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 Ce silence salvateur orné de mots

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Axel J. Kennedy
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MessageSujet: Ce silence salvateur orné de mots   Sam 9 Juil 2016 - 10:54


Dimanche, 8 Mai 2016





    La vie au sein du groupe me semblait un peu moins difficile à supporter maintenant que Carmen et moi nous étions partiellement réconciliés ; malgré la rancune toujours présente le poids que je portais sur mes épaules s'était apaisé. Mais comment ne pas penser encore et encore au départ de Jack et Happy pour aller accompagner cette Zoey ? Ils avaient dit qu'ils reviendraient, mais comment en être sûr ? Tout pouvait arriver là-dehors, et bien que je ne doute pas de leurs capacités, mieux vaut ne jamais se penser au dessus tout.

    Assis sur le perron, les coudes posés sur les genoux et la tête calée dans mes mains, je laisse vagabonder mon visage dans la rue. Ce calme, vide de toute humanité , même les macchabées ont l'air d'être aux abonnés absents aujourd'hui. Souriant légèrement, je ferme les yeux pour profiter de cette légère brise qui me caresse le visage, ne pensant absolument à rien d'autre qu'à ce moment précis ; pas besoin de penser au boulot demain, ni à quoi que ce soit d'autre. Simplement profiter du moment présent et de toutes ces petites choses que le monde a encore à offrir. Rouvrant les yeux, je les pose sur Alsea qui s'est allongée à côté et glissa ma main droite dans son pelage, ça aussi, c'est apaisant.

    Soupirant d'aise, je finis tout de même par me relever au bout de quelques minutes, pas le moins du monde agacé de ne pas réellement savoir quoi faire de ma journée. Entrant dans la maison, j'aperçois Sonic, assise près de la fenêtre sur le canapé qui me sert de lit depuis que nous sommes arrivés ici, Carmen, Jasper et moi. Je me dis souvent que je pourrais peut-être le quitter et essayer de me trouver une chambre, mais je me sens étrangement rassuré à rester là en bas, au cas où il y aurait quelque chose...

    Passant dans la cuisine où se trouve Kaidan, je prends deux verres et les rempli d'eau avant de retourner au salon. Posant les deux récipients sur la table, je m'installe au côté de la blonde et remonte mes pieds sur le canapé.

« Salut Sonic. »

    Qui aurait cru que j'irais moi-même vers quelqu'un ? Quand elle est arrivée, j'avais eu le plus grand mal à m'y faire. Elle plus Happy... deux personnes d'un coup c'était bien trop pour moi, ils ont d'ailleurs rapidement été suivis de Kaidan, accentuant encore un peu ma mauvaise humeur et ce sentiment d'être entouré par des inconnus tous plus fourbes les uns que les autres. Mais le temps passant, je me suis rendu compte que je me trompais ; quand l'adolescente venait me tenir compagnie, ce n'était pas pour discuter de bagatelles ou me prendre la tête avec des idioties, elle se contentait simplement de rester là, faire ce qu'elle avait à faire, et ne rien dire. C'est peut-être pour ça au fond que j'ai finis par l'apprécier, pour cette ressemblance que nous avons.

    Ce matin cependant elle a l'air ailleurs, bien plus que d'habitude, un peu plus renfrognée aussi. Fronçant les sourcils, je ne peux m'empêcher de me demander ce qui ne va pas ; ça aussi, c'est rare. Déformation professionnelle ou réelle inquiétude ? Qu'importe. Prenant une inspiration qui sonne plutôt comme un soupire résigné, je lui lance d'une voix neutre.

« Eh, y a quelque chose qui va pas ? »

    Sans la quitter des yeux, je me rend compte que si l'absence de Jack pèse énormément pour Shawna, celle d'Erik doit peser tout autant, si ce n'est plus, pour la blonde. Je l'ai déjà vu avec cet air un peu renfermé, mais là ça a l'air bien plus profond ; peut-être est-il temps de parler ?





