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 We just need a shelter

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Selene Sweetnam
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MessageSujet: We just need a shelter   Mar 12 Juil 2016 - 23:04

Tala Point, la petite péninsule qui les avait finalement attirés. A force d’éviter les zones trop urbaines, les terrains trop exposés, les routes infestées, et les quartiers étouffés par la végétation, le Four Runner s’était rabattu sur la route E. Ludlow Ridge. C’était un peu leur itinéraire de la dernière chance : dans un rayon de quinze minutes autour de la ferme Wheeler, ils n’avaient rien trouvé jusqu’à maintenant. Rien de vivable durablement en tout cas.

Il faisait chaud. Selene conduisait vitre ouverte, laissant le vent s’engouffrer dans l’habitacle et entraîner ses cheveux châtains dans une danse désordonnée. Ses sourcils étaient légèrement froncés, lui donnant des airs d’enfant concentrée. Épier un sentier praticable, déceler l’entrée d’une propriété, surveiller que les rôdeurs ne les surprenaient pas… la conduite dans un environnement pareil était une source intense de crispation.

- Qu’est-ce que vous pensez de celle-là ? Demanda-t-elle en s’arrêtant devant la clôture d’un pavillon de campagne.

Le petit muret était terne, fendu à certains endroits, et le vernis sur les lames de bois qui le surmontaient s’écaillait. A travers les espaces entre chacune d’elle, on distinguait les contours de la maison, quelques arbustes émancipés de la main humaine, la silhouette famélique d’une balançoire, et une ou deux ombres étranges qui se mouvaient paresseusement. La jeune femme coupa le contact et descendit de la voiture, après avoir récupéré son arbalète sur le siège arrière. En s’approchant précautionneusement du portail, elle s’aperçut d’un détail qui glaça immédiatement ses espoirs. Ses poignées étaient enchaînées avec ce qui ressemblait à un épais fil de fer, et une pancarte badigeonnée de peinture à la va-vite était suspendue :  

« N’ouvrez-pas. Morts piégés à l’intérieur. »

La musicienne se tourna alors vers ses acolytes. Croiser le regard de Gabriel adoucit immédiatement la contrariété qui marquait ses traits opalins. La fatigue par contre, était plus difficile à faire oublier. Ça faisait déjà une bonne dizaines de jours qu’ils étaient en quête d’un autre lieu de résidence, en vain. Chacune de ces expéditions d’exploration était extrêmement dangereuse, parce qu’ils étaient généralement en terrain totalement inconnu. Selene était heureuse de voir le professeur l’accompagner, mais elle ne savait jamais si c’était pour passer du temps avec lui, ou pour se dire que si elle mourait, il serait la dernière personne qu’elle avait vu. Dans tous les cas, c’était égoïste.

- On est pas assez nombreux pour tenter un nettoyage, reconnut-elle avec dépit, vous voulez qu’on suive la route dans quelle direction maintenant ?

Ses yeux bleus allaient de Gabriel à Bobby, tellement absorbés qu’ils ne virent pas, dans l’angle mort, une silhouette s’approcher et tendre la main pour l’attraper. Le grognement et le choc contre la palissade la fit sursauter. La pianiste pivota d’un bond, le cœur à 100 km/h, et leva instinctivement son arme. Elle était hors d’atteinte bien sûr, mais la charogne s’obstinait, forçant tellement entre les lames de la palissade que sa chair putréfié de son visage se décrochait millimètre par millimètre. L’étudiante fixa quelques secondes la main bloquée à une cinquantaine de centimètres de son nez puis, estimant que le cadavre n’était vraiment pas un danger, l’ignora en reportant son attention à ses complices :

- Donc ? On va par où ?


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Gabriel Fowler
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MessageSujet: Re: We just need a shelter   Mer 13 Juil 2016 - 18:46

Ils étaient finalement partis à trois en quête de leur nouveau foyer. La tache ne serait pas aisée, mais ils ne pouvaient pas se permettre de rentrer bredouilles. Le groupe comptait sur eux. Et l'accord que Selene avait réussi à passer avec cet autre groupe était du véritable pain béni au vu de leur situation. Alors se rapprocher d'eux... S'ils respectaient leur parole, ils seraient beaucoup plus fort en étant proches de leurs nouveaux alliés qu'en vivant à une heure de route.

Assis côté passager, Gabriel essayait de se concentrer sur la route, se laissant parfois distraire par l'ondulation hypnotique des cheveux de la pianiste. Alors qu'elle conduisait, il avait tout le loisir de l'observer du coin de l’œil. Il avait encore parfois du mal à réaliser sa chance. Avec l'apocalypse, quelles étaient les chances de trouver une personne pour laquelle on éprouve de si forts sentiments et, qui plus est, qui vous aime en retour ? Autant dire quasiment aucune. Aussi, il souriait sans même s'en rendre compte à chaque fois que son regard dérivait sur son doux visage.

