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 Who Knows Where The Time Goes

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Josh Harper
WALKING WITH THE DEADS
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MessageSujet: Re: Who Knows Where The Time Goes   Ven 15 Juil 2016 - 17:55

Elle reste silencieuse. Enfin elle ne parle pas. Ne bouge presque pas. Ne fait aucun geste pour me dire de rester. Mais ne me fait aucun geste pour me dire de partir, de la laisser seule. Alors je décide de rester à ses cotés. Je m'assieds à quelques mètres du lit. Pour lui laisser un peu d'intimité. Ses sanglots me poignardent le cœur. Encore. Et encore. Chaque larme versée accroît un peu plus ma culpabilité. Mon chagrin. A plusieurs reprises je suis au bord de craquer. Enfouir mon visage dans mes mains et relâcher toute cette pression. Mais j'encaisse. Le moment que je passe, ici, maintenant, n'est en rien comparable à celui qu'elle passe elle. Je n'ai pas le droit de pleurnicher. Ni même de larmoyer. Le temps passe tellement lentement. Je repense à ces deux jours passés avec elle. A l'entendre parler d'elle, de William, de sa profession, de sa vie ... Cette Charlie qui était si souriante, bavarde ... Je l'ai tuée ... Lorsque je sens que je pense beaucoup trop à tout ça, que les larmes sont à deux doigts de venir envahir mes yeux, j'appuie fortement sur ma main gauche. Pour m'infliger une douleur vive qui m'aide à oublier. J'essaye de faire le moins de bruit possible. Je réfléchis. A ce que je vais devoir faire. Parce que je ne vais pas rester des heures assis ici. Je vais devoir me lever. Je pourrais partir maintenant. Peut-être qu'elle ne le remarquerait même pas. Mais je préfère attendre. Qu'elle s'endorme. Et s'il faut attendre dix heures j'attendrais. Silencieux. Ruminant. Me torturant l'esprit. Me torturant la main …J'aimerais tant m'approcher d'elle. Lui poser une main sur l'épaule. Lui murmurer à nouveau que je suis désolé. Mais ce serait déplacé. Je ne peux pas. Je ne peut qu'attendre.

Après de longues minutes, de très longues minutes, elle finit par s'endormir. Je le sais parce qu'elle ne pleure plus. Elle semble presque apaisée. Dormir lui fera peut-être du bien. Même si le réveil n'en sera que plus brutal. Le retour à la réalité. L'idée que tout cela était bien réel et qu'elle n'était pas en train de cauchemarder. Je me lève et quitte la chambre en silence. Je suis inquiet. Et si elle se réveille ? Qu'elle m'appelle et que je ne suis pas là ? Si elle pense que je l'ai abandonnée. Définitivement. Et si … Non. Je ne peux pas rester les bras croisés. Je dois agir. Notre survie en dépend. Sa survie plus que la mienne. La première chose que je dois faire. Retourner dans la pièce où j'ai tranché la gorge de cet homme, étranglé la femme. Sinon ils vont se transformer. C'est la priorité. J'avance. J'entre dans la pièce. Une flaque de sang géante autour de l'homme. La scène ne me choque même pas. Comme si je ne pouvais plus ressentir autre chose que de la culpabilité et de la tristesse. Je prends ma hache. Je ne dois faire trop de bruit. Manche en main, j'ai la soudaine envie de leur exploser le crâne. Encore. Encore. Alors je ferme la porte. Je frappe une fois dans la tête de la femme. Je relève la hache et l'abats une deuxième fois. Et je craque. Purement et simplement. Je murmure.

« Désolé … Je frappe une troisième fois. Désolé … Une quatrième fois avant de me diriger vers l'autre. Et je recommence. Je frappe. Les larmes inondent mes yeux. Ma vue est troublée. Désolé … »

Et je continue ce manège. Chaque coup étant précédé d'un 'Désolé'. Pas désolé pour eux. Loin, très loin d'être désolé pour ce que je leur fais. Désolé pour Charlie. Je m'écarte de la flaque de sang et tombe à genoux. Je vais me laisser aller. Quelques minutes. J'en ai besoin. Afin de rester fort devant elle. Pas que j'ai honte de lui montrer ma faiblesse. Mon énorme faiblesse. Juste que … Que cela n'apporterait rien de bien. Ca n'empirerait peut-être pas les choses. Mais ça ne les améliorerait certainement pas non plus. Au bout des quelques secondes lors desquelles j'ai entièrement vidé mon sac, du moins je le crois à ce moment là, je me relève. Il me reste beaucoup de choses à faire. Je ne dois pas traîner. Afin de revenir auprès d'elle le plus vite possible. Je prends mon sac et sors de la pièce. Je ferme la porte. Je me frotte les yeux avec les manches de mon sweat. Je prends une grande inspiration. J'avance en direction de la chambre où dors Charlie. J'écoute attentivement. Elle semble toujours être endormie. Très bien.

Je continue mon chemin dans le couloir de l'étage. M'arrêtant à chaque pièce. Fouillant grossièrement. Fouillant pour y trouver des vêtements pour Charlie. Pour moi aussi. Le sang des deux hommes sur mon torse. L'odeur. Atroce. J'ai eu envie de l'ôter il y a un petit moment déjà. Je m'en suis abstenu. Ne souhaitant pas apeurer mon amie. La première chambre ne contient rien. Pareil pour la deuxième. Chou blanc de nouveau dans la troisième. La quatrième me redonne espoir. Je trouve un sac  de voyage planqué au fond d'une armoire. Je l'ouvre et inspecte son contenu. Un jean, deux t-shirt, deux ensembles de sous-vêtements. Pour femme. Une petite trousse de toilette. Savon, brosse à dent, peigne, une bouteille de parfum, .... Tout le nécessaire pour un très léger séjour à l'hôpital. Je ferme les yeux. Cette trouvaille me redonne un peu de baume au cœur. Et dans la seconde qui suit je me trouve ridicule. Je presse sur ma main gauche. Je serre la mâchoire. Je me sens obligé de m'infliger cette douleur. Je n'ai jamais été aussi perdu de toute ma vie. Je secoue la tête. Pas le temps de penser. Je prends le sac.

