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 De retour en enfer...

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WALKING WITH THE DEADS

MessageSujet: Re: De retour en enfer...   Jeu 4 Aoû 2016 - 16:24

Le lieu de culte était sombre, à peine éclairé par une petite rangée de bougies pâlottes derrière le bénitier. Un cierge au trois quart consumé tentait vaguement d'éclairer une masse imposante érigée derrière l'autel.
Trop concentrée par tout ce qu'elle avait à faire en un temps record, elle n'y avait aperçu qu'une croix avec probablement un grand Jésus de bois sculpté.
Plaquée contre le mur qui offrait un très léger angle mort pour la protéger un peu des regards, elle n'eut pas longtemps à attendre avant de voir la grande porte s'ouvrir à toute volée sur le trio, guru en tête, suivit de Nounours plus triste que jamais tandis que le troisième larron verrouillait l'entrée puis la barricadait avec de lourdes barres de métal.

D'instinct Malou s'était raidie tandis qu'une vague de terreur l'envahissait: de là où elle était, elle pouvait être vue.
Heureusement, les homme étaient trop concentrés par leurs actions ou peut-être trop sûrs d'eux pour remarquer la petite silhouette.
Rapidement elle reprit son self contrôle et géra son stress comme elle avait l'habitude de le faire  au contact des mangeurs d'hommes.

Il était trop tôt pour intervenir, les deux sinistres individus n'étaient pas encore à sa hauteur et Nounours s'était arrêté net, les yeux exhorbités d'effroi comme s'il avait vu apparaître Satan en personne au fond de cette église.
Lentement elle tourna la tête dans la même direction que ce regard tant chéri devenu tout à coup méconnaissable d'épouvante et vis...
Un spasme d'horreur et de dégoût mêlés faillit secouer son corps des pieds à la tête; elle aurait voulu  hurler toute la douleur que cette image renvoyait dans son âme encore enfantine, se révolter contre cette cruauté humaine plusieurs fois millénaire et toujours d'actualité; pleurer au pied de cet homme crucifié, au corps tordu, cassé, étiré par mille tortures toutes plus raffinées les unes que les autres comme une Marie-Madeleine des temps anciens.
Ce soir, elle venait de comprendre que l'homme vivant était mille fois plus dangereux et pestiféré que les morts-vivants, elle tâcherait de s'en souvenir pour le temps qui lui resterait à vivre dans ce lamentable monde.

Elle n'eut pas le temps de s'enfoncer dans ses noires pensées car la suite des évènements se passa à la vitesse de l'éclair.
Le chef s'était avancé pour aller éteindre les cloches et, comme prévu, se prit les pieds sur le filin, s'étala de tout son long, poussant un juron blasphématoire, comme quoi...
Bobby avait profité de la situation et d'une vitesse fulgurante avait désarmé le sous-fifre qu'il tint en joug avant de tirer.
Malheureusement le coup râta.
Malou pâlit. Il était inutile de tendre le pistolet à Nounours puisqu'il en avait déjà un; c'était à son tour d'agir.
Voyant que le grand homme en venait aux mains sur la gorge du faux frère, elle se tourna vers le guru qui pivotait sur le derrière, revolver tendu vers le dos de l'amour de sa vie.
Son sang ne fit qu'un tour dans ses veines. Le chien de l'arme eut juste le temps de claquer, elle s'avança vers lui à découvert et pulvérisa son visage de gaz lacrimogène.
Sous le coup de la surprise l'homme émit un glapissement de douleur avant de persévérer dans sa haine.
Une main sur les yeux endoloris, il se leva tout de même, mû par une sorte de rage incommensurable, prêt à faire feu de la manière la plus fourbe qui soit.
L'adolescente n'était pas dupe. Même à moitié aveugle et la figure comme un brasier, il n'abandonnerait pas, il fallait à tout prix le désarmer.

Le rouleau à pâtisserie n'était pas une bonne idée. Lourd et peu maniable, il était bon pour casser de la rotule mais inutile pour un coup tout en finesse.
Le laissant tomber au sol elle attrapa la cravache et cingla d'un grand coup qui siffla dans les airs la main armée.
Le reste se passa comme la première fois, dans le petite maison.
N'ayant aucune technique de combat, elle s'en remettait à l'énergie sauvage de l'instinct de panique.
Incapable de jauger le succès de cette première attaque fulgurante, prenant son élan, elle continua à fouetter, fouetter, à ne plus pouvoir s'arrêter jusqu'au moment où elle vit le chef prendre ses jambes à son cou et courir tout vascillant jusqu'à l'autel.
Pétrifiée, hagarde, le fouet pendant le long de son corps, elle vit l'infâme tortionnaire se baisser et disparaître entre la croix et la table d'offrande.

Un silence total envahit d'un coup l'ancien lieu de recueillement devenu cabinet des horreurs.
Dans son élan le fou de Dieu avait éteint le cierge, unique source de luminosité du choeur comme si à son simple passage ce lieu sacré ne pouvait plus que s'obscurcir.

Nounours...
Murmura t-elle tremblante d'effroi, les yeux rivés sur l'endroit où le monstre s'était volatilisé prête à le voir réapparaitre soudainement comme un diable hors de sa boite.

Dehors, les grognements s'étaient rapprochés, se mêlant de concert avec le son infernale des cloches qui n'en finissaient plus de carillonner.
Pourtant, si l'on prêtait l'oreille, on pouvait entendre, malgré les portes closes, comme une petite voix de castra qui psalmodiait:

Hérétique !
Dieu n'offre pas son pardon à qui s'égare de son chemin
Il vous avale dans ses entrailles et vous enferme dans sa cage.
Ö inhumaine férocité cachée sous les pauvres atours,
Berceau sanglant de l'agneau immolé par la puissance ténébreuse,
Méfie-toi étranger qui pénètre sur ses terres

La trappe, mes Frères, la trappe....


Hérétique !
Tel sera ton nom gravé au fer rouge en ton sein.
Fuit l'arène sanglante Séraphin
Fuit la dent aiguisé du monstre féroce...


Puis, prenant tout à coup une autre voix il ajouta:
oui, oui, pardon Seigneur,
Séraphin est hérétique,
Il mérite les châtiments extrêmes imposés au corps impur.
Chasse Satan de cette âme mon Seigneur.


Non, termina t-il en changeant encore de voix
Séraphin n'est pas mauvais homme
Il grattera la terre, fera un trou.
Alors le sol se dérobera en un boyau jonché de multitudes jusqu'au Nadir.
Mais le Sage contemplant le Zenith
Soulèvera la voûte céleste noyée dans le labyrinthe Sacré
Qui le conduira jusqu'à l'église vidée de ses joyaux.

