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 We could be like Ernest and Célestine

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Josh Harper
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MessageSujet: Re: We could be like Ernest and Célestine   Jeu 11 Aoû 2016 - 21:14

Gênée que je lui propose qu'on dorme dans le même lit tous les deux, question de facilité, elle m'invente ce que je pense être une petite excuse. Qu'importe, ça ne me coûtera pas énormément d'efforts que de déplacer un matelas une personne. Et puis je comprends qu'elle souhaite avoir son confort personnel, son intimité surtout. J'espère simplement qu'elle n'a pas « peur » de moi. Ok ça marche. Inutile de faire du chipotage. Très bien. Elle ne me demande pas de barricader l'endroit. D'ailleurs elle ne me fait aucun commentaire là dessus. Qui ne dit mot consent. J'imagine donc que je vais pouvoir aller me coucher. Nos différentes affaires en main, nous montons à l'étage. Déposons dans un premier temps notre barda dans la chambre des parents. Ensuite je vais donc prendre le matelas dans la chambre du garçon. Malou me donne un petit coup de main. Je n'en ai pas plus besoin que ça mais je la laisse tout de même m'aider. Ce n'est pas bien lourd. En comparaison avec certains troncs d'arbres ou certaines grosses branches que j'ai du porter au cours de ma vie de bûcheron. J'aimais bien mon métier. Même si ce n'était le job le plus gratifiant ou le plus exposé du monde. Ca me convenait comme ça. Et puis c'était l'une des rares choses dans laquelle j'étais bon. Néanmoins ça ne me manque pas. Pire encore. Parce que si je ne suis pas avec ma famille aujourd'hui ce n'est du qu'à mon métier. Si seulement je n'étais pas parti dans les North Cascades en septembre …

Une fois le matelas déposé près du lit, nous nous apprêtons chacun de notre coté. Je jette un rapide coup d’œil dans l'armoire à la recherche d'un pyjama. Tant qu'on n'y est, autant dormir avec des vêtements propres, même si le corps reste sale lui. Avant que je ne tombe finalement sur un short qui m'a l'air légèrement plus grand que les autres. Bonne pioche. Je décide de ne pas prendre de t-shirt. Il fait assez bon. Et au pire il y a les couvertures. Je ne risque pas d'attraper un coup de froid. J'arrive tout de suite. Je me dirige donc vers la salle de bain. Enlève le pantalon, le caleçon, avant d'enfiler le short. Un petit coup d’œil dans la glace, poussiéreuse. Je la frotte donc avec un chiffon qui traîne. Une mine un peu fatigué. Une bonne nuit fera le plus grand bien. Il est temps de retourner dans la chambre. Où Malou a eu le temps de se vêtir elle aussi. J'enlève le t-shirt avant de me glisser sous les couvertures. Me laisse aller en poussant un soupir de plaisir. Je me passe la main sur le ventre qui a doublé de volume. Et pourtant je n'ai pas encore beaucoup mangé. Sauf qu'en plus d'une demie année d'apocalypse, l'estomac n'est plus aussi gros qu'avant. Il est bien plus vite remplit qu'auparavant. Je m'installe confortablement. Jette un coup d’œil vers mon amie, lui souris. Bonne nuit ! Une grosse journée qui nous attend demain. Je vérifie que la Winchester se situe bien à porter à coté du lit. Tout est bon. Je ferme les yeux et m'endors une poignée de minutes plus tard.



J’entrouvre les yeux. Mais sans doute pas « naturellement ». Comme si on me réveillait. Pas brusquement car j'aurais déjà porté la main au fusil mais je sens bien que ma nuit n'est pas terminée. Ce n'est pas non plus une envie pressante des suites de notre banquet, mais ça aurait pu. J'entends alors Malou qui murmure mon nom. Je tourne la tête sur le coté pour l'apercevoir. Armes en main. Inquiète donc. En tout cas elle en a l'attitude. Je lui réponds doucement. Quoi ? Avant de me rendre compte que quelque chose ne va pas. Que ma question est stupide. Il doit y avoir quelqu'un. Elle n'agirait pas de la sorte sinon. Je me redresse et tend l'oreille. Quelqu'un ? Vraiment ? Un monstre ? Une personne malintentionnée ? Quelqu'un de bien ? Ou un animal ? Un chat ? Une personne qui habite ici ? Impossible non ? Il y aurait eu un peu plus de « bazar ». A moins qu'elle soit maniaque. Et puis nous n'avons rien vu qui témoigne qu'un individu occupe l'habitation non ?. Mais y a-t-on  vraiment fait attention ? Je ne suis plus sûr de rien. En tout cas il faut agir. Pour notre propre sécurité. J'enlève la couverture, me redresse complètement et sors du lit. En silence. Je me penche pour attraper mon fusil. Je regarde Malou, le doigt sur la bouche. Je me dirige vers la porte sur la pointe des pieds. Une dégaine à presque mourir de rire. Simplement vêtu d'un unique short, une carabine à la main. Pas le temps de s'habiller.

Qu'est-ce que je fais ? Bon tant pis. Je regarde ma partenaire. Lui fais signe de la main de s'approcher. Je devrais lui dire de rester là. Je devrais m'occuper de la situation en solitaire mais je crois qu'elle sera encore moins rassurée si je la laisse ici toute seule dans l'inconnu. Je ne lui dis rien d'autre. Je suppose qu'elle est consciente que nous devons nous taire. Qu'elle doit rester derrière moi. Et à nouveau un bruit. Merde. On se croirait dans un film d'horreur. Enfin … Cela fait plusieurs mois qu'on le vit le film d'horreur mais là c'est l'angoisse pure. Je sors lentement de la chambre. Le canon de la Winchester braqué devant moi. Nous attaquons la descente de l'escalier. Une marche après l'autre. Le cœur qui bat. Qui bat encore plus fort lorsque la marche en bois craque un chouïa sous mon poids. Je regarde Malou rapidement en faisant une grimace. M'arrêtant immédiatement et guettant le moindre bruit, le moindre mouvement. Avant de reprendre notre aventure. Soit nous sommes assez silencieux, soit la … chose ? Personne ? Qui se trouve là ne prête pas plus attention aux bruits environnants. Soit je ne sais pas. En tout cas si c'est l'un de ces hommes que nous avons croisé toute à l'heure, j'espère qu'il n'est pas accompagné de ses camarades. Mais si c'est une personne consciente qui se trouve en bas, elle aura vu le bordel sur la table de la cuisine. Elle aura vite compris que la maison abrite quelqu'un. Deux personnes. A en juger par nos deux assiettes … Dernière marche de l'escalier. Nous voilà au rez-de-chaussée. A quelques secondes d'arriver dans la pièce centrale de la maison. Je resserre mon emprise sur l'arme. Essayant de respirer le plus silencieusement possible. Je ne suis pas à mon aise. J'espère qu'il ne va rien nous arriver de grave ...
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MessageSujet: Re: We could be like Ernest and Célestine   Lun 15 Aoû 2016 - 16:28

