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 Dum Spiro Spero

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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Dum Spiro Spero   Lun 18 Juil 2016 - 23:16

19 juillet 2016, Tacoma


Dum Spiro Spero

Sa poitrine était en feu. La machette dans la main gauche, le colt detective special dans la droite, depuis combien de temps courait-elle à s’en consumer les poumons ? Elle avait beau être plus vive, et plus rapide, les rôdeurs étaient toujours sur ses traces. Il faisait gris, la température avait baissé depuis l’avant-veille, mais la sueur dégoulinait déjà sur ses tempes blêmes. Selene allait s’engouffrer dans une ruelle, espérant que le passage étroit obligerait les charognes à s’aligner – lui permettant ainsi de les abattre un par un. Néanmoins, une main putride manqua de peu de s’agripper à son débardeur anthracite. Dérapage contrôlé, elle changeait de direction.

A la quinzaine de morts qui la suivait, six ou sept venaient de s’ajouter, au moins autant avide de chair tendre. Tacoma hein ? Quelle idée ! Le groupe venait tout juste d’emménager dans le phare. Enfin prêt à les accueillir. La musicienne avait pensé faire directement une virée à l’une des grosses agglomérations les plus proches. Ce n’était pas Seattle, mais ça restait quelque chose. A moins d’une heure de route puisque le trafic n’avait jamais été si fluide. Elle voulait simplement faire un repérage, savoir s’ils pourraient revenir et tirer quelque chose des vestiges de leur civilisation. C’était sans comptés sur les mordeurs… paquetés par dizaine dans une épicerie, à croire que quelqu’un les y avait condamnés exprès. La pianiste avait perdu de vue la voiture, Gabriel, et ses repères.

BLAM. BLAM.
Elle avait dû en descendre deux qui venaient de la surprendre, encore, jaillissant de derrière une carcasse de voiture. Le bruit en avait alerté d’autres, alors la jeune femme grommela un « merde » et s’échina à accélérer. Ils allaient la coincer, elle le savait. Elle avait beau courir, sauter par-dessus les débris, se faufiler comme un chat, son cœur battait à lui faire mal, ses jambes s’épuisaient, son souffle aussi. Chaque fois qu’elle s’autorisait une pause, les râles la rattrapaient, inépuisables, glacés.    

Selene haletait, trottinant comme un animal blessé, lorsqu’elle aperçut un centre de hockey, au milieu d’un parking désert. La porte semblait ouverte. Dernier sprint, les cadavres avaient quelques minutes de retard alors si elle pouvait se cacher, ils passeraient leur chemin. Sans doute…

L’étudiante grimpa les marches quatre à quatre, se glissa dans l’établissement et ferma l’issue avant de s’adosser au mur pour reprendre son souffle. Le silence était de mise, mais elle ne put pas s’empêcher de tousser un peu bruyamment, manquant de cracher ses poumons. Elle avait la nausée. Combien il lui restait de balle dans son flingue ? Quatre a priori. Si elle avait su, elle aurait emporté un revolver avec plus de ressources. Ou son arbalète. A trop vouloir économiser…

Dehors, les éclaireurs de la petite meute pointaient le bout de leur nez. Hagards, morbides. Selene s’éloigna vivement, les laissant passer avec leurs airs erratiques et dégaina sa lampe torche, en lieu et place de son arme à feu, pour s’enfoncer dans la batisse. Ça puait l’humidité, la mort aussi, mais il n’y avait pas un bruit. Le faisceau de sa lampe éclaira d’abord l’entrée d’un vestiaire. A l’intérieur, la lumière crue du jour dégueulait par des fenêtres closes, sales et opacifiées.  Des corps au crâne explosé sur le sol, des vers qui rampaient, déboussolés. En se penchant, la pianiste constata que le sang coagulé n’était pas complètement sec. Gabriel ? Son cœur affolé se serra. Si c’était lui, s’était-il fait mordre ? Sinon, où était-il…

Aucune mauvaise surprise dans le second vestiaire mais dans les WCs, la tête d’un agent d’entretien défunt avait été broyée par la porte d’une cabine. Elle frissonna : ça n’était pas le style de l’ancien professeur. Après les sanitaires et quelques bureaux, la jeune femme poursuivit son inspection des lieux par l’espace principale, bien sûr. La glace avait fondu depuis longtemps, l’eau avait croupie, d’où l’insoutenable odeur de moisie qui ravivait son envie de gerber. Heureusement que ce n’était que temporaire. Seulement le temps de récupérer un peu, puis elle se mettrait en quête de retrouver son petit-ami.


