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 Would you save me ?

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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: Would you save me ?   Sam 2 Juil 2016 - 9:42

Son sourire resta suspendu à ses lèvres lorsqu’une main de Gabriel vint se poser contre sa joue. Elle ferma immédiatement les yeux, profitant de ce contact. Loin au fond de son crâne, les voix malsains essayaient encore de la déstabiliser, de lui souffler qu’elle ne méritait pas ce bonheur, mais Selene parvenait à les ignorer. Ses doigts libres s’agrippèrent à ceux de son aîné, lui signifiant de ne pas la lâcher. Son cœur montait, soulevé dans un ballon d’allégresse, hors de question de le laisser retomber.

Les yeux plongés dans ceux de l’ancien professeur, la musicienne crut sentir les larmes embuer sa vue. L’émerveillement, sans doute. Depuis le début du chaos, elle ne pensait pas rencontrer quelqu'un qui la ferait se sentir de cette façon, qui lui dirait ce que Gabriel était en train de lui dire. Buvant ses paroles, elle hocha doucement la tête, bien consciente qu’il avait raison. Tant pis. Elle n’avait pas besoin de promesse, de plan d’avenir, d’officialisation… la pianiste voulait juste ne pas rater cette chance. Mourir seule et folle, c’était devenu son pire cauchemar.

- Moi aussi, assura-t-elle à voix basse après que son ami lui eut dit qu’il ferait tout pour elle.

Selene eut un vertige, parce que c’était vrai. Elle réalisait même que pour lui, il y avait certainement des choses qu’elle ne « ferait pas », mais c’était trop compliqué à expliquer. A la place, l’étudiante se laissa embarquée dans un nouveau baiser, plus passionné. Elle avait libéré ses mains pour s’agripper doucement à la base de son cou, les yeux fermés, abandonnée. L’armure venait de tomber, et ça faisait bien longtemps, laissant à vif les émotions de la musicienne. Frêle et fragile une fois démunie de l’acier invisible qui la protégeait continuellement, elle se blottit contre Gabriel une fois que leurs lèvres se furent séparées. Elle avait la chair de poule, une sensation d’ivresse faisait tournoyer la clairière, ses membres paraissaient en coton. Le plus drôle, c’était qu’elle n’avait pas envie d’aller plus loin – pas encore. L’étudiante savait qu’à un moment, il allait falloir redescendre sur terre et se replonger dans leurs problèmes ; elle voulait simplement retard l’échéance. S’offrir quelques minutes au paradis.

La tête contre la poitrine de l’ancien professeur, Selene ne pouvait s’empêcher de songer avec amusement que finalement, elle avait réussi ce qu’elle avait commencé dans le car 3 ans plus tôt. C’était faux bien sûr, parce qu’elle ne se jouait plus de lui, c’était juste… anecdotique. Pendant un moment, elle laissa le silence leur revenir, bienvenu, le temps qu’elle réalise pleinement ce qu’il venait de se passer. Est-ce que c’était un rêve ? Non. Elle était encore là, lovée contre son torse, et il ne la repoussait pas.

- Tu veux rentrer ? Demanda-t-elle doucement.

La jeune femme n’avait pas vraiment envie que cette parenthèse prenne fin, mais elle préférait prendre les devants pour la poursuivre autre part que de la voir gâcher par des rôdeurs. Entre le camion Cheetos le mois dernier et l’attaque du chalet il y a quelques jours, les morts traînaient désormais bien trop près de leur demeure. Dire que fut un temps, ils étaient tranquilles…

- Je peux te donner ta première leçon de piano tout de suite. Si tu as envie de me voir jouer quelque chose de joyeux, c’est maintenant.

Elle s’écarta doucement pour qu’il puisse la voir sourire, radieuse, rajeunie. Enfin, elle déballa le bonbon qu’elle n’avait toujours pas mangé jusque là pour le glisser délicatement entre ses lèvres. Les nausées s’étaient envolées, sa peine s’était tut, pour l’instant. Mutine, Selene l’embrassa furtivement avant de s’étirer avec une grâce féline. Elle était heureuse, ça se voyait. Ses traits s’étaient colorés, ses yeux d’ordinaires froids pétillaient d’une lueur nouvelle. Le soleil n’avait peut-être pas tort de briller si fort finalement.