Enfin Josh se réveillait et demandait ce qui se passait.
Elle allait répondre quand à nouveau le bruit se fit entendre.
Malou était sûre que ce n'était pas un mangeur d'homme; il n'aurait pas prit la précaution d'être discret. De plus ils ne savaient apparemment pas ouvrir les portes en actionnant clenches ou poignées, ils poussaient dessus jusqu'à les défoncer, ce qui aurait fait du boucan.
Tendue à l'extrême, elle regarda son ami prendre son fusil et se lever, lui conseillant le silence; elle n'eut pas besoin de se le faire dire deux fois tant elle était effrayée.

L'ouïe décuplée à l'extrême, elle songea que cela ne pouvait pas être un animal non plus car les bruissements n'auraient pas été les mêmes; ils auraient été plus désordonnés à moins que ce ne fut un singe et encore... De toutes façons il n'y avait pas de singes à Seattle !
Non, ce qu'elle entendait était beaucoup plus régulier, réfléchi. Quelqu'un avait entreprit une fouille systématique de la cuisine et la vidait en silence ou presque.

L'ami était derrière la porte de la chambre et s'apprêtait à en sortir.
Sa tenue de nuit ne dérangeait nullement Malou, elle-même simplement vêtue d'une nuisette fleurs et dentelles; elle avait bien autre chose à penser !
Son cerveau tournait à cent à l'heure tandis qu'elle levait un regard suppliant d'angoisse vers l'homme à demi-nu; voulait-elle l'accompagner ou préférait-elle rester seule dans cette pièce à l'attendre ?
Aucune des deux options ne lui plaisait tant elle crevait de trouille; il faut dire qu'elle avait ses propres conclusions qui n'avaient rien de réjouissant.
En analysant bien, elle s'était dit que cela ne pouvait pas être les propriétaires: pourquoi agiraient-ils de la sorte ?
Ils seraient plutôt entrés normalement, auraient constaté l'effraction, auraient ouverts en grand la porte de la cuisine, arme à la main en demandant « qui est là ?! »
C'était donc un voleur ou pire, un pillard nocturne, conscient que la maison abritait un couple endormi à l'étage, qui était sur ses gardes, les attendant au virage.

C'est Josh qui décida pour elle en lui faisant signe de la main et c'était tant mieux car elle n'aurait pas su choisir entre ces deux épouvantables alternatives.
Mettant une nouvelle fois en pratique les leçons de Tony et Mani, elle avança à pas de loup mais se cala derrière la silhouette corpulente du frère de coeur.
Il ouvrit la porte dans le silence le plus absolu; en bas le léger remue-ménage était plus distinct.
La longue perspective de l'escalier de bois, s'échelonnant dans le noir donna le vertige à l'adolescente: il faudrait descendre tout cela sans se faire remarquer... Estomac tordu et coeur battant elle posa le pied sur la première marche de ce parcours du combattant.
Le début se passa sans encombre, pas après pas, lentement, souffle court, à taton, ils évoluaient concentrés au point que quand une marche craqua sous le poids de l'ami, ils se figèrent et se regardèrent horrifiés.

Paralysée, les mains serrant ses armes de fortune au point d'en avoir mal aux articulations, elle dressa l'oreille: le léger chuintement - un sac poubelle plein qu'on traîne au sol, peut-être ? – persévéra un instant avant de stopper net faisant place à un silence tellement lourd, tellement oppressant qu'elle avait l'impression de porter une charge de cinquante kilos sur les épaules.
L'individu avait entendu; ils étaient repérés.
Peut-être était-il caché à présent dans un coin obscur guettant leur arrivée ?
A moins qu'il ne soit planqué derrière l'huisserie, pistolet tendu, prêt à les accueillir ? Ou alors il avait fuit...
Cette dernière option aurait tout à fait convenu à Malou et certainement à Josh aussi, malheureusement quelque chose lui soufflait qu'il n'en était rien; le malfrat était toujours dans la maison.

Ils ne pouvaient pas rester là ad vitam aeternam, il fallait prendre une décision: remonter, se planquer et se sauver mais par où ? ou descendre encore et affronter le danger.
Une fois de plus c'est l'ami qui donna l'impulsion. Malou en aurait pleuré d'affolement mais suivit bien sagement son compagnon, la gorge plus serrée que jamais.

Dernière marche.
Avant dernière pour l'adolescente liquéfiée mais courageuse, bien décidée à défendre leur peau.
Dernière étape.
La plus facile dans un sens avant la suivante: poser les deux pieds sur le carrelage frais du rez-de-chaussée, au risque d'être vus.
Innommable terreur. Abomination telle que s'en fut trop pour la jeune fille qui perdit son sang froid.
Sur un hurlement strident, ressemblant presque à un cri de guerre de horde barbare, elle s'élança en courant dans le noir, bouscula quelque peu son ami et, rapide comme l'éclair, tel un chat affolé ou un rat acculé, elle s'élança dans la pièce obscur.

Le mode instinctif de Malou la rendait plus sauvage que jamais. Les sens tendus au paroxysme ne perdaient pas une once du moindre tressaillement, du moindre bruit, du moindre souffle, de la moindre odeur corporelle inconnue; il ne lui fallu pas longtemps pour sentir et entendre.
Faisant volte-face en un instant, elle n'eut pas conscience que, plaqué contre le mur, revolver tendu, la silhouette d'un homme trapu se découpait; seule la présence fut perçue.
L'adolescente se servit pour la première fois de sa vie de la bombe lacrimogène qui fit mouche. L'homme se mit à brailler de douleur, un coup de feu partit et la balle se logea dans le bras pourtant bien chétif de Malou qui s'égosillait à son tour, de peur et de fureur.
Le rouleau à pâtisserie tomba à terre tandis que la jeune fille se traînait rapidement afin de se planquer sous la table basse.
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Josh Harper
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MessageSujet: Re: We could be like Ernest and Célestine   Mer 17 Aoû 2016 - 20:34