Lorsqu'ils s'arrêtèrent enfin après un trajet qui avait paru interminable, Gabriel fit une moue dubitative devant le pavillon que Selene leur désignait.
« Si on aime le genre vieillot et ringard, pourquoi pas. D'un autre côté, on ne peut pas tellement faire les difficiles... »
Descendant de la voiture à la suite de la jeune femme, il aperçu la pancarte peu après elle. Voila qui réglait la question. Avec l'aide de Bobby, ils pourraient venir à bout de quelques putréfiés... mais au vu de la taille de la maison, il était plus probable qu'un grand nombre y soit séquestré. Et ils ne pouvaient pas se permettre de prendre des risques inutiles. Alors que Selene se tournait vers lui, il lui adressa un pauvre sourire désolé qui signifiait qu'ils trouveraient mieux ailleurs. Au ton de sa voix, il devina qu'elle commençait à désespérer de trouver un nouvel abris pour le groupe. Lui-même commençait à se demander s'ils trouveraient leur bonheur...

En pleine réflexion, il sursauta lorsque le corps en décomposition heurta la barrière. Portant immédiatement la main à son pistolet, il dégaina, prêt à appuyer sur la détente. Mais il baissa rapidement le bras en se rendant compte qu'il n'y avait pas vraiment de danger. Gardant l'arme à feu en main, il posa sa main libre sur l'épaule de Selene pour la rasséréner. Elle n'avait pas du le sentir car elle se retourna bien vite, revenant aux choses sérieuses. Libérant son épaule il rengaina son arme et reprit sa place côté passager.

« On a qu'à continuer tout droit. Au moins comme ça on ne risque pas de se perdre. Je t'ai déjà dit que j'avais un très mauvais sens de l'orientation ? »
C'était vrai... Si Selene n'avait pas été au volant, il aurait été bien incapable de les ramener à bon port simplement à l'aide de la carte. Il ne savait pas lire un plan et ne savait jamais dans quel sens le tenir par rapport à la route. Ils ne devraient pas compter sur lui pour décider du chemin à prendre. Mais de toute façon, ce n'était pas comme s'ils avaient vraiment le choix... Il n'y avait plus beaucoup d'endroits qu'ils n'avaient pas encore exploré dans le coin.

Une fois que la décision fut prise, ils se remirent en route. L'espoir de trouver un nouveau refuge s'amenuisait à mesure que la route défilait devant eux. Puis, au détour d'une légère courbe, Gabriel posa vivement sa main sur la cuisse de Selene en s'écriant :
« Stop ! Arrête-toi ! »
Il ne s'était pas vraiment rendu compte de son geste familier et déjà il retirait sa main pour désigner du doigt une maison quelque peu singulière, légèrement en contrebas d'une pente douce envahie de broussailles. Il avait failli ne pas la voir, il avait seulement distingué la pointe de ce qui semblait être un phare. Se tournant vers Bobby puis vers Selene, il leur adressa à tout deux un sourire joyeux.
« On tente le coup ? »
Qu'avaient-ils à perdre de toute façon ? Absolument rien.


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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: We just need a shelter   Jeu 14 Juil 2016 - 6:19

Le géant était assis sagement à l'arrière de la voiture. Son regard océanique se laissa captiver par les paysage féerique qui se mouvaient lentement au gré des mouvements erratique du camion. Quelquefois une ombre chancelante gâchait la vue lyrique du colosse balafré, troublant rappel à tous les survivants qu'importe soit leur lieu de leur refuge les abominations les trouveraient tôt ou tard. Dès que le lieu sera choisi par les gens pouvant réfléchir plus loin que le simplet, même les chiens devaient être plus intelligents que lui en fait, Robert passera tout le temps humainement possible à construire des remparts. Pour protéger sa famille d'adoption, les seuls gens capables d'endurer jour après jour un résidu d'homme comme lui. Mais les longues balades en voiture n'étaient jamais bénéfiques pour la créature tourmenter. Ça laissait trop de temps à son esprit lent et pathétique de se disperser aux quatre coin de l'étendue désertique qui représentait son intellect limité. Le monstre de foire ne pouvait s'arrêter de penser au visage si paisible mais glaciale de Flann. Les remords d'avoir survécus hantaient les nuits mouvementées du mineur. Il aurait dû se lever pour accompagner les anges à l'extérieur. Le jugement divin aurait dû lui tomber dessus. Le golem de chair n'apportait rien de bon aux autres. La rousse gérait la maison et allait donner naissance à un miracle de la vie. Si le mastodonte sanctifier avait dormir plus de douze heures depuis la chute dans le néant de la mort de son amie c'était un euphémisme optimiste. Une part de son âme si pure et humaine avaient accompagnés Flann lors de son dernier repos. Il songea au refus de Breann, des mots qu'elle avait employés et de la tristesse qui avait zébré d'une nouvelle cicatrice sanglante son cœur écorché par tant de désespoir. Bobby se doutait que pareil être divin ne voudrait pas s'acoquiner d'une gargouille laide et grotesque. Il n'avait pas demander à personne quoi faire, que dire. Il savait que ça allait déranger les autres membres du groupe et en particulier sa sœur de cœur. Même dans un sens Selene semblait avoir compris les lagunes flagrantes de l'homme difforme. L'ange d'ivoire ne l'emmenait plus en excursion depuis le fiasco de Brionn. Elle semblait avoir perdu toute confiance envers l'erreur de la nature et Robert n'allait pas lui en tenir rigueur. Sa présence dans le véhicule aujourd'hui devait être l'oeuvre de l'ancien professeur que de sa sœur de cœur. L'empathique créature avait compris que des doux sentiments avaient naquis entre Gabriel et la musicienne et il ne pouvait s'en réjouir. Il avait vu la complicité naître entre la pianiste et l'Irlandaise et une nouvelle fois il en était heureux. Comme cela au moment opportun le départ du monstre de Frankenstein se passera sans questionnement et sans adieu déchirant. Les gens allaient être si souder que le chaînon faible ne représentera plus rien pour eux.

