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 I leave because I have to

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Samson Armstrong
WALKING WITH THE DEADS
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MessageSujet: I leave because I have to   Sam 16 Juil 2016 - 23:08









I leave because I have to




Plusieurs mois s'étaient écoulé depuis qu'ils avaient échoué ici, au chalet. L'hiver avait passé, apportant une douce sécurité à tout le groupe après les événements funestes de cette fin du monde.
Maintenant que la neige avait fondu, les routes étaient redevenues toutes praticables – si l'on oubliait les Geignards qui rôdaient partout. Et de fait, on voyait plus souvent qu'avant des cadavres ambulants dans le coin.
La station avait été nettoyée de ces créatures, dans sa grande majorité, et les quelques uns qui restaient ne représentaient pas de danger immédiat car enfermés dans un endroit d'où il leur était impossible de s'échapper.
Les défenses du chalet s'étaient aussi bien organisées. Les tours de garde, jour et nuit, étaient désormais une chose qui faisait partie de la petite routine quotidienne, et chacun s'y pliait sans rechigner. Les fortifications se montraient jusqu'à maintenant à la hauteur, et le chalet était un véritable fort, facile à défendre, impossible à prendre pour tout ce qui traînait la patte en grognant. Toute la communauté de cette petite forteresse menait une vie qui se réglait gentiment, tout le monde faisait sa part, chacun se montrait prévenant pour les autres. Tout allait pour le mieux.

Pourtant, Samson n'arrivait pas à avoir l'esprit en paix. Il faisait de son mieux pour vivre en communauté, lui qui n'avait compté que sur lui-même pendant quinze ans de rue. Il aidait, se montrait actif pour le groupe, portait secours, sortait beaucoup pour les expéditions de sécurité, le nettoyage des alentours, le ravitaillement, il prenait des gardes plus souvent qu'à son tour…
Mais rien n'y faisait. Si ses compagnons lui assuraient le contraire aussi souvent que possible, il n'arrivait pas à trouver sa place ici. Il ne se l'expliquait pas, c'était ainsi. C'était comme être dans une sorte de bulle de surréalisme, difficile à expliquer. Il était là mais n'y était pas vraiment, comme à demi absent, dans une dimension parallèle donnant vue sur celle-ci mais rendant l'interaction compliquée, comme parasitée.

Il y pensait souvent, la plupart du temps pendant ses tours de garde nocturnes, ou la nuit alors que le sommeil refusait de l'accueillir. Il avait beau tourner et retourner le problème dans tous les sens, il en revenait toujours au même point. S'il appréciait les gens d'Evergreen, il ne pouvait pas rester. Il avait besoin de partir. Il ne s'agissait pas d'autre chose, s'il voulait survivre le plus longtemps possible, il devait quitter le chalet et suivre une voie qui lui correspondait au mieux.

Dans sa chambre, Samson ne gardait rien de superflu. Son sac était toujours garni, comme s'il était prêt à partir à tout moment. Ses armes, gardées à l'armurerie, étaient en état d'usage, parées à l'action. C'était comme s'il avait toujours su qu'il finirait par partir. Comme s'il s'était toujours tenu sur ses gardes, paré à toute éventualité.
Il vérifiait une dernière fois le contenu de son sac. Ce truc était son plus fidèle compagnon depuis des années. Il lui en avait coûté une jolie somme, car il l'avait voulu solide, léger et pratique, mais il n'avait jamais regretté chaque cent investi. Ce sac pouvait contenir pas mal de barda, et il ne se privait pas pour en stocker.
Un jeu de vêtements de rechange constituait le fond, méthodiquement pliés pour ne pas prendre trop de place. Puis un peu de nourriture. Quatre boîtes de conserve et deux bouteilles d'eau. Trois ou quatre paires de chaussettes sèches (il avait appris à prendre soin de ses pieds, dans la rue), et enfin une couverture légère mais chaude. Lorsqu'il voyageait, il coinçait un fin matelas dans le rabat, comme ces randonneurs qu'on pouvait croiser à la belle saison sur les chemins balisés.

Après ce rapide inventaire, Samson remit tout en place et en bon ordre, ferma son sac sans oublier le matelas et le posa près de son lit. Il se savait pas encore quand il partirait. Il savait juste que ça arriverait. Quand le moment lui semblerait le bon.

