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 We could be like Ernest and Célestine

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WALKING WITH THE DEADS

MessageSujet: Re: We could be like Ernest and Célestine   Dim 26 Juin 2016 - 0:07

Malou n'en croyait pas ses yeux !
L'homme, un adulte, l'avait écouté, l'avait cru sur parole et sans broncher, sans pousser les hauts cris, sans leçon de morale du style: « mais ma pauvre fille, tu racontes n'importe quoi, je n'ai pas de temps à perdre avec tes balivernes ! », sans même le regard prétentieux de ceux qui savent tout, qui ont toute la panoplie d'armes de toutes sortes et de toutes grandeurs, il s'était lui aussi accroupi devant le corps putréfié et puant, avait enfilé des gants et s'était pommadé comme elle.
Cela lui en boucha un coin.
Main sur la clenche de la porte, elle l'attendit patiemment en le regardant avec admiration: ce type avait vraiment des tripes, c'était le cas de le dire !
Même Nounours qu'elle adulait au point de ne lui voir que des qualités n'avait jamais prit la peine de montrer une quelconque curiosité par rapport à cela; pourtant, il en avait été trois fois témoin...
A partir de cet instant, l'adolescente eut une certitude: Josh était un ami, un vrai. Jamais elle ne l'abandonnerait; elle accourrait à la moindre de ses demandes, dut-elle être à l'autre bout du monde et l'aiderait autant qu'elle qu'elle le pourrait à retrouver sa famille morte ou vive sans rien demander en échange car le bûcheron, sans le savoir, venait de lui faire le plus beau cadeau de sa vie: sa confiance, sans condition.

Malheureusement, il n'y avait pas une seconde à perdre en remerciements, encore moins en effusions amicales; à peine avait-elle ouvert la porte sur un bureau pour secrétaires spacieux, simple, fonctionnel et aéré qu'elle aperçut dans une pièce privée à l'huisserie grande ouverte la silhouette d'un cadavre ambulant.
Son coeur se mit battre la chamade tellement fort qu'il dût s'arrêter et s'obliger à respirer lentement, posément, c'était terriblement important.

Non, elle n'était pas sûre !
L'épisode vécu jadis devant la benne à ordure n'avait peut-être été qu'un hasard... Peut-être allaient-ils se faire mordre et finir infestés eux aussi.

Paralysée par la peur, incapable d'articuler le moindre mot de mise en garde, elle resta sur place, bras ballants, mâchoire inférieure pendante, à regarder la scène qui se déroulait sous ses yeux.
Ce n'est que quand Josh lui fit un signe du pouce, prouvant que l'expérience avait parfaitement fonctionné qu'elle se détendit et lui envoya un sourire, un vrai, enfantin, pur, radieux comme elle en offrait à sa maman avant, quand elle était une toute petite fille et qu'elle n'avait jamais plus esquissé depuis.
Si l'homme avait le temps de voir cela ou s'il était observateur, il pouvait constater qu'à cet instant le visage de Malou pouvait être joli.

Du sang et de la cervelle gicla au sol et sur le mur; l'adolescente détourna les yeux; cela ne l'émouvait pas mais elle n'aimait pas non plus se repaître de ce genre de spectacle.
Elle allait ouvrir la bouche pour chuchoter une précision quand un bruit venant d'un des deux autres bureaux un peu plus loin l'alerta en même temps que l'ami.
Se raidissant, rouleau à pâtisserie bien en main elle ouvrit la bouche une nouvelle fois: il fallait qu'elle le lui dise, c'était grave mais là non plus elle n'en eut pas le loisir.
Après l'avoir regardé d'un air interrogateur, Josh avait subitement pris la décision de ressortir de la pièce tandis que trois autres trucs faisaient leur apparition dans son dos en titubant.

Elle n'allait pas le laisser réitérer l'expérience d'avancer vers eux sans rien faire, cela ne marcherait plus, elle le savait.
CREVE LES ! Hurla t-elle dans sa direction, VIIITE !
Et sans plus s'occuper des faits et gestes de son co-équiper, elle se mit à cogner dans les tibias du premier qui arrivait en grognant.
Le mort-vivant était costaud, le coup ne le fit même pas vaciller; alors, prise d'une panique indicible, un clapet dans son cerveau se ferma comme lorsqu'elle avait été devant l'otage de Brinnon. Dans un état second, elle se mit à frapper à toute volée en poussant des han ! Chaque fois qu'un coup s'abattait; elle ne pouvait plus s'arrêter, plus rien n'existait d'autre pour elle que ces trois paires de jambes à abattre.

Josh avait dû en venir à bout. Les trois crânes avaient dû exploser sous sa hache car elle eut l'impression de sentir une main ferme et réconfortante se poser sur son épaules; à moins que ce ne fut un rêve ?
Epuisée, l'adolescente avait la tête qui tournait en même temps qu'un voile obscur se tirait devant ses yeux.
Au bord du malaise, elle s'assit au sol et murmura sans même savoir si l'oreille amicale était tendue vers elle:
ça marche... souffla t-elle, à condition de ne pas stresser ou de ne pas s'exciter sinon ton corps émet de la chaleur et il transpire...
Elle s'arrêta quelques secondes afin de reprendre son souffle. Etait-il là ? Comprenait-il ? Au bord de l'évanouissement les sensations l'abandonnaient.
Dans un dernier sursaut elle continua sa phrase: … Et à nouveau pour eux tu sens la vie, même par-dessus la puanteur de mort... ils te voient, ils t'attaquent et c'est foutu. Il faut toujours respirer tout doucement, très calmement pour rester invisible.

Dans la tête de Malou, le silence régnait à présent. Inconsciente, son corps s'était affaissé sur lui-même.
Quand elle refit surface quelques instants plus tard, elle ouvrit de grands yeux effarés et demanda: tu as bien entendu tout ce que je t'ai dit ?
Se redressant avec peine, elle attendit que Josh réponde par l'affirmative avant de continuer: ne t'inquiète pas, ce genre de malaise m'arrive de temps en temps, rien de grave.
Retournons dans les deux bureaux voir si ta famille n'y était pas et montons à l'étage inspecter le reste !


Elle avait prit un semblant de ton autoritaire car pour rien au monde elle aurait avoué à l'homme que la cause de ces faiblesses était le résultat d'une malnutrition délibérément choisie: elle avait décidé d'être anorexique afin de ne pas grandir.
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Josh Harper
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MessageSujet: Re: We could be like Ernest and Célestine   Lun 27 Juin 2016 - 18:51

La petite pointe de stress s'est vite transformée en quelque chose de beaucoup plus angoissant. Le visage de Malou, alarmé à présent, contraste en tout point avec la vision que j'ai eu d'elle il y a à peine quelques secondes. Le sourire qu'elle avait à ce moment là. Un sourire de joie, de bonheur, compte tenu des circonstances. Un sourire en aucun cas forcé. Un simple sourire en réponse à mon petit signe. Alors que je ne la trouvais pas particulièrement gâtée par la nature quelques minutes plus tôt, voila que je lui découvre un nouveau visage. Elle paraît plus radieuse. Il est vrai qu'un tel sourire rendrait plus joli n'importe qui. Même une gamine toute teintée de parties de monstres. Sauf que l'heure n'est clairement plus à la gaieté mais à la panique, l'affolement, la peur. Je sors tout juste du bureau qu'elle hurle à plein poumon. « Crève les ». Ce qui sous-entend qu'ils sont plusieurs. Combien ? Mon cœur s'est mis à battre à mille à l'heure. Son regarde se porte vers ma gauche et elle se rue comme une furie. Je me retourne pour constater que trois de ces choses sont apparues. Comme sorties de nulle part. J'ai du mal à comprendre la réaction de Malou. Il ne sont que trois. Absolument rien d'insurmontable. Surtout que nous ne sommes pas acculés. Je suis armé. Je suis en pleine possession de mes moyens. Mais peut-être que pour elle, trois mangeurs d'hommes c'est beaucoup trop. Il est vrai que venir à bout de trois monstres en étant armé que d'un simple rouleau à tapisserie ce ne doit pas être un jeu d'enfant pour elle. De plus, elle ne s'y prend pas vraiment de la bonne manière pour les exterminer. Je ne suis pas un expert mais tout de même.