Un arrêt du véhicule fit ramener le colosse endeuiller dans ce présent chaotique et sans merci. Sans un mot il sortit de la voiture. Les ressorts arrières émirent un grincement métallique comme si par ce biais ils pouvaient signer leur soulagement d'être débarrassé de ce point lourd. Il laissa comme à son habitude les gens capables d'utiliser leurs neurones s'exprimer. Les traits atypiques de l'horrible faciès était un masque d'indifférence. Toute la joie, la gentillesse et l'humanité de la bête s'étaient englouti dans les tréfonds de son âme, ne laissant transparaitre rien d'autre qu'un masque de granit lézarder de balafre qui donnait froid dans le dos. Les seules fois que le plâtre se fissurait pour laisser flotter un sourire c'était lorsque que Breann, Arun ou bien Abigail lui adressait la parole. Une goule s'approcha de la barrière et tendit les bras pathétiquement pour essayer de saisir l'ange ivoirien. Sans se soucier des autres, le mastodonte s'interposa entre la menace et sa sœur. La main glaciale, décharné et ressemblant à des ergots, de l'abomination putride glissa sans saisir le manteau de cuir du golem de chair. Un battement de cœur, une hésitation de la part du géant. Comme si une part de lui voulait se laisser agripper, se faire dévorer et enlever le fardeau de sa vie de l'échiquier de sa famille d'adoption. Il se ressaisit et violemment Robert dégaina sa lame de son fourreau à sa ceinture et perfora l'unique orbite intacte de la goule. Celle-ci poussa un soupir de frustration et de faim inassouvie et s'affaissa au sol. Le colosse essuya le tranchant de son couteau dans l'herbe haute et vit le regard glacial de Selene. Se redressant, dominant de toute sa taille le couple, le géant souleva ses épaules massives en signe de résignation. Remettant sa lame au fourreau, la pathétique créature s'exprima pour la première fois de la journée. Son ton lent et rauque, mais dont les mots semblaient être enveloppés par une douceur si simple, s'éleva dans l'air tiède de cette belle journée.

Robert- Si le méchant qui mord sort et tue quelqu'un j'aimerais pas ça… Euh… En profiter pour les tuer tous.

À cet instant l'homme qui gardait les cartes d'identités des zombies tuer pour les remettre à leur famille n'existait plus. Il n'avait qu'un être à la carapace disproportionner et dur comme la pierre qui ne tuait machinalement, comme un automate qui répétait les mêmes actions jours après jours. Suivant le conseil de Gabriel, il se rassit dans le camion. Le moteur reprit vie et le regard maintenant froid comme un glaçon et débordant de mélancolie de la bête se positionna vers l'horizon. Son état lunatique le replongea dans les abîmes de sa propre réflexion. Un nouvel arrêt lui fit manquer les événements dans le véhicule et machinalement il ouvrit sa portière. Dépliant sa grande silhouette, Robert fit quelques pas gigantisme et il se plaça près de l'homme enthousiasme. Le monstre vit alors les lieux et pour la première fois de la journée un mince sourire effleura ses lèvres exsangues. Un espoir et une volonté nouvelle émergea des mers bleues de ses pupilles autrefois mornes et sans vie. Déposant sa main immense et rugueuse sur l'épaule de Gabriel, le géant murmura doucement quelques phrases tirer de son passé lorsqu'il avait déambuler seul à la recherche de la mort. Ces longues semaines où le chagrin et le remord de ne pas avoir été là pour Sandra et Rosalie lui perforait chaque centimètre de son corps.

Robert- La hauteur c'est la sécurité. Il faut voir arriver les méchants… Euh… J'aime le rouge aussi. Moi je peux y aller et voir si tout est ok pour vous… Euh… Si vous voulez.

