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 La rencontre des anges

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Selene Sweetnam
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MessageSujet: La rencontre des anges   Ven 8 Juil 2016 - 14:36

Bell Hill était une petite ville de campagne d’à peine 850 habitants avant l’épidémie. Les rares maisons étaient presque toutes de plein pied, avec des airs de fermes, prisonnières de champs ou de grands jardins. Même les entrepôts ou hangars métalliques qu’on y trouvait détonnaient avec le décor. Leurs carcasses désincarnées semblaient plus que jamais mal à l’aise, comme ces adolescents maladroits et timides qui ne se sentaient pas à leur place. Si Selene avait voulu s’y arrêter, c’était principalement parce qu’au cours de leurs raids réguliers dans les environs, ils étaient toujours passés devant le village sans jamais y entrer. Aujourd’hui, c’était différent. Puisqu’ils avaient signé leur pacte avec les Passengers et projetaient de déménager dès qu’ils auraient trouvé un meilleur endroit, aucune ressource ne devait être négligée.

Comme très souvent depuis leur virée ensemble à Sequim, la musicienne était accompagnée par Abigail. Les deux jeunes femmes s’étaient parfaitement trouvées, que ce soit pour sympathiser ou se partager les rennes de leur communauté. L’irlandaise n’avait pas fait que reprendre le rôle de Flann : la pianiste savait qu’elle pouvait lui faire confiance les yeux fermés. Elles se comprenaient sans avoir besoin de se parler, pour beaucoup de chose, à croire que leurs émotions s’étaient synchronisées.

- Tu sais quoi ?! demanda Selene alors qu’elles étaient entrées dans le village depuis plusieurs minutes, même pour conduire, ces chaussures sont géniales !

Depuis la veille, il ne devait pas se passer de demi-heure sans qu’elle rappelle que sa trouvaille était exceptionnelle. A croire que même à une époque pareille, les jeunes femmes trouvaient encore la force de s’extasier devant les détails les plus futiles. Ou peut-être était-ce parce que sa relation avec Gabriel la rendait anormalement lumineuse. La peine était tenace, la musicienne se sentait encore en deuil, mais elle se débarrassait pourtant difficilement de son sourire depuis une ou deux semaines. Une joie de vivre inhabituelle la concernant.

Elle jeta un coup d’œil taquin à sa complice et pila brusquement au moment où elles passaient devant une maison particulièrement isolée. La réalité venait de la faire redescendre sur terre : cinq rôdeurs arrivaient depuis la direction opposée. Trainant la patte, ils étaient à une centaine de mètres et n’avaient pas encore flairé leurs proies potentielles. Le moteur du Four Runner ronronnait pendant que Selene réfléchissait, ses yeux bleus fixés sur les charognes. Attaquer ? Se replier ? Elle soupira et scruta les alentours, pour finalement s’attarder plus longuement sur la propriété. Ok… ce serait leur première halte.

-  On peut le faire, estima-t-elle prudemment, ensuite on ira visiter, y'aura sûrement des trucs là.

L’étudiante coupa le moteur, attrapa l’arbalète sur les sièges arrières et quitta l’habitacle du véhicule – non sans s’être assurée une dernière fois que rien ne la surprendrait dans l’angle mort. Elle avait des airs de Tomb Raider post-apocalyptique en s’avançant pour se mettre en position. Les morts accéléraient un peu l’allure, à une soixantaine de mètre désormais. Concentrée, la pianiste ajusta son carreau, leva l’arme, l’œil dans le viseur…

Et de un. Après des mois à pratiquer quasi-quotidiennement, elle devenait véritablement habile avec l’arbalète. Elle regrettait néanmoins que son stock de flèche ait diminué de moitié depuis qu’elle était arrivée au chalet. Entre celles qui se cassaient et celles qu’elle avait perdu… bientôt elle devra réellement s’en passer. C’était pourtant tellement mieux que les revolvers quand il était question de rester discrète.

Le temps de tendre la corde et de poser son nouveau carreau, les quatre cadavres étaient à quarante mètres. Selene ne tremblait pas, elle visait avec une assurance froide, mémorisant le gimmick des pas de sa cible et… de deux. Un sourire satisfait fendit ses traits tendus alors qu’elle s’empressait de préparer un autre tir. Son plan ? En réduire le plus possible avant qu’ils ne soient à leur hauteur. Vingt-cinq mètres, son orbe glacier était ajusté. Les râles des mordeurs étaient perceptibles désormais. Ils avaient faim et justement, le dîner leur tendait les bras.

