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 We just need a shelter

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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: We just need a shelter   Ven 12 Aoû 2016 - 14:38

Musique d'ambiance

La pathétique créature berçait avec tendresse les enveloppes charnelles et putrides des deux anges qui avaient illuminé sa vie grotesque. La tristesse, la honte, l’amertume et la détresse émotionnelle s’étaient installées dans l’âme si pure et humaine du colosse balafré. Robert ne sentit aucunement la douce main d’ivoire lui caresser la laideur de son horrible faciès baigné par des torrents de cristaux salés. La voix inquiète et soucieuse de l’ange d’ivoire ressemblait à des crachements de radio mal syntonisée sur une fréquence. Il ne sentit pas la main réconfortante de Gabriel sur son épaule, ni sa dévotion pour soutirer le corps de Sandra. Le mineur n’était tout simplement plus sur ce plan d’existence, ce monde infernal et chaotique. Cet univers où le mal et le malheur semblaient l’avoir pris comme cible pour le torturer. Par deux fois il avait vu la déchéance du virus détruire Sandra et Rosalie. Son esprit s’était affaibli lors de la première vision d’horreur. Mais les voir chancelantes, trainantes avec l’absence d’amour et de sentiments dans leurs regards blanchâtres, venait de provoquer une cassure. Un choc terrible venait de rompre dans son cœur torturé, son âme merveilleuse venait de voler en éclat comme un miroir que la vie avait fracassé avec une masse nommée hasard et destin. Les souvenirs de ses anges trépassés, merveilleux moments et rares instants de bonheur qui avaient marqué une vie de souffrance s’estompèrent. C’était un moyen de protection personnelle, un point de non-retour pour permettre à la bête immonde de se protéger de ces visions macabres qui allaient le conduire vers la pente savonneuse et glissante de la folie. Chaque scène, la naissance de Rosalie et de Sandra, les fêtes, l’hôpital, les chants, les dessins et la demande d’être parrain furent enfermés dans un coffret. Bien entendu les morts affreuses et la réanimation dramatiques des deux femmes furent incorporées dans ce réceptacle à oublie. Des lourdes chaines enserrèrent le contenant qui refermait les soleils de la vie de Robert et ensuite balancée dans le subconscient. Les profondeurs floues de l’oubli engouffrèrent ce précieux coffre.

Robert au un sursaut quand cette opération de la dernière chance fut couronnée de succès. Selene et Gabriel n’avaient aucunement assisté à cette bataille sur les traits atypiques du géant, dans ses yeux où les océans habituellement calmes et si humain s’étaient transformés en tsunami de tristesse et de détresse psychologique. Les larmes s’étaient taries d’un coup, comme si son humanité grandiose s’était subitement évaporée. Un nouveau regard embrassa la scène autour du géant qui venait de renaître un peu comme le phénix au milieu des cendres de la déchéance. Quand ses yeux tombèrent sur le corps sans vie et froid de Sandra niché dans ses bras puissants et réconfortants. Mais l’esprit de la créature immonde ne vit qu’une goule morte parmi une multitude d’autres. Repoussant sans ménagement le corps putride loin de lui, le géant se redressa de toute sa taille impressionnant. Se tournant sur lui-même, il vit alors Selene et Gabriel près de la voiture. Le haillon arrière était ouvert comme si les deux tourtereaux avaient trouvé de l’équipement. Laissant un petit sourire effleurer ses lèvres exsangues et gercer, le colosse balafré commença à marcher sur les planches bois qui constituaient l’accès vers le phare. Près des autres cadavres, la famille zombifiée, le golem de chair fit une fouille exhaustive. Seul un trousseau de clefs trouva grâce à son regard inquisiteur. Empochant son maigre butin, arrachant les carreaux des boites crâniennes pour les essuyer sur les vêtements de leurs victimes, le géant s’approcha enfin du duo. Tendant les carreaux à la musicienne, le goliath écouta les propos de l’enseignant. Un hochement de la tête négative répondit à la supplice, l’ordre caché de Gabriel. Une voix rauque, n’ayant plus la chaleur habituelle que Bobby propageait habituellement, s’éleva dans les airs.

Robert- Non je ne reste pas ici Gaby. Pourquoi tu pleure? Et tu veux que je laisse ma famille affronter un danger? C’est qui elles au juste on est juste trois non?