Encore une fois il se proposa pour aller à l'avant sans aucune garantie de retour. Bobby savait que les deux êtres divins qui l'accompagnaient étaient utiles pour le groupe de survivants. Lui n'était qu'un bouclier de chair utile et des bras sans tête pour accomplir les travaux sans rechigner. Et le calme de l'océan en arrière-plan du phare l'apaisait énormément pour une des premières fois depuis le départ de Flann…



Perdre les gens qu'on aime vous affecte en profondeur. La douleur est ensevelie dans votre corps, votre âme et votre cœur. Et en résulte alors un énorme gouffre de souffrance et de douleur. Ce gouffre peut transformer un être de lumière en ténèbres...
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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: We just need a shelter   Jeu 14 Juil 2016 - 9:16

Gabriel également avait ignoré le monstre qui essayait vainement de l’attraper mais Bobby était venu, sans un mot, et l’avait achevé. Selene l’observa longuement, sa mine fermée, sa voix lente, ses gestes d’automate. Depuis quelques temps, il n’était plus le même, elle le sentait. Elle n’avait pas osé lui parler, parce qu’elle aurait aimé que la douleur s’atténue avant d’aborder un sujet difficile. Mais en vérité… elle ne s’était simplement pas donné le temps. Depuis la mort de Flann, la jeune femme s’était concentrée sur son propre bien-être, et sur les plans d’avenir… une échappatoire qui lui permettait de ne plus voir les fantômes en face. Comme ces spectres qui rongeaient peu à peu l’âme du géant. Le cœur serrée par une tristesse empathique, la musicienne suivi son ami des yeux avant de répondre à Gabriel :

- Tu me l’as dit oui, c’est bien pour ça que je ne te laisse pas sortir seul.

Et aussi parce qu’elle avait peur de le perdre tiens ! Elle lui sourit timidement, encore affectée par l’état du colosse, et reprit place dans la voiture. Dans un sens, la pianiste sentait que c’était une bonne idée de lui avoir proposé de venir. Ça faisait bien longtemps qu’ils n’étaient pas partis ensembles… sans doute depuis que l’irlandaise se sentait capable d’aller en expédition. Selene et Bobby, c’était un duo efficace, rien à redire ; mais Selene et Abigail, c’était fusionnelle. L’étudiante n’osait pas se l’avouer mais avec son « grand frère », demeurait cette impression de devoir, parfois, le surveiller, comme un enfant. Alors que la blondinette était une extension de son esprit… en plus incontrôlable même. Mais aujourd’hui, ils avaient choisi le colosse – plutôt que l’étudiante – pour qu’il arrête de se morfondre en silence et de noyer sa peine dans la sueur du travail fermier.

Dans la voiture qui roulait sous les assauts de la chaleur estivale, la musicienne se rongeait machinalement l’ongle du pouce gauche. « Et s’ils ne trouvaient rien ? » cette unique question la hantait comme un mauvais rêve. « Et s’ils ne trouvaient rien ? ». Elle réalisa alors la chance inouïe qu’elle avait eu que son ami trouve un refuge fonctionnel en pleine forêt. Après son errance difficile dans Seattle, la pianiste n’avait pas eu à chercher un abri, dans une course de fond avec le désespoir, comme le groupe de Hope par exemple. Elle n’avait eu qu’à trouver le chemin. Le chemin vers un havre de paix servi sur un plateau. C’était trop facile, voilà pourquoi le destin avait décidé de les chasser de leur nid en les traumatisant…

Selene sursauta et pila quand Gabriel lui demanda soudain de s’arrêter. Il lui avait fait peur ! Elle songeait déjà à une armée de charognes fondant sur leur voiture, mais c’était tout autre chose que son aîné lui désignait. Déjà habituée à leur relation, elle ne releva même pas la présence de la main sur sa cuisse – au contraire, elle l’aimait – et se pencha légèrement pour distinguer la pointe du phare. Bobby était déjà dehors et fit une observation plus que convaincante : la hauteur serait à leur avantage.

- Ça a l’air bien oui, commenta-t-elle avec réserve, on va voir ce que ça donne.

L’étudiante coupa le moteur et descendit souplement pour s’offrir une vision d’ensemble. Pas d’habitations autour, arbres clairsemés, une voie accessible pour les voitures. Un clapotis régulier lui parvenait, le choc paisible des vagues sur les rochers. Elle ne voyait pas l’océan, mais le devinait au son, et à l’odeur si particulière des embruns.

- L’extérieur promet en tout cas. Il y a un escalier et une clotûre, non ? Elle fronça les sourcils pour ajuster sa vision. Difficile à dire à cette distance, ça ralentirait les mordeurs en cas d’attaque… on va tous aller jeter un œil Bobby, on assure tes arrières !