Comme transformée, elle martèle sans arrêt les jambes du premier venu. Poussant de légers cris certainement afin de se donner la force suffisante de l'abattre. Le monstre chancelle et s'apprête à retomber sur elle. C'est évident. Cette technique n'est pas la bonne. Avant que la chose ne s'écroule sur elle, mâchoire la première sur son cou, je lui balance un coup de hache horizontalement qui a pour effet de lui décoller le haut du crâne et de le neutraliser sur le champ. Et de un. Malou ne s'arrête pas pour autant et continue à taper, taper et taper sur les jambes du deuxième monstre. Deuxième monstre qui partage rapidement le sort du premier. Ma partenaire est comme possédée. Je neutralise le troisième mangeur d'hommes de la même manière que les deux précédents mais cela n'empêche pas pour autant ma partenaire de continuer à frapper sans relâche. Les coups semblent moins puissants, plus lents, comme si l'énergie commençait quelque peu quitter son corps. Va-t-elle cesser à un moment ? Est-ce qu'elle va se rendre compte qu'ils sont anéantis ou son corps lui dira-t-il stop avant ? Bien décidé à ne pas attendre ce qu'il en est je dépose ma hache sur le sol et lui serre l'épaule gauche. Approche doucement ma tête de la sienne mais pas trop près, un faux mouvement de sa part ou que sais-je et je me retrouve avec un coup de bâton sur le nez.

« C'est fini. Calme-toi. C'est fini. Ils sont … C'est fini. »

Exténuée elle s'arrête. Enfin. Elle se laisse tomber sur le sol. Sans même vraiment reprendre son souffle, elle s'adresse à moi. M'expliquant une partie des limites de son camouflage. Il faut donc rester calme. Pas la chose la plus évidente à faire. Et par conséquent ce serait donc ma hâte, mon excitation qui m'aurait fait remarquer ? Mince. Si j'avais su. Après quelques grandes inspirations elle reprend. Comme je le pensais, être calme. J'assimile ses propos. Avant de me dire qu'elle en sait des choses. Lorsque nous serons calmement posés dans une maison, grignotant un petit quelque chose, il faudra que je lui demande tout ce qu'elle sait sur les monstres. Toute information est utile. Et comme visiblement je me rend compte que je ne sais rien … Malou semble reprendre ses esprits petit à petit. Me demande même si j'ai bien tout suivi ! Evidemment. Je ne vais pas laisser filer de tels renseignements.

« Oui oui j'ai compris. Mais toi ça va ? Tu ne veux pas te reposer encore quelques secondes ? »

Nous ne sommes pas pressés. Inutile de prendre des risques et de mettre sa santé en péril. Je ne voudrais pas qu'elle se relève trop vite et soit victime d'un malaise. Je l'aide à la remettre sur pieds alors qu'elle me dit que je ne dois pas me faire de soucis. Facile à dire. Oui je suis inquiet. Surtout que ce n'est pas la première fois que ça lui arrive. Je ne sais pas si le « rien de grave » est pour me persuader moi et pour se persuader elle-même. J'ose à peine penser à ce qu'il serait arrivé si je n'avais pas été là. Après réflexion, il est vrai qu'il n'était pas très malin de m'attaquer directement à ce monstre sans même avoir fait le tour de la pièce, inspecter les bureaux. Surtout que le camouflage nous aurait permis de nous balader quelques instants. J'ai agi comme un enfant et cela a presque failli coûter la vie à une personne. Mais pas le temps de réfléchir et de tergiverser sur le sujet qu'elle reprend la parole. Je sais qu'elle ne dit pas cela avec une mauvaise intention mais j'espère sincèrement ne trouver personne dans ces bureaux. Car cela signifierait qu'ils sont ... Non je ne veux pas y penser. Faites qu'il n'y ait personne.

« Oui allons-y ... Je ... Je suis désolé pour ce qu'il vient de se passer. Je ... J'aurais du inspecter les environs d'abord ... »

Une bêtise que je ne suis pas prêt de répéter dans l'immédiat. Surtout en ayant vu l'état dans lequel s'est mis Malou. Une autre de ses crises et je ne crains qu'elle devra prendre du repos le temps d'une bonne heure minimum. Même maintenant mon comportement n'est pas réfléchi. Je devrais lui dire d'attendre deux minutes. Prendre une barre chocolatée dans mon sac et lui donner. Je devrais l'asseoir « de force » mais c'est une chose à laquelle je ne pense pas vraiment. Cote à cote nous avançons donc vers les bureaux. Je prends le temps de jeter un œil sur les trois monstres à présent étalés sur le sol. Je ne les reconnais pas. Je ne suis pas non plus en mesure de dire si ce sont des employés de la boite car ça fait fort longtemps que je n'ai pas mis les pieds ici et le dernier repas de l'entreprise auquel j'ai participé remonte à un paquet d'années. Un bref coup d’œil dans le bureau juste avant celui de mon père pour constater qu'il est vide. Beaucoup de barda au sol et sur la table évidemment mais pas de cadavres ni de nouveaux monstres errants. Vu le boucan de ces dernières minutes, aucune chance que nous soyons passés inaperçus. S'il y a un autre mangeur d'hommes dans le coin, il est sûrement bloqué. Je pointe du doigt le dernier bureau.

« Celui-là c'est le bureau de mon père. »

J'avale ma salive. Retiens ma respiration. Ce qui est bête dans le fond. Mon père ne sera pas là. Personne ne sera là. Arrivé devant la vitre qui sépare la pièce de l'open-space, mon regard se porte directement sur une paire de jambes allongée sur le sol. J'ouvre grand les yeux. Je me précipite. Bousculant presque Malou. Non ... Je passe sur le côté du bureau, écrasant de la paperasse, du matériel informatique et sans doute un cadre contenant une photo de famille qui jonchent le sol. J'arrive à coté du cadavre et regarde son visage ... Je ferme les yeux et laisse retomber tout le poids de mes épaules. Ce n'est pas lui. Ce n'est pas mon père. Je pousse presque un ouf de soulagement. Je ne me réjouis pas pour autant de la mort de cet homme. Presque haletant, je pense tout haut.

