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 De retour en enfer...

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Bobby Smith
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MessageSujet: De retour en enfer...   Ven 1 Juil 2016 - 13:20

La sueur pela au front de l’erreur de la nature. Cette invention que même Dieu et ses anges ne voulaient cauchemardait. Des images de fanatiques et d’aberrations surgis des neuf enfers tournoyaient sans cesse dans le subconscient. Les templiers de la foi maudite souriaient grandement pendant leurs rituels impies. Des larges grimaces d’où découlait la folie de leur engagement envers le Seigneur. À tour de rôle les membres de sa famille d’adoption étaient crucifiés, leurs entrailles éparpiller aux quatre vents pour nourrir la masse putride des jouets de Satan. Les yeux de l’homme difforme roulaient sous ses paupières closes, luttant désespérément contre ces scènes atroces et inhumaines. L’enfant de Flann fut arraché de l’abdomen de la mère moribonde et élevée pour que les célébrants voient tout l’enfant impie. Des servants de messe sortirent de longs couteaux pour dépecer chacun des membres du bébé qui pleurait toutes les larmes de son corps. Ensuite en criant des cantiques pour la gloire d’un dieu absent, les illuminés lancèrent les morceaux aux charognards massés au pied des marches de l’église. Un peu comme un vieillard ignoble nourrissant de pain des oiseaux difformes dans un parc cauchemardesque. Et alors que chaton fut présenter à la foule gémissante et hurlante que le colosse transit par la frayeur put émerger de ce songe irréel.

Se levant d’un bond de son fauteuil, la lune découpait sa silhouette difforme dans la pénombre du refuge. S’essuyant de sa large main rugueuse son horrible faciès, le géant sentit la panique gagner chaque parcelle de son corps. Il regarda autour de lui et fut soulagé de voir que les défenses du chalet étaient toutes intactes. Mais une terrible pensée percuta l’esprit lent et pathétique de la bête. Si ce rêve n’était qu’un aperçu d’un futur proche? Si les fanatiques avaient réussi à retrouver la trace des fuyards? Si les illuminés capturaient d’autres anges et personnes de biens et les torturaient comme dans son songe qui lui glaçait encore l’échine? Il devait faire quelque chose, suivre le plan de Selene. L’ange de porcelaine avait tout planifié avant que le manque de foi de Robert ne la vide de toutes ses forces.

La peur nouant ses tripes, la panique grandissante interdisant au cerveau simplet de songer à une autre alternative, Bobby décida d’aller finir le travail entrepris. Il devait balayer cette menace qui pesait sur sa famille, sur Breann. Il savait que l’ange au regard de saphir ne l’aimerait jamais, mais lui en contrepartie il possédait des sentiments si fort pour elle. Il ne voulait qu’aucun malheur n’arrive à ces gens si bons. Il était le monstre, il devait s’en charger ou bien mourir en accomplissant cette preuve flagrante d’amour. Se dirigeant vers la porte d’entrée, le mineur enfila son manteau de cuir de motard. Le kevlar dissimulé dans la doublure et dans les gants permettait au géant disproportionné d’éviter la morsure fatale des goules. Son pantalon était fait du même matériau. Saisissant un petit bloc note, il écrivit deux messages. Le premier à la vue de tous sur la table de la cuisine et le second su la porte de la journaliste. Il signa sur la note de celle qui lui avait offert une sublime danse son véritable prénom. Elle était la seule, à part Charlie, qui le nommait Robert. Une autre marque de tendresse de la chose qui se croyait humaine. Il récupéra l’arc à poulie et les flèches, seule arme de tir qu’il pouvait réellement manier. Ses doigts de la circonférence de saucisse ne pouvaient se glisser entre la détente et le pontet d’une arme à feu. Saisissant sa hache et ses outils, il plaça son vieux sac à dos qui appartenait à Sandra sur ses épaules massives. Il était fin prêt à affronter son destin, de faire le pourquoi il était sur la terre. Robert sera un Quasimodo qui allait porter le combat chez les hommes mauvais, souffrir et périr si besoin est. Tout pour préserver du mal les rares personnes qui comptaient à son cœur parsemer de cicatrices abominables.

Sortant à l’extérieur, laissant la froideur de la nuit se déposer sur sa cicatrice qui serpentait son visage, le colosse regarda la lune. Il savait qu’il avait très peu de chance de réussir, qu’il allait mourir surement. Le regard océanique ne trahissait aucune peur, juste une mélancolie et un amour pour tous ceux qui dormaient dans le refuge. Il devait réussir à éloigner les forces du malin, ces soi-disant pieux qui cachaient une noirceur d’âme propre aux sataniques en à devenir. Le visage intransigeant doté de traits atypiques du géant à l’armure de chaire rapiécé était marqué du sceau d’une résolution infaillible. Chuchotant tout bas à l’encontre de ses anges trépassés, le monstre de foire fit une petite prière suppliante.

Robert- Sandra, Rosalie, vous pouvez les surveiller pour moi? J’aimerais revenir les serrer dans mes bras, mais les méchants vont faire encore du mal… Euh… Si vous voyez Dieu vous pouvez lui dire de ne pas me chercher avant que j’aie fini? De protéger ma nouvelle famille et de les rendre heureux? Je vous aime tant mes anges…


Quelques larmes roulèrent alors sur les joues mal rasées du sosie de Frankenstein. De l’eau salée courut dans la tranchée rosée qui serpentait la joue pour s’échouer sur la commissure des lèvres exsangue du mineur. Marchant d’un bon pas, il se rendit sur le bitume de la chassée déserte. Après deux heures de marche, Robert força la porte d’un petit garage près de la route. Un gémissement affamé salua cette infraction et le sifflement de la lame de la hache trancha le fil de la non-vie de la créature piégée. Un VTT siégea comme un trophée au milieu du bazar helvétique. Souriant pour la première fois de la nuit, Bobby entreprit de le démarrer. Après quelques essais infructueux, la patience du mastodonte fut récompensée par le bruit étouffé du moteur. Remerciant silencieusement ses anges au paradis, pareille trouvaille était un signe du destin pour la réussite de son plan suicidaire, le golem de chair enfourcha le tout-terrain et se dirigea vers Brionn…


Message sur la table:
 
Message Breann:
 



Perdre les gens qu'on aime vous affecte en profondeur. La douleur est ensevelie dans votre corps, votre âme et votre cœur. Et en résulte alors un énorme gouffre de souffrance et de douleur. Ce gouffre peut transformer un être de lumière en ténèbres...
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MessageSujet: Re: De retour en enfer...   Dim 3 Juil 2016 - 13:34

Malou venait de retrouver le même petit terre-plein que la première fois, caché entre les arbres, aux abords de Brinnon.
Elle coupa le contact, éteignit ses phares et resta pensive au volant du véhicule.
Elle aurait pu aller n'importe où avec ce van, y compris retourner voir ses parents avec le gaz-oil qui lui restait mais à la place, elle était revenue là, attirée comme par un aimant en ce lieu ou rien ne s'était passé comme prévu, où tout avait foiré à commencer par l'amitié qu'elle aurait adoré voir naître avec Selene pour finir par la perte épouvantable de l'amour de sa vie: Nounours qui lui manquait tellement...