La jeune femme avait voulu adopter un ton léger, décocha même un sourire, mais craignait de ne pas réussir à le dérider. Dans tous les cas, plusieurs grognements causèrent la chute de la commissure de ses lèvres pâles. Selene blêmit en se retournant vers l’origine de ces raclements cadavériques. Des morts, bien sûr. Ils n’étaient pas nombreux mais visiblement, ils étaient en balade dans le coin et s’offriraient volontiers un casse-croute. Les yeux bleus de la musicienne s’abaissèrent un instant sur la vitre arrière de la voiture : son arbalète était là, docilement posée sur le siège.

- Et merde, grogna-t-elle en dédaignant son couteau de chasse.

Le corps à corps était toujours bien plus angoissant. Dans la ronde qui s’instaura grossièrement, un rôdeur avait choisi la pianiste pour cible. C’était un type assez grand, plutôt bien bâti de son vivant. Aujourd’hui, sa peau était verdâtre, il lui manquait un œil et ses muscles putréfiés pendaient lourdement sur ses os. L’étudiante voulut l’attirer, comme elle le faisait généralement, pour l’amener dans une position ou elle pourrait l’achever avec précision, mais c’était sans compter les pierres qui jalonnaient la chaussée.

Quand elle vit le monde basculer, il était déjà trop tard. Son dos heurta durement le sol, ses coudes s’écorchèrent, la douleur lui vrilla les membres. Le macchabé claudiqua gauchement jusqu’à elle et se laissa tomber tout aussi maladroitement. En désespoir de cause, Selene avait levé son couteau, espérant qu’il s’empalerait dans sa chute, mais la lame s’était enfoncée dans la chair molle du cou. Impossible de la retirer, parce qu’elle devait désormais lutter de toutes ses forces pour tenir la mâchoire décharnée à distance. Son adversaire était trop lourd, trop fort. Ses bras lui faisaient mal, sa respiration se coupait, et elle avait beau gesticuler, la chimère s’agrippait. Ses dents n’étaient plus qu’à une dizaine de centimètres de son œil, ce n’était qu’une question de secondes avant qu’elle ne cède.

- GABRIEL !! hurla-t-elle en désespoir de cause alors que la sensation d’une main qui se refermait sur son pied lui glaçait le sang.


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Gabriel Fowler
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MessageSujet: Re: We just need a shelter   Jeu 14 Juil 2016 - 10:05

Alors qu'il était en pleine contemplation de cette étrange bâtisse qui ne semblait posséder que des avantages, Gabriel leva les yeux au ciel lorsque Bobby proposa d'y aller seul en éclaireur. Cet indécrottable martyre voulait encore une fois risquer sa vie pour épargner celle des autres. Gabriel ne savait plus quoi faire pour lui redonner un peu d'estime. Il n'avait pas laissé tombé cela dit et jour après jour il le lui rabâcherait. Ça finirait bien par entrer dans sa grosse tête pas si vide que ça.

Mais Selene le devança et proposa qu'ils y aillent tous. Il ne put cependant pas s'empêcher d'ajouter :
« On ne va pas prendre des risques inutiles. On sera plus efficaces ensembles. »
Adressant un sourire chaleureux au géant, il espérait que son cœur finirait par ne plus saigner en permanence. La vie avait été plus que cruelle avec lui et il ne cessait de s'auto-flageler.

Et comme si ça ne suffisait pas, voilà que les monstres s'invitaient au rendez-vous. Dégainant d'abord son arme à feu, il le remit rapidement en place. Il ne savait toujours pas viser et à cette distance, le couteau serait plus efficace et bien moins bruyant. Inutile d'en attirer d'autres.
« Ils en ont pas marre de toujours tout gâcher ceux-là ? »
Couteau en main, il s’apprêta à réceptionner celui qui était le plus proche de lui. Gabriel en comptait trois d'un côté et deux autres qui se dirigeaient vers Bobby. Du coin de l’œil, il vit Selene qui était prête également. Se concentrant sur la femme décharnée qui se jetait sur lui, il l'attrapa à la gorge pour la stabiliser et ne pas se faire mordre. Il allait lui planter sa lame dans le crâne lorsqu'il vit la silhouette de sa dulcinée se ramasser douloureusement sur le sol, le cadavre ambulant qui l'attaquait se jetant à sa suite. Déstabilisé, il sentit les doigts avides de la femme morte agripper puissamment ses bras sur le tissu. La douleur de cet étau lui fit serrer les mâchoires. Il venait également de laisser tomber sa lame sur le sol et n'avait désormais plus rien pour abattre le monstre.

Soudain, le cri de Selene lui déchira les tympans. Son cœur avait loupé un battement, complètement affolé. Rassemblant ses forces, il repoussa le cadavre de la femme le plus loin possible d'un puissant coup de pied. Bobby était trop loin pour venir en aide à Selene, lui-même aux prises de deux monstres. Sous la poussée, la femme avait basculé en arrière. Le temps qu'elle parvienne à se relever, Gabriel avait récupéré son couteau et venait de se jeter littéralement sur le putréfié qui tentait de dévorer la pianiste en poussant un cri de rage meurtrière. Avec l'élan, il bascula sur le côté avec le monstre dans un roulé boulé qui le fit se retrouver sur le dos, le monstre penché au dessus de lui. Voila qui était fâcheux. Mais au moins Selene avait récupéré son couteau.