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Luke G. Hugh
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MessageSujet: Re: Dum Spiro Spero   Ven 22 Juil 2016 - 22:28



Quitter ces deux compagnons pour quelques jours. Ne devoir de compte à personne. Luke soupira d'aise derrière le volant de la bagnole dégoté à la sortie de la grande ville. Qu'y avait il de mieux que de se sentir si libre de ses mouvements et de ses actes ? Rien, c'était pratiquement sur. Franchement, la gueule d'ange ne savait pas trop où il allait. Regardant les panneaux à un carrefour, une inscription attira son regard. Tacoma. Revenir sur le lieu qui avait chambouler sa vie au point de le rendre complètement différent. Ou bien juste de faire resurgir des choses que le gaillard avait enfouis.

Ses yeux se reposèrent sur le sac posé à ses côtés, une bouteille de vodka dépassant du contenant. Soupirant sa paluche saisit le verre pour en prendre une rasade assez importante. L'alcool le réchauffa et lui redonna la confiance que le nom de la ville lui avait retiré. Au diable le passé. De toutes façons il n'en avait plus rien à foutre. Autant avancé dans la voie que le couillon se traçait que de regretter le temps perdue. Heureusement que les spiritueux lui donnaient assez de courage car au fond de lui, une bataille faisait rage. Une bataille telle que le bonhomme ne l'avait jamais ressentie. Les souvenirs contre la réalité. Et les moments où l'homme n'était pas dépendant de sa nouvelle drogue, son subconscient reprenait le dessus pour lui faire perdre pied. Mieux valait pour son entourage qu'il ne le voit pas dans cet état. Même lui ne savait plus vraiment de quoi il était capable.

Perdu dans la contemplation du paysage, et le parcours du combattant pour atteindre la ville, le bonhomme avait siphonné toute sa bouteille jusqu'à la dernière goûte. Pestant en se rendant compte que sa réserve s'était barré aussi vite, sa mimine balança le verre vide à travers la fenêtre avant d'accélérer l'allure. Autant se faire plaisir. L'essence au plus haut niveau grâce à deux heures de récoltes, il était temps de faire chauffer le moteur.
Enfin aux portes de la grande ville, le gaillard décida de s'arrêter avant le centre. S'il fallait faire un tour pour s'amuser, autant ne pas trop prendre de risque pour un premier jour. Les pneus de la caisses émirent un bruit strident au niveau d'un hangar. A regarder de plus près, ça avait l'air d'être une ancienne patinoire de hockey. Boarf, pourquoi pas. L'homme pourrait fouiller un peu, et peut être se dégoter une crosse pour jouer avec une tête humaine. L'idée fit sourire la gueule d'ange et garant la voiture de sorte de l'avoir à dispo à tout moment, coupa ensuite le contact pour s'avancer, sac sur l'épaule dans le lieu.

Pas le moindre connard à l'horizon ? Ca sent l'embrouille ça.

D'un pas assuré, quoique la tête embrumée par la liqueur, le bonhomme s'avança vers l'entrée principale. La laisser ouverte, le temps de faire l'inspection des lieux n'était pas une mauvaise idée. Qui sait sur combien de machins le gaillard pouvait tomber. Le poignard dans la main droite, l'intrusion dans l'entrée principale se passa sans encombre. Une puissante odeur de pourrissement monta aux narines du blond et par réflexe, celui ci se cacha le nez et la bouche avec le haut de son t-shirt.

Putain ça ch'lingue.

Alors que ses enjambées le menèrent au premier vestiaire, un râle morbide mais silencieux s'éleva de la pièce. Fait chier tient. En espérant qu'ils ne soient pas nombreux. Le bonhomme sentit son cœur battre plus fort, ruinant son crâne de coup de marteaux sonores. L'adrénaline aida le gaillard à garder les sens en alerte. Il pénétra alors dans le vestiaire et flanqua un coup de pied dans le dos du macchabée avant de lui asséner un coup de coutelas directement dans le crâne. Jetant vite fait un coup d’œil de chaque côté pour s'assurer qu'aucun autre mort vivants vagabondait dans les parages, le couillon se releva et tomba nez à nez avec une crosse de Hockey.

He bah he bah, c'est que j'suis tombé sur un truc intéressant !