D'un geste lent elle attrapa le calendrier cartonné qu'elle avait trouvé dans la boite à gant et sur lequel elle notait à la hâte mais scrupuleusement chacun des ses déplacements.
Dans la petite case « 15 mai » elle nota: « retour Brinnon. Nuit ».
C'était le seul moyen qu'elle avait trouvé pour rester en contact avec une certaine forme de réalité, histoire de ne pas perdre pied dans ce monde où le jour et l'heure de chaque acte n'avait plus aucune importance puisqu'il ne serait plus jamais question d'un rendez-vous à un moment précis, pas même avec la mort qui pouvait désormais être posé de manière complètement aléatoire d'une seconde à l'autre en fonction d'une funeste rencontre.

Faisant tourner le stylo entre ses doigts elle avait une envie folle de s'arranger un emploi du temps, promesse d'un avenir balisé d'espoirs.
Pas de grands projets bien sûr; elle n'irait pas jusqu'à noter comme jadis dans son cahier de texte: rédaction pour la semaine prochaine ou contrôle d'histoire, fin 1er trimestre, réviser le chapitre 1,2 et 3, non; juste noter « 16 mai matin. Retour église ». Seulement elle n'y arrivait pas.
Serait-elle encore en vie demain ? Rien n'était moins sûr et elle n'était pas dupe. Seule, à peine armée d'un vulgaire manchon en bois et de santé fragile elle cumulait tout ce qui pouvait être synonyme de danger fatale.
Elle avait peur aussi.
Ecrire noir sur blanc une telle décision l'obligerait à la concrétiser or, même si elle en avait le désir, l'entreprise était irréalisable: Brinnon devait être infesté par une horde de mangeurs d'hommes et qui sait même s'il n'y restait pas un groupe de fous de dieu planqués quelque part...

Elle soupira. Elle aurait tellement aimé apporter à Selene les réserves de la secte, en signe de réconciliation car même si elle restait buttée sur le fait que rien de ce qui était arrivé n'était sa propre faute mais celle de la jeune femme, elle ressentait comme un remord qui malmenait sa conscience.
Sur un bâillement elle replaça vainement le bic et le calendrier dans le vide-poche et alla se coucher, méditant quelques instants avant de sombrer dans un sommeil sans rêve.

Quelle heure pouvait-il être quand elle se réveilla en sursaut ? Elle n'en avait aucune idée.
La nuit était noire et fraîche; elle frissonna avant de se redresser sur la civière alertée par un bruit d'abord indéfinissable, au loin mais qui se rapprochait d'elle.
Trouille au ventre, elle resta prostrée un bon moment, ne sachant quelle décision prendre.
Il était complètement anormal d'entendre un tel bourdonnement à cet endroit habituellement peu fréquenté et quasiment désert de nuit.
Tendant l'oreille, elle reconnut enfin l'origine de ce son qui était presque à son niveau maintenant et qui allait pétaradant en direction de Brinnon même; elle en aurait sa main à couper !

De là où elle était stationnée, elle ne pouvait pas voir la route mais elle en était certaine: une moto avançait ici.
D'instinct elle pensa à Nans et Texas se demandant ce qu'ils pouvaient bien vouloir faire de nuit dans un endroit pareil.
Non, cela ne pouvait pas être eux; Nans n'était certes pas une lumière puisqu'il était Texan mais il n'aurait jamais fait prendre un tel risque à sa fille...
Venait-il seul alors ?
Non plus; c'était un bon père, elle ne l'imaginait pas laisser son enfant seule même dans leur propre maison.
Alors qui ?
Le coeur de Malou battait à tout rompre tandis que l'angoisse serrait sa gorge.
Enfin, n'y tenant plus, elle se rhabilla, enfila un pull et démarra la camionnette: elle ne se sentait plus en sécurité, il fallait qu'elle dégage.
Phares éteints elle roula doucement, guettant le moindre détail mais ne vit rien.
Continuant son chemin, elle se dirigea droit sur Brinnon centre.
Elle ne s'arrêterait pas mais c'était plus fort qu'elle, elle ferait tout pour tenter d'apercevoir ce deux roues et la personne qui le conduisait.

L'engin était là et dépassait le local des pompiers. Perché dessus, une silhouette épaisse donnait l'impression d'un crapaud sur une boîte d'allumette.
Elle coupa le moteur, se mit au point mort et profitant de la route légèrement descendante, elle poursuivit sa trajectoire en roues libres.
Aux abords de l'église l'individu s'immobilisa, coupant les gaz lui aussi.
Doucement, sans faire de bruit, Malou serra le frein à main et attendit immobile, le regard braqué au-delà du pare-brise.
Un corps se déployait et descendait du cheval d'acier et quel corps !
Gigantesque, carré, plein de muscles...
Non... Cela ne pouvait tout de même pas être....
Elle attendit encore, elle voulait être certaine.
L'émotion était si grande qu'elle avait l'impression que son organe vital allait s'arrêter net. Tremblante, mains moites crispées sur le volant elle vit l'homme se tourner légèrement, présentant son profil.
Il n'y avait plus aucun doute possible: c'était Nounours !

Elle aurait voulu s'élancer dans ses bras et l'embrasser mille fois en lui criant son amour; à la place elle resta figée, l'esprit tellement embrumé qu'elle ne parvenait plus à rassembler ses idées.
Ce n'est que lorsque la silhouette commença à s'éloigner de son pas lourd et traînant qu'elle prit sa décision.
Elle attrapa son sac à toute volée, descendit, claqua la portière, la ferma à clefs et fit quelques pas dans sa direction: elle ne le perdrait pas une deuxième fois !