À l'aide d'un astucieux jeu de jambe, il inversa la tendance et parvint à se placer au dessus du cadavre dans le crâne duquel il enfonça sa lame jusqu'à la poignée. Remerciant silencieusement Seth pour leurs séances de bagarres entre frères – c'était lui qui lui avait ce coup là – il se releva prestement pour achever la femme cadavérique qui avait à présent jeté son dévolu sur Selene. Lui attrapant la tignasse sans ménagement, il lui tira la tête en arrière alors qu'elle poussait un râle pathétique, puis sa lame lui traversa le crâne. Il récupéra son couteau et s'assura que le troisième, celui qui avait agrippé les chevilles de la pianiste, était bien mort lui aussi. De son côté, Bobby semblait s'en être sortit également.

Essoufflé, essayant de calmer la rage qui s'était emparé de lui, il s'approcha de Selene et l'enserra de ses bras un peu tremblants. Alors que sa colère diminuait, il sentait la peur se faire une place dans son esprit et il se serra un peu plus contre elle, ne voulant pas se demander si elle avait eu le temps de se faire mordre. Il ne voulait pas penser à cette éventualité. C'était impensable. Il refusait de revivre ça. Pas encore. Pas avec elle.

La libérant doucement de son étreinte, il lui posa une main sur la joue.
« Tout va bien ? » demanda t-il fébrilement, craignant la réponse qui allait suivre.
Dans son autre main, le couteau dégoulinait encore des fluides cérébraux coagulés des deux putréfiés qu'il venait d'achever. Souvent, lorsqu'il devait tuer ces monstres, il avait un petit pincement au cœur en pensant qu'ils avaient été des personnes bien vivantes à une époque. Mais aujourd'hui, il n'avait pas eu la moindre pitié. Il n'avait pas réussi à voir en eux leur ancienne humanité. Ils n'avaient été que des abominations meurtrières qu'il fallait éliminer à tout prix.
Du coin de l’œil, il s'avisa que Bobby était toujours sur pied. Il avait dû avoir très peur lui aussi pour la vie de la musicienne. Gabriel savait très bien ce qu'elle était à ses yeux. Elle était comme sa sœur... Et il ne savait que trop bien ce que cela faisait de perdre une sœur.


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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: We just need a shelter   Jeu 14 Juil 2016 - 14:14

Le colosse devenait tout doucement ce dont les gens l’avaient appeler toute sa vie. Un monstre aux muscles disproportionné doublé d’une lenteur d’apprentissage et d’une inaptitude à sociabiliser. Depuis le rejet de Breann, depuis la fin abrupte de Flann, la lie de l’humanité s’était refermée sur lui-même. Quelques fois un sourire s’égarait sur ses lèvres exsangues, un souvenir de plus en plus effacé de son innocence perdue. Il sentait de plus en plus une ombre gagner du terrain sur la luminosité de son âme si pure et humaine. Une abomination qui dévorait doucement sa gentillesse et sa bonté. Il voulait tout laisser tomber, se laisser dévorer en pâture à ces créatures pas tout à fait morte, ni vivante. Il aurait tellement parlé à quelqu’un de tout ce qui le ronger à l’intérieur, mais chacun des membres de la faction étaient occuper par ses propres problèmes. Breann remontait le moral d'Arun et d’Aorie comme l’être divin et de lumière qu’elle était. Selene passait beaucoup de temps avec Abigail et Gabriel. Même si ce dernier semblait vouloir lui parler, l’esprit fuyant du géant tourmenter ne l’écoutait qu’à moitié. Et au bout de quelques instants immanquablement la pianiste venait rejoindre l’homme qui avait conquis son cœur. Sans un mot pour ne pas déranger les tourtereaux le golem de chair rafistolé reprenait le chemin de ses corvées et de ses pensées. Harold s’amusait à faire rire la journaliste et se rapprochait de plus en plus. Chaque fois qu’il entendait leurs éclats de rire, une nouvelle lame acérée poignardait le cœur en lambeaux de la bête. Des gémissements le sortirent alors de sa contemplation des eaux calmes de l’océan et de son désespoir intérieur. Juste avant ce chœur sinistre des damnés, l’ouïe amoindrie de Robert avait capté qu’il sera le fer de lance de l’exploration. Ce qu’il désirait ardemment.