Je continue. Trouve finalement un nouveau sweat que j'enfile. Bien. Il faut que je trouve de quoi faire pour ma blessure à présent. Le meilleur endroit sera sans doute une pièce qui regroupe tout l'équipement médical. Si tant est qu'il y en ait encore. Je trouve mon bonheur quelques mètres plus loin. Enfin bonheur. C'est un bien grand mot. La pièce est ravagée. Plus de quatre-vingts pour cents des affaires ont été embarquées. J'inspecte avec minutie. Une vieille bouteille de désinfectant. Ca fera l'affaire. Du fil à recoudre et une aiguille légèrement pliée. Je prends également quelques aspirines ainsi que deux somnifères. Pour Charlie. Je ne souhaite pas atténuer ma douleur. Je n'en ai pas besoin. Du moins pour un petit moment encore. Je n'oublie pas de prendre deux rouleaux de bandage et de la ouate qui servira pour désinfecter la plaie. Plaie que je n'ai pas regardée depuis tout ce temps. Ce ne doit pas être très beau à voir. Chaque chose en son temps. Je pense avoir tout pris. Je sors.

Je retourne dans la chambre. J'aurais aimé chercher après un peu de nourriture ou des boissons, bien que j'en possède toujours dans mon sac, mais je veux être là si elle se réveille. Si elle a besoin de quoique ce soit. Je me fais le plus silencieux possible. Dépose la hache sur un meuble. Je ne m'empêcher de la regarder. Et alors que je n'y pensais plus vraiment., tout ce flot de sentiments négatifs resurgit. Me saute en plein visage. Je ferme les yeux avant qu'il ne soit trop tard. Avoir craqué toute à l'heure m'a légèrement soulagé. Mais j'en garde encore énormément à l'intérieur. Et maintenant que je suis entré dans cette pièce, plus question de verser une larme. Je dépose mon sac de randonneur et le sac de voyage récemment découvert. Je pourrais déjà tout préparer pour me soigner. Préparer les vêtements de Charlie. Mais je vais la déranger. Elle a besoin de sommeil. Et alors que je me rassieds, que je continue à broyer du noir, elle remue et se lève. Jette un regard dans ma direction. Je relève la tête. Regarde son visage mais ne croise pas ses yeux. Ses joues sont rouges. Son visage est marqué. Evidemment. Comment pourrait-il en être autrement ? Alors que j'avais envie de lui dire tant de choses quelques heures auparavant, aucune envie de lui adresser quelconque mots ne me prends. Je crois que je suis fatigué moi aussi.

Soudainement elle me fausse compagnie. Pour filer dans la petite salle de bain de la pièce. Je l'entends vomir. Je me lève et vient me placer le dos contre le mur, pas très loin de la porte. Elle n'a pas besoin de moi. Si elle veut de l'aide, elle m'appellera. Mais elle n'aura pas besoin d'aide. Je ne suis qu'un bon à rien. Je me claque imperceptiblement la tête contre le mur. Ferme les yeux. Je l'entends rendre. Cracher. Je serre ma main gauche. Je l'entends bouger. Et puis le bruit de l'eau qui coule. Je n'avais pas pensé à vérifier que le robinet fonctionnait toujours. Néanmoins j'avais imaginé prendre une bassine et y versait de l'eau que j'aurais fait bouillir. Cela aurait sérieusement diminué nos réserve d'eau mais j'étais certain que se laver aurait été la première chose qu'elle aurait faite en se levant. Pour ne plus qu'elle se sente aussi sale. Tenter de purifier un minimum son corps. Et sa tête.

La porte de la salle de bain se ferme. J'entends de nouveau de l'eau couler. La douche cette fois-ci. Je me remets à penser à quelque chose. Quelque chose de grave. Et si ... Et si elle avait dégoté un objet coupant. Et qu'elle ... Qui lui prenait l'envie de quitter son corps à tout jamais. Quitter ce monde. Décider d'en finir une bonne fois pour toute. Pour ne plus jamais revivre cet acte. Y repenser. Chaque jour. Je n'avais pas fait le tour de la chambre pour l'inspecter et ramasser tous les objets coupants avec lesquels elle pourrait ... J'y ai pensé. Mais j'aurais fait du bruit. Et elle m'aurait vu faire. Elle aurait peut-être compris. J'appuie sur ma main à nouveau avant de retourner vers les sacs. Je revois la trousse de toilette. J'aimerais toqué à la porte. Lui dire qu'il y a du savon. Tant pis. Je ne veux pas la déranger. Je prends le nécessaire de vêtements et les dépose sur une chaise que je place à coté de la  porte de la salle de bain. L'eau s'arrête de couler après un certain temps. Je l'entends faire un peu de bruit. Je m'inquiète pour rien. Charlie ne commettra jamais pareille bêtise. Elle est trop forte pour cela. Bien plus forte que moi ...