Mais elle avait fait du bruit.
L'homme adoré sembla pivoter lentement sur lui-même afin d'examiner ce que ses oreilles avaient perçues.
Aux paroxysme de l'émotion, de grosses larmes roulaient sur les joues maigres de l'adolescente tandis qu'elle murmurait Nounours... vers son héros qui avançait à sa rencontre.
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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: De retour en enfer...   Lun 4 Juil 2016 - 13:39

Les derniers bruits de toux à moitié étouffés du moteur du vieux Suzuki résonnèrent dans la tiédeur de la nuit. Le colosse laissa la bête d’acier prendre un repos mérité en tournant la clef dans le contact. Relevant son derrière endolori du siège, soulageant la suspension de l’engin de son poids formidable, Robert enjamba la structure pour mettre pied à terre. Réajustant son attirail sur sa silhouette massive et répugnante, le géant au visage balafré fit quelques pas vers son objectif. Au loin quelques gémissements se répétaient comme un chœur diabolique, un appel à la meut pour festoyer de simplet qui venait de s’aventurer sur les landes de la mort putride. Une résolution papable s’afficha alors sur le masque de granit à peine sculpté du mineur. Ses yeux scintillaient d’une lente mélancolie doublée d’une ferveur inébranlable. Il devait écarter ce danger latent que représentaient les fanatiques religieux de sa famille. Il mourrait surement en accomplissant cet acte d’amour et de démence, mais il ne voulait qu’aucun des êtres divins et formidables qui partageant sa misérable vie ne subissent le courroux vengeur de ces illuminés. Il allait se maudire juste à la fin de ses jours si Breann était blessé ou tuer sous l’assaut de ces supposés vengeurs de la sainte Parole. Sortant sa hache de l’étui de sa ceinture, le poing massif du mastodonte se blanchit sous l’effet de sa rage qui commençait à le gagner doucement. Dans son esprit lent, l’image de la belle qui le rejetait hantait brièvement les sens et émietta encore plus son cœur immense à moitié détruit. Il aurait tellement être un homme plein de charme, doté d’une apparence que la journaliste aurait pu aimer…

Au loin des formes chancelantes et trébuchantes commencèrent à se diriger vers le guerrier solitaire. Les goules n’étaient que des ombres à peine visibles dans la lueur spectrale de l’astre lunaire. À environ cinquante mètres de là le clocher de l’église, sanctuaire des fous furieux, s’élevait en flèche vers les étoiles lointaines. Autrefois un asile pour l’âme pure et torturée du colosse persécuté par ses semblables, maintenant une plaque tournante ou la démence et la mort semblaient être les seules alternatives. Il jeta un coup d’œil en arrière pour visualiser bien la rue et la possible voie de retraite qui sera jonchée d’aberrations ambulantes dans un laps de temps très court. À part quelques détritus, une ambulance stationnée près du trottoir, des restes d’humains que les charognards avaient nettoyés juste au squelette et des bâtiments laissés à l’abandon, le regard océanique ne nota aucun danger. Il fit encore deux pas gigantisme. Son esprit lunatique se perdit dans les frasques de la danse qu’il avait partagée avec Breann. De sentir ce corps gracile et céleste tout près du sien, pouvoir caresser sa chevelure cuivrée qui sentait ce mélange de pommier et de cannelle et de plonger dans ce regard d’azur lui fit faire un pincement au cœur. Bobby ne pourrait jamais revivre ces quelques instants de grâce à nouveau. Il pourrait juste contempler la perfection de la belle à une grande distance et ne pas oublier son statut peu enviable de bête immonde. Il se revit embrasser le front soyeux et lisse de la journaliste quand un bruit le fit sursauter. Un bruit sec qui était étranger au silence pesant ponctué par les râles de faim des zombies. L’esprit lent de la chose jumela ce son à un claquement de portière. De nouveau l’armoire à glace disproportionnée pivota, l’arme prête à frapper la créature inconsciente du formidable danger que le balafré représentait.

Mais presque aussitôt le fer de la hache descendit vers le bitume crevassé. Devant le regard bleuté si pur de la chose ignoble se présentait une silhouette qu’il n’avait plus cru possible de voir qu’en rêve. Chaton s’avançait vers la forme médusée du géant difforme. Elle avait son visage d’angelot baigné par des larmes et ses lèvres prononcèrent le surnom que l’homme ne croyait plus entendre de sa vie. Un mot rempli de tendresse, d’une affection qui caressa l’ouïe amoindrie et le cœur douloureux du chainon manquant. Les yeux du colosse devinrent alors humides, son horrible faciès balafré se fissura comme un masque d’argile pour laisser entrevoir le soulagement et la joie la plus pure qui pouvait être donné de voir dans cette réalité chaotique. Laissant tomber l’arme inutile de sa poigne rugueuse, le claquement métallique résonna comme un coup de semonce, le géant s’assit sur ses talons et ouvrirent en grand ses bras démesurés. La voix rauque du Bobby était cassée par ce trop-plein d’émotion.

Robert- Chaton…

Quand le corps composé de vif-argent et de grâce féline vint se nicher contre la silhouette gauche et difforme du mineur, celui-ci referma ses bras puissants. Comme pour protéger la douce âme innocente des horreurs de ce monde. Aussitôt une aura apaisante, teintée par une bienveillance et une affection grandiose, se déposa sur le duo improbable. Une sphère translucide semblait s’être élevée pour permettre aux deux âmes si durement touchées par la vie de retrouver un peu de réconfort, un peu d’allégresse dans ce moment de retrouvailles si merveilleux. À cet instant précis rien ni personne ne semblait pouvoir les atteindre. Robert se releva avec difficulté, étreignant avec douceur l’adolescente sur son cœur si pur. Comme il l’aurait fait avec Sandra, sa nièce trop tôt arrachée à son amour, Robert déposa un baiser sur le front de Malorie. Un flottement digne d’un papillon se posant sur une fleur rare et précieuse. Une petite pression des lèvres exsangues sur la peau gracieuse, mais douce du front de la sauvageonne. Une décharge de bonté et de pureté se libéra de l’âme si humaine du colosse pour se transmettre au corps de la jeune femme en devenir. C’était comme une douche vivifiante et relaxante qui apaisait les deux êtres. Au contact de l’ange de l’innocence, le protecteur reprit le dominion du corps formidable de cet horrible réceptacle. Robert voulait juste ramener Malou en sécurité, demandé à Selene l’autorisation qu’elle reste avec la famille. Quitte qu’il parte pour lui laisser sa place. Mais les deux océans débordant de tendresse et de compassion se portèrent sur les traits angéliques de chaton et le monstre de foire dit alors avec les accents d’une sincérité et d’une honnêteté des plus humaines.

Robert- Je me suis ennuyé de toi chaton… Euh… J’ai eu peur pour toi. Je ne voulais pas que tu partes. Pourquoi tu es parti?