Le monstre de foire ouvrit sa veste de cuir renforcé, salvatrice car elle lui avait évité le baiser mortel de la goule, et enleva un gant. Sortant un mouchoir de la poche de sa chemise, une photo plastifiée s’envola dans la brise d’été. Habituellement Robert aurait foncé pour la récupérer, caresser les doux visages de sa famille avec le pouce et leur chanter une petite chanson. Mais à cet instant, le colosse n’eut qu’un soulèvement d’épaules massives indifférent pour ces images d’une autre vie, d’inconnues même. Tendant avec sollicitude le tissu vers l’enseignant, Robert secoua la tête en voyant la dépouille de l’abomination dans le coffre de la voiture. Grognant de dépit, il remit le gant et referma la veste de cuir renforcé.

Robert- Pourquoi vous emmener ça à la maison? C’était une amie à vous? Abigail m’a dit qu’on devrait oublier le passé, car ça va nous tuer.

Le colosse arracha le carreau de la gorge de la défunte pour le tendre à Selene et ensuite il sortit sans aucune cérémonie le corps dégoulinant de fluide noirâtre du coffre. Sans aucune once de sentiment, de remords ou bien de peine, il bascula le corps frigide dans le fossé tout près de lui. Se tournant vers les deux membres de sa famille adoptive, le géant parla tout doucement. Son faciès à peine sculpté donnait l’impression de ressembler à une gargouille. Seul sentiment qui semblait subsister fut l’inquiétude pour la musicienne et l’enseignant. Le maelstrom d’émotion si humain et beau était complètement disparu de la lueur bleutée de ses yeux. Même le regard océanique de la bête semblait morne et éteint.

Robert- On va devoir mettre un truc pour le sang dedans et éviter de mettre de la nourriture.

Sortant le trousseau qu’il avait découvert sur le corps du gardien du phare, le golem de chair le donna à l’ange d’ivoire.

Robert- J’ai trouvé ça. Ça peut ouvrir la porte et sauver une protection pour plus tard. On cogne à la porte pour voir s’il y a des charognards à l’intérieur.

Prenant un instant pour rassembler ses pensées vagabondes, le géant continua sur son ton rocailleux.

Robert- On rend une pièce sécuritaire. Ensuite on explore. On n’ouvre aucune porte sans être au moins deux ok? Et je viens…

Le ton était sans appel, direct e franc. Aucune hésitation ne semblait avoir coupé la parole chancelante qui était la marque de commerce du géant complètement anéanti à l’intérieur.



Conséquences de cet événement traumatisant pour Robert:
 



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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: We just need a shelter   Mar 16 Aoû 2016 - 18:28

Selene regardait Bobby comme si c’était la première fois qu’elle le voyait. Après tout ça… ?! Gabriel, comme elle, pleurait sa famille défunte, et lui balançait tout dans un trou noir ? Non… non, c’était trop facile ! Abigail avait fichtrement le raison : le passé finissait par tuer, et c’était exactement ce qui a failli se passer quand les formes défuntes de Rosalie et Sandra s’étaient ruées sur lui et l’instituteur. Ils avaient tous les trois risqué leur vie pour qu’au final, le géant se réfugie derrière l’amnésie.

Quand ses yeux glacier se décrochaient du colosse, c’était pour osciller vers son petit ami, puis le cadavre balancé dans le fossé, puis Rosalie, puis revenir au point de départ. Machinalement, elle attrapa son carreau et le recoinça dans sa réserve sans même vérifier s’il n’était pas cassé. Le babillage de Bobby se transformait en nuage de sons inintelligibles. Assourdie par le chagrin, la colère et la frustration, la musicienne n’écoutait plus. C’était une scène déchirante, mais elle préférait encore voir son complice se morfondre sur les dépouilles que de supporter son indifférence post-traumatique.

- N’importe quoi, siffla-t-elle brusquement.

Ça n’avait aucun lien logique avec ce que le géant disait jusque là. Selene avait même immédiatement fait passer le trousseau de clefs du phare à Gabriel, sentant qu’elle risquait de les balancer loin dans les hautes herbes sur un coup de nerf. Elle était blême, les joues inondées de larmes mais frémissant sous un cocktail d’émotions impossibles à contenir ou à décanter.

- N’importe quoi, répéta-t-elle brusquement en s’éloignant le temps de récupérer ses autres carreaux.

