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 Une lueur d'humanité... (P.V. Hope)

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Bobby Smith
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MessageSujet: Une lueur d'humanité... (P.V. Hope)   Lun 11 Juil 2016 - 23:16

Chanson d'ambiance:
 

La matinée était bien entamée de cette journée du mois du solstice d’été. Le colosse balafré pelletait le crottin de cheval pour le placer dans une brouette. En ces temps obscurs, tout devait servir et le fumier remplaçait à merveille les engrais chimiques pour les récoltes. Depuis quelques jours déjà le géant aux muscles disproportionné arrivait à l’aurore, même avant, pour travailler sur la ferme des Wheeler. Travailleur farouche dans l’âme, il ne crachait jamais sur aucune corvée que le patriarche du groupe lui confiait. Un jour c’était replacer les bottes de foin, l’autre jour réparer une porte qui pendouillait ou bien nourrir les animaux. Le vieil homme avait l’air satisfait de voir le dur labeur que le mineur abattait sans rien dire. Bobby quant à lui adorait ce travail simple où sa formidable silhouette combinée à sa constitution monstrueuse était un avantage au lieu d’un fardeau. Il avait toujours rêvé d’être à ce genre d’endroit, travailler la terre et s’occuper d’animaux. Être loin de la société moderne méprisante qui s’amusait à persécuter les êtres différents de leurs standards de beauté. Il se rappela de sa première journée sur le site. De sa sœur d’âme qui avait fait les présentations. Selene avait assuré de la fiabilité de l’être qui semblait pour les yeux du groupe n’être qu’un handicapé mental à la force prodigieuse. Un être sans aucune valeur. Comme à son habitude, il s’était détourné des gens pour ne pas leur faire peur ou les rendre mal à l’aise. Alors, Robert avait vu les animaux. Empathique comme il était, le mineur s’était approché sans peur d’un étalon pour caresser sa robe soyeuse. Murmurant des paroles douces et apaisantes à l’oreille du quadrupède, il avait saisi une brosse posée près de là pour étriller la fière monture. Robert Wheeler, sous ses airs sévères, avait alors décelé la nature bonne et charitable de l’être si souvent diminué. Il avait promis à la musicienne qu’il allait bien s’occuper du colosse pendant ses travaux à la ferme. À vrai dire, il ne connaissait réellement que le fermier, s’étant refermé sur lui pour ne pas déranger les autres personnes qui vivaient sur la terre agricole.

Plus souvent qu’à son tour il en faisait plus ce que les propriétaires des lieux demandaient. Timidement il avait demandé à l’homme musculeux le pourquoi que les hélices ne tournaient pas au vent. Ce dernier avait soupiré avant d’expliquer au simplet que le bruit occasionné par la crémaillère attirait les goules des environs. Robert avait juste opiné du bonnet avant de retourner travailler. Mais déjà un plan s’était formé dans son esprit lent et limité. Il connaissait ces mécanismes vu que son grand-père en avait sur sa terre forestière. Ces douces contrées où l’enfant à l’apparence ignoble qui allait devenir le monstre de foire avait appris à maitriser l’art du brassage d’alcool illégal. Après en avoir parlé avec le propriétaire des lieux, ce dernier avait souri avec douceur en écoutant les explications tortueuses de géant, Robert avait préparé son matériel. De la graisse dans un vieux gallon de peinture, quelques outils dépassant de ses poches, sa ceinture de cuir et sa volonté de bien faire. Ayant plus souvent qu’à son tour grimpé aux arbres lors de ses années à couper du bois, un soir la gargouille au faciès à peine sculpté avait entrepris d’escalader à la tour de l’éolienne. L’ancien bucheron utilisa sa ceinture comme un harnais improvisé pour lui permettre d’avoir ses deux mains de libres pour travailler. Consciencieusement, les mains rugueuses et immenses avaient démonté l’appareil pour en graisser chaque engrenage et partie mobile. Vérifiant le système électrique, il prit du ruban pour protéger des fils qui commençaient à se dénuder à cause des intempéries. Le mineur referma alors le tout et descendit de son perchoir métallique. Affichant un sourire niais, mais épanoui, il laissa monsieur Wheeler enclencher la rotation des hélices. Le grincement se fit à entendre dans l’étendue de la ferme. Laissant le clan regarder le capteur d‘énergie naturelle refaire le plein des batteries, le géant referma le pot de graisse hermétiquement et alla le ranger dans l’entrepôt. Voici un exemple parmi tant d’autres de ce que le mastodonte accomplissait sans rechigner.