L'odeur ambiante remonta dans le conduit olfactif du bonhomme alors qu'il se mit à fouiller les quelques casiers du vestiaires. Rien de bien folichon mais sa crosse lui suffisait largement. Dommage que les anciens joueurs n'ai pas caché d'alcool. Parce que franchement, là, sa gorge le titillait et réclamait de sa dépendance. Tout en continuant sa fouille, il tomba sur les toilettes. De souvenirs, il y avait des miroirs dans ses endroits là et la curiosité du bonhomme qui n'en avait pas croisé un depuis quelques temps l'attira à l'intérieur. La vision le choqua profondément. Il avait les joues creuses et avait un peu perdu de sa masse musculaire. Ouais ça faisait peur à voir avec sa barbe de plusieurs jours qui lui donnait un air encore plus blafards. L'homme se laissait un peu aller ses derniers temps. Alors qu'il regardait fixement le réflecteur, une silhouette y apparut. Et avant que Luke ait pu dire ouf, le rôdeur se jeta sur lui. D'un mouvement de l'épaule, il essaya de se dégager avant de lui asséner plusieurs coup de poings dans le crânes. Enfin il s'en débarrassa d'un coup de pied dans l'abdomen et le fit tomber à la renverse. Sans attendre, le bonhomme attrapa la porte des toilettes et frappa encore, encore et encore contre la tête du macchabée jusqu'à la fracasser.

Putain d'merde. Spece d'enfoiré.

Une profonde inspiration plus tard, la sensation de vertige passé et l'adrénaline calmé dans le systèmes nerveux du bonhomme, il se décida enfin à continuer son chemin. Par chance, quelques pas et un petit escalier plus tard, une salle isolée, qui devait sûrement être destiné au repos des joueurs, où le bonhomme y découvrit des fauteuils à l'air plutôt confortable. Luke s'y laissa tomber et soupira bruyamment en s'affalant comme un connard sans gêne.

Raaah, c'trop bon ça.

Mais un bruit assourdissant le ramena à la réalité, non sans lui faire tourner la tête vu la vitesse à laquelle il s'était redressé. Le bonhomme amena rapidement ses doigts sur ses tempes et les massa avant de s'avancer près de la barrière de l'escalier, la crosse à la main. Et quelle ne fut pas sa surprise en voyant une jeune femme à bout de souffle avancer vers lui.

Salut beauté. Tu t'es perdu ?
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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: Dum Spiro Spero   Sam 23 Juil 2016 - 7:07

Lentement,  elle faisait le tour des gradins pour s’assurer qu’aucun cadavre n‘était coincé entre deux rangés de sièges. Le rayon de la lampe torche découpait la pénombre moite, sa lame était levée, prête à frapper. A part des manteaux égarés, des déchets et des équipements de hockey éparpillés, il n’y avait rien ici. Son cœur commençait enfin à adopter un rythme normal, mais son souffle était encore un peu accentué. Maintenant que l’adrénaline redescendait, ses jambes lui semblaient en coton, sa poitrine lui faisait mal, ses épaules étaient douloureuse de crispation.

Quittant l’espace sportif, Selene s’autorisa une brève pause contre un mur. Que faire ? Que faire… ça faisait des mois qu’elle n’avait pas été perdue, seule, et surtout équipée seulement d’une machette de chasse, d’une lampe torche et de quatre balles. Oh elle l’avait bien fait à Seattle : errer tout l’hiver, comme un chat des rues, se faufilant d’appartement en appartement. Mais… ce n’était pas une vie. Et c’était avant d’avoir une « maison », une famille à protéger. Gabriel. D’abord, elle devait trouver Gabriel.

Il est mort.
Mort.
A cause de toi…
…c’est toi qui l’a amené ici.

Mort.
Mais c’est pas grave tu sais… …ils mourront tous par ta faute.

- Tais-toi, murmura-t-elle en frappant doucement sa torche contre son crâne, tais-toi…

La voix glacée s’évanouit mais la musicienne savait qu’elle était toujours présente. Tapie dans l’ombre, le pire de tous les monstres. Parce qu’elle savait affronter les rôdeurs, elle savait fuir, elle savait se battre, elle savait supporter la faim et la privation. Mais la folie, cette gangrène qui se propageait dans son esprit, elle se savait pas comment l’arrêter. Et quand ce spectre ne parlait pas, il lui jetait des images à la figure. Sanglantes, cruelles, maudites. Eveillée ou endormie, la tête de la pianiste était pleine de cauchemars.

