauteuil rongé aux mites pour dissimuler son malaise. Elle n’était pas en condition pour couvrir les arrières de Duncan mais se refusait à le savoir fouiner seul. L’espace de quelques seconds, ses paupières s’abaissèrent, pour offrir à l’espace une chance de cesser de tournoyer. La dure réalité la ramenait sur terre : la compagnie faisait du bien, mais elle ne remplissait pas son estomac. Un peu moins fort qu’auparavant, elle murmura :

- Reste-là pour le moment… s’il te plait… ok ? Je viendrais avec toi après si y’a rien ici.


Go back and forward, but all is melting like the snow ♪ Taking all from us, all we thought was left to know ♪ On what we treasure falls a dusty snow ♪ taking us backwards, but where we will never know.
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Someday in winter

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