Après sa journée de travail sur la ferme, il continua une partie de la nuit à faire des défenses autour du nouveau refuge de sa famille d’adoption. Le sosie du monstre de Frankenstein ne voulait pas qu’un nouveau drame se produise. Son cœur émietter ne pourrait pas se relever de perdre une nouvelle personne à qui il tenait. Ses tripes se resserrent en imaginant son angoisse et son chagrin de perdre Abi, Selene ou Breann… Ses anges qui le soutenaient malgré sa laideur et son intellect limité. Il préférait mourir à la place d’un de ses êtres de lumières. C’était pour ça que la nature lui avait donné cette formidable armure de chair rapiécée de cicatrices et cette constitution extraordinaire. Pour souffrir à la place des humains. Ne dormant que quelques heures par nuit, il continua sans relâche pour assurer un meilleur lendemain aux siens.

Mais aujourd’hui la fatigue commençait à miner les dernières réserves faramineuses du géant de fer. Après avoir nettoyé les stables de l’écurie et les box des autres animaux, Robert prit une de ses rares pauses de la journée. Il s’était assis dans un tas de foin pour essayer de confectionner des leurres à zombies. Des bouteilles de plastique avec des hélices faites avec des canettes et des pierres à l’intérieur. Juste pour faire un bruit et attirer l’attention des abominations hors de la zone de vie des vivants. Selon la topographie du terrain, Robert pouvait capter les sens désincarnés des morts-vivants pour les attirer vers des crevasses. Donc vers une chute dans une fosse et les entrainés à leur perte. Mais comme d’habitude, lors de ces temps laissés à lui-même, l’esprit du colosse balafré s’échappa de sa conscience pour tomber dans une sorte de léthargie. Un état lunatique en quelque sorte. Alors, le regard doux et paisible de la bête se transforma en océan de mélancolie et de tendresse. Des fois des souvenirs douloureux refaisaient surface. Comme la perte de son oreille à cause d’une déflagration d’une arme de poing. Ou encore l’ignoble cicatrice qui bariolait son profil droit pour le rendre encore plus monstrueux qu’avant. Au moins, l’œil droit de Bobby avait été sauvé de la lame vengeresse de quelques millimètres. Sinon il repensait à la danse qu’il avait partagée avec Breann et Selene, de la douceur des lèvres de la journaliste, des éclats de rire avec Juliane ou bien des chants avec Abigail. Aussi il songeait à sa famille rendue près de Dieu, ces anges qui avaient guidé sa vie depuis leurs naissances justes à leurs morts. Des doux souvenirs que Bobby gardait jalousement à l’abri dans son subconscient pour se raccrocher à la vie et empêcher l’abattement de le ronger. Ses gestes étaient devenus mécaniques, comme un automate de chaine. Sa bouche formait des bâillements sonores. Mais ses traits atypiques étaient paisibles et doux, laissant transparaître son humanité qui avait su laisser intact malgré toutes les tragédies qui avait percuté sa vie. Son ouïe amoindrie n’attendit pas les pas légers qui s’avancèrent dans sa direction…



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Hope S. Arlington
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MessageSujet: Re: Une lueur d'humanité... (P.V. Hope)   Jeu 14 Juil 2016 - 11:50

Hope éclata de rire en tenant la main de sa petite nièce dans la sienne. Emily était surexcitée aujourd'hui, elle n'arrêtait pas de parler. Même si la matinée avait été rude, quand quatre rôdeurs avaient pénétré sur la propriété et que Joshua, Robert et elle avaient du aller s'en charger, même si ce genre de situation se répétait très régulièrement ces derniers temps, ça n'entachait jamais la bonne humeur de sa nièce. Elle arrivait partiellement à oublier ce qu'il s'était passé. Si parfois elle était réveillée par un cauchemar, sur ce qu'il s'était déroulé au stade, sur sa mère, puis après sur la perte de son père, alors elle pleurait silencieusement. Ses yeux boursouflés le lendemain trahissaient son chagrin, mais la petite trouvait toujours du réconfort autour d'elle pour aller mieux.

Surtout maintenant que le groupe de Selene s'était installé tout près de chez eux. Ils commençaient tous, doucement mais sûrement, à faire connaissance avec ces survivants, à apprendre à les apprécier. La petite blonde avait déjà des préférences, Selene en tête de liste, et Breann qu'elle aimait beaucoup. Aori avec qui elle avait sympathisé rapidement. Mais il y avait aussi Bobby, le géant, impressionnant, qui venait aider très régulièrement à la ferme et qui semblait se plaire sincèrement ici. Emily l'aimait bien. Elle disait souvent à sa tante qu'il était comme un gentil géant, comme dans les livres qu'elle avait pu suivre en classe.