« C'est bon. C'est pas lui. »

Je prends le cadavre pour le mettre dans le coin de la pièce. Je souffle un bon coup. Mains sur les hanches je me prends quelques secondes pour observer les lieux. Si mon père voyait l'état de son bureau il serait révolté. Lui qui aimait bien le rangement. Sans trop savoir pourquoi je prends la chaise de bureau qui est par terre et la remet sur ses roues. Puis je regarde le bureau. Et je souris. Malgré le capharnaüm presque indescriptible, malgré le temps écoulé depuis que je ne suis plus venu ici, pas de doute sur le propriétaire de ce bureau. Pas une seule seconde j'aurais cru que mon père gardait nos vieux, très vieux, cadeaux de la fête des pères qu'on faisait à l'école. Qu'il les ai conservé dans un tiroir à la limite, mais pas là, comme ça, sur son de bureau de travail. Je remarque la tasse décorée de Jenny. Dans des tons de fille, malgré que ce soit un cadeau pour un homme. Je la prends en main. Le sourire toujours présent sur mon visage.

« C'est un cadeau qu'avait fait ma petite sœur quand elle était toute petite. Je dépose mon sac, l'ouvre, prend un chiffon et emballe la tasse. Je vois aussi un porte-photo maison. Mon cadeau. Ah c'est ça c'est moi qui l'ait fait. C'est pas très joli ... Je sais pas pourquoi il gardait ça franchement. Deux photos seulement restées accrochées. Une de ma mère et une des jumelles. En regardant un peu sur le bureau, virant deux trois dossiers, j'en retrouve d'autres. Une de moi. Une de Jenny et de notre chien de l'époque, Nounou, et une on est tous ensemble. Une vieille photo qui date. Je la montre à Malou. C'était aux quatre ans de Jenny, le jour où elle a reçu son plus beau cadeau. Nounou. Notre chien de l'époque. Souriant de plus belle. Je range le tout dans mon sac. Repars à l'inspection du bureau. Il doit bien y avoir un cadeau des jumelles. Bingo. Je tombe sur deux porte-clé en forme de cœur. Et ça ça vient des jumelles. Une fois encore je dépose ma découverte dans mon sac avant d'ajouter. Si jamais tu souhaites prendre quelque chose ne te gêne pas. Et euh ... Si jamais ... ça te dérange ... mon comportement je veux dire, n'hésite pas à me le dire. »

J'étais tellement dans « mon monde » que je ne sais pas vraiment comment a réagi Malou à tout ce que je viens de lui raconter. Ni même si elle m'a écouté d'ailleurs. Certaines personnes n'aiment pas se rappeler de leur ancienne vie. Certaines personnes ne perdent plus leur temps à récupérer des choses « inutiles ». Ce petit moment passé dans le bureau semble hors du temps. Comme s'il s'est arrêté telle l'horloge encore accrochée au mur. Il y a encore des tas de trucs éparpillés un peu partout. Des choses beaucoup moins intéressantes à mes yeux mais qui pourtant me serait potentiellement utile. Auprès de certaines personnes je me fous parfois pas mal de comment je réagis mais je n'ai pas envie de me mettre à dos Malou ou d'installer une mauvaise ambiance entre nous. Je ne saurai pas changer ma manière d'être, « chasser le naturel, il revient au galop » mais je peux toujours faire un petit effort. J'ouvre un tiroir, plus par ennui, parce que je ne sais pas trop quoi faire sur le moment. Il faut visiter l'étage mais j'ai encore envie de rester ici un petit peu. Des tas de trucs de bureautique, d'administratif mais aussi une boite en métal de biscuits dans le fond. Des biscuits classiques pour accompagner un thé, un café ou un chocolat chaud. Je la récupère. Je l'ouvre et constate qu'il ne reste plus vraiment grand chose. Je devrais proposer à Malou dans un premier temps mais doutant de la fraîcheur de la nourriture j'en prends un et le goûte. Pas le temps d'avaler que je parle la bouche pleine.

« Un peu mou mais ça va. Tiens sers-toi ! Je lui tends la boîte avant d'ajouter. Dès que t'es prête on peut monter. Faudrait quand même pas trop traîner. Il y a une petite cuisine à l'étage. Avec un peu de chance on trouvera peut-être deux trois trucs. Je commence doucement à avoir faim. »

Je me sens étrangement de bonne humeur. Une petite envie de discuter monte en moi. Ce qui est vraiment étrange parce que je ne suis pas du genre bavard, extraverti. Je ne sais si c'est le fait d'avoir retrouvé quelques souvenirs, d'être avec une fille comme Malou ou simplement parce que je me suis levé du bon pied. Il n'y a pourtant pas de quoi être heureux. Je n'ai retrouvé personne. Aucun indices ne laissent à penser que mon père est passé par ici. Aucun indices donc sur le lieu où ma famille pourrait être. Il n'empêche que j'avale le biscuit et souris à ma complice. Je souris car nous formons tout de même une drôle d'équipe tous les deux.
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MessageSujet: Re: We could be like Ernest and Célestine   Jeu 30 Juin 2016 - 11:23

Malou sortait de sa torpeur. Josh était là face à elle, l'air inquiet, prévenant. Il avait réussit à fendre le crâne des trois mangeurs d'hommes, ce qui pour elle était un exploit et surtout, il avait bien entendu les recommandations importantes; tout allait donc pour le mieux dans le pire des mondes.

Se redressant déjà, elle lui était reconnaissante de ne pas insister comme l'aurait fait la majorité des adultes serinant les éternelles phrases telles que: « repose toi encore » ou « mange un peu », etc...
L'adolescente n'aimait pas écouter son corps; pour survivre, il fallait rester debout coûte que coûte, telle était sa devise.
D'ailleurs elle n'était pas dupe: taillée et inexpérimentée comme elle l'était elle ne ferait certainement pas de vieux os vu les circonstances mais chaque seconde, chaque lever et coucher de soleil qu'elle verrait serait toujours cela de gagné, comme une petite victoire personnelle sur ces morts vivants toujours plus nombreux.
Dépasserait-elle les 17 ans ? Elle n'en était pas sûre mais elle s'en foutait; elle ne se posait même pas la question.

L'ami se dirigeait déjà vers un des bureaux non visités. Les jambes encore faibles, elle le suivit lentement, un peu craintive et pénétra dans une pièce fonctionnelle où rien ne semblait attirer le regard.
Mais quand l'homme s'écria que le suivant était celui de son père, l'adolescente accéléra d'allure, mue par autant de curiosité que d'appréhension.
Comme lui, la première chose qu'elle remarqua fut le cadavre dont seules les jambes étaient visibles.
Paralysée d'effroi, elle n'osa plus bouger et resta contre le battant de la porte. Et si c'était le papa ?
Son coeur se serra; Josh serait inconsolable et elle le comprenait.
Comment réagirait-elle si elle se trouvait nez à nez avec la dépouille de son frère ? Elle ne préféra pas y penser car elle savait qu'elle en deviendrait folle de chagrin aussi fut-elle bien soulagée quand il annonça que c'était quelqu'un d'autre.

Comme Josh semblait avoir le désir de fouiller dans les affaires, Malou s'assit sur le fauteuil à roulette qu'il avait redressé, regardant d'abord autour d'elle la décoration de cette pièce simple, sans faste, chaleureuse et apaisante avant de se concentrer sur ce que son nouveau compagnon de route lui montrait.
Comme il avait l'air heureux en présentant la petite tasse façonnée par sa soeur !
De plus en plus interéssée, Malou était concentrée sur tout ce qu'elle voyait et entendait. A elle aussi tout cela lui rappelait des souvenirs... Le collier de nouilles sèches et peintes pour sa maman, le cadre de graines diverses collées pour papa... Où était-ce ? Elle ne les avait jamais vu dans sa maison.