Il descendit à la cuisine, sans véritable but. Peut-être trouver quelque chose à boire, un truc à grignoter. Puis il pensait aller s'armer pour un tour de garde. Un de plus. Combien en ferait-il encore ? Il n'avait pas décidé. Il ne décidait plus rien depuis bien longtemps. Ne rien planifier, ne rien anticiper. Juste prévoir le strict nécessaire, de quoi survivre. Ne pas voir plus loin que le lendemain, et encore. Voilà comment il vivait depuis quinze ans. Et tout ce qui se passait maintenant n'allait certes pas l'aider à changer. De quoi serait fait demain ? Personne ne le savait, personne ne pouvait le savoir, ou même l'imaginer. Quant au long terme, c'était simplement une utopie. Comment penser en années ou en mois, quand on n'était sûr de rien au jour le jour, et encore moins d'ici à une semaine ?

Tout ce qu'il pouvait faire, c'était continuer, et attendre. Attendre le bon moment, celui qui lui semblera propice. Et alors il partirait. Ce ne serait pas à proprement parler abandonner le groupe. Il ne les laissait pas tomber, il s'était impliqué ici et il serait toujours lié aux gens du chalet. Mais il ne pouvait simplement plus rester. Pourtant, il savait qu'il se montrerait utile, malgré son départ. Il continuerait à faire sa part. À sa manière.


La cuisine était déserte, aussi Samson se mit-il à fouiller en quête de quelque chose à se mettre dans l'estomac. Il dénicha une cannette de soda. C'était toujours mieux que rien...




















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Christina Karlson
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MessageSujet: Re: I leave because I have to   Mar 9 Aoû 2016 - 9:54

Christina et Alan n’étaient revenu au chalet que la veille. Ils s’étaient absentés trois mois, tout ronds, et s’ils avaient énormément grandi en affrontant au jour le jour l’hostilité de la ville, ils avaient davantage perdu. Leur fils comptait maintenant, comme des millions d’autres individus sur cette terre, au rang des disparus. Aussi la femme évoluait-elle maintenant dans le brouillard, encore hagarde des derniers évènements. La disparition de Sven surtout, mais aussi leur retour ici, qui paraissait encore surréaliste.

Décalée dans son sommeil, pour avoir dormi la quasi-intégralité de la journée, l’ancienne hôtesse de l’air se réveilla au milieu de la nuit. Quinn leur avait déposé un peu de nourriture dans leur chambre, et la femme attrapa un peu de viande séchée, qu’elle cala entre ses lèvres. A ses côtés, Alan somnolait. La racine de ses cheveux était humide et dénotait l’agitation dans laquelle il était plongé. Puisqu’elle n’avait elle-même plus sommeil dans l’immédiat, et afin de laisser son époux tranquille, elle se leva.

- Je vais aux toilettes, repose toi, souffla-t-elle au scandinave alors que celui-ci s’était redressé sur ses coudes, quand elle avait ouvert la porte de leur chambre.

Puis elle se glissa dans le couloir plongé dans l’obscurité. Elle fit sa petite affaire, puis entendit les pas de Samson dans l’escalier. Elle choisit de suivre le bruit. Un peu de compagnie de lui ferait probablement pas de mal. A elle, s’entend ! Aussi apparut-elle dans la cuisine, au moment où l’homme ouvrait sa canette de soda.

- Oh Samson. La femme força un sourire. Ce geste ne lui était plus très naturel. Je t’ai entendu descendre. Tu prends un tour de garde ? Elle ne pouvait deviner les intentions de l’ancien sans-abri. Ça me parait tellement incroyable d’être revenue ici… Un voile passa sur son visage. Son esprit était allé un court instant rejoindre son fils. On a pas eu le temps de parler, comment tu vas ?

C’était tout elle : faire parler les autres pour éviter de trop penser elle-même. Elle posa un regard bienveillant sur le type, ce qu’elle n’avait pas toujours fait. Elle se souvenait du jour où elle avait appris d’où ils venaient. De la rue. Elle avait ainsi toujours été méfiante vis-à-vis de lui. Comme si les gens de son acabit avaient forcément une part d’ombre. Mais aujourd’hui était différent.

Oui, de toute évidence, ces quelques mois à affronter l’hostilité nouvelle de la ville l’avait grandie.