« Tout le monde dit que la ''survie'' n'est pas facile,
que ce n'est qu'un état second clôturé soit par une renaissance, soit par la mort.
J'ai eu ma renaissance.
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Nola Hughes
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MessageSujet: Re: Ce silence salvateur orné de mots   Sam 9 Juil 2016 - 15:28



 Ce cauchemar la hante depuis le début de l'apocalypse. Les fantômes de Mary, Chris et surtout Lily, sa grand-mère suivent Nola partout où elle va. Ils s'invitent dans ses nuits.
Elle se rappelle de tout. Les deux pillards, le brun et l'autre aux yeux bleus, la main ensanglantée ... le sang de ses amis. Puis le monstre de Chris ... sa femme débarrassée de ses entrailles ... et le mort-vivant s'approchant lentement de l'adolescente ...

Sonic se réveille en sursaut, le visage en sueur, le souffle court et son cœur battant à 100 à l'heure. C'était le même cauchemar qu'hier ... et ce sera le même demain.

***
Toujours seule


La deuxième partie de la nuit était un peu moins mouvementée. Je me réveille doucement, je m'habille, ouvre ma fenêtre, fais ma chambre, et je me dirige ensuite machinalement vers le chambre d'Happy pour lui dire bonjour.
Vide, évidemment. Voilà à peine un mois que nous sommes arrivés et il risque déjà sa vie à l'extérieur. Je ne sais pas si je dois être en colère ou avoir peur ... Généralement les deux vont de pair. Je sais que Shawna, avec le départ de Jack est un peu dans le même état que moi, je la laisse donc tranquille, voyant sa chambre fermée.
Devant moi, il y a les escaliers, menant au rez-de-chaussé, la cuisine, le salon, le reste de la communauté.
Je parviens à descendre sans croiser la moindre personne, et dans la cuisine, pour éviter de dire bonjour, je me contente d'esquisser un sourire discret.

Aujourd'hui, il fait un temps magnifique, je pensais d'abord aller dehors, mais quelqu'un m'a devancé, alors je me contente d'aller sur le canapé du salon, près de la fenêtre. Je m'assois confortablement, tenant ma tête d'une main, et regardant la rue déserte dehors. J'espère voir une voiture arriver avec Happy en pleine forme, son visage rieur, toujours le sourire aux lèvres, il serait rentré dans la maison, en parlant joyeusement de son retour sans encombres, des quelques morts qu'il a croisé, il aurait fait une blague ou deux et ce serait mis près de moi. J'aurais mieux fait de ne pas y penser, je suis maintenant envahie d'une profonde mélancolie. Je repense à mon cauchemar, à ma vie d'avant ... tout commençait à aller mieux, j'étais heureuse quand cette merde est arrivée.
J'ai vécu un véritable enfer. Du sang, des morts qui marchent et des vivants qui se cachent. Des pillards ... ces foutus pillards. Je sens la haine monter, je fronce les sourcils ... ces putains de pillards, je me souviendrais toute ma vie de leur visage, et je ne serais en paix que quand je leur aurait glissé une balle dans chacune de leur tête. Cette vengeance m'appartient, oh non je ne compte pas rester ici éternellement, je vais continuer de chercher ces enfoirés, avec ou sans Happy, rien ne me retient dans cette foutue barraque, rien ne ... rien ne ...

Je suis au bord des larmes, Happy me manque, il me manque terriblement, il est le seul à pouvoir me calmer, me faire rire, à me faire oublier l'enfer que j'ai vécu.
Je respire un coup, je sens l'émotion monter encore et encore.
Au comble de ma dépression, quelqu'un vient s'asseoir à côté de moi, m'amenant d'ailleurs un verre d'eau, comme si il avait compris dans quelle situation j'étais.

"Salut Sonic."

C'est Axel, le bras droit de Carmen. On le voit assez rarement avec d'autres membres du groupe, et il m'est arrivé quelques fois d'êtres assise à côté de lui, à dessiner, ou ne rien faire. Généralement blasé, solitaire, je suis étonnée qu'il vienne me voir, pire, qu'il vienne me parler.

"Eh, y a quelque chose qui va pas?"

Evidemment, je dois avoir l'air d'une dépressive suicidaire, seule dans mon coin, les sourcils froncés, les yeux dans le vide, pleine de ressentiment. Mais au lieu de m'énerver, je ne bouge pas tout de suite, j'hésite à répondre, bégaye quelques mots incompréhensibles. Je respire, boit une gorgée d'eau et j'essaye de lui répondre quelque chose.

"Je ... Je suis un peu ..."