- Si tu préfères rester ici, on peut, rassura-t-elle, c’est toi qui décide !

Une fois encore, elle rit sans raison. Elle ne tenait plus en place ! C’était tellement… « Waw » ce qui se passait après tout ce temps. Bien sûr, les autres l’aimaient beaucoup, mais ce n’était en rien comparable à ce sentiment d’être spéciale.


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Gabriel Fowler
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MessageSujet: Re: Would you save me ?   Sam 2 Juil 2016 - 16:00

Lorsqu'elle vint se blottir tout contre lui, il l'enserra de ses bras, profitant de ce contact à la fois intime et chaste. S'enivrant de son odeur, il ferma les yeux, souhaitant que le temps se fige et que jamais ils ne quittent cette clairière. Assis sur leur petit bout de roche, l'un contre l'autre, sans que rien ne vienne les déloger. Depuis l'instant où il l'avait reconnue, fantôme ivoirin tout droit ressuscité de son passé, son affection pour elle n'avait fait que grandir, se muant doucement en un amour indéfectible. Jamais il n’aurait espérait qu'elle le lui rendrait. Et pourtant, ils étaient là.

Mais chaque chose ayant une fin, Selene finit par briser le silence qui n'avait jusqu'alors été perturbé que par les trilles des oiseaux et le bruit des feuilles que le vent agitait doucement. Oui, il faudrait qu'il finisse par retourner au chalet où les autres risquaient de se demander où ils étaient. Déposant un rapide baiser sur le haut de sa tête, profitant au passage de la délicieuse odeur de ses cheveux, il se résigna.
« Il va bien falloir » murmura t-il à contre cœur.

Lui proposant alors sa fameuse leçon de piano, cette idée le fit sourire. Il n'y songeait même plus avec tout ça. Il faut dire qu'à cet instant, il n'avait envie que d'une chose, s'étendre dans l'herbe et profiter de la douce chaleur du soleil, Selene blottie tout contre lui. Ils auraient ainsi put rester là jusqu'à ce que l'astre solaire décline, puis ils seraient rentrés tranquillement dans la fraîcheur du crépuscule. Mais cette perspective, aussi délicieuse soit-elle, n'avait rien de réalisable. Parce qu'à tout moment un macchabée pouvait débouler et tout gâcher. Non content d'apporter avec eux râles et odeur putride, ils avaient le don de toujours débarquer dans les moments les moins opportuns, lorsqu'ils ne s'y attendaient pas, ajoutant encore au danger qu'ils représentaient.

Lorsque la jeune femme lui vola un baiser furtif, il rit doucement. Il y avait si longtemps qu'il ne s'était pas sentit ainsi. La dévorant des yeux, il hésita un instant entre effectivement rester là comme elle le proposait, ou bien rentrer sagement. Sa raison le poussait à se lever et à entamer le chemin du retour alors que son cœur lui dictait de profiter aussi longtemps que possible de ce moment volé au temps. Écartant une mèche rebelle de la joue de Selene du bout du doigt, il finit par écouter sa raison.

« Je te préviens, je suis un très mauvais élève. »
Sur ce, il se leva puis offrit sa main à Selene pour l'aider à se relever. Non pas qu'elle en ait besoin, mais c'était une question de galanterie. Et puis, c'était l'occasion de sentir à nouveau la main de la jeune femme dans la sienne. Un air malicieux sur le visage il ajouta à la dérobée :
« Et en plus de ça je n'en fais qu'à ma tête. J'espère que tu as les oreilles bien accrochées parce qu'elles risquent de saigner. »

Le pire dans tout ça, c'était que ce n'était certainement pas loin de la vérité. Il n'avait jamais posé les doigts sur un instrument de musique, à part peut-être une flûte lorsqu'il était encore à l'école. Et il avait beau apprécier la musique, surtout les airs de pianos, il n'avait pas l'oreille musicale. Quant à la souplesse que demandait une telle manipulation... Il aurait certainement les doigts trop raides et indisciplinés pour un tel exercice. Mais qui ne tente rien n'a rien. Et si ça pouvait faire durer le radieux sourire qui illuminait le visage de la pianiste, il était prêt à s'en faire craquer les doigts.

