Partagez | .
 

 Who Knows Where The Time Goes

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4, 5, 6  Suivant
Auteur
Message
Charlie Bushbury
WALKING WITH THE DEADS
Date d'inscription : 31/10/2015
Messages : 189
Age IRL : 22

MessageSujet: Re: Who Knows Where The Time Goes   Sam 6 Aoû 2016 - 23:18

Josh, quant à son manque de sommeil, me dit de ne pas m’inquiéter. Toutefois, je n’étais bonne qu’à ça, m’inquiéter pour mon entourage. Je savais qu’il n’avait pas beaucoup dormi, mais il avait besoin de sommeil. Son sourire me rassura quelque peu et je décidais de ne pas l’embêter avec cette histoire. Josh et moi trouvons dans la pièce beaucoup de choses. Le sac est très vite rempli.

Alors que ma demande pousse Josh à s’arrêter, il finit quand même par regarder dans le tiroir et trouve un pistolet. Bien malgré moi, je souris faiblement. J’ai l’habitude de tirer au fusil, mais les cartouches sont depuis longtemps épuisées. Il a trouvé deux chargeurs avec l’arme, ce sera parfait.

- Je la veux bien, oui, lui répondis-je en prenant l’arme qu’il me propose.

Je sais qu’il manie très bien sa hache. Avoir un pistolet ne lui sera peut-être pas aussi utile qu’à moi. Finalement, nous repartons avec un joli butin. S’il ne m’était rien arrivée d’horrible ce soir, nous aurions passé une soirée de fou, avec un festin en guise de repas. J’étais toutefois encore pleine de ressentiment envers le monstre, que je tachais d’oublier, avec beaucoup de difficulté. Une fois de retour dans notre salle, je regardais les conserves.

- Je crois que nous avons besoin de manger, tous les deux, dis-je sans vraiment parler. Tu voudrais manger quoi ? Lui demandais-je en lorgnant sur les boites de conserve.

Manger un peu de chaud serait bien agréable. Il y avait de tout en plus, du ragout, de la soupe, des raviolis, tout ce qui pourrait raviver nos petits estomacs. Intérieurement, j’étais bien contente d’avoir tout cela à manger. Mais la nourriture n’était pas les seuls biens. Il y avait des boissons à profusion, dont quelques bouteilles d’alcool. Je dénichais une bouteille d’un vin blanc qui avait l’air particulièrement délicieux.

- Oh mon dieu, cela fait tellement longtemps que je n’ai pas vu une bouteille de ce genre, soufflais-je bien malgré moi.

Boire un peu d’alcool ne me ferait aucunement de mal, cela me servirait à oublier un peu ma tragédie. Je dénichais deux verres et en remplissais un avant d’en proposer un à Josh.

- Un petit verre pour fêter ce festin ? Lui proposais-je en souriant doucement.

Je voulais me montrer sociable, souhaitant passer outre ma tragédie pour ne pas me morfondre sur moi-même.
Revenir en haut Aller en bas
Josh Harper
WALKING WITH THE DEADS
Date d'inscription : 14/06/2016
Messages : 112
Age IRL : 24

MessageSujet: Re: Who Knows Where The Time Goes   Mer 10 Aoû 2016 - 22:36

Charlie a pris l'arme. Ce qui m'a un soupçon rassuré. Je sais bien qu'elle n'est pas une tireuse d'élite mais peut-être sera-t-elle en mesure de mieux se défendre à présent. Principalement contre les monstres. Pas les infectés, les monstres vivants. Elle pourra toujours s'en servir contre les abominations parce qu'elle ne semble pas très à l'aise avec un couteau. Ce qui est normal quand on voit son physique. Une petite femme. Qui a perdu quelques kilos depuis ces derniers mois. Qui n'a jamais compté sur ses forces physiques dans la vie. Ce pistolet lui sera utile. Même si un coup de feu fait parfois plus de mal que de bien. Alerté une horde à proximité n'est pas la plus brillante des idées. Si elle avait été armée ce matin peut-être qu'elle … Non je crois que ça n'aurait rien changé. Revolver ou pas, il nous a pris par surprise. Peut-on vraiment s'en sortir avec le couteau sous la gorge ? … Et je dois arrêter avec les 'si'. Je soupire.