En voulant repartir, Selene trébucha sur un casque abandonné au milieu du couloir et sa lampe lui échappa. Elle réprima une exclamation, ramassa sa torche – qui ne s’était heureusement pas cassée – et posa son pied sur la première marche d’un escalier. Ça devait être le dernier endroit qu’elle n’avait pas encore inspecté, alors autant faire le boulot jusqu’au bout avant de se poser pour élaborer un pan. Elle n’était qu’au tiers de son ascension quand une silhouette se découpa dans le rayon de lumière. Immédiatement, la jeune femme raffermit sa prise sur sa lame, prête à frapper, mais…

Ça parlait ? Et ça ne grognait pas, ça restait simplement en haut de l’escalier à la jauger. Ses paupières papillonnèrent, comme si elle avait du mal à croire que ce n’était pas une illusion. Les vivants s’étaient faits extrêmement rares ces derniers mois et la musicienne n’avait pas toujours eu une très bonne expérience de ces derniers. Ignorant la question qui lui était adressé, l’étudiante s’était figée, détaillant l’inconnue avec une méfiance féline. Il avait dû être extrêmement beau avant que les temps durs ne creusent ses joues et que sa barbe prenne des libertés. Aujourd’hui, il n’avait certes pas perdu toute sa superbe mais il y avait quelque chose… est-ce qu’il était saoul ?  

- Je ne cherche pas de problème, dit laconiquement Selene, je voulais juste me cacher le temps que les mordeurs passent. Désolée si ici c’est… chez vous.

Ses yeux bleus continuaient à l’évaluer. Devrait-elle le tuer, lui aussi ? Ce doute s’était instauré naturellement. Elle n’avait pas peur, pas vraiment en tout cas – ça faisait longtemps qu’elle n’était plus une gamine craintive. Mais une boule d’appréhension gonflait dans son estomac. Parce que les morts, à moins qu’ils ne la traquent en nombre, ils étaient faciles à gérer. Mais les « autres »… c’était différent. Ce type était plus grand, évidemment plus fort. S’il l’agressait, elle n’aurait aucune chance au corps à corps, mais son flingue était docilement coincé à l’arrière de sa ceinture. Est-ce qu’elle aurait le temps de dégainer ?

- Je vais m’en aller, décida-t-elle prudemment en descendant lentement deux marches à reculons, ok ?

C’était encore la meilleure solution. La musicienne préférait encore courir devant une horde de vingt putréfiés que de partager cet espace avec un étranger qui avait l’air fait. Hormis ceux de sa communautés, et de la ferme Wheeler : moins elle voyait de vivants, mieux elle se portait. Ou plutôt : mieux « ils » se portaient ; car beaucoup de ceux qui avaient croisé sa route n’étaient plus de ce monde pour admirer l'apocalypse.


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Luke G. Hugh
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MessageSujet: Re: Dum Spiro Spero   Sam 23 Juil 2016 - 15:53



L'ouvrier observa longuement la nouvelle venue et souriait en coin. Son regard eut une légère teinte féroce, son air se renfrognant un peu plus malgré ce sourire qui ne quittait pas sa tronche. Ca faisait bien longtemps qu'il n'avait pas croisé un morceau pareil. Ses mirettes se posèrent rapidement sur les armes que la gonzesse possédait.  Une simple machette, et sûrement une arme à feu caché quelque part sur son corps, rien de bien impressionnant pour le gaillard. Le bonhomme s'accouda tranquillement sur la rambarde sans cesser de la fixer. Vu sa mine fine et sa silhouette, la nana ne devait guerre dépasser la majorité. Et ses cheveux bouclés, tombant en bataille sur ses épaules lui donnaient un air mystérieux qui fit craquer le bonhomme. Alors comme ça elle cherchait à se cacher des connards ? Voilà pourquoi le couillon n'en avait pas vu à son arrivé. Ils étaient tous à chasser ce p'tit cul, qui, malgré qu'il ne l'ait encore vu, avait l'air particulièrement appétissant.

Chez moi ? C'pas chez moi ici. Heureusement que j'me cale pas dans l'un de ses trous qui sentent la mort.