Il ne sortit aucunement arme pour accueillir la charge maladroite de deux fermiers putréfier par le virus. Donnant un puissant coup de talon dans la cage thoracique du premier à la salopette couverte d’immondice sécher pour lui laisser la voie de libre, Robert décrocha un coup de poing magistral au second. Ses phalanges gantées disloquèrent la mâchoire d’outre-tombe pendant que le second chuta lamentable les quatre fers en l’air, le goliath attrapa les vêtements poisseux de sang sécher pour le coucher au sol. Une joie malsaine s’était affichée sur l’horrible faciès balafré de Bobby. Comme si la proximité de la mort le faisait se raccrocher à la vie, que la fureur du combat libérait sa haine et sa rage contenue par tant d’années de servitude. Se servant du bitume comme d’une arme improvisée, Robert saisit la tête de la mort ricaneuse à deux mains pour la frapper avec furie sur le sol asphalté. Après deux écrasements sans piété, la force colossale du géant difforme eut raison de la boite crânienne de la monstruosité et celle-ci laissa sa matière grise se répandre sur le sol. Se relevant doucement, son attention tout tourner vers son adversaire qui rampait maintenant vers la bête, les muscles du colosse se figèrent de frayeur. Sa sœur appelait Gabriel à l’aide, allongée sur le sol en train de se battre pour sa vie. La frénésie sanguinaire du monstre de foire l’avait éloigné du couple et il ne pourrait jamais se rendre à temps. Serrant les dents à s’en faire sauter l’émail dessus, il ne put que regarder impuissant le sauvetage de l’ange Gabriel fit. Il arracher littéralement la pianiste de la morsure mortelle du zombie. Un grognement se fit entendre tout près de lui. Le fermier s’était relevé de peine et de misère et son haleine fétide agressa l’odorat de Bobby. Un peu comme si une fosse septique dont les résidus d’un abattoir venaient de surgir brusquement l’air libre. Les yeux larmoyants à cause de la puanteur, le premier réflexe de l’homme fut de plonger sa main dans la gueule ouverte de la mort pour la repousser. La goule referma aussitôt ses mâchoires. Mais aucune douleur ne semblait atteindre l’être de rage qu’était devenu Robert.

Heureusement pour le simplet, son gant renforcé de motard le sauva de la blessure fatale. Donnant un coup de boule à la marionnette contrôlez par le virus impitoyable. Le choc fut assourdissant, un peu comme un coup de tonnerre dans un ciel d’été. Le zombie chuta de nouveau vers l’arrière, mais cette fois elle fut accompagnée de sang noirâtre et de dents cariées. La force herculéenne du golem de chair, amplifié par l’adrénaline qui courait dans son corps aux muscles disproportionné, retint quelques instants la mâchoire inférieure de la goule. L’attraction terrestre, le poids inerte de l’abomination et la capacité musculaire de Robert combiné arrachèrent littéralement les derniers ligaments de chair putréfiée entourant le cartilage. L’os se déboita et la mâchoire se retrouva dans la paume gantée du sosie du monstre de Frankenstein. Singulier trophée macabre qui regarda avec une attention hébétée et un peu stupide. C’était le moment ou Gabriel jeta un regard vers la carcasse cauchemardesque du mastodonte. Il le vit jeter au sol l’os de la mâchoire et abattre plusieurs fois sa botte ferrée sur le crâne de son ennemi vaincu. Comme si c’était un exutoire pour la fureur qui semblait posséder son être. Bientôt les derniers spasmes quittèrent le corps ankylosé par tant de mois de non-vie. La tête du fermier était littéralement écrabouillée par les attaques meurtrières de Robert.

Respirant comme un Minotaure de la Grèce antique, le mortel qui avait maintenant l’apparence d’un démon des neuf enfers aspergés par le sang noirâtre de ses ennemies blasphématoires releva ses yeux bleutés vers le couple. Un soupçon d’inquiétude et de gentillesse s’extirpa des tsunamis de rage qui semblait briller dans son regard océanique habituellement si doux. Une voix tonitruante, à peine reconnaissable au ton rauque et doux que le colosse utilisait habituelle, fut projetée entre deux respirations haletantes.

Robert- Vous allez bien? Pas de bobos?

Les mots de ses compagnons d’infortune n’eurent que le temps de rassurer l’être furieux que son attention fût attirée par des mouvements à la périphérie de son œil. Un quatuor luciférien s’avançait en trainant la patte, un peu comme des promeneurs inconscients d’un autre âge. Dans l’esprit lent du colosse, il put presque voir une famille heureuse souriant à la vie. Non un cortège de goules grimaçantes et bras tendus avec une faim inassouvie dans leurs regards blanchâtres. L’homme portait un ciré jaune de marin et les êtres abominables autour de lui devaient être sa famille défunte. Au loin deux autres goules s’avançaient en titubant sur le trottoir de bois menant au phare. La distance était trop grande pour que ces dernières soient une réelle menace.