Penchés tous les deux sur les photos, contemplant les visages et le chien avec un sourire jusqu'aux oreilles, ils devaient probablement ressembler à deux enfants en train de fouiller le grenier de grand-maman !
Rien que pour ces petits instants d'éternité, la vie valait le coup d'être vécue.
Quand il n'y eut plus de trésors à découvrir Malou ressentit comme un vide; c'était déjà fini. La petite parenthèse de rêve, de retour à l'enfance joyeuse et insouciante s'était refermée, la laissant à nouveau face à ce monde abjecte et dangereux.

Sur l'invitation de son ami, Malou regarda ce qu'il y avait sur le bureau.
Elle aurait bien pris le beau stylo en argent mais n'osa pas, elle aurait eu l'impression de voler. Son regard se posa alors sur le porte-stylo et le sous-main qui semblaient en cuir mais cela aurait été trop encombrant. D'un bond, elle attrapa alors une liasse de simples feuilles de papier vierge et annonça gaiement: je prends ça ! Je m'en servirai pour dessiner en pensant à toi ! Avant d'ajouter: tu ne me gênes pas du tout, au contraire; cela me rappelle des souvenirs à moi aussi...
Et comme il se dirigeait vers un tiroir, Malou fit le tour du bureau pour le rejoindre, impatiente de découvrir d'autres secrets.
Curieuse comme pie, elle se pencha et regarda avec convoitise la boite de métal que Josh sortait délicatement avant de l'ouvrir.
Elle allait faire une remarque quand elle le vit porter un gâteau à la bouche.
Non ! Cria t-elle, ne fais pas... Trop tard; il avait mordu dedans et le mâchait consciencieusement.

Pourquoi n'avait-elle pas pensé à le tenir informé de cela aussi ?
Malou s'en voulait atrocement et main sur la bouche, regardait l'homme avec des yeux emplis de frayeur.
Cela lui avait semblé tellement évident... C'était toujours le même problème: ce qui l'est pour les uns ne l'est pas forcément pour les autres; malgré tout on ne pense pas un instant à mettre en garde surtout qu'il avait pris soin d'enfiler des gants comme elle; cette précaution n'était pas pour faire joli !

Refusant le biscuit tendu avec un air paniqué elle s'approcha de sa figure souillée, examina le tour des lèvres et poussa un ouf de soulagement en constatant qu'il avait très mal pommadé le bas du visage.
Tu as eu la chance, tu aurais pu mourir ! et alors là... dit-elle en laissant sa fin de phrase en suspens.
Soupirant un bon coup, elle lui expliqua la dernière règle de ce camouflage:
si on a mis des gants, c'est pour nous protéger parce que parfois, avec les mains on ne fait pas attention mais on se gratte le nez ou pire, la bouche...
Malou avait du mal avec le vocabulaire aussi prit-elle le temps de réfléchir afin de donner la meilleure explication possible: les mangeurs d'hommes sont des infestés et tu t'es barbouillé le corps et le visage avec leurs miasmes et ça c'est très contagieux. C'est pour cela qu'il faut éviter de s'en mettre sur les mains et sur les lèvres... Sinon tu attrapes la maladie et tu deviens comme eux.
Elle laissa planer un silence afin que Josh digère l'information et, voyant qu'elle avait gâché sa bonne humeur elle lui dit plus doucement, sur un ton enjoué: tu as raison, montons dans la cuisine se débarbouiller à l'évier, après on pourra manger tout ce qu'on veut !

Tout à coup guillerette, elle monta vivement à l'étage et ouvrit la porte de la kitchenette.
Là aussi tout était simple et fonctionnel; malheureusement un seul coup d'oeil suffisait pour remarquer que cette pièce aussi avait été fouillée. Les portes des placards et du petit réfrigérateur baillaient, les tiroirs étaient renversés au sol; même la poubelle avait été inspectée.
Se dirigeant vers l'évier elle tourna le robinet, au moins y avait-il de l'eau et même un petit morceau de savonnette !
Elle se nettoya méticuleusement le visage et les mains puis se tournant vers l'ami elle lança: à toi ! Avant de prendre un biscuit dans la boite qu'elle grignota avec gourmandise.
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Josh Harper
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MessageSujet: Re: We could be like Ernest and Célestine   Jeu 30 Juin 2016 - 19:55

Malou a jeté son dévolu sur une pile de feuilles blanches. Un truc tout simple. Il y a des tas de choses qui traînent partout et qui, encore une fois, nous seraient peut-être plus utile mais c'est ainsi. Quand elle me dit qu'elle y dessinera dessus en pensant à moi je ne peux me retenir de rougir et de faire semblant de trifouiller plus encore. Chose qu'elle a sans doute du remarquer tant je ne suis pas discret. Je me demande si c'est une artiste. Un peu comme les jumelles. Si elle est douée crayons en main. Moi je n'ai jamais su dessiner. Il faut dire que je n'ai pas réellement appris non plus. Les seuls moment où je tentais de faire des esquisse étaient à l'école quand je m'ennuyais en cours. Parce que la physique, la chimie, ça n'a jamais été mon dada. Esquisses qui s'apparentaient plus à de l'art abstrait qu'autre chose. Gêné mais non moins content de sa remarque. Tout comme la suivante. Moi aussi tout cela me fait remonter des années en arrière. Tout ce qu'il me reste à présent c'est un album photo et les différents cadeaux que j'ai pu trouver ici. J'aurais pu embarquer bien plus de choses lorsque je suis repassé par la maison, mon premier arrêt en arrivant à Seattle. Mais j'ai opté pour l'essentiel, pour l'opérationnel. Et puis l'album est suffisant. Il regroupe les meilleurs clichés de notre famille. C'était une idée de Jenny pour les cinquante ans de maman. Une très bonne idée. Je me plais à l'ouvrir de temps en temps le soir. Je connais presque les pages par cœur à présent mais ça me fait du bien. Et puis j'ai l'impression d'y découvrir à chaque fois de nouveaux petits détails.

Quelques instant plus tard, quand je me mets à croquer dans le biscuit, Malou me fait terriblement peur. Je sursaute à moitié. Avale le biscuit presque en m'étranglant avant d'ajouter qu'ils sont mous. Mais pourquoi a-t-elle réagit comme cela ? Je regarde derrière elle, en direction de l'open-space mais il n'y a rien. Pas âmes qui vivent. Elle me regarde avec un air terrorisé. Ne sachant que trop faire je tourne la tête. Je ... Qu'ais-je fait ? Elle écarte ma boite de biscuits, et ma proposition par la même occasion, avant d'inspecter, d'analyser mon visage. Ma bouche. Je me suis un peu penché pour qu'elle n'ai pas à se hisser sur la pointe des pieds. Que se passe-t-il ? Après une poignée de secondes, son effroi s'envole et même temps qu'elle pousse un soupir de soulagement. De la chance ? Mais pourquoi ? A cause des biscuits ? Ce ne sont que de simples aliments. Ils doivent traîner depuis un bon moment c'est vrai. Peut-être même plus d'une année mais quand même. J'ai du manger bien pire au cours des derniers mois. Revenant complètement à elle, ma petite partenaire m'explique le fond de sa pensée. Que ... ? Elle sous-entend que je risque d'être contaminé si je venais à avaler malencontreusement du sang d'infectés ? Ou par voie cutanée ? Mais pourtant ... nous sommes tous infectés non ? Avant de lui faire part de ce je pense sur la question, elle continue. Elle m’impressionne. Sa connaissance sur  ces choses semble sans limite. Je ne sais pas de où elle tient tout cela mais je reste pantois. Mais est-elle vraiment sûre d'elle ? Ce qui est arrivé à Lorenzo ... C'est bien une preuve que nous avons déjà tous le virus en nous non ?. Oui une morsure nous transforme. Mais on ne peut se transformer juste parce que qu'on est « entré » en contact avec des montres ? Enfin je n'ai jamais été témoin d'une telle situation donc je ne m'avancerai pas. Mais si elle craint d'être « malade » comme eux le sont, je vais peut-être devoir lui annoncer la nouvelle.