Un plus grand sourire apparut sur sa face alors que lentement, l'homme se redressa pour mieux surplomber la jeune femme qui n'avait pas l'air rassuré. Sur que vu le reflet que son regard avait croisé plus tôt, il ne donnait pas envie d'être approché, mais quand même. Un peu de civisme que diable. A peine les mots de départs de la nana prononcé, et son corps basculant vers l'arrière alors qu'elle avait sûrement raté une marche, que le bonhomme l'attrapa par le bras sans serrer pour l'empêcher de tomber.

Ohla. Reste avec moi ma mignonne. Ce serait dommage que tu t’abîmes ce jolie visage.

La ramenant progressivement à son équilibre, la gueule d'ange l'avait attiré non loin de lui, presque trop près pour qu'elle ne sente pas l'odeur d'alcool qui émanait de son corps. Par respect, sa paluche desserra son emprise pour la laisser libre non sans lui sourire largement. Prôner le bon pour arriver à ses fins, Luke ne comptait pas la laisser partir aussi facilement. La brune était tombé au mauvais endroit, au mauvais moment et surtout, avec la mauvaise personne. Plus d'alcool pour étancher sa soif et sa rage, il ne faisait aucuns doutes que le gaillard allait se faire plaisir avec cette inconnue.

Un vacarme sonore fit relevé la tête du gaillard suivi de très prêt par un soupire. Les infectés débarquaient enfin pour s'ajouter à la fête. Maintenant c'était sur et certains, la donzelle ne pouvait plus penser à fuir de ce lieu. Affichant un air un peu plus décontracté, Luke la toisa gentiment en posant une main dans le creux de son dos, frôlant juste une seconde un objet dur.

Écoute, j'te propose de rester un p'tit moment, histoire que les rôdeurs se cassent et te laisse de quoi repartir comme bon te semble.  

Jouer le gentil. Ca sonnait presque faux aux oreilles de la gueule d'ange, alors que quelques mois plus tôt, jamais un comportement différent l'aurait attiré. Du moins pas aussi extrême. Un nouveau soupire passa ses lèvres alors que Luke se dégagea de la brune. Les pupilles du bonhomme pouvait clairement percevoir le doute dans celle de la femme. Mais après tout, il avait dit vrai. Elle ne pouvait pas envisager de se barrer avec le vacarme que produisait la dizaine, voir vingtaine de bâtard agglutiné contre la porte. Sa paluche caressa le bois de la crosse qu'il tenait en main avant de se diriger vers la pièce où il se tenait plus tôt.

Aller vient.

Alors qu'il lui tournait le dos, les commissures de ses lèvres s'étirèrent, la lueur dans ses yeux s'intensifia et un violent frisson parcourut son échine. La rancœur et la colère qu'il éprouvait depuis plusieurs semaines prirent le dessus. Cette nana là, finirait entre ses mains, de grès ou de force.
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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: Dum Spiro Spero   Sam 23 Juil 2016 - 17:43

Le monde bascula soudainement. Pendant son retrait, le pied de Selene avait manqué une marche, mettant à mal son équilibre. Elle eut le réflexe de lâcher sa machette pour essayer de se rattraper à la rambarde, mais la pénombre n’aidant pas, ses doigts n’agrippèrent que le vide. Son cœur s’était arrêté, l’étudiante se voyait déjà dégringoler au bas de l’escalier, mais l’autre l’avait retenue par le bras. Sa poigne était mesurée, appliquée, et doucement, il l’attira jusqu’à ce qu’elle retrouve le confort de ses talons. Même un peu plus près. L’espace d’un instant, un nuage d’alcool couvrit l’odeur pestilentielle qui régnait : plus aucun doute, il était passablement éméché. Et ses « beauté » ou « ma mignonne » dont il la gratifiait n’aidaient en rien la première impression qu’il donnait, même s’il tentait de contrebalancer avec un beau sourire.