La porte s'ouvre. Je tourne la tête et la regarde. Elle prend les habits et retourne immédiatement dans la salle de bain pour les enfiler. J'attends. Je pense. Est-ce que je devrais préparer quelque chose à manger ? Il faudrait que je me soigne aussi. Avant que ça ne s'infecte. Oui. Je commence à préparer le matériel que je dispose sur la petite table. C'est à ce moment qu'elle ressort. Le t-shirt et le jean semble lui aller. Tant mieux. Mais si ce n'avait pas été le cas, je suis certain que j'aurais pu trouver d'autres habits quelque part dans l'hôpital. Elle s'avance vers moi. La tête presque baissée. Un bout de tissu humide en main. Elle prend ma paluche blessée et enlève le semblant de bandage. Elle frotte délicatement. C'est tout ce qu'elle est. Douce et délicate. Comment peut-on faire autant de mal à une telle femme ? Comment peut-on abandonner une telle femme aux prises d'un monstre ? Je la vois faire attention. La plaie est profonde, sale. Je ressens une pointe de douleur à chaque fois qu'elle frotte. Une douleur à laquelle je me serais presque habitué ces dernières heures. J'avais été complètement stupide. J'aurais pu éviter ça. J'aurais pu le détruire avant qu'il ne m'entaille la main. J'aurais pu le détruire avant qu'il ne pose une main sur elle. J'aurais pu. J'aurais du. Il est trop tard ... Désolé ... Je ne mérite pas du tout l'attention que tu me portes. Gifle-moi. Dis-moi que tu me détestes. Torture ma main. Dis-moi que je suis un lâche. Que tout est de ma faute. Elle est si gentille. Etait si joyeuse. Je n'arrive pas à m'ôter ces pensées de la tête. Tout comme je n'arrive pas à décoller les yeux de son visage. Parce qu'elle ne me regarde pas. Dès l'instant où elle relèvera la tête et tentera d'accrocher mon regard je baisserai les yeux. Honteux. De ce que j'ai fais. Plutôt de ce que je n'ai pas fait ... J'attrape la bouteille de désinfectant.

« Il vaut mieux désinfecter avec ça. J'ai trouvé de quoi recoudre aussi. Et un bandage. »

J'ai parlé doucement. Sans hésitation. Je me suis arrêté avant qu'il ne soit trop tard. J'ai failli lui proposer quelque chose à boire. Ou lui dire de retourner se coucher. Lui dire qu'il y a une bouteille de parfum. Ou un peigne pour ses cheveux. De me laisser me soigner tout seul. J'ai envie de lui dire plein de chose. Merci. Et dans le même temps je n'avais même pas eu envie de lui dire les quelques mots que j'ai prononcé. Je n'étais plus habitué au silence depuis quarante-huit heures. J'ai envie de la prendre dans mes bras. Mais non. Elle ne doit pas avoir envie d'être touchée. J'attends de voir ses réactions. Peut-être va-t-elle me panser la main Ce qui lui occupera un tant soit peu l'esprit l'espace de cinq minutes. Mais je ne la brusquerais pas. Ne lui parlerais pas plus que nécessaire. Ne l'obligerais en rien à faire quoique ce soit. Simplement attendre. Ne pas craquer. Désolé ... Encore et toujours ... Désolé ...
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Charlie Bushbury
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MessageSujet: Re: Who Knows Where The Time Goes   Mar 19 Juil 2016 - 19:13

Josh me laisse tranquillement nettoyer sa plaie. Sa main est dans un état affreux. Puis, il me tend des « outils » qui permettront de désinfecter beaucoup mieux sa blessure. Une bouteille de désinfectant. Des aiguilles et du fil pour recoudre sa peau. Tout le nécessaire pour le soigner. J’aurais bien aimé qu’il ait pris des médicaments pour la douleur. Sa blessure faisait peur à voir. Le regarder dans cet état me permettait d’oublier un peu le mien. De toute façon, j’étais pathétique.

- Oh Josh… soupirais-je en prenant la bouteille.

Ma voix était rauque et faible, je me sentais tellement nulle. Les larmes recommencèrent à tomber, mais je les ignorais pour pouvoir nettoyer sa blessure. Tandis que l’eau couler sur mes joues, je nettoyais la blessure comme je pouvais. Puis, le plus adroitement possible, comme si je faisais cela tous les jours, je recousais sa peau avec un très léger frémissement. Il m’était arrivée de recoudre mes vêtements, ce n’était en rien comparable à recoudre une plaie. D’autant plus que cela devait être extrêmement douloureux pour lui.

- Je suis… désolée, dis-je, les larmes continuant à couler.

Je n’étais qu’un bébé, incapable de cacher ma tristesse, ma colère, mon empathie, tout au fond de moi. Pleurer ne faisait qu’aggraver la situation et ne résoudrait en rien mon problème. L’homme était mort, il avait payé pour ce qu’il avait fait. Je devais essayer de penser à autre chose. J’étais là, comme une fille stupide, en train de pleurer alors que Josh était dans un état physique pire que le mien. Après un court silence et après m’être calmée, j’osais demander, tout en évitant son regard (il devait me trouver tellement bête, devait regretter d’être venu avec moi, d’avoir croisé mon chemin) :

- Il faut faire un bandage ?

Je n’étais pas médecin et je ne savais pas si le mieux était de laisser la blessure « respirer » ou s’il fallait l’enrouler pour limiter la douleur. Je ne savais pas du tout quelle était la meilleure alternative.
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Josh Harper
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MessageSujet: Re: Who Knows Where The Time Goes   Mer 20 Juil 2016 - 18:33

Elle a fini par briser son silence. En énonçant mon nom. Je suis surpris. Je pensais qu'elle continuerait à se taire. Du moins pour encore un petit bout de temps. Je pensais que si elle se mettait à parler, ce serait pour me dire de quitter la pièce. La laisser seule. Mais non. Les mots n'ont été que soupirés. Avant qu'elle ne craque à nouveau. Je lève la tête. Ferme les yeux. Ne pas craquer. Je me concentre sur la douleur que me procure ma blessure. Pour m'aider à chasser d'éventuelles larmes. Je serre les dents. Je suis ridicule. Elle est là devant moi. A m'aider. Elle est en larme. Elle a besoin de soutien, d'être rassurée et je fais mon possible pour rester impassible. Je ne devrais pas me retenir, me laisser être comme je suis. Je devrais lui dire d'arrêter deux minutes. De la prendre dans mes bras Poser ma main droite dans son dos. M'excuser mille fois. Mais non. Je fais comme s'il n'y avait rien. Comme si ... tout était normal. Et puis elle me parle à nouveau. Cette fois-ci les mots sont bien trop dur à entendre. Je ne peux pas me contenir plus longtemps. Les larmes envahissent mes yeux. Ma voix tremblote. Tu ne peux pas être désolée. Tu ne peux pas dire ça. Tu ne peux pas.

