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 Codex Regius. Le Chant du Vieux Scalde

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WALKING WITH THE DEADS

MessageSujet: Re: Codex Regius. Le Chant du Vieux Scalde   Mar 9 Aoû 2016 - 17:21

Toute colère passée, Malou restait silencieuse et écoutait les paroles d'Alan sans en perdre une miette faisant de temps en temps un geste de la main, un haussement d'épaule ou un léger hochement de tête marquant ainsi les sentiments que lui inspirait ces réponses.

Non, elle n'accepterait jamais ce monde tel qu'il était devenu; elle n'envisageait pas passer sa vie à fuir ou à combattre les mangeurs d'hommes ou les vivants malfaisants.
Oui elle voulait vivre mais non, elle ne voulait pas se complaire dans cet univers cruel, sans avenir, où l'odeur de sang et de charogne vous prenaient aux tripes dès le matin au réveil à vous en faire vomir.
Elle voulait le beurre et l'agent du beurre comme tous les jeunes de cet âge là.
Comme tous les adolescents, elle était persuadée que les adultes s'y prenaient mal, qu'ils ne savaient pas se débrouiller comme il fallait pour faire cesser une telle chose.
Elle leur en voulait d'être fatalistes et, du haut de ses dix sept ans, restait convaincue qu'elle saurait faire mieux qu'eux.

Et puis... Pour s'en accommoder, il fallait d'abord penser à soi, à sa famille, à ses amis, éventuellement à ses voisins, s'enfermer dans cette bulle protectrice et en tout dernier lieu s'intéresser au reste du monde.
Malou pensait en sens inverse; d'abord le monde puis les proches et enfin elle-même parce qu'effectivement que pouvait-elle faire toute seule, si elle prenait sa personne comme une première importance ?
Mais elle n'expliqua pas son état d'esprit car elle en était incapable; son fonctionnement était trop instinctif pour arriver à un degré de conscience qui lui aurait permis un développement intellectuel sur ces considérations.

Perturbée par la réponse de l'homme, elle restait concentrée sur son morceau de bois, y gravant encore et encore des figures géométriques en fronçant les sourcils jusqu'au moment où il lui proposa l'impensable: l'accompagner lui et les siens sur un petit bout de chemin...
Interloquée, elle releva vivement la tête, croisa son regard un instant avant de reprendre sa sculpture sans mot dire.
Elle devait réfléchir à une telle proposition; elle n'était pas liante, elle le savait.
Et si sa femme faisait partie de celles qui n'ont que des leçons de morales à la bouche et des ordres tels que « vas te laver les mains », « fais ce que je dis, pas ce que fais », « dis merci et merci qui, mon chien ? » ou autres inepties du même acabit, elle pèterait un plomb, c'était évident.
Et elles étaient nombreuses toutes ces grandes personnes à sortir le plus sérieusement du monde de telles imbécilités envers ceux qu'elles considéraient comme inférieurs sous l'unique prétexte qu'ils étaient à éduquer.
Presque tous étaient comme cela ! Passé un certain âge, il ne se sentaient plus pisser et confondaient allègrement la relation maître à disciple avec abus de pouvoir; tous ! Sauf Tony et Mani... Et bien sûr Nounours; mais lui c'était différent.