Selene plongea alors ses yeux bleus dans les siens, plein de défi, sans penser à le remercier. L’inconnu avait beau la dominer par sa taille, et par sa carrure, elle ne courbait plus l’échine. Devant personne. Lentement, sa main libre se tournait vers son dos, elle espérait pouvoir attraper son arme avant qu’il ne réalise quoique ce soit, mais le brusque vacarme qui résonna sur les murs la fit sursauter. La meute était là. A défaut de mieux, elle grattait dans l’espoir que quelque chose ne sorte de cette boite de béton, mais ils se lasseraient. Elle l’espérait…    

L’homme en profita pour glisser une main dans le creux de ses reins. Une décharge électrique glaça son système nerveux, son corps se tendit. Une crainte endormie venait de se réveiller dans un coin de sa tête. La musicienne avait tellement eu l’habitude d’être confrontée à la mort, voire même d’être traquée comme un gibier, qu’elle en avait oublié un autre crime. Plus odieux, plus douloureux. Rencontrer des gens qui voulaient la dépouiller ou la tuer – ou les deux – elle savait gérer. Mais que se passait-il si…

Le mec lui proposa de rester, elle ne dit rien sur le coup. Non, elle voulait partir ; elle voulait retrouver Gabriel. Le grondement des poings décharnés sur le gymnase lui rappelait que la fuite ne serait pas pour tout de suite, mais son instinct animal lui hurlait que baisser sa garde était une mauvaise idée. A défaut de parler, la pianiste continua de soutenir son regard, essayant de percer son masque. Etait-il vraiment mal intentionné ou n’était-il qu’un lourdaud ivre mais inoffensif ? La civilisation était loin désormais, elle perdait l’habitude.

Quand il s’éloigna, Selene eut l’impression de pouvoir reprendre sa respiration après être longtemps restée en apnée. Des frissons hérissaient sa peau opaline de chair de poule. L’instruction claqua presque comme un ordre. Elle ne voulait pas bouger, mais ça pourrait être encore plus dangereux de ne pas le voir, pas vrai ? Le garder à l’œil, le temps que les rôdeurs s’en aillent… c’était le meilleur plan. A peine l’homme était-il dos tournée que l’étudiante ramassa sa machette, dans la main qui tenait déjà sa torche, et empoignant la crosse de son pistolet. Sans le dégainer, elle était désormais prête à réagir au quart de tour.

- Ok, souffla-t-elle en se décidant à grimper l’escalier.

La jeune femme restait à bonne distance, pour ne pas qu’il puisse brusquement se retourner et l’attraper. Dans la salle de repos, la lueur du jour filtrait par plusieurs paires de fenêtres, alors elle put éteindre sa torche. Avant de s’y aventurer, elle scruta d’abord tous les recoins, avec une mine d’animal prudent, redoutant que le type ait des complices planqués dans un coin. Il n’habitait pas ici… alors où habitaient-ils ? Il n’avait pas franchement des airs de solitaires. Se confronter à l’apocalypse sans compagnie laissait des traces bien plus profondes.

Selene accrocha sa torche à sa ceinture de flic et rangea sa lame dans son étui. Par contre, elle sortit ostensiblement son colt. Sans hésiter, elle s’assit dans fauteuil, à plusieurs mètres de là où se tenait l’inconnu, et posa le revolver sur la table à ses côtés. Une distance de sécurité, toujours. Son visage d’ivoire ne déridait pas, mais plus elle observait son compagnon d’infortune, plus elle se disait qu’il ressemblait plutôt à un dragueur lourd de soirée – pas à un criminel.

- Je prends toujours mes précautions, expliqua-t-elle quand il eut remarqué le flingue qu’elle gardait à portée de main, ça se comprend, non ? J’ai pris l’habitude de me méfier de tout le monde, y’a rien de personnel.

Elle voulait esquisser un sourire, mais ses lèvres étaient en grève. Où était Gabriel ? Ses pensées s’échappaient à nouveau, emportées par une bourrasque d’inquiétude. La pianiste avait bien plus peur pour lui que pour elle-même. Assise dans son fauteuil, elle croisa les jambes sans quitter son interlocuteur du regard. Pour en rajouter une petite couche, elle mentit un peu en déclarant :

- J’étais avec des gens, ils devraient être en train de me chercher là. Je dérangerais pas longtemps.


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Luke G. Hugh
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MessageSujet: Re: Dum Spiro Spero   Dim 24 Juil 2016 - 18:52



Le bonhomme avait prit la tête en entrant dans la pièce. Tranquillement, l'épaule adossé contre la porte grande ouverte, il attendit de voir passer la donzelle pour la scruter du regard. Tout en elle prouvait au gaillard que la confiance n'était pas son fort. Oh l'homme pouvait clairement comprendre ce sentiment. Depuis quelques temps, ce besoin était loin d'être le premier que n'importe quel survivant cherchait en croisant la route d'un autre de ses compères. Alors voir ainsi la nana parcourir la pièce comme à l’affût d'un piège fit sourire intérieurement la gueule d'ange. Celui ci n'avait rien d'un parfait magouilleur. Établir un plan à l'avance paraissait être une coutume en perdition. Dans tous les cas, sa nouvelle amie du moment n'avait, extérieurement, rien à craindre de lui. Bien sur au fond, Luke restait un connard. Un connard en manque de beaucoup de chose. Et la moindre occasion de combler ne serait ce qu'une de ses choses, il ne pouvait pas la laisser passer si facilement.