On y est. Plus que quelques secondes avant une rencontre peut-être fatidique. Mes interrogations concernant qui, ou quoi, peut se trouver dans la cuisine sont effacées. Il s'agit d'une présence humaine. Potentiel allié ou non ? Il ne reste plus qu'à voir. Mais comment la jouer ? Attendre, canon pointé en direction de la porte. Lui demander de sortir les mains en l'air ? Discuter pour savoir ce qu'il veut ? Quelle question. Il veut piller toutes les armoires. Entrer dans la pièce et tirer avant de parler ? Entrer, voir dans un premier temps à qui nous avons à faire et ensuite aviser ? Si c'est une personne sympathique ? Une ado ou une très jeune femme ? Comment je pourrais lui tirer dessus ? Que se passerait-il si je lui tirais dessus avant de me rendre compte que c'était une grave erreur ? Quel merdier. La bonne nouvelle c'est qu'il – ou elle – semble être seul(e). Il y aurait eu plus de bruit sinon. Et ils se seraient probablement manifestés. Arguant le fait que nous sommes encerclés, en infériorité numérique et qu'il vaudrait mieux pour nous que l'on se rende. La situation est critique mais elle pourrait être pire. C'est tout de même incroyable … Pas moyen d'être tranquille plus d'une dizaine d'heures de suite.

Alors que je suis sur le point de lui crier quelque chose, « Qui êtes-vous ? », « Nous ne vous voulons pas de mal » ou des paroles du genre, une tornade surgit de derrière moi. Un ouragan. Une tempête. Une charge digne des plus grandes batailles. Une vraie amazone. Manque de sang-froid, de réflexion, de patience ou élan de courage gigantesque, action  quasi héroïque ? Plutôt la première option selon moi. Je reste scotché, figé. Les pieds plantés dans le sol. Elle fonce comme une furie. Entre dans la cuisine. Prête à en découdre malgré sa petite taille, sa maigreur. Mon instinct reprend le dessus et je me rue à mon tour. Faites qu'il ne lui arrive rien. Mais pourquoi a-t-elle fait ça ? Qu'est-ce qu'il lui est passé par la tête ? Un pas. Deux pas. Je suis incroyablement proche et à la fois extrêmement loin. J'entends un second rugissement. Celui d'un homme. Merde. Suivi d'un coup de feu. Plus vif que jamais je me précipite. L'homme a une main sur son visage, il semble se frotter les yeux. Sa deuxième main, celle qui tient l'arme, flâne. Je vois son majeur appuyer sur la gâchette. Un second tir qui vient se loger dans le mur. Je n'y prête pas attention sur le moment mais pas de Malou à l'horizon. Je parcours les deux mètres qui me sépare de ma cible. Beuglant telle une brute. AAAhhhhh. Je lève ma Winchester. Canon vers le haut, crosse en bas. Et assène un coup en plein crâne du pillard qui s'est à moitié retourné dans ma direction. BAM. Le coup est fort. Je ne me suis clairement pas retenu. On entend presque son crâne craquer sous l'impact. Le bougre chancelle, à deux doigts de s'effondrer. BAM. Un deuxième coup. Avec peut-être un peu moins de force que précédemment mais suffisant pour complètement l'assommer. C'est bon. Enfin non …

« Malou ! Malou ! T'es où ? T'es blessée ? T'as rien ? Ca va ? Malou ? »

Ca fait beaucoup de questions. La panique n'est pas redescendue. Pire, elle augmente au fur et à mesure que mon inquiétude grandit. Où est-elle ? Est-ce qu'il l'a touchée ? Est-ce qu'elle est … ? Ah non ! Je la vois ! Sous la table. Elle a l'air en vie. Elle est en vie ! Je pousse un gros soupir. Je m'approche. M'accroupis. C'est bon je l'ai assommé. T'es touchée ? Où ? Montre ! Je prends alors délicatement son bras. Je n'y vois pas grand chose. Simplement qu'elle est blessée. Elle a du recevoir la balle. Mince. Sors de là. Assieds-toi dans le fauteuil. Je vais chercher une lampe dans un des tiroirs de la cuisine. T'inquiète pas d'accord ? Je l'ai mis KO pour un bon moment. Et puis je suis juste à coté. Ni une, ni deux, je file vers la cuisine. J'ouvre le tiroir dans lequel j'ai trouvé l'allume-feu. Non rien. C'était pas celui-là. J'ouvre le tiroir du dessus. Trifouille à nouveau dans tout le bazar et trouve une petit lampe torche. J'allume. Elle fonctionne. Je retourne en deux temps, trois mouvements auprès de Malou. C'est bon je suis là. Montre un peu. Il faut d'abord regarder si la balle à traversé. Pointant le faisceau lumineux sur la blessure j'examine. J'observe d'abord ce qui semble être le point d'impact. Bon très bien. Alors normalement … Je retourne légèrement le bras, me penchant pour voir l'arrière. Ouf. Il y a également un point de sortie. Enfin ouf … Ce n'est pas ce qu'il y a de plus beau à voir mais ça me rassure énormément de savoir que je ne vais pas devoir jouer les chirurgiens à extirper une balle d'un membre. Avec mes gros doigts et ma délicatesse, je lui aurais fait plus de mal que de bien. A lui bousiller la moitié des vaisseaux sanguins.  

« Bon … La balle a traversé ton bras donc c'est une bonne nouvelle. Il va falloir qu'on bande tout ça. On peut aller voir dans la salle de bain s'il n'y a pas une petite armoire à pharmacie ou quelque chose comme ça mais au pire j'ai encore une petite bande dans mon sac. Et … Il va falloir qu'on s'occupe de lui aussi … Le ligoter ou … Je sais pas … Faudrait pas qu'il se réveille tranquillement. Je crois pas que ce soit un gentil ... »

Cette journée est absolument irréelle. Que va-t-on faire de cet énergumène ? Il faut d'abord soigner Malou. C'est la priorité. Cela ne prendra que quelques minutes. Ensuite ? Trouver de quoi attacher le bonhomme. Si ça se trouve je l'ai cogné tellement fort que je l'ai mis dans le coma. Ce qui reviendrait à dire que je l'ai … Non ne pensons pas à ça. Même s'il en voulait à Malou, ce qui pourrait être une réaction assez logique vu comment elle a débarqué dans la pièce en hurlant, il ne mérite pas la mort. Enfin je suppose. Je ne sais pas. Mais si je l'ai plongé dans le coma ? Est-ce qu'il va … se transformer ? Merde. Et s'il est en vie et que nous l’attachons ? Que fait-on de lui ? On charge tout dans le van et on s'en va ? Le laissant moisir ici ? Merde. Merde. Bon. Soigner Malou. On s'occupera de ça après. Chaque chose en son temps.
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MessageSujet: Re: We could be like Ernest and Célestine   Jeu 18 Aoû 2016 - 16:06