Mon cœur bat plus vite, tout s'est enchaîné si vite, tant de peur, de tristesse, de haine en si peu de temps. Ma main tremble un peu, et je sens une larme couler le long de ma joue. Personne ne devait voir ça.

"C'est pas important, t'occupes pas!"

Je lance ça sur un ton plus pathétique que désagréable. Axel venant d'arriver au mauvais moment, il venait d'apercevoir une facette que personne n'est censé connaître.
Je prends mon verre d'eau et je pars, franchissant la porte d'entrée. Je m'assois par terre, contre le mur. J'essaye de reprendre mon souffle, je sèche les larmes qui coulent malgré-moi le long de mon visage. Comment pouvais-je imaginer que le départ d'Happy serait si difficile. Je n'ai parlé de mon passé à personne, je fais tout pour l'oublier mais il est bien présent, il me hante, et tant que je n'arriverai pas à calmer mes passions, il continuera à me hanter jusqu'à ma mort.

Après presque neuf mois d'apocalypse à cacher tous mes sentiments, il fallait bien que je craque un jour.
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Axel J. Kennedy
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MessageSujet: Re: Ce silence salvateur orné de mots   Dim 10 Juil 2016 - 20:11


    Je commençais vraiment à me dire que je tombais toujours au mauvais moment ; quoi que la plupart du temps c'était les autres qui me tombaient dessus parce-que quelque chose n'allait pas, un cauchemar ou qu'importe, et qu'ils avaient besoin de parler. A croire que mon boulot au café donnait plus confiance que la tronche de psy de Jasper, ce n'est pas pourtant comme si j'avais fait quelque chose pour cela. Mais l'adolescente n'était pas encore venue parler de quoi que ce soit, et je ne pouvais que respecter ce trait de son caractère au vu de l'aspect peu loquace que j'arborais également. Quand elle prend le verre, je remarque les tremblements qui la prennent et hausse un sourcil interloqué alors qu'elle me répond d'une bafouille presque incompréhensible.

    Tentant de lui adresser un regard encourageant afin qu'elle daigne dire ce qui pesait si lourd sur son cœur, je penche légèrement la tête sur le côté en voyant cette larme qui roule sur sa joue. La blonde n'est pas quelqu'un de faible, depuis qu'elle est ici je n'ai pas le souvenir de l'avoir vu craquer une seule fois... Peut-être que seule elle laisse libre-court à ses émotions, mais qui pourrait lui reprocher quoi que ce soit ? Nous sommes tous pareils.

    Au final l'adolescente se renferme encore un peu plus et sur une dernière phrase déchirante elle sort sur le perron où je me trouvais quelques minutes plus tôt. Soupirant légèrement, je me demande un instant ce qui est le mieux à faire ; dois-je avertir Shawna ou Carmen ? Ou peut-être Jasper, histoire qu'il nous montre ses talents. Peut-être aussi que la blonde a simplement besoin d'être seule... Mais rester seul n'est pas toujours la solution, et qui sait, elle pouvait très bien être victime d'un accès de folie et attirer jusqu'à nous un groupe de macchabées ou même se mettre inutilement en danger. Et alors que se passerait-il ? J'aurai droit aux sermons des autres, et cette foutue culpabilité reviendrait ; c'était définitivement plus simple d'être seul.

« Bon... »

    Levant les yeux au ciel en soupirant une nouvelle fois, je me lève et me dirige vers la porte ; cinq bonnes minutes maintenant qu'elle est tranquille, peut-être qu'elle a eu le temps de se décider à parler. Ou peut-être pas. J'admet ne pas être très doué en ce qui concerne les relations humaines, et il faut bien dire que ça me convient parfaitement bien, mais je suis prêt à écouter ; et comme me l'a déjà si bien rappelé Mendoza : les efforts ça se fait pas tous seuls. Alors même si je cherche pas spécialement l'intégration, je me dois de faire en sorte que l'ambiance soit pas insoutenable pour ces gens avec qui je vis ; en tous cas pas à cause de moi.

    Une fois dehors, je pose une main sur la tête de la blonde comme on pourrait le faire avec un chiot apeuré, pour finalement la laisser retomber au bout d'une seconde et m'asseoir à ses côtés. Les coudes sur les genoux, je regarde la maison d'en face quelques instants, cherchant les mots adéquats ; prenant finalement une grande inspiration, je prends la parole sans prendre la peine de la regarder.