Ce jour-là, la petite s'extasiait sur autre chose, elle n'arrêtait pas. Tenant la main de Hope, elle lui posait cent milles questions sur un sujet très précis : son bébé à venir. Et les questions allaient de la plus banale à la plus originale, si bien que la femme ne savait plus où donner de la tête, ni quoi répondre. Elle se jura de demander de l'aide à Gabriel pour canaliser cette boule d'énergie, mais devant toute cette curiosité, elle ne pouvait pas ne pas craquer. « Ca fait combien de temps ? Quand est-ce qu'il arrive ? Ça va être une fille ou un garçon ? On saura quand que c'est il ou elle ? Joshua, il est content ? Vous en aurez d'autres ? Est-ce que je peux choisir le prénom ? Je pourrais le tenir et m'en occuper ? Gabriel lui fera les leçons comme à moi, hein ? On pourra l'amener promener ! Faudrait qu'on retrouve papa pour lui présenter ! »

Hope eut simplement un sourire serein en l'écoutant parler. Elle s'accrochait, elle aussi, à l'espoir de pouvoir le présenter un jour à son frère Daryl. Elle espérait, intimement, qu'il s'en était sorti et qu'un jour il pourrait rencontrer sa nièce ou son neveu. Elle voulait que son frère soit un jour parmi eux, qu'importait comment ça se passait. Tant qu'il était vivant... Un soupir lui échappa, alors qu'elles franchirent l'une comme l'autre les portes de l'écurie improvisée dans la grange. Emily allait avoir sa première leçon d'équitation aujourd'hui. Hope s'était mise en tête de lui apprendre à monter pour pouvoir se débrouiller toute seule ensuite. Plus ils apprenaient tôt, mieux c'était pour eux...

Mais une silhouette attira son attention alors qu'elles étaient en train de se saisir du matériel nécessaire à l'équitation. La petite blonde tenait à bout de bras la bride, très lourde pour elle, avant de lancer à sa tante que le gentil géant était là. Prête à aller lui dire bonjour, le saluer dans les formes, elle croisa son regard lointain et ne put s'empêcher de s'inquiéter :

Bobby ? Appela-t-elle en douceur.

La petite brune s'approcha doucement de lui, un sourire aimable sur les lèvres, avant de lui demander avec prudence : « Tu vas bien ? » Elle l'observa de haut en bas. Même assis, il semblait bien plus grand qu'elle, c'était impressionnant. Déjà la première fois, Hope s'en était rendue compte. Aussi n'avait elle rien dit, car le moment ne s'y prêtait pas.

Tu ne t'es pas fait mal ?




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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: Une lueur d'humanité... (P.V. Hope)   Mer 27 Juil 2016 - 14:44

Une voix douce comme le vent soufflant sur les plaines arides de son subconscient ramena le monstre de foire au présent. Le regard bleuté du colosse se porta vers la porte et le reste de ses pathétiques pensées furent oubliées. Dans la douce caresse des rayons solaires se profilaient deux êtres à l’aura aveuglante. Une avec une apparence divine comme les artistes des temps passés aurait tué père et mère pour avoir la chance de porter le regard sur cette muse inspirante. La plupart des hommes auraient savouré les sublimes courbes de la jeune femme comme des requins regardant une pièce de choix. Ils auraient ricané entre eux de manière grivoise en pointant les lèvres pleines et douces, les traits angéliques finement ciselés dans le marbre de ce visage époustouflant. La chevelure ressemblant à une veine de cuivre chatoyant dans la lumière de l’astre de vie. La créature de cauchemar ne pouvait que décrire les yeux de l’apparition comme deux saphirs bleutés d’une telle luminosité qu’ils pouvaient ensorceler n’importe quelle âme. Mais avant que le géant ait pu faire son mouvement de recul d’une telle lâcheté, ce fut son empathie des plus aiguisés qui résonna dans son crâne déformé. Robert ressentait une sorte d’aura émané de l’être céleste, une vague de gentillesse et de bonté qu’il n’avait connue qu’avec quelques personnes dans son existence. La fillette qui l’accompagnait n’était qu’innocence et bonté, de véritable sillon d’une eau pur qui s’échouait sur les rivages de la grotesque personne de Robert. Dans une des nombreuses facettes cristallines de l’âme de l’enfant, le géant difforme reconnut sans peine sa nièce tant adorée. Subitement il se releva, repoussant les quelques leurres qu’il avait fabriqués. Les objets s’éparpillèrent sur le sol de terre et la chose immonde se cacha dans les profondeurs de la pénombre bienfaitrice. Cette noirceur qui devait soulager la répugnance qui se formait surement dans le regard si doux des deux apparitions d’un autre monde. Les gestes de l’homme étaient presque clownesques, maladroits et gauches à souhait lors de cette esquive dérisoire.

