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 Who Knows Where The Time Goes

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Josh Harper
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MessageSujet: Who Knows Where The Time Goes   Mar 28 Juin 2016 - 19:08

Deux jours qu'on voyage ensemble Charlie et moi. Deux jours pendant lesquelles elle m'a raconté toute sa vie. Enfin j'exagère. Elle est très bavarde. Pas comme moi. Forcément les premières heures je ne lui ai pas beaucoup parlé de ma vie, de mon histoire. Comme d'habitude quand je rencontre quelqu'un. Après la question rituelle « Avez-vous vu ma famille ? Tenez j'ai une photo ... » et une habituelle réponse négative, nous avons marché un petit bout de temps ensemble avant de se poser quelques minutes dans une maison au calme. Elle recherche ses proches elle aussi. Marc tout particulièrement. L'homme de sa vie.  Il doit lui manquer terriblement. Combien de temps à présent qu'ils ne se sont pas revus ? Neuf, dix mois ?. Je peux presque dire que je la comprends parfaitement. Je n'ai pas de petite amie disparue mais ma famille ça compte plus que tout pour moi. J'ai tout autant envie de les retrouver que Charlie son homme. Je lui ai dit que si elle continuait à chercher, elle finira par le croiser. Ce qui constituera probablement le plus beau jour de sa vie. D'un accord commun nous avons décidé de rester un peu ensemble pour nous entraider dans nos recherches. Forcément je me suis un peu ouvert à elle. Je n'allais pas resté muet. Et puis sa loquacité, sa parlotte est un peu communicatif je dois bien l'avouer. Je ne suis pas bavard mais écouter les gens parler de me dérange pas. Et puis Charlie n'est pas une femme exécrable ou se plaignant sans arrêt. Par conséquent les conversations, parfois à sens unique, ne sont pas désagréables. Ce n'est pas la première fois que je voyage accompagné. L'une des dernières rencontres, qui est la plus belle à ce jour, la petite Malou, restera un souvenir impérissable dans ma mémoire.

Il fait plutôt bon en ce milieu de matinée. J'ai décidé de monter la garde cette nuit parce que je n'avais pas confiance en l'endroit. Il y a pas mal de monstres dans le coin. Et donc j'accuse un peu le coup. Mais ce n'est pas comme si je n'avais pas l'habitude. Et comme j'avais prêté mon sac de couchage à Charlie, je n'avais pas envie de m'allonger à même le sol de toute façon. Sweat au ton grisâtre sur le dos, que j'ai récupéré il y a quatre jours, l'ancien commençait vraiment à être trop usé, nous nous dirigeons vers l’hôpital. L'hôpital de l'ouest de Seattle. Charlie s'est dit qu'il ne serait pas de trop de posséder un peu d'équipement médical. Ca ne vaut pas le Seattle Children's Hospital ou le Swedish Medical Center mais faute de mieux. Nous pourrions y trouver de quoi se nourrir également. Je me suis plus ou moins ravitailler la veille de notre rencontre donc question nourriture nous pouvons encore tenir une moitié de semaine. Pour la boisson par contre il ne faudra pas trop traîner. Et puis l'hôpital est peut-être un lieu où se sont rassemblés plusieurs survivants comme nous. Bien qu'il y en ait, je ne sais pas ... des dizaines dans Seattle ? Equipés de notre carte nous nous sommes définis un itinéraire. Charlie a pensé qu'il serait plus prudent de ne pas accéder aux bâtiments pas les entrées principales. J'ai acquiescé. On risquerait d'y croiser de nombreux monstres. Nous nous trouvons donc le long de la 42nd Avenue SW. Dans quelques mètres nous arriverons au croisement avec la SW Edmunds Street. On tournera à droite et tout de suite à gauche. Une rue en parallèle de la 41st et 42nd. Pas de numéro. Nous ne serons plus qu'à une paire de centaines mètres de notre objectif de la journée. Nous papotons juste ce qu'il faut afin de ne pas trouver le temps long et je me surprends à vouloir animer la conversation.

 « Et t'as déjà du aller à l'hôpital ? Pour une opération je veux dire ? Un bras cassé ou autre ? »

La question m'est venue comme ça et à dire vrai je ne suis pas forcément curieux ou impatient d'avoir la réponse. C'est juste une question sans grande importance. Le genre qu'on pose quand on discute avec les gens. J'espère qu'elle n'est pas déplacée ou qu'elle n'occasionnera pas une gêne mais si c'est le cas, Charlie ne le prendra pas mal je pense. Les rues sont assez désertes et le silence peut parfois être pesant. Oui oui, moi qui suis calme, posé, je pense bien cela. Je me suis habitué ces dernières quarante-huit heures au papotage. Enfin, je me suis habitué à entendre sa voix plus que la mienne. Nous n'avons pas croisé beaucoup de monstres pour l'instant alors inutile d'être tendu. Un petit groupe de cinq dont nous nous sommes facilement débarrassés plus l'un ou l'autre solitaire qui ne fait clairement pas le poids contre ma hache. Pour l'instant je dis bien car plus nous nous approchons, plus le risque de tomber sur des mangeurs d'hommes s'agrandit. Et nous continuons notre brin de conversation.