« Non ... non ... C'est moi qui suis désolé. J'aurais du le voir. L'entendre. J'aurais du me retourner plus vite. J'aurais du le démolir avant qu'il ne te prenne en otage. J'aurais du le briser à la moindre occasion. Tout est de ma faute. Tu peux pas ... Non ... Dis pas ça ... Jamais ... C'est moi qui suis désolé ... Je suis tellement désolé. Je suis qu'un lâche ... A cause de moi tu ... A partir d'aujourd'hui je ferai tout pour te protéger. Il est trop tard. Et j'ai pas le droit de dire ça. Mais ... Je suis désolé ... Charlie ... Je te demande pardon ... Pardon ... »

Un mot en entraînant un autre. Une larme en entraînant une autre. Je lui ai dit tout ce que j'avais à lui dire. Ou presque. Je n'ai pas le droit de lui demander son pardon. Mais je me suis laissé emporter. Je ne veux pas de son pardon. Il ne faut pas qu'elle me pardonne. Je ne suis qu'un enfant. Des excuses accompagnées de sanglots, de reniflements. Un gamin qui vient demander pardon parce qu'il a fait une bêtise. Sauf que ma bêtise n'en est pas une. C'est bien plus que ça. Une erreur inqualifiable. Impardonnable. Sa vie avait basculé. Devenant un enfer. Elle ne sera plus jamais comme avant. Et moi je lui demande pardon ... Pardon de t'avoir misérablement abandonner. De t'avoir dit que tout se passerait bien. Je me sens terriblement idiot. Mais je me sens déjà mieux. Je ne pouvais pas me retenir éternellement en sa présence. Le fait est que tôt ou tard j'aurais fini par craquer devant elle. Ce « Je suis désolée » aura été le déclencheur. Je n'ai pas osé la prendre dans mes bras. Déjà parce que j'aurais eu le sentiment que c'est elle qui m'aurait réconforté et pas l'inverse. Et puis parce que ... je ne sais pas si elle désire être touchée pour le moment.

Quelques secondes plus tard je cesse ces enfantillages. Je sèche mes larmes. Cela m'a fait du bien. Je crois que j'en avais vraiment besoin. Lui dire au moins une fois. Je n'ai pas osé la regarder depuis. Parce que j'ai peur de croiser son regard. D'être couvert de honte. D'y lire du mépris, de la colère. Je ne sais pas. Alors je lui tends la main. Pour qu'elle termine ce qu'elle a commencé. Je ne réponds à sa question que par un léger Oui. Bander la plaie et vérifier par la suite qu'il n'y ait pas d'infection. Il me reste un autre rouleau. Il faudra aller en chercher d'autres. Je ne tiens pas à remettre un bandage sale. Lorsque ma main est soignée je respire profondément. Merci ... Rien de plus. Pour l'instant. Et à partir de maintenant je vais m'obliger à ne plus m'infliger de douleur sur cette main. Pour penser à autre chose. Ne pas gâcher la bonté, la gentillesse dont elle a fait preuve. Ne pas abîmer le beau travail qu'elle a fait. Oui, je crois qu'un simple merci suffit. Tu n'étais pas obligé .... Oui j'hésite à lui dire. Repose-toi. En fait non. Je ne veux pas lui dire quoi faire. Je ne sais pas ce qui est bien pour elle. Peut-être parler ? Pas de ce qu'il s'est passé mais de sa vie d'avant ? Non. J'ai l'impression que quoi que je dis-je, quoi que je fasse, lui rappellera son humiliation. Alors je ne lui donne pas d'ordres, ou de conseils. Avant de finalement lui proposer quelque chose.

« Est-ce que tu veux manger quelque chose ? Boire un peu ? Je ... je n'ai pas eu le temps de vraiment fouiller l'étage mais il nous reste des provisions dans mon sac. On peut ... je peux préparer quelque chose ou ... on peut partir fouiller à la recherche d'un garde manger ? »

Si les trois individus traînaient dans le coin, on risque bien de tomber sur leurs réserves. Nous ne tomberons pas sur la caverne d'Ali Baba mais si nous pouvons avoir un peu de stock. Ou de meilleures denrées. Je l'ai invitée à venir avec moi sans vraiment le faire. J'ai eu le courage de la regarder en m’adressant à elle. Tu parles d'un courage. J'ose espérer qu'elle se joigne à moi. L'ambiance sera certainement tendue. Les silences pesants. Mais je préfère la voir sur ses jambes, en train de marcher, fouiller. Qui sait ? Etre contente d'avoir trouver un aliment qu'elle aime. Tout sauf la savoir recroquevillée dans son lit. A pleurer. Encore. Evidemment que c'est égoïste. Et je ne sais pas ce par quoi elle traverse. C'est juste qu'il faut qu'elle s'occupe. Elle n'arrêtera pas d'y penser. Elle va y penser toute sa vie. Mais il y aura sans doute des périodes où elle oubliera presque ce qu'il s'est passé. J'attends sa réaction. Je n'ai pas besoin d'un long discours. Un simple 'oui' me suffit. Ou un simple hochement de tête. Je ne sais pas ce qu'elle en pense. Je ne lui demanderais pas son avis. Pas tout de suite. Mais je n'ai pas envie de trop m'éterniser ici. Mais si Charlie le souhaite, alors on restera le temps qu'il faudra. Je veux simplement qu'elle aille bien. Je veux simplement qu'elle aille mieux.
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Charlie Bushbury
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MessageSujet: Re: Who Knows Where The Time Goes   Jeu 21 Juil 2016 - 22:47

La réaction de mon nouvel ami me surprend beaucoup. Ses paroles également me surprennent. A croire qu’il a l’impression qu’il est responsable de moi et ses paroles me font encore plus sentir nulles. Je n’ai pas envie de recevoir ses excuses, car elles me sont insupportables. Il n’est responsable en rien de ma faiblesse ou de ce qui a pu arriver, en rien du tout. Il a essayé de m’aider. S’il avait pu arriver avant, il l’aurait fait. Il ne doit rien se reprocher, c’est mal. Il va se ruiner la santé mentale pour moi, je ne le mérite guère.