Le mastodonte n’esquiva pas un geste, ne tenta même pas de faire une respiration durant l’agonie de la terrible attente dans sa cachette. Le géant déformé savait pertinemment ce qui allait se produire dans les prochaines secondes. La jeune dame accoudée sur le montant de la porte de la chambre allait changer d’attitude. Son visage, d’une délicatesse magnifique, portera les stigmates de la terreur en détaillant l’apparence horrible de la bête de cirque. Le regard doux et angélique de la brunette deviendrait tout à tout rempli d’une dose de dégoût. Après avoir réussi à dire une première phrase des plus boiteuses, le regard bleuté de Bobby plongea vers le sol. L'homme était honteux de la parodie d'humanité qu’il était. Avant que les mots suivants puisent franchir le barrage des ses dents mal alignées, un bruit se fit entendre. Les pas étouffé par la terre meules signala au colosse désillusionné que les anges tombés du paradis vinssent certainement de faire un pas précipité vers la sécurité relative de l’extérieur. Bientôt le bruit sec et sans équivoque de la porte de grange qui se referme brutalement fendra l'air. Bruit qui va sonner le glas du début d’une autre relation plus d’incertain. Le sifflement sera semblable à celui de la hache du bourreau qui se ficherait dans la bûche après avoir accompli son sanglant office. Un supplice pour le phénomène de foire. Quelques mots jaillissants de peine et de misère d’une gorge serrée par ce déluge d’émotions alimenté par ces visions néfastes. Pathétique défense contre l'inévitable conséquence de la laideur de l'homme.

Robert- Non tout est ok madame merci… Euh… Je ne voulais pas que d'autres, méchants, qui mordent viennent ici dans votre coin de paradis… Euh… J’avais un peu de temps alors j’ai fait ça.
.

Se retournant lentement, les pieds bien ancrés sur le sol recouvert de paille du box, le spectacle pitoyable de la laideur du colosse se dévoila totalement aux dames. Un rayon de soleil venait d’inonder de manière traîtresse la silhouette de cauchemar de l’homme. Des pantalons noirs à bretelle, une chemise ayant connu des jours meilleurs et les manches roulés au niveau de ses coudes. Une image des cheminots des années 40 en quelque sorte. La belle dame pouvait deviner aisément une puissante et solide ossature, des muscles volumineux et même disproportionnés cachés à grand-peine dans l’armure de tissus. Des mains géantes et grosses comme des boulets de canon. Une d’entre elles resta à plat sur le mur, telle une immense araignée de couleur chair. L’autre main, ayant des doigts de la circonférence de saucisses, était levée dans un signe universel de peur ou bien de supplication. Les pieds, extraordinairement pointés vers l'extérieur et des plus stables, se dandinaient sous l’effet de la gêne et surtout de l’angoisse de ce moment stressant. La cage thoracique bien développée et un cou aussi large que son crâne. Des trapèzes laissant présager une force conséquente dans le haut de ce corps impressionnant. Robert devait dépasser la totalité des hommes d’une bonne trentaine de centimètres et devait peser presque le double. Devant le regard si pur de l’ange, le géant devait être plus associé au monstre des films d’horreur qu’au genre humain. Ce mastodonte peut sembler être sorti droit des rêves fous d'un savant ayant perdu le contact avec la réalité. Une tête en forme d'œuf, une dentition irrégulière, une mâchoire carrée et virile, des lèvres minces et presque exsangues, une fossette entre ses deux sourcils, des oreilles décollées, dont une totalement disparue dans le souffle d’une détonation de pistolet, une barbe et des cheveux châtains rasés d'une main malhabile et des orbites enfoncées. Tout pour qualifier ce visage aux traits atypiques de faciès monstrueux et repoussant. De son angle de vu, l’apparition céleste pouvait dénombrer la multitude de cicatrices qui lézardaient sur les mains et les avant-bras de la chose difforme en face de lui. Et la balafre qui serpentait la joue droite était aussi ignoble qu’un anaconda rosâtre se reposant sur les reliefs d’un visage de granite à peine sculpter.

Tel un duel à la Tombstone, le regard des belligérants se fracassa dans onde de choc. Robert ne pouvait aucunement deviner les intentions de la jeune femme, mais celle-ci pouvait lire comme un livre ouvert l’amalgame d’émotions qui pulsait du regard bleuté de la chose. Il pouvait plonger au travers des yeux de Bobby et contempler ces fenêtres donnant un libre accès à l'âme de cet imposant individu. Un mélange saisissant de mélancolie, d’angoisse, de prudence se reflétait dans les iris de l’homme déformé. Mais aux fins fonds des yeux, aux reflets dansants faisant penser au bleu si profond d'un océan par temps clair, doux et rempli de compassion. Un mystérieux mélange d’humanité grandiose et de bienveillance des plus déplacés dans ce corps d’être digne de figurer dans le bas échelon de la société humaine. Robert prit une seconde respiration, son ton rauque s’éleva alors dans l’air chaud de cette belle journée de printemps. Les mots furent mâchés, mastiqués même avec des roulements de pierres dans la bouche. Un ton presque intimidant si une trace de gentillesse et de bonté n’accompagnait pas la pitoyable envolée de mots.