Si nous ne trouvons personne à l'hôpital, j'envisageais de continuer notre route pour aller jusqu'au South Seattle College qui est à heure de marche d'ici environ. Probablement plus depuis que le monde s'est écroulé. Je ne sais pas si c'est une très bonne idée parce qu'il y aura sans doute un grand nombre de cadavres ambulants mais c'est un endroit où il m'est possible d'y trouver ma famille. Ma mère a étudié là-bas. C'est un terrain connu pour elle alors pourquoi ne pas s'y rendre ? Même si c'était il y a longtemps. Je n'ai pas encore soumis l'idée à Charlie car chaque chose en son temps mais elle ne s'y opposera sans doute pas. A chaque fois que je pense à un lieu où ils pourraient être je m'y rends pour le visiter. J'ai inspecté plusieurs coins sans jamais parvenir à retrouver leurs traces. C'est la même chose pour Charlie. Ils sont forcément quelque part. Seattle est une grande ville et s'ils se déplacent eux aussi, le jeu du chat et de la souris peut durer. Un jour ou l'autre, on finira bien par retrouver ceux qu'on aime. Famille ou compagnon ... Soudain j'aperçois au loin deux silhouettes situées juste à coté d'un bâtiment. Pas trop d'hésitation quant à leur nature. Je les pointe de la hache.

 « Encore deux mordeurs ... »

Je siffle plus ou moins fortement pour attirer leur attention. C'est un petit truc que je fais de temps en temps. Ca me permet de vérifier que d'autres ne se cachent pas dans le coin. Je me suis retrouvé débordé une fois sans trop faire attention. Encore heureux qu'un jeune homme est venu me donner un coup de main sinon s'en était fait de moi. Depuis je prends garde à ne plus retomber dans ce genre de situation. Les deux monstres réagissent. Leur tête se tourne vers nous et ils se mettent en marche. Alors que nous ne sommes plus qu'à une cinquantaine de mètres, j'en vois un troisième sortir par l'embrasure de la porte de la bâtisse. Suivi d'un quatrième. Un cinquième. Je m'arrête net.

 « Charlie qu'est ce que ... Qu'est-ce qu'on fait ? ... On ... On attends de voir un peu ? On les neutralise ? Ou on fait demi-tour maintenant ? »

Ils ne sont que cinq là. Six maintenant ... Mais s'ils étaient trente ? Doit-on les affronter ? Faire machine arrière et prendre la rue parallèle ? Pourquoi tenterions-nous le diable ? Mais en même temps s'ils ne sont pas plus qu'une dizaine nous nous en débarrasserons facilement. Cela nous éviterait de faire un détour même si le temps perdu ne s'élèverait qu'à une poignée de minutes. Je suis circonspect. Si ça ne tenait qu'à moi j'avancerais et fracasserais leur crâne. Même s'ils sont une quinzaine. Mais le fait est que je ne me balade plus seul. Et je préfère avoir l'avis de Charlie plutôt que de n'en faire qu'à ma tête. Main droite tenant fermement ma hache j'attends. Et s'il faut se retourner et courir tant pis. Même si je déteste courir ...
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Charlie Bushbury
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MessageSujet: Re: Who Knows Where The Time Goes   Mar 28 Juin 2016 - 20:36

Josh était une personne très intéressante et de très bonne compagnie. Jamais il ne me coupait la parole et il était une oreille attentive, pour moi qui rêvait de parler depuis des lustres. Robert m’avait laissée, ce que je pouvais comprendre, mais j’aimais la compagnie humaine, je n’aimais pas être seule. Dans ce nouveau monde dangereux, c’était peut-être un comble. Josh est un homme plein d’optimisme et même si je n’ai pas vu William depuis bientôt une année, le temps passe incroyablement vite, il me maintient que je le retrouverais un jour. Je croirais presque entendre Robert et sa gentillesse incommensurable. Heureusement, il ne semble pas lasser par mes « jérémiades » à propos de William. A croire que je ne suis pas lassée après tant de mois où son absence me pèse. Il me manque toujours autant, ainsi que ma famille. Josh me comprend, car il traverse la même « crise » que moi. Il recherche aussi sa famille. Par ailleurs, j’aurais dû prendre sa technique d’aborder les gens pour leur demander, à l’aide d’une photo, s’ils n’avaient pas vu sa famille. Sa technique, malheureusement, n’avait pas fonctionné jusque-là. Mais il fallait rester positif et un jour, oui, un jour, nous retrouverions nos proches.

En compagnie des autres personnes, je me sentais toujours un peu plus en sécurité. Ce qui était probablement une erreur, je devrais apprendre à me méfier davantage, mais ce n’était pas une chose que j’arrivais à faire. Notre plan, faute de mieux, consistait à nous rendre à l’hôpital de Seattle West. Nous trouverions peut-être des choses intéressantes, si tout n’avait pas été pillé. Josh avait été charmant et m’avait laissée, encore une fois, son sac de couchage pour la nuit. J’avais donc une bonne nuit de sommeil dernière moi. Ce n’était pas tous les jours que l’on pouvait autant dormir. Marchant, j’étais à l’affut du moindre mouvement, prête à liquider le moindre monstre, ne voulant pas risquer ma vie ainsi que de mon nouveau compagnon de route. Je souris davantage lorsque l’homme me demanda si j’avais déjà dû aller à l’hôpital, pour une opération. Ce n’était pas, bien sûr, la première fois qu’il me parlait, mais il était rare de l’entendre mener la conversation.

- Personnellement, je n’y suis jamais allée. Heureusement, j’ai eu un peu de chance dans ma vie. Enfin, je n’y suis jamais allée pour moi, j’entends. Un jour, alors que j’étais dans la cour de l’école, nous jouions avec les élèves au basket. Un enfant s’est pris la balle sur la main et malheureusement pour lui, il s’est fracturé l’auriculaire, précisais-je. Bon du coup, tu comprends, j’ai dû appeler les urgences. Ils ont amené Kevin à l’hôpital. Pendant ce temps, je gérais ma classe. Mais directement après les cours, je me suis rendue à l’hôpital pour savoir si Kevin allait bien. ses parents étaient bien arrivés après mon appel et il n’avait pas trop mal. Tout est bien qui finit… bien, soupirais-je. Enfin, j’espère que ça aura bien fini pour lui, en ce moment, annonçais-je en repensant à mon ancien élève.