« Tu sais, on a tous des moments où ça va pas, t'as pas à t'en vouloir pour ça. »

    Peut-être bien qu'elle s'en foutait, qu'elle ne s'en voulait absolument pas, et qu'elle n'acceptait juste pas cette situation de faiblesse, mais qu'importe, elle pourrait bien faire ce qu'elle veut de mes paroles ; qu'on ne vienne pas me dire que je n'avais pas essayé.

« Tu peux pas tout garder pour toi, faudra bien que tu parles à un moment ou à un autre. Mais si vraiment c'est pas le moment, on peut juste rester là en silence et attendre que le temps passe. »

    Le temps, et la douleur avec. J'avais terminé ma phrase avec un léger sourire à peine visible et un haussement d'épaules, signifiant qu'au fond c'était à elle de décider ; que je sache ou non ce qui la tourmente ne changerait pas ma vie. Mais parfois, une simple présence pouvait aider à apaiser un peu les maux ; le simple fait de ne pas se savoir seul.





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Nola Hughes
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MessageSujet: Re: Ce silence salvateur orné de mots   Lun 11 Juil 2016 - 5:58




Nola est dehors depuis cinq minutes, assise sur le Perron, séchant sa dernière larme, à respirer lentement, tout en considérant le fond de son verre. Elle relève la tête, et voit devant elle la même rue vide, déserte. Un silence de tombe, le néant ... l'apocalypse?


***
Parler


Je soupire encore une fois. J'ai pu évacuer toute la pression accumulée depuis des mois de survie, d'abord seule puis en compagnie d'Happy, la résultat n'étant pas si différent : la confrontation quotidienne à la mort. Depuis des mois, je me déshumanise, petit à petit la solitude, la tristesse et la haine remplacent la joie de vivre et l'amour, et finalement je l'admets, seule la vie en communauté peut me faire changer. Aujourd'hui, c'est une chance qu'Axel soit venu me parler, lui d'habitude solitaire et grognon. Je dois discuter avec quelqu'un et ne pas m'enterrer encore plus dans la solitude et la dépression, je dois le faire non seulement pour moi, mais aussi pour cette communauté qui m'a accueillie, m'a offert une chambre, des vivres, la sécurité. Je ne dois pas être un fardeau pour eux, pas autant que ce souvenir en est un pour moi.

Ce cauchemar qui me hante toutes les nuits, il faut que j'en parle, ma grand-mère, Chris, Mary, les pillards ... plus je garderais ce ressentiment enfouie en moi, plus je souffrirai.
Mais suis-je vraiment prête? Donner mon vrai nom, raconter ce souvenir, dire à quelqu'un que je connais à peine de quoi j'ai peur, pourquoi je souffre. Je ne sais pas si j'en serai capable, ou si ce sera utile. Parler. Ce mot me fait aujourd'hui plus peur que les monstres. Parler. Je dois faire un choix. Parler ... si ce n'est pas aujourd'hui, de toute façon ce sera demain. Je ne peux pas parler de ça avec Shawna, et même si Happy était là, je n'arriverai pas à me confier. Axel semble le seul capable de m'écouter, ou plutôt capable de me comprendre.

Il passe justement la porte, après m'avoir laissé tergiverser cinq grosses minutes. Il pose sa main sur ma tête, me caresse les cheveux une seconde et s'assoit à côté de moi. On reste quelques instant sans rien dire. Puis après avoir respiré un bon coup, il se décide à parler. Il essaye de me rassurer, et il réussi, il est calme, sûr de lui. "Tu n'as pas à t'en vouloir pour ça". Je ne bronche pas, garde la tête droite en regardant les maisons d'en face. Il enchaîne, sa voix ne changeant pas, toujours calme, limpide, juste, rassurante. Il me parle comme si j'étais une amie, me poussant à parler. Non, plutôt une petite sœur en pleine crise d'ado qui vient de se faire larguer. Alors même si je ne me suis pas faite larguer, c'est plus ou moins le cas.

Putain, il est arrivé à me faire sourire. C'est normalement un secret que seules deux personnes connaissent. En bref, il me laisse le choix, et la même question revient : suis-je prête ? Et la même réponse : si ce n'est pas aujourd'hui, alors ce sera demain.