- Tu n’as pas à t’excuser parce que je suis faible, Josh, indiquais-je, touchée au plus profond de mon âme qu’il pleure pour cela.

Je ne savais que faire de mes mains. L’homme, dont je tenais la main pour la soigner, était en train de pleurer. La scène était aussi touchante que triste, surtout quand on connaissait les raisons de ses larmes. Je n’arrive pas à savoir ce que je dois faire. J’ai envie de le réconforter de son état, me faisant presque oublier le mien. Je ne voulais pas qu’il souffre. Je souffrais suffisamment pour deux personnes. Je voulais lui dispenser un peu de ma chaleur, en serrant sa main par exemple, mais je ne le fis pas en sachant qu’il devait souffrir le martyr déjà. Retournant quelques instants dans la salle de bain, je pris une serviette sèche et revins dans la salle. là, j’essuyais les larmes de Josh, jusqu’à ce qu’il n’en reste plus de traces. Une fois cela fait, je pose ma main délicatement sur sa joue et me décide à le regarder dans les yeux. Je sais qu’il ne me jugera pas.

- Ne te mets pas dans cet état, je suis seule responsable de ce qu’il m’arrive.

J’aimerais l’accuser, ce serait tellement plus simple, tellement plus libérateur de pouvoir le porter en coupable, pouvoir me défouler sur quelqu’un. Oui, cela aurait été tellement plus simple de pouvoir lui faire porter le chapeau, qui était un peu trop large pour ma tête. Le moment est interrompu lorsque nous revenons à la triste réalité de nos existences. Sa main blessée mérite un bandage, comme il me le confirme. Je m’applique à enrouler le bandage autour des blessures, pour éviter les frottements. Une fois cela fait, il me remercie et j’hausse les épaules. C’est beaucoup moins que ce que je pouvais faire. La seule chose dont j’ai envie maintenant, c’est de continuer à me rouler en boule dans mon lit. Les larmes ne semblent plus vouloir couler à présent, mais le sourire m’a déserté. Je me sens lasse et triste et molle. J’ai envie de me rouler en boule, mais je n’ai pas le droit – ni même la possibilité – de me laisser aller ainsi en laissant à Josh tout le sale boulot. Je ne pouvais pas m’appuyer sur lui continuellement.

Alors que je suis en train de me questionner sur ce qui est le mieux pour moi maintenant, Josh me propose de manger ou de boire quelque chose. Il me propose également de partir à la recherche de ressources. Soudain, j’ai envie de me mettre en action, pour oublier un peu tout ce que nous venons de vivre, oublier cette heure d’horreur qui remonte maintenant à plusieurs heures. Josh a besoin de manger, nous avons le ventre vide puis trop longtemps. Je sens que j’ai faim, mais l’idée de manger me rebute légèrement. Comme si je pouvais survivre à cela. C’est bien ce que je compte faire toutefois.

- Nous avons besoin de nous refaire un stock, allons fouiller les pièces, proposais-je.

J’espérais toutefois que nous éviterions toutes les pièces où avaient eu lieu les « crimes ». Je ne voulais pas y repasser pour ne pas revivre les évènements difficiles.
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Josh Harper
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MessageSujet: Re: Who Knows Where The Time Goes   Ven 22 Juil 2016 - 18:33

Je ne m'étais pas attendue à pareille réaction de sa part. Me dire qu'elle est faible. Que je ne dois pas m'excuser. De tous les scénarios que j'avais imaginé, celui là n'en faisait pas partie. Qu'aurait-elle pu faire d'autre ? Non, elle n'est pas faible. Elle est loin de l'être. Le fait qu'elle soit en train de panser mes plaies le prouve. Une personne faible ne serait pas capable de bouger, de parler. Une personne faible ne se soucierait pas de mon état. C'est dur de l'entendre dire cela. Extrêmement dur. Plus dur même que si elle m'avait giflé. C'était pour ça que j'étais grand, bien bâti. Pour protéger les soi-disant faibles. Sauf qu'on était plus dans la cour de récré. Les enfoirés que l'on a croisé aujourd'hui ne sont pas du même calibre que les petites brutes de l'école primaire. Toute gentille et délicate qu'elle est, elle aide à me calmer. Je la regarde un bref instant. Sa main sur ma joue. Ses mots. Toujours les mêmes. Ou presque. Son regard plongé dans le mien. Juste un bref instant. Avant que je ne baisse la tête. Avant qu'elle n'en termine avec les soins. De toutes les personnes que j'ai croisé au cours de cette dernière année, elle est celle qui mérite le moins ce qui lui arrive actuellement. Et quoiqu'elle en dise, quoiqu'elle en pense, je suis le responsable. JE suis le seul fautif.

Elle répond à ma demande. Nous irons donc fouiller un peu l'étage. Très bien. Je prend ma hache. Ainsi que le sac de voyage que j'ai trouvé quelques minutes plus tôt. Sac dont j'ai vidé le contenu. Déposé le reste des vêtements sur un petit meuble dans la pièce. Quand nous sommes tous les deux prêts, je sors de la chambre et l'attends dans le couloir.

