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 The war zone

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Selene Sweetnam
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MessageSujet: The war zone   Lun 1 Aoû 2016 - 16:31

1er août 2016

Trois jours. Comme un réflexe macabre, même pas réconfortant, Selene comptait toujours le temps qui passait. Depuis trois jours, elle avait cessé de hanter leur phare comme un spectre en perdition. Pas grâce à l’insistance amoureuse de Gabriel, bien qu’elle aurait adoré. Elle l’aimait, mais ses sentiments étaient otages de son malaise, de la sensation d’être sale et indigne. Non, c’était la haine qui lui avait fait l‘effet d’un électrochoc. Comme ces machines qu’utilisaient les médecins pour relancer le cœur las des blessés. Abigail lui avait raconté Seattle. La voiture, la gamine, et le type à la batte. Trop centrée sur sa propre chute dans les ténèbres, la musicienne n’avait pas vu la détresse de sa meilleure amie. Pas tout de suite. Mais maintenant qu’elle savait, le monstre s’était réveillé. Avant la femme, bien avant.

Alors depuis l’avant-veille, elle s’occupait autrement. Plutôt que d’arpenter les hauteurs de leur nouveau refuge, elle fouilla intensivement le périmètre proche. Ils étaient assez excentrés des voies principales, alors même après plusieurs mois de chaos, les ressources étaient disponibles. Eau et denrées alimentaires bien sûr, mais surtout de l’essence, des fringues, du nécessaires de pharmacie, des produits d’hygiène quotidienne… très peu d’armes néanmoins. La pianiste pu dénicher quelques munitions en 9mm, surtout en faisant les poches des cadavres de nomades, mais rien de folichon.

Selene s’oubliait dans la préparation de son expédition, parce qu’ainsi, ses pensées se détachaient de Tacoma. Et quand on lui demandait ce qu’elle faisait, elle prétextait s’organiser pour quelques rondes dans les environs. Elle savait que Gabriel voyait son manège d’un mauvais œil, voir qu’il se doutait de quelque chose, mais elle s’efforçait de lui sourire en prétextant qu’il fallait bien qu’elle remette le pied à l’étrier. Deux semaines de stagnation, pour elle, ça commençait à faire long.

Ce matin, elle était prête. En se fixant dans le miroir de la salle de bain, elle avait attaché ses longs cheveux en queue de cheval. L’étudiante avait retrouvé un peu de couleur, ses lèvres n’étaient plus si sèches, mais ses yeux bleus étaient plus glacés que jamais. Vêtue d’un jean noir usé aux genoux et d’un débardeur assorti, elle avait attaché à sa taille gracile sa ceinture multifonction piquée à un flic. Glock 17, couteau de chasse, même le spray au poivre était de la partie – au cas où. Les menottes aussi, car une fois qu’elle aurait trouvé celui qui faisait chanter sa meilleure amie, elle comptait bien lui faire regretter un peu avant de le tuer. Dans son dos, elle coinça un Beretta en back up, qu’elle espérait ne pas avoir à sortir et dans ses chaussettes, cacha sa fidèle lame de camping.  

Elle avait planqué sous les sièges arrières un sac à dos contenant une lampe torche, deux bouteilles d’eau et quelques gâteaux secs, des fois qu’elles soient bloquées sur la route. Puis, lorsque l’irlandaise fut à ses côtés, Selene avait allumé le moteur et s’éloigna, dans les ténèbres clairs de cette fin de nuit. Les filles étaient tombées d’accord pour ne prévenir personne de leur escapade vengeresse, encore moins Gabriel. D’ailleurs, quand celui-ci se réveillerait, un mot l’attendrait en lieu et place de sa belle :

« Je suis partie régler quelque chose avec Abigail. Pour nous protéger. Tous. Je vais faire mon possible pour revenir, mais si ce n’est pas le cas, ne prends pas le risque de me chercher. S’il te plait.

