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 We could be like Ernest and Célestine

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Josh Harper
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MessageSujet: Re: We could be like Ernest and Célestine   Jeu 21 Juil 2016 - 13:23

Malou a fait son choix. Sans tergiverser. On continue et on s'en va d'ici. Comme elle je ne pense pas que les différentes pièces du haut ne comporte un quelconque intérêt. A part la cuisine, qui était déjà vide, le reste n'est que bureau, salle de réunion. Mais je préfère ne passer à coté de quelque chose. N'importe quoi. Une trace. Un indice. Et puis nous partons. J'hausse un soupçon les épaules. Il n'est pas tard. Nous pouvons toujours commencer à chercher des provisions et de l'essence dès maintenant. Enfin. Peut-être qu'elle souhaite se reposer pour la journée. Que l'on discute un peu tous les deux. Je me passe donc de tout commentaire. On fera comme ça. Et puis après tout il n'y a pas d'urgence. J'ai encore des réserves. Même pour deux. Même pour une personne et demie. Car à la voir, elle ne doit pas se nourrir énormément. Je lui souris et hoche la tête. Bien sûr que l'on demandera aux autres survivants. C'est toujours ce que je fais. Sauf si le gars a vraiment une drôle de tête. Plutôt du genre à me piquer mes affaires qu'à m'aider.

Elle se lève. Je range mon sac et le met en position sur le dos. Reprends ma hache d'une main. Paré pour la suite de notre aventure. Elle fait de même avant de me faire part de ses nouvelles observations sur les monstres. Sur sa méthode de camouflage. Je l'écoute attentivement. Je ne peux pas vraiment infirmer ou confirmer ce qu'elle dit. Il y a trois heures à peine je n'avais aucune idée qu'il était possible de passer inaperçu à leurs yeux. Simplement en se badigeonnant de leurs tripes. En devenant comme eux. Je savais qu'ils étaient attirés par le bruit. Je savais que lorsqu'ils posaient le regard sur moi, je devais me mettre à courir ou à préparer ma hache. Mais je ne savais pas que nous pouvions les duper. L'astuce avait fonctionné. Je l'avais testée. Mais comme elle le dit, il faut peut-être agir exactement comme eux. Pas de gestes brusques, pas de paroles. Ce serait bien trop facile sinon.

« Je pense aussi. Mais j'ai beaucoup moins d'expérience que toi là-dedans. Peut-être que … si jamais ça te dit … on pourrait essayer de faire quelques tests là-dessus. Avec des monstres isolés d'abord. Essayer de marcher à coté de lui. Et puis voir comment il réagit si l'on parle. Ou si l'on fait signe de la main … Enfin je sais pas … Ca reste très dangereux. Même si je reste sur mes gardes. Qu'il y a peu de risque que je me fasse surprendre face à un seul d'entre eux … Mais si on est capable d'en découvrir un peu plus sur la manière qu'ils ont de nous repérer … C'est bizarre … Jusqu'à maintenant, je m'étais jamais vraiment posé la question. Ni même vraiment réfléchi sur le sujet.  »

J'hausse les épaules à mon tour. Pour appuyer l'étrangeté de mes pensées actuelles. Essayer d'en apprendre plus. Je crois que c'est une bonne idée. Sans pour autant y mettre sa vie en jeu. Bien que … nous la mettons tous les jours en jeu. J'attends qu'elle soit fin prête et nous sortons. Après un rapide tour d'horizon nous constations qu'il n'y a rien d'intéressant. Comme elle le pressentait. Comme je le pressentais. Rien hormis du matériel électronique qui ne servira plus jamais. Des meubles remplis de dossiers et de classeurs. Des chaises. Pas de réfugiés cachés dans un coin. Pas de cadavres. Alors nous partons. Je fais attention dans les escaliers. La porte menant à l'extérieur étant restée ouverte, il peut y avoir des monstres qui traînent dans les parages. Arrivé en bas, rien. Je regarde rapidement du coté de l'open-space. Sait-on jamais. Rien. Avant d'aller jeter un coup d’œil à l'extérieur. C'est bon.