C'est à ce moment qu'elle lui avait balancé la question à propos de son fils, sur un ton presque de défi, histoire de sonder un peu ce que ce paternel pouvait avoir dans la carcasse quand on parlait d'un de ses rejetons, c'est à dire de la chair de sa chair et le sang de son sang donc sa chose conditionnable à souhait.
La réponse surprit Malou.
Aurait-elle des nouveautés à apprendre au sujet de cette race étrange ? Y aurait-il plusieurs sortes d'adultes ? Des gens différents de ses critères habituels ?
Elle peinait à y croire; pourtant, Alan avait parlé de Sveg avec un ton plein de respect et de mansuétude.
A nouveau elle regarda le vieux sage d'abord avec étonnement puis avec compassion et tristesse avant d'acquiescer de la tête pleine de compréhension.
C'était comme si elle devait perdre Erik et Bobby en même temps; elle n'imaginait même pas.
Y survivrait-elle ? Rien n'était moins sûr...
D'abord elle tomberait plus bas que terre, l'inondant jusqu'au plus profond de ses entrailles de toutes les larmes de son corps puis elle se relèverait avec un bloc de plomb à la place du coeur, de l'acier à la place des yeux, du fer à la place des mains, de l'huile de bagnole à la place du sang, de la glace à la place du cerveau, empoignerait son arme et massacrerait, saccagerait, détruirait, racourcirait du trognon à tour de bras du mort-vivant un par un, deux par deux, bandes après bandes jusqu'au dernier.
Puis, quand tout serait fini elle retournerait l'arme contre elle-même.

Malou était excessive mais elle pouvait accepter l'idée qu'un jeune homme puisse montrer des signes de désespérance; c'était naturel; cela l'était beaucoup moins à ses yeux pour les plus âgés.

Comme elle ne répondait pas à l'invitation, Alan avait certainement cru bon de ne pas insister, puisqu'il se laissa diriger sur le terrain des morts-vivants et de l'hypothétique privation de leurs repas favoris: l'humain.
L'adolescente écouta avidement et prit pour argent comptant les déductions de l'ancien professeur puisqu'elles allaient dans le sens de sa propre logique.
L'histoire d'un camp immense la laissa songeuse.
Elle imaginait aisément tous les survivants ériger de grands murs autour d'une gigantesque bâtisse qui ressemblerait aux châteaux dans les BD de fantasy. Elle se prit même à penser qu'il pourrait y avoir une seconde enceinte, protégeant la première avec entre les deux un fossé plein de boue et des armes comme des catapultes afin d'envoyer des rochers sur le crâne des mangeurs d'hommes qui oseraient s'approcher...

C'est le problème de temps qui sortit Malou de ses rêveries.
En silence, elle opina du chef, ils étaient sur la même longueur d'onde; tout cela ne pourrait pas se bâtir en un jour mais c'était toujours mieux que ne rien faire !
mais quand le vieux avança l'argument que beaucoup refuseraient de quitter leurs maisons ou leur petits camps elle se renfrogna.
Elle ne pouvait pas contrer ce qu'il venait de dire: c'était exactement ce qu'avaient fait ses propres parents; rester chez eux, barricadés; ne pas sortir quitte à subir une mort lente et inutile.
J'ai compris, lança t-elle au bout d'un moment avec énervement, il va falloir carrément attendre qu'il n'y ai plus qu'une toute petite poignée de survivants pour réagir efficacement et construire ce camps.
Comme d'habitude, tout le monde va attendre qu'il soit presque trop tard pour faire quelque chose !

On n'a pas fini d'en baver...
Conclut-t-elle comme prise elle aussi par cette spirale de fatalisme qui l'incitait à baisser les bras.

Laissant errer son regard au bord de l'horizon sans vraiment le voir, elle était à deux doigts de broyer du noir, son cerveau répétant inlassablement « à quoi bon... ».
Puis fatiguée d'avoir trop pensé, trop parlé pour finalement arriver à rien de concret, elle laissa échapper un bâillement avant d'articuler:
ok pour l'invitation.
Je dois dormir dans ma camionnette ou est ce qu'il y a un canapé en rab dans la baraque ?
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Alan S. Karlson
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WALKING WITH THE DEADS
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MessageSujet: Re: Codex Regius. Le Chant du Vieux Scalde   Jeu 11 Aoû 2016 - 12:43



❝Codex Regius. Le Chant du Vieux Scalde❞
Malorie & Alan

    Je faisais de mon mieux pour répondre posément aux questions de la blonde ; après tout, je n'avais jamais été du genre à me considérer au dessus de tout, à être le genre de type tellement sûr de lui qu'il prend ses pairs de haut comme s'ils n'étaient que des ignorants. Tout ça, ce n'était pas moi et ça ne le serait jamais, alors je ne pouvais pas affirmer que mes réponses étaient exactes, mais donner un avis précis à la jeune femme me semblait honnête ; elle pourrait en faire ce qu'elle souhaitait par la suite.