Je t’aime. »


Rien qu’en repensant à ces lignes, la jeune femme avait envie de pleurer. « Je t’aime ». Elle ne avait jamais dit jusqu’à ce jour. Ça sonnait un peu comme un adieu. Peut-être qu’au fond, elle espérait mourir aujourd’hui. Loin des siens, loin de son petit ami, pour qu’il n’ait pas besoin de s’infliger la vue de son cadavre. Il lui suffirait de s’éteindre, inconnue sans visage dans les rues de Seattle, comme la femme déshonorée qu’elle était.  

***

Ça lui fit un choc de revoir les contours de la métropole. Elle était toujours murée dans un silence morbide qui se répercutait en échos sur les immeubles et glissait jusqu’à la file de voitures vides, vestiges de l’embouteillage causé par l’exode massif. Le jour s’était levé depuis leur départ. Selene n’avait rien dit jusque là, sa vision oscillant entre la route et ses poignets dont les marques étaient, enfin, quasiment effacées. Ce fut en se garant dans une ruelle paumée, à la périphérie de Seattle, qu’elle proposa :

- On la laisse ici, ok ? Si jamais ça tourne mal et qu’on est séparées, c’est notre point de rendez-vous. Tu me dis qu’on en arrive, ok ? ajouta-t-elle après un bref silence, je me cacherais pour lui faire croire que tu es seule. J’interviendrai assez tôt pour ne pas qu’il te touche.


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MessageSujet: Re: The war zone   Lun 1 Aoû 2016 - 23:47

Le 1er août, elle devait revenir dans cet appartement avec des provisions et deux armes à feu. C'était le deal. Elle ne savait encore rien de moi. Elle avait certes vu de quoi j'étais capable, mais elle n'avait aucune idée de ce que j'étais. Mon nom, ma cruauté : voilà tout ce qu'elle savait de moi. Elle ne savait rien du phare, elle ne savait rien de Zack, de Malcolm, de Nick, ni même de ce bon vieux Francis. Elle ne savait pas qui nous étions, où nous étions, et combien nous étions. Tenter une riposte pourrait être suicidaire, non ? Attaquer quelqu'un dont on n'a aucune idée du nombre d'alliés ? Une folie. Mais cette gonzesse là… Elle avait eu la témérité de cogner mes bijoux et de tenter de s'enfuir avec une blessée, alors qu'elle n'avait aucune chance… Que dois je penser d'une telle inconsciente ? Qu'elle est prête à faire la connerie de tenter une riposte. C'est pourquoi, aujourd'hui, je ne suis pas venu seul. Zack, en bon bras-droit, est ici avec moi pour finaliser la première affaire sérieuse de notre faction : s'il y a le moindre problème, nous interviendrons tout les deux.

C'était l'esprit tranquille et le sourire aux lèvres que j'avais quitté notre campement ce matin à bord de notre pick-up, accompagné de l'homme d'affaires. Face à mon geste d’il y avait cinq jours, je n'éprouvais pas le moindre remord, bien au contraire. J'avais déjà eu à massacrer un individu de la sorte, mais jamais un innocent, mais malgré cela, ma fierté ne s’ébranlait pas d'une miette, bien au contraire.

Au cas où nous ne revenions pas avant midi, j'avais pris soin de dire à Malcolm de venir nous chercher. Ainsi, au moindre problème, il arriverait en renfort au bout d'un certain temps.

