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 The Real You

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Tamara C. Kroeger
Tam Capone
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MessageSujet: The Real You   Mar 5 Juil 2016 - 17:49

Le bon moment passé avec Abel n’avait pas été le seul. J’avais remis le couvert avec lui avec plaisir. On avait décidé d’un commun accord de ne pas en parler. Je n’avais pas honte de me taper un homme de son âge, mais simplement qu’il faudrait qu’il en parle avec sa fille avant qu’elle ne l’apprenne d’une autre façon. J’avais bien l’impression que c’était lui le moins près des deux. Je n’avais pas l’intention de le forcer. Nous avions une relation tout aussi amicale qu’avant devant les autres. Un changement d’humeur radicale aurait été assez étrange et puis le chalet était petit alors passer notre temps à nous éviter ne serait sans doute pas la meilleure des choses.

Tout s’était plutôt bien passé entre nous, sauf qu’un problème était en train de pointer le bout de son nez. J’avais du retard sur mes règles, moi qui avais toujours été parfaitement régulière je trouvais ça étrange. Les deux premiers jours, je ne m’inquiétais pas plus que ça. Après tout, ce n’était pas si extraordinaire. C’est au début du troisième que je décidais qu’il était temps de savoir. Le seul moyen encore à peut prêt viable était de partir trouver un test de grossesse et pour cela pas de secret, il me fallait mettre le pied dans une pharmacie. J’aurais pu aller en parler à Rose, mais j’avais peur de sa réaction, je savais qu’elle me poserait des questions et j’avais promis de ne rien dire.

Je suis donc partie toute seule quérir ce précieux objet pour être enfin certaine que tout allait bien. J’adorais les enfants, mais si j’étais enceinte maintenant c’était vraiment de la folie. Comment je pourrais élever un gosse dans ses conditions ? Je préférais ne pas y penser tout de suite, du moins tant que je ne serais pas fixé. Il y avait une pharmacie à cinq minutes du chalet. C’était un petit truc qui avait été pillé depuis longtemps, mais j’avais l’espoir que les tests de grossesse n’avaient pas été embarqués. Visiblement j’étais tombé juste.

J’avais regardé le bout de plastique m’annoncer que j’étais enceinte. Je pouvais faire quoi de plus maintenant ? Ne rien dire et me taire, faire comme si de rien était et attendre ? Je passais du bon temps avec Abel depuis presque un mois. Comment cela avait-il pu arriver aussi tôt ? En jouant avec le feu, on finit par se bruler comme on dit. J’avais gardé la tête haute et les idées claires. Je n’avais pas beaucoup de possibilités, je devais lui en parler. Le plus tôt serait le mieux. Ce ne serait pas pour aujourd’hui en tout cas, je n’en avais pas la force.

Le lendemain j’avais enfoui l’information dans un coin de ma tête dans l’espoir de l’oublier. J’avais plutôt bien réussi. J’aurais pu en parler à Abel quand on s’est retrouvé tous les deux, mais je n’avais pas eu le courage de le dire. J’avais donc passé une nuit de plus à réfléchir à la situation. J’avais décidé qu’il était temps de trouver la force de lui parler, plus je retardais l’échéance plus la situation devenait compliqué.

Je passais la matinée à m’occuper, après le repas du midi, je lui glissais discrètement de me rejoindre dans ma chambre. J’avais déjà agi de la sorte bien des fois pour lui proposer de passer un moment sympa. Il ne devait certainement se doutais de rien. J’étais restée assise sur le lit en train de l’attendre, j’étais en train de triturer mes doigts. Le test de grossesse était toujours bien caché dans ma table de chevet. Je n’étais pas triste d’être enceinte, j’avais fini par m’y faire, j’avais juste peur de sa réaction. J’avais laissé la porte ouverte pour qu’il ne rentre directement.

- Ferme la porte derrière toi, s’il te plait.

Ma voix était peut-être un peu plus froide que d’habitude. Ce n’était pas contre lui ni même volontaire. J’étais stressé, je levais les yeux pour croiser les siens. J’inspirais un grand coup avant d’enfin libérer ce que j’avais sur le cœur.