Perdre les gens qu'on aime vous affecte en profondeur. La douleur est ensevelie dans votre corps, votre âme et votre cœur. Et en résulte alors un énorme gouffre de souffrance et de douleur. Ce gouffre peut transformer un être de lumière en ténèbres...
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MessageSujet: Re: We just need a shelter   Jeu 14 Juil 2016 - 18:51

D’un mouvement vif du pied, elle s'était dégagée de l'étau, mais les dents noircies du rôdeur affalé sur elle alla jusqu’à effleurer sa peau blafarde. Ses bras tremblaient, faiblissant. Ses muscles s’engourdissaient déjà, Selene savait qu’elle ne tiendrait plus que quelques secondes. Est-ce qu’elle allait finir ainsi ? S’était-elle imaginé autre chose ? La certitude qu’ils mourraient tous était ancrée dans son subconscient et pourtant, elle aurait toujours l’impression que c’était trop tôt. Elle essaya de crier une nouvelle fois, mais ses poumons étaient tant privés d’air que seul un murmure lui échappa :

- Gabriel…

Soudain, le poids s’allégea. Son petit ami s’était jeté, héroïquement, entraînant avec lui la chimère qui s’apprêtait à la déchiqueter. La musicienne prit une grande inspiration, soulagée, mais pas encore tirée d’affaire. A ses pieds, un autre cadavre avait planté ses crocs dans sa semelle. Quand il retenterait sa chance plus haut, c’était ses orteils qu’il allait mordre. Poussant à son tour un cri pour expulser la rage, la peur, et se galvaniser, la jeune femme se redressa vivement pour enfoncer sa lame dans le crâne de son dévoreur de chaussure.

Selene haletait, le cœur battant, les membres douloureux, le corps en coton. Même pas le temps de souffler qu’une autre putréfiée, celle-là même que son petit ami avait écarté au départ, se ruait sur elle en mugissant. L’étudiante levait son couteau de chasse, prête à l’empaler, mais  le danger fut à nouveau écarté par Gabriel. Elle resta alors un moment figée dans cette position avant de se relever. Grimaçant, elle inspecta ses coudes. Plus de peur que de mal ; ils saignaient légèrement, mais les écorchures étaient très superficielles.

L’ancien professeur s’approcha pour l’enlacer, elle répondit fébrilement à cette étreinte. Il l’avait sauvée. La pianiste serra encore. C’était si bon de le sentir, de se savoir vivante, rien que pour ça… elle ne consentit à le libérer que lorsque lui-même s’éloigna. La main sur sa joue était chaude, tout le contraire de ce cadavre qui avait manqué de la défigurer. Si elle allait bien ? Sincèrement, elle avait eu la trouille, mais elle en avait vu d’autre. Alors elle sourit timidement avant de lui répondre :

- Ça va. Tu m'as... merci. Ils ne m’ont pas eu, ne t’en fais pas.

Bien entendu que Selene avait deviné la question que son petit ami n’avait pas osé poser, parce qu’elle-même essayait de déceler le moindre signe que Gabriel ait été mordu dans la bataille. Elle avait eu envie de plaisanter, juste une petite pique pour signifier que « tout était sous contrôle ». Ça lui aurait permis de rire au nez de cette frayeur, de l’exorciser, mais ce serait aussi se moquer de l’inquiétude de son sauveur.

- Tu n’as rien toi ? Se soucia-t-elle.      

Son attention fut détournée par une série de chocs répétés. C’était le colosse, s’adonnant à une véritable boucherie. Combien de fois son talon avait piétiné le crâne du rôdeur ? Sans doute beaucoup trop. La musicienne avait bien conscience qu’elle avait déjà perdu le contrôle de la sorte mais… c’était bien plus choquant vu de l’extérieur. Surtout de la part de Bobby. Est-ce que lui aussi, commençait à être dénaturé ? Quand il s’enquit de leur santé, d’une voix méconnaissable lâchée entre deux respirations, la pianiste croisa le regard de Gabriel d’un air interrogatif et répondit, la gorge sèche :

- Ça va… oh, attention !  

D’autres charognes arrivaient. Quatre très exactement. Il y en avait deux autres, pour l’instant trop loin pour être menaçantes, mais ça viendrait. Cet endroit avait visiblement du succès ! Selene ne se sentait pas de se battre au corps à corps. Ses muscles étaient engourdis, ses doigts aussi, elle ne tiendrait pas une autre lutte acharnée. Puisqu’elle avait un peu plus de temps ce coup-ci, elle bondit vers la voiture et ouvrit la porte arrière pour récupérer son arbalète. Le carreau était déjà prêt. Elle se positionna, ajusta patiemment son tir, l’œil dans le viseur. Sa flèche se ficha dans le front de la mère de cette famille morbide, mais alors les autres n’en furent que plus excités.

- Je vous couvre, dit-elle simplement en forçant sur ses bras endoloris pour tendre sa corde.

Il suffirait que son petit ami voit la lueur déterminée de ses yeux bleus pour lui faire confiance. Il devait la connaître désormais. Il était amoureux d’une guerrière, d'une amazone adaptée à ce monde où les défunts régnaient en maître. Même si elle avait failli mourir plus tôt, il en faudrait bien plus que ça pour lui couper les ailes !


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