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 Please, hear my call for help...

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Rosaleen A. Glanmor
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MessageSujet: Please, hear my call for help...   Ven 8 Juil 2016 - 8:51


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Vendredi, 8 Juillet 2016


La galloise avait demandé la veille à quitter l'infirmerie, elle ne supportait plus tous ces gens sans cesse autour d'elle, ne supportait plus leurs regards à la fois pleins d'inquiétude et de culpabilité, ça ne faisait que lui rappeler un peu plus tout ce poids qu'elle portait sur ses épaules, ce qu'elle avait vécu... Elle deviendrait folle si elle continuait à encaisser cela chaque jours. Alors, après trois jours passés à l'infirmerie, elle avait fait de son mieux pour venir dans cette pièce ; une salle de classe pas vraiment accueillante, banale, où trônaient encore tables et chaises, mais elle avait calé dans un coin un sac de couchage. Ses jambes étaient encore mal assurée et la nervosité la prenait à chaque fois que quelqu'un se faisait un peu trop proche ; la rousse voulait éviter tout contact, elle le devait, c'était devenu viscéral, comme si un simple contact la brûlait.

Son esprit toujours trop embué, elle ne s'était pas réellement rendue compte à quel point cette situation blessait Ian, tout ce qu'elle savait c'était qu'elle n'en pouvait plus de voir toute cette douleur au fond de ses yeux. Alors elle s'était réfugiée ici le jeudi en fin d'après-midi, sans emporter quoi que ce soit de la chambre qu'elle avait quitté presque une semaine plus tôt, si ce n'est quelques habits, ne supportant plus ces vêtement sales qui lui rappelait tant de mauvais souvenirs. Elle n'avait pas voulu qu'on la touche, qu'on l'aide à s'habiller, alors jusqu'à son arrivée dans cette pièce, elle avait gardé ce short abîmé et ce débardeur délavé. S'était rendue aux douches quand tout le monde dormait et, une fois seule, nue, elle avait regardé son corps et avait fondu en larme. Seule. Quand pourrait-elle à nouveau se regarder dans une glace et rester de marbre ? Peut-être jamais, en tous cas il était encore bien trop tôt. Elle avait d'ailleurs refusé de s'attarder sur son visage tiré par la fatigue, la douleur. Ses yeux vides et morts.

Rosaleen n'avait pas mangé, ni hier soir ni ce matin, malgré ce qu'avait déposé Sally pour elle, il n'y avait plus personne pour la forcer maintenant qu'ils n'étaient plus à son chevet. Elle avait toutefois dû sortir deux fois de la pièce pour aller une fois prendre sa douche, tard, et l'autre fois chercher de l'eau, et les deux fois elle avait faillit trébucher sur Ian qui était adossé contre le mur devant sa porte, les jambes tendues devant lui. Le voir comme ça, si désemparé et plein de remords l'agaçait plus que ça ne l'attristait ; elle n'aurait jamais réagit de la sorte avant, n'aurait même jamais ressenti un tel agacement envers l'homme qu'elle aimait pourtant, mais là... tout était différent. Elle avait besoin d'être seule, pas qu'on la surveille sans cesse. Besoin d'être tirée vers le haut, qu'on l'aide à reprendre une vie normale, et pas qu'on se complaise en culpabilité et souffrance. La douleur elle la ressentait à chaque seconde, à chaque souffle, elle n'avait aucunement besoin qu'il en rajoute une couche.

Le pire dans tout cela était peut-être qu'elle n'avait encore rien dit à personne depuis son retour. Elle n'en avait eu ni la force ni le courage. Mettre des mots sur ce qui lui était arrivé était complètement infaisable, cela rendrait la chose encore plus réelle et elle n'aurait d'autre choix que d'aller toujours un peu plus profondément dans ses explications, ravivant une partie de son esprit qu'elle avait forcé à taire. Elle même n'avait pas entendu le son de sa voix depuis... depuis qu'il l'avait violée. Le seul son qu'elle avait été capable d'émettre depuis avait été ces sanglots déchirants qu'elle tentait pourtant de contrôler mais sur lesquels elle s'endormait chaque soir.