« J'ai déjà regardé dans les quelques chambres autour. On peut aller jusqu'au bout du couloir et fouiller à partir de là. »

Je me contente de cela. Il y a des tonnes de choses que je pourrais ajouter. Reste près de moi. Surtout ne t'éloigne pas. Fait attention. Ouvre les yeux, les oreilles. Au moindre truc, tu cries, tu t'abaisses et je me retourne en swingant de ma hache. Tout un tas de conseils qu'il ferait bien que je commence par appliquer à moi-même. Je n'ai clairement pas de leçons à donner. Des tonnes de choses et bien plus encore. Je te protégerais. Des promesses en l'air. Des promesses déjà faites et que je n'ai pas su tenir. Alors je reste proche d'elle. Ayant toujours un œil derrière moi pour vérifier qu'elle est là. Que personne ne va surgir d'un recoin. Nous avançons. Pas forcément très discrètement mais je ne pense pas qu'il y ait âme qui vive à cet étage.

« J'ai fouillé jusqu'ici. On peut regarder dans les chambres à partir de maintenant. »

Je ne suis pas très bavard. Parce que c'est dans ma nature et parce que je suis toujours embarrassé. Mais je lui parle quand même. Le strict nécessaire. C'est la moindre des politesses. Nous entrons dans la chambre. Il ne nous faut pas longtemps avant de constater que l'on y trouvera rien. Armoire presque vidée. Pas de cadavre. Pas de paquet de biscuits qui traînent. Alors nous ne nous éternisons pas. Et nous passons à la chambre suivante. Même constat. A croire que toutes les chambres ont déjà été fouillées une par une. A croire que le sac de voyage que j'ai trouvé fait figure d'exception. Un peu comme si il avait été déposé là par magie. Pareil pour la troisième chambre. Idem pour la quatrième. Une pièce vide, hormis les fournitures. En même temps, nous ne devons pas être les premiers à avoir l'idée de venir fouiller l'hôpital. Nous ne devons même pas être dans les vingts premiers en fait. Cela fait longtemps que tout a commencé. Ou peut-être que les trois scélérats en sont à l'origine. Les chambres dans lesquels ils nous ont entrainés ne semblaient contenir aucune de leurs affaires personnelles. Alors peut-être qu'ils ont tous rassemblé dans une seule et même pièce. Ou peut-être qu'ils n'étaient ici que depuis quelques heures. Je n'en ai pas la moindre idée.

« J'ai l'impression que l'on ne trouvera rien dans les chambres ... »

Une pensée à voix haute. Une simple parole. Pas pour engager une conversation. Ou peut-être. Peut-être que j'ai envie de l'entendre. Sans pour autant la forcer à dire quoique ce soit. J'ai porté mon regard vers le sien un bref instant. Pour essayer de voir sa réaction. Si mes dires l'ennuie, la réjouis ou ne lui fait rien du tout. Si je veux continuer à rester à ses cotés, il va de toute façon falloir lui parler. Des conversations banales comme on a pu en avoir. Ce ne sera plus avant, je le sais bien. Il est sûrement trop tôt. Mais elle ne semblait pas rechignée à un soupçon de bavardage toute à l'heure. Le problème est que je ne sais pas si je l'ennuie. Et comme j'ai le sentiment qu'elle ne me le dira pas. Alors j'attends quelques secondes. Avant de reprendre nos recherches. Deux nouvelles chambres. Deux nouveaux échecs. Pas une surprise. Nous tombons finalement devant une porte fermée. A clé. Je fais signe à Charlie de reculer un peu. Je frappe alors au niveau de la serrure avec ma hache. Une deuxième fois pour la démolir complètement. Je l'ouvre complètement pour observer l'intérieur. Fait deux pas pour y entrer. Vigilant. Tournant la tête vers mon amie pour vérifier qu'il ne lui est rien arrivé.

Après quelques secondes d'observation, un sourire doit légèrement se dessiner sur mon visage. C'est une pièce assez grande. Deux canapés avec des couvertures. Un lit de fortune sur le sol. Une table où sont posés des bouteilles, paquet de cigarettes, de cacahuètes, un jeu de cartes. Il semblerait que nous ayons enfin trouvé notre objectif. L'endroit où ils s'étaient posés. Repensant à eux. A lui. Un frisson me parcourt. Je tourne la tête vers Charlie. Un regard pour lui signifier que nous venons de tomber sur une belle pioche. Prenons ce que nous pouvons et repartons dans la chambre dans laquelle nous nous sommes établis. Elle n'a peut-être pas envie de voir ses fringues. De sentir son odeur à nouveau. Je me fais peut-être des idées. Comme d'habitude je me pose des tas de questions. Laissons faire les choses. Fouillons l'endroit. Il doit bien y avoir de quoi se substanter dans les différents armoires. Après tout c'est ce pourquoi nous sommes là. Chercher des provisions. Je dépose alors le sac sur une chaise. Ainsi que la hache à ses pieds. Il est toujours plus pratique d'avoir les deux mains libres pour examiner. Qui sait ce que l'on va trouver ? Un stock de ravioli en conserve ? Un sac de cinq kilo de riz ? Ou alors un amas de nourriture périmée ? Il n'y a qu'un seul moyen de le savoir ...
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Charlie Bushbury
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MessageSujet: Re: Who Knows Where The Time Goes   Jeu 28 Juil 2016 - 12:37

Suite à mon acquiescement, Josh prend sa hache et paré, nous partons à la recherche de ressources. Je ne cherche rien de spécial : nourriture, vêtement, tout est bon à prendre. Je retrouve mon couteau non loin de mon lit, je le prends. Je le regarde un instant… Même avec cet outil, je n’ai pas été capable de me protéger comme il faut. Josh m’explique qu’il a déjà fouillé les chambres alentours. Je l’en remercie avec un regard. Je ne risque pas de tomber sur mon agresseur, ni sur les deux autres qui ont voulu faire joujou avec Josh et qui l’ont payé au prix fort : leurs vies. De toute façon, ils ne méritaient que cela. Après cette pensée, je n’en reviens pas de penser de cette façon. Jamais avant je n’avais éprouvé le désir de voir quelqu’un mourir. Pour moi, la vie humaine était un cadeau et on ne pouvait pas tuer. Pourtant, au vu de ce qu’ils nous avaient fait, la vengeance à laquelle j’aspirais me disait seulement qu’ils méritaient leurs morts.