    Son étonnement à certains de mes mots n'était pas passé inaperçu. J'avais bien ressenti qu'elle avait été prise de court par ma proposition de faire un bout de chemin avec nous, mais également surprise par ma description de Sven qui dépeignait un jeune homme déjà torturé par les horreurs de ce nouveau monde. Comment pouvait-il seulement en être autrement ? Lui qui était si vivant avant cette apocalypse, qui aspirait à tellement de choses et était fort de cette joie de vivre, tout lui avait été retiré en un instant ; pouvait-on seulement lui reprocher de ne plus avoir foi en rien ? Quitter notre chez nous avait été difficile, fuir le stade également, à cela avait suivit l'anéantissement de ses espoirs concernant son frère et sa petite amie. A quoi pouvait-il bien se raccrocher maintenant qu'il n'avait plus rien ? Un voile de morose masqua un court instant mon regard que je portait sur l'horizon où quelques étoiles commençaient à faire scintiller la mer ; si seulement il m'avait été possible de le préserver de toute cela, ne pas le confronter à cette réalité...

    Posant par moment les yeux sur ce bout de bois que Malou gravait de symboles quelconques, je ne pu m'empêcher de sourire légèrement, une pointe de nostalgie luisait au fond de mes yeux. Un jour peut-être, quelqu'un trouverait ce morceau de bois et y verrait ces gravures, il pourrait alors se demander qui les avait faite, ce qui avait poussé le monde à devenir ce qu'il était devenu ; peut-être aurait-il l'espoir de ne pas être seul dans ce néant.

    Après avoir tenté de justifier mes propos quant au potentiel moyen de se sortir de tout cela, je ressens à nouveau l'agacement dans la voix de la blonde et lui adresse un sourire un peu désolé. Accepter les faits n'ait pas chose aisée, et parfois l'espoir se fait plus fort que la résignation, mais est également plus dangereux. Je choisis pourtant de ne rien dire à ce sujet, il ne sert à rien de la persuader que mon fatalisme est la bonne solution ; le monde est déjà suffisamment dangereux pour ne pas encore envenimer les choses. Haussant les épaules à ses mots, je reprends d'une voix calme.

« On ne peut malheureusement forcer personne à changer les choses, les Hommes ont toujours été trop individualistes pour agir rapidement. »

    Une constatation, pure et simple, de ce qu'est l'humanité. Parce-que si depuis le début le monde entier avait été soudé, peut-être que nous n'en serions pas là aujourd'hui, peut-être même que ce fléau n'aurait jamais vu le jour. Mais ce qui est fait est fait et nous n'avons d'autre choix désormais que d'avancer avec ou se laisser mourir. Soupirant une nouvelle fois, je tourne vers Malou un regard un peu étonné, ne s'attendant pas à ce qu'elle accepte au final ma proposition. Un nouveau sourire fatigué étire mes lèvres, allant de faire avec les cernes sous mes yeux, tandis que je me lève, passant mes mains sur mon pantalon pour en ôter le sable.

« Il y a de la place ne t'en fais pas. Tu veux peut-être chercher quelques affaire dans ton van ? »

    J'étais presque soulagé qu'elle accepte, non mécontent de pouvoir offrir à la jeune femme la possibilité de dormir plus à l'abri que dans un véhicule. Peut-être ne serait-elle pas totalement tranquille à être ainsi entourée d'inconnus, mais au moins elle ne serait pas à la merci des Coyotes ; et qui sait, peut-être que ce voyage ensemble nous réservait bien des surprises. Il ne restait plus désormais qu'à toucher deux mots aux miens, mais j'étais persuadé qu'ils n'y verraient aucun inconvénient et qu'au contraire, l'espoir de la blonde pouvait être bénéfique à chacun de nous.