C’est assez plaisant (et c’est un euphémisme) d’entretenir la discussion alors que ce monde devient un peu « fou », avec ces monstres cannibales. C’était comme si cela me permettait d’oublier un peu ma situation. Toutefois, ceux-ci ne sont jamais loin et bientôt, j’entends leurs râles gênants, accompagnée de la petite phrase de Josh, indiquant que deux mordeurs se trouvent tout près. Avec sa hache, il est très puissant, beaucoup plus que moi avec mon couteau. J’ai l’impression de profiter de sa force pour rester vivante et j’espère fortement qu’il ne pense pas la même chose que moi, je ne veux pas profiter des gens.

- Pfuit, jamais ils ne nous laisseront tranquille, grommelais-je.

Josh siffle, afin de voir si d’autres monstres ne seraient pas cachés. Heureusement pour nous, seulement deux mordeurs répondent présents. En me disant que cela va être du gâteau, je commence à voir plusieurs monstres sortant du bâtiment.

- Merde, merde, merde, marmonnais-je.

Josh me demanda ce que nous pouvions faire, mes yeux s’écarquillaient pour trouver une solution. Plusieurs s’ouvraient à nous. Mon regard passait de Josh à la horde qui s’approchait et à la horde à Josh. Que pouvions-nous faire ?

- Pour le moment, ils ne sont pas nombreux, on peut essayer de les tuer ? Si on a trop de difficulté, on court pour faire demi-tour… Proposais-je.

Je ne savais pas si c’était la bonne solution, mais nous devions agir avant de nous faire manger. Je ne voulais pas être responsable de notre duo, parce que si j’avais pris la mauvaise décision, nous le payerons cher.
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Josh Harper
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MessageSujet: Re: Who Knows Where The Time Goes   Mar 28 Juin 2016 - 22:51

Ma question n'est pas tombée dans l'oreille d'une sourde. Je suis assez étonné d'apprendre qu'elle n'ait jamais passé une nuit à l'hôpital. Mais connaissant Charlie je savais que sa réponse ne s'arrêterait pas là. Et j'ai donc le droit à l'histoire du petit Kévin. Et la gentillesse de sa maîtresse de passer le voir après sa journée et de souhaiter que tout se passe bien pour lui. Encore une fois je n'en attendais pas moins d'elle. Travailler avec des enfants, leur apprendre des choses, c'est un métier qui lui va bien. Enfin, généralement, quand une personne me dit ce qu'elle fait dans la vie, je me dis que ce métier lui va bien. C'est un peu comme les prénoms. Je trouve toujours que le prénom d'une personne lui va bien. Quelque chose de bizarre je sais. Je reviens sur mon étonnement. Tout le monde est déjà passé par la case hôpital. Entre une grosse maladie, une fracture, les accidents, … Elle en a eu de la chance effectivement. Aucun des Harper ne peut dire la même chose. Amy s'est cassée le bras, Lucy la cheville et Jenny, elle, a attrapé une grosse pneumonie. Quant à moi …

 « C'est drôle ça. Je suis allé deux fois à l’hôpital. Première fois pour l'appendicite. Et la deuxième fois parce que j'avais fait une grosse chute et je suis tombé dans les pommes. »

Je me suis surpris à enchaîner sans qu'elle me dise « et toi ? ». Phrase que j'ai souvent employé pendant la journée d'hier. Charlie qui parle, qui me pose une question, une réponse rapide de ma part qui se termine par « et toi ? ». Et Charlie qui continue à parler donc. Donc oui j'ai enchaîné sur ses mots mais, encore une fois, je suis resté assez bref, ne m'étalant pas sur les détails. Suite à quoi nous sommes tombés sur les deux monstres. Effectivement, ils ne nous laisseront pas tranquille. Jamais. Ils n'ont plus qu'une seule occupation, manger tout ce qui est vivant. Et malheureusement, ou heureusement plutôt, pour nous deux, nous sommes toujours plein de vie. Nous pourrions passer inaperçus à leurs yeux grâce à la technique employée par Malou. Je l'ai expliquée hier à Charlie. S'enduire, se badigeonner de sang, d'intestins, de chair de ces monstres. De devenir comme eux en quelque sorte. Pour l'instant nous n'avons pas trouvé utile d'employer cette méthode. Si la situation se présente et que nous sommes dans une impasse, que nous devons traverser un groupe pour pénétrer l’hôpital, je n'exclus pas l'idée. Mais la clé est de rester calme, ne pas avancer trop vite, se fondre dans la masse. J'ai pu tenter l'expérience donc je sais de quoi il est plus ou moins question mais je ne sais pas trop comment réagirait Charlie. On pense toujours à des millions de possibilités mais lorsqu'on arrive devant le fait, tout ce qu'on avait prévu tombe à l'eau et on peut carrément faire n'importe quoi.

Toujours est-il qu'après quelques légères grossièretés de ma partenaire, trois grossièretés pour être exact, comme le nombre de nouveaux monstres, elle opte pour l'option offensive. Très bien. Cela me convient parfaitement. Elle précise quand même que si leur nombre devient ingérable, nous batterons en retraite. Si ça peut la rassurer, je ne compte pas affronter une cinquantaine de ces choses. Et puis Charlie sait se battre et à priori en a envie donc ça ne posera pas problème.