La trappe mes Frères, la trappe....
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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: De retour en enfer...   Mar 9 Aoû 2016 - 8:25

La grosse cloche en fonte du clocher de la maison de Dieu résonna pour convier toutes les créatures assoiffés de chaires sanguinolentes des environ. Tel un appel macabres, le chœur des abominations que même le diable avait rejeté de l'enfer fit écho au gond sourd. Des masses putrides de goules s'avancèrent alors maladroitement et en traînant leurs pieds dans la direction de cet appel de sirène qui émerveillèrent leur sens perverti. Des ombres erratiques, trébuchantes émergèrent des maisons délabré, des ruelles et de l'orée de la forêt avoisinante. Comme si un metteur en scène venait de crier action, les ombres des populations d'un passé révolu se pressèrent pour satisfaire leur faim lugubre et accueillir de nouveaux membres dans leurs perversions grotesques. Des bras décharnés se levèrent vers le lieu autrefois saint, pathétique tentative d'essayer d'agripper les sons intangibles. Une trentaine d'individus quelquefois squelettiques, d'autres dont les chairs étaient boursouflées par la putréfaction, arrivèrent dans l'ombre de la flèche de la foi collective de Brionn.

À l'intérieur de ce lieu, autrefois sacré par la foi et maintenant perverti par la folie du même individu, le golem de chair essayait de se concentrer. Il venait d'assommer proprement dit, d'un puissant coup de boule, le dernier acolyte du démagogue déjanté. Le tintamarre de la cloche, le chœur macabre des gémissements affamés des morts-vivant se pressant contre les marches de l'église et les grognements du fanatique meurtri dans son ego résonnaient sournoisement dans l'ouïe amoindrie du mineur. Serrant les dents en s'en faire sauter l'émail, fermant ses poings immenses et rugueux couvert de cicatrices à s'en faire blanchir les jointures, le colosse difforme commença à faire demi-tour. Le visage aux traits atypiques était cerné par une rage froide et colérique. Ses yeux bleuté si calme n'étaient que deux braises rougeoyantes de fureur. Le géant devait cesser cette démence qui anéantissait chaque jour un peu plus les chances de vivres des derniers survivants pris dans cette horreur apocalyptique. Lorsque que l'immense colline humaine à la musculation disproportionner eut fini de faire faire volte-face de manière lente et menaçante, un scintillement métallique capta l'œil de Robert. Le prêtre possédé par la folie divine pointa une immense revolver chromé, un Raging Bull, vers le monstre de foire. Le canon ressemblait à une bouche de Métro pour le point de vue de Bobby. Un sourire malveillant déposé sur les lèvres charnues du prophète de l'apocalypse, l'homme corrompu tira le chien vers l'arrière. Malgré la distance et la cacophonie qui l'entouraient, le mastodonte sanctifié perçu avec clarté le claquement métallique du ressort de l'arme. Quand la mire de l'arme se déposa sur le front de la bête, celle-ci eut un certain réconfort.

Au moins il savait que son Chaton était vivante et surement à une distance plus que confortable. Il aurait tellement lui dire qu'il était désolé, qu'il aurait aimé lui fournir un toit avec la faction, lui permettre de sourire et de rire avec eux tous. De voir grandir l'enfant de Flann, de jouer avec Arun, de faire de la musique avec Selene, d'apprendre avec Gabriel et de blaguer avec Harold. Mais dans quelques centièmes de secondes ces visions paradisiaques allaient s'envoler en même temps qu'une bonne partie de la boite crânienne du mineur. L'index du démagogue fou allait appliquer la pression nécessaire sur la gâchette de l'arme pour libérer la tête creuse du puissant projectile. La distance entre le monstre de Frankenstein et le prêtre était trop grande pour laisser le temps d'agir à Robert.

Mais avant que la Faucheuse ait réclamé son dû, une ombre surgie tout à coup de la pénombre omniprésente. Un nuage surgis de la main tendue de la divine apparition et le prêtre fou s'étouffa bruyamment. La stupeur avait figé le colosse, le laissant comme simple spectateur impuissant de cette lutte qui semblait tout à fait inégale. Le démagogue, suffocant et à moitié aveuglé, se releva de peine et de misère et pointa de nouveau son arme dans la position des deux survivants. L'arc de tir était imprécis, grossier, mais un coup de malchance et le tir pourrait toutefois toucher Robert ou… Malorie. Le regard bleuté s'écarquilla de confusion et de peur. L'adolescente fouettait maintenant avec hargne la silhouette chancelante de l'homme qui devait peser presque le double. La lanière de cuire zébrer férocement la chair, les mains et le visage rougeâtre du gourou de la secte décimé. L'homme de la foi s'enfuit alors, souffrant le martyr et l’ego complètement fissuré par cette avalanche de honte. Le lourd revolver tomba sur le sol en marbre.

Enfin le géant put retrouver la liberté de ses mouvements et aussitôt il se précipita vers la silhouette de la jeune femme. Arriver au niveau de Malorie, le géant déposa un genou sur la pierre froide du carrelage. L'attrapant avec douceur, il enserra un instant le corps menu et gracile de la sauvageonne. Avec une tendresse inouïe, une affection plus que certaine et soulagement. Un apaisement semblait s'être déposé sur la scène des retrouvailles, malgré la détresse et la précarité de la situation. Déposant un baiser sur la joue droite de l'adolescente, Robert exprima sa gratitude.

Robert- Merci Chaton… Euh… Tu es très courageuse et intelligente… Euh… C'est toi les cloches? Tiens prend ma lampe et éteint s'il te plait… Euh… On doit pas attirer tous les méchants qui mordent du coin.

Donnant sa lampe qu'il venait de sortir et l'enfoui dans la main de la jeune femme. Lui adressant un sourire de gratitude et aussi d'affection, le géant se redressa.

Robert- Je reviens très vite ok? Je ne veux pas que le prêtre soit méchant avec d'autres personnes… Euh… Surtout qu'il ne te fais aucun mal… Euh… Fais attention à toi et à celui endormi ok?

Appuyant sa main rassurante sur l'épaule chétive de la jeune femme, de l'ange de l'innocence en quelque sorte, le colosse s'élança sur la trace du démagogue fou. Le fil de fer faillit faire tomber de tout son long le colosse difforme. Se rattrapant de peine et de misère à des bancs de prières en bois massif, Robert grimaça de douleur. Mais continuant de faire ses pas gigantisme et gauche, le mastodonte continua de suivre la trace du démagogue. Dans la noirceur il fit une porte entrouverte et une volée de marche qui menait surement vers le clocher. Gravissant les marches de bois gémissantes quatre à quatre, la créature pathétique et immonde sorti à l'air libre. Déposant son pied sur la plate-forme de la flèche de l'église, Robert eu la satisfaction de sentir le vent tiède lui caresser son faciès monstrueux. La lune perçait avec difficulté le lit des nuages sombres. La cloche se balançait mollement, lâchement. Le son s'était enfin tue graduellement pendant le trajet tortueux de Bobby. À l'opposer de lui le prêtre essayait de glisser un chargeur dans une arme de dotation de l'armée américaine. Le M4 avec lunette devait être la propriété du soldat sacrifié sur la croix pour la cause de la folie collective de la secte.