Lorsque Selene eut quitté son caillou, il profita d'avoir sa main dans la sienne pour y déposer un baiser des plus galants avant de la libérer. Il était temps de quitter ce petit paradis. Du coin de l’œil, l'instituteur capta un mouvement à la lisière de la clairière, assez loin de là où ils s'étaient arrêtés. Se trouvant dans le dos de la jeune femme, celle-ci n'avait pas encore put l’apercevoir. Un putréfié sortit alors de l'ombre des arbres, se dirigeant droit sur eux, suivit de prêt par un... non deux autres de ces monstres. Ne voulant pas que Selene les voit, il ne modifia pas l'expression de son visage, gardant pour lui ses inquiétudes puis il fit un mouvement du bras pour ouvrir la voie.
« Après vous ma chère. »
S'ils marchaient assez vite une fois dans les bois, les monstres perdraient leur trace avant même d'avoir atteint l'autre bout de la clairière et il se mettraient à errer puis à venir s'empaler sur leurs défenses. À moins qu'ils ne basculent dans l'un des fossés emplis de pieux. Dans un cas comme dans l'autre, ils ne seraient plus une menace.


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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: Would you save me ?   Sam 2 Juil 2016 - 17:21

- Pas de souci, rétorqua-t-elle avec une complicité espiègle après s’être aidée de sa main pour se relever, je suis sûre d’être une horrible prof’.

Ce qui ne devait pas non plus être un mensonge. L’étudiante ne se sentait pas pédagogue pour un sou, bien meilleure comme élève que comme enseignante. Qu’importe, ce n’était pas comme si elle se cherchait une vocation. Le baisemain de Gabriel raviva le sourire qui ne disparaissait plus de ses lèvres. En vérité, elle aurait même préféré qu’il la garde dans la sienne, au moins le temps qu’ils retrouvent le chalet, mais n’osa pas s’imposer. Après tout, elle avait déjà fait le premier pas, inutile d’étouffer son petit ami avec trop de sollicitude.

Engourdis par l’allégresse, ses instincts de survivantes s’étaient offert une pause. Selene n’aperçut même pas, ni n’entendit, les deux charognes qui quittaient les buissons pour venir souiller la clairière. Le pas léger, elle prenait le chemin en sens inverse, droit vers leur foyer. Une partie d’elle, infime désormais, se sentait coupable de passer un bon moment alors qu’un nuage obscure pesait toujours sur leur toit. Arun avait été profondément choqué par l’explosion des coups de feu, Aori avait perdu celle qu’elle aimait, et Bobby avait failli y rester. La musicienne n’oubliait rien, elle devenait folle moins d’une heure auparavant, mais… il fallait que ça passe.

- Je sais déjà ce que je vais te faire jouer, expliquait-elle à toute vitesse, enthousiaste, tu dois connaître L’air de la corde de sol. Ok, pas dit comme ça, admit-elle en riant, c’est un arrangement du 2nd mouvement de la Suite n°3 en Ré majeur de Bach. Il était prévu pour pouvoir être joué…

Elle s’interrompit et regarda Gabriel avec un air mi-désolé/mi-enjoué. Chassez le naturel : il revient au galop. Pour elle, parler musique simplement était impossible. Ce n’était pas comme ça qu’elle allait convaincre que le morceau auquel elle faisait référence était à la portée du commun des mortels. Néanmoins, elle ressentait une pointe de fierté de réaliser qu’elle n’avait pas oublié ça. C’était une satisfaction futile, parce que ça ne lui servirait pas dans l’avenir, mais… ça n’avait pas moins sa place dans sa tête que son amour pour le chocolat !

- Bref, trancha-t-elle, ça va être facile.  

Quand le contour du chalet se dessina, des questions plus terre-à-terre commençaient à affluer. Devaient-ils faire une annonce officielle ? Choisir un moment approprier ? Faire une sélection ? Ils étaient une famille désormais, c’était le genre de chose qui serait compliqué, voir maladroit, de garder secret. Et si Harold lui reproposait une séance torride en plein air ? Et si Abigail donnait suite à la pulsion mutuelle qu’elle avait ressenti après Costco ? D’ailleurs, devait-elle parler de ça au professeur ? C’était du passé, ça ne comptait pas, mais peut-être aimerait-il savoir qu’il vivait avec un homme qui avait déjà couché avec sa petite amie, et une femme avec laquelle il y aurait pu avoir quelques expériences ? Hum… non, Selene choisit de ne rien dire. Peut-être plus tard, mais inutile de gâcher leur moment.