Elle avait mal, certes, mais surtout elle avait peur.
Avec le recul elle entrevoyait son idiotie mais cela avait été plus fort qu'elle; la panique l'avait submergée au point de ne pas avoir su mesurer les conséquences. A présent Josh était en danger de mort et il devait se débrouiller tout seul.
C'est alors qu'elle entendit un second coup de feu suivit du hurlement de l'ami, était-il blessé ?
De là où elle était elle ne voyait rien
Elle aurait voulu voler à la rescousse mais non seulement la douleur la paralysait mais deux bruits de coups et celui de la chute d'un corps arrivèrent à ses oreilles.
Effarée à l'idée que ce pouvait être Josh qui tombait ainsi, elle faillit tourner de l'oeil tandis que son cerveau s'emplissait de coton au point qu'elle fut dans l'incapacité de lui répondre quand il l'appela.

Je suis là, souffla t-elle enfin, ça va toi ? Et le type ? Que s'est-il passé ? Il t'a blessé aussi ?
Encore sous le coup de la terreur, elle enchaînait les questions jusqu'au moment où l'ami la rassura: il n'avait rien et l'agresseur était assommé.
L'espace d'une seconde elle aurait préféré qu'il soit mort mais culpabilisa rapidement d'avoir osé penser cela; c'était un être vivant dont ils ne savaient rien. Après tout, son père et son frère avaient fait la même chose à une époque pour survivre, même s'ils n'avaient qu'un grand couteau de cuisine. D'ailleurs une fois, ils étaient revenus blessés et il y avait du sang sur la lame... Avaient-ils tués ?

Obéissante, elle s'assit sur le bord du fauteuil tentant de regarder sa blessure dans la pénombre.
Quand Josh revint avec la lampe de poche, elle ausculta les dégâts en même temps que lui pour constater que la balle n'avait touché que le bord des chairs au niveau de la face externe du biceps et même s'il y avait deux petits trous, cela ne semblait trop grave: le sang était rouge sombre, indice qu'aucune artère n'avait été touchée.
Malgré tout, il était évident qu'elle devait être soignée tout de suite et surtout que son bras serait immobilisé quelques temps.
Merde... ! Articula t-elle avant d'ajouter: il faut d'abord désinfecter. J'ai tout ce qu'il faut dans la camionnette puisque c'est une ambulance que j'ai piqué et j'ai de la corde dans mon sac à dos qui est là-haut dans la chambre.
Le problème restait de choisir qui allait faire quoi mais les deux alternatives lui faisaient peur aussi hésita t-elle un petit moment entre rester seule avec le gus au risque qu'il se réveille ou aller chercher la mallette de secours dans le van.
Au bout de quelques secondes, elle annonça:
je vais aller chercher ce qu'il faut dans le véhicule mais... Si je fais une mauvaise rencontre dehors, je ne pourrai pas me défendre... Tu pourrais attendre devant la porte d'entrée ou alors m'accompagner ? Si tu veux, je t'aide à ligoter le mec.

Josh semblait d'accord mais hors de question de rester seule en bas !
Elle monta avec lui, indiqua le sac à dos d'un signe de tête et redescendit au chevet de l'homme.
De type Mexicain, pauvrement vêtu, le pillard avait la malchance d'avoir un physique ingrat, ce qui pouvait lui donner un air antipathique. Pourtant, rien ne prouvait qu'il était mauvais.
Si l'on considérait ses vêtements usés et l'arme, vieille et simple, tout portait à croire qu'il était entré là pour chercher à manger, s'était fait surprendre et avait rétorqué comme l'aurait fait n'importe quel survivant.
Le problème était sa pâleur cadavérique. Le crâne saignait abondamment, la respiration semblait quasi inexistante, un mince filet rouge coulait du nez et de la bouche.
C'est mauvais signe... murmura Malou à son partenaire.
Certes, elle n'avait pas fait d'études de médecine mais avait vu tellement de films policiers en boucle qu'elle avait quelques notions sur la gravité de certaines blessures.
Je pense qu'il est dans le coma et qu'il va mourir bientôt; ce n'est même la peine de le ficeler, continua t-elle en regardant Josh afin d'avoir son avis.
Merde... Répéta t-elle encore.
C'était tout ce qu'elle arrivait à dire de cette tragédie malgré la foule d'impressions qui se cognaient dans son cerveau.
Ils avaient tués un être vivant ni pire ni mieux qu'eux. Quelqu'un probablement à court de réserves et qui, comme eux, avait trouvé cette maison.
En plus de l'énorme culpabilité, un dégoût général pour ce monde tel qu'il était devenu l'envahit d'autant plus que quand elle était petite elle avait eu une copine Mexicaine. L'homme avait-il une famille qui l'attendait ?
Plantant à nouveau ses yeux dans ceux de Josh, apparemment aussi dévasté qu'elle, l'envie de le consoler par des paroles réconfortante l'assaillit:
C'est triste, c'est sûr... Mais on était en légitime défense, non ? Si tu ne l'avais pas assommé, il t'aurait tué, n'est-ce pas ?
Elle baissa les yeux absolument pas convaincue de ce qu'elle venait de dire. En réalité c'est bien autre chose qu'elle pensait aussi s'empressa t-elle de la confier au frère de coeur qui saurait peut-être tout entendre:
c'est ma faute, tu n'as rien à te reprocher. Dans l'escalier j'ai eu si peur que j'ai paniqué... J'ai attaqué sans réfléchir alors que peut-être nous aurions pu parlementer et partager les vivres... C'est moi l'assassin; je suis désolée...

L'individu n'avait toujours pas bougé et tout portait à croire qu'il ne le ferait plus.
En larme, l'adolescente tenta de demander entre deux hoquets:
Je... je pense qu'il faut le délivrer avant... Avant qu'il se transforme en... Qu'en penses-tu ?
Elle n'avait pas osé prononcer le mot de « mangeur d'homme » ou « chose » tant dans ce cas précis cela ressemblait à une insulte.
Se dirigeant vers la porte d'entrée afin de ne pas voir l'acte final de délivrance, elle la poussa et vit au dehors une voiture sans âge garée derrière son van.
Elle ne mit pas longtemps pour deviner que c'était celle du type effondré sur le carrelage.
L'instinct de survie reprenant le dessus, elle songea illico au gas-oil qui devait rester dans le réservoir. Il n'y aurait plus qu'à le siphonner.
En d'autres temps, elle aurait été toute joyeuse de cette occasion en or mais cette nuit, c'est la mort dans l'âme qu'elle en informa Josh avant de marcher péniblement jusqu'à son véhicule.
Lentement elle attrapa la mallette métallique pourvue de bétadine, pansements, pommade cicatrisante, bandages de toutes sortes, referma la portière et se dirigea à nouveau à l'intérieur afin que l'ami l'aide à se soigner.