Après avoir prit soin de dissimuler le pick-up un peu plus loin, nous nous étions, Zack et moi, installé paisiblement dans le petit appartement de rez-de-chaussée qui avait servi à ma première rencontre avec Abi. Sur le carrelage froid et poussiéreux gisait encore le corps inerte à la tête éclatée de la pauvre Claire pour qui la chance avait tourné. La flaque de sang avait eu le temps de coaguler quelque peu, laissant la pièce marquée d'une grande trace mi rougeâtre mi brune visqueuse. Les mouches semblaient déjà vouloir s'attaquer au cadavre qui décorait l'appartement. « Erk.. Putains de mouches. » Sans aucun remords, je me permis de pousser le cadavre du pied jusqu'à l'extérieur de l'immeuble dans une traînée de sang, devant l'entrée, le laissant à la merci des insectes charognards. Veillant ensuite à esquiver la flaque de sang glissante, je vins m'asseoir tranquillement dans un fauteuil éloigné des fenêtres. Je soupirai calmement en tapotant les accoudoirs des doigts. « Bon Zack, je vais pas te mentir, je pense qu'elle a menti au sujet de sa… solitude. Cette gonzesse est pas nette, elle était bien peu bavarde… ça cache un truc. » Je passai lentement une main sur ma très légère barbe naissante, pensif. « Personnellement, ça m'étonnerait pas qu'elle fasse partie d'un groupe et qu'elle ait pas voulu m'en parler. Pour les “protéger”, tu vois. Haha… naïve. » Après un petit rire mesquin, je jetai un coup d'oeil à l'horloge de l'appartement. Elle n'avait pas intérêt à trop tarder… où je veillerai personnellement à la retrouver et à lui faire payer les intérêts.
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Abigail Breckenridge
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MessageSujet: Re: The war zone   Mer 3 Aoû 2016 - 21:26

Elle en avait parlé à Selene. Pas parce qu'elle avait peur. Même si c'était le cas. Pas parce qu'elle se sentait faible, meurtrie, coupable. Même si c'était le cas. Elle lui en avait parlé, parce qu'elle en avait besoin et parce qu'elle espérait que, comme pour elle lorsqu'elle avait survécu avant de les retrouver, la vengeance et la colère réveillerait sa meilleure amie. Ce fut le cas. Elles avaient passé les jours qui suivaient à préparer cette expédition, à préparer leur justice. Les autres ne devaient rien savoir, car ils risqueraient de se mettre en danger et surtout parce qu'Abi refusait que quelqu'un d'autre que Selene ne l'accompagne. Après tout, c'était la seule qui pouvait comprendre ce qu'elle ressentait. Même si ce que vivait la blonde était dérisoire face aux maux de la brune.

Silencieusement, Abi glissa dans son sac à dos noir une lampe torche, une couverture de survie pliée (sait-on jamais, elles partaient en ville après tout), un couteau-suisse, une bouteille d'eau, une lampe torche, une corde ainsi qu'une bouteille d'eau. Elle coinça entre sa peau et la ceinture de son jean trop grand le SIG-Sauer, mit quelques balles dans la poche droite de son pantalon puis, enfin, accrocha à son épaule la bandoulière du fusil de chasse, dont elle prit une boite de cartouche qu'elle décida de mettre dans la poche gauche de son pantalon. Ainsi, elle était prête à recharger. Enfin, elle prit un couteau de cuisine qu'elle bloqua dans sa chaussette. Puis, une fois prête, elle rejoignit Selene.

Le trajet se fit dans le silence le plus complet. Abi était nerveuse. Elle se rendait compte dans quoi elle entraînait sa meilleure amie. Et si ce rendez-vous était un piège ? Et si derrière la menace Jonah se cachait pire ? Le cœur serré, elle regardait le paysage qu'elle commençait à trop connaître défiler devant ses yeux. Puis la musicienne gara la voiture et Abigail acquiesça. Elle descendit silencieusement de la voiture, claque la porte et, Selene à ses côté, s'avança dans la ville.

Etrangement Abigail connaissait par cœur le chemin. Elle ne s'y était rendue qu'une seule fois, et elle était extrêmement perturbée losqu'elle avait fait le retour, mais chaque immeuble, chaque maison, chaque trottoir étaient ancrés dans son esprit. Elles évitaient soigneusement les monstres. Pas la peine de se fatiguer pour rien.

Elles arrivèrent enfin au lieu de rendez-vous. Cette fois, ce fut l'estomac de la jeune femme qui se retourna. Elle se souvenait de la scène affreuse qu'elle avait vécu quelques jours auparavant, et surtout, elle se souvenait de l'odeur du sang chaud, des râles de la mourante, des cris de Jonah, des bruits de la batte cloutée contre son crâne et ses propres sanglots, sa respiration haletante, ses larmes qui mourraient au coin de ses lèvres tremblantes... Tout lui revenait violemment... Elle serra les poings, prête à se venger, prête à reprendre le dessus, à contrôler de nouveau...