- Merde, pesta la jeune femme. La flèche s’était coincée sous la peau putréfiée de la joue cireuse de sa cible, mais la pointe n’avait pas atteint le cerveau, faut les finir au corps-à-corps, dit-elle en ouvrant la portière arrière pour poser l’arbalète et en sortant son couteau de chasse, fais attention.


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Abigail Breckenridge
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MessageSujet: Re: La rencontre des anges   Ven 8 Juil 2016 - 15:53

Les jours passaient lentement. Ils se ressemblaient. Toujours ces mêmes cauchemars, ces mêmes images dès qu'elle fermait les yeux. Toujours ces regards inquiets, tristes. Toujours la tombe, au loin, qu'elle regardait fixement quelques instants chaque matin quand elle sortait du chalet, toujours cette tâche brune sur le sol qui ne partait pas malgré toute l'énergie qu'elle avait mis à tenter de l'effacer et qui portait avec elle le souvenir de la balle qu'elle avait tiré dans la tête de la jeune femme. Intérieurement, elle savait que c'était ce qu'elle devait faire. Mais elle portait le fardeau d'avoir tiré sur quelqu'un de sa famille. D'autant plus sur une femme qui allait, dans quelques mois, mettre au monde un enfant, une lueur d'espoir, d'humanité.

Abigail accompagnait Selene, ce jour-là, comme à peu près toutes les autres fois depuis qu'elles s'étaient découvert une certaine complicité. Leur folie, leurs doutes, leur courage, leur vision du monde semblait se faire echo. C'était rassurant. Abi savait qu'elle ne serait jamais seule et Selene pouvait compter sur elle. Dorénavant, elle aidait régulièrement Selene à prendre des décisions et à mener du mieux qu'elles le pouvaient ensemble leur famille dans un endroit plus sécurisé. Loin des mauvais souvenirs. Au début, l'alternative du déménagement avait été dérangeante pour Abi pour une seule et unique raison : le corps de Flann reposait au chalet et partir lui donnait l'impression de l'abandonner. Mais ce n'était plus sur là haut et elles devaient protéger le reste des habitants du chalet. D'autant plus qu'à présent, un pacte avait été conclu avec un autre groupe et qu'ils devaient se rapprocher.

La blonde tourna la tête vers son amie, un léger sourire amusé accroché à ses lèvres. De toute évidence, il restait en Selene un brin de leur ancienne vie : cette manière qu'avait en général les jeunes gens à s'extasier devant THE trouvaille. Elle se souvenait avoir la même réaction quand elle faisait de véritables affaires. Aujourd'hui, tout cela était exacerbé et une simple paire de chaussures pouvaient les faire sourire des jours durant. Cependant, elle savait pertinemment que la joie de vivre subite de Selene n'était pas simplement dû à ses pieds confortablement installés. Ils avaient tous appris, il y a quelques jours, qu'elle et Gabriel avait démarré une relation. Abi avait accueilli la nouvelle avec beaucoup de bonheur. Une nouvelle fois, l'espoir renaissait. L'amour était quelque chose de précieux, surtout dans ce monde, et puis qui sait ? Peut-être qu'un jour, Selene et Gabriel agrandiront leur famille ?

La voiture se stoppa et Abigail aperçut à son tour les morts. Dans un léger soupire, elle descendit à son tour et claqua la portière. Elle se place aux côtés de Selene, machette en main, et attendit. Elle grimaça légèrement quand la flèche n'acheva pas le cadavre. « T'inquiète. » répondit-elle furtivement à son amie. A deux, elles pouvaient le faire sans de trop grandes difficultés si tout se passait bien. Abigail s'était littéralement transformée depuis son arrivée au chalet. Elle qui durant tout l'hiver avait évité soigneusement ces monstres, la voilà à présent s'avancer vers eux. Elle enfonça d'un coup vif la machette dans le crâne du mort à la flèche enfoncée dans le visage. Il s'écroula sur le sol et elle tira énergiquement pour récupérer leur dû.