- Y a un truc qui grandit dans mon ventre.

J’aurais pu le dire de beaucoup d’autre façon, mais c’était celle-là qui me correspondait le plus. Maintenant j’étais dans l’expectative de sa réponse. Soit il me laissait tomber maintenant, ce que je pouvais comprendre, soit il fallait prendre une décision vis-à-vis de Victoria. Il était préférable de ne pas attendre que je sois en train d’accoucher pour lui dire qu’elle aura un petit frère ou une petite sœur.



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Abel Underwood
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MessageSujet: Re: The Real You   Jeu 7 Juil 2016 - 16:59

Ce matin là, il ne se doutait de rien. Son aventure avec Tamara lui donnait l’impression d’avoir rajeunit de 10 ans – au moins. Garder le secret devait certainement contribuer à cette excitation perpétuelle ; un véritable gosse. Quand ils ne s’offraient pas du bon temps enlacés dans les draps de la vendeuse, ils se racontaient des passages de leur vie, aidaient au camp ou s’occupaient de Victoria, qui ne cessaient plus de leur jeter des regards suspicieux. Abel n’avait toujours pas trouvé de nom à cette relation qui défiait les mœurs. Ils étaient plus que de simples plans cul, mais le terme « couple » ne leur allait pas vraiment. Ça ne le tracassait pas tant que ça, loin d’avoir le besoin de s’étiqueter, c’était juste… il adorait cette jeune femme. Sincèrement.

Quand elle lui avait discrètement demandé de la rejoindre dans sa chambre, il avait peut-être perçu une différence. Dans sa voix, un frémissement d’angoisse, mais ça ne l’avait pas inquiété. Il préférait songer à ce qu’il était certain de trouver en accourant auprès de Tamara : une déesse nue, l’attendant dans des draps en manque de chaleur. L’ancien agent coupa court à son planning initial, s’assura que sa fille était entre de bonnes mains et fila à l’étage du chalet en sifflotant un air démodé. Il souriait au moment de frapper à la porte, mais le timbre de son amie qui lui demanda de la fermer le rafraîchit brusquement. Ça, ce n’était pas normal.

Le cinquantenaire obtempéra, l’air profondément interrogatif. Ce n’était pas tant sa froideur qui le figeait sur place, mais plutôt son air stressée. Elle, si solaire, si positive… Abel réalisa soudainement que, trop centré sur son propre bien-être, il était éventuellement passé à côté de quelques choses les derniers jours. Et même avec cette prise de conscience, il ne visait pas juste. Est-ce que Victoria lui avait dit quelque chose ? Elle était blessée ? Un incident dans une expédition ? … Elle voulait mettre un terme à leurs parties frivoles ? Le cœur de l’homme, qui en avait pourtant vu d’autre, accélérait avec la montée de la pression et quand enfin Tamara libéra ses aveux, il s’arrêta net.

Il la connaissait assez désormais pour comprendre ce que signifiait cette manière inconventionnelle d’annoncer l’événement, mais il n’avait simplement pas envie d’y croire. Ses paupières papillonnèrent comme s’il s’éveillait d’un rêve, sa bouche s’ouvrit et se ferma à la manière d’un poisson. Un fourmillement assez désagréable commençait à courir sur sa peau alors que le sol tanguait légèrement.

- C’est… tu veux dire… enfin… quoi ?!

Plusieurs questions fusaient pêle-mêle dans son cerveau. Tu es sûre ? Tu as vérifié comment ? Depuis quand ? Non ? Tu te moques de moi ? Tu veux le garder ? Véritablement carambolage de mots soudainement broyés par le choc. Il songea même à demander, si toutefois ce n’était pas un canular, s’il était bien le père, mais il avait peur de la vexer. Sales préjugés. Pourtant, Abel ne pouvait pas y croire. Mieux, c’était IM-PO-SSIBLE. Il avait passé la cinquantaine, les derniers mois avaient été dingues, ils pouvaient tout juste manger à leur faim… s’il y avait une personne qui n’était pas fertile dans camp, c’était lui.