Nous arrivons à la chambre. Je dépose le bidon d'eau contre un mur avant d'y laisser retomber le sac. Charlie se met alors à rêvasser devant nos victuailles. C'est vrai que c'est une belle prise. Nous avons besoin de nous alimenter. Comme chaque jour. Est-ce que nous avons faim ? C'est une autre question. En attendant il ne faut pas continuer à s'épuiser sans reprendre des forces. Même si je n'ai pas vraiment envie de manger. J'espère que pour ce soir l’appétit viendra en mangeant. Et je pense que ce doit être la même chose pour Charlie. Elle ne se laisse pas dépérir. Elle pense à bouger, à manger. Elle fait preuve d'un courage qui me dépasse. Il serait si facile pour elle de s'effondrer et de laisser couler le temps. Elle me demande même ce que je veux manger moi. Franchement peu importe. Peut être garder les meilleures choses pour plus tard. Afin de ne pas « gâcher » la nourriture car je ne sais pas si elle aura du goût dans ma bouche. Ou au contraire quelque chose de bon, pour nous redonner un peu … d'apaisement. Je me mets alors à fouiller le sac. J'en fais rapidement le tour avant de me décider.

« On peut se faire chauffer un peu de bouillon. Ajouter quelques pâtes dedans. Il y a aussi un petit paquet de biscottes mais je ne suis pas certain qu'elles soient encore en un seul morceau. Il reste un seul ramequin de riz au lait aussi. Je crois qu'on devrait le manger il va bientôt plus être bon. Ca te va ? Je vais commencer par faire un peu de feu. »

Ce n'est pas le repas le plus gastronomique ni le plus nourrissant mais c'est bien pour ce soir je pense. J'ai une casserole moyenne dans mon sac, ça fera l'affaire. Pour ce qui est d'allumer un feu j'ai aussi tout le nécessaire. L'allume-feu classique de randonneur. J'aurais préféré qu'on soit dans une maison avec cheminée mais nous n'avons pas vraiment le choix. J'aménage rapidement un petit coin. Je casse une porte en bois d'une armoire et je la découpe sommairement avec ma hache. Une ou deux feuilles de papiers journal par dessus. Je frotte les deux pierres à silex l'une contre l'autre pour provoquer l'étincelle et voilà le feu démarré. Ca ne se passe pas aussi facilement que je le décris mais ce n'est pas non plus insurmontable. Surtout que j'ai l'habitude à présent. Le temps de tout préparer, la casserole, le bouillon, … Charlie fouille dans les sacs et en sort une bouteille de vin. Moi aussi ça fait un bail que je n'en ai pas bu. Il faut dire que ce n'est pas non plus ma boisson favorite. A part au restaurant ou les repas en famille, je ne bois jamais de vin. Plus porté sur la bière ou les soda. Mais on ne va pas refuser.

« Tu peux m'en verser un oui ... »

Fêter ce festin. Vous vous dites que le monde a vraiment du changer pour qualifier un bouillon avec des pâtes de festin. Mais c'est bien notre réalité. Nous avons encore la chance de pouvoir manger à notre faim. Il y a des jours où il faut se serrer la ceinture mais dans l'ensemble je n'ai jamais fait deux jours sans rien avaler. Je lui souris et prends le verre qu'elle me tend.

« Je crois qu'il y a quelques biscuits apéritif si tu veux. En attendant que ça chauffe. »

La cuisson devrait être assez rapide et la bonne odeur commence à réveiller mon estomac. Les événements m’empêcheraient presque d'avaler quoique ce soit mais mon ventre me rappelle à l'ordre. Lorsque le bouillon est suffisamment chaud, je verse le paquet de pâtes avant de touiller légèrement. Je n'ai jamais autant apprécier faire la cuisine, si on peut appeler cela faire la cuisine, qu'en ces derniers mois. Je regrette même de ne pas avoir profiter de mon ancien temps libre pour me faire quelques pâtisseries ou autres bons petits plats. Avec une maman au foyer et trois sœurs, il ne m'était jamais arrivé de faire à manger étant plus jeune. Et lorsque j'ai emménagé, j'étais plus adepte des plats tout fait ou des repas très rapide. Quand ce n'était pas Ashley ou Jenny qui cuisinait. Et quand je ne commandais pas une pizza ou un chinois. Je déguste mon verre. Je n'ai pas un assez bon palet pour dire si le vin est correct ou délicieux mais il me plait. Il aurait fallu trinquer. Mais l'envie n'y est pas. Je la resserre alors qu'elle finit son verre. Je n'en suis qu'à la moitié du mien mais je m'en reverse tout de même un peu. L'hôpital est calme. Le feu crépite quelque peu et on entend le bouillon bouillir doucement. C'est prêt. Je prends un bol dans mon sac que j'essuie et j'y verse une partie du contenu de la casserole. Je prends une cuillère et je tend le bol à Charlie en souriant à moitié. Attention c'est chaud. Quand à moi je farfouille pour sortir ma vieille gamelle, une deuxième cuillère et le repas est servi. Bon appétit. Je souffle un peu, mets la cuillère en bouche et avale. Un peu chaud mais bon. Du coin de l'oeil je regarde ma partenaire. Pour voir si elle apprécie. J'imagine qu'après tout ce qu'il vient de se passer elle ne s'en plaindra pas. Même si elle ne trouve pas le souper à son goût.