J’ai envie de parler, mais dès que j’ouvre la bouche pour dire quelque chose, rien de spécial en plus, je revois en pensée mon châtiment avec l’homme sur moi. Il faut que je cesse de penser à cela. Je vais m’en rendre malade, si ce n’est pas déjà le cas. Pour la peine, je regarde Josh. Je regarde sa démarche et imite la sienne, avance dans ses pas pour ne penser à rien d’autres. Il marche peu « vite » pour lui, mais cela me permet de ne penser qu’à la marche. J’aurais voulu courir pour libérer toute ma haine dans l’effort, mais je ne peux que me contenter de cette marche dans les couloirs de l’hôpital. A partir d’une chambre, Josh m’indique qu’il a fouillé jusqu’ici. Il s’est occupé de beaucoup de chambre, j’ai dû rester cloitrer dans ma haine, ma colère, ma tristesse beaucoup plus longtemps que je ne l’avais pensé.

- Tu n’as pas dormi depuis combien de temps ? Lui demandais-je en pensant qu’il était resté à mes côtés pendant que je dormais et me plongeais dans ma douleur.

Il était sans doute très fatigué, mais il ne s’était pas encore plaint. J’avais accepté de fouiller, mais Josh avait probablement besoin de dormir. Toutefois, alors que nous entrons dans les premières chambres, nous ne trouvons rien et Josh approuve ma pensée en disant qu’il a l’impression que l’on ne trouvera rien dans les chambres. C’est sans doute le cas. Nous continuons chambre par chambre, sans jamais rien trouver. Toutefois, bientôt nous tombons sur une pièce fermée à clé. Peut-être une salle de soins ? Je me fais mes propres hypothèses pendant que Josh défonce la porte à coup de hache. La porte retombe et nous pouvons pénétrer à l’intérieur. Je suis alors sous le choc : le repère des monstres.

Je reste pétrifier devant la porte, sans pouvoir entrer. Mes yeux sont écarquillés. Je sais que je devrais être plus forte, mais je me sens paralysée à l’entrée de cette salle où se sont trouvés précédemment les monstres. Le couteau me glisse des mains et retombe avec un bruit strident sur le sol. Mon corps entier frisonne.

Je prends alors une grande respiration, me calquant sur celle de Josh, encore une fois. Je reprends mon couteau et entre dans la pièce. Nous devons vider cette pièce, nous devons dépouiller ces monstres et partir au plus vite. Je ne tiens pas à rester dans cette chambre plus de cinq minutes. Je commence alors à fouiller les placards, ne regardant même pas ce que je prends, des boites de conserve, des paquets de barres de céréales, et des bouteilles. Je remplis le sac à dos.

- Il n’y a plus rien à prendre, on peut partir ? Demandais-je à Josh en jetant un œil sur la salle, légèrement apeurée. Comme si j’avais peur que les monstres reviennent…

Je suis tellement faible. Je ne pourrais pas ne pas avoir peur ? Ne plus être en colère pour ce qu’il m’est arrivé ? J’ai juste envie de repartir pour ne plus avoir cette vision.
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Josh Harper
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MessageSujet: Re: Who Knows Where The Time Goes   Jeu 28 Juil 2016 - 21:46

Sa question est venu tout naturellement. Charlie s'inquiète pour moi. Encore. Ce qui m'a paru bizarre sur le coup. Je n'ai pas fermé l’œil depuis un bon moment c'est vrai. Les événements ont été très éreintants pourtant. Et à bien y penser je ne crois pas être en mesure de dormir convenablement pour les quelques jours à venir. Peut-être qu'il y a d'autres individus dans l'hôpital. Impensable de me reposer donc. Je dois veiller. Pour ne pas qu'une telle horreur se reproduise. La question me surprend donc. Et pourtant. A bien y réfléchir, c'est tout Charlie. Elle s'inquiète tout comme elle s'était inquiétée de ma blessure quelques minutes plus tôt. Son inquiétude, sa gentillesse, ne fait qu'augmenter ma culpabilité. Culpabilité qui jamais ne s'estompera. Je le sais à présent. Je vais simplement devoir vivre avec. Une brindille en comparaison avec ce qu'elle va devoir vivre elle. Elle qui se fait du soucis pour moi alors qu'elle ne devrait penser qu'à elle. Ne me pose pas cette question. Mon pseudo bien-être n'a plus d'importance. Pas pour les premiers jours à venir. Je lui réponds gentiment.