© Pando



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MessageSujet: Re: Codex Regius. Le Chant du Vieux Scalde   Ven 12 Aoû 2016 - 23:59

L'homme n'avait presque pas répondu à sa réflexion, hormis réaffirmer que les gens étaient trop individualistes pour que les choses changent rapidement et de manière bénéfique.
Elle commençait à entrevoir ce que le vieux sage tentait de lui insuffler. Loin de lui faire baisser les bras, il lui faisait comprendre qu'il ne fallait pas confondre espoir et utopie pure et simple sous peine de finir ses jours aigrie à pester contre le monde entier.
Il fallait être réaliste, ce qui était difficile quand on avait dix sept ans.

Un déclic s'était produit quand elle avait fait le parallèle avec ses parents barricadés chez eux et s'était posé la question: que voulait elle au final, pourquoi voulait-elle que le monde change ? Pourquoi cet élan d'humanisme soudain ?
En y réfléchissant bien, la réponse était simple. Elle voulait pouvoir reprendre le cours de sa vie, trouver un job, apprendre à dessiner, sortir avec des amis et boire un soda en terrasse d'un café, mordre à pleine dents dans un hamburger bien chaud ou manger une glace... N'était-ce pas là le comble de l'individualisme ?
L'humanisme n'existe pas. L'action la plus dévouée, la plus pure est toujours dictée par l'égoïsme en amont; l'acte gratuit n'existe pas.

Abandonnant son morceau de bois, elle se leva aussi, attrapa son sac à dos et attendit qu'Alan ait fini de s'épouster.
Suivant son regard qui semblait scruter la camionnette d'un air perplexe, elle sourit à son tour et le rassura:
mon van est blindé, je suis plus en sécurité à l'intérieur que dans une maison. En fait c'est l'ambulance de Brinnon, viens voir !
A grands pas, elle se dirigea vers le véhicule, ouvrit les portes arrière et donna à contempler l'intérieur, petit mais ressemblant un peu à un camping-car.
Un brancard s'étirait au milieu avec oreiller, draps et couverture, un petit évier trônait à gauche, un réchaud avec une bouteille de gaz était posé sur ce qu'on aurait pu appeler un plan de travail.
Au dessus, deux petits compartiments où l'on pouvait imaginer que s'entassaient là vêtements et nourriture.
A droite, à même le sol, une caisse à outils rouge de pompiers, un jerrican, une pile de revue du style Sciences et vie junior, deux livres et diverses choses pêle mêle.

Tandis qu'Alan regardait cet espace de vie, elle se dirigea vers l'avant, ouvrit la boîte à gants, en sortit un petit calendrier et nota au 25 juin: « Olympia. Alan ».
C'était sa façon à elle de marquer le temps afin de ne pas complètement perdre pied, comme si un jour, il pourrait être possible d'écrire, à une date précise: « dernier mangeur d'homme: mort ! »
Ensuite elle attrapa un tee-shirt pour la nuit, sa trousse de toilette ainsi qu'une bouteille d'eau et une serviette.
Puis, n'aimant pas vivre sur le dos des autres, elle prit une boîte de haricots blancs à partager, referma les battants en faisant le moins de bruit possible et souffla: je suis prête !

L'idée d'un nouveau voyage lui plaisait énormément mais quand Alan posa la main sur la poignée de la porte de la maison, elle fut envahie d'appréhension. Serait-elle acceptée ? Comment réagirait la mère ? Et Sven ?
Pour sa part, elle se promit de faire un effort de sociabilité; Alan était gentil pour un adulte, elle ne pouvait pas le décevoir.
Elle le regarda avec des yeux anxieux et attendit qu'il la fasse entrer.
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MessageSujet: Re: Codex Regius. Le Chant du Vieux Scalde   Aujourd'hui à 3:00

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