" Je ... Ecoute Axel, je suis désolée pour ce qui est arrivé dans le salon. T'étais pas obligé de voir ça. Et tu mérites une explication donc bon ... "

Je devais m'excuser, c'est sur et certain. Non seulement je lui pique son canapé, et en plus je fais une scène devant lui alors qu'il n'a (presque) rien demandé. Mais ça, c'était la partie facile du dialogue.

" Si j'ai craqué, tout à l'heure, c'est ... à cause du départ d'Happy qui me manque, certes mais pas seulement. Je tousse pour me dégager la voix et j'essaye de respirer lentement. Il y a un un cauchemar qui me suit depuis le début de l'apocalypse ... enfin c'est plus un souvenir qu'un cauchemar en réalité. Il s'agit de ... de ... "

Je sens les larmes monter, mon cœur se remet à battre violemment contre ma poitrine, les images horribles du souvenir reviennent. Lily, Chris, Mary ... les pillards.

" Ma famille et mes amis, avec qui j'étais réfugiée se sont ... ils ont tous ... été assassinés par des pillards.

Je l'ai dit. Je regarde brièvement Axel du coin de l'oeil. C'est la première fois que je parle de ce souvenir à quelqu'un. J'inspire profondément pour éviter que mon cœur ne s’emballe. Mais ça ne suffit pas, maintenant que j'ai commencé je dois aller au bout.

Depuis ce jour, j'ai juré de me venger de ces pillards, et ce souvenir ... il me hante, je revois leurs visages, et j'ai comme un sentiment de haine ... il me pourrit la vie putain ! "

C'est fait. J'ai parlé. Pour l'instant je ne sais pas quoi penser. J'ai arrêter de reprendre mon souffle, et j'ai senti une nouvelle fois des larmes couler.
Je ne sais pas si le fait d'avoir parlé va me changer la vie, me faire oublier ce souvenir, me faire accepter la vie en communauté. Je ne sais même pas si Axel m'a vraiment écouté, et au final ce n'est peut-être pas le plus important. Le plus important, c'est que je ne me sente pas seule. J'imaginais que j'opposerai plus de résistance avant de tout dévoiler, mais finalement, ça ne sert à rien de tout garder pour soi. Je devais le faire.

Je regarde Axel et j'ai comme un rire de nervosité ... " 'Fait chier ! "

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Axel J. Kennedy
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MessageSujet: Re: Ce silence salvateur orné de mots   Lun 11 Juil 2016 - 11:17


    Un moment de silence s'installe, certainement que la blonde est entrain de peser le pour et le contre ; quoi de plus normal ? Ce n'est pas quelque chose d'aisé de discuter sans tabou des choses qui nous pèsent, et certaines personne finissent même par ne jamais parler, ne jamais se confier à personne ; on sait tous comment ces personnes finissent. Mais je n'ai pas l'intention de la forcer à se confier, d'un parce-que je ne supporte pas qu'on le fasse pour moi, et de deux parce-que ça ne ferait qu'envenimer un peu plus la situation et l'état dans lequel elle se trouve. Après cet instant, elle s'excuse d'une petite voix mal assurée et je me contente de hausser les épaules, signifiant que ce n'était pas grave ; j'étais moi-même bien désagréable quand je m'y mettais -souvent en l’occurrence- alors comment pouvais-je lui reprocher quoi que ce soit ?

« Tu ne me dois rien, c'est à toi de trouver le bon moment. »

    Il n'y avait eu aucun ton de reproche dans ma voix, simplement une affirmation de ce qu'était la situation. Mais il semblait que l'adolescente soit arrivée à ses limites et que cette première larme visible aux yeux de quelqu'un avait entamé une brèche dans cette carapace qu'elle avait forgé autour d'elle. Alors elle commença enfin à s'ouvrir un peu et je prenais bien soin de ne pas la couper dans son élan, l'écoutant simplement parler de ce qu'elle portait sur ses épaules. Comment ne pas ressentir la douleur dans sa voix ? J'ai beau être indifférent à la plupart des choses qui m'entourent, à la souffrance de beaucoup de gens, et n'avoir aucun scrupules, je ne peux pas toujours rester de marbre concernant les personnes qui m'entourent désormais.