Ce matin là, en se réveillant seule, elle était partagée entre le soulagement de ne pas croiser tous ces regards suppliants, et l'impression rapide de se réveiller dans cette cave. Un frisson l'avait parcouru alors qu'elle s'était rapidement dirigée vers la fenêtre. Les volets étaient partiellement fermés, ne laissant passer que de fins rayons de soleil ; rien que ce simple contact la rassura et elle ferma les yeux un instant. Sortie de ses pensées par des voix juste devant sa porte, elle se figea, priant presque pour qu'ils oublient sa présence... Mais la clenche s'abaissa. La jeune femme se précipita gauchement jusqu'à son lit de fortune, manquant de se prendre le coin d'une table dans la hanche, et s'y assit en repliant les jambes contre elle ; au moins là, dans cette position, elle se sentait un peu plus en sécurité.

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Ayden W. Forestier
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MessageSujet: Re: Please, hear my call for help...   Ven 8 Juil 2016 - 23:40

Ayden avait le cœur brisé. Brisé de savoir Ian si malheureux, brisé de ne pas avoir pu protéger Rosaleen qui était encore en état végétatif et craintive, telle une petite chose sur la défensive après avoir été agressé par d'autres bêtes plus forte qu'elle. Il se souvenait avoir eu le regard embué quand à son réveille, elle avait repoussée le médecin qui jusque là, avait eu le courage d'attendre chaque retour d'expédition, jour après jour pour avoir enfin une bonne nouvelle. Le muet se souvint s'être énervé mentalement face à la destruction de celle qu'il aimait nommer son rayon de soleil. La joie, la bonne humeur et les encouragements de la bienveillante manquaient à toutes les personnes qui la fréquentaient. C'est pourquoi les différentes personnes agglutinées à son chevet s'inquiétait de son sommeil si profond et de son réveil d'horreur. L'illustrateur n'avait pas fait grand chose face aux débuts pénibles qu'offraient la jeune femme à la troupe d'amis. Il avait alors laissé un calepin et un stylo à la rousse avant de s'en aller, ayant préféré suivre Lex dans une aventure loin du camp, le temps de quelques heures, se coupant de cette haine qui réclamait de trouver le ou les salauds qui s'en étaient prit à la dame aux cailloux.

Finalement, après des jours à tourner en cage, l'homme s'était décidé. Il devait la voir. Essayer de gratter la carapace en ciment, des ongles s'il le fallait, pour essayer de faire sortir la galloise de son trou mental. Le muet savait parfaitement que Ian montait la garde devant l'antre de sa bien-aimée. Comme à l'accoutumé, le muet apporta sa dose de café au copain esseulé et brisé, lui demandant d'aller se repose sans que ce dernier ne s'y résout. Soupirant, l'illustrateur lui avait tapoté l'épaule en se promettant de demander à Kendale et Seth de le bouger afin qu'il puisse retrouver sa couchette et se reposer parce qu'il commençait à ressembler à un des infectés que tous devaient craindre. Ayden se posta face à la porte, sa gorge se bloquant, son estomac se nouant. Allait-il trouvé une espèce d'enfant de la jungle, là dedans ? Une Tarzane au poil hérissé par la peur ? De nombreuses questions sautaient dans la tête du muet, se fracassant les unes contre les autres tant elles défilaient à toute allure. Bon sang, est-ce qu'il était prêt pour ça ? Délicatement, il posa une main sur le sac qu'il transportait toujours en bandoulière, des vivres pour Rosaleen, c'était ça son excuse pour venir la voir mais aussi et surtout la pierre qu'elle lui avait donné. L'amétrine. Il ignorait s'il était possible d'échanger les caillasses mais il avait prit la peine de purifier l'objet comme elle le lui avait apprit. Il avait remarqué l'absence autour de son cou. De sa main libre, l'homme fit tourner la poignée de porte et ouvrit...