Et puis… d’un coup, il se voyait projeté au devant d’un fantôme. Lily. Son ex-femme, il l’avait aimée plus que tout au monde. Elle avait partagé sa vie, ils avaient choisi de concevoir. Mais Tamara ? Il l’adorait, elle lui était indispensable, il était plus que ravie de la voir liée à Victoria, mais… avoir « son » bébé, ce n’était pas pareil. Pas parce qu’il ne l’imaginait pas mère, mais parce que lui, ne s’imaginait pas père avec elle. Et tout cela, c’était sans compter les complications liées à une grossesse dans une époque pareille. L’agent venait peut-être de la condamner à mort ; juste pour quelques galipettes passionnées.

Abel dut se cramponner au mur pour ne pas tomber. Il avait le tournis, trop de choses se bousculaient encore dans son encéphale, balayées et déchirées par une tornade. Mettre de l’ordre, il devait trouver le bout par lequel prendre le sujet. Blême, il parlait à mi-voix quand il demanda du bout des lèvres :

- Tu es sûre ? Ses commissures trésautèrent, je veux dire… vraiment, sûre ?


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Tamara C. Kroeger
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MessageSujet: Re: The Real You   Jeu 7 Juil 2016 - 23:39

J’avais eu peur de sa réaction et visiblement j’avais raison. J’aurais pu lui dire de voir le bon côté des choses, on pouvait s’envoyer en l’air pour les huit prochains mois sans craindre une nouvelle connerie du genre. Mais j’étais profondément bouleversé par la nouvelle. J’étais simplement incapable d’agir correctement. J’avais eu quelques jours pour me préparer, mais je devais me rendre à l’évidence ce n’était pas assez pour une telle nouvelle. J’avais envie de croire que je me trompais, que ce n’était qu’une vaste blague. Je devais me rendre à l’évidence que tout ceci était bien parfaitement réel… Certainement même un peu trop.

Je ne voulais pas que cette histoire gâche ce qu’on était en train de construire avec Abel. C’était une relation si étrange que je n’arrivais toujours pas à l’expliquer, il m’attirait inlassablement. Je sentais que son esprit avait du mal à assimiler ce qu’il était en train d’attendre, je ne voulais pas le forcer à être présent. S’il ne voulait pas de cet enfant, ça m’était parfaitement égal. Je pourrais l’élever seule avec l’aide des autres. Sentant Abel faiblir. J’attrapais la chaise qui trainait dans la pièce pour la mettre à côté de lui. Il voulait des preuves qu’il en soit ainsi.

- Vu ta réaction, je ne pense pas que tu aies besoin d’un dessin. Je ne te demande rien, je peux très bien prétendre que ce n’est pas toi le père.

Cette phrase devait certainement avoir un effet un peu négatif sur Abel, mais j’étais perdu et déboussolé. Incapable de gérer ça correctement. J’avais une partie de lui qui était en train de grandir en moi et je n’arrivais toujours pas à m’y faire, j’avais l’impression d’être un peu plus émotive c’est dernier temps, mais je n’arrivais pas à savoir s’il s’agissait simplement d’une cause à effet ou plutôt un effet placebo. Je lui assurais aussi que j’avais été exclusive dans cette relation. Je ne lui avais jamais demandé de l’être de son côté, mais pour ma part, j’avais simplement passé du bon temps uniquement avec lui. J’ouvrais la table de chevet pour sortir le test de grossesse. Il était là depuis deux jours maintenant, malheureusement, il n’avait pas changé de couleur pour mon grand désespoir. Je me retourne vers lui et lui colle entre les mains.

- J’ai cinq jours de retard et j’ai également ça. Malheureusement, on ne peut pas vraiment faire de prise de sang pour vérifier. Crois-moi, j’aimerais que tout ceci soit une vaste blague.

Je le regardais fixement, debout au milieu de la pièce à une distance raisonnable de lui. J’avais les bras ballants et l’âme en peine. J’étais impuissante, il n’était plus question de briller de bonne humeur comme à mon habitude. J’avais peur, c’était une peur viscérale, bien plus puissante que celle envers les mobs. Il était important dans ma vie et je ne voulais pas le voir disparaitre pour ça, pas comme ça. Cependant, je n’étais pas du genre à courir après les gens. J’avais ma fierté et mes convictions.