« Ne t'inquiète pas pour moi. »

Lui souriant timidement. Ca va. Je vais bien. Chaque phrase à laquelle je pense sonne comme un rappel de ce qu'il s'est passé. MOI ça va. MOI je vais bien. Je ne sais plus. Vingt heures ? Mais ce n'est pas important. A quoi bon. Je ne suis pas fatigué ça ira. Car je n'ai pas subi pareille torture. MOI. Hormis le peu de mal que je me suis infligé moi-même. Alors je me tais. Ces seuls mots se suffisants à eux-mêmes. Ces mots qui ne veulent rien dire. Car elle continuera à se faire un peu de soucis pour moi. Alors que je ne mérite pas une once d'attention de sa part. Est-ce que j'ai autant l'air fatigué ? Je ne sais pas. Je ne me suis pas regardé dans une glace depuis un bon moment. Je ne me sens pas au bout de mes forces. Je suis capable de marcher, fouiller. Je pense pouvoir tenir debout pendant des heures encore. Tant que je suis actif, je suis certain de ne pas m'endormir. Me rasseoir à trois mètres du lit en veillant sur elle serait une autre paire de manches. Lutter contre la fatigue, ne pas fermer les paupières sera dur. Mais je dois y arriver. Et si l'envie de prendre ne serait-ce que dix minutes de repos me prend, je sais quoi faire. Appuyer sur ma main pour raviver ma douleur. Sans pour autant rouvrir la plaie ou abîmer les points qu'elle m'a fait. Mes yeux sont peut-être rouges. Mélange de fatigue mais surtout de traces de récentes larmes. J'essaye tout de même de faire bonne mine. Ne souriant pas vraiment, car il n'y a pas de quoi être heureux. Mais ne tirant pas la tronche pour autant.

Et nous arrivons donc dans cette fameuse pièce. Charlie a hésité. Mais elle a finalement pris son courage à deux mains et elle s'est mise à fouiller. L'instinct de survie sans doute. Nos agresseurs s'étaient constitués somme toute une belle petite réserve. Je ne sais pas si nous arriverons à tout prendre. Mais au moins je sais que nous pourrons revenir pour vider complètement l'endroit plus tard. Je viendrais seul si Charlie ne se sent pas de remettre les pieds ici. Certaines choses que nous trouvons m'épatent. Me réjouiraient presque. Des céréales au chocolat, des biscuits salés, des paquets de gaufrettes ou de bonbons. Tous fermés, bien conservés. Ce n'est pas ce qu'il y a de plus nourrissant mais cela apporte un minimum d'énergie et idéal pour des petites pauses de dix heures ou au goûter. Comme lorsque nous étions marmots. Certainement plus nutritif pour la tête que le corps. Varier les goûts. Et ce n'est pas tout. A cela s'ajoute des boites de conserve. Tout et n'importe quoi. Du bon et du moins bon. Mais également des boissons. Alcool, sirop de menthe ou grenadine. Ainsi que des grosses bonbonnes à eau dans un recoin de la pièce. Quatre. Comme celle que l'on met dans les fontaines à eau. Un stock comme je n'en ai jamais vu. Ou presque. Nous prenons tout ce que nous pouvons. Le sac de voyage est plein à craquer. Un autre sac, appartenant à l'un des trois misérables, se retrouve lui aussi rempli.

Alors que je me dirige vers une autre table de chevet, Charlie m'interrompt. Il n'y a effectivement plus grand chose. A part les bidons d'eau mais j'en prendrais un partant. Laissant les trois autres ici que je rapatrierai plus tard. Faute de bras pour porter. Juste avant de lui répondre j'ouvre le tiroir du meuble. J'écarquille les yeux. Un pistolet. Une arme tout ce qu'il y a de plus classique. Assez léger. Un engin qu'on peut trouver n'importe où. Avec deux autres chargeurs. Je tourne la tête vers Charlie pour constater qu'elle n'est pas très à l'aise. Je ne perds donc pas de temps. Je fourre les chargeurs dans ma poche. Vérifie que la sécurité de l'arme est enclenchée. Je la montre à mon amie. Sans lui pointer le canon dessus.

« J'ai trouvé ça. Avec deux autres chargeurs. Est-ce que … tu veux le prendre ? Et oui allons-y. Inutile de s'éterniser. »

J'ai déjà ma Winchester. Que je n'utilise qu'une fois toutes les trois semaines … Il ne me reste presque plus de cartouches. Six dans le magasin plus deux autres. Alors je les économise. Et puis je suis aussi efficace avec la hache. Peut-être même plus. Je n'ai besoin d'un coup. Alors que viser avec la Winchester peut s'avérer délicat. Et je suis silencieux. Alors qu'un coup de feu crée un sacré boucan. C'est donc naturellement que je lui propose de la prendre. Mais si elle n'en veut pas je la garderai pour moi. J'ai bien compris qu'un pistolet aurait été bien plus utile qu'une hache ou qu'une Winchester lorsque cet enfoiré s'est emparé de Charlie. Même si je ne suis pas certain d'avoir le courage de lever l'arme et tirer alors que ma cible se trouve à cinq centimètres de l'amie que je souhaite protéger. Sait-on jamais. Je pars ensuite prendre un bidon d'eau. Passe le sac sur mon épaule. Reprend ma hache. Et nous voilà reparti. Nous avons fouillé combien de temps ? Quatre minutes ? Quatre minutes pendant lesquelles je n'ai pensé à rien d'autre que « prendre et déposer ». Avant que le flot de pensées ne reprenne son cour normal. Nous nous redirigeons vers la chambre. Nous mangerons certainement un petit bout. Nous pourrons même faire cuire l'une des conserves et grignoter en attendant que cela chauffe. Une sorte de petit festin. Avant qu'elle ne prenne un peu de repos. Ou qu'elle n'aille se débarbouiller. Je pourrai lui proposer de faire bouillir un peu d'eau que je déverserai dans l'évier. On verra bien.

Nous marchons. Alors on se prépare quoi à manger ? Mais je ne dis rien. J'aimerais essayer de faire comme s'il ne s'était presque rien passer. Mais impossible. Ce serait bien trop déplacé. Je ne sais pas si les prochaines heures seront silencieuses ou parsemées de quelques phrases. Peut être que … peut être videra-t-elle son sac. Peut être pas. Je ne la brusquerai pas. Je lui demanderai rien d'extraordinaire. Je me contenterai du silence. D'une phrase ou deux. Et si elle souhaite discuter je me montrerai plus bavard que d'ordinaire. Une fois encore je me laisse porter. Alors que je devrais certainement faire quelque chose. Quoi ? Je ne sais pas. Mais autre chose que de nier l'évidence …
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