Les yeux bleus du brun s'habituèrent rapidement à la lumière de la pièce et son premier réflexe fût de poser les yeux sur la rousse, recroquevillée sur elle, dans un coin. A l'autre bout du monde. Il avait l'impression qu'elle était à l'autre bout du monde. Lui faisant ainsi face, Ayden avait l'impression d'avoir du plomb dans les chaussures. Ou mieux ! qu'il s'était transformé en statut de plombs. Il sentait ses mains trembler, la salive disparaître, rendant sa bouche sèche. Bordel, était-il toujours aussi prêt à revoir son amie dans cet état ? Doucement, il se passa la main dans les cheveux et soupira, s'approcha doucement de la demoiselle. Lent, toujours plus lent... A cette allure, jamais il ne parviendrait à diminuer la distance entre eux. Jusqu'à ce qu'il se retrouve à deux pas d'elle. Elle, inquiète semblait n'attendre qu'une chose, qu'il s'en aille. Toujours aussi lent dans ses mouvements, il posa son sac sur le sol et posa les effets emmenés pour elle. Doucement, il enlevait de quoi grignoter, à boire, de la lecture sur son pays d'origine qu'il avait trouvé en farfouillant entre les étagères du CDI de l'établissement. Enfin, dernier trésor de la collection, il prit un mouchoir en papier qu'il posa délicatement sur le livre. La pierre reposait à l'intérieur. Pour le muet il sagissait d'un double gage. D'abord celui qui visait à lui montrer qu'il l'avait gardé précieusement, comme s'il entretenait un lien avec son amie mais aussi son envie de l'aider, qu'importait ce que ça pouvait lui coûter à lui.

Les choses faites, il examina encore un peu l'état défensif dans lequel était Rosaleen et se recula d'un pas puis deux et se décala pour aller se mettre près de la porte. Il s'asseyait en face d'elle mais ne fit rien, détournant le regard, comprenant que la jeune femme ne supportait même pas qu'un ami la voit. A la place, l'illustrateur fit ce qu'il savait être bien pour lui, afin d'apaiser son esprit inquiet. Il prit son carnet à dessin et se mit à gribouiller, poursuivant les illustrations de BD qu'il avait déjà commencé. Si seulement la rousse savait qu'elle en était l'héroïne. Elle n'était pas prête à recevoir un telle compliment, ce serait un encaissement de trop pour elle et ça, le français le comprenait.


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Rosaleen A. Glanmor
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MessageSujet: Re: Please, hear my call for help...   Sam 9 Juil 2016 - 12:46


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La jeune femme s'était attendue au pire, elle s'était même demandé une seconde si l'hispanique et son ami ne l'avaient pas retrouvée et étaient revenus pour la récupérer... Ils auraient très bien pu dire aux autres qu'ils étaient amis, ou n'importe quoi d'autre : dans l'esprit de la jeune femme, ils parviendraient parfaitement à arriver jusqu'à elle s'ils le souhaitaient. La mâchoire serrée et tous ses muscles tendus, la galloise senti un léger poids la quitter quand elle se rendit compte que ce n'était qu'Ayden qui passait la porte, mais elle ne se détendit pas totalement pour autant, gardant ses jambes serrées contre elle. Rosaleen ne prêta pas réellement attention à l'hésitation de l'homme, ni à son trouble, se contenant de fixer ses pieds pour s'assurer qu'il n'allait pas se mettre trop près.

Il avançait, encore et encore, tandis qu'une vague d'angoisse reprit la rousse ; elle ferma un instant les yeux et prit une profonde inspiration pour essayer de la contrôler, de l'étouffer, mais n'y parvint qu'à moitié et finalement son corps s'était refait tremblant. Quand le français s'arrêta à quelques pas d'elle, Rosaleen releva lentement son visage jusqu'à croiser son regard. Le sien devait être vide, mis à par une légère lueur d'angoisse indéfinissable qui y avait élu domicile. Celui du muet était plein d'inquiétude, de peine, de rage aussi... Incapable de dire quoi que ce soit, ou même de supporter plus longtemps ce poids, elle baisse la tête et regarde ses propres genoux, craignant qu'il ne cherche un quelconque contact.

Mais l'illustrateur n'en fait rien et se contente de déposer près d'elle des petites choses qu'il a apporté. Sans afficher la moindre émotions, la galloise porte sur chaque chose son regard, penchant légèrement la tête sur le côté en voyant le magazine sur son pays d'origine, puis le petit mouchoir posé dessus. Pourquoi s'entêtaient-ils tous à être aux petits soins comme ça ? Elle avait parfaitement conscience que depuis le début de cette apocalypse elle n'avait été qu'un fardeau, incapable de se défendre seule et d'accepter le sort qui était réservé aux hommes, alors pourquoi ne la laissaient-ils pas juste de côté ? Soupirant légèrement, elle se détendit un tout petit peu quand le brun s'éloigna ; il resta néanmoins assis près de la porte, calmement.