Les yeux mi-clos, pleurant pour essayer de chasser les résidus de poivre de Cayenne, le démagogue récitait des passages de la bible sans queue ni tête. D'une grande enjambé, Robert se porta à l'encontre de l'homme paniqué et maintenant terrorisé. Celui-ci essaya de lever le fusil d'assaut pour s'en servir comme une masse. Le colosse, au visage intransigeant, stoppa la pathétique attaque et cogna fortement le poignet du prêtre sur la charpente du clocher. Un craquement sinistre appris au géant, malgré les gémissements de la foule putride en bas, que l'os n'avait pas résisté à la force phénoménale du géant. Le démagogue, sa furie décuplé par la douleur, balança son poing dans l'abdomen de Bobby. Autant dire que le prêtre essayait de démolir une montagne à mains nues. Saisissant à deux mains le col de la veste du fanatique, le mastodonte le souleva du plancher de bois patiner par le passage des saisons. Le visage rougeaude de l'illuminé grimaçait de rage et postillonnait sur le faciès à peine sculpter de la gargouille laide et balafré.

Prêtre- Sois maudit Monstre des ténèbres! Tu freines la tâche sacré que le tout puissant m'avait personnellement demandé d'accomplir! Tu seras précipité à ta mort vers le Purgatoire à ta mort et je rirais de ça à la droite du Seigneur!

Les yeux du géant se rétrécir alors sous l'effet de la fureur. Il savait que c'était mal de tuer des gens, des humains. Mais cet homme, ce lunatique porter par une illusion de justice divine, continuerait son œuvre de mort et de démence sur d'autres innocents. Si un jour lui et ses fidèles tomberaient sur le chalet, sur sa famille, sur Malorie, tous ce qu'il comptait à ses yeux lui serait enlever dans les flammes de la violence et la mort. Il pouvait mourir, Robert était un monstre et ça sera dans la logique de ce trépas. Mais pas ses anges…

Prêtre- Je suis comme Saint-Michel, Commandant des légions divines qui écrase sous sa botte les pathétiques serviteur du Malin…

Robert s'avançant alors vers la balustrade, tenant toujours le démagogue par le collet de ses vêtements. La voix rocailleuse, intimidante et surtout de mauvais augure de l'être difforme domina les râles des morts-vivants.

Robert- Et tu vas tuer ma famille? Malorie?

Prêtre- OUI! LES ANGES GUERRIERS N'ONT RIEN À FAIRE DES MORTELS HÉRÉTIQUES COMME TOI ET LES TIENS! ON DOIT PURGER L'HUMANITÉ DES HÉRÉTIQUES!!!

Les braises de la fureur se transformèrent alors en tempêtes de feu de rage dans les yeux si habituellement si doux du colosse.

Robert- Donc tu es un ange?

Prêtre- OUI

Robert- Si c'est vrai, Dieu t'a donné des ailes pour t'envoler si je te lance d'ici…

Le ton de Bobby, qui ressemblait à deux pierres qui s'entrechoquent, fit naître une peur dans le regard de l'illuminé. D'une puissante traction de ses bras immenses, le géant difforme propulsa le corps de l'homme gesticulant dans le vide. Le démagogue atterrit sur la masse compact des goules en contre-bas. Un instant l'illuminé semblait flotter sur des eaux de membres putrides et décharnés. Mais la mer de voracité s'ouvrit subitement et l'homme fou sombra dans les flots de mandibules tranchants et de mains dotées d'ergots perforantes. Les cris de douleur accompagna le colosse qui retourna sur ses pas, la tête basse et les épaules voûtés. Une parcelle de son âme si pur, si humaine, venait de s'assombrir. Il venait de tuer un homme, franchir la ligne qu'il pensait ne jamais approcher. Une tristesse venait de naître sur son visage aux traits atypiques.





Perdre les gens qu'on aime vous affecte en profondeur. La douleur est ensevelie dans votre corps, votre âme et votre cœur. Et en résulte alors un énorme gouffre de souffrance et de douleur. Ce gouffre peut transformer un être de lumière en ténèbres...
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MessageSujet: Re: De retour en enfer...   Mer 10 Aoû 2016 - 19:08

L'oreille aux aguets, Malou avait entendu le vieil hérétique.
Pourquoi les incitaient-ils à se diriger vers la trappe ? Etait-ce là que le guru s'était réfugié ?
Elle n'en était pas certaine car elle l'avait vu se redresser et foncer droit vers la porte entrouverte qui menait au petit clocher, une nouvelle arme à la main, moins brillante celle-ci; peut-être une arme d'ancien soldat ?

Elle n'eut pas le temps de chercher une réponse à cette observation; de toutes façons cela ne l'intéressait pas car Nounours s'était agenouillé à sa hauteur et la serrait dans ses bras.
Elle opina de la tête à propos des cloches mais pour le reste, elle ne se sentait ni intelligente, ni courageuse, elle avait juste sauvé l'homme de sa vie, quoi de plus normal ?
Elle profita intensément de cet instant de douceur mais restait raide: les grognements lugubres s'étaient rapprochés; ils seraient obligés de les affronter s'ils voulaient ressortir d'ici un jour et n'en avait aucune envie même si elle avait une idée.
C'était d'ailleurs cette idée qui l'angoissait, elle était risquée mais s'ils voulaient repartir avec le coffre plein de tout ce qu'il trouveraient dans l'église, elle n'avait pas le choix car elle ne voyait pas d'autre alternative.

Quand Nounours déposa un baiser sur sa joue, elle eut un léger mouvement d'énervement; elle n'était pas une gamine, merde !
Alors, tandis que le grand homme lui confiait la lampe torche et avant qu'il se relève, elle attrapa rapidement son visage à deux mains et lui colla un baiser sur la bouche !
Si avec ça il ne comprenait pas...
Mais ce n'était pas le bon moment pour des déclarations enflammées ou des refus amers; le chef de la secte était invisible, ce qui s'avérait être encore plus menaçant que s'il avait été à vue.

Sur une dernière recommandation, Bobby s'élança.
Attention...!
s'écria l'adolescente.
Trop tard, Nounous s'était pris les pieds dans le filin et avait failli tomber avant de repartir sur sa lancée.
En d'autres circonstances, elle aurait peut-être éclaté de rire mais quelque chose la titillait: il avait parlé de « l'endormi »...
Elle le croyait mort !
Elle se retourna vers l'homme affalé sur le sol et cru le voir remuer légèrement. A moins que ce ne fut un effet d'optique à cause des bougies vacillantes ?
L'adolescente n'était pas prête à prendre des risques inutiles mais en même temps, elle avait un véritable cas de conscience: il faudrait à nouveau tuer un être vivant. Cela ferait encore un moins...
Peu motivée par ce genre d'action qui ne laisserait à l'individu aucune chance de rédemption, elle empoigna tout de même son rouleau à pâtisserie mais attendit.

Au bout de quelques minutes qui semblèrent une éternité, le type se mit à bouger réellement, sortant de sa torpeur.
Plus par effroi que par haine, elle cogna un grand coup sur la tête et comme cela ne suffisait pas, elle recommença plusieurs fois, espérant ne pas l'achever.
Quand il fut à nouveau immobile, elle sortit la corde de son sac et le ligota; ainsi elle aurait la paix et ne serait plus obligée de rester plantée là à attendre.