Ah mais j'oubliais. Je sors le paquet de biscottes. L'ouvre. Un peu cassées mais pas en piteux état pour autant. Mangeables donc. Je le place entre nous, esquisse à nouveau un demi sourire envers Charlie. Pas trop mauvais. Qu'est-ce que tu en penses ? Une question clichée mais n'ayant pas le courage d'aborder quelconque sujet je n'ai trouvé que ça à dire. Parce que non, je ne veux pas qu'un silence pesant s'installe. Je ne souhaite pas faire comme s'il ne s'était rien passé mais je ne veux pas non plus avoir un comportement donnant l'impression d'aggraver les choses. Je me contente de cette question, attendant sa réponse.
Revenir en haut Aller en bas
Charlie Bushbury
WALKING WITH THE DEADS
Date d'inscription : 31/10/2015
Messages : 189
Age IRL : 22

MessageSujet: Re: Who Knows Where The Time Goes   Jeu 25 Aoû 2016 - 17:49

Josh proposa son festin : un bouillon de poulet avec un peu de pâtes. Des croutons pourraient être « jetés » dans le bouillon, même s’il ne restait que quelques miettes de biscottes. Il me demanda si ça m’irait. J’hochais la tête en lui faisant un mince sourire. Un bouillon serait le bienvenu et réchaufferait nos corps. En plus de ça, ça remplissait bien l’estomac. Je regarde Josh préparer le feu pendant quelques secondes, regardant ses muscles s’activer. Je suis prise d’une langueur et j’ai envie de me rouler en boule, une nouvelle fois. Mais en le voyant bouger, il me redonne de la force. Je ne peux pas me laisser abattre. Je n’en ai pas le droit. Il semble vouloir diriger les opérations et je le laisse préparer le repas silencieusement pendant que je furète dans les affaires. Ayant trouvé une bouteille de vin blanc, un semblant de bonheur revient.

Josh accepte un verre. Je ne trouve pas de coupe pour verser le vin, je me contente de verre « banale ». Je ne vais pas faire la fine bouche et je ne peux pas me le permettre. C’est déjà bien que nous avons du vin, ce ne sera pas tous les jours. Je ne peux que profiter de notre chance actuelle. Elle tournait malheureusement bien trop vite. J’attends que Josh ait pris son verre pour porter un toast. Il me propose des gâteaux apéritifs et je vais les chercher. J’ouvre le paquet et le met entre nous deux. Puis, je tends mon verre en me demandant ce que je peux dire, mais je le redescends presque aussitôt.

J’aurais pu « remercier » le fait que nous soyons encore en vie tous les deux. Nous étions en vie, c’est vrai, et c’était quand même mieux que d’être mort, même s’il y a quelques heures, le contraire ne m’aurait peut-être pas déranger. Mais quelle vie ! Pour le moment, je crois tout simplement que je n’avais pas envie de discuter. Il me fallait encore un petit temps. Pour tenter d’oublier cela, je bus une gorgée, d’abord tout doucement, mais je ne pouvais pas boire aussi rapidement. L’alcool allait me monter bien trop vite à la tête, surtout que ça faisait des mois et des mois que je n’avais pas pu boire. Le vin était sucrée et délicieux en bouche. Je claque ma langue contre mon palet une fois mon breuvage terminé. J’hésite à me resservir, mais en voyant Josh s’en reprendre un peu, je n’hésite plus. J’ai envie de m’allonger sur le sol pour profiter de cet instant, mais le repas est déjà prêt.

- Miam ! Dis-je, tendant d’y mettre un peu plus d’enthousiasme, tandis que Josh me tend mon bol rempli de bouillon.

Toutefois, l’alcool, cette soirée font émerger tous les petits moments de ma vie précédente qui me manque atrocement. Je sais que quoi que je fasse, jamais ma vie ne pourra redevenir comme avant, jamais. Il faudrait un miracle pour éradiquer tous les monstres. Et encore, même ainsi, la vie ne serait plus pareille après les évènements vécus. Je lui souris lorsqu’il m’indique trouver le repas bon. Il l’est.

- C’est vrai que c’est très bon ! Souris-je. Ma vie me manque, soupirais-je.

Je ne voulais pas rendre l’ambiance pesante, mais j’avais envie de parler de tous les petits détails qui me manquent, et les moins petits. Will qui me parle, adossée à la cuisine, tandis que je prépare le repas (ou le contraire), Will qui me tient la main quand je pleure devant un film triste, Will qui m’embrasse, Will qui m’aime, Will qui est là, Will qui rit. Will qui me manque. Que ne ferais-je pas pour le retrouver ? Mais William n’est plus là, William ne me cherche pas, je ne lui manque pas et il ne veut sans doute même pas me retrouver.