Toute l’attention du colosse était portée vers l’être précieux lové à lui dans ses bras. À cet instant la jeune femme devait se sentir comme le centre de l’univers du golem de chair. Sans l’interrompre une fois, tous les sens captés par l’ange en face de lui, Robert n’attendit pas les pas des trois personnes qui surgissaient d’une pénombre proche. Des armes à feu qu’on enlevait les crans de sécurité firent dresser la seule oreille qui restait au goliath des temps moderne. Un applaudissement moqueur s’éleva dans l’atmosphère. Un homme endimanché avec le collet autrefois blanc du clergé était encadré par deux malabars en habit de chasse dépareillé. L’empathique créature décela sans mal le mal à l’état pur caché derrière ces sourires de façade.

Prêtre- Que c’est touchant la rencontre d’un père et de sa fille. Je me demande qu’elle sorte de femmes pourrait aimer cette monstruosité et d’accepter de porter pareil laideron en son sein? Surement une aveugle…

Les deux gardes du corps rigolèrent de la boutade de leur chef spirituel juste au moment qu’un d’eux dévisage le géant. Une lueur de pure haine traversa le regard porcin de l’homme et il s’écria alors.

Homme- C’est le monstre qui a emmené les âmes perdues aux portes de l’église! J’en suis sûr! Il est responsable de la mort de tous nos frères et sœurs!

Le prêtre eut alors un sourire sadique qui fit froid dans le dos du géant. Le curé d’une autre époque mit alors ses mains en signe de recueillement. Une voix charismatique, mais doublée par la folie latente d’un homme de pouvoir d’élevage alors.

Prêtre- Tu es donc le monstre qui a déclenché les marionnettes de Lucifer contre nous? Tu vas devoir passer la Question et le jugement de Dieu. Ensuite seul notre sauveur va décider où ton âme devra aller. Mais je pencherais vers les neuf cercles infernaux et le Purgatoire éternel…

Robert déposa alors Malorie au sol et se plaça devant. Il cacha alors la mince silhouette et fit un rempart de son corps pour la préserver du mal de ces hommes. Au loin les taches chancelantes commençaient à gagner en netteté, dévoilant l'horreur sans nom des vestiges de corps décomposés...




Perdre les gens qu'on aime vous affecte en profondeur. La douleur est ensevelie dans votre corps, votre âme et votre cœur. Et en résulte alors un énorme gouffre de souffrance et de douleur. Ce gouffre peut transformer un être de lumière en ténèbres...
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MessageSujet: Re: De retour en enfer...   Dim 24 Juil 2016 - 23:43

Nounours s'était retourné et l'avait vue.
Bouleversée, le coeur battant la chamade elle resta comme paralysée quelques instants; qu'il était beau !
Sur son visage elle pouvait lire toutes les émotions les plus merveilleuses à commencer par la joie de la revoir; alors pour la première fois de sa vie, elle afficha un sourire éclatant qui illumina son visage inondé de larmes. A cet instant précis, elle resplendissait d'une beauté rare habituellement cachée sous son air maussade et peu avenant.

Son âme s'emplit d'un amour fou pour cet homme tellement hors du commun qu'il était comme un rêve, une promesse d'avenir dans ce monde mortifère.
Au milieu des grognements qui emplissaient le lointain, sous cette nuit sans lune elle se sentait minuscule et en même temps gigantesque tant ce sentiment profond la transcendait.
Quand il s'accroupit à sa hauteur et qu'il ouvrit grand ses bras tel un oiseau pour la recevoir, elle courut vers lui à toutes jambes et se pelotonna fort, tellement fort contre ce corps démesuré que s'en était bon et douloureux à la fois.

Enfouissant son visage contre sa poitrine virile, elle aurait voulu que le temps s'arrête afin de rester ainsi pour l'éternité.
Elle voulait mourir dans ces deux bras qui l'étreignaient, puis elle voulait vivre sous la chaleur torride de ses baisers, humer encore et encore son odeur jusqu'en devenir ivre. Elle voulait qu'il lui dise je t'aime, qu'il la fasse tourner, virevolter dans une valse folle au son d'une guitare électrique qui se serait tout à coup adoucie le temps d'une musique sacrée avant des reprendre un rifle endiablé à faire suffoquer d'une chaleur à peine supportable le corps un peu plus tôt alangui.
Elle voulait... le choc de l'amour inconditionnel, sauvage, fulgurant; qu'il lui ôte ses vêtements boutons après boutons, qu'il la pénètre et la déflore d'abord doucement avec toute la tendresse dont il était capable puis qu'il la malmène jusqu'à la faire hurler de désir, de plaisir, qu'il l'emmène dans le ciel infini des délices, toucher les ailes des anges et du dieu de l'amour avant de l'envelopper tout entière d'une passion dévorante à jamais et pour l'éternité; qu'il la force à dire amen, à capituler, à baisser les armes, à supplier sous la fougue d'un nouvel assaut, à recommencer encore et encore, elle voulait; elle aurait tant voulu...

Une étrange sensation lui brûla le bas ventre, quelque chose d'inconnu qui lui fit tout drôle au point qu'elle se sentait méconnaissable, c'était trop fort, violent même.
Elle s'écarta légèrement, haletante et plongea ses yeux dans ceux de l'amour de sa vie à ne plus pouvoir s'en décrocher.
Elle y lisait l'apaisement et l'infini tendresse; un monde énigmatique s'ouvrait à elle, elle voulait l'explorer.
De ses deux mains elle prit tout doucement le visage tant chéri et le caressa amoureusement avant d'approcher ses lèvres brûlantes et tremblantes des siennes qui semblaient l'inviter... Mais l'homme la regardait comme une enfant et déposa un baiser chaste sur son front.
Alors le coeur de Malou chavira et tomba dans le gouffre sans fin de la déception et de la plus profonde peine: il l'aimait bien mais il ne l'aimait pas.
Son coeur à lui devait certainement rêver d'une femme belle aux formes pleines, à la voix suave, au sourire câlin; une femme faite tout en douceur, qui devait savoir parler et sussurer des mots qui venaient caresser ses oreilles comme des papillons furtifs.
Il devait rêver d'une femme toute enveloppée de grâce, au visage lunaire, aux doux yeux de biche, une femme avertie des délices de la volupté lascive...
Qu'avait-il a faire de ce volcan en irruption, de cet ouragan ravageur, de ce bâteau ivre avançant toutes voiles dehors qui claquaient dans le vent des quarantièmes et cinquantièmes rugissants, de ce sang trop chaud qui palpitait sous des veines trop gonflées ?
Qu'avait-il à faire ce cette petite chose moche et chétive nommée Malou qui donnerait sa piteuse vie de misérable pour une miette de cet amour impossible ?