Quand les soins furent terminés et le bras gauche bien immobilisé, elle lui dit:
je ne sais pas ce que tu en penses toi mais moi je n'ai plus envie d'aller dormir, encore moins dans cette maison à présent.
Je propose que l'on charge tout ce dont on besoin maintenant, qu'on prenne le carburant de la voiture et qu'on s'en aille ailleurs.

Après réflexion, elle ajouta à contre-coeur: avec mon handicap, cela va m'être difficile de rester en ville avec tous les dangers qu'il y a. Je préfèrerais retourner vers les montagnes où c'est plus tranquille.
Comme Josh semblait démuni par ce qu'elle avançait, elle ajouta: si tout va bien, il faudra juste une bonne semaine pour que cela cicatrise. Tu veux venir avec moi ou tu préfères continuer tes recherches à Seattle ? Avant de préciser: ne t'inquiètes pas, si tu veux rester par ici, on partagera le butin et on se donnera rendez-vous un peu plus tard, quand je serai guérie.
Les larmes aux yeux, tant l'amitié qu'elle portait pour lui était forte, elle attendit avec angoisse sa décision et, s'il préférait continuer à chercher sa famille, elle se jura de retourner vers lui le plus vite possible.... A moins qu'il ait une autre idée en tête ?
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Josh Harper
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MessageSujet: Re: We could be like Ernest and Célestine   Sam 20 Aoû 2016 - 12:24

La principale question est de savoir où se trouve la petite armoire à pharmacie dans cette maison. Parce que forcément il y en a une. Tout le monde en a une. Mais suis-je bête … L'ambulance ! Evidemment ! Ce qui me rassure c'est qu'elle semble avoir repris son calme. En tout cas elle raisonne parfaitement. Sa crise de panique n'a pas duré. Ouf. Elle aurait pu y passer. Vraiment, à quoi pensait-elle ? Si ça se trouve cet homme ne voulait même pas lui faire de mal. Il a juste eu peur et a tiré par réflexe. Enfin il est trop tard. Si l'on pouvait revenir en arrière, on en serait certainement pas là à l'heure actuelle. De quoi désinfecter et bander dans notre moyen de transport. Ca marche. Et elle possède une corde dans son sac. Parfait. Encore une fois, cela nous évitera de chercher, retourner les armoires, les tiroirs, à la recherche d'une corde donc ou d'un gros rouleau de duck tape ou des colssons. On aurait trouver notre bonheur au bout d'une heure de fouille alors que là, tout est à notre disposition. Il n'y a plus qu'à. D'ailleurs Malou se propose pour sortir et prendre tout le nécessaire dans le véhicule. Me demandant quand même d'avoir un œil sur elle, au cas où. La pensée qui me traverse l'esprit immédiatement est « Elle est bête ». Bah oui, je peux y aller moi dehors. Passer le portail, ouvrir les portes, prendre ce dont on a besoin. Ca m'étonne d'ailleurs qu'elle ne me demande pas de lui rendre ce petit service. Elle a peut-être trop l'habitude d'être seule et de ne compter que sur elle-même. Je ne sais pas. Elle a peut-être envie de se rendre utile. Ou plutôt pour ne pas passer pour une faible, un fardeau ? Ce qui m'amène à cette même pensée. « Elle est bête ». Ou alors elle ne veut pas rester ici. Ce que je comprends parfaitement. Nous nous mettons « au travail ».

Montant les escaliers pour récupérer cette fameuse corde. J'en profite d'ailleurs pour enfiler le t-shirt de la veille ainsi qu'une paire de chaussette, gardant tout de même le short. Nous retournons sans plus tarder au rez-de-chaussée. Bien ficeler cet homme donc. Lui attacher les pieds et les mains, le tout relié, derrière le dos. De la sorte, on est sûr qu'il ne pourra pas nous prendre par surprise. Une position pas très confortable mais il vient tout de même de nous tirer dessus ! Oui mais. Le type est en piteux état. Je crois que mon premier coup était bien trop puissant. Je crois qu'il était suffisant mais emporté par la colère, par le devoir de protection je n'ai pas pu m'empêcher de le frapper à nouveau. C'est peut-être ce deuxième coup qui lui a été fatal. Ou sa chute sur le sol. Lorsque son crâne a claqué contre le carrelage. Il n'est pas encore mort. C'est la toute la subtilité. « Encore. ». Je l'examine grossièrement à mon tour. Je ne peux que partager l'avis de ma camarade. Avec le même dernier mot qu'elle. Merde. Je viens de … J'ai …

« Je … Je crois que tu as raison. Il … Qu'est-ce que j'ai fait ... ? »

La réponse est pourtant simple. Claire. Mais elle est dure. J'ai tué un être humain. Pas un monstre, pas un cadavre ambulant. Non. Une personne vivante. C'est la deuxième fois. La première fois date d'il y a quelque temps déjà dans ce supermarché où l'on a croisé un groupe de personnes aux mauvaises intentions. Ils nous ont tirés dessus. Nous avons riposté. L'un de mes collègues est mort. J'ai pointé ma Winchester dans leur direction. Appuyé sur la gâchette. L'un des individus est tombé. Je venais de le tuer. Et aujourd'hui je ressens la même chose qu'en ce jour. Je reste paralysé. Le regard fixé sur ma victime. J'entends la voix de Malou. Comme éloigné. Mais je perçois ses mots. C'était de la légitime oui. Tout comme cette première fois. Il nous aurait tué ? Peut-être ? Qui sait ? L'acte n'en reste pas moins ce qu'il est. Un meurtre. Situation extrême, de crise, ou non, j'ai écrasé le crâne de cet homme alors que j'aurais pu le neutraliser en y mettant moins de force. Est-ce que je suis excusable ? Sans doute. Est-ce cela me remonte le moral de me dire cela ? Non. Je murmure doucement en balançant la tête de droite à gauche. Non ... J'entends mon amie à nouveau. Quelle gamine courageuse. Ce n'est la faute de personne et de tout le monde en même temps. C'était la faute de cet homme, de ceux qui nous ont détourné de notre chemin quelques heures plus tôt, de la sienne, de la mienne. Chacun à sa part de responsabilité. Mais elle ne doit pas penser cela. Peut-être essaye-t-elle de porter le poids de mon geste. Tu n'en as pas besoin. J'ai les épaules assez larges.