Inquiète de ne pas voir revenir son héros, elle passa la tête par la porte entrouverte et écouta les éclats de voix.
Elle s'apprêtait à monter les premières marches quand elle se ravisa; ce n'était peut-être pas une bonne idée car plutôt que d'aider Nounours, sa présence pouvait au contraire le perturber dans sa concentration. Et puis, qu'aurait-elle fait contre un homme armé ?

Rongeant son frein, elle s'avança vers la trappe derrière l'autel et la regarda sans oser la toucher.
Elle était simple, en bois, suffisamment grande pour qu'un individu debout puisse passer mais pas plus.
Vers le bord, une encoche permettait de la soulever et l'ouvrir.
Quelle ne fut pas sa surprise d'entendre à nouveau la voix de fausset qui murmurait au travers:
Venez ma Soeur, vous n'avez rien à craindre, il n'y a que moi là-dessous.
Hésitante, elle prit une inspiration, écouta encore ce qui se passait dans le clocher et se décida.
Doucement et un peu effrayée elle souleva le battant pour découvrir trois petites marches qui plongeaient vers une pièce apparemment très petite, creusée dans le sol.
Le vieil homme, plaqué contre le mur afin de lui laisser le passage l'attendait, sourire béat aux lèvres, invitant de la main à descendre.
Rassurée, Malou obtempéra. Le fou n'était pas armé et ses yeux malicieux brillaient d'impatience à la lueur d'une petite torche artisanale.

Quand elle fut en bas, elle regarda autour d'elle le lieu plongé dans la pénombre.
Devinant sa curiosité, le vieillard dirigea la flamme vers le centre de la salle; c'était immonde.
Ils n'avaient pas eu besoin d'une vaste cellule ni d'instruments imposants pour faire le mal à tout jamais dans la chair de ceux qui étaient passés là.
Juste un anneau au mur, une poulie au plafond agrémentée d'une corde au bout de laquelle était attaché un bloc de pierre, un long cône pointu en métal encore recouvert de sang, une petite chaise en bois hérissées de longs clous et sur un bureau des fouets, des scalpels, des aiguilles, un marteau, des pinces, deux gros morceaux de bois, un engin étrange avec une manivelle et d'autres choses que l'adolescente n'arriva pas à identifier.
A droite, creusé dans la roche, un minuscule espace où une personne aurait à peine pu se tenir accroupie était à demi obturé par des barreaux. A gauche, une porte en bois, fermée.
La salle d'interrogatoire, la prison et le plus important: la réserve ! Annonça l'homme, crevant tout à coup le silence oppressant qui s'était installé.
Il allait ouvrir l'huisserie quand les deux acolytes entendirent un cri de terreur suivit par le bruit d'une chute et une multitude de grognements.
Tiens... articula l'hérétique en faisant semblant de réfléchir, la cloche serait-elle tombée ?

Si Malou n'avait pas été dans un réduit aussi sordide, elle aurait rit de la boutade mais là, son coeur se soulevait à la vue des innombrables taches de sang et autres qui jonchaient le plancher poussiéreux.
Et puis Nounours redescendait.
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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: De retour en enfer...   Jeu 11 Aoû 2016 - 13:59

Le colosse balafré descendit la volée de marche pour rejoindre le plancher de marbre du lieu de culte perverti. Son ouïe amoindrie résonnait encore du cri d’horreur pur qu’avait poussé avec l’énergie du désespoir le démagogue fou en chutant du haut de clocher. Chacun des pieds immenses de la créature grotesque qui s’appuyait sur la marche de bois qui grinçait en soupira de lassitude sous le poids excessif du géant. Au loin les gémissements de contentements des goules se mélangeaient au cri de plus en plus faible de l’illuminé qui se faisait littéralement démembrer par la férocité des abominations qui voulaient toutes leur pitance sanglante. Les épaules massives du golem de chair couvert de cicatrices étaient voutées, honteuses et repentantes de l’acte de barbarie qu’il venait de conclure sous l’effet de la rage qui avait embrasé son âme et tout son être abominable. Robert avait franchi la ligne maudite qu’il s’était juré de ne s’approcher. De tuer un être humain, un homme doué de conscience et valant surement plus que lui, misérable monstre de foire n’était à peine plus élevé que la lie de l’humanité. À ce jour, il n’avait qu’assommé ses assaillants, brisant quelques fois des membres aux plus entêtés. Mais jamais la pitoyable bête n’avait éteint la flamme sacrée de la vie d’un individu. Mais les propos corrompus, néfastes et fanatiques de l’illuminé investi d’une mission illusoire du Tout Puissant l’avait poussé au meurtre pur et simple. Quand les mots sacrilèges avaient franchi les lèvres craquelées du fou, à savoir qu’il allait tuer sa famille adoptive et Malorie, la fureur avait pris le relais pour la première fois sur le protecteur et la bonté surnaturelle de Robert. Il se savait maintenant maudit, meurtrier et assassin qui arpentent le sol corrompu de ce monde infernal.

À la lueur vacillante des cierges mourants, le goliath à l’armure de chaire fit que l’acolyte était ficelé comme un saucisson de Bologne. Laissant transparaître un mince sourire sur ses lèvres exsangues, le mineur recherchait du regard la fine et gracile silhouette de l’adolescente. Son cœur torturé couvert de plaies plus ou moins profondes se serra dans sa poitrine démesurée. Pendant cette accalmie des bienvenues dans cette apocalypse, un souvenir tendre et perturbant s’afficha dans l’esprit lent du colosse balafré. Des petites mains soyeuses comme la soie la plus pure enserrant la laideur de son horrible faciès. Une tendresse que le géant n’avait pu gouter qu’une fois dans sa vie misérable et pathétique. Des lèvres douces comme de l’eau fraiche d’un ruisseau de montagne qui s’apposa avec la force et l’ivresse d’une passion peu commune sur l’être complètement médusé. Il avait cru rêver, mais sa conscience lui souffla que non. Robert avait souvent espéré recevoir un baiser de la sorte, une marque d’affection qu’il n’aurait jamais cru possible. Il devrait en parler avec Malorie, pour être sûr et certain que ce n’était pas un baiser pour lui souhaiter bonne chance pour sa croisade contre le démagogue fou. Aussi pour lui expliquer son malaise croissant. Leur différence d’âge était trop grande. Aussi l’ange de l’innocence n’avait pas atteint la majorité non? Qu’elle pourrait aisément trouver un jeune homme qui allait s’amouracher d’elle et la combler! Pas d’un monstre de foire avec l’intellect si peu développé. Aussi Breann avait demandé un peu de temps, mais dans le cœur du mastodonte il se doutait de la réponse finale de la journaliste. Soupirant tout doucement, le géant baissa ses yeux bleutés si purs et débordant d’humanité.