    Et elle parle de pillards qui ont tué ses proches. Une vague de colère sourde m'envahis, faisant encore un peu plus peser la balance envers la monstruosité de l'espèce humaine. Un pas en avant vers les membres de mon espèce, deux pas en arrière ; c'est toujours comme ça. A croire que jamais ça ne s'arrêtera. Les sourcils froncés, je pose mon regard sur Sonic où un voile de colère s'est mêlé à cette profonde tristesse qui l'habite. Serrant les dents, je prends une légère inspiration avant de répondre, m'assurant par la même occasion de ne pas la couper dans son récit.

« Tu auras ta vengeance au moment venu. Et on sera là. »

    Mes paroles bien que courtes sous entendaient le fait qu'il ne servait à rien de précipiter les choses, elle n'arriverait qu'à se détruire un peu plus en faisant cela. Mais également qu'elle n'était plus seule désormais, et que quand elle retomberait sur ces pillards, elle ne serait pas seule face à eux. Certes, c'est peut-être une maigre consolation comparé à tout ce qu'elle avait perdu, mais je n'avais rien de mieux à lui offrir que cette promesse silencieuse. Inutile d'ajouter que si en effet nous venions à croiser leur route, je ne me contenterais pas de les tuer froidement, enfin, pas définitivement en tous cas. Qu'y avait-il de pire que la mort ? Laisser ce qui étaient auparavant des humains pourrir dans ces corps ambulants, les laisser coincés à l'intérieur, indéfiniment. Alors oui, tout le monde n'a pas la même visions des macchabées que moi, et je ne sais absolument pas comment Sonic les considère, mais ces types... ils ne méritent en aucun cas une mort rapide et libératrice.

    Voyant qu'elle essaye tout de même de contrôler ses larmes et toute cette peine qui ne demande qu'à être extériorisée, je me penche un peu vers elle et pose une main rassurante dans son dos en soupirant de nouveau un peu. Même moi je m'en étonne, mais s'il y a bien une chose qui ne me laisse pas de marbre, c'est l'animosité dont font preuve les gens de mon espèce, surtout quand elle concerne quelqu'un qui m'est proche.

« Ce n'est pas grave de pleurer, y a personne d'autre ici que toi et moi. Alors laisses sortir ce qui doit sortir, ça te fera du bien. »

    Elle savait que je n'étais pas le genre de gars à parler à tout le monde de ce que les autres me disent. Les ragots et ce genre de conneries, très peu pour moi ; j'étais une tombe. Mon regard était toujours un peu dur, mais ce n'était en rien contre elle. Je me demandais un court instant comme elle avait fait pour s'en sortir, était-ce à ce moment là qu'Happy l'avait trouvé ? Ou avait-elle simplement eu un gros coup de chance et avait profité d'un moment d'inattention de ces types pour s'en aller ? Je me retint cependant de poser la question, si elle souhaitait en dire plus elle le ferait déjà. Je reporte finalement à nouveau mon attention sur la maison en face, comme si elle était importante.

    J'hésitais à ajouter que j'étais désolé pour ce qui lui était arrivé mais à quoi bon ? Ça ne changerait rien à la situation, aucune compassion ni culpabilité ni quoi que ce soit d'autre ne lui ramènerait ce qu'elle avait perdu. Dans ce cas, seule la vengeance semblait représenter la lumière au bout du tunnel ; mais elle n'aurait plus désormais à affronter le monde seule, et même si les liens au sein du groupe n'en étaient encore qu'à leur début, j'étais certain que nous serons tous du même avis au moment venu. Je me contentais donc pour l'instant de rester là, comme une présence rassurante pour lui montrer qu'elle n'était plus seule et que je pouvais tout entendre.





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Nola Hughes
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MessageSujet: Re: Ce silence salvateur orné de mots   Mar 12 Juil 2016 - 3:46




Le temps passe, et le ciel s'assombrit. Le vent se fait un peu plus fort. Nola sèche ses larmes. Aujourd'hui elle a parlé, elle a grandi. Elle se sent mieux, comme si elle venait de se séparer d'un poids insoutenable, un fardeau qu'elle supportait depuis des mois.
Mais malgré tout, le ciel s'assombrit.