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Samson Armstrong
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MessageSujet: Re: I leave because I have to   Ven 2 Sep 2016 - 23:59

HRP:
 









I leave because I have to





Le silence de la nuit ne fut rompu que par le sifflement de la canette quand Samson fit jouer l'anneau d'ouverture. Il entendit distinctement les bulles de gaz crépiter dans la boîte de métal, tant l'absence de son était lourde. Mais elle fut définitivement brisée par l'arrivée de Christina, ou du moins par sa voix, car elle était entrée dans la cuisine bien trop silencieusement.

Samson et elle n'avaient pas beaucoup parlé, depuis qu'ils avaient investi le chalet. Il ne parlait pas beaucoup en règle générale, c'était un fait établi. Pour autant, Samson avait l'impression d'être apprécié de certains. Il se montrait attentif, il était une bonne oreille pour ceux qui avaient besoin d'être écoutés, et s'évitait de prodiguer trop de conseils, depuis la petite friction avec Bruce à la ferme.

Christina avait quitté le chalet avec mari et enfant il y avait trois mois. Ils étaient partis chercher leur aîné mais n'avait rien trouvé de plus que des cadavres debout. Pire encore, ils avaient perdu le petit. C'était une tragédie que Samson ne pouvait que comprendre. Ce n'est pas dans l'ordre des choses de devoir enterrer son enfant. Quand il y a quelqu'un à enterrer. Samson connaissait l'horreur de ne pouvoir faire son deuil. Après l'accident, il avait dû encaisser la blessure perpétuelle que la vie lui infligeait. Trois cercueils fermés pour les obsèques. Les corps étaient trop abîmés, le thanatopracteur n'avait rien pu faire pour arranger les choses. Les dernières images que Samson gardait de sa famille étaient celles de visages entaillées par les morceaux de verre et de métal, des lacérations profondes et sanglantes, la poitrine de sa femme qui se soulevait plus par sa respiration. Chaque drame était différent, mais il comprenait la douleur qui devait être celle de Christina et de son époux.


    « Salut..., répondit-il simplement Je cherchais quelque chose à manger, mais je n'ai trouvé que ça. Il agita légèrement son soda.
    J'ai appris pour votre garçon… J'en suis désolé. Il ne fit pas de commentaire sur l'impossibilité de retrouver les enfants maintenant, ni même sur l'impact que cette innommable perte devait avoir sur leurs vies à tous les deux. C'était inutile.
    Ça va, soupira-t-il, mais j'ai du mal à trouver ma place ici… Quinze ans dans la rue, on prend ses petites habitudes de vieux loup solitaire, je suppose. J'ai essayé de me rendre utile, je crois. Tout le monde a été très gentil avec moi, mais je n'arrive plus à faire semblant. Je m'isole de plus en plus. Je continue à participer aux tâches, je fais pas mal de rondes de nuit… mais la communauté me dérange. Rien de personnel avec personne, vraiment, c'est juste… moi. »


On aurait dit un mauvais rôle dans un de ces films guimauve. La scène de la rupture entre les deux amants. "Tu n'as rien fait de mal, c'est moi, je ne peux plus faire semblant, bla bla bla…". Sauf que les amants n'étaient pas un homme et une femme, mais un individu et le groupe. Ils n'avaient passé que peu de temps ensemble, mais les circonstances faisaient que les mois valaient des années. Et pourtant, Samson n'avait pas tissé de réel lien avec les gens du chalet. Quelques sympathies, évidemment, mais aucune grande amitié et toujours cette étrange sensation, située entre le manque d'envie de se lier aux gens et le désir d'être une partie d'un tout. Plus il y pensait et plus son idée prenait corps. Il continuerait à aider les gens du chalet, mais pas en restant ici.

















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Christina Karlson
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MessageSujet: Re: I leave because I have to   Lun 12 Sep 2016 - 9:36

Samson servit les politesse d’usage, et Christina ne fit rien d’autre qu’hocher la tête et pincer les lèvres d’un air triste quand il évoqua ce qui était arrivé à Sven. Il n’y avait rien de plus à en dire. Elle ne s’en remettrait jamais, c’était tout. Aussi l’homme parla de lui, à la demande de l’ancienne hôtesse de l’air. Cette dernière ne s’était pourtant pas attendue à de tels propos. Elle fronça légèrement les sourcils, finalement peinée qu’il ne se sente pas vraiment ici à sa place.