J'ai peur de sa réaction. Est-ce qu'elle va me traiter de menteur ? Je suis prêt à ouvrir la bouche mais rien ne sort. Alors Malou reprend, comme pour me faire sentir mieux. L'étage, la cuisine, bonne idée. Je vais attendre que l'on soit en haut. Je vais réfléchir à tout ça. Comment lui dire. Et c'est toute enjouée qu'elle se dirige vers l'open-space, direction la porte par laquelle nous sommes entrés. Rapidement je referme la boite de biscuits, la fourre dans mon sac, ferme la fermeture éclair et remet le sac sur le dos. Allons-y. Hache en main. Je crois qu'avec nos multiples cris, les corps des mangeurs d'hommes chutant au sol et le temps qu'il s'est écoulé depuis les incidents, il y a de fortes chances pour que l'étage soit désert. Ou alors les monstres qui y traînent sont sourds. Venir ici n'aura pas fait avancer mes recherches. Peut-être allons nous trouver des traces à l'étage. Peut-être qu'ils ont écrit un mot expliquant où ils sont partis. Mais bien que de nature optimiste je doute un peu de la chose. Je ne suis pas déçu d'être venu ici néanmoins. Cela m'a permis de rencontrer une personne très gentille, très sympathique. Avec qui je pourrais bien rester quelque temps. Recherchant nos familles.  Et qui pourrait m'apprendre encore bien d'autres choses encore concernant les abominations. Ce qui est un plus. Une belle rencontre déjà mais aussi la découverte des cadeaux.

Avant de monter les marches je jette un œil dehors. Pour m'assurer que le boucan n'a pas attiré d'autres menaces. RAS. Je commence à fermer la porte mais je me rends vite compte que l'endroit va devenir trop sombre et que l'on y verra rien alors je la laisse entrouverte. Une fois en haut des escaliers, je mets mon doigt sur ma bouche pour faire signe de silence. Je ne colle pas le doigt sur les lèvres car je n'ai pas envie qu'elle me refasse une crise de panique. Je tape aussi l'index en dessous de l'oreille. « Ecoutons ». Je tourne la tête. J'observe l'intérieur de l'étage. Rien. En plus de ne rien voir, je n'entends rien.

 « Je crois que c'est bon ... »

Malou entre alors dans la petite pièce cuisine. Ici aussi un capharnaüm ambiant. Armoires grandes ouvertes et vidées. Enfin presque. En les inspectant d'un peu plus près on peut y découvrir des filtres à café, des petites cuillères en plastique ou des fragments de tasses. Je ressors alors la boite à biscuits et la dépose sur la table. Je m'en reprends un. Celui qui a l'air en moins bon état afin de laisser les plus appétissant à ma complice. Complice qui, pendant ce temps, se frotte le visage. Le robinet fonctionne encore. Un miracle. Elle se récure avec enthousiasme. N'omettant aucune parcelle de peau. Définitivement, elle a l'habitude de faire ça. Je sors une moitié d'essuie de mon sac. Elle se retourne, me dit que c'est à mon tour. Elle a le visage propre comme un sous neuf, j'ai l'impression de la découvrir à nouveau. Je lui souris et lui tend le torchon. Je m'approche près de l'évier et effectue les mêmes gestes qu'elle. Sans doute en un peu plus brouillon. Le contact de l'eau sur mon visage me fait du bien. Ca rafraîchit. Je me sens tout neuf. Profitons de ce robinet car rares sont ceux encore fonctionnels. Nos odeurs respectives doivent être quelque part entre immonde et infect mais nos nez ont du s'habituer depuis le temps. Ce n'est plus quelque chose à laquelle on fait attention. Je repense à toute à l'heure et je me décide enfin à parler. J'attends deux secondes que Malou avale son biscuit.

 « Ils sont pas extra mais ça va quand même non ? Dis ... concernant ce qui s'est passé toute à l'heure avec le biscuit. Je ne voulais pas te faire peur je suis désolé ... Mais ... euh ... Comment dire ? En fait je pense qu'on a déjà le virus en nous. Ne t'affole pas hein nous allons très bien ! C'est juste que ... en fait il y a quelques mois j'étais dans une maison avec mes collègues. L'un d'eux a attrapé une grosse maladie et il en est mort. On a décidé d'aller le mettre à la cave pour la nuit. Parce qu'il faisait assez tard et mauvais dehors, on pouvait pas creuser tout de suite une tombe. Pendant la nuit on a entendu du bruit à la cave. On a d'abord cru à un miracle mais en fait euh ... Il euh ... Il s'était transformé ... Sans jamais avoir été mordu ou quoique ce soit ... Et j'ai rencontré un homme il y a quelques temps qui m'a raconté une histoire similaire. On en a conclu qu'en fait on avait tous le virus. Mais il se ... réveille ? ... Je sais pas comment dire ... Que lorsqu'on meurt ou que l'on se fait mordre. Je sais pas ce que tu en penses. Surtout par rapport à tes inquiétudes de toute à l'heure ... »

L'heure est au partage. Tant au niveau de notre « repas » qu'au niveau de nos informations. Nous irons fouiller le reste de l'étage après. Je souhaite d'abord mettre ces choses au clair. Et puis j'avais eu l'air d'un imbécile en bas. Planté sur mes jambes, bouche bée, hésitant sur que faire, que dire. J'espère vraiment ne pas m'attirer ses foudres. La déduction m'avait paru logique à l'époque. L'idée de se transformer suite à une mort naturelle n'est pas vraiment gaie mais cela ne m'inquiète pas plus que ça. Quoique. Cela ne me ferait clairement pas plaisir si je devais planter ma hache dans la tête d'une personne récemment décédée. Je n'ai pas envie d'y penser mais malheureusement mon cerveau en a décidé autrement. Si Malou devait tomber malade par exemple et si elle ...  Je devrais alors ... Non. Et si l'inverse se produisait. Moi en mangeur d'hommes géant, elle devant me neutraliser. Je pousse un léger soupir. Les minutes passées dans le bureau de papa à se rappeler ma famille se sont déjà envolées.