Il vit au loin le reflet métallique qui luisait paresseusement à la lueur des bougies. Le révolver du démagogue fou. Sentant la lourdeur du fusil d’assaut suspendu par sa bretelle sur son épaule, une pensée refit surface. Celle de l’ange d’ivoire qui demandait, qui suppliait de sa voix musicale, le géant simplet de prendre toutes les armes qu’il avait la chance de mettre sa main démesurée dessus. Inconsciemment, Robert avait pris le M4 avec le second chargeur après avoir poussé le prêtre totalement déjanté par une rédemption ridicule et mortelle. Se baissant, la bête saisit le lourd révolver et l’expression du visage à peine taillé de Bobby devint la surprise la plus totale. Le pontet était assez gros pour lui permettre d’insérer son index. L’air un peu béat, à mi-chemin entre la joie enfantine et la stupeur, il visa une cible imaginaire. Les coins de sa bouche s’agrandirent juste pour frotter la base de ses oreilles décollées. Rangeant son nouveau jouet dans la poche de sa veste de motard renforcé, le mineur plaça sur son autre épaule le fusil de chasse tronqué qui avait pulvérisé le visage de plâtre de St-Pierre. Voyant le sang s’échapper du front de l’acolyte, le colosse difforme tata la base de son cou et un soulagement sans borne traversa l’immensité bleutée de son regard. Le serviteur du prêtre fou à lier était vivant, mais inconscient. Se tournant sur lui-même, le géant découvrit enfin la trappe derrière l’autel. Un immense panneau de bois. Quelques cognements timides se firent entendre, prouvant que quelques sombres instincts de prédation guidaient les goules à l’extérieur. Soulevant le corps flasque et semblable à un sac de patates de l’homme de foi, le mineur s’approcha de l’accès au sous-sol.

Devant le trou béant regorgeant de ténèbres, la voix rocailleuse chuchota avec douceur un appel pour les oreilles de l’adolescente. La grande pièce fit l’effet d’un écho.

Robert- Chaton tu es bien là?

La petite voix, semblable à la tiédeur du vent qui soufflait entre les feuilles de la forêt majestueuse, lui répondit alors par l’affirmative. Descendant alors à son tour dans la cave, transportant l’homme inconscient et ses trophées de guerre, Bobby referma la trappe. L’obscurité enveloppa le mineur qui prit quelques instants pour laisser sa vision nyctalope aiguisée prendre le dessus. Distinguant les contours des parois, des poutres et des obstacles, le pas sure et lourd du colosse balafré résonna dans le tunnel grossièrement sculpté. Il se souvient de ce type de passage, de ce lieu où les gens d’Église entreposait les morts dans les cercueils lors de la saison froide quand la terre gelée ne permettait aucunement la pelle de creuser une fosse. Une lueur dansante, lascive, d’une torche guida le golem de chaire comme un navire en piteux vers un phare salvateur. Dans la pièce, le regard du colosse s’assombrit un instant. Il avait devant lui toute la déchéance, la folie et la démence de la secte. Des engins de tortures, souillés par des litres de sangs de gens innocents, patientaient dans le vain espoir que les tortionnaires les utilisent de nouveau. Un drain creusé à même le sol érigeait les fluides vitaux des âmes torturées. Sur la table où reposaient des instruments barbares et à l’usage inhumain, une sacoche de médecine trônait. Tout le bazar pour des chirurgies, scalpels et forceps pour ne nommer que ceux-là, fit comprendre l’importance pour le simplet. Si Aori pouvait avoir ces instruments, elle pourrait aider et soulager des maux les membres de sa famille adoptive. Mais au-delà de l’horreur de la salle, les horreurs que la créature empathique pouvait ressentir comme s’il était le témoin des horreurs passées, une vision réconfortante trônait au milieu de la pièce. L’ange de l’innocence, silhouette gracile et racée, se tenait debout près d’une chaise à l’allure diabolique. Déposant l’acolyte évanoui et attaché, le géant sourit. Un sourire apaisant, apportant des trombes de réconforts et de bienveillance comme une pluie revigorante d’été, inonda les deux êtres. Les yeux océaniques brillaient d’une tendresse et d’une affection qui pouvait éclipser l’intensité de milliers de soleil. Faisant un pas gigantisme, le golem de chair passa une main aimante et douce dans la chevelure blonde comme les blés de Malorie. Un geste n’ayant aucune connotation amoureuse, juste de bien-être et de tendresse. Une envolée de ton rocailleux, mais chacun des mots qui la composaient avait la douceur de l’âme de la bête, se propagea dans la salle confinée.

Robert- Nous allons nous en sortir… Euh… Je ne veux pas que tu restes plus de temps que nécessaire ici. J’ai rêvé tout à l’heure Chaton?

Il écouta la réponse de l’ange de l’innocence et enfin son regard bleuté s’apposa sur la silhouette rabougrie et bossu du compagnon d’infortune de Malorie. N'importe quelle personne aurait eu un sursaut en voyant la lie de l’humanité qui tenait la torche improvisée. Mais dans le regard paisible et douceâtre de Robert, aucune révulsion ou de dégout ne troublèrent l’étendue bleutée qui donnait sur l’âme pure du colosse balafré. Sans hésitation, laissant une aura d’apaisement paisible presque surnaturelle s’échapper de chaque pore de sa peau sanctifié, il tendit sa main immense et rugueuse pour serrer la pince. L’empathique créature difforme et gigantisme savait qui c’était son vis-à-vis et qu’il ne représentait aucun danger. Que l’homme était un allié dans cette quête de rédemption et de justice dans un sens.

Robert- Salut… Euh… Moi c’est Robert ou Bobby… Euh… Chaton a dit que tu es un gentil et je me fie à son jugement… Euh… Tu étais déjà ici avant qu’on entre?

Tirant un peu l’oreille, l’ouïe amoindrie du colosse balafré nota l’augmentation des coups rageurs des abominations sur les portes du lieu saint corrompu. Soupirant tout doucement, le géant au cœur d’or dit l’évidence même.

Robert- Les méchants qui mordent vont essayer de casser la porte… Euh… J’espère qu’elle est solide. Sinon on doit attendre.

Voyant le regard d’azur de l’adolescente se fixer sur la forme allongée sur le sol taché de sang, le golem de chair souleva ses épaules massives. Une voix compatissante s’échappa de la gorge immonde du mineur dont le cœur immense débordait de bonté.

Robert- Personne ne mérite de mourir manger par les méchants qui mordent… Euh… sauf le prêtre lui voulait tous vous tuer… Euh… Ma famille et toi aussi Chaton… Euh… Je suis désolé de l’avoir fait, mais je ne voulais pas te perdre ni les autres de ma famille…




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MessageSujet: Re: De retour en enfer...   Jeu 11 Aoû 2016 - 23:45

Malou peinait à comprendre pourquoi cette petite église contemporaine, construite en bois, sans faste, pouvait abriter un endroit aussi épouvantable en sous-sol; aussi posa t-elle la question à Séraphin.
Il lui expliqua qu'avant, la petite salle et la réserve servaient à entreposer les cercueils des morts pendant l'hiver, seule la prison minuscule avait été creusée par les gens de la secte.