Alors que la brune prenait ses aises, les yeux du gaillard ne l'avait pas quitté. Observer le moindre de ses mouvements, la moindre petite faille dans son comportement, les indices qui pouvaient lui coûter la vie -bien que pour ce détail, il n'en éprouvait presque plus que du regret. L'arme à feu posé sur la table fit levé un sourcil au bonhomme. Expression que la jeune femme ne manqua pas de remarquer et se justifia ouvertement. Alors c'était ça le truc dur qu'il avait senti plus tôt dans son dos ? Sûrement, ça ne pouvait pas correspondre à autre chose.

Tu fais bien ce que tu veux.

Bon c'était bien beau de rester debout, mais le crâne du colosse commençait à lui tirer quelques douleurs. Même sa bouche devenait de plus en plus pâteuse. Putain, si seulement les bouteilles tombaient du ciel, la pénurie ne serait jamais d'actualité. La voix de la donzelle s’éleva de nouveau dans le silence ambiant. Des compagnons, hein ? Elle ne vadrouillait pas seule ? Pas étonnant pour une nénette comme elle. Une pensée fusa dans l'esprit masculin. Le bonhomme saisit alors le montant de la porte et la referma derrière lui. Le but principal consistait à camoufler le plus possible cette odeur de pourriture qui émanait de la patinoire. Mais d'un autre côté, cette petite action éviterait à n'importe qui de les surprendre comme des bleus. D'autant plus avec ce que venait de lui avouer la nouvelle arrivante. Peut être bleffait elle, peut être pas. Et au pire, vu le boucans que les rôdeurs produisaient encore, le gaillard serait prévenu d'une arrivée imminente. D'ailleurs, l'homme jeta un regard à la demoiselle qui avait l'air un peu surprise.

J'nous enferme pas. Mais si ça peut servir à camoufler cette odeur pestilentielle, j'préfère fermer.

Évidemment, Luke ne ferma pas à clé. Agir ainsi se relèverait être le meilleur moyen d'éveiller les soupçons quant à ses intentions. Mais dans sa chasse, le bonhomme restait assez lucide pour éviter ce genre de conneries. Tranquillement, sans se presser, ses pas le menèrent jusqu'au fauteuil testé plus tôt et s'installa de nouveau dedans. S'affalant comme un diable et soupirant à n'en plus pouvoir. La mise en scène était presque parfaite. D'un côté il paraissait totalement naturelle et inoffensif, de l'autre, son comportement cachait un prédateur en attente d'un moment d'inattention de sa proie.

Laissant lourdement tomber la crosse de hockey sur le sol, la gueule d'ange se redressa en se frottant le visage d'une main. Les mirettes dirigés vers la jeune femme, Luke la détailla sans la moindre gêne. Une lueur sombre brilla dans son regard. Sans l'alcool, avec la perte de tout ce qu'il avait de plus cher, qu'avait il d'autre à perdre finalement ? Au fond de lui, les choses se mirent lentement en place. Auparavant, il avait déjà été violent. Mais sa conscience l'avait retenu à temps, frôlant de peu le gouffre près duquel il vacillait. Mais à présent, qu'y avait il pour le retenir. Doucement, se faisant un chemin dans son âme, la folie et la perte de contrôle totale prendraient le dessus.
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MessageSujet: Re: Dum Spiro Spero   Lun 25 Juil 2016 - 8:34



Selene pencha légèrement la tête de côté, les sourcils froncés, quand le mec ferma la porte. Couper l’odeur ? Ouai… au final, elle avait tellement eu l’habitude de baigner dans la puanteur que son cerveau faisait l’impasse sur cette information. Elle resta tendue, prête à attraper son flingue, jusqu’à ce qu’il se décide à s’installer dans un fauteuil. Sa crosse tomba, il ne prit même pas la peine de la ramasser. Ses yeux la fixaient, une lueur étrange au fond des pupilles, alors la jeune femme préféra tourner son regard vers l’une des fenêtres. Elle savait qu’il la reluquait, mais y pouvait-elle quelque chose ? Ils devraient cohabiter, au moins jusqu’à ce que les morts cessent de marteler les murs du centre. Inutile de lancer une vieille querelle féminine sur le fait qu’il la zieutait comme un morceau de viande.  