Elle avait peur, mais elle était déterminée. Déterminée à mettre fin à tout cela. Elle jeta un regard à Selene, histoire de se rassurer. Puis elles entrèrent dans l'immeuble. Malheureusement, le point de rendez-vous était l'appartement du drame. C'était plus handicapant pour une attaque, plus dangereux, mais ça valait le coup de prendre le risque... Et elle ne pourrait jamais assez remercier Selene de faire tout ça pour elle. Du moins, si elles revenaient.



 
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Zack M. Atkins
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MessageSujet: Re: The war zone   Mer 3 Aoû 2016 - 23:50


Il y avait plusieurs jours maintenant que Jonah avait raconté à Zack sa petite rencontre dans un appartement du Nord de la ville ; deux demoiselles qu'il avait gentillement menacé jusqu'à ce qu'il n'en reste plus qu'une à qui il avait demandé à de revenir le lundi suivant avec quelques provisions et armes. Le blond avait hésité à l'accompagner, pesant le pour et le contre. Sa blessure au flanc était encore relativement fraîche et le doc avait déjà dû changer à plusieurs reprises son bandage ; la plaie commençait à cicatriser mais il lui avait bien dit de ne pas trop s'agiter pendant encore un bon petit temps. Ça, c'était le contre. Le pour, c'était qu'il commençait franchement à devenir dingue, il avait besoin de sortir et un peu d'action ne lui ferait pas de mal ; d'autant plus que l'homme d'affaire, même s'il avait retrouvé sa meilleure amie, était encore dans un état d'esprit relativement destructeur et bien trop téméraire depuis l'annonce de la mort de sa sœur. Après une nuit de réflexion censée porter conseil, il avait finalement accepter de suivre Jonah pour cette petite sortie.

Au matin, passablement blasé et encore fatigué contrairement au publicitaire qui était excité comme un gamin, Zack avait fourré dans son sac à dos une bouteille d'eau, une carte de la ville -sait-on jamais- et un vieux paquet de gâteau. Il avait enfilé un tee-shirt blanc en grimaçant, sentant sa blessure faire des siennes, et avait passé par dessus son holster où logeait son Desert Eagle. Faudra vraiment que je pense à l'occasion à trouver quelque chose de plus pratique, s'était-il dit en soupirant, avant de glisser à la ceinture de son jean noir son couteau de chasse et, dans sa poche gauche, son fidèle poing américain. Là, il était fin prêt pour la balade.

Et ils étaient partis dans le pick-up, accompagnés par un vieux disque de Joe Cocker que personne n'avait prit la peine d'enlever. Tapotant des doigts sur le tableau de bord, le blond glissa distraitement une main à la poche arrière de son jean et se rendit compte qu'il avait oublié de prendre sa boîte de clopes. Ne pouvant retenir un soupir bruyant, il finit par hausser les épaules, se disant qu'il pourrait toujours en demander à son partenaire.

Après de longues minutes où Zack ne fit pas réellement attention au trajet emprunté -il ne l'avait jamais fait de l'époque où il avait un chauffeur alors pourquoi s'en prendrait-il la peine maintenant ?-, Jonah planqua le véhicule dans une ruelle à environ cinq minutes à pieds du lieu où le rendez-vous avec la jeune femme était fixé. Descendant du pick-up, l'homme d'affaire se passa une main las dans les cheveux ; il était encore tôt mais déjà les températures avaient grimpé en flèche et quelques putrides étaient au rendez-vous. Les éliminant de rapides coups de couteau, le plus âgé suivit son acolyte jusqu'à l'appartement.