- On avait l’habitude de se mettre devant la cheminée. C’était la seule chose qu’on souhaitait : quand on a visité notre première maison, il fallait qu’il y ait une cheminée, dis-je en regardant le feu. Et même si la maison où nous étions n’était peut-être pas très grande, c’était la seule de nos visites qui avait une cheminée dans le salon. Elle était belle, on pouvait y mettre nos photos dessus. Je pensais qu’il y aurait eu un jour une photo de notre mariage, de nos enfants, de nos petits-enfants même peut-être. Mais je n’ai eu le temps de rien faire, soupirais-je une nouvelle fois. La vie est tellement injuste, ce monde n’est plus ce qu’il était et je n’ai aucune idée de ce qu’on peut faire pour rétablir les choses. Y arrivera-t-on un jour ? Demandais-je à Josh, prenant conscience que cela faisait longtemps (presqu’une journée, ce qui faisait vraiment beaucoup pour moi) que je n’avais pas autant parlé.

J’en avais gros sur le cœur et je me rendais compte que parler me faisait du bien, même si je ne parlais pas encore de la chose qui me blessait le plus en ce moment. Je pris alors quelques gorgées de bouillons, mon corps frissonna, en attendant la réponse de Josh.
Revenir en haut Aller en bas
Josh Harper
WALKING WITH THE DEADS
Date d'inscription : 14/06/2016
Messages : 112
Age IRL : 24

MessageSujet: Re: Who Knows Where The Time Goes   Ven 26 Aoû 2016 - 20:26

Elle semble apprécier le repas et me le confirme. Une bonne nouvelle. C'est vrai que ça se laisse manger. Pas besoin de mastiquer, juste souffler un peu, et avaler le mélange bouillon-pâte. Ca glisse tout seul, droit vers l'estomac. Qui apprécie lui aussi. Partager une bouteille de vin et un bon petit repas chaud, une situation qui pourrait paraître presque idyllique en ce moment. S'il n'y avait pas eu … Si j'avais été en mesure de … Le réconfort n'est que de courte de durée. Sa vie lui manque. Plus que sa vie c'est surtout l'homme de sa vie je pense. Moi aussi ma vie me manque. Ma famille. Je pourrais totalement me passer du confort, d'hygiène, d'un toit au-dessus de ma tête, me contenter d'une assiette qu'à moitié remplie, d'un boulot miteux si seulement j'étais en compagnie de ma famille. L'électricité et tout ses dérives, télévision, téléphone, internet, … l'eau courante, les voitures, ce n'est pas ça qui me manque. Passer un mois dans les montagnes à faire mon job, ce n'est pas ça qui me manque. Cinq personnes et cinq personnes seulement. J'aimerais bien revoir mes amis ou mes collègues, du moins ceux encore vivants car j'ai été témoin du décès de nombreux d'entre eux. Mais papa, maman, les jumelles et Jenny, il n'y a qu'eux qui compte. Ils sont quelque part. Où ? Si seulement je le savais ... J'ai l'impression d'avoir ratisser une bonne partie de la ville. J'ai passé quelques jours à Olympia presque en vain. Rien. Un retour à la case départ et puis plus un seul indice, une seule trace. Ils sont en vie donc. C'est ce que je peux en conclure. Parce que les imaginer transformés ou … morts … je ne peux pas. Garder de l'espoir. Même si ce monde n'a plus de sens.

Soudain elle se met à parler. Beaucoup. J'ai l'impression de retrouver la Charlie de la veille et du jour d'avant. Elle m'arrache un sourire. Ca lui est venu tout naturellement. Elle parle de lui. D'eux. Lui aurait su quoi faire. Je ne sais pas comment elle fait pour ne pas fondre en larmes. Je ne la regarde que du coin de l’œil de peur qu'elle ne me fasse craquer. Je n'arrive pas à rester de marbre. C'est trop dur pour moi. Demain peut-être … Mais si je ne ressens pas de compassion, de chagrin je ne serais pas « moi ». Je bois ses paroles. Peut-être que c'est ce qu'elle veut finalement. Parler. Sans s'arrêter. Parler d'avant. Se remémorer ses meilleurs souvenirs. Il m'arrive souvent à moi aussi de penser à avant. Surtout quand je suis seul et que je me repose. Ce qui a toujours le don de me mettre un petit coup de blues. Avant de me dire qu'on parlera de tout ça ensemble quand je les aurais retrouvé. On avait une cheminée à la maison. La maison familiale, pas mon appart bien sûr. Nous aussi nous y avions déposé des photos. Elles étaient toujours là quand j'y suis passé il y a quelques semaines. La famille au grand complet. Des photos récentes et des photos de nous gamin. Des images qui me restent gravées en mémoire. Je regrette de n'avoir emporté qu'un seul album photo. Je m'étais dit à l'époque que ça suffirait mais en prendre un deuxième, et un troisième n'aurait pas été accessoire. Ca prend de la place, c'est vrai, mais mon sac n'est presque jamais rempli à ras-bord.

