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 We just need a shelter

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Gabriel Fowler
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MessageSujet: Re: We just need a shelter   Lun 18 Juil 2016 - 20:44

Entendre Selene lui confirmer qu'elle n'avait rien allégea le poids qui pesait jusqu'alors sur son cœur. Reprenant peu à peu son souffle, il ne voulait pas détacher son regard du visage de celle qu'il aimait par dessus tout. À la question qu'elle lui posa, il lui répondit simplement par un demi sourire et un hochement de tête. Autant qu'il sache, il n'avait été ni mordu ni griffé. Même s'il s'en était fallu de peu. Après une telle frayeur, ils auraient put espérer un peu de paix, mais c'était sans compter sur les bruits provoqués par Bobby qui semblait évacuer toutes ses tensions d'une façon peu orthodoxe.

Le géant extériorisait très peu ses peines et ses angoisses et ne se confiait pas vraiment, se contentant de se victimiser. Et voilà qu'il relâchait la pression avec une férocité bien singulière. Un peu surpris et quelque peu dérouté, Gabriel croisa le regard interrogatif de Selene sans pouvoir lui rendre autre chose que sa propre expression d'incompréhension mêlée d'inquiétude, haussant légèrement les épaules.

Mais ils n'auraient pas le temps de s’appesantir sur le sujet car voilà qu'un nouveau déferlement infernal se précipitait vers eux d'une démarche claudicante et absurde. À croire qu'ils ne se déplaçaient qu'en meute, tels des loups affamés et abrutis par le pourrissement. Ils étaient encore suffisamment loin pour pouvoir être achevés à distance. Mais le bruit des armes à feu en attirerait irrémédiablement d'autres. Cela dit, avec l'arbalète... D'ailleurs Selene était déjà sur le coup. En une fraction de seconde, le trait se ficha dans le crâne de l'un des pantins morbides qui s'écroula comme si ses fils venaient d'être sectionnés.

Gabriel avait empoigné plus fermement son couteau qui dégoulinait encore de fluides cérébral et la lueur de détermination qu'il aperçu dans le regard de sa compagne lui redonna un peu de confiance en lui.
« Ok. Évite de me tirer dans les fesses et je te devrais un dîner aux chandelles. »

Il lui fit un petit clin d’œil, parvenant même à lui sourire puis il avança sans la moindre hésitation vers le groupe désormais plus que réduit. Restant sur le côté pour ne pas gêner la mire de Selene, il ne prit pas le temps de se retourner pour voir si Bobby l'avait suivit ou non. Il était trop près des putréfiés à présent et s'il relâchait sa vigilance cela pourrait lui coûter la vie. En temps normal, jamais il n'aurait pris de tels risques. Quand il était seul sur les routes, il évitait tous les groupes de monstres dès lors qu'ils étaient au moins deux ou trois. Parfois, même les créatures solitaires trouvaient grâce à ses yeux et il passait son chemin sans les approcher lorsqu'il le pouvait. Mais aujourd'hui, il n'était plus tout seul. Il avait une nouvelle famille. Des gens biens à protéger. Et cette maison avec un tel point de vue ne pourrait que leur être bénéfique. Ils devaient conquérir les lieux. Et ils y parviendraient.

Gabriel empoigna un jeune garçon par le cou. Il ne devait pas avoir plus de quinze ans lorsqu'il était mort. Rapidement, sa lame se logea dans la tempe du cadavre et ce dernier s'écroula au sol. Se tournant vers le suivant, il recula d'un pas. Il était trop près. Son cœur s'était emballé depuis déjà un moment mais à présent il le sentait battre jusque dans sa gorge. Il le sentait près à exploser tant il battait fort et vite. L’adrénaline envahissait son système sanguin et lorsque l'homme en ciré jaune avança vers lui, bras en avant et mâchoire claquante, il lui plaqua une main sur la poitrine pour l'empêcher d'avancer plus. Il s’apprêta à lui transpercer le crâne à son tour mais l'une des mains du cadavre se referma sur son poignet, celui-là même dont la main tenait son arme et sous la pression et la douleur il la laissa choir à ses pieds. Serrant les dents, il tendit son bras au maximum pour garder l'abomination à distance. Puis un nouveau trait siffla dans l'air avant de venir se ficher dans la tête du monstre. Ses râles mourant dans sa gorge, il s’affaissa.
Il n'en restait plus qu'un.