A peine y furent-ils entrés que Zack fut prit par une odeur nauséabonde de renfermé et de cadavre en décomposition. Zieutant la morte, il haussa un sourcil presque amusé. « T'y a pas été de main morte dis. » Furetant rapidement dans les quelques pièces du logement pour s'assurer qu'aucun putride n'avait eu l'idée de s'y cacher entre temps, il rejoignit Jonah dans la pièce principale qui s'était déjà calé dans un fauteuil. Il hocha la tête à ses mots en serrant légèrement les dents ; ils allaient devoir rester vraiment prudents, qui savait de quoi la demoiselle était capable ? Est-ce qu'elle aurait seulement réussit à survivre jusqu'ici seule ? Peut-être bien que oui. Ou peut-être bien que non, et que son groupe allait s'amener avec elle.

Pris dans ses pensées, l'homme d'affaire en fut sorti par des bruits de pas dans le couloir de l'entrée de l'immeuble. Machinalement, il glissa sa main gauche dans sa poche et passa ses doigts dans son poing américain, tandis que sa droite était calée autour du manche du couteau. Il se sentait fébrile, un peu nerveux à l'idée de ce qui les attendait ; bien sûr, il avait confiance en Jonah, mais le fait de ne pas avoir lui-même de quoi la jeune femme était capable, de ne pas avoir pu lire ce qu'elle avait au fond des yeux, le laissait dans un flou qu'il supportait difficilement. Il se persuada cependant que tout se passerait bien, parce-que ç'avait toujours été le cas.



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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: The war zone   Jeu 4 Aoû 2016 - 8:57


Redevenir une ombre, une âme errante. C’était inquiétant comme ce fut facile de retrouver ses habitudes félines, celles qui l’avaient gardée en vie des mois durant en plein Seattle. Les yeux de Selene ne s’arrêtaient jamais, bondissant de fenêtres en coins de rue, de carcasses de voiture en ouverture suspect. Elle serrait son glock 17 dans son poing mais, avec Abigail, se contentait d’éviter les rôdeurs qu’elles croisaient. Il y avait de fortes chances que tout ça tourne mal, alors mieux valait de pas dilapider de l’énergie bêtement. Elle détestait cette sensation, celle de se déplacer dans les entrailles d’une bête gigantesque et exsangue. La métropole était à l’image d’un éléphant, contaminé et rongé jusqu’à l’os. Une ville pour les charognards. La musicienne, qui était pourtant une citadine jusqu’au bout des ongles avant tout ça, préférait largement la tranquillité de son phare… même si elle n’avait pas encore pu en profiter.

En s’approchant de l’immeuble, l’appréhension montant d’un cran. Pourquoi s’était-elle imaginé un lieu de rendez-vous en extérieur déjà ?! Revenir sur les lieux du crime était bien plus évident. Autant pour le tueur, qui se galvaniserait de son acte, que pour sa victime, qui serait intimidée. Dans le regard de sa meilleure amie, la pianiste lut qu’elle avait peur mais qu’elle était décidée. On dirait dit ces mêmes yeux que lors de leur première sortie, à Costco… ce jour où Abigail avait sorti de sa coquille la meurtrière qui sommeillait sous ses traits candides. Selene, elle, ne ressentait rien. Elle était allée trop loin pour être effrayée, avait été trop blessée pour craindre de l’être à nouveau… mourir n’était plus si grave, mais elle espérait faire payer le maître chanteur avant.  

Devant l’immeuble, la blonde n’avait peut-être pas fait attention, mais l’étudiante ne manqua pas le cadavre défiguré de la gamine. Mutilée, sans visage, une image qui réveilla subitement la voix dans son crâne. La musicienne ferma les yeux, cherchant à l’oublier, mais certaines bribes de sa litanie restaient clairement audibles :

Tu vas le tuer, hein ?... …tu sais qu’on doit le faire, pas vrai ?
…rappelle-toi, quand tu ne fais pas ce qu’il faut…
Flann… Flann…
Rappelle-toi…
…ta faute… tu le mérites…
Tu vas laisser Abigail mourir aussi
?


Seau d’eau glacé, retour dans le monde réel. Depuis combien de temps était-elle déconnectée ? Sans doute pas longtemps, parce qu’elle apercevait la crinière blonde de sa complice entrer dans le bâtiment, mais il ne fallait pas que ça se reproduise. Du coin de l’œil, Selene vit qu’elle était là, la personnification de cette voix parasite, toujours présente pour lui susurrer des horreurs. Mais aujourd’hui, elle n’avait pas besoin de son aide pour songer à faire un carnage. Elle ne connaissait pas personnellement le type qu’elles allaient voir, mais projetait déjà de lui accorder une mort lente et douloureuse.