Malgré l'aura pleine de stress que dégageait le muet, la jeune femme tenta d'y faire abstraction ; ressentait-elle réellement cette aura ou n'était-ce que l'écho de ce qui se jouait en elle ? Qu'importe, c'était sans importance désormais. Elle aurait peut-être dû se sentir coupable d'engendrer chez ses amis de tels sentiments, après tout, c'était de sa faute si elle en était là, c'était elle qui était sortie seule... Serrant les dents pour éviter de se plonger encore dans tout cela, elle serra les poings pour ne pas trembler ; ce n'était pas le moment de se laisser aller, pas maintenant, pas encore. Au fond, c'était peut-être ça aussi le plus difficile : se tenir pour ne pas craquer devant les autres. Peut-être était-ce pour cela qu'elle préférait être seule, ainsi la rousse était certaine que personne ne voyait réellement ce qu'elle était devenue. Elle n'avait pas pleuré devant qui que ce soit depuis son arrivée, mais nul doute que Ian devait entendre par moments ses gémissements de plainte.

Jetant un rapide regard à Ayden qui s'était mis à dessiner, elle prit la bouteille d'eau et en bu une gorgée ; à nouveau, une brûlure lui rappela que sa gorge était bien trop sèche et qu'elle ne devait pas attendre le dernier moment comme ça... mais ça aussi, ça lui était égal. Elle se disait parfois égoïstement que si elle se laissait mourir, au moins serait-elle libérée de tous ces maux. Soupirant, elle tendit son bras pour attraper le mouchoir ; qu'y avait-il à l'intérieur ? Le dépliant en tremblant légèrement, elle resta interdite en voyant la pierre, cette amétrine qu'elle avait donné à son ami quelques mois plus tôt. Probablement voulait-il l'aider, mais elle n'était plus sûre de rien, plus sûre que ces pierres puissent l'aider à quoi que ce soit ; elle doutait même de pouvoir remonter la pente un jour.

Machinalement, la jeune femme porta sa main à son cou qui était il y a une semaine ornée du jade qu'elle portait depuis tant d'années. Il n'était plus là et, même si elle doutait de son efficacité, c'était comme si elle venait seulement de prendre conscience de son absence ; tous ses souvenirs qui y étaient rattachés, toute l'importance de ce simple objet... Posant les doigts sur le magazine qu'avait apporté Ayden, elle sentit ses yeux s'embuer légèrement à la vue de ce paysage qui lui était si familier et qui lui manquait tant. Prenant le livre contre elle, elle enfouit son visage dans ses bras et ferma les yeux, pleurant silencieusement en espérant que le français ne s'en rende pas compte ; ses légers soubresauts cependant ne mentaient pas. Si seulement elle pouvait, ne serait-ce qu'une dernière fois, revoir son pays, sa famille, les serrer dans ses bras et leur dire à quel point elle les aimait. Mais cela n'arriverait plus jamais. Son esprit détruit le lui rappelait parfaitement bien : il n'y avait plus d'espoir nulle part. Ni pour elle, ni pour l'humanité.

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Ayden W. Forestier
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MessageSujet: Re: Please, hear my call for help...   Sam 9 Juil 2016 - 16:17

Ayden s'était souvenu d'un paysage qu'il avait aperçu dans le magazine qui reposait entre les bras de la rousse. Un paysage qui se voulait apaisant et calme, ensoleillé et verdoyant, le genre de choses que l'ancienne Rosaleen appréciait particulièrement puisque le muet se disait souvent qu'elle était en communion avec la nature. Une Pocahontas aux cheveux de feu, en quelques sortes. Tandis que l'homme dessinait paisiblement, il se permit quelques petits regards à son amie, s'assurant qu'elle "allait bien" malgré son silence. Et puis, la voyant avec la lecture entre les bras, recroquevillée sur elle, essayant de contrôler les soubresauts dû à ses sanglots silencieux, l'illustrateur eut le cœur serré. C'était au dessus de ses forces de se tenir là, loin de la galloise et de l'entendre extérioriser son mal-être sans pouvoir l'approcher et la serrer contre lui. Avec peu de gens l'homme était tactile mais avec la litho-thérapeute c'était différent. Sans réellement avoir besoin de parler, il éprouvait toujours le besoin d'être proche d'elle. Et dans le cas présent... Il se rendait enfin compte que ce serait à lui d'aider la jeune femme. Mais pas aujourd'hui, c'était bien trop difficile pour le muet, rajoutant du pessimiste à ce qu'il avait déjà. En quittant la pièce ce soir là, il soupira et s'en alla.