- Je tiens à toi, je ne veux pas te perdre. Je suis venu te parler pour qu’on prenne une décision ensemble. Je suis ami avec suffisamment de monde ici pour faire croire n’importe quoi concernant le bébé. Si on n’était pas dans un monde normal, j’aurais certainement été avorté sans même t’en parler.

Mes jambes tremblaient dangereusement, mon corps ne voulait plus me porter. Je décidais donc de reculer sagement pour m’assoir sur mon lit. J’étais prête à répondre à toutes ses questions, effacer tous ses doutes. Pourquoi a-t-il fallu que je tombe enceinte ? Pourquoi compliquer des choses qui le sont déjà bien assez ? Je savais que ma vie pouvait y rester, je savais qu’avoir un enfant dans un monde comme celui-ci était du suicide, mais qu’est-ce que je pouvais vraiment faire ? Prier en espérant que j’ai une fausse couche ? Je ne crois pas déjà en Dieu, mais en plus de ça lui demander une faveur de la sorte, j’étais sûr qu’il n’accepterait pas.

J’avais bien l’intention de faire le maximum d’effort physique, mais je n’irais jamais jusqu’à me poignarder le ventre, c’était sans doute bien trop dangereux. J’attendais impatiemment, un geste, un mot, n’importe quoi de la part d’Abel du moment qu’il ne se murait pas dans son silence. Je ne voulais pas rester dans un état aussi proche de l’incompréhension.



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Abel Underwood
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MessageSujet: Re: The Real You   Ven 8 Juil 2016 - 11:42

Abel regardait le test de grossesse entre ses mains comme si c’était un objet qui n’appartenait pas à sa dimension. Ses entrailles se chargeaient de plomb, il n’osait pas regarder Tamara – pas encore. Il avait repris du poil de la bête, il était désormais capable de voir l’horreur sans détour, d’affronter chimères et criminels. Mais un enfant ? Il n’avait pas les épaules pour ça ; pas pour voir la jeune femme agoniser en couche, la voir mourir, par sa faute. Une fois encore, il chercha à dire quelque chose, soulevant les sourcils et ouvrant la bouche d’un air inspiré, mais rien. Ce fut la vendeuse qui lui asséna un nouveau coup sur le coin du crâne. Elle pouvait mentir ? Elle aurait avorté en silence ?

Il leva enfin ses yeux noisette de l’objet démoniaque, pour découvrir son amante défaite, fébrile. Elle tenait à lui. La gameuse s’était assise mais le cinquantenaire restait suspendu comme un pantin en équilibre, incapable de faire un geste. Et lui, supporterait-il de perdre Tamara ? Supporterait-il de vivre avec un mensonge ? Côtoyer les gens du camp, les regarder dans les yeux, et laisser croire qu’il n’y était pour rien ? C’était lâche, c’était cracher à la figure d’une personne merveilleuse, c’était la renvoyer à ce qu’elle n’était plus : une catin. C’était impossible. Abel l’aimait trop, et la respectait trop, pour se permettre une telle chose. Et puis… il était un père dans l’âme. C’était sa nature, depuis qu’il avait posé les yeux sur Victoria.

L’agent se pinça l’arrête du nez comme le lendemain d’une sévère cuite, et trouva enfin la force de bouger. Les jambes lourdes, il s’approcha de sa cadette et plia ses genoux de cinquante balais pour se mettre à sa hauteur. Il cherchait ses prunelles, magnifiques, inspirantes. Par où commencer ? Prendre ses mains dans les siennes, c’était un bon début. Lui non plus ne voulait pas la perdre et, pire encore, il se sentait comme blessé de savoir qu’elle aurait pu prendre sa décision seule dans d’autres circonstances. Elle ne méritait pas ce genre de fardeau, parce qu’elle n’était plus cette fille qui enchaînait les couches étrangères. Ses pensées revenaient toutes au même point, mais aux yeux d’Abel, c’était crucial.