Et patiemment je l'écoute.
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MessageSujet: Re: We could be like Ernest and Célestine   Sam 2 Juil 2016 - 10:12

Autant Malou avait bien vu rougir Josh quand elle lui avait annoncé qu'elle penserait à lui en dessinant - ce qui l'avait faire sourire amicalement - autant elle n'avait rien perçu de sa réaction dubitative tandis qu'elle lui expliquait le danger des miasmes autour de la bouche.
Elle était tellement sûre d'avoir raison, qu'elle n'imaginait pas un seul instant qu'il puisse y avoir une quelconque objection concernant ses propos.
C'est donc toute joyeuse à l'idée que son ami ne serait pas infesté, qu'elle s'était élancée dans l'escalier sans plus vraiment se soucier d'éventuelles menaces.

Il faut dire que la bâtisse était silencieuse, prouvant au moins qu'aucune famille ne s'était installée là pourtant cela ne voulait ne rien dire; certains morts se relevaient en silence avant de s'élancer en grognant.
Quand l'homme mit son doigt presque sur la bouche en tendant l'oreille elle se sentit gênée d'avoir été aussi insouciante, cela aurait pu leur coûter la vie !
Plus calme elle guetta le signal pour entrer dans la cuisine, se débarbouilla et attendit patiemment que Josh soit également propre en furetant deci-delà mais à part les petites cuillers en plastique il ne restait rien de récupérable.
Redressant une chaise bancale, elle s'assit, fouillant dans son sac à la recherche de barres de céréales à partager mais quand elle eut vidé tout le contenu, elle s'aperçut qu'il ne lui en restait plus qu'une. Qu'importe, Malou était généreuse avec les gens qu'elle aimait.
Elle arracha le papier brillant avec ses dents coupa la friandise en deux et posa les morceaux ainsi que sa bouteille d'eau sur la table poussiéreuse: Josh avait dit qu'il avait faim, ils allaient se mettre à table ! Elle aussi avait un petit creux d'ailleurs.

Lorgnant sur la boîte de gâteaux ouverte, elle attendit que l'ami se soit servi pour en prendre un à son tour et lui tendre son propre partage.
C'était vrai, le biscuit était tout mou mais en ces temps troublés il parut tout de même délicieux. Attrapant la bouteille elle but une grande rasade avant faire un signe à Josh de se désaltérer aussi.
Cela faisait si longtemps qu'elle n'avait pas mangé ainsi, à table avec quelqu'un, dans la bonne humeur qu'elle ne put s'empêcher de lancer: on dirait presque que c'est comme avant...

En silence, elle allait entamer sa moitié de barre énergétique quand Josh prit la parole, d'abord à propos de la fraîcheur du sablé avant d'enchaîner sur autre chose de bien plus troublant.
L'homme hésitait dans son préambule et tentait d'expliquer quelque chose d'important sans oser regarder l'adolescente en face.
En alerte, Malou planta son regard agrandi de curiosité et de crainte dans le sien; elle avait un mauvais pressentiment. En général, quand les gens commençaient à parler de la sorte c'est qu'ils avaient quelque chose de déplaisant à annoncer.
Accusant mal le coup de la révélation catastrophique et terrorisante, elle se leva d'un bond et mains sur le visage en signe d'effroi elle ne pu s'empêcher d'articuler un grand Non...!

Quand Josh la rassura en affirmant qu'il n'y avait rien à craindre, elle se rassit lentement sur le bout des fesses et tout en écoutant la suite des propos elle pensa qu'au contraire, tout était à craindre, qu'il n'y avait plus aucune sécurité nulle part, qu'il était désormais possible d'être attaqué d'une seconde à l'autre, y compris par son meilleur ami.
Sans le savoir elle faisait le même rapprochement que Josh: si elle devenait infestée sans avoir été mordue, il serait obligé de lui fendre la crâne avec sa hache mais si c'était lui qui devenait une bête immonde elle serait obligée de le cogner partout, de le massacrer avec son rouleau à pâtisserie ou sinon de mourir avant de se transformer en...
Non... murmura t-elle encore, complètement abattue par cette terrible nouvelle.

La jeune fille laissa passer un long silence pesant, se triturant les mains tant elle était angoissée. Tête baissée elle n'osait même plus regarder le visage franc, lumineux de l'homme penché vers elle, attendant une réponse l'air soucieux.
Ce n'est qu'après un bon moment qu'elle demanda lentement, dans un souffle, ayant l'air de supplier une réponse du style: « mais non, c'était une blague ! »: tu est vraiment sûr de cela... ? Moi aussi... Et même toi, on a le virus en nous ?

Son cerveau était tout chamboulé, son optimisme était en berne à tel point qu'elle laissa tomber: alors il n'y a plus aucun espoir, nous sommes condamnés à disparaître...
Sa gorge se serra et quelques larmes se mirent à couler.
Sans prendre la peine de les essuyer d'un revers de manche, elle continua:
je pensais qu'on attrapait cela seulement par contamination ou par contact; c'est pour cela que j'ai eu peur tout à l'heure quand tu as porté le gâteau à ta bouche.
Prise d'une irrésistible envie de boire, comme si elle éprouvait besoin de se nettoyer de l'intérieur, elle attrapa la bouteille; elle était vide.
Elle se dirigea vers l'évier, ouvrit le robinet et regarda épouvantée le mince filet s'écouler avant de disparaître définitivement: il n'y avait plus d'eau.
Ils avaient eu une chance extraordinaire d'en avoir encore un moment plus tôt et l'avaient gaspillé en se lavant copieusement, sans savoir.
Complètement déprimée elle grommela: ben voilà y'a même plus d'eau ! Bientôt il n'y aura plus rien.
A quoi ça sert alors de se battre, de se défendre ? De tenter d'éliminer les mangeurs d'homme un à un dans l'espoir qu'un jour on scalperait le dernier ?
Elle laissa un temps mort avant de renchérir: à quoi ça sert de continuer à chercher ta famille, mon frère, nos amis ? On va tous mourir, tous ! Peut-être même qu'ils sont déjà morts ou infestés... Peut-être même que je les ai ai écrabouillé tout à l'heure avec mon camion sans m'en rendre compte !

Elle pleurait à chaudes larmes à présent. Son corps maigre ramassé en chien de fusil sur le siège, elle semblait inabordable, inconsolable. Elle n'avait plus envie de continuer à chercher dans les pièces voisines ni même dans l'hypothétique grenier caché sous les toits du bâtiment, encore moins ailleurs tant cela lui paraissait vain, dérisoire, inutile. Il n'y avait plus qu'une chose à faire: attendre que la mort arrive avec sa grande faux.
Dans un dernier sursaut d'espoir elle chuchota: j'espère seulement que tous les savants du monde qui sont en train de travailler jour et nuit pour nous sauver vont bientôt trouver le vaccin...
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MessageSujet: Re: We could be like Ernest and Célestine   Sam 2 Juil 2016 - 18:57

La petite barre chocolatée est meilleure que ces vieux biscuits il n'y a pas de doute. Une lampée de la bouteille d'eau, gentiment proposé par Malou également. Presque comme avant … Il y a un peu de cela oui. Un gouter autour d'une table. Un maigre gouter pour l'occasion mais un en-cas tout de même. J'ai des réserves dans mon sac mais je ne vais pas les sortir de suite. Le jeu de mot opportun serait de dire que je dois d'abord « vider mon sac ». Lui dire ce dont je dois lui faire part. Lui expliquer. Au fur et à mesure que mes mots sortent de ma bouche, je la vois se décomposer devant moi. Ce qui rend la chose plus compliquée que prévu. Elle bondit, se rassied, reste très silencieuse, baisse la tête. Mais je ne me démonte pas pour autant, je lui dis tout. Elle soupire, murmure un mot ou l'autre. Elle me laisse quand même finir sans m'interrompre. A moins que la nouvelle ne soit trop dure et qu'elle n'est pas en mesure d'interrompre. Que je lui ai coupé le souffle. Lorsque je m'arrête de parler, j'attends une réaction de sa part. Une réaction autre que son regard pointé vers le sol, son mutisme. J'attends quelques secondes, qui m'ont paru bien longues, avant qu'elle ne pose une question. Cela est-il vrai ? Les mots ont, semble-t-il, du mal à sortir de sa bouche. Si seulement ce pouvait être une blague. Une blague d’extrêmement mauvais goût. Une farce que je ne ferai à personne.