Samedi fût la même rengaine. Ayden vint retrouver Rosaleen, toujours silencieuse, posa tranquillement les vivres qui lui revenaient et alla s'installer tranquillement près de la porte pour recommencer à dessiner tranquillement, ne cherchant même pas à croiser son regard ou même à lui adresser un mot. Il ne voulait qu'une chose, être là quand elle voudrait enfin communiquer. Une nouvelle fois, lorsque la nuit tomba, il quitta la jeune femme et retrouva sa propre chambre. Ce soir là, il ne dormi pas, se contentant de regarder le plafond. Le lieu dans lequel tentait de se reconstruire son amie n'était pas du tout propice. Il fallait changer les choses. Pas qu'il prétendait être un expert en relaxation et apaisement moral mais il fallait qu'il trouve quelque chose... Et puis ses pensées se mélangèrent, passant de l'avant à maintenant, réfléchissant toujours plus à tout et rien. D'un coup, il se releva et un éclair de génie le frappant. Il savait ce qu'il ferait, quelque chose qui l'apaiserait lui et peut-être qui calmerait l'ambiance de la pièce ainsi que l'esprit tourmenté de la blessée.

Le lendemain, le français arriva plus tard que d'habitude au refuge de son amie. Ian guettait toujours, même si on l'avait déjà déjà déplacé pour qu'il se repose de son côté au lieu de se faire du mal. Comme à chaque fois, le dessinateur donna sa tasse de café au médecin puis se plongeait dans l'autre monde. Cette fois, en plus de sa sacoche, il portait un carton pleins de pots de peintures, pinceaux et autres bricoles en tout genre qu'il déposa sur une des tables. Aussi, il répéta son manège habituel quand il disposa repas, eau, occupations devant la miss. De son côté, l'illustrateur délaissa ses affaires auprès de la rousse pour s'occuper de son paquet. Doucement, il déplaça de nombreuses tables, libérant l'accès à un premier mur. Armé de gros scotch, il entreprit de faire un contour afin de séparer les différentes zones de peinture. Il savait que ce qu'il entreprenait serait un gros travail, énorme mais il irait jusqu'au bout. Pour elle. Pour Rosaleen.


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Rosaleen A. Glanmor
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MessageSujet: Re: Please, hear my call for help...   Sam 9 Juil 2016 - 22:50


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L'illustrateur était finalement parti, ne faisant rien d'autre qu'acte de présence. Quand il s'était relevé, faisant lentement grincer la chaise, la galloise avait relevé son visage où les larmes avaient séché malgré ses yeux encore larmoyants. Elle l'avait regardé sortir sans rien dire, sans le moindre mouvement signifiant qu'elle avait quelque chose à lui demander.

Le reste de la journée, la galloise l'avait passé à feuilleté le magazine que le muet lui avait apporté. Souriant tristement par moments, ne pouvant retenir ses larmes à d'autres. Elle reconnaissait la plupart des lieus présents dans le livret, et les revoir lui faisait du bien autant que ça lui faisait du mal, mais elle ne pouvait se rattacher à autre chose pour l'instant et ne se sentait pas prête à se lancer dans la lecture du livre que Sally lui avait apporté quelques jours plus tôt. La jeune femme était incapable de se concentrer sur quoi que ce soit, à peine essayait-elle de lire une phrase que son esprit déconnectait, rejouant sans cesse les mêmes scènes. Alors elle faisait de son mieux pour s'occuper l'esprit et ce magazine était jusqu'à présent le meilleur moyen.

Alors qu'il était déjà tard, la jeune femme avait grignoté ce qu'Ayden avait apporté, sans grand appétit mais son ventre réclamait. Elle avait alors reporté son attention sur la pierre toujours posée sur le mouchoir déplié. Le repoussant légèrement sur la table en prenant bien soin de ne pas toucher la gemme, la galloise avait soupiré ; à quoi bon ? Tout ça ne servirait plus à rien désormais, son mal était bien trop profond. Elle se rappela un instant le moment où l'hispanique lui avait gentillement rendu l'agate mousse qu'elle avait emporté ; tout cela n'était qu'un jeu au fond, et elle en était la pièce maîtresse. Se sentant prise par une crise d'angoisse naissante, elle se recroquevilla sur son duvet puis avait finit par s'endormir, entrant dans un sommeil agité ou son esprit ne lui accordait aucun répit.