- C’est certainement une passade. On a des hauts et des bas. Tu dis ça ce soir, mais tu ne le penses pas tous les jours, si ? Ils étaient tous susceptibles de sombrer un jour ou l’autre dans une sorte de déprime. Ou d’avoir des coups de blues. Surtout ceux qui avaient intégré le groupe tout seul. Ils n’avaient aucun repère du passé, et beaucoup plus de doutes, c’était certain.

Mais Christy ne pouvait pas avoir plus tort. Le mal être de Samson était plus profond… Quand elle le comprit, elle se sentit coupable. Elle n’y était certes pour rien pour les évènements récents, puisqu’elle avait été absente, mais elle savait qu’elle ne s’était pas toujours comportée sympathiquement avec l’ancien sans-abri.

- Je suis désolée, si on n’a pas toujours été des plus… accueillants avec toi. On a tous des préjugés et… enfin… moi la première, je… Elle le regardait la mine sincèrement désolée. Elle ne trouvait pas les mots. Aussi enchaina-t-elle. Tu fais partie du groupe, pourtant, je t’assure. On a besoin de toi !

Mais elle était encore à côté de la plaque. Puis elle ne savait pas si elle était convaincante. Elle avait survécu trois mois sans ces gens, en compagnie seulement de son mari et son fils. Ils avaient souvent pensé au chalet et au savoir-faire de certains de leurs compagnons. Oui, ils leur avaient manqués. Enormément.

- Le monde a tellement changé… il est devenu… Son esprit s’embrouilla une seconde sous les images terribles qu’elle avait vues. Comment les évoquer d’un seul adjectif ? … fou. On a tous besoin des autres. Personne n’est fait pour être seul. Ça demande des compromis, c’est sûr, et je comprends que ça te fasse bizarre de par ton… histoire. Elle posa une main sur son bras. Mais je suis sûre que ton sentiment sur ce point changera…

Il le fallait. Elle n’imaginait pas encore que l’homme envisageait sincèrement de partir de son côté. Sans objectif, un tel départ était pour elle insensé. Son épopée familiale n’était-elle une preuve d’échec ? Qui pouvait sciemment vouloir les imiter ?




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Samson Armstrong
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MessageSujet: Re: I leave because I have to   Jeu 15 Sep 2016 - 23:09









I leave because I have to




Christina tentait de se montrer chaleureuse, pour faire comprendre à Samson qu'il devait rester. Il savait qu'il avait été utile, et il continuerait de l'être jusqu'à son départ. Les gens du chalet ne lui avaient pas fait ressentir le contraire, car chaque fois son aide était accueillie avec des sourires et des remerciements. Non, il savait qu'il avait sa place ici, aux yeux des autres. C'était tout simplement lui. Il ne pouvait se résoudre à rester.

Samson but encore un peu de soda silencieusement et reposa la boîte d'aluminium sur la table. Le monde avait changé, c'était indéniable. Tout ce qu'avaient pu connaître les gens, tout ça n'avait plus rien à voir. Se lever le matin pour se rendre au travail, plaisanter avec les collègues, ses tâches quotidiennes, déjeuner à son café préféré, faire son footing, sortir ses poubelles… plus rien de tout ça n'existerait tel qu'ils l'avaient connu. Le monde s'écroulait, les morts grouillaient, et les survivants de cet holocauste finiraient par devenir dangereux pour eux-même.

Finalement, tout ça ne rendait pas la vie plus difficile pour Samson. Au contraire, même, dans un sens. Il savait ce que c'était que de devoir trouver un abri pour la nuit, de se méfier de tout et de tout le monde, de chercher de quoi manger et boire, de s'attendre à tout instant à devoir se défendre. Sauf qu'avant, il devait faire tout cela dans le respect des lois. On de brise pas une vitrine pour voler, on ne fracture pas une voiture pour y dormir, encore moins pour la démarrer et l'emporter, on ne cogne pas, on ne tue pas. Mais maintenant ? Maintenant, qui l'obligerait à se tenir à ces lignes de conduite ? Seule la survie prévalait, et tout était bon alors. Qui pleurerait pour une voiture ouverte et fouillée ? Qui porterait plainte pour un pavé dans la devanture, ou pour la disparition de médicaments ou de nourriture ? Personne. Bien entendu, Samson préférait ne pas avoir à se battre, et encore moins tuer, mais… c'était parfois nécessaire. Les Geignards n'étaient plus des personnes. Ces choses en avaient été, avant, mais elles étaient mortes et s'étaient relevées. En les achevant, il remettait les choses dans leur ordre naturel, finalement. Les morts doivent le rester. Alors les vivants doivent le rester aussi. Tant qu'il le pourrait, il s'efforcerait de respecter cette règle.