L’un d’eux était tordu. Génial. Elle acheva de le briser et le jeta négligemment avant de réarmer son arbalète avec ses gestes secs. Cette fois, le regard éteint de son aîné lui donna envie de le gifler pour le réveiller. La pianiste avait mal pour lui, pour Flann, pour sa famille, même pour sa peine de cœur, mais il s’évertuait à se refermer comme un putain de coquillage. Pour aller jusqu’où, tout oublier ?! Non. Non. Non. C’était sa souffrance, il n’avait pas le droit de s’en retirer pour la laisser seule malade. Malade pour lui.

- Tu te fous de moi, pas vrai ?! Cracha-t-elle revenue auprès des deux hommes, après toutes les fois à nous parler de Rosalie et Sandra, après qu’on t’ait tous soutenu, qu’on ait tous partagé ta perte, toi tu les effaces ??

Ce n’était certainement pas la bonne méthode, mais elle était à bout. La mort de la libraire, le deal avec Hope, l’histoire avec la femme au chien, la difficulté à trouver une autre maison… le poids devenait trop lourd pour ses épaules frêles et sa santé psychologique fragile. Selene ne se rendait même pas compte qu’elle pleurait à chaudes larmes désormais, qu’elle implorait autant qu’elle s’emportait. Parce que son « frère » devenait une coquille vide et qu’il refusait de se laisser aider.

- On est TOUS ta famille maintenant, alors nous aussi tu vas nous oublier ?! Tu vas oublier Flann ?! Et moi, si je meurs, tu me balanceras dans un trou pareil ?!

La musicienne marchait de long en large, comme un fauve enfermé. Ce phare ne lui semblait plus si important, parce qu’elle avait l’impression de vivre une scène cruciale. Un point de non retour, en beaucoup de points de vue. Au fait, il ne s’était pas fait mordre ? Elle ne savait plus désormais… Ça y est, tout recommençait à s’emmêler dans sa tête. Les pensées, les sentiments et les voix. Alors elle fit une pause les paupières pressées l’une contre l’autre, les doigts de sa main libre tapotant nerveusement sur sa tempe. Folle.

- Tu vas aller ta récupérer, ordonna-t-elle brusquement, on va ramener les deux corps, et les garder jusqu’à ce qu’on sache où les enterrer. On n’entre pas dans cette baraque avant que les deux filles soient là-dedans.

Elle désignait le coffre du Four Runner. Ça lui paraissait important. Parce qu’un jour, Bobby retrouverait la mémoire, et il serait encore plus dévasté de savoir ce qu’il avait fait. C’était en mémoire de cet ami, celui qu’elle semblait avoir perdu, que la jeune femme voulait une tombe décente pour Rosalie et Sandra. En attendant que le géant retrouve ses esprits, ce sera à elle de leur rendre visite…


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Gabriel Fowler
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MessageSujet: Re: We just need a shelter   Lun 22 Aoû 2016 - 20:43

La réaction de Bobby lui coupa le souffle. Il s'était attendu à bien des choses... mais certainement pas à ça. Il n'était pas seulement en plein déni. Il semblait avoir purement et simplement occulté les souvenirs liés à ces deux dépouilles pourtant si familières. Affichant tout d'abord une totale incompréhension, Gabriel fixa bêtement Bobby d'un regard alarmé. Et lorsqu'il s'échina à retirer la dépouille du coffre, il tourna un regard perdu vers Selene qui semblait plus choquée et outrée qu'autre chose.
Il réceptionna le trousseau de clé que Selene lui bazarda négligemment. Il n'avait pas la plus petite idée de la façon dont il fallait réagir face à un tel aveuglement de la part du géant. Alors que Selene s'éloignait pour aller récupérer ses flèches, il se tourna vers Bobby, ouvrit la bouche et, ne trouvant pas quoi dire, la referma. Il se mit à triturer nerveusement le trousseau de clé alors que Bobby annonçait calmement la marche à suivre dans le phare. Mais comment avait-il put occulter de la sorte les deux personnes qui étaient le plus cher à son cœur ?