- Il n’est pas question… que tu traverses ça toute seule, dit-il finalement, et il n’est pas question non plus que je fuis.

Du bout des doigts, il caressait sa peau tatouée. Douce. Grisante. Cette femme n’était pas Lily, mais il l’avait dans la peau, c’était indéniable. Peut-être que c’était une erreur de chercher le reflet d’une épouse disparue ? Peut-être justement que c’était parce que Tamara était si différente, qu’elle le fascinait à ce point. Le cinquantenaire n’avait pas besoin de garder un fantôme en vie, il avait besoin de lâcher-prise, d’oublier cette image qui le hantait. Elle n’était plus là, le monde avait changé, et celle qui avait besoin de lui aujourd’hui… était sous ses yeux.

- Excuse-moi, reprit-il avec un léger tic au coin des lèvres, je ne m’attendais pas à ça, mais…

Inévitablement, le soleil de l’espoir venait se confronter aux nuages. Et si la jeune femme survivait ? S’il avait une nouvelle famille ? Ici, dans les montagnes. Unie, vivante, soudée. Il ne se voyait pas père avec elle parce qu’il ne le voulait pas, mais maintenant que le fait était accompli… pourrait-elle être la nouvelle madame Underwood ? Bon, c’était extrêmement vieux jeu de penser qu’ils devaient forcément se marier parce qu’ils avaient un enfant, et qui plus est, avoir choisi une trentenaire tatouée le faisait passer pour un type en pleine crise de la cinquantaine. Toutefois, l’idée était là. Il lui était déjà exclusif de toute façon.

Abel s’efforça de redescendre sur terre, se remettre dans le contexte. L’absence de matériel médical, de personnel qualifié en cas de complication, tout ça. Il y avait Rose bien sûr, mais elle n’était pas Wonder woman. Avec si peu de ressources, de nombreux aléas pouvaient lui échapper…

- Tu peux compter sur moi, assura l’agent encore incapable de lui parler de ses sentiments à son égards, avant tout, je suis pour la décision à prendre la plus sécuritaire pour toi. Tu… tu veux essayer de le perdre ?


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Tamara C. Kroeger
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MessageSujet: Re: The Real You   Ven 8 Juil 2016 - 20:04

J’étais là à attendre qu’il daigne enfin me répondre, j’avais l’impression que c’était les plus longues minutes de ma vie. Mon cœur s’arrêterait de battre et ma vie était suspendue à ses lèvres. Je savais que je le laissais seul face à un énorme problème. Il avait un choix à faire l’un comme l’autre n’était pas synonyme de perdre ce lien qu’on avait créé. Moi qui jusqu’à maintenant prenais la vie à la légère j’avais l’impression d’exagérer ce qui se passait. Je n’aimais pas ne pas être maitre des évènements, mais je n’avais simplement pas le choix.

Le bruit de ses pas qui se rapprochait doucement de moi était en train de me rassurer, au moins il ne s’était pas enfui en courant. J’avais toujours mes yeux fixés sur mes mains. J’étais pour le moment incapable de soutenir son regard. Je ne m’attendais pas du tout à ce qu’il prenne mes mains. Enfin la douce voix d’Abel arrivait à mes oreilles, doucement, je relevais la tête en sa direction. J’avais l’impression de n’être qu’un fardeau pour lui. J’ai toujours été une fille légère qui fuyait les responsabilités. Hors de question pour moi d’être en couple et de fonder une famille. Aujourd’hui j’avais presque l’impression d’être prisonnière de ce qui était en train de se passer.

Et pourtant, j’étais heureuse, mon regard s’illumina à l’instant où il disait qu’il ne voulait pas me fuir. J’avais l’impression que le poids que j’avais sur les épaules était doucement en train de s’envoler vers d’autres cieux. Peut-être qu’il avait un Miaouss à ses côtés… Mon esprit était en train de retrouver ses blagues et ses joies… C’était absolument parfait, j’avais l’impression de redevenir moi-même alors qu’il s’accrochait un peu plus à moi.