Et nous reprenons la ruelle latérale en sens inverse. L'attitude un peu plus détendue qu'en arrivant. Malou rassurée de voir que personne n'a piqué son moyen de transport. Réaction qui me tire un sourire du visage. La proposition de conduire l'engin me surprend mais pourquoi pas. Ca fait longtemps que je n'ai plus conduit mais c'est comme le vélo. Ca ne s'oublie pas. J'accepte. Et puis soudain elle panique. Captant l'endroit où elle regarde, j'aperçois une troupe de mangeurs d'hommes. Ils sont loin, pas d'inquiétude à avoir. Mais je l'écoute. Monte rapidement. Comme elle. Pose le sac et la hache à l'arrière. Tourne la clé pour démarrer. Trop vite. Le van ne démarre pas. Ce qui a l'air de ne pas calmer mon amie. Tourne la clé dans l'autre sens. Tourne un quart de tour. Attends un peu. Avant d'enfin mettre en marche le véhicule. Je passe la première et nous voila parti. Je prends la première à droite sur la N 100th. Je me souviens de ce qu'elle a dit alors je prends tout de suite à gauche. Pour me diriger vers une station essence. Ce n'est qu'a quatre cents, cinq cents mètres. Ca vaut le coup d'aller voir.

« Ne te fais pas autant de soucis. Ils étaient loin. Et puis si jamais je suis là. Il y a une station essence à trente secondes d'ici. On y va ?  Et puis s'il n'y a plus rien on peut continuer à l'ouest. Je crois qu'il y en a une autre pas très loin. Avant de chercher un endroit un peu plus calme. Pas trop près des grands axes. »

Les hordes ont tendance à se trouver sur les routes principales. Ou à des endroits d'ordinaire très fréquenté. Des centres commerciaux, les parcs, .... Alors il est vrai qu'il est difficile de trouver un endroit désert, ou presque, dans cette partie de la ville mais trouver un lieu où l'on n'y croisera pas une cinquantaines de monstres me semble envisageable. Il nous reste assez de temps que pour chercher de l'essence et un abri pour la nuit. Néanmoins si elle souhaite faire autre chose d'ici là je la suivrais. Si elle veut faire dix kilomètres pour aller vérifier si son frère ne se trouve pas dans tel bâtiment. Dix kilomètres en van ça se fera très rapidement. Même s'il faut contourner certaines rues obstruées par les véhicules abandonnés. Je n'aime tout de même pas trop l'idée de conduire. Ca fait du bruit. Oui tu peux écraser les monstres comme Malou l'avait fait. Oui ça peut te faire un endroit où dormir, où poser tout un tas d'affaire. Oui tu peux fuir très rapidement une horde. Oui ça fait pas mal d'avantages en fait. Mais je préfère la marche.

Conduisant lentement, faisant attention aux rues que j'emprunte, j'attends son feu vert. Et puis sinon, ce sera avec plaisir d'aller se reposer.
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MessageSujet: Re: We could be like Ernest and Célestine   Lun 25 Juil 2016 - 23:21

Comme elle s'en était doutée Josh avait voulu jeter un coup d'oeil dans les bureaux de l'étage et fut presque aussi déçue que lui qu'il n'y ait rien. Cela leur aurait tellement remonté le moral de trouver un indice quelconque...

En montant dans le van côté passager, elle pensait encore à la proposition des tests mais pour l'instant elle était trop effrayée; elle répondrait plus tard.
C'était vrai que les mangeurs d'homme étaient loin mais tout de même, on ne pouvait jamais savoir avec eux.
L'ami avait l'air de quelqu'un qui n'avait pas conduit de véhicule depuis longtemps aussi quand il cala la première fois, elle prit son visage dans les mains tant elle était paniquée: les cadavres ambulants approchaient.
C'est un diesel, expliqua t-elle rapidement, il faut que tu attendes que le petit voyant, là, s'éteigne avant de continuer à tourner la clé.
Enfin ils avaient démarré et enfin ils s'éloignaient du danger ! L'adolescente poussa un soupir de soulagement avant de hocher négativement de la tête à l'idée de Josh.
Cet homme était vraiment surprenant; il n'avait pas l'air de savoir grand chose... Où était-il avant d'atterrir en pleine ville ?
Afin de ne pas trop le vexer, elle tenta de l'informer en y mettant les formes:
bah... Je veux bien qu'on aille voir dans les stations essences, on ne sait jamais mais je crains qu'on perde notre temps.
Comme Josh semblait attendre des précisions, elle continua:
cela fait un moment maintenant qu'on est infesté et que tout est sens dessus-dessous. A mon avis, les pillards ont déjà vidé toutes les pompes.
Pour trouver de l'essence il faudra plutôt fouiller des garages de maisons à la recherche d'un jerrican oublié.
C'est pareil pour la bouffe, il n'y a plus rien dans les supermarchés
, précisa t-elle.