Lorsque Selene revint, elle démarra au quart de tour. La regardant s'enerver contre le géant qui n'y était finalement pour rien, il voulu tempérer un peu ses ardeurs.
« Selene... tu ne devrais pas... »
Mais elle n'avait pas dû l'entendre car elle enchaînait déjà, totalement furieuse contre Bobby. Lorsqu'elle fit enfin mine de se calmer, il lui posa délicatement une main sur le bras. Mais elle rouvrit les yeux et, d'un ton impérieux, ordonna à Bobby d'aller récupérer la dépouille de la jeune femme qu'il avait envoyé valser. Avant que Bobby ne puisse emmètre la moindre objection ou le moindre questionnement, il essaya de calmer un peu le jeu.
« Selene, ça ne sert à rien de lui crier dessus. Ce n'est pas de sa faute. Chacun se défend comme il peut face à... face à tout ça. »

Il comprenait le point de vue de la jeune femme. C'était inconcevable d'oublier les personnes qu'on avait aimé sous prétexte que la douleur était trop intense. Chaque personne qui avait un jour fait partie de notre existence nous façonnait aussi sûrement que les dures leçons de la vie. Chaque être rencontré, chaque âme qui avait croisé notre route, même pour un court instant, avait fait de nous ce que nous étions aujourd'hui. En oublier ne serait-ce qu'une, oublier tout ce qu'elle représentait, faisait alors de nous de toutes autres personnes. Si Bobby oubliait Sandra et Rosalie, il ne serait plus vraiment le Bobby qu'ils connaissaient. Si son esprit les occultait, il occulterait tout ce qu'elles lui avaient apporté... C'était inconcevable ! Et pourtant c'était arrivé...

Se tournant vers Bobby, il jeta un regard vers Selene pour l'inciter à lui laisser sa chance. Puis il s'adressa au géant.
« Bobby, est-ce que tu te souviens de ce qu'il vient de nous arriver ? Est-ce que tu te souviens qu'on vient de se faire attaquer par ces deux femmes ? Tu semblais très bien les connaître tout à l'heure. »
Il ne voulait pas forcer le pauvre homme à se confronter une nouvelle fois à cet instant douloureux mais, si ça pouvait l'aider à se souvenir des deux femmes. Même au moins un peu... Mais l'esprit est ainsi fait que ses actions nous échappent parfois. Et sans l'aide d'un psychanalyste hors paire, il était peu probable qu'ils arrivent à quoi que ce soit.

À défaut de mieux, ils prendraient soin des deux dépouilles pour le moment où Bobby serait prêt à faire face à la réalité. Se tournant vers Selene, il la prit à part, s'éloignant de quelques pas du géant. Lui attrapant doucement les bras il essaya de l'apaiser au moins un peu.
« On arrivera à rien. Pas comme ça. Il va lui falloir du temps. Il va nous en falloir à tous pour faire remonter tout ce qu'il vient d'enfouir. On va faire comme tu as dis. Qu'il le veuille ou non, on va les mettre dans la voiture. Et on s'occupera de les enterrer, avec ou sans son aide. Quand il sera prêt, il saura où aller pour les voir. »
Voyant la colère briller dans les yeux de la pianiste, il posa une main sur sa joue, essayant d'afficher un sourire sincère.
« Je sais que c'est frustrant... et révoltant. Mais on n'y peut rien pour l'instant. J'essayerais de dénicher des bouquins qui parlent de ce genre de trucs et on le ramènera à la raison. Okay ? »

Lui déposant un baiser furtif sur le coin des lèvres, il se tourna à nouveau vers le géant qui devait certainement se demander ce que c'étaient que ces messes basses.
« Bobby, tu veux bien récupérer le corps de cette femme s'il te plaît ? C'est important pour nous. »
Il évita de préciser qu'il incluait Bobby dans ce 'nous'.
« Moi je vais chercher l'autre. »

Puis, jetant un dernier regard à moitié suppliant vers Selene, il espéra qu'elle se plierait à cette comédie. Il sentait son cœur se serrer à l'idée de devoir faire semblant. Mais s’énerver sur le géant ne mènerait nulle part. Il ferait un raid dans une bibliothèque de quartier et tomberait bien sur un ouvrage abordant ce genre de traumatisme. Avec de la chance, il trouverait le moyen de défaire ce que l'esprit torturé de Bobby avait fait.