- Je ne m’y attendais pas non plus. Je ne sais plus quoi dire, faire ou même penser. Je n’ai jamais eu de vraie relation, je ne sais même pas ce qu’on est…

Alors que je le regardais, des larmes étaient en train de couler le long de mes joues. Je n’étais pas triste, ni même stressé. Ses larmes n’avaient aucune raison d’être et pourtant. J’avais l’impression d’être uniquement un passager dans le véhicule qu’était mon corps. J’étais incapable de le contrôler pendant que quelqu’un était en train de le faire à ma place. Est-ce que c’était le résultat des hormones ? Si c’était le cas que se passerait-il dans trois mois ? Rien que d’y penser j’en avais déjà peur.

- Je ne peux même pas expliquer pourquoi je pleure.

Cette situation me faisait sourire malgré les larmes qui continuaient de rouler sur ma peau. Je devais avoir l’air tout simplement ridicule. Abel m’assurait que je pourrais compter sur lui et ça avait le don de me rassurer et me réjouir. C’était un homme bien, je le savais depuis le jour où je l’avais rencontré. Il faisait tout pour protéger sa famille, peut être que maintenant je pouvais même en faire partie. Je réalisais alors pour la première fois qu’il était agenouillé devant moi. Je ne me sentais pas vraiment mal à l’aise, mais c’était étrange. Il ne manquait plus qu’une bague et cette situation pouvait être bien différente.

- Merci… Je n’ai rien décidé, parce que je ne suis pas en état. Essayer de le perdre… Je n’en sais rien… Est-ce que ça marche vraiment ?

J’avais besoin d’être tenue par la main et guidée, j’avais beau être une fille indépendante et solitaire aujourd’hui, je n’étais plus que l’ombre de moi-même. Je le regardais une nouvelle fois alors qu’il n’avait pas bougé. Je ne pouvais pas continuer à ignorer ça. Je serais un peu plus fort ses mains, j’étais contente de ne pas être tombée sur un de ses cons qui m’avaient fait détester la gente masculine. Un homme avec des principes, je réalisais l’instant suivant que c’était peut-être pour ça qu’il était encore à genou devant moi.

- Abel, tu peux te relever s’il te plait… Je préférais largement pouvoir être dans tes bras.

Je n’avais pas la force de bouger, j’aurais pu le tirer contre moi et l’enlacer. J’avais besoin du réconfort de ses bras et de sentir son cœur battre contre mon oreille. Savoir que même si j’étais enceinte rien n’avait changé autrement qu’avec quelques mots.



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Abel Underwood
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MessageSujet: Re: The Real You   Sam 9 Juil 2016 - 1:16

Qu’est-ce qu’ils étaient ? Ouai, qu’est-ce qu’ils étaient… cette unique question était la clef. Le pire, c’était qu’Abel ne savait même pas encore de quoi. Le flou était une sécurité. Une fuite. S’ils n’étaient pas un couple, alors il n’avait pas à justifier pourquoi il avait choisi une compagne si jeune, ni à composer avec le regard des autres. Si elle n’était pas une passade, alors il n’avait pas à anticiper la culpabilité de la laisser tomber le moment venu. Si elle n’était pas une amie, alors il pouvait choisir de ne pas faire attention à ses sentiments ; mais s’ils n’étaient pas qu’un plan cul, alors il n’avait pas besoin d’excuses pour l’admirer. C’était sans doute ce qui l’effrayait dans l’étiquette, chacune des nuances qui allaient avec. Du coup il ne dit rien et ne put que serrer plus fort les mains de Tamara, l’air bouleversé, quand elle se mit à pleurer.

Elle n’avait même pas vraiment besoin de le demander : l’agent s’était redressé afin de pouvoir répondre au besoin de tendresse de la jeune femme. Il s’assit à ses côtés et l’attira doucement dans ses bras, calant sa tête brune contre son torse. Doucement, il frictionna son épaule et déposa un baiser dans ses cheveux. Abel s’autorisa un silence, pour faire le point, pour laisser les mots venir. Il le savait, il reprenait toujours le dessus sur ses émotions. Gérer les situations difficiles, voire bloquées, c’était son truc, pas vrai ?