Ils étaient lents et plutôt amochés par les mois de décomposition. Abigail s'était habitué à l'odeur et elle n'avait plus de nausées quand elle se trouvait trop près de l'un d'eux. Comme si tout son corps, dans les moindres détails, s'était habitué à vivre avec la mort. Lorsqu'elle se retourna, elle se retrouva face à face avec un des monstres. Il était trop près pour lui donner un coup de machette (qui l'obligeait à prendre de l'élan). Alors elle donna un violent coup de pied dans le torse du macchabée, son pied manquant de peu de s'enfoncer dans la chaire pourrie. Le mort fut déséquilibré et tomba au sol. La jeune femme en profita pour attraper le couteau de chasse accroché à sa ceinture et avant qu'il ne se relève, elle lui enfonça la lame dans l'orbite mettant fin à ces râles, le sang s'éclaboussant sur son jean.

« Merde, mon jean tout neuf ! » s'exclama Abigail, contrariée, « tout neuf » signifiant « tout juste pillé de la veille ».

Quand elle releva la tête, la voix fut libre. Selene avait achevé les autres. Dans un souffle, elle dégagea de ses yeux une mèches blondes qui la gênait et rangea le couteau de chasse à sa place avant de se tourner vers son amie.

« Fais gaffe à tes pompes ! » lui lança-t-elle, l'air légèrement taquin, désignant les pieds de la jeune femme d'un signe de tête.



 
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Charlie Bushbury
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MessageSujet: Re: La rencontre des anges   Lun 11 Juil 2016 - 12:27

Le chalet ne devait pas être très loin. Robert m’avait donnée cette adresse et cette personne, digne de confiance, ne m’avait probablement pas trompée. Il me suffisait simplement de trouver la maisonnette. Mon sens de l’orientation n’était pas le meilleur, évidemment, mais j’avais récupéré une carte sur la route et m’étais fait un itinéraire pour trouver assez facilement. Le périple avait été long, je n’avais plus l’habitude de voyager seule. Toutefois, Gary avait été là, toujours, comme un soutien. Mon chien ne râlait presque jamais, même si la faim le gagnait plus que nécessaire. Je devais retrouver Robert, je n’étais pas loin de la maison de vacances, je le sentais, mais je n’avais pas la force de m’y rendre seule. Je n’avais pas envie de découvrir quelque chose sans personne. Robert était la personne idéale pour m’aider.

La route que j’avais emprunté paraissait sûre, mais alors que je marchais, le couteau à la main (on ne savait jamais sur quoi on pouvait tomber !), je vis au loin une troupe de mordeurs, prêts à manger quiconque passerait trop près d’eux. Je me demandais ce que je pouvais faire, mais n’eus pas le temps d’y réfléchir davantage que je vis soudainement les corps s’affaisser les uns après les autres. Les mordeurs mourraient. Alors que mon esprit embrumé par la fatigue d’un long voyage se demandait si les miracles pouvaient avoir lieu, je remarquais que des flèches étaient plantées sur les deux premiers et en y regardant mieux, je vis une jeune femme planter sa machette dans l’un des crânes du monstre.

Ça alors ! Pensais-je en me camouflant derrière un arbre, le long de la route. Discrètement, je jetais un coup d’œil. La femme retournait vers une voiture, où se trouvait une deuxième femme. Elles semblaient être seules. Je ne les connaissais pas et ne savais pas, par conséquence, si elles étaient aimables ou néfastes. Je ne savais pas quoi faire, ne voulant pas m’approcher. Je ne voulais pas mourir. Concentrée dans cette « rencontre », je ne remarquais pas le monstre qui s’était approchée de moi. C’est son râle grave, qui résonna pratiquement dans mes oreilles, qui me fit réagir au quart de tour. M’éloignant de l’arbre pour ne pas me faire croquer, je le laissais revenir à moi pour mieux planter mon couteau dans sa boite crânienne.

Une fois cela fait, je reconnus mon erreur. Maintenant, les deux filles allaient me voir et peut-être me faire la peau, me piller ou pire. Et merde, pestais-je intérieurement. Je pouvais peut-être fuir. Je regardais de tous les côtés, ne sachant trop que faire. Si je fuyais, je ne pourrais pas revoir Robert. Si je ne fuyais pas, j’allais peut-être mourir. Cruel dilemme !
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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: La rencontre des anges   Lun 11 Juil 2016 - 16:14

De l’eau avait coulé sous les points depuis que l’irlandaise avait accompagné Selene pour leur première expédition en duo. A l’époque, elle n’en menait pas large, terrorisée par les morts et l’idée de les rencontrer. Aujourd’hui, elle était plus à l’aise que la brunette, ça faisait presque froid dans le dos. Les charognes avaient beau être ralenties par des mois de décomposition, elles n’en étaient pas moins agressives – et hideuses. Des morceaux entiers de chair s’étaient décrochés de leurs visages, des lambeaux de peaux pendouillaient à leurs os, leurs vêtements de ville étaient usés à la corde.