 « Ok. Tu cris au moindre soucis… »

Une phrase dite avec le sourire et nous avançons d'un pas décidé à la rencontre des mangeurs d'hommes. Dans le feu de l'action, surtout s'il y a plusieurs de ces choses, je suis parfois un peu trop concentré et ne fais pas attention à ce qu'il se passe, à comment s'en sortent d'éventuels camarades. Il est parfois difficile de prendre soin de moi uniquement alors si je dois veiller à quelqu'un d'autre. Mais je ne souhaite pas non plus dire à Charlie de rester en retrait et me laisser gérer la situation seul. Je repositionne correctement mon sac pour qu'il ne me gêne pas. Je prends la hache à deux mains. Je garde un œil sur la porte d'où sortait les mordeurs. J'en compte deux de plus. Ce qui porte le total à huit. Je prends une bonne inspiration. Dommage pour eux mais je ne compte pas mourir aujourd'hui. Sans échanger un mot, sans élaborer une stratégie, nous coordonnons nos mouvements. Je me déporte un peu sur la droite pour attirer mon vis-à-vis. Diviser pour mieux régner. Et pour laisser plus d'espace au cas où je dois faire swinger mon arme. Je n'ai absolument pas envie de toucher Charlie. Cela va sans dire. Le mort-vivant se prend un coup descendant comme quand je coupais des bûches en deux. Il n'aura pas fait long feu. Un nouveau regard pour chiffrer les adversaires. Pas de nouveaux arrivants. Le groupe marche dans notre direction. Pour manger notre chair. Je parcours la distance qui nous sépare d'un pas rapide. Je siffle pour attirer leur attention. Concentrez vous sur moi et laissez Charlie en paix. Cela marche sur quatre d'entre-eux mais les deux derniers sont trop obnubilés par ma nouvelle coéquipière. Exactement ce que je voulais. Nous devrions nous en sortir.

Un coup latéral pour me débarrasser du premier. Deux autres sont cote à cote. J'envoie un bon coup de pied dans le thorax du plus petit pour le faire reculer. J'abats ma hache sur le second. Sans problème. Le troisième partage le sort de ses copains. Le quatrième également. Un coup d’œil vers la porte. Rien. Vers Charlie. Debout, ennemis à ses pieds. Aux alentours. Nous avons causé du bruit, d'autres pourraient se manifester. Peu de mouvement à priori. La situation est sous contrôle. Nous avons opté pour la bonne solution. Je me penche pour frotter la lame sur un sweat d'un monstre et m’adresse à Charlie dans le même temps.

 « Ca va ? On a bien fait de venir les affronter en tout cas. On dirait qu'il y en plus mais restons sur nos gardes quand même. »

Nous nous remettons en route et arrivons donc près du croisement d'Edmunds Street. Nous avançons prudemment, regardant à droite, à gauche, à l’affût du moindre mouvement. Un groupe d'une dizaine de rôdeurs au loin. Ils ne nous ont pas vu. Ils ne sont pas véritablement sur notre route mais nous devons faire attention à ne pas nous faire voir. Nous devons tourner à droite, faire une dizaine de mètres et prendre de suite à gauche. Les monstres eux doivent être à deux cent mètres, sur la droite. Des voitures sont abandonnés au milieu de la route, on peut s'en servir pour avancer en se cachant derrière elles. Je crois que je n'ai pas besoin de dire à Charlie comment faire. Par contre j'aimerais son avis.

 « On les attire pas hein ? On file tout droit dans la rue ? En faisant attention et en restant silencieux je crois que ça ira ... »

C'est con mais j'ai parlé un peu plus bas que d'habitude. Franchement à cette distance, peu de chance qu'ils nous entendent même si je parle normalement. Je suis déjà recourbé, essayant de me faire plus petit. A presque deux mètres et avec un gros sac à dos de randonneur on passe difficilement inaperçu. Je dois presque avoir l'air d'un imbécile et si je me voyais de l'extérieur je rigolerais sûrement. D'ici on ne voit pas très bien la rue dans laquelle nous devons nous rendre. Si elle est obstruée, vide, déserte ou s'il y a une centaine de mordeurs présents le long des trottoirs. Tout ce qu'il nous reste à faire c'est avancer masquer derrière les voitures. Garder un œil sur le groupe, sur la rue et sur nos arrières. Le danger peut venir de partout ...
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Charlie Bushbury
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MessageSujet: Re: Who Knows Where The Time Goes   Mer 29 Juin 2016 - 20:48

Josh semblait surpris que je ne sois jamais allée vraiment à l’hôpital pour moi. Puisqu’il était un ancien bucheron, il était certain qu’il avait dû se blesser plus que nécessaire. La seule fois où j’avais voulu aller à l’hôpital, c’était lorsque j’aurais été enceinte. Malheureusement – ou peut-être heureusement au vu de ma situation actuelle – William et moi-même n’avions jamais réussi à avoir un enfant. Pour tout dire, nous avions tenté seulement quelques mois avant la fin du monde. Ce n’était peut-être pas plus mal qu’un nouveau-né connaisse ce monde de barbare. Se protéger soi-même était suffisamment difficile, ajouter à cela un être vivant (en plus de Gary) devait être bien compliquée à gérer émotionnellement et physiquement. J’arrivais à peine à maintenir en vie Gary, parfois, nous nous couchions, tant lui que moi, le ventre vide. Comment aurais-je fait avec un bébé si William n’avait pas été comme il n’était pas présent aujourd’hui dans ma vie ? J’aurais peut-être eu de la chance en rencontrant des gens, comme j’en avais rencontré quand j’étais seule avec mon chien, mais avec un bébé, les gens auraient probablement fui. J’aurais compris. Une mère célibataire avec un bébé bruyant, ce n’était pas l’idéal, bien entendu, pour ne pas attirer les mordeurs. J’écoutais cependant la petite histoire de Josh avec un sourire, ignorant mes pensées concernant les bébés. Cela ne me menait strictement à rien.