La vieux fou s'apprêtait à ouvrir le petit entrepôt quand la voix de Nounours résonna au dessus.
Oui, je suis là, viens ! Lui souffla l'adolescente qui avait hâte de revoir sain et sauf celui qu'elle considérait comme plus important qu'elle-même.
Quand il eut descendu les trois marches, l'hérétique se cala dans un coin, la jeune fille dans l'autre tant la silhouette de Bobby, transportant l'énergumène ficelé prenait toute la place qui restait !

Il avait fermé la trappe; il avait eu bien fait: même si les mangeurs d'hommes réussissaient à entrer dans le lieu de culte, il leur serait impossible de soulever la lourde plaque.
Se baissant elle fouilla dans son sac à la recherche de la lampe torche que Nounours lui avait confié, finit par la trouver dans tout son bardas et l'alluma au moment où il passait sa main sur ses cheveux.
Malou adorait cela. De plaisir elle ferma les yeux quelques instants avant de les rouvrir pour dévisager l'homme adoré qui lui demandait s'il avait rêvé.
Que non il n'avait pas rêvé ! Si elle avait pu, ce n'est pas un baiser qu'elle aurait déposé sur sa bouche mais des milliers...
Ne se sentant pas suffisamment décontractée à cause de la présence de l'hérétique, elle ne répondit pas. A la place, elle le regarda avec une telle intensité, qu'il n'y avait pas besoin de mots pour deviner tout l'amour qu'elle ressentait pour lui.
Doucement, elle attrapa sa grande main et l'embrassa tendrement avant de se tourner vers le vieillard difforme.
C'est Séraphin, celui que j'ai croisé dans la forêt avec Gabriel... Il est très gentil et il veut nous montrer la réserve, dit-elle presque implorante de peur que Bobby ne la croit pas.

Séraphin était déjà ici, oui, il vous a vu arrivé et vous a attendu. Articula l'homme de sa voix de castra.
Séraphin savait que vous iriez dans l'église alors il à rouvert le trou qu'il avait fait dans sa cellule... Séraphin a beaucoup souffert ici... Séraphin est Juif; il aurait dû finir comme le musulman là-haut mais il a été malin, il a creusé avec ses mains et s'est enfui !
Ajouta t-il fièrement avant de se diriger vers la porte close.
C'est ici qu'ils ont entassés tout ce qu'ils ont volé, expliqua t-il. Séraphin a vu ! Il n'y a pas beaucoup d'armes mais il y a plein de nourriture.

Ce fut au tour de Bobby de se réfugier dans un coin afin de laisser suffisamment de place au vieil homme.
Malou en profita pour se pelotonner contre lui, impatiente de découvrir tout ce qu'il pouvait y avoir derrière l'huisserie qui grinça légèrement avant de s'ouvrir en grand.
Quand elle vit la profusion de boîtes de conserves, paquets de pâtes, riz, gâteaux, chocolat, saucissons et autres délices qui s'étalaient devant ses yeux, elle ne put s'empêcher de pousser un oh ! d'étonnement mêlé d'émerveillement avant de regarder Nounours avec un grand sourire.

Dans un coin, contre le mur, une dizaine de fusils étaient adossés, une boîte de cartouches leur faisant face. Pour le reste, on pouvait voir des fourches, des pelles et quelques pioches, rien de plus.
Lisant la déception sur le visage de l'aimé, elle dit: je m'y attendais un peu... Souviens-toi, ils n'avaient que des fusils et des outils de jardins quand ils nous ont attaqué...

C'est à ce moment que l'homme ligoté remua en gémissant.
L'hérétique le contempla comme s'il réfléchissait intensément puis lança:
Il s'appelle Jeff, c'est le bras droit de Monseigneur...
Ensuite, il expliqua à sa façon comment il avait été ficelé sur la petite table tandis que le Jeff en question l'avait émasculé, lui brisant les testicules avec les deux morceaux de bois qu'il montra à Bobby, mimant par une grimace la douleur abominable qui lui avait été infligée.
Séraphin peut vous aider à repartir d'ici avec tout ce qu'il y a dans la réserve, seulement, j'aurais besoin de cet homme pour en faire un appât et d'une carcasse bien puante pour leurrer tous ceux qui sont dehors.

Stupéfaite, Malou se retourna d'un bloc vers le vieil homme.
Elle était écoeurée par la cruauté de l'individu qui s'agitait au sol; si elle avait su cela plus tôt, elle l'aurait achevé avec son rouleau à pâtisserie et n'était pas du tout choquée que le fou veuille s'en servir à leur profit.
Par contre, elle était surprise de comprendre qu'il connaissait la même technique qu'elle. Du coup elle demanda afin d'être certaine:
Tu as besoin d'un mangeur d'homme pour t'enduire de ses chairs et de ses miasmes, cest bien cela ?
Oui, répondit-il, Séraphin connait l'astuce depuis longtemps !
Séraphin va repasser par le trou avec l'homme-saucisson, il va aller retrouver les mangeurs d'homme, comme tu dis, devant la porte de l'église et leur présenter le casse-croûte. Puis Séraphin va courir, les monstres vont courir aussi et pour vous la voie sera libre !
Mais il me faut un cadavre bien puant, ici. Répéta t-il en regardant Bobby.

Bien qu'ayant compris le plan, l'adolescente n'était pas rassurée. Elle savait comme il était risqué de faire cela. Le moindre mouvement trahissant l'être vivant, la moindre goutte de transpiration, la moindre respiration un peu forte et c'était fichu, les monstres attaquaient.
Merci Séraphin... Articula t-elle avant de se retourner légèrement tant elle avait envie de pleurer.
Car c'était clair: Séraphin se sacrifiait pour eux.
Tu crois pouvoir sortir et rapporter ici le cadavre d'un mangeur d'homme sans danger Nounours ?
Demanda t-elle d'une toute petite voix.
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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: De retour en enfer...   Lun 15 Aoû 2016 - 2:00