Dans le chalet, pas un bruit. Harold, Bobby et Abigail devaient être de sortie. Vraisemblablement, Aori se reposait dans sa chambre et Breann s’occupait d’Arun. Ce fut pourtant presque sur la point des pieds que l’étudiante grimpa dans sa chambre et referma la porte derrière elle, les joues empourprées. Ça faisait longtemps qu’elle n’était plus un modèle de bienséance, mais le fait qu’ils se connaissaient tous, qu’ils partageaient leur quotidien… elle avait la même sensation que quand, à 16 ans, on s’enfermait avec un garçon dans sa chambre en priant pour que les parents ne reviennent pas. Les murs paraissaient plus proche, la pièce plus petite. D’ailleurs, ce n’était qu’à présent que Selene remarquait le bazar qui l’entourait depuis qu’elle avait sombré dans la déprime. Un peu embarrassée, intimidée par cette proximité encore clandestine, elle bafouilla en allumant son piano :

- Euh… voilà, donc, euh… je vais te montrer. Tu vas faire la main gauche, je jouerai la mélodie. Enfin… d’abord je vais jouer à l’octave avec toi, pour te guider.

Que la leçon commence ! Do, do↑, si, si↓, la, la↑, sol, sol↓, fa… ♫ ♪ ♫ ♫ ♪


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Gabriel Fowler
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MessageSujet: Re: Would you save me ?   Sam 2 Juil 2016 - 18:19

Ils s'étaient éloignés dans les bois et les monstres de cauchemars n'étaient plus en vue depuis un moment. Pourtant, Gabriel ne pouvait s'empêcher de se retourner furtivement de temps à autres, craignant que leur petit moment d’allégresse ne leur coûte la vie. Distrait par le discourt endiablé de la jeune femme, il ne put s'empêcher de paraître perdu à l'évocation de termes musicaux qui lui étaient totalement inconnus. Affichant néanmoins un sourire radieux il rétorqua :
« Si tu le dis. Mais ne t'attends pas à des miracles avec moi. »

Oublié les affreux monstres dans la clairière. Il était revenu à une contemplation du visage de Selene, le soleil dessinant des motifs changeant sur sa peau. À un moment, il voulu lui prendre la main. Mais il avait peur de se montrer trop entreprenant, préférant ne pas trop en faire. Et puis, marcher dans les bois main dans la main, c'était un coup à se retrouver le pied dans une racine et le nez dans la mousse.

Bientôt, ils furent de retour au chalet. Étrangement, voir la bâtisse rappelait amèrement à Gabriel les événements passés. Les impacts de balles dans le bois des murs témoigneraient à jamais de la violence qui avait éclaté. Avant d'entrer, il passa son doigt contre le bord de l'un des trous. Si petits, et si meurtriers... Ce ne fut qu'en passant la porte qu'il fut frappé par une question des plus perturbantes ; que fallait-il dire aux autres ? Fallait-il les laisser comprendre par eux-même ? Ou bien leur annoncer ça de façon officielle et pompeuse ? Les rares fois où il avait eut à présenter une femme à sa famille, il avait attendu la dernière seconde pour le faire. Dans un cas en particulier, son idylle n'avait pas duré assez longtemps pour qu'il n'ait le temps de faire les présentations. Mais là, ils vivaient tous sous le même toit, ils se côtoyaient jour et nuit. S'ils ne disaient rien, combien de temps faudrait-il pour que le bruit commence à courir ? Ne valait-il pas mieux jouer carte sur table ?

Mais la question pourrait être remise à plus tard. De toute façon, il n'y avait personne en vue. Se sentant un peu soulagé de ne pas avoir à se préoccuper de cette question dans l'immédiat, il suivit Selene le cœur léger. Dans l'escalier, son regard se posa malencontreusement sur le déhanché gracile de la pianiste et il se sentit rougir, sans pour autant baisser les yeux, dévorant chaque mouvement tant que ça lui était possible.
Une fois dans la chambre avec elle, il jeta un rapide coup d’œil, avisant le piano dans un coin et un joli petit capharnaüm tout autour. N’émettant aucun commentaire, il s'installa devant le piano, non sans la frôler au passage. Il risquait d'avoir beaucoup de mal à se concentrer sur la leçon. Le bras de Selene presque collé au sien, il essaya d'écouter au mieux ses instructions. Posant ses doigts là où elle le lui indiquait, appuyant sur les touches lorsqu'elle le lui disait.