« Ne dis pas ça … Ce n'est pas ta faute enfin. C'est moi. Je n'ai pas contrôlé ma force … Et puis il a bien vu que la maison était habitée … Il ne devait pas avoir de très bonnes intentions... »

Des mots pour la rassurer ou pour me rassurer ? Je n'essaye pas de me trouver d'excuses. J'ai fait ce que j'avais à faire. Pas de la meilleure des manières mais soit. Au fond de moi je pense ce que je dis. Qu'il n'aurait pas hésité à nous tuer ou à nous blesser gravement. Comme le groupe de zigotos qui nous ont tirés dessus. Cela m'attriste de voir que l'homme est devenu un loup. Cela m'attriste de voir que, finalement, je deviens comme eux moi aussi. Pourquoi faire mal, se détruire lorsque l'on peut s'entraider ? Il m'aurait été facile à moi aussi d’assommer ma nouvelle amie et de partir avec son ambulance. Chargée de toutes les denrées qui se trouvent dans les armoires. Mais à quoi bon ? N'est-il pas plus gratifiant de survivre en compagnie d'autres personnes ? Un coup de massue nous retombe sur la tête. Malou est chagrinée. Son raisonnement est pour moi tout ce qui a de plus humain. Ne pas achever cet homme mais plutôt le libérer. C'est comme ça qu'elle le voit. C'est comme ça que je le vois. C'est comme cela qu'il faut le voir. J'hoche doucement la tête. Oui ... Est-ce qu'il souffre ? Je ne crois pas. Il n'est pas conscient. Il est en vie. Peut-être au bord de la mort mais il respire toujours. Nous serions pire que des monstres si nous le laissions là sans rien faire. Essayer de le soigner ne rimerait à rien. Il n'y a pas d'autre choix …

Malou se dirige en avance vers la porte d'entrée. Il nous faut encore aller soigner cette vilaine blessure. Elle me laisse seul. Elle n'a pas envie d'assister à la scène. La triste scène. Je la comprends. Lui en veut peut-être un tout petit peu. Je ne lui demande pas d'observer attentivement mais simplement d'être là. La savoir à mes cotés. Tant pis. J'ouvre un tiroir et m'empare d'un grand couteau. Je me sens mal. Mais je dois le faire. Je retourne auprès de l'individu. M'accroupis et le retourne face contre le sol. Je ne peux pas voir son visage. Je m'empare de l'arme à deux mains et répète le mouvement deux fois. Je ferme les yeux et plante son crâne. Pardon ... Quelque chose d'impardonnable pourtant. Je retire la lame avant de me relever. En regardant dans un panier du salon je trouve une couverture. Je recouvre la partie supérieure avec le plaid. Le deuxième homme que je tue. Le premier véritablement de mes propers mains.

En silence je rejoins mon amie. En silence nous nous dirigeons vers l'ambulance. Malou me fait remarquer, presque à contrecœur, que nous allons pouvoir siphonner le véhicule garé derrière le notre. La voiture de ma victime. Tout s’enchaîne ensuite toujours silencieusement. La récupération du nécessaire médical, le retour à l'habitation, les soins. Personne n'a envie de parler. Je n'ai pas envie de lui dire ce qu'il s'est passé, elle se doute bien. Je n'ai pas envie non plus de lui rabâcher que ce n'est pas sa faute. Une fois suffit. L'émotion intense de la soirée précédente a vite laissé place à quelque chose de bien moins jovial, de bien plus grave. Qu'allons nous faire ? Une question sitôt répondue. Je n'ai pas non plus envie de rester ici. Sur les lieux de mon crime. Cette maison augurée pourtant tant de belles choses. Sortir de Seattle ? Non … Ma famille … Mais hors de question de la laisser seule. Je peux stopper mes recherches le temps d'une  semaine. Cela m'embête légèrement mais l'abandonner est impensable. Dans cet état. Après seulement une journée passée ensemble. C'est non. Ils comprendront. Et je suis sûr que c'est ce qu'ils voudraient que je fasse en ce moment. Oui. Et puis je ne souhaite pas rester seul pour le moment. Je préfère avoir de la compagnie pour les jours à venir.

« D'accord. Ca ne me pose pas de soucis. Je t'accompagne. Et puis il y a toujours une probabilité pour qu'ils se soient eux aussi réfugiés là-bas. Chargeons tout ce que l'on peut dans l'ambulance. Je crois que cela va nous prendre un certain temps. Mais ne fais pas trop d'effort. Ne force pas sur ton bras d'accord ? Il ne faudrait pas que tu attrapes des complications. Tu peux t'occuper de faire les cartons et moi je les transporte par exemple. Mais si tu ne t'en sens pas capable ce n'est pas un problème je me chargerai de tout. »

Ponctué par un sourire. La contraindre ou la conseiller de rester en ville avec moi n'aurait servi à rien. Je pense que sa décision est prise et qu'elle ne changera pas d'avis. J'espère qu'elle pourra m'aider un minimum sinon cela va nous prendre tout le restant de la nuit et peut-être même une partie de la matinée. A moins que je ne sous-estime. Je ne crois pas trouver ma famille à l'extérieur de la ville. Et s'ils ne sont pas à Seattle, je ne vois qu'Olympia comme autre destination. Une semaine ... Ce ne sera pas long ...
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MessageSujet: Re: We could be like Ernest and Célestine   Lun 22 Aoû 2016 - 14:56

Les soins se passèrent dans le silence le plus total.
Entre deux grimaces de souffrance, Malou ressassait sa culpabilité; elle n'était pas d'accord avec Josh: c'était sa faute et sa faute seulement. Si elle n'avait pas paniqué, l'homme n'aurait pas tiré et il ne serait pas mort.
Elle savait que ce genre de pensées étaient inutiles mais c'était plus fort qu'elle.
Autant massacrer la femme de la secte à Brinnon ne lui avait fait ni chaud ni froid puisqu'elle avait trahit la bonté légendaire de Bobby, autant pour celui ci c'était différent au point qu'elle considérait avoir participé à son premier crime gratuit.
Elle ferma les yeux de désespoir. En plus elle n'avait même pas eu le courage de rester aux côtés de son ami pour la libération définitive. Etait-elle en train de devenir un monstre ?
Elle se dégoûtait.