Il n’y en avait plus que trois et ce fut Abigail qui se retrouva en infériorité numérique. Sa lame en main, la musicienne attendit, défiant du regard les yeux blancs du macchabé qui avait encore son carreau planté dans la joue. Ses doigts serraient fermement le manche de son couteau, elle était prête. Non sans grimacer à cause de l’odeur infect, elle laissa le putréfié saisir ses épaules frêles. Réagissant vivement, la pianiste passa son bras son l’étreinte et enfonça sa lame sous la mâchoire du rôdeur, jusqu’à la garde. Il s’arrêta immédiatement et après un instant de flottement, s’effondra mollement à ses pieds.  

- Dégeulasse…, commenta Selene dont la main était recouverte de sang coagulé et de graisse cadavérique.

Elle se pencha pour s’essuyer sur les fripes du mort alors que son amie achevait son deuxième adversaire. Ensuite, elle récupéra sa flèche, qui n’avait heureusement pas été abîmée, et retourna vers la voiture pour reprendre son arbalète. Un sourire en coin feignant la vantardise étira ses lèvres fines après que son aînée l’eut taquinée à propos de ses chaussures neuves.  

- T’en fais pas, je sais me défendre proprement, moi.

La musicienne avait insisté sur le dernier mot pour bien faire comprendre que les nouvelles taches sur le pantalon de sa complice ne lui avait pas échappé, et elle lui tira la langue comme une enfant pour appuyer la plaisanterie. Riant doucement, avec désinvolture, Selene tendit la corde de son arme et encocha son carreau.

- Aller viens, je récupère mes autres flèches et on inspecte la maison.

Elle avançait déjà vers les corps inertes écrasés par les rayons du soleil estival quand, brusquement, une femme jaillit de derrière un arbre, un rôdeur à ses trousses. La musicienne avait légèrement sursauté, son arbalète dressée, prête à tirer, mais sur qui ? Le mort ? Le vivant ? A ses yeux, les deux pouvaient être dangereux. D’un regard entendu avec l’irlandaise, elle s’approcha à pas mesurés, s’assurant régulièrement que personne d’autre n’approchait. Entre temps, la charogne fut maitrisée, le crâne perforé par l’acier.

- Bouge pas, ordonna-t-elle une fois à moins d’une trentaine de mètre, bouge pas, je te promets que je ne te raterai pas sinon.

Hormis les membres de la communauté de la ferme Wheeler, la pianiste n’avait pas revu de vivants depuis ceux qui avaient attaqué le chalet. Pas un seul. Alors dans son inconscient, les cadavres étaient enregistrés comme angoissants, mais ses semblables lui apparaissaient comme de véritables menaces. Et cette femme était là… seule ? Il y a de cela environ un mois, voire plus, le chasseur qui l’avait attaqué dans les bois étaient seul lui aussi. Mais il avait un groupe. Un groupe qui avait trouvé son refuge et tué Flann. Selene ne laisserait plus ça arriver, plus jamais. Elle s’était arrêtée à environ quatre ou cinq mètres. Suffisamment proche pour ne pas manquer sa cible en cas de besoin, mais assez loin pour être hors d’atteinte. Dans sa tête malade, les voix recommençaient à parler, un bruissement de murmures qu’elle s’efforçait d’ignorer.

…Souviens-toi… …tue-la… …Flann… …ta faute… …pas un problème… …la tuer… …fais-le…

- Lève les mains, dit l’étudiante plus posément, et dis à ton chien de se tenir tranquille. Vraiment, ça me ferait plus de mal de tirer sur un animal que sur un humain, mais je le ferai s’il nous attaque.