Dans l’étroitesse du sous-sol de l’ancien lieu saint, au milieu des jouets de la perversion et du mal, le golem de chair était des plus médusés. Après sa question si le rêve était une réalité, l’adolescente qui deviendra bientôt une femme lui avait lancé un regard d’une beauté absolue. Les rayons d’azurs des iris de Malorie, amplifié par les différentes sources de lumière, se comparaient à des milliers de soleils d’où la lumière aveuglante était bénie par de nombreux sentiments aussi merveilleux les uns des autres. Des émotions dont l’erreur de la nature avait rêvé en secret pendant de si nombreuses années l’assaillirent comme un océan déferlant autour d’un roc solitaire. Une affection, une tendresse, une dévotion et un amour si grand que l’empathique créature s’en retrouva secouée au plus profond de son âme si pure. Une main digne d’un ange, la douceur et la délicatesse presque surnaturelle, enveloppa sa main massive et rugueuse comme la laine d’acier. Un baiser ayant la chaleur d’un cœur aimant, si sirupeux et merveilleux, se déposa sur sa paluche immonde recouverte de cicatrices repoussantes. Il se sentait à cet instant comme Roméo. Vivant une tendresse interdite par la bienséance des mortels qui avaient dicté lois ou l’âge devait être pris en considération. Des chiffres sans importances pour lui, mais que sa famille adoptive allait surement condamner en le traitant de monstre à la morale déficiente. Il était maintenant simplement perdu dans les étendues désertiques de son esprit simplet à souhait. Le géant à l’armure de chair rapiécée comprenait que des sentiments commençaient à naître dans son cœur maintes fois écrasés et lacérés, que l’amour pouvait renaître de ses cendres comme le Phénix des légendes. Qu’après sa soirée désastreuse avec Breann et sa promesse de ne plus aimer aucun ange, le hasard lui offre une nouvelle chance d’éprouver ces doux sentiments que le monstre de foire croyait être banni à vie. Sans en comprendre l’origine, la cause même, le pouce de l’homme difforme roula avec douceur le dos de la main de l’ange de l’innocence. Une promesse muette que le colosse balafré sera toujours là pour elle.

Robert écouta avec attention les mots pousser par la voix aiguë de l’homme et il se dit qu’il n’avait jamais entendu une personne parler de cette façon. Ne lâchant aucunement la main de celle qui gagnait de plus en plus de place dans son cœur tourmenté chaque minute, le colosse difforme se déplaça dans un coin de la pièce pour permettre à Séraphin d’ouvrir la porte menant au Saint des Saints de la secte. Le géant se décala pour permettre au corps gracile de l’ange de l’innocence de frôler le sien répulsive et turpide. Devant eux, dans la lueur combinée de la torche artisanale tremblante et du faisceau blanchâtre de la lampe de poche, s’étendant plusieurs cartons de nourritures diverses. Les délices dans les boites pourront nourrir la famille adoptive du géant émerveillé durant quelque temps. Des armes à feu et des outils agricoles prenaient de la poussière sur un râtelier en bois branlant. Une déception s’apposa sur le visage atypique de la gargouille à peine sculpté. Mais son sourire revint au centuple en croisant la mine réjouie de Malorie. Devant le raisonnement de l’adolescente à la chevelure qui ressemblait à des cascades d’or, les yeux océaniques si purs de l’homme difforme ressemblèrent à des étoiles dans le firmament. Chacune avait un nom : Affection, tendresse, bienveillance, délicatesse, mansuétude. Le ton lent, trainant, mais d’ont chaque mot vibrait d’une douceur magnifique s’éleva dans l’air confiné de la salle des tortures.

Robert- Oui je me souviens de ça… Euh… Aussi de la joie de t’avoir rencontré pour la première fois aussi Chaton.

La pénombre aidant, sa rougeur maladive fut en partie camouflée devant ce compliment venu du cœur. Comme si le monde avait arrêté quelques instants devant ce duo hors normes, les gémissements de souffrance de l’acolyte sortirent de sa stupeur le trio. Séraphin expliqua alors que le prénom de l’illuminé était Jeff et qu’il était un des bourreaux attitrés de l’ordre des illuminés. Pointant des bouts de bois, le vieil homme expliqua comment il avait hérité de sa voix d’enfant de chœur par les bons soins de l’homme étendu au sol. Mettant sa main immense devant ses propres bijoux de famille, le colosse difforme grimaça à l’unisson avec le supplié. L’empathique créature ressentait facilement la souffrance, la douleur d’un tel acte de barbarie. Son facies horrible et balafré se durcit, laissant un peu de colère reluire dans ses yeux. Alors, la voix de castra de leur allier d’infortune établit un plan. Un acte de bonté, de désespoir dans ce monde chaotique qui fit frémir le mineur. Sentant le désarroi de Malorie, comprenant la question. Le géant fit un non de la tête. Tout son être était contre qu’une autre erreur de la nature, un être doté d’un cœur si pur, se sacrifie pour lui. Portant sa main de libre à son visage balafré, des rides de concentration se creusèrent dans le front de la bête immonde. Marmonnant quelques instants pour lui-même, le regard bleuté de l’homme difforme cherchait vainement d’autres solutions pour empêcher Séraphin de se sacrifier. Une idée commença à s’immiscer dans son esprit lent et pathétique, ses traits devenant intransigeants. Un leur de fierté, de joie et une confiance doublée d’un d’à l’aura apaisante se dégagea subitement de l’horrible masse de muscle. Portant son regard sur la silhouette martyrisée de ‘homme devant lui, le colosse sanctifié parla avec douceur.

Robert- Non Séraphin… Euh… Tu es l’ami de Chaton et maintenant mon ami OK? Je ne vais pas te laisser courir comme un lapin avec des méchants qui mordent au cul… Euh… On va faire de la pêche OK.

Voyant les deux êtres le regarder comme si il avait perdu l’esprit, le géant continua ses explications tortueuses et pathétiques.

Robert- Je vais aller chercher un puant dehors pas de problème… Euh… Mais au lieu de donner Jeff comme nourriture, on a juste à l’attacher hors de portée des méchants qui mordent comme un ver de terre sur un hameçon. Quand on a fini, on revient le chercher… peut-être…

L’homme ficelé comme un saucisson tremblait de tous ses membres et le colosse le regarda avec une haine épouvantable. L’acolyte avait torturé des gens de bien, les avait fait souffrir surement avec une joie perverse. Pointant un index accusateur vers l’homme terrifié, le colosse ressemblait à cet instant au roi Salomon qui donnait un jugement avec passion envers un coupable.

Robert- Tu as fait le mal… Euh… Tu as une occasion de te racheter. Tu vas crier et faire du bruit pour attirer les méchants à toi. Sinon je crois que Séraphin va pouvoir te donner directement aux mordeurs… Euh… Quand je reviens, tu vas décider lequel de ces deux plans tu choisis… Euh…


Regardant l’adolescente dans ses yeux et ensuite le supplier, le colosse radoucit sa voix. Une aura de pureté, de gentillesse et de bonté semblait maintenant scintiller de son âme cachée par la laideur de ce corps difforme.

Robert- Je ne veux pas que des gens gentils souffrent et meurent, vous savez… Euh… On l’attache d’un côté et on sort de l’autre avec la puanteur sur nous… Euh… On emmène ce qu’on peut et à la rigueur on revient plus tard… Euh… C’est peut-être une connerie mon idée, mais je vais chercher le méchant dehors… Euh… Parlez s‘en et on va faire ce que vous croyez le mieux… Euh… Je me fie au jugement de Chaton.