Josh aussi semblait triste. A quoi songeait-il ? Malgré ce qu'il avait dit pour la rassurer, lui en voulait-il ?
Elle pensait que oui aussi avait-elle annoncé sa retraite dans la nature presque comme un adieu tant elle imaginait que l'homme ne pourrait plus jamais la voir en peinture après ce qu'elle l'avait poussé à faire.
Elle avait dit « on » pour la forme sans y croire et en était brisée. Pour une fois qu'elle avait un ami, elle l'avait déçu; elle n'était même plus capable de l'aider désormais; elle était nulle, mauvaise et inutile !

Les soins étaient terminés. Son bras immobilisé en écharpe la faisant moins souffrir elle osa lever des yeux timides et anxieux vers l'infirmier improvisé, attendant une réponse négative. N'avait-il pas une famille à chercher dans Seattle plutôt que s'encombrer d'une sale gamine blessée et impuissante ?

Quelle ne fut pas sa surprise en entendant Josh acquiescer d'emblée à sa proposition !
Elle n'en croyait pas ses oreilles; l'aimait-il donc encore un peu malgré son idiotie ?
Merci répondit-elle dans un souffle, elle qui ne remerciait jamais habituellement et comme des larmes d'émotion s'apprêtaient à couler sur ses joues pâles, elle se détourna et annonça:
au boulot alors ! Je me sens tout à fait capable de remplir des cartons pendant que tu chargeras.
Là-dessus, elle partit à leur recherche pour s'apercevoir qu'il y en avait peu. Par contre, elle trouva toute une série de sacs plastiques et sacs poubelle sous l'évier; cela ferait aussi bien l'affaire.

Gardant les rares caisses pour les bouteilles ou autres ustensiles difficiles à mettre en sac, elle commença, d'une main, par faire des ballots avec toute la nourriture.
Quand se fut terminé, elle s'occupa des boissons et produits d'entretiens divers, attrapa un peu de vaisselle pour son van, torchons, éponges, boîtes d'allumettes, bref, tout ce qui pouvait être utile au point qu'elle se serait cru en plein déménagement.

Malgré tout, le coeur n'y était pas.
Ce qui aurait dû se faire dans la joie la plus totale avait été terni par l'incident et c'est presque à regret qu'elle entassait tout cela. Seul son esprit pratique travaillait efficacement, le reste n'était que brouillard.
Elle pensa à la bonbonne de gaz pour son réchaud, récupérant également le tuyau qui était neuf puis engloba le lieu d'un regard circulaire; la kitchenette semblait terminée
Il restait encore la salle de séjour, les deux chambres et la salle de bain. « Ne pas oublier le papier WC et quelques jeux » pensa t-elle.
Il y avait de la place dans la camionnette, il n'y avait aucune raison de se restreindre.

Par contre, Josh serait peut-être obligé de l'aider à fouiller deci delà car avec un bras, rien n'allait vite mais après tout ce n'était pas plus mal, cela lui donnerait l'occasion de passer derrière elle afin de vérifier si elle n'avait rien oublié d'important et surtout de choisir ce qu'il voulait pour lui.

Elle vida ainsi tous les lieux, prenant même des CD et lecteur CD pour au cas où un jour elle devrait s'établir quelque part.
Une chambre dans un camps ? Une faction ?
A cette idée elle fit la moue; elle ne sentait pas prête mais qui savait ce que l'avenir pouvait réserver ?
Elle n'oublia pas les vêtements qu'elle avait préparé dans la chambre des parents, attrapa des draps dans celle de l'enfant ainsi qu'une couverture et un oreiller.

Quand tout fut terminé à ses yeux, elle se tourna vers Josh et dit: on a oublié le garage ! Tu termines et on y va ?
Après, il ne resterait plus qu'à syphonner le gas-oil, décider d'une direction et partir...
Cette idée lui serra le coeur. Ils auraient pu être si bien pendant quelques jours dans cette petite maison toute propre.
A croire que ce monde avait vraiment décidé de leur ôter l'une après l'autre toutes les joies qu'ils rencontreraient sur leur chemin jusqu'à ce que mort s'en suive.
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Josh Harper
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MessageSujet: Re: We could be like Ernest and Célestine   Mar 23 Aoû 2016 - 21:41

Dans un murmure elle m'a remercié. Ce sur quoi je lui ai répondu doucement, De rien ... Elle n'a pas besoin de me dire merci. C'est normal non ? Bientôt vingt-quatre heures que nous sommes ensemble. On a vécu des moments très forts déjà. La soigner, l'accompagner le temps qu'elle se remette de sa blessure, lui remonter le moral, évidemment que ce sont des choses que je vais faire. Que je veux faire. Il m'est complètement impensable de la laisser partir seule. Quand j'y repense, j'ai l'impression que c'est un miracle qu'elle soit encore en vie à l'heure actuelle. Si elle tombe sur un groupe de monstres maintenant, je ne donne pas cher de sa peau. Une semaine oui. Le temps que sa blessure se cicatrise correctement. Vérifier qu'il n'y ait pas d'infection. Et puis après … Après quoi ? Va-t-elle vouloir revenir dans Seattle ? Et moi ? Bien sûr … Il faut que je continue à les chercher. Nous réglerons ces questions en temps et en heure. Nous avons du pain sur la planche. Et Malou semble être opérationnelle.

« Ca  marche. Une aubaine que tu t'es dégotée un grand véhicule. On va pouvoir en mettre des choses dedans … »

En effet, plus pratique d'avoir une ambulance ou un pick-up qu'une voiture « cacahuète ». On se relève tous les deux et comme l'a dit mon amie quelques secondes auparavant, au boulot ! On commence par l'essentiel, la nourriture. L'estomac ne semble pas encore avoir tout digéré. Et puis, la récente panique n'a pas aider le léger mal de ventre. On fourre donc les différentes boites de biscuit, les sachets de féculents, les bonbons, et cetera dans des sacs poubelles. Pas très glamour mais ça à le mérite d'être grand. On fait bien attention à ne pas tout réduire en bouillie. Il serait extrêmement dommage de ruiner les gaufrettes et autres. Lorsque les deux premiers sacs sont suffisamment plein, je vais les porter dans l'ambulance. Je passe d'abord la tête par la porte d'entrée pour vérifier qu'il n'y a rien, ni personne. Les bras étant chargés, je n'ai ni ma hache, ni ma Winchester. Je dois donc redoubler de vigilance. Il fait encore nuit. Un ciel sans nuage d'où brille la lune. On y voit un peu donc, il ne fait pas très sombre. Droit, gauche. Rien. Les deux coups de feu auraient pu attirer du monde, vivant ou mort-vivant. Nous avons un peu de chance dans notre malheur. Car oui, qu'on se le dise, cette maison n'est plus le havre de paix espéré. Déçu de partir. Un peu. Mais en même temps je n'aurais pas pu continuer à me balader dans la cuisine et le salon et faire comme s'il ne s'était rien passé. Une bonne initiative de Malou de plier bagage rapidement.