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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: We just need a shelter   Mar 23 Aoû 2016 - 13:57

Le géant prit un temps d’arrêt, complètement médusé par le comportement hystérique de l’ange d’ivoire. De l’incompréhension à l’état pur s’inscrivit alors sur les traits grossiers et atypiques de l’homme difforme. La pianiste pleurait à chaudes larmes tous en dépitant que le monstre de foire connaissait une dénommée Sandra et Rosalie. Fouillant dans son cerveau au étendu désertique, rattrapant chaque souvenir pour essayer d’aider à soulager la tristesse que son empathie subissait immanquablement. Deux personnes, une femme et une adolescente se présentèrent alors dans le subconscient. Les sourcils de la bête de froncèrent, mais aussitôt un nuage d’une noirceur absolue enveloppa les silhouettes qui devenaient de plus en plus précises. Et l’instant d’après les femmes avait disparu de nouveau de l’esprit lent du golem de chair. Il leva ses épaules massives en signe d’incompréhension. Levant les mains en signe d’apaisement, les yeux océaniques du sosie de Frankenstein se plissèrent alors d’une rage sourde. Il était rendu à un certain point où se faire dire quoi faire comme un enfant de la petite école il en avait soupé. Respirant profondément, Robert essaya de calmer la bête qui ne demandait qu’une occasion de sortir. Mais ce qu’il fit réellement mal au mastodonte c’était de parler de sa famille adoptive. Tous ces gens qui l’avaient plus ou moins accepté. Que le colosse balafré pourrait mourir pour leur préservé du moindre mal. Des tressautements parcouraient maintenant son visage de granit à peine taillé, annonciateur du terriblement tremblement de terre émotionnelle qui menaçait de fendre l’air niais que Bobby avait en permanence. Les poings se fermèrent dans une attitude protectrice et les jointures devinrent blanchâtres sous la subite contraction des phalanges. Il ouvrit la bouche pour parler, libérer sa colère trop longtemps assoupie et surement blesser dans la même occasion sa sœur et unique sœur d’âme.

Mais Gabriel s’interposa pour essayer de calmer un peu le jeu et la suite de questions qu’il demanda troubla assez Robert pour lui faire oublier en partie le comportement erratique de l’ange ivoirin. Pointant les quelques corps disperser non loin, il relata ce qu’il avait fait il y a les dernières minutes.

Robert- En premier on s’est fait attaquer par deux mordeurs. Ensuite la famille que nous avons tuée. Les deux femmes sont arrivées après. Tu as été chanceux que celle-ci ne t’a pas mordu, juste ton couteau tu sais. Pourquoi je les connaitrais au juste ces deux femmes?

Machinalement il se frotta l’avant-bras gauche. Endroit où sa défunte nièce avait essayé de traverser le cuir renforcé de son manteau avec ses mandibules acérées. De la tête il désigna la carcasse pêle-mêle au crâne défoncé de Sandra dans le fossé. Il fit alors que sa réponse raviva la colère dans les yeux glacés de Selene et par le fait même la sienne augmenta d’un trait. L’enseignant demanda alors de ramener les corps décomposés des deux femmes, ce qui fit tiller le colosse balafré. Alors, un sourire indulgent, compatissant se déposa sur ses traits qu’il redevenait dans la norme.

Robert- C’était des gens de votre famille c’est ça? Moi je n’avais que ma mère et elle est enterrée bien avant ça. D’accord. Vous aviez juste à me le dire avant comme ça Selene tu n’auras pas eu de peine. J’étais en train de devenir méchant tu sais.

Saisissant alors avec respect le corps de sa nièce qu’il ne reconnaissait plus, Bobby déposa le réceptacle vide d'âme de Sandra dans le haillon du camion. Pendant que l’homme qui avait ravi le cœur de sa sœur s’était éloigné, le géant traumatisé s’excusa à l’ange déchu. Il voyait la fatigue accumulée de la jeune femme aussi surement que son appendice nasal dans son visage immonde.

Robert- Je n’ai jamais eu de famille avant toi et les autres tu sais. Je pourrais tout faire pour vous. Alors, ne dis plus que je vais vous oublier. Chaque jour je vais voir Flann et son bébé et je dépose des fleurs sur leur tombe. Je leur dis un petit bonjour et je donne des nouvelles de tout le monde. Je m’ennuie d’elle. Et si tu meurs, je ferais tout pour récupérer ton corps et m’en occuper. Désolé pour Rosalie et Sandra que tu connaissais et je vais les enterrer. Toi tu dois te reposer. Tu as beaucoup fait et tu as le droit à prendre une pause aussi.