- Oh, j’espère que tu ne t’étais pas fait trop mal. Je n’aime pas avoir mal, comme à peu près tout le monde dans ce monde, je pense, mais je suis une vraie chochotte en fait. La pire douleur quand même pour moi restera l’électrisation. C’est affreux. Tu sais, même le tout petit coup de jus entre deux personnes, j’en ai limite une peur panique, dis-je en riant. C’est idiot quand on pense à toute la douleur émotionnelle de ce nouveau monde, soupirais-je.

Il n’est plus l’heure des divagations, malheureusement et Josh me suit dans la bataille. Je souris toutefois lorsque l’homme me demande de crier si j’avais le moindre souci – et en ramener d’autres, songeais-je en souriant davantage. Bon toutefois, si j’étais submergée, je n’hésiterais pas à demander de l’aide à Josh, je n’étais pas non plus suicidaire, comme me l’avait reprochée Reese. Aussitôt, nous nous mettons en « chasse » et Josh s’occupe des deux-tiers des mangeurs d’hommes, ne me laissant que deux monstres, avare de ma chair. Malheureusement pour eux, pensais-je en plantant mon couteau dans le crâne de l’un, je ne voulais pas mourir de suite. L’autre toutefois se « plaqua » vers moi et avec la force de mes bras, je le maintenais à distance et titubais en arrière. J’étais un peu en difficulté, mais Josh devait déjà s’occuper des autres mordeurs, je ne pouvais pas crier pour si peu. Je le repoussais davantage, mue par la peur de mourir. Le monstre tituba en grognant et je pus alors plonger mon couteau dans son crâne, la lame pénétrant bien facilement dans l’os. Je reprends tout juste mes esprits quand je me rends compte que plus aucun mordeur n’est encore « vivant ». Josh me demande je vais et en me disant que nous avions choisi la bonne solution.

- Ça va et toi ? Nous avons eu de la chance cette fois-ci, ne tentons pas trop le diable.

Nous reprenons notre progression et Josh me demande, encore une fois, l’avis sur son plan, toujours parfait. D’un signe de tête, il me fit remarquer les voitures de la rue, qui nous permettrait de nous cacher le temps de longer la rue.

- C’est une bonne idée, chuchotais-je. En fait, il n’y a pas des sortes de passerelles entre les bâtiments comme dans les films ? Demandais-je toujours à voix basse. C’est indiqué sur le plan ?

Si cela était indiqué, nous pourrions peut-être passer par « l’intérieur », je ne sais pas si ce n’était pas plus simple.
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Josh Harper
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MessageSujet: Re: Who Knows Where The Time Goes   Mer 29 Juin 2016 - 22:44

Charlie va bien. Même s'il me semble qu'elle a eu un peu plus de mal à s'en sortir que moi. Je ne sais pas trop comment prendre sa remarque. De la chance ? Dans quel sens ? De la chance qu'ils ne soient pas plus ? De la chance car elle a eu du mal à venir à bout des deux monstres ? Je prends note de sa remarque. A l'avenir peut-être que j'essayerais de me débarrasser seul de ces choses. Enfin s'ils ne sont pas beaucoup. Je peux sans trop de difficultés me charger d'une dizaine de monstres. Si elle a encore du mal à les affronter alors je ne prendrais pas le risque qu'elle se blesse. Je n'ai pas vraiment conscience de la difficulté que cela peut être pour elle. Je suis grand. Presque quarante centimètres de plus qu'elle je dirais. Et je suis fort aussi. Alors pour moi c'est presque un jeu d'enfant de découper leur crâne. Alors qu'elle doit presque se hisser sur la pointe des pieds pour atteindre leur tête. J'exagère un peu mais les efforts qu'elle doit faire sont plus conséquents que les miens. Oui c'est vrai qu'avec le recul je n'aurais pas du la laisser se battre. En tout cas pas si cela n'est pas nécessaire. L'erreur ne se reproduira plus. Nous ne tenterons pas le diable. Je ne veux pas que quelque chose nous arrive.

Chuchotant elle répond à mes interrogations concernant la suite de notre route. Je hausse un sourcil. Sa remarque est pertinente mais peut-être pas adéquate à notre situation actuelle. Nous sommes encore assez loin de l'hôpital. Enfin tout est relatif. Je dirais deux cents mètres. Et puis je ne pense pas que les bâtiments présents le long des routes soit reliés à ceux de l'hôpital. Enfin je ne l'ai jamais vu, ni en vrai, ni en photo alors je ne puis être sûr de moi mais cela me semble assez farfelu. Pour la suite par contre, ce peut être une chose à retenir. Si l'endroit par lequel nous souhaitons passer est bloqué, par des monstres ou par autre chose, il nous suffira de nous rendre dans le bâtiment voisin. Quant au plan, c'est un plan classique de la ville. Avec les routes et quelques localisation intéressantes. Encore une fois je ne peux pas certifier avec exactitude mais les bâtiments ne sont pas dessinés. Impossible de savoir donc si ces passerelles existent.

 « Euh … Je peux me tromper mais je pense pas qu'il y ait les plans des bâtiments. Et puis on est encore un petit peu loin. Je … Je pense qu'on doit rester sur les routes et pas s'aventurer dans les immeubles. Du moins jusqu'à ce qu'on arrive à avoir un œil sur l'hôpital. Après on verra bien. »

J'ai continué à chuchoter. Charlie non plus n'avait pas parlé fort. Je dépasse la moitié de la tête vers la route pour observer le groupe qui n'a pas bougé de place. Bonne nouvelle. Ils ne nous sentent pas. Ils ne nous entendent pas. Un coup d’œil de l'autre coté pour constater qu'il est toujours désert.