Furtivement, la jeune femme essaya de jeter un œil par la fenêtre, mais elle ne réussit à rien voir de probant. C’était un salon abandonné comme un autre. Si leur hôte était là, il devait se tenir à l’écart des issues, ce qui était la chose la plus maligne à faire. Avant qu’Abigail ne soit trop loin, elle la rattrapa pour la retenir et lui demander à voix basse :

- Attends, c’est bien ici ? Ok…, acquiesça-t-elle à voix basse quand son amie eut confirmé, je vais faire le tour, voir si je trouve une fenêtre ouverte. Va là-dedans et gagne du temps, d’accord ? Je serai pas loin, promis.

En temps normal, Selene lui aurait pris la main pour lui transmettre sa force, mais aujourd’hui, les contacts physiques étaient encore trop difficiles. Alors son aînée dut se contenter de son regard, un glacier brûlant, ne laissant aucune place pour autre chose que la détermination. Elle s’éclipsa souplement tandis que sa complice avançait seule dans l’immeuble, rentrait seule dans l’appartement ; seule face à son cauchemar. Le temps était compté. La musicienne devina la forme de l’habitation, évalua les entrées qui lui serait le plus favorable, mais… aucune n’était ouverte. Elle avait beau forcer, pousser, tirer, grogner, les cadres poussiéreux étaient solidement ancrés, impossibles à faire bouger.

- Merde ! Pesta-t-elle silencieusement.

L’anxiété arrivait finalement, féroce, et faisait battre son cœur à deux cents à l’heure. Abigail était là-dedans, elle ne pouvait pas tergiverser mille ans. C’était trop risqué de briser les vitres, alors il n’y avait qu’une chose à faire… la pianiste revint en courant vers l’entrée du bâtiment, pensant à se baisser devant la fenêtre du salon, s’engouffra dans le hall lugubre puis poussa la porte laissée entrouverte. Ils étaient là : sa meilleure amie et… deux types ? Ça, ce n’était pas prévu… envoyer son aînée jouer l’appât pour se retrouver en supériorité numérique, c’était un plan honorable. Mais dans cette situation, toute l’idée qu’elle se faisait de leur vendetta en prenait un coup. Pas grave, elle improviserait, elle était douée pour ça. Selene dirigea le canon de son arme vers celui qui semblait être le commanditaire de ce cirque, c’est-à-dire celui qui avait l’air bien trop heureux de terroriser une jeune femme.

- Bon. On va changer un peu les règles, déclara-t-elle d’une voix glacée, vous commencez par nous donner tout ce que vous avez, et on essaye de ne pas vous mettre tout de suite dans le même état que la fille dehors.


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MessageSujet: Re: The war zone   Jeu 4 Aoû 2016 - 16:38

L'attente m'avait quelque peu fait perdre le sourire, et mes doigts tapotaient de manière plus lente et saccadée sur l'accoudoir abîmé du vieux fauteuil de cuir. « Elle a du retard. Ça m'étonnerait pas qu'elle vienne même pas, même après ce que je lui ai fais... » Après avoir laissé s'échapper un soupir agacé, je tournai la tête en arrière pour jeter un coup d'oeil à l'appartement. Rapidement et d'un air beaucoup plus sérieux qu'en arrivant, je m'adressai à mon coéquipier qui, lui, n'avait franchement pas la pêche depuis sa blessure. Enfin disons qu'il avait l'air… agacé. Pas de bonne humeur quoi. Enfin bref. « Les fenêtres sont bien fermée ? L'idée de me faire planter par derrière m'excite pas trop, j'avoue... » Sans prendre la peine d'aller voir, ayant déjà rapidement contrôlé le verrouillage des fenêtres en arrivant, je soupirai à nouveau. En fait, j'avais plus dis ça pour faire passer le temps que pour autre chose… Laissant mon regard se promener librement dans l'appartement, je sifflotais légèrement, ennuyé par l'attente. Un air de Beethoven. Cet endroit m'avait remit cette mélodie dans la tête dès que j'y étais retourné. J’esquissai un petit sourire en coin, sinistre et cruel, tout en continuant de siffloter. Chaque note raisonnant sans ma tête comme de puissants éclairs de force et de magnificence me rappelaient, à chaque mesure, les coups asséné au crâne de Claire. Deux croche, un coup. Accords rythmés mêlés aux gémissements infâmes. Un lent et douloureux creccendo d'une puissance inouïe. Un massacre sur un rythme allegro. Si jouissif.