Tout en continuant à se frotter son bras endolori, le géant fit un sourire apaisant.



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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: We just need a shelter   Mar 23 Aoû 2016 - 17:03

Gabriel avait raison. Ce n’était pas la bonne méthode, mais comprenait-il qu’elle n’était pas en colère ? Pas vraiment. Elle était surtout… dépassée. Leur chalet était devenu un cimetière, leurs espoirs de trouver mieux fondaient comme neige au soleil, des étrangers se baladaient avec leur adresse sur un bout de papier et voilà que Bobby devenait amnésique. C’était trop. Pourquoi les problèmes se succédaient avant qu’elle n’ait le temps de les résoudre ? La musicienne était plus tendue que jamais, alors que l’accord avec les Passengers aurait dû lui ôter un poids.

Selene haussa les épaules pendant que l’instituteur essayait avec douceur de rappeler le géant aux derniers événements. Du plat de la main, elle essuya ses joues humides, réprimant à grand peine de nouveaux sanglots. Heureusement que les seuls témoins de sa crise de nerf étaient Gabriel et Bobby. Elle ne souhaitait pas que ses signes de faiblesses éclatent au grand jour, même s’il était certain qu’elle tirait sur la corde. Pas de vacances pour ceux qui choisissaient d’endosser son rôle, n’est-ce pas ?

C’était plus fort qu’elle. Ses yeux glaciers durent briller à nouveau de cette flamme désespérée quand le colosse rétorqua que sa sœur et sa nièce n’étaient que des rôdeurs parmi d’autres, car son petit ami l’entraîna légèrement à l’écart. Elle détestait ça. Elle adorait ça. Se sentir à la fois comme une adolescente à problème que le professeur d’autrefois aurait gentiment réprimandé ; mais aussi de voir qu’il s’adressait à elle comme une égale, comme une « femme ». Qu’est-ce qu’il était doué comme partenaire attentionné… à côté, elle était vraiment nulle. La pianiste hocha la tête, sans le regarder, jusqu’à ce qu’il pose une main sur sa joue. Là, elle lui offrit son regard clair.

Quel sourire… l’étudiante se sentit immédiatement mieux. Après son baiser volé, elle murmura un « oui » et retourna auprès du géant. Désormais, elle pouvait supporter son discours insensé et laisser entendre qu’effectivement, Sandra et Rosalie étaient de sa famille. Sa détresse s’apaisait légèrement, laissant un sillage douloureux dans sa poitrine. D’ailleurs, ses pensées revenaient déjà vers des éléments plus terre-à-terre et voir le géant frotter obstinément son bras lui évoqua une image dans un flash :

- Mer-Bobby ! Fais voir !

Ignorant plus ou moins sa réplique sur le fait qu’elle devait se reposer, Selene le força à retrousser la manche de son manteau de cuir jusqu’à dévoiler l’hématome qui marquait sa peau épaisse. On distinguait suffisamment clairement la forme du bleu pour que la jeune femme pâlisse en inspectant doucement le membre de son ami.

- Elle t’a mordu… tu n’as rien ailleurs, tu es sûr ?!

Visiblement, pas d’écorchure, pas de sang, le kevlar avait bloqué les crocs de la charogne. Ça lui faisait tout drôle pourtant, de se dire qu’à ce jour, si la chance – ou leur équipement - ne s’en était pas mêlé, le colosse aurait été condamné. Par sa famille qui plus est. Bien que d’une taille dérisoire par rapport à lui, la musicienne insista pour inspecter Bobby de haut en bas. Epaules, flanc, bras, cuisses, mollets… il était bien capable d’avoir été blessé et de ne rien dire, alors elle prenait les devants. Ce ne fut qu’une fois complètement rassurée sur l’état du géant qu’elle reprit son arbalète et suggéra posément :

- Bon… vous pouvez charger les filles dans la voiture, et on y va ? Vu de l’extérieur, cette maison a vraiment l’air bien. Peut-être un peu petite pour 8, mais on ne peut pas passer à côté.

Déterminée, elle écarta de son visage une mèche de cheveux obstinément rebelle. La pianiste se sentait déjà diminuée pourtant, éprouvée par les émotions des vingt dernières minutes ; mais ils ne pouvaient pas bêtement faire marche arrière. Leur salut était peut-être juste ici, à portée de main… ce serait une belle récompense après le sinistre épisode qu’ils venaient de traverser.