A bout de souffle, le coeur en éclipse, elle éclata en sanglot quand la voix du Grand Homme, de ce Dieu d'immensité lui demanda pourquoi elle était partie.
Saurait-il un jour tout ce qu'elle avait souffert à cause de ce brusque départ ? comment elle avait eu l'impression qu'on lui arrachait les tripes, qu'on lui plantait des poignards dans le corps et dans l'âme ? comment cette séparation l'avait laissée dans une douleur telle que se cogner la tête contre les murs aurait représenté une douceur infinie ?
Non, il ne saurait pas; il y avait trop à en dire, trop de reproches à formuler dans le dos de Selene qui lui avait demander de fuir, trop de questions à poser sur l'attitude de l'homme si bon qui avait supplié alors qu'il aurait suffit d'un mot prononcé d'une voix forte et péremptoire pour cette femme baisse les yeux et accède à son ordre.
Bobby n'avait pas tenu tant que cela à ce qu'elle reste; il n'avait pas fait ce qu'il fallait, il n'avait pas suffisamment cru en elle et l'avait laissé filer.

Entre deux hoquets elle tenta de formuler à la place ce qu'elle avait de plus beau sur le coeur: deux mots, deux simples mots qui n'arrivaient pas à sortir. Ils hurlaient sous son crâne, pourtant, mais ne franchissaient pas les lèvres; les yeux seuls parlaient et disaient: « je t'aime »; mais furent-ils entendus ?
Pas si sûr...

Malou avait perçu un léger bruit et sursauta à la vue de trois hommes armés qui avaient surgis d'un bosquet comme des diables d'une boite.
A coup sûr, ils devaient être des survivants de la secte décimée.
Elle regarda Nounours avec des yeux interrogateurs mais ne put rien y lire car tout alla très vite.
Tandis que celui qui devait être le chef lançaient des propos lourds de méchanceté gratuite, ponctuées par les rires gras des deux autres, le géant l'avait déposée à terre et fait passer derrière lui tant et si bien qu'elle ne voyait plus rien de la scène.
Qu'importe, entendre lui suffisait largement: Nounours était en danger !
Elle n'avait aucune idée de ce que pouvait être la Question ou les neuf cercles mais les mots « infernaux » et « jugement de Dieu » résonnèrent dans son esprit comme une sirène d'alarme; il lui fallait trouver une idée et vite !

Se retournant, elle jaugea les alentours d'un coup d'oeil.
Des corps en décomposition jonchaient le sol. Les grognements des mangeurs d'homme étaient plus nets, le son de leur démarche poussive et mal cadencée se rapprochait.
Elle allait donc tenter le tout pour le tout et tant pis si elle risquait d'y perdre la vie pourvu qu'elle sauve celle de l'être tant chéri.

Vive et silencieuse elle s'accroupit devant une dépouille, en ouvrit l'abdomen avec le rasoir coupe-chou, enfila ses gants avant de s'enduir intégralement et copieusement d'immondices.
Elle avait un plan; pas forcément d'une grande efficacité mais cela permettrait au moins de déstabiliser les assaillants pour laisser le champs libre à Bobby.

Prenant son courage à deux mains, elle adopta l'attitude des cadavres ambulants et claudiqua vers eux le regard vide d'expression.
Surtout ne pas stresser, c'était le plus important pour garder l'odeur de mort...
Pour le reste, le subterfuge était assez simple: elle se débrouillerait pour les faire avancer droit sur les trois sinistres personnages. Nounours aurait alors le temps de s'éclipser; elle en était sûre; elle avait une confiance aveugle dans ses capacités.

Les macchabées n'étaient pas loin; elle eut tôt fait de les rejoindre pour constater qu'ils étaient cinq.
Faisant semblant de regarder dans le vide, elle leur fit face puis, lentement se retourna et avança tel un automate.
Dupés, les crevards la suivirent d'instinct comme des moutons suivant le chef de troupeau.
C'était presque gagné: Malou en tête, la meute se rapprochait inexorablement des trois ordures.
Il fallait à présent qu'elle se débrouille pour passer derrière le plus gros des cinq afin de ne pas prendre une balle dans le corps.
Quand ils furent suffisamment près des sinistres individus, elle sentit que toute l'attention des morts vivants était désormais braquée sur les corps bien chauds qui fleuraient bon la vie et la chair fraîche.
Alors, très doucement afin de ne pas les alerter, elle ralentit l'allure et se plaça derrière le mort en marche convoité par sa corpulence.
Sa maigreur à elle et sa petite taille devenaient dans ce cas précis ses meilleurs atouts.
Mimant le mangeur d'homme pris de faiblesse, elle se laissa mollement tomber à terre, simula quelques sursauts désordonnés, attendit que les cinq soient suffisamment envoûtés par leur obsession de mordre les trois qu'ils avaient devant eux avant disparaître derrière un buisson où elle se recroquevilla.
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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: De retour en enfer...   Mar 2 Aoû 2016 - 8:20

Le colosse difforme grogna doucement pour attirer l'attention des fanatiques sur sa personne ingrate. Sa longue cicatrice qui lui balafrait la joue de son profil droit donnait à l'être une allure presque démoniaque sous la lueur spectrale de la lune. Il était bien la représentation vivante ce que les esprits dérangés des illuminés avaient fantasmer. Un monstre à la musculation sur dimensionné, à la constitution phénoménale et effrayante comme si Belzébuth et une Succube avait copuler pour faire un rejeton digne à l'image des neuf cercles infernaux. Le mineur ne savait pas ce que l'adolescente faisait, mais il espérait de tout son immense cœur labourer de cicatrices que Malorie soit rendu loin de cet enfer, de cette folie. Le géant sanctifié ne pouvait rien contre les gueules des armes à feu pointer contre lui. À mains nues ou bien encore avec des armes de corps à corps le golem de chair aurait pu tenter le coup. Il aurait surement eut de nouvelles cicatrices, même des perforations. Mais Robert serait sorti victorieux de cet affrontement comme c'était le cas avec les trop nombreuses escarmouches qui parsemaient sa pathétique existence. Le ton rocailleux, intimidant et néanmoins ayant une certaine candeur de la bête s'éleva dans la nuit tiède.

Robert- Vous êtes des êtres méchants… Euh… Des véritables fidèles de Dieu tendraient la main à son prochain… Euh… Pas les tuer pour voler leurs choses… Euh… Si tous les vivants se serraient les coudes, on pourrait survivre non?

Un rire méprisant s'échappa alors de la gorge du démagogue. À cet instant l'esprit lent de Bobby se fixa sur une constatation des plus alarmistes. Cet homme méritait de mourir. Que cet être qui se donnait le qualificatif de prêtre n'était qu'un des petits dictateurs que la situation apocalyptique avait fait éclore dans son horrible sillage. Combien d'innocents sont morts pour satisfaire la vanité et la soif de pouvoir de cet individu? La voix nasillarde de l'individu fit sortir le golem de chair de sa sinistre contemplation.