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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: We just need a shelter   Jeu 28 Juil 2016 - 14:25

Un soulagement passager traversa alors la brume rougeâtre qui occupait l’esprit de la bête. Une petite accalmie dans la rage soudaine et la fureur sans borne qui faisait paraître les tsunamis dévastateurs pour de simples brises tropicales. Un avertissement de la part de son ange d’ivoire replongea le mastodonte dans une frénésie guerrière comparable au berseker des traditions vikings. Ces guerriers touchés par la folie divine et qui ne voulaient que se battre et emmener le maximum d’ennemies possible avec eux dans la tombe. Se redressant de toute sa taille monstrueuse, sortant enfin sa hache de son étui de ceinture, le géant couvert d’immondices gluantes et posa son regard bleuté démoniaque sur le quatuor qui s’avançait en claudiquant vers ceux qu’il considérait comme sa famille. Rugissant comme un Minotaure qui venait d’apercevoir Thésée au milieu du labyrinthe. Gabriel le dépassa pour intercepter un garçon zombifié et le colosse saisit pour repousser une goule à moitié picorée par les rapaces volants par son manteau de printemps en lambeau. Celle-ci avait contourné l’enseignant pour le prendre à revers. Frappant d’un puissant coup de pied dans le torse l’abomination, faisant craquer son sternum durement éprouvé, la créature d’outre-tombe chuta lourdement sur le sol les bras en croix. Prenant un élan considérable avec son arme de fortune, levant très haut la lame aiguisée qui captait les rayons du soleil de midi, Robert porta le coup de grâce avec une violence inouïe. Le fil tranchant passa au travers du crâne, de la matière grise et s’enfonça dans le bois patiné par les intempéries de la promenade de bois. La planche se fendit littéralement sous la furie du coup. D’un mouvement de ses poignets démesuré, le golem de chair recouvert de cicatrices dégagea son arme.

Le quatuor de créatures infernales était éparpillé sur le sol. Soufflant comme un taureau qui ne voulait que charger de nouveau sur les inconscients qui le provoquaient, le géant balafré fit un tour d’horizon. Pour s’assurer de pouvoir combler cette fureur qui courait maintenant au même rythme que l’adrénaline dans ses veines. Depuis la mort de Flann, une ombre s’était créée dans son cœur et son âme. Une frénésie bestiale et une envie de mourir de plus en plus prononcé. Dans son esprit lent et des plus limité, la créature de Frankenstein avait compris que son temps avec sa famille d’adoption tirait à sa fin. Selene avait maintenant Gabriel. Breann ne l’aimait pas. Abigail restait maintenant toujours avec sa sœur d’âme. À part le travail qu’il produisait pour sa famille, il était de nouveau isolé. Ils les adoraient ses anges de tout son cœur, mais il ne voulait pas être un obstacle à leur bonheur. Le mineur rêvait maintenant juste de rejoindre Sandra et Rosalie. De les serrer une dernière fois dans ses bras immenses et doux et d’ensuite plonger vers l’enfer et le purgatoire. Comme l’avait certifié la personne indigne qui l’avait élevé, sa mère, tous les monstres allaient en enfer. Et d’avoir tué des vivants, des méchants certes, mais des humains, lui garantissait une place de choix auprès de Satan et des éternels tourments. Voyant l’enseignant près de lui, le regard bleuté tourmenté par la rage de la bête immonde se calma quelque peu. De l’inquiétude prit le pas sur la colère. D’une voix rocailleuse et intimidante, les mots prononcés avaient regagné quelque peu la gentillesse et le dévouement que le doux homme qu’était le mineur habituellement.

Robert- Gaby ça va ? Tu ne devrais pas courir comme ça en avant tu sais… Euh… Tu es important pour ma sœur et les autres. Si tu veux, je pourrais t’apprendre des trucs… Euh… Il en reste deux. Va rejoindre Selene OK? Moi je m’en occupe.

Sans attendre réellement une parole de la part de l’homme qui avait ravi le cœur de l’ange de porcelaine, expulsant dans le même souffle la présence répugnante du géant, le colosse commença à courir pour rejoindre les deux pantins dénués de vie. Le pas gauche et incertain de l’homme se transforma peu à peu à une course effrénée, une charge guerrière qui allait sonner le glas aux abominations qui avaient tant de mal à ceux que Robert aimait. Mais une vision fit ralentir le mouvement frénétique du géant balafré. Il fit encore quelques pas comme un homme ivre ou ayant un malaise. Ses doigts enserrés sur le manche de son arme se s’ouvrir pour permettre à la hache chuta au sol. Un bruit sourd, comme un corps mort tombant sur un plancher de bois. Le masque de rage du mineur avait fendu, volé en éclat, devant les deux goules qui s’avançaient vers lui. De la tristesse sans borne, un espoir démesuré et un soulagement merveilleux venaient de se déposer sur les traits atypiques de l’homme. Une voix redevenue douce, apaisante s’extirpa de la gorge monstrueuse de Bobby.

Robert- Sandra, Rosalie… Vous êtes vivantes ?

Malgré les immondes blessures et les fluides nauséabonds qui collaient au relief des vêtements des âmes en peine, l’esprit lent du mastodonte avait reconnu d’instinct ses anges défunts. Pour l’adolescente, malgré le dépouillement de chair arracher par des mains avides et cannibales, le sourire figé par les muscles ankylosés par la mort et le peu de cheveux qui restaient par touffe sur son crâne au teint livide et parsemer de veines bleutées, Sandra était reconnaissable entre mille pour la créature endeuiller. Elle portait le même chandail que Robert lui avait acheté, celui avec deux chevaux dans un pré. Un vestige de barrette rose avec une étoile dans ses cheveux. Pour Rosalie, le portait était encore moins ragoutant. Il manquait un bras à la jeune femme et son cou formait un angle bizarre, son ventre qui contenait la vie avait était ouvert pour que les abominations aient accès pêcher au petit miracle qui n’aurait jamais la chance de voir le jour. L’enfant qui aurait eu comme parrain un monstre de foire si l’apocalypse n’était pas arrivée si brusquement. Mais les boucles d'oreille, la chaine en forme en pendentif en forme de cœur indiquait aisément à l’esprit torturer du colosse difforme que c’était bien sa sœur. Il savait qu’à l’intérieur du réceptacle en argent du collier il y avait une photo de lui d’un coté et de la mère et de la fille de l’autre.