 « Je ne suis pas sûr à cent pour cent mais c'est ce que je crois. Et je ne suis pas le seul à le penser alors … Je n'ai jamais été doué à l'école donc je n'y connais rien en biologie, en génétique. Peut-être y'a-t-il des personnes immunisées mais … Je crois qu'il est préférable de partir du principe que chacun d'entre-nous est d'ores et déjà contaminés. Toi … Moi … Tout le monde ... »

Le ton est calme. Pour ne pas la faire paniquer d'avantage. J'ai essayé d'être assez clair et plus confiant que d'ordinaire. Entendre ce genre de choses d'une personne hésitante, qui doit réfléchir à chaque mot qu'il dit, ce n'est pas rassurant. Si tôt ma réponse émise, elle poursuis sur un ton défaitiste. Elle me fait mal au cœur. Surtout lorsque j'aperçois des larmes couler le long de sa petite bouille. Il y a toujours de l'espoir. Condamnés à mourir nous le sommes tous. Nous le sommes depuis que nous sommes nés. Le fait que nous ayons le virus en nous ne changent finalement grand-chose. Je vais m'approcher d'elle pour la réconforter, lui dire que tout n'est pas perdu, que je suis là et que je veillerai sur elle mais elle reprend derechef. Je n'ai aucune idée de comment nous avons pu tous être infectés. Peut-être un truc dans l'air. C'est ce qui me semble le plus probable. Les fanatiques des théories du complot pourrons vous trouver de multiples explications à ce qui nous arrive. Et peut-être que l'une d'entre elles est exacte. Je n'en sais rien. Les larmes ruissellent toujours sur ses joues. Je fais un pas dans sa direction pour lui poser une main sur l'épaule, dans le dos ou pour carrément la prendre dans mes bras. Sauf qu'elle attrape la bouteille d'eau et marche vers l'évier. Presque comme si je n'étais pas là.

Elle ouvre le robinet. Aucun liquide n'en sort. L'absence d'eau enfonce le moral de Malou. D'une certaine façon je suis d'accord avec elle. Les ressources sont à présent extrêmement limitées. Les trois-quarts des aliments sont pourris ou mangés. La boisson n'est pas le plus grand des problèmes. Il suffit de trouver une source d'eau, de récolter la pluie, de filtrer les eaux stagnantes, … La nourriture … C'est vraiment ça le soucis. Comme si elle lisait mes pensées, elle rebondit sur ses propos. De nouvelles questions. Des questions provenant d'une personne en détresse, Qui semble avoir tout perdu. Qui semble baisser les bras. On ne peut pas baisser les bras. Pas maintenant. Pas avant d'avoir retrouver nos familles en tout cas. Ce sont eux la source de notre plus grand espoir. De notre volonté de survivre. Le souhait de les retrouver et de les serrer dans nos bras. Attendant un bref instant, le temps pour elle de dire tout ce qu'elle a sur le cœur, je la regarde.  Je me dis que cette journée est un ascenseur émotionnel.

 « Malou écoute … »

Pas le temps de continuer, de tenter de la rassurer, qu'elle poursuit. Non ne dis pas ça. Ils ne sont pas morts. Ils sont quelque part et nous devons continuer à les chercher. Si ça se trouve ils nous cherchent eux aussi alors il ne faut pas abandonner. Sa dernière phrase me frappe en pleine figure. Pourquoi penser ça ? Comment … Si j'avais su que la nouvelle la mettrait dans cet état je me serais abstenu. Je prends une petite bouteille d'eau dans mon sac. Silencieusement je m'approche. Je me place à coté d'elle, dépose la bouteille au bord de l'évier et passe mon bras autour de ses épaules. Ses sanglots sont plus forts, les larmes coulent à flot. Elle conclut en parlant des savants, des scientifiques qui cherchent un vaccin, un remède. Je pense qu'elle a finit. Elle a tout déballé. Je prends une grande inspiration. Comme pour prendre une bouffée de courage. Je suis pas vraiment doué pour réconforter les gens. Ce que je sais faire de mieux c'est les prendre dans mes bras. Enfin c'est ce que je faisais avec mes sœurs à l'époque. Elles savaient qu'elles pouvaient tout me dire, que je les écouterai en long et en large. Et elles venaient pour se sentir en « sécurité », comme protégées. Par pour m'entendre parler. Je vais donc faire de mon mieux. En espérant ne pas empirer les choses. Car le moral est déjà bien bas.

 « C'est tout … Je suis là … Quelque chose en moi me dit qu'ils sont toujours en vie. Que nous devons continuer à les chercher. Qu'ils nous attendent quelque part. On ne doit pas baisser les bras. Nous allons tous mourir oui mais cela en a toujours été ainsi. On ne peut rien y faire. Ce qu'on peut faire par contre c'est décider de comment nous souhaitons vivre. Et puis … nous ne sommes pas seuls … Il y a d'autres personnes. Comme toi et moi. Qui peuvent se soutenir, s'entraider, devenir ami. Rassure-toi tu n'as pas écrasé par mégarde mes proches. J'ai pu observer ces choses suffisamment pour en tirer cette conclusion. Si nous sommes en vie tous les deux, c'est qu'il y a une chance pour que ton frère et mes sœurs soient eux aussi toujours en vie. Il ne faut pas perdre espoir. On peut … Avoir des moments durs peut arriver n'importe quand et à n'importe qui. Craquer un bon coup fait beaucoup de bien. Il faut continuer à se battre. A survivre. Nous pouvons le faire. Nous l'avons fait jusqu'ici … »

Et ce sont sur ces mots que je la serre dans mes bras. Du fond du cœur je pense tout ce que je lui ai dit. Sauf la partie concernant la cinquantaine de monstres et l'absence de ma famille parmi eux. Mais mentir sur cette partie me paraissait être une bonne idée. Cela lui permettra peut-être de remonter un peu la pente. Pour tout le reste, j'ai parlé sans réfléchir. Exprimant simplement mes sentiments. Ce ne doit pas être le plus beau discours ni celui qui lui redonnera du baume au cœur mais j'ai fait de mon mieux. Le simple fait de la prendre dans mes bras n'aurait pas suffit. Je crois qu'elle avait besoin d'entendre certaines choses. J'espère avoir été à la hauteur. Je passe doucement ma main dans son dos pour tenter de la calmer. Avant de reprendre pour quelques phrases supplémentaires que je murmure à son oreille.