***

Axel ne parle pas beaucoup, en tout cas pas autant que moi, il se contente de petites phrases rassurantes, un geste gentil, tendre, calme, comme une main sur mon dos. Je peux le voir sur son visage, il comprend ma douleur, il la ressent. Ce qu'il ne peut pas ressentir, c'est ce feu de l'enfer brûlant au fond de moi, cette haine pure me dévorant de l'intérieur, consumant tout ce qui fait de moi une humaine. Je me repose contre son bras. J'ai parlé. J'ai pleuré. Je ferme maintenant les yeux, me concentrant sur sa voix calme quand il me parle, et sur le vent quand il ne dit rien. C'est un vent frais, agréable, doux, une brise me caressant le visage, séchant mes larmes qui ne cessent de couler. Mais malgré cela, je ferais n'importe quoi pour arrêter le temps et profiter de ce moment, car à cet instant je ne pense plus à l'apocalypse, aux morts qui marchent, je ne pense plus aux pillards, à la survie, ce sentiment de haine et de vengeance disparaît, remplacé par un sentiment de liberté, de légèreté, de bien être.

Tout ce dont je doutais ce matin, ma capacité à survivre, l'utilité de la communauté, la loyauté de mes compagnons, c'est terminé. Je ne suis pas seule, Axel me l'assure "On sera là." Je ne pleure plus, et je considère maintenant mon avenir différemment, rester ici, m'intégrer, participer. Certes ce ne sera pas facile, mais la peur, la colère, la haine, la mort, c'en est trop pour moi, je ne veux plus vivre ça. Je suis consciente de la chance que j'ai, être arrivée ici avec des gens honnêtes, à l'écoute, généreux. Je brise le silence qui dure depuis une minute.

" Happy, Shawna, et maintenant toi ... sans vous je ne survivrai pas longtemps. "

Je dis ça avec humour, en souriant, mais en restant sincère. Happy m'a sauvé la vie en me trouvant à l'armurerie, j'ai retrouvé grâce à lui le goût de vivre. Shawna m'aide énormément, avec elle je me comporte comme une adolescente normale, c'est une véritable amie. Et Axel s'est rapproché de moi au meilleur moment, il s'est comporté comme un frère le ferait, alors qu'il ne me connaissait pas le moins du monde. Je dois à ces trois personnes énormément car ils arrivent à me faire tenir dans un monde où absolument tout me semble être contre moi.
Je prends une grande inspiration, relâchant définitivement toute la pression accumulée depuis ce matin. Je me détends complètement, me rapproche légèrement d'Axel et pose délicatement ma tête contre son bras. Je ferme les yeux une nouvelle fois, profitant de ce moment comme s'il n'allait jamais se reproduire, c'est une sensation que j'ai jamais connue, à vrai dire, je ne m'étais jamais confiée de cette manière, Happy en serait jaloux.

" Merci Axel. Merci de m'avoir écouté, de m'avoir parlé, de m'avoir supporté. Très franchement merci. J'ai toujours rêvé d'avoir un grand frère comme toi. "

Je dis ça avec un peu d'émotion car c'est vrai, j'aurais aimé avoir un grand frère sur qui compter, qui m'aurait écouté et conseillé quand tout allait de travers. Quelqu'un avec qui partager ma douleur, mais aussi ma joie. Un grand frère, c'est bien plus qu'un ami, et bien plus qu'un simple lien du sang. Un grand frère, mais si il ne le dit pas, tu sais qu'il sera toujours là pour toi, te défendre, te parler, t'aimer. Aujourd'hui, je crois avoir trouvé mon grand frère sur ce perron, et c'est peut-être ça qui m'a manqué toute ma vie, une épaule solide sur qui m'appuyer.

Je vois le ciel s'assombrir au loin, comme si un orage se préparait, alors je profite de ce moment, un moment rare, quand on vit au beau milieu de l'enfer.