 « Bon. On avance à couvert alors. J'espère qu'il n'y a rien dans la rue qu'on doit prendre ensuite. Sinon faudra faire marche arrière. Prendre la rue là-bas plutôt, pointant du doigt une rue plus loin sur notre gauche. Aller on avance ensemble. »

Et nous voila parti en direction de notre point de mire. Je ne sais pas si c'est la meilleure de chose d'avancer cote à cote. L'un après l'autre aurait peut-être était une meilleure alternative. Mais je souhaite rester aux cotés de Charlie. Au cas où. Rapidement mais silencieusement, nous avançons en direction de la voiture la plus plus proche et nous nous accroupissons derrière elle. Enfin je m'accroupis. Charlie, elle, n'a besoin que de se courber légèrement pour être cachée. Nous poursuivons comme cela de voiture en camionnette et de camionnette en pick-up. Nous apercevons assez rapidement l'entrée de la rue qui ne semble pas occupée. Mais ne parlons pas trop vite. La communication s'effectue en silence entre nous. Un pouce levé, un hochement de tête, un signe de la main pour dire stop, on attends. Nous faisons attention où nous mettons les pieds et évitons de trop se frotter aux véhicules pour ne pas s'y cogner. Nous sommes presque à notre but. Toujours rien à signaler. Soit les cadavres ambulants n'ont pas leurs sens aiguisés, soit nous sommes trop loin. Nous n'allons pas nous en plaindre. Les derniers mètres à parcourir se font avec un peu plus de hâte que les précédents. Après s'être retourné une dernière fois pour être sur que nous sommes passer incognito, nous avançons. L'hôpital se trouve au bout de la rue. Je disais deux cents mètres toute à l'heure mais ce doit être plus proche de trois cents finalement. Nous ne voyons que le haut du centre médical. Des arbres situés à quelques mètres du pied de l'immeuble nous masquent la vue. Nous ne sommes pas encore assez proche pour déterminer si l'itinéraire était le bon ou s'il aurait mieux fallu passer par un autre axe.

 « Ouf ça s'est bien passé. »

L'une des dernières fois où j'ai tenté de faire la même chose, je me suis retrouvé à courir parce que je m'étais fait remarquer par une cinquantaine de monstres. Et puis c'est là que Malou est intervenue. Je souris en repensant à elle. J'aurais pu – du – faire part de cette petite anecdote mais j'ai préféré me taire. Pas pour ne pas faire de bruit. Non. J'ai simplement préféré me taire. Toujours sur nos gardes nous marchons. J'essaye de ne pas aller trop vite. J'ai pris l'habitude de marcher à une allure assez rapide et mes grandes jambes me permettant de faire de grands pas. Si Charlie devait me suivre elle devrait en faire deux fois plus que moi. Alors je calque mon rythme au sien. Ca m'a perturbé un peu au début mais maintenant ça va mieux. On a tous ces petites habitudes quand on voyage seul mais lorsqu'on rencontre quelqu'un, il faut faire au mieux pour les changer et s'accorder avec son nouveau partenaire. Ou sa nouvelle partenaire.

Nous arrivons à une cinquantaine de mètres des arbres. D'ici nous voyons nettement mieux. On arriverait presque à distinguer des parties de la clinique. Reste à savoir s'il n'y a pas de mangeurs d'hommes embusqués dans un coin et s'il nous est possible de pénétrer l'immeuble. Restons vigilants. Une bêtise est vite arrivée. Un malheur est vite arrivé.
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Charlie Bushbury
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MessageSujet: Re: Who Knows Where The Time Goes   Dim 3 Juil 2016 - 22:55

Josh fait une drôle de tête à ce que je viens de dire. Je débite tellement de mots à la minute que je n’arrive pas à voir ce qui a pu le « perturber ». Enfin, il me dira tout cela au moment donné, je ne voulais pas le forcer à me parler. Il était peut-être tout simplement inquiet de ce qui allait nous arriver, mais j’avais foi en l’avenir. Tout irait bien. L’homme m’expliqua que le plan n’indiquait pas les bâtiments et il ne pensait pas que l’on puisse les trouver. De plus, nous étions un peu trop loin encore pour y songer.

- Bien sûr, c’est toujours dans les films que l’on voit ce genre de chose, je suis encore un peu trop naïve, me moquais-je de moi-même en espérant que cela détendrait un peu l’atmosphère. Soit, on trouvera bien une solution ! M’enjouais-je.

Je ne voulais pas être une de ces personnes pessimistes, même si la situation l’exigeait. Ce n’était pas parce que l’on avait encore de l’espoir que l’on ne pouvait plus être prudent, bien au contraire. Le plan de Josh, qu’il m’explique toujours à mi-voix, me semble cohérent et j’hochais la tête pour le suivre. Notre avancée est rapide et silencieuse. Nous nous cachons à chaque fois derrière une voiture en espérant que les monstres ne nous sentent pas ni ne nous voient. Nous avons de la chance et aucun mordeur ne vient nous embêter. Nous avançons efficacement et la présence de Josh à mes côtés est réconfortante. Il est presque aussi grand que Bobby, j’ai de la chance de tomber sur ce genre personne, grande et forte. Cela fait un contraste avec moi qui suit petite et moins forte, je n’oserais pas me traiter de faible non plus. Je ne le suis pas, essayais-je de me convaincre.