J'approche de l'ambulance. Y dépose les sacs en regardant bien aux alentours, à l’affût du moindre bruit. En essayant de me faire tout petit et assez discret mais le silence n'est point mon fort. Allons-nous être tranquille le temps de tout charger ? Je l'espère de tout cœur … Je n'ai pas envie de … de revivre pareille situation. Je n'ai pas envie de … Je chasse mes pensées et retourne vers la maison après avoir refermer les portes du véhicule. J'ai pris un certain temps et Malou a déjà eu le temps de faire un carton avec des bouteilles. Un bras par dessus, l'autre main qui empoigne un pack de bouteilles d'eau et je continue mes allers-retours. Reproduisant les mêmes gestes. Observation, discrétion, ouvrir, déposer, fermer, revenir. La cuisine finie, nous fouillons les autres pièces, celle que nous n'avons qu'à peine examinées. Aidant de temps en temps ma camarade à atteindre l'un ou l'autre objet situé un peu plus en hauteur ou un peu trop lourd pour son seul bras. Nous prenons quelques machins, des bidules, qui ne sont peut-être pas essentiels pour la survie mais qui peuvent faire du bien au moral. Et j’enchaîne les allers-retours. L'ambulance se remplit bien. En espérant ne pas devoir refaire une course-poursuite enflammée. Balancer le fourgon dans tous les sens et on se retrouvera avec moult objets cassés et biscuits en miette.  Mais si c'est ça où se faire carjacker, pas d'hésitation sur le choix à faire.

Après avoir emballé et transporté la quasi totalité de ce que l'on souhaitait, ou pouvait, prendre, direction la chambre pour le dernier arrêt avant le grand départ. J'ai bien essayé de regarder dans l'armoire s'il n'y avait pas des affaires larges mais la pêche est bien mince. Pas de jeans, juste deux shorts, trois caleçons qui risquent de me serrer un peu, on verra bien, un bête t-shirt noir très large – large pour l'homme j'entends – ainsi qu'un ensemble de training, veste et pantalon, pas la grande classe, mais entre ça et des vêtements puants, déchirés, le choix est fait. J'enfile le training donc. Légèrement légèrement trop petit. Pas grave. Je récupère mon sac à dos, j'y fourre les quelques affaires, ma hache et nous pouvons retourner au rez-de-chaussée.

« T'as tout ce qu'il te faut ? Attends laisse moi prendre ça ... »

Comme une heure – deux ? – auparavant, nous descendons les marches de l'escalier. Pour la dernière fois de notre vie sans doute. Dommage. Une si belle demeure. Si propre. Avec tant de réserves. Un lourd soupir. Je la revois se ruer dans la cuisine. Plus de peur que de mal pour elle, même si elle est blessé. On ne peut pas dire la même chose pour tout le monde. Un acte qui risque de me poursuivre un petit temps encore. Presque enthousiaste elle me sort de mes songes. Ah oui le garage ! Je dépose le sac dans l'entrée et me dirige vers la porte qui relie la pièce encore non-visitée au reste de la maison. Elle fait un peu contraste. Il y a du bordel. Un bordel que je qualifierai de normal. Comme tout le monde peut avoir chez lui. L'espoir d'y découvrir une voiture est bien vite envolé. Les propriétaires auront sans doute du prendre la route avec leur auto. Pas mal de bazar. Des cartons dans un coin, une poubelle remplie de bouteilles en verre, des pots de fleurs, vides, un pot de peinture entamé, une deuxième bonbonne de gaz, que je soulève pour soupeser, vide. On y trouve donc de tout, mais rien en même temps. Il y a bien une caisse à outils. Une grosse caisse à outils. Je l'ouvre. Remplie à ras bord. Des tas et des tas d'outils. Ca par contre ça peut nous être utile. Je ne suis pas très bricoleur mais sait-on jamais. J'emporte. Je trouve aussi une paire de raquette de tennis et quelques balles. Je prends toujours. Même si je pense que le niveau de Malou à ce sport doit être proche de zéro. J'embarque quelques bricoles supplémentaires, dont une jerrican vide, et revient devant l'entrée.

« Je suis prêt. On peut partir ... »

Des mots dits sur un ton presque découragé. Laissons derrière nous le calvaire de cette nuit et gardons simplement le souvenir de cette soirée. En espérant qu'il y en aura d'autres. Dans le calme, la bonne humeur, un bon repas et une bonne nuit de repos. Nous ouvrons une dernière fois la porte et marchons vers l'ambulance. Toujours rien ni personne. Nous déposons le tout dans l'ambulance. Malou me fait remarquer qu'il faudrait siphonner la voiture. C'est vrai que si nous souhaitons sortir de la ville, il vaudrait mieux avoir fait le plein. Tomber en panne au beau milieu de nulle part serait des plus contraignant. Surtout après avoir autant chargé l'ambulance et devoir tout laisser en plan. Bon … Siphonner ... Je n'ai jamais essayé personnellement mais j'ai déjà vu faire. Qui ne tente rien n'a rien.

« Faudrait un tuyau … Ah bah celui qui est sur la bonbonne de gaz c'est parfait je pense. Bon le bidon vide c'est bon. On va essayer de pas en avaler … Tu peux me préparer une bouteille d'eau au cas où ? »

Je place une extrémité du tuyau dans le réservoir de la voiture. Je prends l'autre en bouche. J'aspire doucement. Je ne suis pas très confiant. Le tuyau n'est pas transparent alors je ne vois pas l'avancée de l'essence. Pas très pratique. J'aspire encore un peu. Soudain je sens quelques gouttes entrer dans ma bouche. Je crache violemment et place de suite le tuyau dans la jerrican. Complètement infect. Je continue à cracher par terre, grimaçant. J'espère ne pas avoir fait ça pour rien et que le réservoir est au moins à moitié plein. Dégueulasse l'essence ...
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MessageSujet: Re: We could be like Ernest and Célestine   Aujourd'hui à 19:32

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