Bobby ne voulait pas voir la réalité en face à cet instant. Il ne voulait pas laisser la petite voix de la raison lui souffler à l’oreille que ses anges étaient morts et enterrée par ses soins. Que le virus singulier les avait éveillés pour les faire sortir de leurs tombes fraiches et leur permettre à leur corps meurtri de parcourir la terre. De faire des actes d’une méchanceté inouïe, du cannibalisme et apportés la mort dans leur sillage. Au regard de l’homme, il ne voyait que celles qui l’avaient salué avant son départ en camping. Deux jeunes femmes aux sourires merveilleux et aux yeux qui pouvaient illuminer le ciel. Pas des goules, mais des anges qui revenaient chercher l’erreur de la nature.

Le géant chuta à genoux au sol et ouvrit ses bras en grand. Il savait qu’au fond de lui que Sandra et Rosalie n’allaient pas lui faire du mal. Elles étaient heureuses de l’avoir retrouvé. Robert avait hâte de présenter sa famille disparue aux autres de son clan. Ils pourraient tous vivre ici, ce lieu d’espoir et de renouveau.

Des larmes de soulagement coulèrent à flot sur les traits de l’horrible faciès de Robert. D’une voix forte et claire, quoique brisé par l’émotion de ses retrouvailles inespérée, le colosse parla pour inciter les deux âmes en peine de se rapprocher. À la place des monstruosités, l’homme avait devant lui les deux êtres les plus chers à ses yeux. Bien vivant…

Robert- Vous n’avez retrouvé… Euh… Je me suis ennuyé de vous. Je vous croyais mortes et je vous ai enterré… Euh… Pardonnez-moi Sandra et Rosalie. J’aurai dû vous emmener voir un docteur, mais il avait tout ce sang…



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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: We just need a shelter   Ven 29 Juil 2016 - 8:43

- « Deal », fit la jeune femme en tira fermement sur sa corde pour retendre l’arbalète, non sans un maigre sourire.

Ses bras protestèrent sous l’effort, mais elle n’avait pas le droit de s’autoriser une pause. Gabriel courait déjà au devant du danger, soutenu par Bobby, et elle serait là pour veiller au grain. L’adolescent, ce fut facile. Mais visiblement, la charogne en ciré était plus réactive, plus féroce. L’ancien professeur se fit immobiliser le poignet, et sa petite amie n’allait pas le laisser se dépatouiller, au risque de piétiner sa virilité. Elle se décala légèrement pour avoir une ouverture – manquerait plus qu’elle touche son aîné – visa, et… headshot.

Selene souffla de soulagement en abaissant son arme. Le géant s’était occupé de la quatrième poupée de chairs mortes, de sorte que les assaillants immédiats étaient pour l’instant écartés. La musicienne s’étira, cherchant vainement à détendre son dos crispé, et inspecta encore ses coudes. Ça piquait cette connerie. Dire qu’elle avait oublié d’embarquer une trousse de premier soin… grimaçant à cause de la douleur de ses membres, la pianiste tendit l’arbalète. Elle comptait rejoindre ses compagnons pour finir le travail, mais le colosse s’élançait déjà, seul, comme une bête déchaînée vers les deux rôdeurs qui approchaient inexorablement.

- Mais qu’est-ce qu’il fait ?! s’exclama l’étudiante une fois auprès de Gabriel, il va finir par se faire mordre…

« Avec ses conneries » voulut-elle ajouter, mais elle courait déjà pour essayer de rattraper Bobby. A quoi jouait-il ? Elle ne pouvait plus ôter cette interrogation de son crâne. Depuis quelques semaines, son ami semblait en pleine descente aux enfers et le pire, c’est qu’il n’avait pas envie qu’on l’aide à remonter. Bien sûr qu’ils vivaient des choses difficiles, le monde était ainsi désormais, mais le géant devaient être aussi fragile qu’il était gentil… Certes, Selene n’était pas le meilleur exemple quand il fallait parler de « tenir bon » d’un point de vue psychologique, mais elle était là. Elle guidait le groupe, organisait leur avenir, quitte à ce que sa maladie lui ronge jusqu’à la dernière parcelle de son cerveau. Mais l’ancien mineur, lui, ignorait les mains qui lui étaient tendues… il n’embrassait plus que la rage, et ce frisson malsain du sacrifice.

- Bobby ?! QU’EST-CE QUE TU FAIS ?!