Finalement, avec assez peu de mal, il était même étrange que nous y soyons arrivés aussi « facilement », nous vîmes au loin la clinique. J’avais beaucoup de mal à croire que nous y soyons arrivé. Mais il ne fallait pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué, puisqu’il fallait encore traverser toute la rue pour atteindre la clinique. Avec un regard à Josh, nous nous lancions à l’aventure, gagnant peu à peu du terrain. Un mordeur se dirigea vers nous et Josh, puissamment avec sa hache, le tua pour ne pas attirer d’autres mordeurs. Les portes de la clinique nous tendaient déjà les bras. Comme nous l’avions prévu, nous ne primes pas les portes de devant, mais nous fîmes le tour pour trouver d’autres portes, ce que nous trouvâmes rapidement. La porte était ouverte.

- Après vous, cher monsieur, dis-je à Josh en souriant, ravie de voir que nous avions réussi à venir jusqu’à la clinique sans trop de difficulté.

Une fois Josh entré dans la clinique, je refermais derrière nous. Nous étions dans un grand couloir blanc, parfaite illustration d’un hôpital. Aucun mordeur à l’horizon, nous étions tranquilles. Nous nous avançâmes prudemment. Je ne voulais pas que l’on se sépare, je n’étais pas sûre de réussir. Je n’étais jamais venue dans un hôpital, après l’apocalypse. Je ne savais pas trop ce que l’on pouvait trouver. Perdu dans mes pensées, je reçu un coup dans le dos et poussais un hurlement. Chose que j’allais probablement regretter car cela allait attirer un mordeur, mais je n’eus pas le temps d’avoir le moindre regret. Je sentis que l’on me tirait en arrière, la gorge écrasée sur un bras puissant.

- Jooosh, toussais-je en essayant d’écarter le bras.

Sous l’impact, le couteau que je tenais dans ma main s’était lâché et je me retrouvais coincée dans l’étau des bras de l’inconnu. L’homme avait dû arriver de derrière, silencieusement. Me voilà prise au piège. Comme une conne, j’avais appelé Josh alors qu’il aurait pu s’enfuir pour vivre. Je ruais contre mon adversaire, lui donnant des coups de pieds à qui mieux mieux. Plus je me débâtais, plus la personne serrait, plus j’étouffais. J’avais appris à me méfier des mordeurs, pas des humains. Je ne m’étais pas méfiée des bonnes personnes, c’est pour cela que j’allais mourir.
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Josh Harper
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MessageSujet: Re: Who Knows Where The Time Goes   Mar 5 Juil 2016 - 12:53

L'optimisme est de rigueur. Une solution, on peut toujours en trouver une. Je souris quand elle me dit ça. Je souris aussi quand elle me dit qu'elle est naïve. C'est toujours bien de le savoir. Ce qui tombe bien parce que moi aussi je le suis, naïf. Le nombre de choses auxquelles on m'a fait croire tout au long de ma vie ... Mais quand je vois la manière dont le monde a tourné, je me dis que finalement, tout est possible. Je souris aussi quant à sa réflexion sur les films. Le film, j'ai un peu l'impression que nous sommes en train de le vivre. Enfin ... Des films pareils je n'en ai jamais vu. Je ne sais même pas s'il en existe. Des mangeurs d'hommes se baladant dans un monde en ruine. Sur papier, le concept est plutôt original, alléchant et cela aurait pu donner un très bon divertissement. Dans la réalité, c'est toute autre chose. Personne n'était préparé à cela. Ni les gouvernements, ni les armées, ni les petites gens. Si de brillants réalisateurs avaient eu l'idée de filmer de telles histoires, nous aurions peut-être pu envisager des mesures. Mais avec des 'si', on mettrait Seattle en bouteille.

Nous nous approchons prudemment. Regardant partout. Silencieusement. Et finalement, les arbres ne cachent rien. Pas de monstres embusqués. Ouf. Je ne cache pas mon soulagement. Les choses vont peut-être se passer légèrement plus facilement que prévues finalement. Mais pas de précipitations pour autant. La grande porte d'entrée est fermée, semble barricadée. L'idée de passer par une porte annexe, une porte de service est donc plus que jamais d'actualité. Le hall de l'hôpital pourrait regorger de monstres. Moins de risque d'en croiser autant dans les pièces plus privées, réservées au personnel, ... Après à peine deux minutes à longer des murs extérieurs de la clinique, nous tombons sur une porte, ouverte. Bon signe ? Mauvais signe ? Tout est possible. Une porte ouverte signifie que beaucoup d'abominations ont pu entrer. Mais cela signifie aussi que beaucoup d'entre elles ont pu sortir. Il m'est arrivé d'entrer dans des maisons, portes grandes ouvertes, où je ne suis tombé sur aucune mauvaises surprises. Et à contrario, j'ai parfois du forcer quelques entrées pour découvrir que la bâtisse en question abritait une dizaine de ces choses. Mais je ne me fais pas trop d'illusions. Nous allons pénétrer un hôpital. Lieu où les premiers malades se sont réfugiés, lieu où il y a du avoir beaucoup de transformations. Il est dès lors plus que probable que l'on tombe sur l'un ou l'autre infecté. En fait, je serais bien plus surpris si l'endroit était désert. A moins bien sûr qu'un camp de réfugiés s'y est établi. Mais cette porte ouverte donne un élément de réponse concernant cette dernière option. S'il y a des personnes vivantes ici, elles devraient songer à renforcer les accès du bâtiment. Charlie me dit alors en souriant de passer devant. C'est bien ce je comptais faire. Je ne vais pas lui laisser prendre la tête de la marche. Je laisse échapper un petit rire avant de lui rétorquer :