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Axel J. Kennedy
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MessageSujet: Re: Ce silence salvateur orné de mots   Mar 12 Juil 2016 - 21:54


    Le silence est de nouveau de mise un court instant. Peu de gens le comprennent, beaucoup d'entre eux ont tendance à le trouver plus étouffant qu'apaisant, comme si quelque chose planait au dessus d'eux, prêt à s'abattre à n'importe quel moment et à faire basculer leurs vies. Mais Sonic et moi partageons semble-t-il le même point de vue sur ce silence. Après ces semaines à ne rien dire, simplement apprivoiser la présence de l'autre, nous savons qu'il n'y a pas toujours besoin de mettre des mots sur ce qui nous entoure. Alors je laisse planer cette tranquillité pour laisser à l'adolescente le temps dont elle a besoin pour encaisser tout ça, laisser germer l'idée dans son esprit qu'elle n'a pas à se sentir obligée de continuer la route seule. Et quand elle reprend finalement la parole, des larmes figées aux coins de ses yeux, je lui souris sincèrement.

« Personne ne survit longtemps seul. »

    Je doute parfois de ces quelques mots. Parce-qu'être seul ça implique beaucoup moins d'inquiétude, s'occuper juste de soi-même c'est moins compliqué. Peut-être aussi parce-que je ne vivais pas si mal quand j'étais seul au début de tout ça. Mais je me rappelle rapidement quand même que malgré les risques de peine, de perte, et de quoi que ce soit d'autre, être entouré des personnes qui comptent ça vaut parfois toutes les nuits blanches du monde.

    La blonde finit finalement par se rapprocher un peu plus et se cale contre moi. Plus de barrière, plus de retenu ni de non-dits, elle s'accorde enfin le temps d'être elle. Comment fait-elle au juste depuis le début pour ne pas se laisser submerger par tout ça ? Elle se montre forte, et c'est tout à son honneur, mais tout le monde a besoin parfois de laisser sortir l'enfant qu'on essaye de protéger au fond de soi. D'abord un peu surpris, peu habitué à de tels rapprochement, je passe néanmoins mon bras autour de ses épaules au bout de quelques secondes et la serre un peu, appuyant mes propos précédents. Et ses remerciements me font chaud au cœur. Souriant un peu plus chaleureusement en regardant vers la gauche par dessus ses cheveux, je pense à ses derniers mots et à tout ce qu'ils impliquent.

« Merci à toi de m'avoir fait confiance. Marquant une courte pause, je repris en riant légèrement malgré mon ton parfaitement sérieux. J'avais deux grands frères moi, et je me suis toujours demandé à quoi ça pouvait ressembler d'avoir une sœur. »

    Pendant un instant, j'ai comme l'impression que plus rien ne se dresse contre nous. Que le monde est juste comme il devait être, sans impératifs et avec tout pile les personnes qu'il me fallait. J'ai bien sûr encore du chemin à faire pour accepter cette vie en communauté au sein du groupe et tout ce qu'elle implique, mais cette discussion avec Sonic est comme un petit déclic, le début d'un tout. Soupirant légèrement à la fois d'aise et de nostalgie, je repense à mes frères ; ils ne m'ont pas toujours mené la vie facile, mais ils avaient toujours fait de leur mieux pour me comprendre, malgré les difficultés et ma relation avec notre père qui s'effritait avec le temps.

    Fermant les yeux quelques secondes pour chasser au loin ces souvenirs et toute la peine insoutenable qu'ils amènent avec eux, je me demande si au fond il est seulement possible de faire le deuil de quelqu'un sans avoir la preuve réelle de sa mort... alors quand il s'agit d'une famille entière... Serrant les dents, je dégluti difficilement pour éviter de me laisser submerger et reprends d'une petite voix lourde de souvenirs.

« On a tous perdu des personnes, une famille, des amis, et on s'est tous retrouvés seuls à un moment où à un autre. Mais c'est pas simple de continuer sans famille, alors ce groupe... c'est peut-être une chance, malgré le temps qu'il faut pour l'accepter. »

    Et comme dans toute famille, les membres en venaient parfois à des querelles, à des rires, des larmes ; des milliers de souvenirs qui faisaient désormais partis de chacun de nous. Et j'avais bien l'intention de faire de mon mieux pour ne pas faillir à ma promesse, ne pas laisser l'adolescente démunie face à tout ça. Avancer ensemble, comme le ferait un frère pour sa sœur.





« Tout le monde dit que la ''survie'' n'est pas facile,
que ce n'est qu'un état second clôturé soit par une renaissance, soit par la mort.
J'ai eu ma renaissance.
»

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MessageSujet: Re: Ce silence salvateur orné de mots   Aujourd'hui à 21:34

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Ce silence salvateur orné de mots

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