La musicienne s’en fichait brusquement de hurler. Elle s’était figée. Son frère venait de s’immobiliser lui aussi, avant de lâcher sa hache et de tomber à genoux. Bras grands ouverts, il paraissait en appeler à une étreinte, une dernière, offert. Livré. Le sang de la jeune femme s’était glacé dans ses veines : il y était, au point de non retour. Cet appel du gouffre, d’où émanait le chant enchanteur de l’autre monde. Elle était encore trop loin pour essayer de le tirer en arrière et de toute façon, le colosse était en transe. Ce fut son ultime déclaration, suffisamment clair, qui incita Selene à détourner ses yeux bleus pour regarder les deux mordeurs.

Oui… elle ne les connaissait pas beaucoup, elle ne les avait vu qu’en photo, mais son aîné en avait tellement parlé qu’elle était capable de les reconnaître. Sa famille… encore unie, malgré la mutation et les mois d’errance comme prédateurs. Une lance enflammée transperça la poitrine de la pianiste ; elle avait mal pour son ami. Personne ne devrait voir ça… revoir ceux que l’on aime, transformés, mutilés, dénaturés. Inconsciemment, des larmes roulaient sur ses yeux pâles alors qu’elle criait à nouveau :

- ECARTE TOI ! CE NE SONT PAS ELLES, TU LE SAIS !

Aucune réaction. Bobby attendait toujours impatiemment son étreinte et les morts se rapprochaient toujours de ce casse-croute d’une taille impressionnante. Il fallait qu’il revienne à lui. Les rôdeurs étaient près, trop près, pour qu’elle puisse stopper les deux. Selene dressa son arbalète pourtant, mais était incapable de réprimer les tremblements qui l’ébranlaient soudainement. Son empathie naturelle lui renvoyait en pleine figure la souffrance de son frère de cœur. Elle ne voulait pas…

- Je ne peux pas faire ça…, murmura-t-elle, réveille-toi s’il te plait… m’oblige pas…

Mais rien ne changeait. La musicienne renifla, la vue brouillée par ces larmes qui n’étaient pas les siennes. Une dernière fois, elle somma le géant de réagir, mais ça ne servit à rien. Alors elle pressa la détente. Le carreau partit, droit, puissant, pour se ficher profondément dans la gorge de Sandra. Elle l’avait tout juste destabilisée. Les yeux bleus de la pianiste s’écarquillèrent d’horreur : elle l’avait manquée. Bouleversée par ses émotions, aveuglée, retenue par une force intérieure, elle ne savait pas. Mais elle l’avait manqué, et Bobby était toujours désarmé devant les deux chimères qui n’étaient plus qu’à quelques mètres…


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Gabriel Fowler
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MessageSujet: Re: We just need a shelter   Mar 2 Aoû 2016 - 17:12

En fait non, il n'en restait plus aucun puisque Bobby s'était chargé du dernier membre de cette famille macabre. Son état mental semblait bien plus déplorable que son état physique et Gabriel se demanda un instant ce qu'il pourrait faire pour lui changer les idées. À la base, s'ils lui avaient demandé de les accompagner Selene et lui, c'était pour pouvoir passer un peu de temps avec lui et lui remonter le moral qui n'était pas au beau fixe ces derniers temps. Mais pendant tout le trajet, il était resté plongé dans ses pensées. Il ne s'exprimait quasiment pas et ses autoflagellations mentales semblaient de plus en plus fréquentes et intenses.
Gabriel n'était pas psychologue, il ignorait complètement comment parer à ce genre de problèmes. Et même si l'esprit du géant était comparable à celui d'un gosse en terme de maturité, il restait un adulte, hanté par des tourments d'adultes et incapable d'y faire face avec la maturité nécessaire.

Essayant de masquer quelque peu son inquiétude concernant le colosse, Gabriel sourit piteusement face à la remontrance dont il lui fit part. Il était vrai qu'il n'aurait peut-être pas dû foncer ainsi. Mais il en avait marre de voir sans arrêt son ami foncer au casse pipe sans broncher. Inconsciemment, il avait espéré qu'en agissant de la sorte, Bobby n'aurait pas eu besoin d'intervenir. Sans le vouloir, ses mots s’échappèrent :
« Ah, tu vois ! Tu vois un peu ce que ça nous fait quand tu files ventre à terre vers le danger ? »

Mais ses paroles avaient dû se perdre dans le vent car Bobby s'était déjà remit à foncer vers les monstres suivant.
« Eh bein non … il a pas vu ... »
Dépité, il laissa échapper un profond soupir. Lorsque Selene le rejoignit, il hocha ostensiblement la tête face à son commentaire. C'était du Bobby tout craché.
« Et le pire c'est qu'il vient de me faire la morale en me disant que je ne devrais pas foncer tête baissée vers le danger... Fais ce que je dis, pas ce que je fais ... »

Alors que la jeune femme se mettait à courir vers le géant, Gabriel remarqua seulement ce qui clochait. Il ne se battait pas. À genou, il semblait vouloir accueillir à bras ouverts la mort qui s'avançait vers lui. Se précipitant vers eux à son tour, l'instituteur sentit son estomac se nouer. Mais qu'est-ce qui lui passait par la tête bon sang ?!
Ne comprenant pas tout de suite, Gabriel dû bien se résoudre à l'horrible évidence qui se profilait sous son regard. Bobby avait déjà maintes fois parlé de ces deux femmes en des termes tellement élogieux, que pas un seul instant il n'aurait pu imaginer les apercevoir dans cet état de décomposition. Se figeant à quelques pas de Selene, il la vit armer son arbalète. Il l'entendit murmurer une supplique qui ne risquait pas de se réaliser car Bobby semblait en transe. Ils n'avaient qu'une seule chose à faire et ils le savaient l'un comme l'autre. Les dents serrées, Gabriel regarda le trait filer vers sa cible … et la manquer.