Et elle était sincère. A ce stade, elle serait bien plus affectée par la mort du meilleur ami de l’Homme que par celle de sa maîtresse. Ses yeux bleus fixaient intensément l’inconnue. Elle n’avait pas l’air méchante, plus paumée qu’autre chose… mais non. Non. Elle ne pouvait pas prendre de risque par laxisme.

- Mon amie va te fouiller. On récupère tes armes pour l’instant, précisa Selene en la transperçant du regard, on les gardera au moins jusqu’à ce que tu nous aies expliqué pourquoi tu avais l’air de nous espionner. Tu viens d’un groupe ?


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Abigail Breckenridge
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MessageSujet: Re: La rencontre des anges   Mar 12 Juil 2016 - 14:59

Un regard et elles se comprirent instantanément. Abigail connaissait l'appréhension de Selene pour les humains et elle la comprenait. Elle connaissait aussi l'envie de protéger qui pouvait la pousser à commettre l'irréparable. Si il était parfois indéniable qu'elles devaient tuer des vivants (l'attaque du chalet et lors de leur virée au Costco), du moins pour elle, ici il était inutile et dangereux de provoquer la mort de la jeune inconnue : qui sait ? Elle avait peut-être un groupe qui tenterait de la venger. Ca ne serait pas la première fois. Mais Selene était assez intelligente pour en avoir conscience et même si Abi savait pour les voix et ce qu'elles lui disaient de faire, elle savait son amie assez forte pour lutter contre cela.

Abigail acquiesça d'un signe de tête. Elle accrocha la machette à sa ceinture sur un crochet qu'elle avait collé contre le cuir à cet effet puis elle s'approcha de la jeune femme d'un pas décidé. Elle n'avait pas l'air dangereuse mais l'Irlandaise savait qu'il fallait se méfier des apparences. Selene et elle même, jeunes, plutôt jolies, frêles paraissaient inoffensives. Et pourtant une sombre mutilation avait libéré les ombres de leur âme. Elles étaient prêtes à bondir, comme des louves, à montrer les crocs et à attaquer si elles sentaient leur vie et celles de ceux qu'elles aiment menacée.

D'un geste sec elle arracha le couteau des mains de l'inconnue et la glissa dans la poche arrière de son jean. Par tapotements, elle fit le tour des poches et des endroits où une arme pouvait être cachés (ceinture, chaussures, chaussettes, soutien-gorge), puis d'un geste quelque brusque, elle retourna la jeune femme et en fit de même de l'autre côté. « C'est bon. » déclara simplement Abigail en reculant de deux pas. Elle jeta un coup d’œil au chien et fut impressionnée par son obéissance. Il n'avait pas bougé d'un poil.

Elle reposa les yeux sur la jeune femme quand elle fut attirée par un geste nerveux de cette dernière. Dans sa main gauche, celle qui ne tenait pas le couteau il y a encore quelques secondes, un papier qu'elle faisait bouger. Le geste était rapide, sec, convulsif. « C'est quoi ça ? » demanda la blonde en lui arrachant le petit bout de papier des mains. Son sang ne fit qu'un tour et elle sentit la colère monter en elle. Est-ce que cette fille faisait partie du groupe qui les avait attaqué ? Est-ce qu'il s'agissait d'un clan plus grand, prêt à venir prendre sa revanche ? Est-ce que cette fille avait été l'éclaireur qui avait permis l'attaque au chalet ? Pourquoi avait-elle leur adresse sur ce morceau de papier usé ?

Ni une ni deux, elle attrapa les cheveux de l'étrangère de sa main libre pour la soumettre. La douleur fit plier les genoux de la jeune femme. Abi exerça une pression sur le crâne de sa victime pour que celle-ci, déjà affaiblie, tombe à genoux. La main toujours agrippée aux cheveux de l'inconnue, Abi, une moue féroce accrochée à ses lèvres, planta devant les yeux de la jeune femme le papier.

« Où t'as eu ça ? Qui t'a filé cette putain d'adresse ?! » Elle entendit Selene s'approcher et lâcha sa prise. Elle sentait qu'elle pourrait perdre le contrôle si elle ne cherchait pas à se calmer. « Cette garce a noté l'adresse du chalet. » reprit-elle en s'adressant à son amie, tentant de se calmer. Elle tendit l'objet du délit à la brune. Elle reporta son attention sur la jeune femme agenouillée et s'accroupit près d'elle. « Je te conseille fortement de répondre à nos questions. Ou on va devoir employer la manière forte. » lui glissa-t-elle doucement d'une voix basse. A vrai dire, la « manière forte » n'était pas vraiment au programme. Si Abi concevait de tuer pour survivre, elle n'affectionnait pas la torture ou la violence pour faire parler. Mais faire peur était le meilleur moyen, pour le moment et avec ce genre de personne vulnérable, d'avoir des réponses à leurs questions.