 « Oui il y a certainement des personnes très intelligentes, des savants, des scientifiques qui travaillent sans relâche pour essayer de comprendre ce qu'il se passe. Un jour ils découvriront un remède. Comme je disais je ne connais pas grand-chose dans ces domaines mais je pense qu'on trouvera une solution. Il faut qu'on leur fasse confiance. »

J'attrape la bouteille d'eau et me recule un peu. Je lui souris En espérant que cela lui en redonne un à elle aussi. Pas un sourire radieux comme celui de toute à l'heure mais au moins une petite risette. Un petit signe d'espoir. J'ouvre la bouteille et lui tend, sans dire un mot. Peut-être qu'aujourd'hui était-il le jour où elle devait craquer. Déverser un torrent de larmes. Peu importe les raisons. Si tel est le cas je suis content qu'elle soit tombée sur moi. Cela lui aura au moins permis d'avoir une épaule sur laquelle se reposer plutôt que de ruminer son chagrin, seule, perdue au milieu de Seattle. Je ne souhaite pas la bousculer, la hâter mais je n'ai pas envie de traîner par ici. Il nous faut rapidement inspecter l'étage et partir. Pour continuer à chercher dans d'autres bâtiments ou partir à la recherche de provisions ou pour simplement trouver une maison dans laquelle nous pourrions nous reposer, peut-être en a-t-elle besoin.

 « J'ai d'autres petits trucs à manger dans mon sac tu en veux ? Je peux faire un feu au besoin pour cuire quelques conserves. Ou tu préfères qu'on fouille rapidement et qu'on parte s'installer dans un coin un peu plus confortable ? »

Intérieurement j'espère la deuxième option. Se trouver une maison avec un canapé, un lit. Un coin au calme. Dans lequel on pourrait même tomber sur des jeux de société ou quelque chose comme ça. Où on se raconterait un peu nos vies. Bien que je ne sois pas sûr que ressasser le passé en ce moment soit la meilleure des choses. Quoiqu'il en soit je ne la laisserai pas seule pour la journée. Même si elle me dit qu'elle ne souhaite plus me voir, qu'elle souhaite qu'on se sépare. Et si elle veut qu'on reste ici et qu'on se mange un petit quelque chose et bien ainsi soit-il. Et ce n'est pas pour cela que je vais m'énerver ou lui en vouloir. Finalement, lui dire que nous sommes tous déjà infectés, la faire pleurer, l'inquiéter n'aura pas forcément été une mauvaise chose. Je crois qu'elle avait besoin de vider son sac. De tomber pour mieux se relever.
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MessageSujet: Re: We could be like Ernest and Célestine   Mer 20 Juil 2016 - 18:59

Josh savait consoler c'était indéniable.
Des larmes encore plein les yeux, Malou se laissait aller contre lui et buvait ses paroles de réconfort.
Trop jeune ou pas assez maline pour trouver à le contredire, elle était d'accord sur tout.
C'était vrai qu'ils mourraient tous un jour et pas forcément de ce virus; ce pourrait être de la grippe, d'une mauvaise chute ou d'un cancer à n'importe quel âge...
Oui mais tout de même, mourir de ça... ne put-elle s'empêcher de murmurer horrifiée à l'idée qu'elle pourrait du jour au lendemain se transformer en cadavre ambulant et se faire trancher la tête.

Il avait raison également pour sa famille et Erik; pourquoi seraient-ils morts ? Ils étaient bien vivants eux deux, même elle avec son simple rouleau à pâtisserie ! Alors pourquoi pas eux...
En plus, l'ami croyait lui aussi que des savants quelque part dans le monde travaillaient d'arrache pied pour trouver un vaccin, c'était juste une question de temps, il faudrait être patient.
Calmée, elle se détendit un peu, accepta la bouteille d'eau, bu une gorgée mais refusa l'idée de nourriture; elle avait beau aller mieux elle avait tout de même la gorge nouée d'autant qu'elle n'avait pas tout dit; quelque chose la tracassait; un détail, il fallait qu'elle lui en parle même si une fois de plus ce n'était qu'une hypothèse.
Rapidement elle répondit:
ok, on fouille l'étage vite fait parce qu'à mon avis on ne trouvera rien de plus ici, on cherche un lieu sûr pour passer la nuit et demain matin on part dans les rues afin de trouver de la nourriture et du gaz oil pour mon van.
Elle laissa passer un temps et ajouta: bien sûr, si on croise des gens on demandera pour nos familles...

Josh devait penser qu'elle s'apprêterait à quitter la petite cuisine séance tenante afin de visiter les dernières pièces mais n'en fit rien.
A la place, elle tripotait son sac comme si elle était perturbée par quelque chose, baissait la tête avant de lancer à nouveau un oeil craintif vers l'homme en face d'elle.
Enfin, n'y tenant plus elle soupira et se lança:
je n'ai pas tout dit concernant les mangeurs d'homme et notre camouflage...
En fait, je n'ai rien dit parce que jusqu'à aujourd'hui je ne savais pas mais tout à l'heure quand je tapais leurs jambes et quand tu as parlé et levé ta hache sur eux, j'ai eu l'impression qu'ils ne faisaient pas que sentir notre transpiration ou notre stress malgré notre puanteur de mort...

Elle s'arrêta afin de vérifier si Josh écoutait bien puis repris:
je pense que tu avais raison: ils nous voient aussi et même, ils nous entendent.
Le camouflage que je t'ai appris ne sert finalement pas à grand chose sauf pour passer inaperçu un petit moment...

Là dessus elle laissa traîner un long silence, son visage à nouveau fermé par l'angoisse et la tristesse avant de souffler:
en fait, tant qu'on se comporte comme eux avec leur odeur, ils ne nous repèrent pas mais dès qu'on parle ou qu'on les attaquent, le subterfuge ne sert plus à rien.

Face au regard de son ami, elle haussa les épaules de déception. Elle qui pensait avoir découvert la parade du siècle elle s'était aperçu des limites de l'artefact et ne se sentait plus protégée.
Quand elle quitterait Josh un jour pour regagner la montagne, comment survivrait-elle ?
Incapable de répondre à cette question elle attrapas son sac à dos et sortit de la cuisine.

Les pièces voisines ne contenaient rien qui aurait pu leur être utile aussi attendit-elle patiemment que l'homme fasse le tour des lieux. Peut-être y découvrirait-il encore quelques souvenirs ou un indice quelconque concernant sa famille ?
Quand il eut terminé, elle le laissa passer devant et descendit les escaliers à pas de loup: elle n'avait aucune envie de se retrouver nez à nez avec des mangeurs d'homme !
Ayant perdu confiance en elle et en ses capacités de défenses nulles, elle attendit également qu'il ait vérifié le couloir et la porte de sortie avant d'oser mettre son nez dehors.

Au tournant de la rue elle aperçut son van et lança un ouf ! de soulagement: au moins n'avait-on pas volé son véhicule !
Arrivée devant la portière elle proposa à Josh de monter ou même de conduire s'il le désirait.
Il fallait se dépêcher, Seattle était sans nul doute devenu le lieu le plus dangereux de l'Etat; c'était une folie qu'elle soit venue jusque là.
En se penchant légèrement elle venait d'apercevoir une nouvelle horde de « trucs » au bout de l'avenue.
Elle ne prit pas la peine de regarder s'ils venaient vers eux ou non; elle était terrorisée et murmurait « vite, monte, j'ai trop peur ! » sur un ton suraigu, trahissant sa nervosité à la limite de l'hystérie.
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