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Gabriel Fowler
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MessageSujet: Re: We just need a shelter   Sam 27 Aoû 2016 - 18:13

Revenant vers Bobby et Selene, le cadavre dans les bras, il fut heureux de constater que Selene ne s’énervait plus contre le géant. Il déposa le corps sans vie à côté du premier que Bobby avait déjà chargé. Comment allait-il lui faire recouvrer la mémoire ? Était-ce seulement possible ? Il n'en savait rien. Mais il ferait tout son possible pour arranger les choses. Ils devaient tous tant au géant que c'était bien la moindre des choses.

« Bon. Il ne nous reste plus qu'à explorer cette maison... ce phare... enfin cet endroit quoi. »
Alors que chacun commençait à se diriger vers la bâtisse, Gabriel s'approcha de Selene et lui murmura à l'oreille :
« Merci. On va lui rendre la mémoire. Ne t'en fais pas pour ça. Tôt ou tard, ça lui reviendra. »
Une mèche venait de faire irruption devant le nez de la pianiste. Amusé, il la lui replaça derrière l'oreille tout en marchant puis il lui attrapa la main pour y déposer un baiser sur le dos. Oui, il le guériraient.

Alors qu'ils approchaient de ce qui semblait être l'entrée de la maison-phare, un mouvement attira son regard sur sa droite. Dans les broussailles, un morceau de papier semblait se débattre avec quelques ronces pour essayer de s'envoler en suivant la brise. Ce n'était sans doute rien mais Gabriel le ramassa tout de même. Lorsqu'il aperçut les visages de Sandra et de Rosalie, il fronça les sourcils sans vraiment comprendre comment leur photo avait bien put se retrouver là. Puis l'évidence lui apparut. Bobby avait négligemment laissé tombé la photo. Ne se souvenant pas d'elles, il n'avait plus aucun intérêt à prendre soin de cette photographie. En quoi le visage de deux inconnues auraient-ils put lui tenir à cœur ? C'était à la fois triste et révoltant. Il aurait put conserver la photo mais la mieux placer pour la lui rendre lorsqu'il en aurait besoin, c'était Selene.

Rattrapant la jeune femme, il lui attrapa la main et, alors qu'ils étaient arrivé devant la porte d'entrée du phare, il lui glissa la photo entre les doigts.
« Tu lui rendra en temps voulu. Il a dû la faire tomber. »
Attendant qu'elle range la photo en lui sûr, il prépara son couteau. Il se dirigea ensuite devant la porte et y donna plusieurs coups, faisant ainsi assez de bruit pour que les éventuels cadavres à l'intérieur l'entendent et rappliquent. Il attendit ce qui lui parut être un temps suffisant puis il essaya de clancher la porte. Elle était fermée à clé. Se souvenant que Selene lui avait confié un trousseau de clé, il le sortit de la poche où il l'avait rangé pour pouvoir porter le corps de Rosalie, puis il chercha parmi les quelques clés du trousseau celle qui pourrait correspondre à la porte. Il y en avait deux qui pouvaient aller.
Il en essaya une. Évidemment, ce n'était pas la bonne... La deuxième en revanche tourna sans difficulté et la porte s'ouvrit.
« Bingo. »
Se tournant vers Selene et Bobby, il s'assura qu'ils étaient prêts. Puis il ouvrit en grand le battant.

Face à eux, tout semblait calme et en bon ordre. Si quelqu'un avait vécu ici, il était parti avant que l'épidémie ne rende les gens fous. Il y avait une porte sur leur droite et une autre sur leur gauche. Et en face, une sorte d'arche laissait entrevoir un escalier en colimaçon qui montait dans un sens et descendait dans l'autre. Certainement un accès au phare. Drôle de configuration en tout cas.