 
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Charlie Bushbury
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MessageSujet: Re: La rencontre des anges   Mer 13 Juil 2016 - 10:56

J’allais prendre la décision de roder autour de la maison pendant un certain temps, mais en restant à bonne distance des deux femmes. De nos jours, il fallait se méfier de tout le monde. Toutefois, mon « plan » fut contré par l’une des femmes qui m’ordonna de ne pas bouger, son arbalète pointée dans ma direction. Je l’avais vu tirer et je savais qu’elle se débrouillait bien. Comme elle l’avait dit, elle ne me raterait pas. Ainsi, je cessais de bouger. Merde. Pourquoi je me foutais toujours dans la merde ? La femme semblait jeune, plus jeune que moi en tout cas, légèrement plus jeune. Elle m’indiqua de lever les mains. Heureusement pour moi, Gary était immobile à mes pieds, comme s’il ne sentait pas vraiment de menaces. A quoi bon avoir un chien s’il ne me protégeait pas vraiment ? Pensais-je ironiquement.

Je levais mes mains en l’air, le couteau pointant vers le ciel. De toute façon, à la distance que je me trouvais des deux filles, il n’y avait aucun risque que je les touche ou quoi que ce soit. La seule personne en danger ici, c’était moi. La fille qui me « parlait » depuis tout à l’heure m’indiqua que son amie allait me fouiller et me prendre mes armes. Crotte de crotte. J’étais vraiment dans la merde jusqu’au cou. Sans armes, je n’étais plus bonne pour rien, je serais une simple victime. Le plus désespérant était de savoir que les filles devaient lire dans mon regard une grande crainte. Pourquoi n’arrivais-je pas à cacher ma peur quand j’avais peur ? J’aurais voulu être plus discrète niveau sentiment. Alors que l’autre fille s’approchait de moi, l’autre me demanda si je venais d’un groupe. Je me raclais la gorge et indiquais :

- Je suis seule, dis-je concisément.

C’était toujours la même réponse, j’étais toujours seule. C’était pour cela que j’étais venue ici, pour chercher Robert, pour ne plus être seule dans ce voyage. L’autre femme n’était pas vraiment douce et me fouilla sans ménagement. Enfin, la femme remarqua le morceau de papier, celui même qui m’avait été donné par Bobby et qui serait peut-être bientôt l’origine de ma mort, ce qu’il ne savait pas avant de me l’avoir donnée bien entendu. Je ne m’attendais tellement pas aux gestes de la femme, qui m’avait pris sauvagement les cheveux, qu’un cri avait failli transpercer ma bouche. Je ne voulais pas, toutefois, lui accorder ce petit plaisir. C’était hors de question, je me devais d’être plus forte que cela. Toutefois, la pression qu’exercait la jeune femme sur mes cheveux me força à me mettre à terre. Une voix hurla, me posant toute sorte de question : où avais-je eu le papier ? Qui me l’avait donnée ?

Je ne savais que répondre. Je ne pouvais évidemment pas parler de Bobby, je ne voulais en aucun cas qu’il ne lui arrive malheur. Que pouvais-je dire ? Si les filles voulaient me tuer, qu’elles le fassent, mais rapidement. Je n’avais pas particulièrement envie de souffrir. Gary s’agitait à mes côtés. Alors que son obéissance avait été exemplaire jusque-là, me voir souffrir lui coutait. Il grogna alors de toutes ses forces en direction de la femme qui me tenait les cheveux.

- Lâche-moi, énonçais-je distinctement et doucement, non sans tremblement néanmoins.

Je voulais paraitre forte et assurée, mais ce n’était pas encore parfait.

- Je… Une personne m’a donnée cette adresse, répondis-je quand même.