La main de Christina sur son bras le fit tressaillir. Il sortait de ses pensées. Il se rendit compte qu'il ne l'avait pas vraiment écoutée, et il s'en sentait honteux. Elle faisait de son mieux pour le convaincre de rester, et il était ailleurs.

    « Pardon, j'étais en train de penser à… Je…
    Je crois que je pourrais continuer à être utile à ce groupe, mais pas en restant au chalet. Je dois bouger, je dois prendre la route, faire mon chemin… En quinze ans, je ne suis jamais resté plus de trois nuits au même endroit. Étrangement, je crois que ça m'allait bien comme ça. Ne pas savoir de quoi serait fait le lendemain et se dire que tout pouvait s'arrêter la minute d'après. Ça m'aidait à ne pas penser au passé, je crois.

    Écoute, j'y pense depuis quelques temps maintenant, et je crois vraiment que c'est ce que j'ai de mieux à faire. Je me tiens prêt en toutes occasions, comme si on devait tout quitter précipitamment. Ça n'arrivera peut-être jamais, mais on ne pourra jamais le savoir. Je suis prêt quand même. Et je sais que si ça devait se passer, je serais vite parti, et je m'en tirerai pas trop mal. Qui pourra en dire autant ? Je ne doute de personne ici, tous ont leurs atouts et leurs qualités. Seulement si quelque chose arrivait, je ne pourrais me résoudre à laisser tout le monde derrière…
    »


Il se rendait compte que le fil de sa pensée rendait les choses de moins en moins claires, et que Christina devait avoir du mal à le suivre.

    « Ce que je veux dire, c'est que… Je ne peux pas supporter l'idée que je devrais sans doute un jour voir les gens d'ici subir quelque malheur pendant que je m'en sortirai et devrai regarder ça de loin.
    Je sais qu'il y a d'autres groupes comme le nôtre, il doit y en avoir. Il faut les trouver, établir des routes, instaurer des échanges. Nous avons certainement quelque chose à apporter aux autres, en échange de ressources, ou de savoirs-faire. S'il existe d'autres communautés, nous nous devons de les trouver. Ce n'est que comme ça qu'on pourra surmonter ce qu'est devenu ce monde. Et peut-être qu'on verra des jours meilleurs.
    »


Il avait enfin réussi à mettre des mots sur ce qui lui tordait le ventre depuis des semaines. S'ils avaient survécu à l'attaque du stade, s'ils étaient parvenu jusqu'ici, s'ils avaient réussi à s'installer et à survivre jusqu'à maintenant, ils ne pouvaient pas être les seuls. Il y en avait d'autres. Et où que ce soit, il devait y avoir des médecins, de bons chasseurs et de bons pêcheurs, des bâtisseurs, et encore une multitude de gens avec des talents utiles au plus grand nombre.

Il fallait trouver ces gens, communiquer avec eux, tracer des routes vers leurs emplacements. Il fallait reconstituer une civilisation.
















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Christina Karlson
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MessageSujet: Re: I leave because I have to   Ven 16 Sep 2016 - 14:55

Christina pinça les lèvres et hocha la tête. Elle essayait de comprendre l’homme en face d’elle, mais réalisait que leurs parcours de vie de l’époque étaient trop différents, et qu’à leurs âges, ça changeait tout. Ils n’avaient pas les mêmes références, la même vision des choses. Peut-être était-ce effectivement plus simple aujourd’hui pour l’ancien sans domicile fixe. L’apocalypse ne lui avait imposé aucun deuil. Humain ou matériel. Il n’avait déjà plus rien avant… La femme ne savait pas si elle devait l’envier ou au contraire le plaindre.