Sans réfléchir, il lança à Selene dans un souffle ;
« Retiens-le. »
Puis il la dépassa et avala les quelques mètres qui le séparait des deux cadavres ambulants. Les larmes aux yeux à l'idée de ce qu'il s’apprêtait à faire, il éleva sa lame et l'enfonça dans la tempe de la créature la plus proche tout en poussant un cri de bête dans le but d'évacuer ses émotions qui menaçaient de le submerger. Laquelle de Sandra ou de Rosalie venait-il d'achever ? Il n'en savait rien car elles étaient méconnaissables à ses yeux. Bobby lui avait-il déjà montré ses deux 'anges' en photo, comme il se plaisait à les appeler ? Il ne s'en souvenait pas. À cet instant, il n'avait qu'une seule chose à l'esprit ; tuer ces deux monstres avant de se faire tuer.

Le temps de retirer la lame du crâne de la créature décharnée, l'autre lui avait saisi le bras, prête à le mordre. Il eut le réflexe de placer son couteau sur la trajectoire de la puissante mâchoire et les dents de la morte se refermèrent sur l'acier, produisant un son fort désagréable. Il sentit les doigts, plus des ossements qu'autre chose, lui enserrer l'avant bras au point qu'il laissa échapper un gémissement de douleur. Elle tentait de mâcher, pensant sans doute qu'elle avait mordu dans de la chair... si toutefois elle était encore capable de vraiment penser. Et tout en mâchant la lame, produisant un crissement affreux, elle le poussait avec une force insoupçonnable. Reculant, il finit par trébucher et se retrouva sur le dos, les mains de la morte toujours accrochés à son bras et incapable de la repousser.


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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: We just need a shelter   Mer 3 Aoû 2016 - 8:25

À genoux sur le bois mis à mal par l'air marin, les bras écartés comme Jésus sur sa croix, le géant balafré avait un sourire rayonnant accrocher sur ses lèvres exsangues. Il n'avait pas été aussi heureux depuis des mois. Encore quelques pas et ses anges et les deux êtres les plus importants de sa vie. Les deux femmes qu'il avait crues disparues dans une tombe fraîche et dont l'étape logique suivante était de rejoindre un paradis céleste où la violence et la déchéance de ce monde chaotique ne les atteignaient plus. L'ancien mineur s'était complètement isolé du monde extérieur. Il n'avait que lui, Sandra et Rosalie. Une tendresse, un amour inconditionnel et pur scintillait dans les yeux bleuté si pur de la bête. Les battements frénétiques de son cœur si durement éprouver tapaient fortement dans la poitrine du géant. Un peu plus et l'organe vital s'expulserait littéralement de la cage thoracique du mastodonte.

Au loin il entendit Selene crier. La déformation de son état second transforma les supplices de l'ange d'ivoire. Le ton rauque, mais aux mots si doux.

Robert- Oui Selene… Euh… C'est bien elles. Après nos gros câlins je te les présentes ok?

Il était dans une bulle, insensible à l'urgence et la dangerosité de la situation. Les deux mains gantées, immenses comme des battoirs, virent des mouvements d'invitation de plus en plus pressantes aux silhouettes chancelantes. Dans l'illusion qu'il s'était construite à cet instant, les deux anges devaient être exténués de leur long périple au travers de ces terres maudites. Les horreurs qu'elles avaient dues combattre et endurer parce que l'erreur de la nature n'était pas là. Robert s'en voulait de ne pas être resté près d'elle lors de retour à la clarté du jour. Il n'osait pas les traumatismes que Rosalie et Sandra avaient endurées en grattant la terre de leurs ongles pour sortir de la tombe et respirer de nouveau l'air pur de ce monde infernal. Des larmes de joie coulaient librement sur les joues mal rasées de l'homme nettoyant un peu par leurs passages la poussière et la crasse accumulées. Vu leurs états presque squelettique, les jeunes femmes n'avaient pas dû trouver de nourriture convenable depuis plusieurs jours.

Mais un carreau d'arbalète perfora la paroi cristalline du bonheur éphémère de la bête. Une hampe de carbone venait de déchiqueter la gorge de Sandra, faisant hurler de douleur et de rage le monstre de foire. Un cri bestial, à peine humain, fit s'élever dans le ciel les quelques mouettes qui sommeillaient paresseusement près du phare. Pivotant vers l'arrière, les yeux paniquer et presque révulser par l'horreur de ce drame de la bête rencontrèrent ceux en larmes de la belle. Il se sentait trahi par cet affront. Des pensées affolées passèrent par l'esprit lent. Selene était-elle si jalouse des retrouvailles inespéré de sa famille avec lui? Elle devait savoir qu'elle occupait une place de choix dans le cœur suturé de cicatrices de l'homme difforme. Reportant son attention vers l'avant, une inquiétude et une détresse déformait l'horrible faciès du monstre de foire, Robert fut totalement médusé. Sa mâchoire subis pleinement l'attraction terrestre et faillit même se disloquer. Sandra continua d'avancer comme rien ne s'était passé, comme une somnambule marchant tranquillement les bras levés vers le géant prosterner.