Robert- Merci de me laisser travailler ici… Euh… J’adore ça. Je ne veux pas vous faire peur vous savez. Pour ça que je reste pas mal toujours à travailler seul… Euh… Pas déranger. Moi c’est Robert ou bien Bobby. Vous allez faire du cheval ? Nuage va bien… Euh… Chocolat est un peu endormi après avoir mangé ce matin.

Le mineur essayait depuis ses discussions avec Breann de s’ouvrir à ce monde qui l’avait si souvent rejeté pour ses traits atypiques et ses carences intellectuelles. Selene lui avait dit qu’il devait considérer les gens de la ferme comme des alliés, mais aussi avec méfiance. Mais dans le cœur de l’homme, au tréfonds de cette montagne de muscles disproportionnés et de cicatrices repoussantes, une espérance folle s’était éveillée.



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Hope S. Arlington
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MessageSujet: Re: Une lueur d'humanité... (P.V. Hope)   Lun 1 Aoû 2016 - 13:43

Elle l'avait remarqué la première fois qu'elle l'avait vu. Un géant. D'ailleurs, elle lui avait sauvé la vie, sans chercher plus loin que le bout de son nez aquilin. Emily et elle le regardèrent se relever, de toute sa hauteur, il devait bien faire deux fois la taille de l'enfant, une demi-fois celle de Hope. Même Joshua, pourtant un homme bien bâti et puissant, faisant petit joueur à côté de Bobby. Elles eurent toutes les deux un léger mouvement de recul, notamment parce que face à lui, elles étaient trop impressionnées pour pouvoir rester en place. La brune sentit la main de sa nièce se serrer un peu plus dans la sienne. Elle n'avait pas spécialement peur, même si les traits usés et les cicatrices de Bobby avaient de quoi interpeller, non. Elle était simplement consciente que les choses pouvaient devenir dangereuses pour elle avec un homme comme lui qui n'avait pas forcément connaissance de sa propre force.

Hope, quant à elle, tenta de rester imperturbable. Bien sûr que sa main serra un peu plus celle de sa nièce, bien sûr que son autre main se porta à son ventre arrondi comme par réflexe. Mais elle écouta avec patience les mots du géant, un peu intimidé il fallait l'admettre. C'était le monde à l'envers, songea-t-elle avec un sourire en coin. C'était lui qui dominait le monde par sa taille, et lui qui craignait le plus de voir et de parler à des gens. Hope se mit dans son rôle de sœur, de tante, de mère, d'amie même, en s'armant de son plus beau sourire rassurant.

Il n'y a pas de souci, tu peux rester ici autant que tu veux.

Bobby semblait se plaire dans cet endroit, et il en faisait même plus que demander. Faut dire qu'il en tirait avantage. Et Robert était loin de s'en plaindre pour sa part. Hope hocha simplement la tête pour lui répondre, alors qu'il lui parlait des chevaux et s'intéressait à ce qu'elles faisaient toutes les deux. Emily lui adressa elle aussi un grand sourire, toute contente de pouvoir monter à cheval pour la première fois. Depuis qu'ils étaient arrivés dans le coin, sa nièce s'était montrée un peu frileuse, impressionnée par ces bêtes capables de la transporter. Mais progressivement et grâce à la compagnie du tenancier des lieux, elle avait appris à s'y faire.

Emily va apprendre à monter, oui, déclara la petite brune en faisant demi-tour, lâchant la main de la petite fille pour aller prendre les rennes et le morse.

Elle hissa la chose à bout de bras, alors que sa nièce s'approchait de l'un des box sans pouvoir voir par-dessus. La tête des bêtes dépassait, on pouvait les entendre souffler par moment. Sursautant quand l'un d'eux le fit, Emily vint se planquer derrière Hope qui ne manqua pas d'en rire. Elle passa sa main dans les cheveux de la fillette, pour la rassurer. Chocolat semblait un peu endormi, c'était vrai. Elle passa une main sur la joue de l'animal pour retirer quelques mouches qui ne faisaient que le harceler, avant de se tourner vers Emily :

Tu veux lequel ?
Nuage !