Un rire léger s'échappe de mon sourire, alors que je songe à ce que j'accomplis : l'oeuvre du mal, ce mal qui m'a toujours tant excité. A quoi bon aimer son prochain lorsque l'on peut le soumettre à notre puissance ? Dieu n'est qu'un trou du cul. S'il était si puissant que ça, ça ferait longtemps qu'il m'aurait déjà foudroyé. Mais ce vieux con a déjà oublié cette planète depuis longtemps. Désormais, elle est entre les mains du Malin, que je sers avec ferveur.

Soudain, j'entendis la porte d'entrée s'ouvrir en grand. Un large sourire satisfait déchira mon visage cruel alors que je me redressais fièrement dans mon fauteuil. Voyant Abi débarquer doucement dans la pièce comme prévu, l'air évidemment effrayée, je posai la main machinalement sur la poignée du flingue à ma ceinture, comme si je m'apprêtais à ce qu'elle tente encore une connerie. Étant donné ce qu'elle avait essayé la dernière fois, je peux m'attendre à tout après tout...

Souriant d'un air hypocrite, je le lève fièrement de mon fauteuil et avance de quelques pas vers Abi, veillant cependant toujours à rester loin des fenêtres : on ne sait jamais, si un tireur embusqué est planqué dans le coin. « Abiii ! Comme ça me fait plaisir de te revoir ! Toujours aussi belle gosse ! » Tout en sortant innocemment mon colt de sous ma ceinture, je poursuivis, le sourire aux lèvres. « T'as apporté ce que je t'ai demandé j'espère ? » Lentement, je m'étais dangereusement rapproché d'elle, souriant toujours d'un air menaçant.

Mais… Attendez c'est qui celle là ?! Putain j'aurais dû m'en douter qu'elle mentait en disant qu'elle vivait seule, cette petite conne. Une petite brune, un peu maigrichonne, l'air haineux et un glock en mains vient de débarquer dans l'appartement en essayant de m’intimider… Elle m'a l'air bien drôle aussi celle là. Je ne sais pas encore laquelle je vais épargner cette fois… On verra bien. D'un air ironiquement outré, je m'adresse à la petite brune en posant une main sur mon torse d'un air choqué. « OH ! Mais ça va pas d'entrer chez les gens sans frapper comme ça ? On aurait pu être tout nus ! » Immédiatement, je me mis à rire franchement à ma propre blague. Une petite distraction. Subitement je stoppe mon rire et fait tomber mon sourire tout en attrapant brutalement Abi. Immédiatement, je la plaquai contre mon torse dos à moi et collai le bout du canon de mon arme sur sa joue. D'un ton froid, je m'adressai à la pitoyablement menaçante inconnue qui ne pouvait plus vraiment tenter quelque chose sans risquer la mort de sa copine et la sienne. « Naah je suis pas convaincu par ton plan chérie… Et je crois qu'elle non plus, finalement. » déclarai-je en appuyant un peu plus mon arme sur la joue de la blonde. « Du coup, tu vas être gentille et tu vas me poser ton si terriiiblement menaçant petit glock au sol et on va revenir à notre marché de base, tu veux ? » Après un petit rire sadique et furtif, je susurrai à l'oreille d’Abigail : « Tu sais ce que tu risques, là ? Je t'ai déjà épargnée une fois, rien ne garantit que je ferais pareil à chaque fois… Souviens toi… Beethoven. » Après avoir siffloté quelques notes de la septième symphonie, j'adressai un large sourire à la brune immobile avant de parler à Zack, sans la quitter des yeux. « Zack ? Est ce que tu pourrais te charger de désarmer notre invitée surprise s'il te plaît ? »
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Abigail Breckenridge
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MessageSujet: Re: The war zone   Lun 8 Aoû 2016 - 15:41