Le samedi, le français était à nouveau venu et le même schéma s'était répété. Elle lui avait lancé par moments de petits regards furtifs, se demandant combien de temps il allait rester assis là. Finalement, elle s'accommodait de sa présence, ne ressentant pas réellement les coups d’œils inquiets qu'il pouvait lui lancer ; c'était comme s'ils devenaient tous les deux des parties du mobilier de la pièce. La galloise avait de nouveau enfouit quelques instants son visage dans ses bras, pour souffler et cacher les quelques larmes qui persistaient à arriver quand il ne fallait pas. Et quand il quitta la pièce elle se replongea à nouveau dans ses souvenirs ; la jeune femme essayait de faire de son mieux pour se remémorer les bons moments de sa vie, mais elle avait l'impression qu'il n'y avait plus rien, que tout était à reconstruire... Et les premiers souvenirs de cette nouvelle vie était ceux qui la tiraient au plus bas et la détruisait inlassablement.


Le dimanche, debout devant la fenêtre au volet pratiquement clos, la galloise laissant danser les rayons du soleil sur la peau claire de sa main. Les marques de brûlure autour de ses poignets avaient disparu, comme si rien de tout cela n'était arrivé ; et pourtant... Fermant les yeux, elle n'attendait plus vraiment Ayden qui était d'habitude là plus tôt ; peut-être avait-il finit par se lasser de son mutisme et de son air vide accentuant son manque de réactions. Six jours qu'ils l'avaient retrouvée là dehors et qu'il n'y avait eut aucune amélioration.

Quand la porte s'ouvrit elle s'empressa de se réinstaller sur son duvet. Faisait-elle cela pour se protéger et se sentir en sécurité dans un petit monde où elle se renfermait, ou était-ce les restes de son enlèvement, quand l'hispanique lui intimait de s'installer sur sa couette ? Serrant les dents pour ne pas flancher, elle ne pu s'empêcher de regarder Ayden avec une pointe de curiosité ; qu'avait-il dans les bras ? Se reculant un peu contre le mur quand le muet s'approcha pour déposer ses affaires, elle ne le quittait pas des yeux. Pourquoi déplaçait-il les tables ? Et ce scotch ? Attendant qu'il se dirige vers elle pour récupéré ce qu'il y avait dans le carton, elle profita de croiser son regard pour prendre une profonde inspiration avant de lever légèrement la main pour attirer son attention.

Qu'est-ce que tu fais ?

Elle avait signé lentement et maladroitement, incapable de parler. Comprendre le muet était relativement simple et elle s'était bien améliorée au fur et à mesure de leurs discussions, mais signer lui demandait un peu plus de réflexion. Mais mettre des mots réels sur quoi que ce soit était hors de sa portée, elle ne pouvait simplement pas et restait malgré tout murée dans le silence ; heureusement pour elle que c'était lui qui était là, il pouvait la comprendre. Toujours assise et ayant laissé retomber ses bras, elle regardait le français sans broncher.

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Ayden W. Forestier
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MessageSujet: Re: Please, hear my call for help...   Mar 12 Juil 2016 - 22:13

Il était là, à s'amuser avec son scotch, découpant les différentes zone de peinture. Un grand champ d'herbes ici, un couché de soleil là, sur le mur du côté de la porte un chemin menant à une petite ville. Bref, les quatre murs de la pièce allaient être redécorées même si le muet ne s'était pas encore approché du coin de Rosaleen, se contentant de la regarder par moment pour s'assurer qu'il ne s'avançait pas trop afin de respecter une distance de sécurité. Quand elle l'interpella d'un geste incertain, le muet ne cacha pas sa surprise, haussa un sourcil et gardant ses yeux bleus fixés sur les mains de la rousse. Un petit sourire, à la fois triste et amusé, naquit au coin des lèvres de l'artiste. Son amie ne pouvait même pas parler, ou ne le voulait pas, et préférait signer. Ce geste fit ressentir à Ayden une douleur au cœur, comme si on le lui arrachait morceau par morceau, il ne comprenait pas comment une personne aussi rayonnante que la galloise finissait par tout foutre à la poubelle pour se terrer dans le coin d'une satané salle de classe. Il ne comprenait pas mais en même temps, il refusait de foncer dans le mur en posant des questions. A la place, il se réjouissait d'avoir légèrement interpellé la jeune femme avec ce qu'il trafiquait. Haussant alors les épaules comme s'il s'agissait d'un truc habituel, il signa à son tour.