Son futur mariage, des enfants, … Moi non plus je n'ai pas eu le temps pour tout ça. Aurait-il fallu déjà être en couple … Parfois je regrette qu'Ash n'ait pas compris que ma famille comptait tellement, même si c'est surtout à cause de mon boulot que nous nous sommes séparés. La vie était déjà injuste avant. Je dis ça mais je n'ai jamais eu à me plaindre. Je n'ai vécu aucun drame, aucun accident, mais les inégalités et les horreurs existaient déjà il y a plus d'un an. Est-ce qu'on peut faire en sorte « d'arranger » ce monde ? J'y crois. Ce n'est pas une tâche facile mais c'est réalisable. Si seulement tous les êtres encore vivants s'aidaient au lieu de … La question aurait pu être rhétorique mais elle s'adresse bien à moi en la posant. Qu'est-ce que je dois lui dire ? Est-ce que je dois lui dire qu'il y a encore du bon ? Après ce qu'elle a vécu ? Est-ce que je dois lui dire qu'on fera tout pour les retrouver ? Est-ce que je dois lui dire qu'elle et Will peuvent être heureux ?

« On … On ne reviendra jamais en arrière … Mais je pense qu'on peut faire en sorte de rendre le monde meilleur. Ca commence par continuer de les chercher … et de les trouver. William, ta famille, mes parents, mes sœurs. On ne les a pas retrouvé pour l'instant mais il faut garder espoir. Ils sont là, quelque part. Ils pensent certainement à nous en ce moment … Avec eux, on pourra envisager de construire quelque chose. »

Il y a d'autres bonnes personnes dehors. Comme nous. J'en ai rencontré, toi aussi. Oui il y a des ordures c'est vrai. Il y en a sans doute trop, il y en a toujours eu … On ne doit pas se laisser abattre à cause d'eux. Et s'il faut se défendre et bien qu'il en soit ainsi … Si on se rassemble avec suffisamment de personnes comme nous alors on peut faire mieux que survivre, on peut vivre ... Des mots que je récite en moi-même. Le problème n'est pas de croire ou non à ce que je dis. C'est juste que je trouve déplacé de lui dire qu'il faut rester fort et qu'il faut continuer à croire en ce monde. Pas après cette journée. Qu'ajouter d'autres ? Sommes-nous maîtres de nos vies ? L'avons-nous jamais été ? Est-ce que j'évoque moi aussi un souvenir qui me tient à cœur ? Est-ce que j'attends ? Peut-être a-t-elle envie de parler. Je ne suis pas certain qu'elle ait vraiment envie que je lui sorte ces phrases que l'on pouvait entendre dans des films ou des séries. Des phrases « clichées ». Même si c'est un peu ce que je viens de faire. Je bois une gorgée du bouillon avant qu'il ne refroidisse trop. Je vais attendre un peu et si elle ne parle pas peut-être envisagerais-je de lancer quelques mots. J'ai l'impression qu'un souvenir un peu trop joyeux ne lui ferait que se rappeler ces dernières heures. Je ne peux pas non plus me montrer fataliste ou pessimiste. Croit-elle encore pouvoir les retrouver ou ce monstre lui a-t-il volé tout espoir ? Je ne me sens pas dans mon assiette et le reste du bouillon a un peu de mal à passer. Arrivera-t-on à être heureux ? Pour aujourd'hui et pour les jours à venir la réponse me semble évidente. Non. Mais peut-être qu'avec le temps les choses finiront par s'améliorer. Et la blessure qu'elle a subie ne sera plus qu'une vilaine cicatrice.

Parle Charlie, je t'écoute.
Revenir en haut Aller en bas
Charlie Bushbury
WALKING WITH THE DEADS
Date d'inscription : 31/10/2015
Messages : 189
Age IRL : 22

MessageSujet: Re: Who Knows Where The Time Goes   Jeu 8 Sep 2016 - 17:44

Josh semble perdu dans ses pensées face à mon monologue. Je le laisse penser, j’ai pris bien plus que ma part de parole dans les cinq minutes à venir. Avant, parler ne me posait pas de soucis, mais j’avais l’impression qu’une chose s’était cassée en moi cette journée. J’espérais seulement que ce ne serait pas définitif. Je ne m’aimais pas ainsi, je n’aimais pas ce que le monstre avait fait de moi. Mon verre dans la main, l’autre main dans les poils de mon chien, doux, rassurant, je le sirotais en écoutant la réponse de mon camarade. Josh ne semble pas vraiment savoir quoi répondre et je n’ai pas de réponse prédéfini à lui répondre. Je sais juste que le son de sa voix, le timbre de celle-ci me rassure et m’encre dans ce nouveau présent.