La main de la brune se posa sur la poignée, elle enleva le cran et poussa l'animal pour le mettre un peu plus en arrière. Suite à quoi, elle pénétra dans le box, avant de se tourner vers Bobby, et lui demander d'une voix douce :

Tu veux nous aider à préparer le cheval ?

Penchant légèrement la tête sur le côté, elle lui adressa un sourire. A ses côtés, Emily en fit autant, lui faisant un signe de la main comme pour l'inviter à les suivre toutes les deux.




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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: Une lueur d'humanité... (P.V. Hope)   Mar 2 Aoû 2016 - 14:32

En entendant les mots de la jeune femme, le géant releva timidement la tête. Il avait cru pendant un instant que son ouïe, amoindrie par tant d’années d’explosions au fond des mines et du vacarme assourdissant de la construction et de l’abattage d’arbres, lui jouait des tours. L’ancien mineur avait cru comprendre qu’il était le bienvenu sur le domaine et qu’il pourrait rester le temps qu’il désirait. Ayant trop souvent été trompé par sa naïveté légendaire, le golem de chair sanctifié laissa sa conscience décider pour lui. En voyant le sourire épanoui, les traits amicaux et la bonté dans le regard de la dame, l’empathique créature difforme ne put que conclure de l’honnêteté de l’offre. Alors, la parcelle d’humanité de l’homme, une véritable vague lumineuse pour les rares personnes qui prenaient le temps de voir au-delà du monstrueux physique, scintilla dans le regard océanique de Bobby. Un sourire authentique, magnifique et débondant de bonté et de gratitude se déposa sur les lèvres exsangues du monstre de Frankenstein. Les traits atypiques, patinés par une vie de labeur et de misère, se détendirent pour rayonner d’une joie presque enfantine. Hochant tout doucement la tête, comme si un mouvement brusque de sa part pouvait faire éclater ce moment précieux de bonheur, il suivit les deux êtres formidables tout près de la jument blanche comme du lait.

Laissant voir sa dentition inégale par le biais de ce sourire grandiose qui ornait maintenant son horrible faciès, le géant pris la selle déposé en équilibre sur la poutre transversale du box d’écurie et s’avança avec lenteur et douceur. Il était droit comme un I, véritable armoire à glace qui semblait lutter en permanence contre l’attraction terrestre. Dans ses mains immenses et rugueuses, la selle de type western ressemblait à celle pour un jouet d’enfant. Le quadrupède hennit faiblement et la bête laissa pendre l’objet d’équitation dans la main gauche. Tendrement, les yeux luisant comme un lac à l’eau cristalline et pure comme ceux des montagnes, l’homme difforme tendit sa paume vers le museau de l’animal. Amoureusement et avec un respect peu vu depuis le début de cette folie, le colosse balafre laissa le cheval renifler sa main. Comme si une cape invisible venait de se déposer sur ses épaules massives et disproportionnées, une aura d’apaisement et de bonté pris place autour du géant souriant. Laissant sa main courir sur la mâchoire et ensuite l’encolure de la jument, le visage de l’homme se rapprocha de l’oreille de l’équidé. Il pouvait voir son reflet immonde dans les pupilles de l’animal. Nuage était calme et doux de nature. Alors, la voix rauque, ressemblante à deux pierres qui s’entrechoquèrent, de Bobby s’extirpa de sa gorge monstrueuse. Pour lui il chuchotait à l’oreille de l’animal, mais les deux anges pouvaient aisément l’entendre.

Robert- Tu es un bon cheval… Euh… Tu vas rendre un petit rayon de soleil heureuse tu sais… Euh… Si tu fais ça comme il faut, je vais te chanter un petit quelque chose OK?

La douceur du discours et la légèreté du ballet des syllabes sorti de l’être affreux semblaient presque irréelles. Depuis qu’il avait enterré Sandra et Rosalie pour la seconde fois, le géant n’avait plus chanté pour aucun être humain. Les gens de sa famille adoptive semblaient plus occupés entre eux pour ne porter une réelle attention à la détresse et aux tourments de la pathétique créature. Abigail et Selene semblaient de plus en plus proches, laissant Robert loin derrière. Gabriel avait les yeux luisants d’amour en regardant l’ange de porcelaine. Breann semblait déborder par Arun et Aori. Harold quant à lui s’occupait de lui et des petits travaux autour du phare. Mais ici avec les animaux de la ferme, il se sentait pour la première fois comprise et pas jugée. Pour lui à la maison il ne restait que Frost qui continuait à lui donner une affection dont il avait grand besoin. Mais ici à la ferme entourée par les animaux, le géant défiguré ressentait une joie et une affection qui commençait à l’aider à surmonter sa douleur qui lui avait broyé le cœur. Pas plus tard que ce matin, il avait repris le chant de manière guillerette et les deux cheveux avaient semblé apprécier.