Elle l’écouta soumettre ses rêves. Il s’animait comme jamais, quand il parlait de partir, rencontrer d’autres gens. Cela paraissait presque enviable. Tout du moins si on faisait abstraction des rôdeurs qui pourrissaient à chaque coin de rue…

- J’aime bien ton idée… c’est clair que l’entraide est la clé… mais plus personne ne vit dans l’opulence, je ne sais pas si tu trouveras des gens pour « donner ». Elle haussa les épaules. Qu’est-ce qu’on pourrait apporter à d’autres ? On mange à peine à notre faim, et plus on est nombreux, plus c’est compliqué. Rappelle-toi cet hiver…

Après la chute du stade de CenturyLink Field, quand ils étaient arrivés ici, ils avaient surtout d’abord été soulagés d’être vivants. Mais la galère pour se nourrir avait vite pris le relai. Ils avaient dû descendre plusieurs fois à Marple Grove pour piller une supérette. Des vraies expéditions ! Sans mentionner la neige et le froid…

- Ceci dit, vous avez l’air de vous en être pas trop mal sortis pendant ces trois mois. Mais c’est compliqué en ville. Avec Alan et Sven, on a tout juste grignoté ces dernières semaines. Beaucoup d’endroits ont déjà été vidés. Quand tout ce qu’on trouve n’est pas avarié… Inutile de dire que les intestins souffraient franchement ! Je ne veux pas te décourager, mais la route est longue pour redresser la barre. Quand on quitte ces montagnes, on n’imagine pas vraiment ce qui nous attend. Et encore, elle était persuadée qu’ils étaient tous condamnés à court terme, si cet enfer de résurrection morbide perdurait. Tu en as un peu parlé à d’autres ? Continua-t-elle, bien consciente de ne peut-être pas être l’interlocutrice la plus à même de le raisonner, ou de l’aider. A Gary, Arthur, Ethan ?

Des hommes toujours. Pourtant Tamara, Rose ou encore Lizzie avaient souvent des arguments. Dans tous les cas, elle ne laisserait pas Samson partir en voleur. Il méritait lui aussi des au-revoir dignes de ce nom.




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MessageSujet: Re: I leave because I have to   Sam 17 Sep 2016 - 0:25









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Christina était quelqu'un d'assez pragmatique. Samson parlait d'échange, et elle dressait le constat de ce qu'ils avaient ou pas. Certes, la nourriture n'était pas en abondance, malgré les nombreuses sorties dans ce but. Samson le savait, il participait à certaines, et chaque fois c'était une lourde préparation, une tension constante jusqu'au retour, et souvent pour à peine quelques bricoles.
Mais ce n'était pas que ça dont il s'agissait. Samson ne voyait pas que les nécessaires de base de la survie, mais il voulait élargir son point de vue.

    « La nourriture, c'est sûr que ce ne sera pas notre monnaie d'échange. Mais nous disposons d'autres ressources. Les maisons de la station sont pleines de matériel utilisable. On peut utiliser presque tout ce qui s'y trouve, on peut aller jusqu'à en démonter certaines pour utiliser les matériaux. La forêt autour de nous est une manne qu'on peut exploiter aussi, pour le bois, le gibier, et tout ce qu'elle peut proposer. Si nous n'avons pas assez de chasseurs, nous irons en trouver ailleurs, et on fournira en échange autre chose.
    Les gens d'ici ont des capacités dans certains domaines, et il est possible d'en faire commerce en échange d'autre chose, matériel ou pas.
    Je suis certain que des groupes comme le nôtre sont quelque part et ont besoin de ce genre de relations. Et je suis convaincu qu'ils ne sont pas en ville, mais comme nous, à l'écart. Les zones peuplées sont devenues dangereuses, tu en as fait l'expérience comme nous tous. Les autres survivants l'auront faite comme nous, et se seront écarté du danger.
    »


Quand Christina évoqua encore le départ de Samson et lui demanda s'il en avait parlé, Samson reprit sa canette et entreprit de la jeter à la poubelle. Il resta silencieux une poignée de secondes puis répondit.

    « Non, à personne. Je crois que tout le monde ferait comme toi : essayer de me convaincre de rester. Au moins par politesse, si ce n'est pas par sincérité. Mais pour être tout à fait honnête, je n'avais rien prévu en particulier. Je tiens mon sac prêt, et le moment venu je partirai. Quand je sentirai que je dois le faire. »


À y réfléchir, il se rendait compte qu'il ne partirait pas complètement. Il quitterait le chalet, oui, et il partirait sur la route seul, trouverait peut-être de la compagnie, et rechercherait d'autres groupes de survivants. S'il en trouvait, il établirait une route afin qu'un échange soit possible. Et il reviendrait, peut-être avec quelqu'un ou chargé de vivres, de médicaments, ou de toute autre chose utile au chalet.

Il était convaincu que c'était la bonne chose à faire.

















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MessageSujet: Re: I leave because I have to   Aujourd'hui à 21:35

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