Avec sa douce voix, il me dit que revenir en arrière est impossible. Je veux bien le croire malheureusement. Il ne perdait pas espoir et m’exhortais à le « suivre » dans cet optimisme. Oui, il fallait continuer à les chercher. Je ne pouvais pas abandonner Will, je ne pouvais pas abandonner ma petite sœur, ni même ma mère, hystérique, mais aimante. Le décès de mon père il y a deux ans l’avait changé. Elle était devenue un peu insensé, déraisonnable. Ma petite sœur, qui avait quatorze ans à l’époque et habitait encore chez mes parents, lui avait d’une grande aide. Grâce à elle, ça allait mieux. Du moins, jusqu’à l’épidémie. A ce moment-là, l’hystérie de ma mère avait refait surface et avait entrainé avec elle celle de ma sœur. Joan, ma chère petite Joan que j’avais vu grandir. Normal, j’avais quinze ans lors de sa naissance. Je n’avais pas été capable de la protéger de la furie de ma mère, de sa propre furie. Alors que j’écoutais Josh d’une oreille attentive, le souvenir de Joan, souriant et riant à pleine dents me sauta au visage, me faisant couler des larmes de tristesse et de regret. J’essuyais toutefois rapidement mes yeux et but une nouvelle gorgée de vin, qui prenait peu à peu un gout quelque peu amer.

- Imagine qu’ils soient tombés, tous, en de très mauvaises mains, comme nous aujourd’hui ? Osais-je dire alors que la peur tenaillait mon ventre.

J’avais beaucoup de mal à imaginer ma Joan dans un pareil moment. Ma mère si fragile. Will. Je fermais les yeux pour chasser les images du diable qui s’imposait à moi.

- Par moment dans ma vie antérieure, William osait me dire que l’enfer existait déjà sur terre. En grande optimiste que j’étais, je lui soutenais le contraire. Pourtant, ce que nous venons de vivre montre bien que les hommes sont bien pire que le diable, n’est-ce pas Josh ? Dis-je en regardant le sol, les larmes continuant de couler.

J’avais voulu être plus forte, je ne voulais pas ressasser le passé, je ne voulais pas paraitre faible. Je voulais changer, être forte. Reléguer ce qui m’était arrivée et le camoufler dans un coin de la tête où cela ne me poserait plus de problèmes. J’aimerais perdre la mémoire sur les derniers évènements de la journée. Dans quelle position délicate j’étais en train de mettre Josh ? J’essayais de le prendre à partie, pour qu’il soit d’accord avec moi, mais il avait succombé presque la même chose que moi, le choc peut-être en moins. Je n’avais pas à lui faire revivre notre tragédie. Une fois était plus que largement suffisante. Toutefois, à sa dernière phrase « on pourrait construire quelque chose », je lui demandais encore :

- Comment on saura à présent à qui on peut faire confiance et en qui on ne peut pas le faire ? Sauras-tu distinguer le bien du mal avant que l’on ne nous fasse du mal ?

En lui posant cette question, j’avais l’impression de lui laisser ma vie entre les siennes, ce qui était peut-être le cas. Je lui faisais confiance, plus qu’à quiconque. Je délaisse mon bouillon et m’agrippe plus étroitement à mon verre de vin, délicieusement sucré, délicieusement alcoolisé, le miracle qui peut me permettre d’oublier momentanément ma douleur d’aujourd’hui. Moi qui voulait avoir un remède pour perdre la mémoire, je pouvais le faire pour quelques heures du moins, pensais-je en regardant d’un œil nouveau le verre à moitié rempli.
Revenir en haut Aller en bas
Josh Harper
WALKING WITH THE DEADS
Date d'inscription : 14/06/2016
Messages : 112
Age IRL : 24