Malgré ses efforts, il ne parvenait pas à appuyer puis à relever ses doigts de façon harmonieuse de telle sorte que ce n'était pas spécialement joli. En plus de ça, il se trompait parfois d'une touche, appuyant sur celle qui se trouvait un cran à gauche ou un cran à droite, produisant ainsi un effet des plus affreux. À chaque fois qu'il se trompait, il faisait une grimace, du genre de celles qu'on a lorsqu'on entend des ongles crisser sur un tableau noir. Il était fasciné par l'aisance que Selene avait à voltiger ainsi d'une touche à l'autre, comme si ses doigts avaient été animés d'une vie qui leur était propre. Comme si ça ne suffisait pas, la présence de la jeune femme à ses côtés ajoutait à la difficulté de l'exercice. À certains moments, elle essayait de lui replacer les mains et les doigts correctement et ce simple contact lui donnait de délicieux frissons.

Au final, la mélodie semblait être assez jolie, même s'il n'était pas encore parvenu à ne pas se tromper. Soudain, son nez se mit à le piquer furieusement. Prenant une grande respiration, il se tourna juste à temps pour éternuer dans le creux de son coude, son autre bras venant écraser violemment une quinzaines de touche en même temps ce qui produisit une affreuse cacophonie. Sans trop savoir pourquoi, cette composition barbare le fit éclater de rire d'une façon tellement spontanée qu'il eut du mal à s'arrêter.
« C'était presque plus juste que ce que je joue depuis le début tu ne trouves pas ? »

Une fois son hilarité passée, il se dit que tout le monde dans la maison avait dû l'entendre. Il espérait que personne n'était en train de dormir. Si tel était le cas, le réveil avait dû être violent.
Laissant tomber un instant l'exercice, les mains posées sur ses cuisses, il plongea son regard dans celui de la jeune artiste. Il ne l'avait jamais vu aussi épanouie. Rien n'aurait put le mettre plus en joie que de la voir ainsi.
« Bon... sois honnête... »
Il laissa planer un instant le mystère de sa question à venir. Puis, d'un air faussement sérieux il enchaîna :
« Tu penses que j'ai mes chances pour devenir une star ? »
Après ses essais plus que catastrophiques à son goût, si elle lui répondait que oui il se remettrait à rire.


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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: Would you save me ?   Sam 2 Juil 2016 - 20:17

Selene n’aurait jamais cru prendre autant de plaisir à enseigner à un élève, soyons honnête, aussi mauvais. Elle s’appliquait à lui montrer les bonnes touches, guidant ses doigts quand cela était nécessaire, reproduisait le geste à l’octave pour servir de modèle. Ses vieux réflexes étaient vite revenus : la musicienne n’avait pas besoin de regarder sa main pour connaître le clavier par cœur, alors elle pouvait se perdre dans la contemplation du visage concentré de Gabriel. Chaque fois qu’il grimaçait, elle souriait, quand il avait l’air complètement perdu, elle l’aidait patiemment à reprendre ses marques. Finalement, ce n’était pas pour tout de suite qu’ils allaient pouvoir jouer en duo ; avant ça, ils se seraient incrusté les premières mesures de la basse jusqu’au tréfonds de leur subconscient.

Chaque fois que leurs regards se croisaient, elle avait une moue attendrissante de petite fille, l’encourageant silencieusement. Petit à petit, ça devenait plus fluide, mais l’ancien professeur était encore incapable d’enchaîner la première phrase sans se tromper au moins une fois. Soudain, quand elle crut qu’ils allaient presque pouvoir passer à la vitesse supérieur, les portes de l’Enfer s’ouvrir grand par l’intermédiaire de son piano. Le cœur de la jeune femme, prise au dépourvu, fit un bond hors de sa poitrine frêle et semblait rester accroché au plafond. Elle aurait été un chat, ses poils seraient hérissés sur tout son corps. Il lui fallut de longues secondes pour retrouver son calme et réussir à partager l’hilarité du responsable.

- Hum…, fit-elle en bougeant la tête de droite à gauche en signe d’hésitation, je pense surtout que tu viens de tuer Bach une deuxième fois après l’avoir torturé 30 bonnes minutes.