Dans le subconscient de l'ancien mineur, la voix de la raison chancelante du mastodonte hurla à s'en faire péter les cordes vocales. Que c'était impossible qu'un être vivant ne saigne pas et ne soit pas en train de gargouiller étendu au sol avec une pareille blessure. Clignant des yeux, comme pour essayer d'émerger d'un cauchemar éveillé, le goliath vit la charge de l'enseignant. La lame de poignard qui plongeant dans l'orbite blanchâtre de Rosalie. Du liquide noirâtre et visqueuse de la matière cérébrale corrompue de la future mère qui souillait la lame de Gabriel. De voir l'âme en peine qui avait revêtu l'apparence fragile de Sandra se jetée avec férocité sur l'homme qui comptait maintenant plus que tout pour la sœur d'âme de Robert. Essayant de se relever, une masse s'était effondrée sur les épaules massif de l'être anéanti. Des bras frêles mais aimants s'enroulèrent autour du cou de taureau de la lie de l'humanité. La voix brisée, blanche et dénuer de toute la chaleur humaine qui caressaient les sens des gens de la brute s'éleva.

Robert- Laisse-moi Selene. Je dois aider Gaby.

Même dans toute sa détresse, l'âme protection du colosse le faisait agir pour aider les autres. Il s'oubliait encore totalement pour une autre personne. La pathétique créature tremblante et pleurant toutes les larmes de son corps immonde avait raison. Le professeur était étendu au sol et essayait de repousser la goule de toutes ses forces. Se relevant en titubant, laissant sur place la musicienne qui devait être horrifiée de voir cette scène de cauchemar. Le regard bleuté habituellement si pur et débordant de bonté était complètement éteint, dénuer d'âme. Saisissant d'une main la crinière de la chimère de ses illusions, le géant tira avec lenteur. La créature d'outre-tombe ouvrit la bouche dans un gémissement de frustration. Bobby agrippa le poignet de Sandra et il appuya à la base de la paume de son pouce ganté. La main décharné de l'adolescente trépassée rompit le contact immonde. Mais par une chance inouïe, les dents cariés de la morte-vivante se refermèrent sur l'avant-bras du colosse balafré. Les dents ne purent, heureusement, franchir la protection du cuir renforcé de la manche du manteau de motard. Mais pour sa peine le géant aura surement une belle hématome. Rugissant de rage, il projeta le corps chétif et nauséabond de l'âme en peine de Sandra. Sortant son marteau de sa ceinture d'outils, le géant continua de pleurer. Frappant à coups redoubler sur le crâne de l'être qui avait compté le plus dans sa vie, le géant hurla sa souffrance à la face de ce monde sans pitié.

Robert- SANDRA N'AURA JAMAIS FAIT DE MAL À PERSONNE. NON CE N'EST PLUS ELLE…

Et lorsque le corps osseux de sa nièce chérie eut fini d'avoir les derniers spasmes de la mort, le géant brisé tomba de nouveau à genoux. Prenant les corps sans vie de ses deux anges qui venaient de trépasser de nouveau, Robert colla leurs visages poisseux et collant de fluides noirâtres sur son torse. La tristesse et la peine de l'homme était trop poignante, grande et crève-cœur pour les témoins de cette scène affligeante. Une sorte de mantra, un murmure s'éleva des lèvres exsangues de l'homme complètement anéanti.

Robert- Je vous aimes tant mes anges. Je suis si désolé.

Tout doucement, tendrement, le géant berçait les corps sans vies des deux jeunes femmes qui avaient su l'accepter comme il était. À cet instant il voulait tellement les rejoindre…



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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: We just need a shelter   Mer 3 Aoû 2016 - 17:07

- Le rete-quoi ?!!

S’exclama Selene malgré sa gorge nouée. Le géant faisait quasiment cinquante centimètres de plus qu’elle et devait peser au moins le double de son poids, alors dans quel monde serait-elle capable de le retenir ? Elle avait obéit pourtant, lâchant l’arbalète et se ruant sur son ami pour lier ses bras frêles autour de son cou. La musicienne avait compris qu’il était question de l’empêcher d’intervenir, de retarder l’inévitable. Elle aussi fut bouleversée de voir Rosalie tomber la première, poignardée dans la tempe, écho de la peine de Bobby. Mais ce fut la suite qui glaça véritablement son sang.