Prêtre- Tu oses proférer son nom en vain erreur de la nature? Tu crois être en mesure de nous convaincre que l'humanité doit être sauvegardée alors que le châtiment divin est en œuvre? Ouvre les yeux monstres simplet et vois les pantins de Lucifer qui se promènent librement sur la terre?


L'homme d'église ouvrit en grand ses bras et tourbillonna sur lui-même quelques instants en pointant son pistolet dans toutes les directions. Un groupe de six goules s'étaient approché dangereusement du quatuor. Au loin une marée putride et nauséabonde d'abominations cannibales s'avancèrent vers un des derniers carrés d'humanité de la région.

Prêtre- Les hommes vont voler, violer et tuer pour essayer de rester en vie. Mais seul les Élus vont garder leurs âmes et être bénis à Ses yeux. Il est colère et vengeur!

Le colosse descendit tout doucement ses mains et pointa un index vers le chef de la secte. Les yeux si calme et remplis de bonté du géant s'était remplis d'une justesse et d'une colère sourde.

Robert- Il est plus amour et bonté que les choses méchantes… Euh… Ouvrez les yeux et vous allez voir des de belles choses et des gens merveilleux. Comme Chaton…

Sentant des doigts gourds et décharner palper intensément dans son dos musclé, le géant fit un pas vers l'avant. Cinq charognards étaient maintenant au contact du quatuor d'hommes. Ne pouvant que sortir en vitesse son marteau de sa ceinture à outils, le colosse difforme saisit un ancien haltérophile à moitié nue par la gorge. Frappant d'un puissant coup de son arme improvisée, le mineur fracassa le crâne de la créature qui claquait des dents dans le vide dans l'espoir de mordre de la chair tendre. Redoublant sa frappe dévastatrice, le géant fut éclaboussé de matière cervicale de l'ancien athlète. Repoussant le corps deux fois mort vers l'arrière, le mastodonte eut une idée pour essayer de sortir du traquenard mortelle. Saisissant de son immense paluche gantée de cuir la main blanchâtre au veines bleuté d'une policière presque rendu squelettique par la mortalité qu'il l'affligeait. Comme un danseur étoile, la gargouille de granit propulsa la goule vers le prêtre. Celui-ci saisit un de ses acolyte et s'en servi littéralement comme bouclier humain. L'ancienne protectrice de l'ordre qui était devenue une servante de l'infâme virus plongea ses dents carier dans vers la gorge de l'homme paniqué et hurlant une supplice au ciel. Une morsure affreuse dans la tranchée et dans la jugulaire résulta une brume rougeâtre. Le vie du fanatique s'écoula alors librement, geyser sanglant entre les deux amants mortels. Robert commença à essayer de courir et percuta de plein fouet un adolescent infecté comme un secondeur au football. Le poids plume fut littéralement projeté sur plusieurs mètres loin de la mêlée.

Robert fit quelques pas lourds vers le lointain salvateur, vers Malorie et sa famille quand un coup de feu se fit entendre. Deux autres déflagrations, synonyme de mort, fit exploser les cranes des dernières goules près des hommes de foi. Le colosse rentra la tête dans les épaules et essaya de rallonger le pas. Mais une voix autoritaire se fit entendre.

Prêtre- ARRÊTE-TOI OU SINON TU VAS REJOINDRE L'ENFER PLUS VITE DE PRÉVUS…

Le regard océanique de la chose essaya de trouver un abri, un couvert pour empêcher que la sinistre prémonition du démagogue fou se réalise. Mais la route au bitume éventrer n'ouvrait aucun espoir à l'homme difforme qui n'eut que d'autres choix que de relever les mains en signe de reddition. Un rire haut penché, démoniaque se répercuta dans le chœur de gémissement de plus en plus présent dans Brionn.

Prêtre- Tu vas passer à la Question. Tu es encore la cause de l'appel des pantins du malin sur notre terre sacré. Frère Joshua sera vengé au son des hurlements de ta déchéance et de ta douleur...

Le colosse serra les dents en s'en faire sauter l'émail et se retourna avec lenteur. L'acolyte du chef spirituel corrompu se plaça dans son dos et frappa de la crosse pour faire avancer le géant vers l'église. Le démagogue fou tira acheva le mourant sans un mot ni une prière pour l'apaisement de l'âme du défunt. Une tristesse sans nom se propage dans les yeux du golem de chair. Il aimerait tellement savoir si l'adolescente avait trouvée son salut dans la fuite. Il avait totalement transporté par l'étreinte de la jeune femme, douceur exquise dans ce monde de douleurs. Robert n'avait jamais été enlacer avec une telle intensité par une femme de sa vie…

La marche du trio fut accompagné par les gémissements indigner et affamés des macchabées ressusciter. Un peu comme une fanfare morbide. Robert sentit alors le désespoir le gagner, la stupidité de son acte insensé et de son envie de sacrifice envers sa famille. Il sera torturé dans peu de temps et mis à mort…



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MessageSujet: Re: De retour en enfer...   Mar 2 Aoû 2016 - 14:08

« Putain de merde ! » s'exclama t-elle mentalement quand elle vit le gros mort-vivant tapoter dans le dos de Nounours.
Elle avait imaginé que les mangeurs d'hommes iraient directement affronter les trois de la secte et avaient un peu oublié leur stupidité légendaire; son aimé était en danger au même titre que les autres; il lui faudrait trouver de nouvelles idées...

Le problème est qu'elle n'en avait pas.
Elle avait conscience que ce n'était pas une idée qu'il faudrait mais un miracle, hors, elle n'avait rien d'un Jésus de Nazareth.
Quelque part dans la forêt obscure d'autres grognements se faisaient entendre, nombreux ceux-là mais ils étaient loin; de plus elle n'arrivait pas vraiment à entendre d'où venait les hurlements d'outre tombe, le vent tournait trop souvent.
Dépitée par son incapacité à se battre et paniquée elle profita de la rixe pour ramper vers un autre buisson avant de fuir en direction des véhicules.
Dans sa camionnette, aucun des outils n'aurait d'utilité mais elle se souvint que Nounours possédait une arme à feu. Pourquoi ne l'avait-il pas prise avec lui ?

La bataille entre vivants et morts faisait rage à grands bruits; c'était le moment ou jamais de s'éclipser.
Au pas de course, répétant mentalement les recommandations de Mani à propos du silence de ses pas, elle se dirigea vers la moto, fouilla les deux sacoches et en sortit le pistolet convoité ainsi qu'une petite boîte avec des balles.
D'un rapide coup d'oeil elle jaugea l'objet et eu envie de pleurer de rage: elle ne savait pas s'en servir et il était impossible de tester le mécanisme: si une balle devait partir, elle serait entendue, Bobby serait abattu sur le champ.
La seule solution serait de passer l'arme en douce dans les mains de Nounours mais comment ?
Elle se rua dans son van, attrapa la cravache en nerf de boeuf, la petite bombe lacrimogène trouvés à Seattle et fourra le tout dans son sac ainsi qu'une corde et un petit rouleau de fil de fer.