MessageSujet: Re: Who Knows Where The Time Goes   Dim 11 Sep 2016 - 10:12

Mon discours n'a pas forcément eu l'effet escompté. Comment pourrais-je lui en vouloir ? Je la trouve déjà assez courageuse de me faire part de ce qu'elle ressent. Elle ne me dit pas tout, forcément. Après tout nous ne nous connaissons que depuis deux jours et demi, trois jours. Et s'ils sont tombés entre les pattes d'êtres affables ? Oui je me suis moi aussi posé cette question. Je n'aurais pas du y penser mais cela a été plus fort que moi. Qu'aurait fait Amy, Lucy, Maman ou Jenny dans cette situation ? Les jumelles auraient tenter de se battre à l'unisson. L'une transférant sa force dans celle de l'autre. Maman … Je n'ose y penser. Et Jenny. J'ai ressassé cela en boucle. Jenny, elle, ne se serait pas laissée faire. Dès que je pense à cela, je chasse immédiatement cette réflexion de ma tête. Qu'est-ce que j'entends par là ? Qu'est-ce que j'ose insinuer ? Que Charlie n'est pas une femme forte ? Je me dégoûte moi-même. Alors j'essaye de faire le vide mais impossible. Alors j'écoute Charlie qui continue à parler. Moi aussi je le suis, optimiste, ce n'est pas pour cela que je me voilais la face sur la réalité du monde. Il y a bien trop d'images, de news, de papiers, prouvant que l'homme est un loup pour l'homme. Alors oui j'évite de lire ce genre de faits mais on y échappe pas. Et c'est quand on vit la situation que l'on s'en rend encore plus compte. Que dois-je lui répondre ? Qu'attends-t-elle de moi ? Que je la rassure ou que je confirme ses propos ? Je n'ai pas le cœur à faire la langue de bois ou d'éviter le sujet.

« C'est vrai … L'homme est capable du meilleur comme du pire … Moi aussi avant je … Ce n'est pas que je refusais de voir le malheur ou voir ce qu'il y a de pire sur Terre mais disons que je me focalisais plus sur la joie, les bonnes nouvelles. C'est parce que le malheur existe que le bonheur existe. Et inversement. Je ne sais pas comment on peut arriver à devenir ainsi. Mais peut-être que je ne peux pas comprendre. J'ai toujours été entouré de mes proches, de leur amour. Je n'ai pas eu la vie dure alors je … J'hausse les épaules. Je ne sais que dire. Mais c'est impardonnable. Qu'importe les raisons,  c'est impardonnable. »

Et c'est probablement pour cela que la cervelle de cette ordure est à présent étalée sur le sol. Il ne méritait rien d'autre que la mort. De la souffrance et de la torture peut-être mais je ne serais pas mieux que lui si je m'abaissais à cela. Il a eu ce qu'il méritait. Et si j'avais su … Si j'avais su ce qu'il lui ferait … Il aurait reçu ma hache en plein front. Je ne sais quand, je ne sais comment mais j'aurais agi. Même si je ne me dis cela que dans le but de me rassurer. Les larmes de Charlie ruissellent sur ses joues. Je pensais que j'aurais moi aussi les yeux humides mais je suis pris d'une sorte de lassitude. Je me rapproche un peu d'elle, doucement. Je n'ose pas lui mettre la main sur l'épaule. Mais je veux qu'elle sache que je suis tout près. Et que si elle veut poser la tête sur mon épaule, je suis là pour elle. Elle reprend la parole. Comment distinguer alliés d'ennemis ? C'est une bonne question. Une question dont la réponse est essentielle.

« Je crois que ce genre de chose « se sent ». J'évite de faire des préjugés sur les gens mais on peut souvent dire si un individu nous veut du mal ou non. Evidemment … la plupart des personnes sont sur leurs gardes à présent, certaines sont devenues mauvaises. Mais dès le premier coup d’œil j'ai su que … et bien que je pourrais te faire confiance. Ca se voit … Même s'il y en a qui peuvent bien cacher leur jeu. »

Je suis tombé sur tout type de personnes ces derniers mois. Je me suis méfié de certaines, j'en ai évité d'autres. J'ai fait confiance à l'une ou à l'autre. Cela s'est parfois mal passé. Mais j'ai aussi de bons souvenirs. De très bons souvenirs. Certaines personnes peu recommandables d'apparence qui se sont avérées extrêmement sympa. Et l'inverse également. J'ai envie de lui qu'elle peut me faire confiance. Mais il est sans doute encore trop tôt. Comment le pourrait-elle vis-à-vis de ce qu'il vient de se passer. Et je me retrouve encore à vouloir parler mais rien ne sort de ma bouche. Continuer ou changer de sujet ?