- Je m'occupe comme je peux. Et y a pas meilleur endroit qu'ici. C'est plutôt calme, je t'embête pas et voilà.

Un peu d'ironie, évidemment. Si, il y avait toujours un meilleur endroit que celui-ci, tout le monde le savait qu'il y avait mieux. Un endroit plein de vie, pas forcément plein de bonheur, mais au moins animé, il y en avait partout dans ce foutu lycée mais lui préférait être là. Ian se traînait chaque matin devant cette pièce en espérant avoir le droit d'apercevoir sa moitié quand Ayden se permettait de foncer dans le tas, imposant ainsi sa présence à la belle. Il savait que ça n'arrangerait pas forcément les choses mais est-ce que ça pouvait les empirer ? Il n'en était pas certain, c'est pourquoi il s'octroyait le droit de venir se frotter à la bulle que s'était crée la femme, attendant le moment opportun pour l'éclater et rattraper la miss. Franchement, qui aurait pu croire que Rosaleen Glanmor pouvait être aussi négative et renfermée qu'Ayden Forestier ? C'était son rôle ça. Le sien et celui de personne d'autre, surtout pas celui de la rouquine. Pourtant puisque tout le monde s'inquiétait pour elle... Il prenait le temps d'essayer autant que possible d'être le mec "optimiste" prêt à aider dès qu'il y aurait besoin, quitte à sourire comme un débile. Oui, il pourrait se prêter au jeu si ça aidait à revoir le sourire de l'européenne.

Se détournant enfin, il se releva pour reprendre son travail. Tranquillement, il prit un gros marqueur et se mit à dessiner sur le mur, préparant un croquis géant sous le nez de la femme. Il dessinait les contours d'un imposant château, passant et repassant sur certains traits afin d'ajuster du mieux possible les différentes pièces du puzzle. Lequel était-ce déjà ? Le château de Caerphilly ? Un nom dans le genre. S'amusant de son manque de mémoire pour une fois, l'homme se promettait déjà d'aller bouquiner un peu plus pour se renseigner au mieux sur le pays de la muette derrière lui. Ses derniers traits fait, il contempla le tout. Bordel, parfois il se trouvait ultra doué dans son domaine, et pas qu'un peu. Se souriant à lui-même il siffla Rosaleen, lui demandant alors son avis.

- On voit c'que c'est un peu ou pas ?

Même si le machin prenait une partie de la place sur le mur, Ayden n'en était pas satisfait. Oui, c'était cool de voir une putain d'édifice à côté de soi mais le reste du tableau était un peu vide. Pour palier à ça, le dessinateur se mit à rajouter quelques personnages se promenant autour de l'immense création, il se permit des fantaisies comme les charrettes tirées par des chevaux ou même des champs au loin. Enfin, pour le coup, ça ressemblait pas à grand chose au marqueur mais avec la peinture, ce serait bien plus voyant, bien plus explicite. Refermant d'ailleurs son feutre, le rangeant dans sa poche, il prit les palettes dans le fond de la boîte et sortit les différents bidon de peintures. Heureusement qu'ils en avaient trouvé avec Kaycee et pas mal de réserves en plus. Au moins ça aiderait pour son projet actuel. Habilement, le français vint tremper le bout de son pinceau dans le liquide coloré, lança un petit clin d'oeil à son amie puis se retourna pour commencer son job, chantant mentalement du Queen, suivit d'un peu de Scorpions. Oui, c'était ce genre de vieux groupes qu'il adorait. En tout cas, fallait bien en connaître des tonnes, de chansons puisqu'il comptait être là jusqu'au soir.