- On va parler à Rose, elle saura quoi nous conseiller, ou cette jeune fille… qui était étudiante dans son service si je me souviens bien… Skyler ? C'est ça ?

En vérité, le cinquantenaire ne savait pas s’il serait à l’aise d’évoquer la grossesse de la vendeuse avec la femme de Gary. Il la voyait comme une amie, comme l’épouse du leader, comme la mère de Norman, mais… comme médecin ? Peut-être que c’était plutôt que ce soit Tam qui le dérangeait, mais assumait-il aussi peu d’en être arrivé là ? Oui et non. Difficile à dire. Ou… si en fait, c’était facile : il suffisait de laisser le naturel dicter la réponse. Un sourire aux lèvres, il embrassa encore les cheveux de la gameuse avant de lui murmurer :

- Et pour revenir à « ce qu’on est », on a qu’à dire que…

Hésitation. Il savait qu’une fois qu’il l’aurait dit, il n’y avait plus de marche arrière. Mais franchement, est-ce que cette peur était raisonnée ? Chaque minute perdue à se poser des questions était gâchée. Pas seulement depuis Century, ni depuis l’épidémie, mais bien depuis son divorce. Abel vivait sur une montre brisée, condamnée à répéter inlassablement les mêmes heures, jusqu’à ce qu’un miracle vienne tout remettre en ordre. Un miracle qui s’appelait Lily. Avant aujourd’hui, il ne s’était jamais rendu compte qu’il se réveillait chaque matin en espérant la voir à ses côtés. Retrouver son amour, sa compagnie, son esprit… le cinquantenaire n’avait jamais refait sa vie parce qu’il l’attendait. Mais il devait se rendre à l’évidence : c’était une chimère. Et au fond de lui, il comprendrait que ce n’était pas tant l’âge de Tamara qui le gênait, ni Victoria, ni le bébé. C’était… « mais que dirait Lily ? ». Il sourit de plus belle, soulagé. Enfin, il pouvait mettre cette image au placard.

- On pourrait être une famille, dit-il prudemment, pas une famille ennuyante, juste… si tu as vraiment un bébé, alors tu serais sa mère, et moi son père ; et Victoria serait sa demi-sœur. Hum… à côté de ça, pas besoin de changer. On pourra continuer de passer du temps ensemble, tu pourras toujours voir tes amis, et… je continuerai à faire ce qu’il faut tous les jours pour que vous restiez en vie.

Une petite boule s’était formée dans sa gorge. Abel voulait paraître détaché, mais il ne disait pas qu’ils pouvaient être une famille, même si Tamara choisissait d’avorter. C’était sa manière maladroite, et non avouée, de lui demander son exclusivité officielle. Qu’ils soient un couple, ouai… à leur manière, amicale et originale, mais un couple quand même. Il ne voulait pas trop en dire, ni trop en faire, parce qu’il savait qu’elle aimait les choses simples ; et lui, avait peur des changements trop complexes. Pour donner plus de cachet à la légereté qu’il tenait à accentuer, le cinquantenaire haussa les épaules en précisant :

- Ça peut être ça une vraie relation…


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Tamara C. Kroeger
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MessageSujet: Re: The Real You   Sam 9 Juil 2016 - 3:22

Les longs discours n’avaient jamais été ma tasse de thé, mais pouvoir me lover dans les bras d’un homme, tout de suite, ça me parlait beaucoup plus. J’avais envie de croire que rien ne changerait jamais, je resterais dans ses bras à tout jamais et que le temps s’arrêterait. Je sentais son torse contre ma joue et mon oreille. Il était vivant, ce n’était pas un fantôme qui allait disparaitre demain. Il était là dans ce moment difficile. S’il traversait ça avec moi, qu’est-ce qui pourrait être pire dans le passé ? Rien, sauf peut-être la mort, mais c’était devenue quelque chose de si commun.

Je me blottissais un peu plus contre lui. J’avais certainement l’air d’une fille sans défense, mais pour le moment c’était lui ma lumière et j’avais besoin de recharger mes batteries. J’avais du mal à accepter mon attachement à Abel, mais je devais me rendre à l’évidence, je n’avais plus le choix. Enfin c’est toujours plus facile de croire qu’on est obligé de faire quelque chose plutôt que d’admettre qu’on en a envie. Je posais une de mes mains sur son épaule comme pour marquer un peu le fait qu’il était à moi et que je voulais le maintenir dans mon emprise.