N'ayant plus rien à faire là, elle se rapprocha du groupe mais de l'autre côté qui offrait des buissons petits mais plus denses.
Arrivée à leur hauteur sans même avoir fait bruisser une feuille, elle resta stupéfaite en entendant les propos du faux prêtre: une fois de plus il parlait de « questions ». Que pouvait-il bien vouloir comme renseignements ?
Elle tendit l'oreille afin de ne pas perdre une miette de la suite du discours tout en constatant qu'ils n'étaient plus que deux - seule bonne nouvelle dans cette affaire - et finit par comprendre plus ou moins la définition du mot étrange.
Question signifiait torture atroce jusqu'à ce que mort s'en suive... Comme l'hérétique fou qui avait réussi à fuir ?

Son coeur se mit en apnée.
Personne ne toucherait à l'amour de sa vie sans passer d'abord au travers de son corps !
Mais que pouvait le physique squelettique de l'adolescente face à deux homme armés ? Rien, c'était évident.
Une montée d'adrénaline la fit se ressaisir rapidement: si Nounours devait mourir elle n'y survivrait pas; la douleur serait trop immense car rien de plus précieux ne comptait à ses yeux que cet être extraordinaire, ce Héros, ce Dieu.

Les pas des hommes se dirigeaient vers l'église.
La où elle était positionnée, elle en était bien plus proche qu'eux.
Avec une énergie décuplée par l'amour, elle se faufila de bosquets en bosquets tel un sioux, arriva devant le bâtiment contemporain, plutôt laid pour un lieu de culte et ouvrit la porte à la volée.
Sans prendre la peine de regarder l'architecture intérieure, elle se dirigea droit vers la sacristie à la recherche d'un tableau électrique et le trouva sur le champs.
C'était bien ce qu'elle pensait: les cloches fonctionnaient de manière électronique.
Pestant contre le progrès, elle chercha à côté des boutons et vit une manette nommée « manuel », l'enclencha et les carillons, des plus aigus au plus graves se mirent à résonner dans un boucan d'autant plus phénoménal qu'ils faisaient écho au silence total du dehors.

Malou comptait bien ameuter la horde de trucs comme les appelait Josh, son meilleur ami. Si en plus, cela pouvait les diriger droit vers l'église, ce serait parfait !
En attendant, elle s'improviserait comité d'accueil.
Vérouillant de l'intérieur la porte de la petite pièce où elle était et prenant soin de bien laisser la clé dans la serrure afin d'obstruer le trou, elle courut vers l'unique porte d'entrée.
Tout en faisant le moins de bruit possible, elle recula les bancs du dernier rang plus près de l'huisserie, un de chaque côté, déroula le fin fil de fer et l'accrocha à chaque extrémité des deux sièges. Dans la pénombre le piège était presque invisible, le premier qui entrerait s'entraverait les pieds dedans et tomberait, elle espérait bien que cela ferait une nouvelle diversion.

Quand ce fut terminé, elle se plaqua contre le mur, posa le fouet à côté d'elle et mit le pistolet et la boîte de Nounours dans sa poche, prêts à être donné à son propriétaire.
La bombe lacrimogène dans la main droite, le rouleau à pâtisserie dans l'autre, elle se concentra et attendit qu'ils arrivent.
Elle avait la trouille au ventre mais n'en était pas moins décidée: si tout ce qu'elle avait mit en place foirait, elle se livrerait aux deux religieux demandant la libération de son aimé et si les salopards refusaient, ils souffriraient et mourraient ensemble comme dans les tragédies, elle se le jura.
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MessageSujet: Re: De retour en enfer...   Mer 3 Aoû 2016 - 14:24

Le géant traina des pieds sur le bitume parcouru de fissures. Çà et là on pouvait voir des voitures abandonnées, accidentées ou bien tordues par les flammes purificatrices d’un brasier obscur. Au loin des gémissements de souffrances, de faim et d'impatience se mêlaient pour produire une chœur à faire glacer le sang dans les veines des gens n’ayant pas la chance de s’être endurcis devant toutes ses scènes apocalyptiques. Les ombres nullement intimidées par le peu de lumière prodigué par l’astre lunaire s’allongeaient partout comme des diables en boites grotesques. Tous les ingrédients maussades et déprimants étaient réunis dans cette scène infâme, un peu comme une toile abstraite et réalisée par un dément cloitré dans sa chambre capitonné d’un asile perdu dans les fins fonds d’une forêt lugubre. Le colosse balafré laissait les secondes s’égrainer dans le sablier de la destinée. Non pas peur de perdre sa vie misérable et totalement sans intérêt. Ces pas lents et hésitants avaient leur raison d’être. Le simplet goliath avait ruminé ses sombres pensées et il avait décidé que si il trépassait, il allait emmener avec lui les deux fanatiques dans l’autre monde. Il se savait un monstre et qu’il n’aurait jamais la grâce et le pardon divin. Comme nombre de gens lui avaient susurré avec du venin plein la bouche, il n’avait rien d’humain et même les démons des neuf enfers ne voudront pas se compromettre avec lui. C’est à cause de son apparence immonde et disgracieuse qu’aucune femme ne voudrait lui laisser accès à leur amour. Mais s’il pouvait, de par son sacrifice, éliminer deux êtres vils et méchants de l’échiquier chaotique qu’était devenu ce monde, Robert serait heureux. Comme ça sa famille d’adoption pourrait avoir une autre chance de vivre, d’élever des enfants. Et sans se le cacher, enlever un bouche à nourrir sera une bénédiction pour tous. Donc, il avait besoin de temps pour songer quoi faire pour tuer ces deux humains. Oui le sosie du monstre de Frankenstein avait décidé de franchir le pas, de perdre une partie de son innocence et de son humanité grandiose pour commettre le plus grand péché qui devait exister.