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Rosaleen A. Glanmor
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MessageSujet: Re: Please, hear my call for help...   Mer 13 Juil 2016 - 12:38


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ft. Ayden




Un silence profond et imperturbable régnait dans la pièce et aucun des deux ne semblaient vouloir le briser. Malgré la solitude profonde de son âme, et son esprit complètement perdu dans les méandres d'une vie qu'elle ne contrôlait plus, la galloise avait le sentiment d'être un peu moins seule en la présence d'Ayden. Elle peinait cependant à comprendre pourquoi il s'obstinait à venir chaque jour, à faire simplement acte de présence... comment faisait-il pour supporter de voir ce qu'elle était devenue alors qu'elle même ne reconnaissait plus son propre reflet ? Il semblait que même Ian n'en pouvait plus, se contentant de passer son temps devant la porte de la salle, la suivant silencieusement quand il la suivait. Elle ne pouvait retenir parfois de laisser perler au fond de son regard une once de colère envers l'urgentiste, étant à la fois partagée entre la culpabilité de le voir aussi mal à cause d'elle, et l'agacement de le voir se laisser aller à ce point. Alors elle évitait de sortir trop, pour ne pas avoir à l'affronter, à faire à son regard suppliant et plein de douleur. C'était égoïste, et ça ne lui ressemblait absolument pas, mais elle avait changé et n'avait pas la force de le porter sur ses épaules ; elle n'avait déjà pas la force de s'occuper d'elle.

La réponse du muet à sa question lui fit légèrement pencher la tête sur le côté, pas vraiment satisfaite de ce qu'il avait signé. Elle était consciente que cet endroit ne respirait en rien la vie et qu'il aurait certainement eut meilleur temps de faire ce qu'il avait à faire sur les murs dehors, mais elle n'ajouta rien, se contentant d'attendre sagement qu'il poursuive, voir ce qu'il avait réellement en tête.

Alors il s'était muni d'un marqueur et avait commencé à dessiner sur le mur. La jeune femme, jetant un œil vers les fenêtres, s'était difficilement levée et avait ouvert un peu plus le volet roulant de la fenêtre à côté d'elle afin qu'il puisse mieux voir ce qu'il faisait ; et elle aussi. Une fois réinstallée, elle replia à nouveau ses jambes, y croisa ses bras, et posa dessus son menton ; le regard levé vers l'illustrateur. Plissant les yeux pour mieux voir, elle resserre un peu ses bras au fur et à mesure que l'esquisse prend forme ; c'est bien ce qu'elle pense ? Ces tours, et ces murs... la rousse reconnaîtrait ce château entre milles. Elle y était déjà allée de nombreuses fois avec ses parents et ne s'était jamais lassée de se balader dans le domaine.

Prise dans ses réflexion, son visage paré d'un léger sourire et ses yeux embués, elle sursauta presque quand le brun la siffla pour attirer son attention. Elle hocha la tête en se passant un revers de main nerveux sur les yeux. Peut-être que c'était ça, la solution ? Ou du moins le début de la solution. C'était là que tout avait commencé, qu'elle avait grandit, qu'elle avait créer la plupart de ses souvenirs, alors peut-être était-ce en partant de là qu'elle pourrait se reconstruire ? Évidemment, Rosaleen était consciente qu'elle ne pourrait pas à proprement parler reposer les pieds sur sa terre natale, mais la réplique qu'était entrain de faire le français était un bon début ; peut-être qu'elle pourrait s'y raccrocher et qu'une fois la douleur et le manque de son chez elle passés, elle pourrait envisager de remonter un peu.

Le regardant toujours, elle pencha à nouveau sa tête sur le côté, observant chaque coup de pinceau. Le paysage s'emplissait au fur et à mesure de petits signes de vie ; des gens, quelques animaux, des arbres. Certaines couleurs étaient vives mais elles ne faisaient qu'ajouter à la beauté de la peinture. La galloise n'avait pu retenir ses larmes et avait pleuré silencieusement en se laissant submerger par ses souvenirs. Et alors elle comprit. Si Ayden était là ce n'était pas là pour sa joie de vivre, ni pour la regarder dépérir, mais bel et bien pour l'aider à avancer ; et il avait trouvé une manière bien à lui de le faire. S'en rendant compte, elle avait voulu se lever et étreindre son ami pour le remercier de faire tout cela pour elle, de s'investir autant, ou même simplement d'être là, mais elle n'en eut pas la force ni le courage ; c'était encore trop tôt. Elle se contenta donc de poser sur lui un regard qui, bien que plein de larmes, était empli d'une reconnaissance silencieuse.

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