Déposant la selle sur le dos de l’animal, il attacha la ganse sous l’abdomen du puissant quadrupède. Il avait s’était mis à genoux pour bien serrer la paroi de cuir sans blesser la jument. Le regard océanique de la bête se posa sur la menue silhouette de la fillette et il tendit doucement la main vers elle pour permettre à une poignée de main délicate de se produire.

Robert- Euh… Moi c’est Bobby ou Robert comme tu veux… Euh… Tu es chanceuse Nuage veut t’emmener faire un tour tu sais. Comme le disait Juliane, tu vas te sentir libre sur son dos… Euh… Moi j’ai toujours eu peur de monter sur un cheval, tu sais… Euh… Je suis lourd et j’ai peur de lui faire mal… Euh… Mais Juliane m’a dit que sur sa ferme au Tesa… non Texas, il y a des plus gros que Nuage…

Souriant grandement, il se plaça à quatre pattes. Hennissant comme un petit cheval, il fit un clin d’œil aux deux anges. Un rire franc et joyeux s’échappa de ses lèvres minces et Bobby expliqua alors son geste.

Robert- On avait un petit cheval à la mine… Euh… Un peu de la même hauteur que moi comme je suis… Euh… Noireau était un cheval de mine pour tirer des wagons de charbon sous terre. Désolé mais j’ai pensé à lui… Euh… Tu veux me grimper sur le dos quand Hope… Euh… C’est ça hein? Va dire que c’est OK?





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MessageSujet: Re: Une lueur d'humanité... (P.V. Hope)   Jeu 11 Aoû 2016 - 12:18

Je sais qui tu es, rigola Emily avec une petite moue.

Bobby venait de se présenter à elle. Robert, ou Bobby. La petite blonde ne put s'empêcher de pouffer. Sa mémoire ne lui faisait jamais défaut, elle connaissait tous les noms de ceux de l'autre groupe. Elle les considérait comme ses amis, parce que dans son monde, il ne pouvait pas y avoir de relations tendues, ou d'accord, ou rien de tout ça. Les vivants devaient vivre ensemble et tout faire pour survivre, et ça s'arrêtait là. C'était un joli monde, plein de rose, de fleurs, de papillons et de gentillesses, bien loin de ce qu'était vraiment la réalité... Mais Hope aimait la naïveté de sa nièce, sa candeur rafraîchissant. Une candeur à préserver le plus longtemps possible...

C'est parce que tu es trop grand, les chevaux ne peuvent pas te porter ! coupa la petite blonde à ses côtés à l'anecdote de l'homme : Regarde, tu es plus grand que nuage !

Les chevaux aussi ne pouvaient pas supporter le poids de Bobby. Le géant aurait pu probablement soulever les bêtes dans leur ranch sans trop de soucis. Sur la suite, la petite brune se trouva bien bête quand elle vit le géant se mettre à imiter l'animal qu'elle était en train de sangler, et sa nièce rire à gorge déployer en le voyant faire :

Te grimper sur le dos ? s'étouffa Hope sur l'instant. Je ne monte sur personne, Bobby, j'apprends juste à Emily à monter à cheval ! Elle lui tendit la main pour l'aider à se remettre debout : Lève-toi, tu vas te salir, et Selene va me passer un savon si tu reviens dans des états pas possibles chez vous.

Bobby était bien plus grand et bien plus lourd qu'elle, si bien qu'en le remettant debout, elle ne servit pas à grand chose. A l'inverse, elle manqua de se casser la figure à son tour, incapable de supporter le poids de l'homme. Mais bon, qu'importait. Elle avait rendu service, il était temps de se consacrer à autre chose. Retournant à ses oignons, elle conseilla à Emily de régler les étrillés pour pouvoir y mettre les pieds plus facilement. Au maximum, parce qu'elle était petite et que sinon, elle ne pourrait jamais les atteindre avec sa taille.
Ajustant la bride, Hope fit passer les rennes par-dessus les oreilles de l'animal, lui caressant le museau au passage pour l'apaiser. Nuage avait l'habitude d'être monté, même si ça devait faire un moment. Ce cheval était assez vieux, il avait du connaître les enfants (peut-être plutôt les adolescents) Wheeler, avant tout ça... Enfin... Maintenant qu'il voyait une petite fille, ça devait être bien plus sympathique :

Tu es prête ? Demanda la tante à sa nièce.
Oui !
Tiens, souffla Hope en tendant la renne à sa nièce. Amène le dehors alors.

La petite attrapa le cuir, mais n'osa pas tirer dessus. A la place, elle ordonna à l'animal :

Viens nuage, suis moi !