Voyant son petit ami poser ses mains sur ses cuisses, Selene comprit que l’heure était au break. Elle s’éventa d’une main après avoir dégagé sa nuque de ses cheveux châtain. Il faisait chaud, ou bien s’était simplement l’euphorie et la présence de Gabriel dans sa chambre ? Ils étaient seuls, son lit était juste derrière, comment pouvait-elle ne pas y penser ? Elle n’était pas le genre de fille chaste et bienséante, elle l’avait prouvé plus d’une fois dans sa vie. Alors… elle ne s’imaginait pas qu’elle et son aîné vivrait une relation pure et platonique ; im-po-ssible.

Il capta son regard, la pianiste s’y accrocha volontiers. Elle avait encore envie de l’embrasser, de le serrer contre son corps, de s’oublier complètement. Si le désir avait laissé un peu d’avance aux sentiments plus pudiques, voilà qu’il rappelait son existence à la jeune femme. Ça faisait déjà plusieurs mois que ses sens n’avaient pas été troublés par un peu de volupté et, comme une junkie se rappelle ses vieux déjà, l’envie allumait tranquillement quelques braises dans son bas ventre.

L’air sérieux de l’ancien instituteur la détourna momentanément de ses pensées charnelles. « Être honnête » ? De quoi allait-il parler ? Est-ce qu’il allait lui poser des questions sur sa relation avec Harold ? Après tout, l’acteur aurait bien pu s’être vanté de ses exploits avec elle lors d’une soirée entre mecs ; c’était le genre de truc qui arrivait, non ? Selene rougissait déjà, cherchant déjà ses mots. Il faisait quand même SACREMENT chaud ! Elle allait ouvrir la fenêtre…

Sa bouche s’ouvrit quand Gabriel eut débité sa plaisanterie, mais aucun son n’en sortit. La musicienne s’attendait à tout, sauf à ça, et pourtant, elle connaissait le personnage ! Dans un éclat de rire ponctué d’un « pffff », elle le frappa amicalement en se retournant vers son clavier. En reprenant un air extrêmement sérieux, histoire de jouer sur le même plan, elle affirma :

- Oh, bah… franchement, tu progresses hein, mais…, elle enchaîna quelques phrases du Concerto n°1 de Prokoviev un sourire aux lèvres, tu auras encore besoin de quelques cours avant.

L’étudiante s’arrêta de jouer, non sans recommencer à rire. Elle avait joué moins vite que la plupart des interprètes et s’était plantée sur quelques notes, mais son petit ami n’aurait certainement rien remarqué. Par contre, quelque chose ne lui avait pas échappé à elle : il avait un don incroyable pour faire jaillir d’elle un trait de sa personnalité enfoui depuis longtemps. Voire même un trait qui n’avait jamais été mis en avant. Selene avait été garce, allumeuse, discrète, sombre, réservée, mais à ce point espiègle et taquine ? Il n’y avait qu’avec Gabriel. Sincèrement.

Brusquement, son corps agi comme s’il ne lui appartenait plus. Elle avait franchi la distance qui les séparait d’un élan furtif et plaquait ses lèvres contre les siennes pour lui donner un baiser passionné. Comment avait-elle pu mettre autant de temps pour se rendre compte que cet homme lui faisait un effet si spécial ?


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Gabriel Fowler
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MessageSujet: Re: Would you save me ?   Sam 2 Juil 2016 - 21:11

Comme il l'avait espéré, elle avait marché à fond. La mine sérieuse, elle avait attendu la question sans savoir à quoi s'attendre, imaginant sans doute le pire. Puis elle avait dû se rendre à l'évidence ; Gabriel et le sérieux, ça faisait 42. Il accueilli avec un rire malicieux le coup qu'elle lui assena sans la moindre force et se retrouva complètement hébété devant la petite démonstration qu'elle lui fit.
Elle jouait tellement vite et avec une telle fluidité qu'il avait presque l'impression d'assister à une démonstration de magie. Et une magie vraiment sublime. Dès lors qu'elle avait un clavier entre les mains, elle se transformait en une sorcière aux pouvoirs ensorcelants. Mais il n'aurait de toute façon pas put succomber plus qu'il ne l'avait déjà fait.