Sandra était plus tenace, elle avait attrapé la main de l’instituteur et le poussa au sol, ses dents cadavériques refermées sur son couteau. La pianiste était figée par cette vision, partagée entre l’ordre de retenir le colosse et son instinct qui la poussait à vouloir secourir Gabriel. A chaque instant, elle pensait que la charogne allait s’apercevoir de son erreur et choisir de mordre dans le bras prisonnier de ses doigts osseux. Selene n’entendit même pas la supplique du géant, elle l’avait lâché, tout naturellement, prête à mettre fin à cette lutte morbide.

Calant son pas sur les grandes enjambées de Bobby, elle tira inconsciemment le rôdeur en arrière, non sans risquer de prendre un coup de dents. Heureusement, le géant, qui l’avait fait lâcher prise, détourna l’attention de sa défunte sœur. Sur le coup, l’étudiante n’avait pas réalisé qu’il s’était fait mordre. Elle n’avait d’yeux que pour son petit ami, qu’elle aida à se redresser avant de le serrer dans ses bras. Tour à tour, ils avaient failli y avoir droit. Selene ne s’écarta que pour lui voler un baiser, soulagée. Tellement…

S’était-elle rendue compte avant du penchant héroïque de Gabriel ? Il n’était pas un combattant dans l’âme et pourtant, il répondait immanquablement présent quand il s’agissait d’aider ses amis. La nuit où Flann était morte, il l'avait suivie dans sa folie. Ce jour où elle s’était isolée pour évacuer son chagrin, elle était là. Un peu plus tôt, il l’avait sauvée sans y réfléchir à deux fois et là…

- Fais-moi penser à te trouver une combi moulante bleu et une cape rouge dès que j’en vois une, plaisanta-t-elle à mi-voix avec un sourire mutin.

Là était la magie de ses sentiments pour cet homme. Cette capacité à prendre les choses à la légère, à trouver une blague alors que son cœur battait encore à 100 à l’heure, c’était lui qui lui insufflait ça. L’ancien professeur avait le don de faire émerger le meilleur d’elle-même, le plus beau, le plus radieux, avec un naturel inégalable. La bulle d’intimité fut toutefois rompue quand la musicienne se tourna vers Bobby. Il serrait les dépouilles de ses « anges » avec une détresse douloureuse à regarder. Selene l’avait déjà vu triste, mais ça, c’était… sans doute la pire image qu’elle ait eu à endurer. Elle oublia instantanément que sa transe avait failli causer sa mort, et celle de Gabriel. A pas de félin, elle s’approcha jusqu’à s’assoir sur ses talons, genoux plantés dans le sol, face au géant.

- Hey… Bobby, tu m’entends ? tenta-t-elle pour rompre son mantra, Bobby, c’est moi. C’est Selene.

L’entendait-il ? Elle n’était pas certaine. Une larme roula sur ses joues ivoirines, impossible à retenir face à ce tableau de tristesse. L’étudiante se mordit la lèvre, patiente, un peu oppressée, et retenta sa chance quand elle crut percevoir un changement dans l’attitude de son ami. Délicatement, elle porta une main fine jusqu’à son menton pour l’inciter à la regarder dans ses yeux bleus.

- Ce n’est pas ta faute, d’accord ? Elle renifla, on va… on va les enterrer. Ça te va ? On se souviendra de l’endroit, pour que tu puisses revenir les voir.

C’était horrible, ce que ce pauvre homme avait eu à subir. Perdre quelqu’un était déjà atroce en soi, surtout lorsqu’on a la fragilité émotionnelle du géant. Mais voir les êtres aimés revenir sous cette forme et devoir les tuer… la pianiste leva ses orbes glacier vers Gabriel. La personne qui comptait le plus à ce jour. Elle cherchait un signe lui indiquant qu’elle abordait la bonne démarche, mais surtout se demandait : « et si c’était lui ? ». Après tous ces mois à combattre les rôdeurs, saurait-elle percer le crâne de l’instituteur ? … elle n’en était même pas certaine.


Go back and forward, but all is melting like the snow ♪ Taking all from us, all we thought was left to know ♪ On what we treasure falls a dusty snow ♪ taking us backwards, but where we will never know.
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Gabriel Fowler
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MessageSujet: Re: We just need a shelter   Jeu 11 Aoû 2016 - 18:05

Alors qu'il entendait les dents du cadavre claquer contre le métal froid de sa lame, il cru voir sa vie entière lui défiler sous les yeux. Il n'était certain que d'un fait ; il allait mourir ici.
Un bref instant, il repensa à sa sœur. Il avait suffit d'une unique morsure pour qu'il la perde. Un seul coup de dents et tout espoir avait fuit à jamais... Il revit son beau sourire, l'éclat merveilleux de sa voix, ses cheveux auburn dansant dans le vent... Puis ce fut le sourire de Selene qui s'imposa à son esprit. Il refusait de mourir ! Il refusait d'abandonner la pianiste. Serrant les mâchoires et bandant ses muscles, il tenta une ultime poussée pour se défaire de l'étreinte meurtrière.
Étrangement, il sentit la pression sur son bras disparaître et le monstre fut comme happé en arrière. Comprenant alors qu'il devait son salut au géant, il le regarda, impuissant, s'acharner sur celle qui avait été autrefois un rayon de lumière pour lui. Enlacé par la jeune femme qui venait de l'aider à se remettre sur pieds, il ne parvenait pas à détacher son regard des coups portés par le colosse sur le crâne de la pauvre créature.