 « Oui moi aussi. Mais je pense que le plus dur commence. Ne soyons pas trop distraits. »

Je n'ai pas vraiment besoin de lui dire de faire attention parce qu'elle le sait. Et parce que jusqu'ici nous avons toujours fait preuve de vigilance. Mais je dis ça autant pour moi que pour elle. La difficulté surgira peut-être au moment où l'on l'attendra le moins. Hache la première j'entre dans le couloir. Caractéristique des hôpitaux. Je ne sais pas vraiment pour où aller mais je ne pense pas qu'il soit utile de s'arrêter dans chaque pièce, chaque chambre. La seule raison valable d'agir de la sorte serait pour vérifier qu'elles sont vides. Mais si nous n'entendons rien et si les portes sont closes, pas la peine de les ouvrir une par une. Si monstre il y a, ce-dit monstre ne saura pas prendre la clinche en main et ouvrir la porte. Nous essayons de faire le moins de bruit possible, comme toujours. Il n'y a plus d'électricité donc plus de lumières mais les différentes vitres et portes ouvertes laissent entrer les rayons du soleil. Nous n'avançons pas en aveugle. Après quelques mètres j'entends Charlie hurler. Pas comme si elle venait de voir un monstre. Plus un cri de douleur que d'étonnement. Je me retourne immédiatement et la vois au prise avec un individu. Sa bouche s'articule, m'appelant désespérément à l'aide. J'essaye d'analyser au mieux ce qu'il se passe mais je suis paniqué. Charlie se démène comme une lionne mais l'emprise de l'homme semble beaucoup trop forte pour elle. Je dois me ruer sur eux. Ecarter ses bras. Sauver Charlie. Mais s'il lui brise la nuque avant que je ne les atteigne ? Non, il n'aura pas le temps. Je fais un pas rapide, un deuxième. L'homme, à présent muni d'un couteau dans sa main gauche, le place contre la gorge de ma camarade et un filet de sang apparaît. Je me pétrifie. Charlie arrête de gesticuler. Je ... Que ...

« Voila arrête de bouger ma belle. Et toi mon grand tu peux jeter ta hache. »

Je le vois mieux à présent. Mon cœur cogne dans ma poitrine. Mes mains tremblent. Il affiche un petit sourire rempli de cruauté. Il doit avoir dans la quarantaine. Un visage dur. Un visage sale. Mais pas négligé pour autant. Il est plus petit que moi, mais plus grand que Charlie et semble être assez costaud. Une voix assez grave. Nul doute qu'il est sérieux. Nul doute qu'il n'hésitera pas à enfoncer le couteau. Je le vois dans son regard. Mais si tel est le cas, il fera sauter le seul rempart qui se dresse entre lui et moi. Et à ce moment là, je crois qu'il regrettera son geste. Je le réduirais en poussière. Au bout de son couteau se trouve la vie de Charlie. Et au bout de son couteau se trouve sa propre vie.

« Balance ta hache putain. »

Il a reculé de quelques pas. Tremblotant, je lance ma hache dans sa direction. Elle retombe à mi-chemin entre lui et moi. Ce qui a le don de rendre son regard un peu plus haineux.

 « T'inquiètes pas Charlie ... Je ... On va s'en sortir ... »

Je la regarde dans les yeux. Je n'y vois que de la peur. Quelle négligence. Tout est de ma faute. J'aurais du voir cet homme. Jamais je n'aurais du le laisser s'en prendre à Charlie. Une nouvelle fois mes mots sont plus pour me rassurer moi. Dire que tout va bien se passer dans pareille situation. Quel abruti. Ma bouche est sèche. Je suis moi aussi un peu sous le choc. Je dois rester fort pourtant. Je ne peux faiblir. Je dois faire quelque chose.

« Ohh Charlie Charlie ... C'est un très beau prénom dis-moi. Ne t'inquiète pas Josh, je vais bien m'occuper de ta petite amie. Et maintenant balance ton sac ... »
 « C'est pas ... ma petite amie ... Je stoppe avant de réaliser que ce détail n'a aucune importance. Lâ... Laisse la partir d'abord. »
« T'es débile ou quoi ? Tu crois quoi là ? Que c'est une espèce d'échange ? Tu balances le sac et tu dégages ! Moi et ce joli petit minois on va prendre du bon temps tous les deux. Hein ma petite Charlie ? »

Il appuie un peu plus son couteau contre sa gorge. Un mince filet de sang perle sur son cou. Merde. Je ne sais pas quoi faire. Et si je tente de la sauver ? Et s'il ... ? Je me refuse à la laisser partir avec ce monstre. Et je me refuse à la laisser mourir. Je pourrais ... Je pourrais prétexter de prendre quelque chose dans mon sac, d'y sortir la winchester et de tirer. Non ... Quelle terrible idée. Je suis certain d'abattre Charlie en faisant ça. Son regard me supplie. Que faire ? Au moindre geste il lui tranchera la gorge. Mais s'il l'emporte avec lui ... Qui sait les choses qui lui fera subir. Le voyant qu'il insiste avec sa lame, je défais mon sac à dos. Je ... L'envie de lui broyer le crâne monte en moi. Il arbore un sourire diabolique. Est-il réellement capable de la tuer ? Impuissant je regarde ma nouvelle amie dans les yeux. Je suis désolé. Si j'avais été plus vigilant. Je suis désemparé. Si seulement ... Deux secondes. C'est tout ce que je demande. Deux secondes d'inattention. Deux secondes qui me permettrait de la sauver. De réparer mon erreur. Quitte à y laisser la vie ...
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