« Peuh, facile ! Dans une semaine je le joue mieux que toi. » lança t-il avec un air faussement condescendant.
Même en un an de travail acharné il n'aurait pas été capable de reproduire ne serait-ce qu'un dixième de ce qu'elle venait de faire. Et encore, en prenant son temps sur le clavier.
Lorsque la musique s'interrompit, le silence qui suivit le ramena à une étrange réalité ; il ne voulait pas qu'elle s'arrête. Il ne l'avait jamais vu jouer et ce petit aperçu l'avait véritablement subjugué. Il aurait put s'asseoir là, sur son lit, et la contempler en train de jouer pendant des heures sans se lasser. Parce que lorsqu'elle assemblait des notes entre elles, bien qu'elles soient tirées d'une partition sortie de l'imagination d'un autre artiste, il avait l'impression d'entendre l'âme de la musicienne s'exprimer sans la moindre retenue. Il aurait voulu être capable d'en faire de même.

Puis leur regard s'accrochèrent alors qu'elle s'avança à nouveau vers lui pour une étreinte passionnée. Surprit, il lui rendit son baiser et finit par poser une main sur sa nuque, et une autre sur son flan. Leurs lèvres appuyées l'une contre l'autre, leur langue valsant l'une avec l'autre, il sentit monter en lui un désir enflammé. Partant du plus profond de son bas ventre et remontant le long de sa colonne vertébrale, il le sentait le consumer, tel un simple fétu de paille exposé à un immense brasier. Laissant ses doigts jouer dans les cheveux de Selene, il se servit de sa main posé sur son côté pour l'attirer un peu plus à lui. Une fois encore, son cerveau était partit en vacance. Submergé par un flot de sentiments tous plus puissants les uns que les autres, il avait envie de laisser libre court à cette soudaine pulsion qui prenait doucement le contrôle. Sentant alors comme un élan de chaleur se diriger vers son entre jambe, il se dit que c'était peut-être le moment de redescendre sur terre. Tout à coup, son coude s'appuya sur le clavier encore allumé et une nouvelle série de notes pas du tout en harmonie s'éleva dans l'air avec fougue.

Profitant de cet diversion pour détacher ses lèvres de celles de Selene, il se racla la gorge avant de s'excuser d'un regard.
« Hum... Je... Tu... veux bien faire quelque chose pour moi ? »

Doucement, il quitta son assise et recula sans la quitter du regard. Puis il s'assit sur le bord de son lit.
« J'aimerais beaucoup t'entendre jouer un morceau. Et en entier cette fois. Pas pour la frime. »

S'il avait continué de l'embrasser comme ça, il aurait fini par aller plus loin. Et il ne voulait pas précipiter les choses. C'était hors de question. Il ne voulait pas lui donner l'impression de profiter d'elle, et risquer qu'elle se froisse. Elle avait fait naître en lui un désir irrépressible, et s'il n'écoutait pas sa raison, il risquait de le regretter. Ainsi assis sur le lit, il sentit redescendre petit à petit la pression qui avait commencé à le mettre des plus mal à l'aise.


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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: Would you save me ?   Dim 3 Juil 2016 - 1:00

Leurs langues s’épousaient, leurs souffles se mêlaient, alors que Gabriel l’attirait à lui, la musicienne passait ses bras autour de son cou. Elle le voulait, contre elle, avec elle, en elle. Peut-être qu’elle allait trop vite, mais elle s’en fichait un peu. Ce qui lui faisait peur désormais, c’était de manquer quelque chose, d’avoir des regrets, de sentir qu’elle n’en avait pas fait assez. Selene embrassait fiévreusement, désespérément presque, jeune et audacieuse. Elle aimait sentir la chaleur de son aîné, la main dans ses cheveux, son odeur qui l’enivrait, sa peau contre la sienne…

- Ah, Putain !