Laissant à contre cœur la main de l’ange de l’innocence, non sans avoir laissé courir son pouce rugueux une dernière fois sur la douceur soyeuse de la peau de Malorie, Bobby ouvrit la trappe et sortit à l’air libre. Les portes avec les madriers énormes tenaient bon, mais les coups avaient redoublé d’ardeur. Passant derrière la croix du militaire moribond, le géant trouva la porte communicante vers le presbytère. Jetant un coup d’œil dans le judas, le colosse ne vit qu’un zombie qui trainait les pieds vers la source du bruit que faisait la horde. Enlevant les bancs de prières qui en bloquaient l’accès, attirant par le fait même l’attention de l’aberration qui se colla au battant, Robert colla son dos immense sur le mur. Serrant son pied-de-biche dans un de ses battoirs, le colosse ouvrit à la volée. La marionnette putride chuta lourdement au sol et le géant arma un coup descendant vers la boite crânienne du mort-vivant. Le métal froid et sans âme éclata la tête de l’être démoniaque comme une pastèque trop mûre. Tirant sa victime du moment, le géant referma en vitesse la porte et replaça les barricades de fortunes. Grimaçant de dégout à cause des effluves nauséabonds du corps en putréfaction, Robert emmena son trophée morbide dans le sous-sol des horreurs en prenant soin de refermer la trappe d’accès…




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MessageSujet: Re: De retour en enfer...   Mar 16 Aoû 2016 - 13:20

Le coeur de Malou battait la chamade et son esprit était tout retourné au point qu'elle ne savait plus si elle avait chaud ou froid, si elle rêvait ou si elle était éveillée.
Peut-être même était-elle morte et comme Saint Pierre n'était pas là pour l'accueillir, elle aurait poussé toute seule la porte du paradis ou alors...

Une onde de chaleur presque électrique traversa son corps puis quelque chose de fort se produisit au niveau du plexus solaire, comme un poids intense, agréable, promesse de milliers d'émotions positives; ses oreilles bourdonnaient, des étoiles multicolores dansaient devant ses yeux tandis qu'une vague de tendresse infinie la submergea: Nounours avait caressé de son pouce sacré le plat de sa main !
Il ne s'était pas écarté, il ne l'avait repoussée, il n'avait pas refusé ce baiser chaste mais lourd de sens, mieux, il y avait répondu.
Elle aurait voulu crier de joie, hurler son amour et si Séraphin n'avait pas été là, elle aurait pris encore une fois ce beau visage adoré dans ses deux main et l'aurait embrassé partout y compris dans le cou jusqu'au moment où elle lui aurait roulé un patin même si elle ne savait pas trop comment s'y prendre puisque cela ne lui était jamais arrivé.
Bien sûr, les filles à la récréation en parlaient beaucoup, décrivant la chose de manière très anatomique du genre: « tu ouvres grand la bouche, le mec aussi, tu rentre ta langue dans sa bouche et puis tu la fais tourner autour de la sienne et lui aussi », description somme toute très relative, presque écoeurante, vue sous cet angle, ponctuée de « c'est génial, hyper cool, méga d'enfer, une tuerie ! »

A la place elle était dans un lieu sordide, entourée d'objets de torture, les oreilles rebattues par les grognements des mangeurs d'hommes bien décidés à fracasser la porte qui s'ouvrirait sur la vision apocalyptique d'un homme crucifié.
C'est pourtant dans cet univers glauque, au point qu'on se serait cru dans le Feu du Dernier Jour, qu'elle pressentit cette révélation: Nounours l'aimait un peu...
Dans l'état d'extase juvénile où elle se trouvait, « un peu », ce n'était pas rien, c'était déjà quelque chose, c'était même beaucoup, c'était Tout !

Elle n'eut malheureusement pas le loisir de s'appesantir sur les mouvements délicieusement chaotiques de son âme car les choses se passaient vite.
Le problème de la fuite et du chargement des réserves venait d'être soulevé tandis que Nounours parlait d'aller à la pêche !
Malou le regarda comme si toutes ces émotions lui avait fait perdre la tête jusqu'au point de non retour mais compris très vite qu'il avait un autre plan, qui se tenait de surcroit, préservant ainsi la vie de l'hérétique.

Pourtant elle n'était pas convaincue; plusieurs choses la tracassait: et si Jeff ne jouait pas le jeu ?
Et si Nounours n'arrivait pas à bien évoluer avec la puanteur sur lui ? S'il respirait trop fort ? S'il marchait trop vite ? S'il transpirait ? Il n'avait jamais expérimenté ce stratagème. Josh lui-même s'était fait piégé la première fois ! Tout heureux de découvrir combien l'astuce était efficace, sa température corporelle avait légèrement monté sans qu'il y prenne garde et avait été repéré par les monstres...
Et puis... Etre obligés de revenir sur les lieux pour prendre le reste de la nourriture était risqué. Ne disait-on pas qu'il ne fallait jamais revenir sur le lieu du crime ?
Elle aurait bien aimé lui en parler mais il était déjà parti chercher une puanteur.

Alors elle se tourna vers Séraphin qui semblait réfléchir lui aussi, oubliant d'un coup l'homme saucissonné qui tremblait comme une feuille et rampait comme une limace vers un coin de la pièce.

Ok pour attacher Jeff d'un côté et sortir de l'autre, ça c'est une bonne idée mais... murmura t-elle à son intention.
Mais le plan est incomplet, c'est cela que veut dire ? Demanda l'homme à la voix flûtée.
C'est possible... Répondit Malou dont l'esprit parvenait difficilement à être clair sur ce point précis.
N'oublie pas qu'il y a aussi le trou que j'ai fait dans la cage-prison, ajouta t-il en se dirigeant vers le lieu minuscule, pointant du doigt l'ouverture.
Tu es assez mince pour t'y glisser et fuir tandis que Robert et moi-même nous nous occuperons du reste...
Pas question que je me sauve sans... « vous » allait-elle préciser quand le voile qui obscurcissait son cerveau se déchira d'un coup.
Mais oui ! Souffla t-elle comme qui aurait prononcé Eureka !
Le plan se forgeait doucement dans sa tête: la petite ouverture étant à l'opposée de là où s'agglutinait la horde de morts-vivants, si elle partait maintenant elle aurait peu de chance d'être attaquée... Au pire, en longeant silencieusement l'orée du bois, les buissons lui offriraient des points de replis jusqu'à sa camionnette. Arrivée là, le reste était simple: démarrer, foncer droit vers l'église, attendre les deux compagnons, charger tout ce que contenait la réserve et fuir tous ensemble !

Aussitôt dit, aussi tôt fait, d'autant que si Nounours revenait, peut-être l'en aurait-il empêcher par souci de protection.
A tout de suite ! Lança t-elle au vieux fou, je mettrais mon van à cul, tenez-vous prêts pour le chargement !

Comme une souris, elle se faufila et mit le nez dehors; il n'y avait personne, c'était le moment où jamais.
Avec grande prudence elle arpenta le sentier forestier, tous les sens aux aguets tel un chat sauvage en direction de l'ambulance.
Elle aurait aimé penser à Nounours, à tout l'amour qu'elle rêvait de lui offrir, à imaginer ce qu'il apporterait en retour, tous ces délices inconnus et mystérieux mais il ne fallait pas aussi resta t-elle concentrée sur ce qu'elle avait à faire.
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