Gary grognait toujours à mes côtés, prêts à passer à l’attaque au moindre mouvement de la part des filles. Si je me mettais à hurler, ce serait pire. Le chien deviendrait enragé. Il était très calme, mais avait pour horreur de me voir crier et les agresseurs s’en voudraient toujours de m’avoir fait pousser un cri.
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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: La rencontre des anges   Mer 13 Juil 2016 - 16:45

Elle ment. …elle ment… tu le sais ?... ils mentent tous…
Tue la…
Tue la.
Tue la !


- Non, pas encore.

Dans sa tête, les voix avaient retrouvé toute leur férocité après que l’inconnue ait affirmé être seule. Selene ne s’était même pas rendu compte qu’elle avait rétorqué à haute voix, la tête légèrement tournée, comme si elle s’adressait à quelqu’un dans son dos. Heureusement qu’Abigail s’occupait efficacement de la fouille, son petit moment de flottement aurait pu être fatale. Ses paupières papillonnèrent alors qu’elle se raccrochait à la réalité, ses doigts se crispèrent un peu plus sur l’arbalète.

Tue la… …elle ment… …elle ment… …tu le sais… …fais le bon choix…


Les murmures se faisaient plus discrets – ou plus sournois. La découverte du papier venait de geler ses entrailles, la tirant définitivement de son absence, mais ce n’était pas forcément une bonne nouvelle pour la concernée. Ses yeux froids regardèrent sans ciller l’irlandaise qui malmenait l’inconnue, l’incendiant, sous le regard de son chien. Ce dernier commençait d’ailleurs à s’agiter, enfin, montrant les crocs de moins en moins timidement.

La musicienne s’avança de quelques pas ; juste pour gagner deux mètres. Si la bête se jetait sur Abigail, ce qu’il fallait éviter, elle voulait être certaine de ne pas rater. Elle consentit lentement à détacher une main de son arme pour saisir l’objet de la discorde et, impossible de se tromper : c’étaient les coordonnées du chalet. De leur maison. Selene était blême, le regard fixe ; un miroir qui ne renvoyait qu’une lueur de démence.

Les grondements du quadrupède s’élevaient fortement désormais, pas de doute sur son intention d’attaquer si les jeunes femmes blessaient sa maîtresse. Alors, toisant la brune mise de force à genoux par sa complice, la pianiste baissa légèrement son arme et conseilla dans un souffle :

- Eloigne-toi. Son chien va te mordre si tu t’acharnes trop.

D’ailleurs, l’inconnue confiait qu’une « personne » lui avait donné cette adresse. Admirable tentative pour cacher l’identité du coupable, mais ça ne suffirait pas, loin de là. L’étudiante eut sa petite idée pourtant. Une femme seule, plutôt mignonne, qui s’aventurait si loin de la ville pour trouver le refuge ? Voyons… Ça ressemblait étrangement à la façon dont elle, et Abigail, étaient arrivées. Mais si c’était vraiment le cas, alors il allait falloir avoir une discussion avec Bobby ; qu’il arrête de disséminer l’emplacement de leur cachette aux quatre vents.  

- C’est notre maison que tu cherches, répondit Selene d’une voix glacée, ce n’est pas n’importe où. La dernière fois que des gens sont venus nous trouver, ils ont tué l’une des nôtres… et ils sont tous morts.

Elle laissa planer un instant l’information. Réaliste. Menaçante. Que son interlocutrice comprenne que ce n’était pas une scène, qu’aucune des deux ne jouerait aux devinettes. Peut-être qu’il s’agissait d’une amie de Bobby, ou peut-être qu’elle était l’éclaireuse d’un groupe qui voulait les dépouiller – voire les deux. Affirmer être seule, ça ne suffisait plus. La musicienne avait épuisé ses maigres réserves de confiance le mois dernier.  

- Alors tu vas nous dire exactement qui t’a dit où nous trouver et pourquoi. Tu n’as pas d’autre choix, précisa-t-elle après une brève pause, tu parles, ou tu meurs ici.

Quelque chose eut l’air de varier dans ses yeux bleus. Un sursaut d’empathie, qui vint diluer la folie mais qui ne réchauffait pas les glaces sans teint qui lui servaient de regard. Elle contrebalança très vite cette fissure en redressant la pointe de son arbalète vers la poitrine de l’inconnue.

- Ça ne me fera pas plaisir tu sais ?! Mais je ne prendrais plus le risque que d’autres gens s’en prennent à nous.


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MessageSujet: Re: La rencontre des anges   Aujourd'hui à 4:11

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La rencontre des anges

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