« Tu as encore faim ? Soif ? Je crois qu'il y a une deuxième bouteille non ? »

Elle n'a pas terminé son bouillon. Peut-être qu'elle n'aime pas mais lui ayant déjà demandé, je ne veux pas me montrer insistant. Elle enchaine assez rapidement les verres par contre. Elle veut se vider la tête, tenter d'oublier, noyer son chagrin dans l'alcool. Je ne suis pas particulièrement friand de ce genre de méthode mais si c'est ce dont elle a besoin. Et puis je ne la juge pas. Je n'ai pas le droit. Si elle veut boire une autre bouteille qu'il en soit ainsi. Je ne l'encourage pas pour autant. Et je la stopperais avant le verre de trop. Avant qu'elle ne soit malade. Je ne crois pas que se réveiller avec la gueule de bois lui fasse le plus grand bien ...
Revenir en haut Aller en bas
Charlie Bushbury
WALKING WITH THE DEADS
Date d'inscription : 31/10/2015
Messages : 189
Age IRL : 22

MessageSujet: Re: Who Knows Where The Time Goes   Sam 17 Sep 2016 - 23:04

J’écoutais Josh qui était d’accord avec moi. L’homme était capable du meilleur comme du pire. Il avait raison bien sûr, mais pour le moment, j’avais surtout l’impression que l’homme était le pire. Josh était aussi optimiste que je l’étais, que je l’étais encore peut-être un peu, même si je devais le perdre assez rapidement si je souhaitais survivre dans ce monde de barbare. D’un autre côté, se concentrer sur les bonnes choses, sur les bons souvenirs étaient également une bonne idée pour ne pas sombrer dans la folie. J’écoutais ce qu’il me racontait en haussant la tête. Je ne savais que répondre. J’étais persuadée que le regard qu’il me portait avait changé depuis que j’avais osé lui parler. Je devais tellement passer pour une femme faible, je l’étais après tout. Je n’avais pas été capable de me sauver par moi-même.

J’espérais seulement qu’il ne regrettait pas son « choix » de rester avec moi pour l’instant. J’avais parfois l’impression d’être plus un poids qu’une personne sur laquelle il pouvait réellement s’appuyer pour survivre. Pourtant, il restait là, comme un roc, il était un rocher sur lequel j’avais envie de m’appuyer. Un rocher sur lequel je pouvais compter. Il se rapprocha de moi, sans pour autant me toucher et une chaleur réconfortante me manquait, une chaleur attentionnée et pas un homme brutal et violent. Je n’osais pas vraiment le toucher, bien que lui tenir ses mains m’auraient probablement réconforté. Mais je ne souhaitais pas le gêner outre mesure.

Il m’expliqua que la différence entre alliés et ennemis pouvait généralement se faire par instinct. Je rougis lorsque Josh m’expliqua qu’il avait su au premier coup d’œil qu’il pouvait me faire confiance. Cela avait été également mon cas. Pourtant, tout dans la carrure de l’homme laissait présager d’une violence éventuelle. Par contre, il était sûr et certain que je devrais, avec l’aide de Josh, être beaucoup plus prudente à présent afin de ne pas retomber sur le même genre d’individu.

- Gary pourra également nous aider, dis-je en faisant un mince sourire.

Il est vrai que mon chien était capable parfois de reconnaître la confiance que l’on pouvait accorder à un homme ou une femme. S’il grognait, c’était généralement très mauvais signe pour la personne. Mon chien est un juge impartial, son instinct est plus puissant que le mien. Josh me demanda si j’avais encore faim ou soif. Je déclinais la première offre.

- Tu prendras un autre verre avec moi pour m’accompagner ? Lui proposais-je en remplissant à nouveau mon verre. Sans doute le troisième verre de la soirée, mais la chaleur de l’alcool était bénéfique et bien agréable.

Pendant que je sirote le verre à petite gorgée, j’observe Josh. Il ressemble si peu à Will. Will était sexy – non pas que Josh ne le soit pas, il l’était différemment que Will – il était également plus petit et beaucoup moins trapu. Il éveillait en moi un sentiment de sécurité. Comme si, être auprès de Josh, pouvait, à partir de maintenant, me protéger des autres dangers. Je n’étais pas morte, la preuve. Certes, il était arrivé malheureusement trop tard, mais je ne l’en blâmais pas du tout. Après tout, c’était à moi de me défendre.

- Will voulait qu’on s’inscrive à un cours de self-défense ensemble. J’avais décliné l’offre la première fois, jugeant que cela n’était pas forcément nécessaire et n’appréciant pas non plus des masses la violence. Toutefois, je me dis que si j’avais bénéficié des cours aujourd’hui, ce serait sans doute beaucoup plus simple aujourd’hui, expliquais-je à Josh.
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé
WALKING WITH THE DEADS

MessageSujet: Re: Who Knows Where The Time Goes   Aujourd'hui à 4:50

Revenir en haut Aller en bas
 

Who Knows Where The Time Goes

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 4 sur 6Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4, 5, 6  Suivant

 Sujets similaires

-
» Seize the Time!An essay by Cynthia McKinneySeptember 19, 2008
» Session time out...
» Damon Moon - "It's time to forget about the past"
» 08. Remember that time is money - Benjamin Franklin
» Choucroute time !

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
The Walking Dead RPG :: Archives RP :: RP Terminés-