Les choses tournèrent au vinaigre assez rapidement. Selene débarqua dans la pièce et Abi se crispa. Elles étaient venues sans véritable plan et surtout, sans imaginer que Jonah aurait pu venir accompagné. Elle s'était dit qu'il avait trop confiance pour se méfier de la jeune femme. Râté. C'était à la fois effrayant et à la fois assez flatteur : avait-il si peur de la petite blonde pour qu'il ramène son copain ?

Pas le temps de réagir. Abi se retrouva plaquée contre le blond et elle sentit le froid de l'arme contre sa joue. Ses yeux se posèrent sur Selene. Ils ne criaient pas à l'aide. Elle voulait juste qu'elle s'en aille. Qu'elle coure le plus vite possible, sans se retourner, et qu'elle retrouve les autres. Elle leur dirait ce qu'elle voudrait, mais au moins, elle serait en vie. Elles étaient tombées dans la gueule du loup. Et puis sa voix. Un murmure. Sa bouche qui effleurait la peau de son oreille et son souffle chaud qui glissait sur sa nuque. Elle serra les dents, pendant que les notes lui lacéraient le cœur, lui rappelant brutalement le cauchemar qu'elle avait vécu. Elle savait que c'était ce qu'il voulait. Qu'elle soit déstabilisée, pétrifiée par la peur et la culpabilité. Mais elle ne lui donnerait pas ce plaisir. Oh non. Jamais.

Lorsqu'il demanda à son mignon de toucher à Selene, sa fureur reprit, brûlant son âme. Elle ne les laisserait pas lui faire du mal. La toucher. Elle savait la douleur qu'un contact pouvait lui procurer, aussi anodin soit-il. « Ne la touchez pas. » susurra-t-elle entre ses dents, comme le sifflement d'un serpent. Alors que Jonah se penchait pour lui demander de répéter d'un air menaçant, elle tenta le tout pour le tout et envoya le plus violemment possible son coude dans les côtes de son agresseur. Il eut un mouvement de recul. Elle ignorait si c'était la surprise ou une véritable question de douleur, mais quoi qu'il en soit, son étreinte se desserra et le canon s'éloigna du visage pâle de la jeune femme.

Abigail savait qu'elle devait agir vite, c'était sa seule chance de se dégager de son emprise. Il était plus fort, mais elle savait être plus rapide. Elle fit un pas en avant, se libérant et fit glisse le fusil de chasse qu'elle prit entre ses mains, puis recula. Elle visa la tête de Zack, pendant que Selene gardait le canon pointé sur Jonah. « Toi, tu bouges pas. » lâcha-t-elle froidement. « Ok. Maintenant les copains, on va se calmer. Toi -dit-elle en désignant Jonah- tu fermes ta gueule pour commencer. J'en ai marre de t'entendre. Une vraie petite pipelette. » Puis son regard se reporta sur Zack. « Je vois qu'on a eu la même idée. » Elle leva un sourcil. Elle pouvait tirer. Là. Maintenant. Tout de suite. Mais Jonah avait entre ses mains un canon également pointé en leur direction. Ils étaient dans l'impasse. Si l'un tirait, l'autre en ferait de même. Dans sa poitrine, son coeur battait la chamade. Un mélange de peur, d'excitation, d'adrénaline, de colère... Tout se mélangeait et ne donnait qu'une haine sans bornes, une envie de vengeance qui lui brûlait les doigts.



 
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The night is when, the ghosts all come out. Playing with my head, spin it all around. This room is like a prison cell, I'm all by myself. I'm waiting for my friend to come and break me out.
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MessageSujet: Re: The war zone   Aujourd'hui à 5:19

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The war zone

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