Il rendit sans vraiment s'en rendre compte son baiser à Selene de même que son étreinte fébrile. Il avait l'impression d'être comme mort à l'intérieur. Le spectacle auquel il venait d'assister avait, semble t-il, aspiré ses forces aussi bien que son optimisme naturel. Il sentit ses yeux le brûler, comme s'il allait pleurer. Mais les larmes ne vinrent jamais. Pourquoi fallait-il toujours que tout tourne mal ? Pourquoi le destin s'acharnait-il à les briser de la pire manière qui soit ?
Incapable de répondre à la plaisanterie de la pianiste, il tenta malgré tout de sourire. Le résultat ne devait pas ressembler à grand chose et il abandonna rapidement l'idée.

Consciente de ce qu'avait dû endurer Bobby, Selene tenta comme elle pu de le faire revenir à la réalité. Mais comment le pourrait-elle ? À voir ainsi le gentil géant enserrer les deux cadavres, il se revit au jour de la mort de sa sœur. Rien ni personne n'aurait alors pu le tirer de ses sombres songes. Rien ni personne n'aurait pu le ramener à la réalité. Il avait sombré dans le chagrin et le désespoir. Et il imagina sans peine dans quel état d'esprit devait se trouver Bobby. Ils auraient du mal à le réconforter. Si toutefois c'était possible...
Selene essayait maladroitement de l'apaiser. C'était louable, certes, mais inutile. Dans ce genre de situation, les mots ne servaient à rien. Ils n'étaient que des bruits confus qui résonnaient dans l'air de façon désordonnée et sans aucun sens. Une méli mélo absurde qui, s'il atteignait le cerveau, n'atteignait jamais le cœur. Aucun mot capable d'apaiser un cœur brisé n'existait. Et il n'en existerait jamais.

Lorsqu'il capta le regard de sa bien aimée, il sentit un véritable cocktail d'émotions fondre sur lui. La scène offerte par Bobby l'avait anéanti. Pourtant, il avait suffit d'un seul regard de Selene pour faire renaître en lui tout ce qui l'avait fuit. Il lui offrit un sourire, un vrai cette fois, emprunt de compassion et de tristesse. Avalant les quelques mètres qui les séparaient, il se plaça aux côtés du géant, posant une main, ridiculement petite en comparaison, sur son épaule massive. Les mots réconfortants, c'était pas vraiment son truc. Les mots tout court ce n'était pas son truc.
« Ne restons pas là. On va les mettre dans la voiture en attendant de trouver le meilleur endroit pour elles. Et si ce phare est un bon endroit pour y faire déménager tout le monde... »
Il pourrait leur apporter des fleurs chaque jour... et chaque jour il se souviendrait de ce qu'il avait été forcé de faire. Il ne put se résigner à terminer sa phrase. Il appuya un peu plus fort sur l'épaule gigantesque, faisant comprendre à Bobby qu'il était là pour lui. Puis il le lâcha, passa près de Selene non sans la frôler du bout des doigts, et il s'accroupit pour s'emparer de la jeune femme qui avait furieusement essayé de le dévorer.

Délicatement, cherchant l'assentiment de Bobby du regard, il la cala contre lui, prenant garde à ne pas entrer en contact du fluide noirâtre qui provenait de la défunte créature puis il l'emporta vers la voiture restée en arrière. Alors qu'il essayait de ne pas baisser les yeux vers le crâne explosé de la pauvre femme, il sentit ses yeux le brûler à nouveau. Cette fois-ci, ses larmes se mirent à couler doucement.
Une fois devant le véhicule, il attendit que Selene lui ouvre le battant du coffre pour y déposer le corps sans vie. Il la plaça de telle sorte que Bobby n'aurait aucun mal à déposer l'autre à côté. Il se voyait mal lui demander d'empiler les deux femmes comme de vulgaires carcasses de cochons. Le plus dur restait à venir... Ils étaient venu ici dans un but précis. Et il serait regrettable qu'ils repartent les mains vide alors que la solution à leur problème était peut-être juste là, devant eux. Mais après ce qu'il venait de se passer, Bobby n'était plus d'attaque pour de l'exploration. Quoi qu'il en dise, il risquait de les mettre en danger plus qu'autre chose. Et de se mettre lui-même en danger par la même occasion.
« Écoute Bobby... Tu devrais rester auprès d'elles. Selene et moi on va aller jeter un coup d’œil rapide à ce phare. »
Avant qu'il n'ait pu émettre la moindre objection, il ajouta :
« Tout ira très bien. S'il y a le moindre problème on ne jouera pas aux héros et on reviendra directement à la voiture. Ça te convient ? »

Il ne savait même pas si Bobby était en mesure de vraiment comprendre la situation. Était-il lucide ? Ou bien était-il plongé dans une sorte de catatonie ? Cherchant rapidement le regard de Selene, il espérait un appui de sa part. Elle devait certainement comprendre son point de vue. Il serait mieux ici, à faire son deuil pour la deuxième fois, plutôt que de les suivre à la façon d'un mort vivant.


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