Avançant avec prudence il consulta les autres du regard puis il hurla un bon coup :
« EH OH ! Y A QUELQU'UN ? »
Il attendit quelques instants en silence. Des sortes de raclements se firent entendre sous leurs pieds. Il devait y en avoir un au sous-sol. Mais dans le reste de leur étage c'était le silence absolu.
« On s'en occupe maintenant ou on explore d'abord cet étage ? Je ne pense pas qu'il puisse monter le colimaçon. On a rien à craindre de lui pour l'instant. »


Petit rappel de la configuration des lieux:
 


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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: We just need a shelter   Mer 31 Aoû 2016 - 6:10


Le colosse balafré frotta son avant-bras endoloris. La goule avait mordu de toutes la forces de ses mandibules gorgées de virus cannibalisme. Mais la résistance du cuir combiné à la dureté du kevlar avait empêcher l'ange d'ivoire et l'enseignant de gérer une aberration morte-vivante de plus que deux mètres et ayant la corpulence d'une petite colline en mouvement. Mais ce mouvement anodin fut des plus révélateur pour la pianiste. Sans avoir l'accord du géant ayant subi sans le savoir un choc post-traumatique, les mains graciles et aux doigts d'artistes commencèrent à essayer de se faufiler vers la source de la démangeaison de Robert. Le manteau étant trop ajusté, elle leva des yeux implorants vers l'erreur de la nature. Des orbes ayant la pureté du glacier déstabilisèrent facilement celui qui se considérait comme un frère pour la musicienne. Soupirant tout doucement, le goliath enleva sa veste de cuir et l'hécatombe bleuté se dévoila au grand jour. Le regard détacher de Bobby, comme si une blessure sur son corps laid et repoussant était d'un ennuie mortelle, suivit l'inspection sommaire de l'ange déchu. Quand elle eut fini de palper le corps aux muscles puissants et disproportionner, le golem de chair remit son manteau. Après sa voix rocailleuse, où la bonté et la gentillesse habituelle semblaient s'être éteint en même temps que ses souvenirs pour sa famille trépassée, s'éleva de sa gorge monstrueuse.

Robert- Tu vois? Pas de bobo. Je devrais aller trouver d'autres vêtements comme j'ai pour ceux qui sortent. Au moins c'est moi qui a été mordu pas Gabriel.

Le colosse balafré suivi le couple juste au phare sans dire un autre mot. Sans avoir aucune expression sur son visage aux traits torturer et atypiques. Les yeux océaniques de  l'homme difforme ne faisaient que passer d'un point à l'autre, toujours alerte et en mouvement pour protéger les deux êtres devant lui. Quand la porte fut ouverte, donnant accès à un intérieur où l'humidité était presque suffocante, le géant à l'armure de chair rapiécé regarda les manœuvres de l'enseignant. Mais aussitôt que le couple fit mine d'entrer, la gargouille à peine sculpter dans le granit déposa sa main immense et rugueuse sur l'épaule de l'homme. Fermement, mais avec attention, il le repoussa en arrière pour faire un rempart de son corps hideux au possible danger dans la pièce. Écoutant de son oreille amoindrit les observations de l'être qui avait capturé le cœur de sa sœur d'âme, la tête en forme d'œuf acquiesça lentement.

Robert- Ça gratte comme un rat qui cours sur une poutre comme dans la mine. Si ça grogne on va le savoir. Je m'occupe du côté gauche ok?

Dégainant un tournevis à tête plat de sa ceinture à outils le pas pesant et gauche de l'homme le porta vers la première porte entrouverte. Mais avant de pénétrer dans la petite pièce, le regard bleuté devenu terne du golem de chair croisa ceux des deux amoureux. Le visage dur et la voix tranchante n'était qu'un aperçu de la détermination et de l'intransigeance qui semblait habiter cet homme doté d'une si merveilleuse humanité.

Robert- Si je me fais mordre, je vais juste m'assurer que ma famille soit en sécurité avant de me tuer. Si je ne suis pas capable de le faire, vous pourrez le faire pour moi? Je ne pourrais jamais vous faire le moindre mal et je ne veux pas revenir en une chose pour essayer de vous en faire.

Le colosse balafré allait inspecter chaque pièce, ouvrir chaque placard et regarder sous chaque lit pour éviter qu'un croquemitaine macabre ne jaillisse comme un diable en boîte.



Perdre les gens qu'on aime vous affecte en profondeur. La douleur est ensevelie dans votre corps, votre âme et votre cœur. Et en résulte alors un énorme gouffre de souffrance et de douleur. Ce gouffre peut transformer un être de lumière en ténèbres...
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MessageSujet: Re: We just need a shelter   Aujourd'hui à 19:24

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We just need a shelter

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