Mais la bête n'en fit rien. Hope dut le pousser au train pour le faire décoller et pour qu'il suive enfin sa nièce vers l'extérieur. Première étape finie. Il y avait juste le plus gros à faire désormais.




No it isn't
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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: Une lueur d'humanité... (P.V. Hope)   Mar 23 Aoû 2016 - 2:28

Devant l’air surpris de la jeune femme, le colosse balafré se sentit bête et encore plus simplet que d’habitude. Ses joues devinrent alors brulantes, la rougeur pourrait aisément se voir de la lune. Une petite main de porcelaine se tendit alors dans sa direction pour aider la chose répugnante à se lever. Tout doucement, timidement et en tremblant de la main, le mineur accepta cet acte de charité le plus pur. Se relevant avec difficulté, sinon maladresse, le géant au cœur d’or rattrapa de justesse un faux mouvement de Hope. Souriant avec sollicitude, le regard bleuté si pur de la bête demanda à l’ange de porcelaine si tout allait. Mais tout était parfait à part un petit détail que l’erreur de la nature venait de noter à cause de sa vue privilégier d’être à quatre pattes. Un petit ventre commençait à pousser sur la silhouette fine et gracieuse de la jeune femme. Secouant sa tête comme pour remettre en ordre quelques cellules grises qu’il croyait avoir, le mineur regarda passer la jeune femme vers l’arrière de Nuage avec l’attention d’un lépidoptériste qui venait d’apercevoir le spécimen rare qui ne se présentait qu’une fois dans sa vie. L’esprit lent de Robert fini alors de mettre les derniers morceaux du puzzle en place et son instinct de protecteur s’alarma aussi. Les femmes enceintes étaient les victimes privilégiées de la démence de ce monde apocalyptique. Après que le visage ensanglanté de sa sœur chérie, porteuse d’un enfant qui aurait hérité d’une bête affreuse comme parrain, et le masque mortuaire à faire glacer le sang de Flann eurent travers son subconscient, le golem de chair senti de l’eau glacée remplacée son fluide vital dans ses veines. Une peur scintilla dans la pureté des océans de ses yeux et il se ressaisit pour ne pas troubler les deux êtres divins tout près de lui. Voyant la difficulté qu’Émily avait de faire avancer le quadrupède hors de son box, un sourire éclatant de bonheur simple et une joie communicative se déposa sur les lèvres exsangues de l’être si souvent rabaisser. La voix douce, quoique rauque du colosse, s’éleva dans les airs et démontra toute la bonté et la gentillesse innée nichée dans son cœur immense et lézardé de cruelles cicatrices.

Robert- Je crois que Nuage n’aime pas les ordres Emily… Euh… Invite-le à te suivre… Euh… Fais comme moi OK?

Levant une main immense et rueuse vers le museau de l’animal, le géant déposa sa paume sanctifiée sans aucune gêne ni peur. Nuage hennit tout doucement et baissa la tête pour accepter les caresses combinées de l’enfant et du monstre de foire. Après quelques instants un ton douceâtre s’échappa de la gorge immonde du colosse balafré.

Robert- C’est bien… Euh… Les gens croient que les animaux doivent être à notre service, tu sais… Euh… Pas vrai. Ils sont vivants et décident aussi. La tire doucement sur la laisse et Nuage va te suivre.

Le mastodonte ne savait aucunement que c’était les rênes du cheval, mais la petite tira un peu et aussitôt la vieille jument sortie du box pour suivre docilement une Emily rayonnante. Gardant une main immense sur les mords du quadrupède pour être en sécurité, le géant tourna un peu la tête pour essayer de voir Hope camouflé par le derrière de la jument. La voix tremblante une peu de la chose répugnante essaya de s’expliquer de sa méprise dans le box.

Robert- Tout à l’heure je me suis tromper je voulais dire Emily… Euh… Pas trop bon avec les noms des fois… Euh… Je peux te demander un truc ?

Prenant une grande respiration, pour se trouver le peu de courage qu’il possédait lors de ses interlocutions sociales la bête se lança à l’eau.

Robert- Euh… Tu attends un bébé? Euh… Si tu veux pas répondre je t’oblige pas OK? On entre dans le cercle de bois avec Nuage c’est ça ?

La pathétique créature essaya de camoufler son malaise soudain en parlant de la prochaine étape du cours d’équitation…



Perdre les gens qu'on aime vous affecte en profondeur. La douleur est ensevelie dans votre corps, votre âme et votre cœur. Et en résulte alors un énorme gouffre de souffrance et de douleur. Ce gouffre peut transformer un être de lumière en ténèbres...
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MessageSujet: Re: Une lueur d'humanité... (P.V. Hope)   Aujourd'hui à 2:05

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Une lueur d'humanité... (P.V. Hope)

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