Encore une fois, le violent agrégat lui avait agressé les oreilles en arrachant son cœur à sa cage thoracique. Son exclamation lui avait échappé alors qu’elle était tirée méchamment de son baiser fougueux. Son rythme cardiaque était affolé, boosté par l’excitation et la frayeur. La pianiste était prête à recommencer et, quand l’ancien professeur bafouilla qu’il aurait aimé qu’elle fasse quelque chose, la jeune femme crut qu’il allait lui demander une faveur sexuelle. Néanmoins, elle comprit vite que ce n’était pas le cas quand elle le vit s’éloigner pour s’assoir sur le bord du lit, hors d’atteinte. Échevelée comme une adolescente, Selene le regarda d’un air interrogatif qui signifiait « je te fais peur maintenant ?! ». Quand Gabriel lui révéla ce qu’il voulait, l’étudiante balbutia :

- Ah, oh, euh…

Retour sur terre. Visiblement, il n’était pas prêt à sauter le pas. Quelque chose le dérangeait ? Elle avait foiré ? Elle brûlait les étapes ? Il n’avait pas de capotes ? C’était une véritable torture pour la musicienne de ne pas connaître la raison de ce brusque refroidissement, mais elle n’osait pas non plus aborder la question. Le tournis lui revint, mais cette fois seulement parce qu’elle se refaisait le film qu’ils avaient passé ensemble pour savoir où elle avait merdé. Elle ne voyait rien. D’ailleurs, l’instituteur n’avait pas l’air de la détester, il la dévorait toujours du regard. C’était peut-être un romantique qui s’inquiétait de lui « rendre honneur » ou quelque chose comme ça ? Si oui, il s’embarrassait d’un fardeau en ce qui la concernait. Pourtant, aussi libérée qu’elle l’était dans sa tête, Selene rougit quand elle hocha timidement la tête en souriant :

- Ok, ok je vais faire quelque chose, tu vas peut-être reconnaître.

Elle disciplina rapidement ses cheveux, ajusta sa position pour faire parfaitement face au piano. Droite, élégante, gracile, elle n’avait plus rien à voir avec celle qui, seulement quelques jours plus tôt, avait réduit en charpie la tête d’un homme à coups de couteau. Squeezant volontairement toute l’introduction à base de nappes de trémolo et de mélodie invertébrée, l’étudiante entama immédiatement par le thème principal de l’Apprenti sorcier de Paul Dukas. Va savoir pourquoi c’était à ça qu’elle avait pensé… peut-être parce que c’était une pièce relativement courte pour une œuvre de compositeur, que les notes avaient tendances à sautiller, et que ça faisait moins démonstration brute que Prokofiev. Quelques uns des tiraillements harmoniques pourraient faire grimacer Gabriel, dont les oreilles n’étaient pas initiées, mais… tant pis ! Elle adorait ce morceau.

Réservée d’abord, la jeune pianiste se laissa peu à peu emportée dans son interprétation. Ses doigts se dérouillaient, ses gestes se fluidifiaient au fur et à mesure, lui rendant sa virtuosité d’antan. Elle oubliait certains passages mais s’autorisait à improviser jusqu’à ce que sa mémoire recolle les morceaux. C’était ce qu’il y avait de magique avec la musique : c’étaient les mains qui enregistraient tout, pas le cerveau. Les souvenirs étaient ancrés dans sa chair, ses os et ses muscles. A vrai dire, un bouquet fantastique d’émotion éclatait derrière les paupières closes de Selene, qui avait l’impression de renaître. Arrivée aux chocs dramatiques en milieu de morceau, elle percutait son clavier avec une passion à fleur de peau, puis ses notes cascadaient en rivière interminable avant de se heurter à de nouveaux accords tendus.

Dans un autre monde, elle n’avait même pas réalisé qu’une larme avait coulé le long de sa joue pendant qu’elle jouait. La fin arrivait bien trop vite, alors sans rien laissé paraître, elle rallongea un peu les derniers tremolos, retardant la brusque ponctuation qui marquait l’arrêt de la partition. Elle se laissa alors plusieurs secondes, le temps de revenir de son interprétation qui avait engagé toute son âme – sans doute plus qu’elle ne l’aurait pensé. Lentement, l’étudiante se tourna vers Gabriel, essuyant sa joue, et expliqua d’une petite voix humble :

- Voilà… c’était L’apprenti sorcier de Dukas. Mais en fait, beaucoup de gens connaissent plutôt cette musique grâce à Fantasia. Tu l’as vu ? C’est la scène de Mickey avec un balai qui a des bras là…


Go back and forward, but all is melting like the snow ♪ Taking all from us, all we thought was left to know ♪ On what we treasure falls a dusty snow ♪ taking us backwards, but where we will never know.
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Would you save me ?

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