D’un autre côté, elle était crispée, nerveuse et mal à l’aise. Rester en place était une torture. Ses jambes s’agitaient, les ongles de son index et de son pouce crissaient l’un contre l’autre, et elle grignotait les peaux mortes de sa lèvre inférieure. Peut-être devait-elle envisager de passer la nuit dans cette ville ? Certainement pas en compagnie de cet ivrogne, alors elle allait devoir sortir et se chercher un coin sécurisé. Mais qu’était le plus important, préparer son refuge ou retrouver Gabriel ? Que ferait-il dans ce cas ? Arrêterait-il de la chercher ? La musicienne était persuadée qu’il retournerait les immeubles exsangues de Tacoma pour elle ; mais… s’il était… non. Elle ne voulait pas y penser.

Finalement, Selene bondit sur ses pieds et entama une ronde de cent pas. C’était trop lent… combien étaient les morts déjà ? Peut-être pourrait-elle trouver un stratagème pour les abattre un par un ? Dégager le passager, fuir, ne pas perdre une minute. Dans sa tête, la voix recommencer à grincer, des paroles crues et assassines qu’elle s’efforçait de réduire à néant. De temps en temps, la pianiste secouait la tête en murmurant des « non, non, non, non… ». L’autre pourrait bien la prendre pour une cinglée, aucune importance. La panique s’aiguisait, l’angoisse commençait à vraiment déchirer ses entrailles. Ce n’était pas bien d’être inactive, parce qu’elle avait le temps de penser. Songer à ce qu’elle perdrait si son petit ami ne s’en était pas sorti…

L’étudiante réalisait seulement qu’au fond, elle attendait plus. Bien plus. Inspirée par le modèle de Hope et Joshua sans doute, elle espérait de cette relation une forme de rédemption. Une porte de sortie pour chacun de ses crimes, une preuve qu’aussi loin dans les ténèbres que sa nouvelle vie l‘avait poussée, elle pouvait revenir. « Si tu ne veux ne veux pas que la peur du mal te hante, alors il te faudra incarner le mal en personne » , c’était son truc ça. Mais avec Gabriel, elle avait envie d’avoir « peur du mal »… parce qu’elle aurait toujours le courage de l’affronter.

De temps en temps, Selene jeta un regard à l’inconnu, toujours installé dans son fauteuil. Dans un sens, sa présence était positive, car la méfiance qu’il lui inspirait la raccrochait à la réalité. La crosse de l’arme dans sa main aussi. Un moment pourtant, la musicienne le fixa, comme si elle venait de le découvrir, la démence dans ses yeux bleus. Ce serait si facile… lui coller une balle entre les deux yeux pendant qu’il se prélassait en la détaillant. Méritait-il de vivre ? Non. Oui. Elle s’en fichait. Rien ni personne ne comptait à part les siens. Sa main frémissait mais elle ne bougeait pas. La musicienne le sentait… elle devait le faire. Elle aurait dû le faire…

Le changement d’environnement sonore lui fit reprendre ses esprits. Émergeant de son état second, la pianiste battit des paupières et regarda machinalement partout autour d’elle, à la recherche de ce qui était différent. C’était tellement évident que la réponse ne lui vint pas de suite. Depuis combien de temps elle tournait en rond comme un fauve en cage ? Elle ne savait même pas…

- Les rôdeurs… ils sont partis.
 
Plus de coups, plus de grattement, plus d’écho de grognements. La voie était libre ?! Aveuglée par la peur d’avoir perdu son compagnon, Selene oublia complètement les bases de la prudence. Plus de coups d’œil régulier, plus de surveillance, elle voulait sortir, partir en recherche sur le champ. Elle tourna même le dos au soûlard pour nerveusement scruter les environs par la fenêtre. Une négligence qui pourrait lui coûter cher…


Go back and forward, but all is melting like the snow ♪ Taking all from us, all we thought was left to know ♪ On what we treasure falls a dusty snow ♪ taking us backwards, but where we will never know.
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MessageSujet: Re: Dum Spiro Spero   Aujourd'hui à 19:25

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Dum Spiro Spero

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