Aussi malgré l’insistance du fidèle du démagogue qui jouait de la crosse de son fusil de chasse dans le bas du dos pour le faire avancer plus vite, l’ancien mineur ne démordait pas de son allure tranquille. Robert voulait réfléchir à ses alternatives et aussi un visage débordant d’innocence envahissait son regard océanique. Malorie qui avait surement la vie sauve à l’heure qu’il était. La sauvageonne était des plus intelligente et maligne que le colosse simplet connaissait. Elle devait avoir semé les goules stupides à souhait les doigts dans le nez. Et chaque instant que le duo maléfique passait en compagnie du monstre de foire, c’était un moment de grâce et de liberté additionnel pour la jeune femme. Une seconde de plus d’avance si les plans macabres du géant sanctifié échouaient. Il aimait beaucoup être avec l’adolescente. Le mastodonte se sentait écouté et surtout aucunement rabaissé par les mers glaciales et d’azurs du regard de celle qu’il avait surnommée Chaton. Dommage qu’elle n’avait pas la vingtaine, car le cœur saturé de cicatrice du mineur aurait laissé des sentiments merveilleux l’assaillir. Mais il y avait Breann qui occupait la majorité de ses pensées amoureuses du moment.

Brutalement les réflexions de l’homme difforme et repoussant furent brisées en mille morceaux. Les bruits du clocher de l’église résonnèrent avec fracas dans la nuit éclairée par une lune timide et morne. Aussitôt des jurons bien sentis surgirent des gorges des illuminés et leurs pas se transformèrent en course. C’était maintenant le canon du puissant fusil de chasse, une Winchester de calibre 12 à pompe troquée, qui s’enfonçait douloureusement dans les côtes du mastodonte hébété. La voix du démagogue, que le stress et la frayeur à peine dissimulés, avaient gagnée quelques octaves hautes penchées quand il cria pour couvrir le tintamarre.

Prêtre- Tu te dépêches ou bien frère Thomas de tue sur place. Mais j’aimerais mieux te passer à la Question… Tu as le choix de ta mort chien d’hérétique!

Un rire cupide et saupoudré d’une méchanceté où la démence pure s’envola à tire-d'aile du prêtre. Se disant qu’il n’avait aucune chance de se battre dans la rue, au milieu de l’attroupement d’âme en peine qui sera attirée par le bruit comme des charognards sur le corps boursoufflé d’un cadavre en décomposions, Robert hocha positivement la tête. Les yeux marron du démagogue illuminé laissèrent s’exprimer une folie perverse à la pensée de la prochaine torture qu’il allait exécuter. Le trio d’hommes courut donc et pénétra dans l’enceinte profanée de lieu saint. Aussitôt l’acolyte du dément barricada les lourdes portes renforcées de fer en coulissant de lourds madriers dans les arches rajoutées pendant la modernisation de ce refuge pervers. Au loin, près de l’autel reposait une croix en bois. Crucifié dessus reposant le corps sans vie et torturé à l’extrême d’un homme au teint basané. Il n’avait que des pantalons kaki et des rangers qui supposaient que l’individu sacrifié au nom d’une foi grotesque était un soldat. Le regard bleuté de l’homme difforme se transforma alors en révulsions et malaise. Il ne pouvait concevoir la dose de sadisme et de cruauté que la secte avait atteinte pour faire ce genre de chose. Le démagogue fou ricana et pointa le martyr sur la croix.

Prêtre- Il vénérait Allah. Un faux Dieu. Nous l’avons fait avouer ses péchés et ensuite nous lui avons offert la même fin brutale qu’au fils de notre Seigneur. Grâce à notre foi et notre dévouement, l’âme de cet hérétique s’est purifiée pour être sauvée…

Un petit amen se fit entendre quand la dernière pièce de la fortification fut enfin installée. Le colosse balafré sentit une dose de rage et de fureur le gagner. Ses poings semblables à des battoirs se refermèrent totalement et blanchirent sous la subitement coupures sanguines. La voix rocailleuse, intimidante et colérique s’échappa de la barrière des dents mal alignées de la bête.

Robert- Vous êtes complètement fou. Toute vie est précieuse et doit être sauvée… Euh… Vous méritez de subir vous-même le jugement divin. Seul Dieu a le droit de juger et…

La voix du chef de la secte claqua comme un fouet pour couvrir le bruit des cloches folles du clocher.

Prêtre- HÉRÉTIQUE! LE SALAIRE DE TA VIE DE PÉCHÉ SERA LA DAMNATION ÉTERNELLE!

Se ressaisissant avec peine, tremblant à cause du trop-plein d’émotion, le démagogue ordonna à son sous-fifre de garder le colosse pendant qu’il allait éteindre les cloches. Il ne vit aucunement le fil de fer tendu entre les deux lourds bancs de chêne massif et chuta lamentable au sol en grognant de douleur. Frère Thomas se plaça tout près de Robert pour regarder ce qui se passait dans l’allée.

Les hommes ne l’avaient pas attacher ses mains immenses et rugueuses, convaincus de l’intimidation procurer par la gueule menaçante de leurs armes à feu. Mais ils avaient commis leurs premières erreurs. Le géant avait été plus souvent qu’à son tour avec la mire d’une arme qui dansait langoureusement devant ses yeux océaniques. Grâce à ses nombreuses escarmouches qui parsemaient sa vie pathétique, le mastodonte aux muscles disproportionnés et aux cicatrices trop nombreuses, Bobby était devenu un briscard des plus compétent. Et son instinct de protecteur lui souffla souvent les décisions pour être le dernier à rester debout lors de combat pour la survie. Lors de son passage comme portier dans un bar d’effeuilleuses, le chef de la sécurité lui avait appris quelques techniques des plus utiles de Krav Maga. Surtout pour désarmer un ivrogne mécontent ou bien un être colérique repoussé par une jeune femme à cause d’avance incongrue. La proximité dans ces cas de figure était l’alliée du géant balafré. Être près de son agresseur armé restreint ses mouvements et la panique le gagnait rapidement. La seconde erreur du fidèle du prêtre fou fut de se rapprocher du colosse prêt à exploser. Celui-ci se tourna brusquement et agrippa l’arme de ses mains gantées. Aussitôt l’homme essaya de se défaire de l’emprise dont il subissait l’assaut. Une déflagration de plombs claqua sèchement dans la salle remplie d’écho, sonnant un peu les personnes présentes. La seule victime de ce coup de feu fut le visage d’un des apôtres du Christ qui vit son visage de plâtre complètement évaporer par la puissance slave. Mais les mains du colosse ressemblèrent à des étaux que même la mort ne pourrait briser. Prenant un grand élan de la tête, le front de Robert entra en contact avec le nez et le visage du serviteur illuminé qui luttait vainement pour reprendre possession de son arme. Les yeux de l’homme devinrent alors vitreux, du sang coulant en profusion de son nez fracturé. Son visage était devenu une mer écarlate de souffrance et de terreur absolue.

Le démagogue fou s’était retourné sur son fessier et voyant que la situation était complètement hors du contrôle des émissaires du divin, arma son pistolet. Le chien claqua vers l’arrière et le lourd calibre 454 magnum se leva avec difficulté dans le dos de Robert qui laissa tomber le fidèle au sol…



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