- Oui c’est ça Skyler. Si tu ne te sens pas à l’aise sur le sujet, étant donné qu’il s’agit de conversation de fille, je pourrais peut-être y aller avec Lilou. Il va falloir que je lui en parle et je suis sûre qu’elle pourra m’aider sur le sujet. Promis je te raconterais tout ce qui s’est passé.

Je ne voulais pas le mettre à l’écart, bien au contraire, il faisait déjà beaucoup pour moi. Je voulais plutôt lui faire comprendre que je ne voulais pas lui forcer la main. Je comprenais parfaitement que tout n’était pas facile. Finalement Abel s’intéressait à la question fatidique. Il était temps d’y réfléchir et d’en parler. C’était stupide de garder un tabou entre nous juste parce qu’on avait peur. J’étais contente de pouvoir enfin en parler, parce qu’au fond de moi j’y pensais pratiquement tous les jours. C’était une question certainement un peu compliquée, mais est ce que ce n’était pas l’être humain qui rendait les choses toujours plus difficiles.

- Ton idée me parait très bien. Je ne demande rien de plus. Tu sais même affaiblie, je ferais toujours tout mon possible pour couvrir tes arrières. Tu crois que c’est compliqué de tirer à l’arc avec un gros ventre de femme enceinte ?

Je m’étais un peu décollé d’Abel, j’avais envie de pouvoir voir son visage, lui montrer que j’avais retrouvé du poil de la bête. Je ne voulais plus me laisser atteindre par cette stupidité qu’on appelait des hormones. J’avais besoin de poser des questions stupides pour dédramatiser la situation, il n’y avait aucune raison que j’ai un arc dans les mains à ce stade de ma grossesse, je resterais bien sagement dans mon lit au chalet. Mon sourire apparu de nouveau sur mon visage alors qu’il me rassurer quant à notre avenir. J’étais tombé sur un homme tellement génial.

- Il y a une dernière chose, tu as une idée de savoir comment annoncer tout ça à Victoria. Je suis persuadé qu’elle se doute de quelque chose. Elle n’a certainement pas vu son papa aussi heureux depuis aussi longtemps.

Je lui déposais alors délicatement un bisou sur la joue. J’en mourrais d’envie depuis un moment, lui offrir un peu de tendresse dans ce moment des plus étranges. Je m’étais assez redressé pour pouvoir l’atteindre sans difficulté. Sa fille était maline, j’étais persuadé qu’elle avait compris depuis bien longtemps. J’avais l’impression qu’il était plus joyeux ses derniers temps. C’était peut-être uniquement pendant les moments où nous étions ensemble, peut-être pas. Une chose est sûre, ensemble nous formions un beau duo, j’en étais persuadé.

- Et puis vaux mieux qu’elle l’entende de ta bouche. Enfin de tes mains pour le coup.

Ce n’était pas presser dans la minute, il pouvait encore passer du temps à mes côtés. Je l’observais toujours avec mes yeux pétillants. J’avais passé ma vie à me cacher devant tout un tas de choses, je ne le réalisais que maintenant. Moi qui pensais que je m’étais toujours affranchie de tout, je m’étais trompé depuis le début. Est-ce que tant qu’on était ici à vider nos sacs on devait affronter notre différence d’âge pour de bon ? Je ne savais pas vraiment. Je plongeais dans son regard avant d’ouvrir la bouche.

- Je vais certainement te dire un truc étrange, mais... Quand je suis dans tes bras, je ne suis plus vraiment la fille indépendante et solitaire. Je redeviens Tamara, la véritable personne qui se cache sous le masque des tatouages…

Pourquoi lui dire un truc comme ça ? Je ne savais pas, c’était certainement une forme d’attachement. Ce ne serait pas vraiment étonnant. Nous allions être amenés à partager de long mois ensemble dans un avenir des plus proches.



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