Néammoins Josh avait eu l'air décidé de vérifier par lui-même puisqu'il stoppa l'ambulance devant la station.
Malheureusement Malou avait raison.
Non seulement les pompes ne fonctionnaient plus mais en plus elles avaient été cassées, probablement à coup de hache.
Arrachées de leur socle, elles laissaient place aux immenses cuves en sous-sol aussi sèches qu'un désert.
Le petit magasin en face avait été vandalisé et éventré. Tous les rayons étaient vides, toutes les vitres avaient explosé au point que d'innombrables éclats de verre avaient volés jusqu'au milieu du parking.
Le bitume craquelé était parsemé de taches de sang séché, d'auréoles de pétrole et de trucs en charpie.
Il émanait de cet endroit une telle désolation, qu'il en devenait le symbole de la fin du monde à lui tout seul.
L'adolescente contemplait cette vision d'enfer avec des yeux agrandis d'horreur puis, se penchant vers l'ami elle murmura: tu es sûr que tu veux rester à Seattle ? Ta famille a dû fuir cet endroit depuis longtemps... Ils ont dû se réfugier ailleurs, non ?

Si elle avait eu assez de gasoil, elle se serait enfuie de la métropole sans demander son reste; malheureusement, il lui était impossible de regagner les montagnes, la jauge était dans le rouge; ils n'auraient peut-être même pas assez pour aller vers l'ouest.
La galère... S'exclama t-elle.
Il ne nous reste plus qu'à fouiller des maisons ou des immeubles dans des quartiers plus calmes, tu pourrais trouver ça ?
Elle espérait que Josh connaîtrait la ville mieux qu'elle, qu'il serait capable de repérer une rue où quelques habitations auraient été oubliées.
Se calant à nouveau sur son siège, elle se laissa diriger en silence avant de lancer: pour le test, on verra demain, pour aujourd'hui j'ai mon compte !
Il fallait croire que non; le destin en avait décidé autrement et n'était apparemment pas prêt à leur laisser le répit escompté: devant eux, une bande de gus à l'air patibulaire et bien vivants barraient la route et leur faisait signe d'arrêter la camionnette.
Tous étaient armés; il était évident qu'ils en voulaient à leurs réserves et au véhicule.

Horrifiée par ce spectacle, l'adolescente laissa échapper un cri: elle venait de comprendre que certains êtres humains étaient mille fois plus dangereux que les cadavres ambulants.
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Josh Harper
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MessageSujet: Re: We could be like Ernest and Célestine   Mar 26 Juil 2016 - 18:43

Malou me l'a bien dit, qu'aller vers une station essence servirait à rien. Bien qu'elle n'ait pas non plus fortement objecté ma proposition. Mais je voulais en avoir le cœur net. Et puis sait-on jamais. Il est vrai que la plupart des personnes avait du se ruer sur les différentes pompes de la ville. Faire un dernier plein avant d'essayer de quitter Seattle. A vrai dire j'ai jamais fait gaffe. Jamais particulièrement porté attention sur les stations essence. Parce que j'en ai pas l'utilité. Je me déplace qu'à pied. Pour les supermarchés, épiceries et autres boutiques je ne peux que rejoindre son avis. Trouver de la nourriture est de plus en plus ardu. Trouver de quoi manger dans un magasin relève presque de l'impossible. Ou alors tout est périmé. Il m'arrive d'avoir faim mais je ne vais quand même pas manger du poisson pourri depuis six mois. Ou de la pâtée pour animaux. Pour l'instant j'arrive encore à me débrouiller. Fouillant des maisons à la recherche de denrées pour ainsi dire non-périssables. Riz, biscuit, conserve. Parfois je tombe sur une maison qui n'a pas été complètement fouillée. Je découvre alors sur une petite réserve. De quoi tenir une à deux semaines. Et parfois il m'arrive de fouiller dans des quartiers où tout a été mis à sac. Où toutes les armoires sont retournées. Alors comme elle le dit il va peut-être falloir faire pareil pour l'essence. Ou tenter de siphonner les tonnes de véhicules abandonnés. A moins que quelqu'un n'ait déjà eu cette idée. Je pense que beaucoup ont eu cette idée.

Une fois arrivé devant la station, je ne peux que constater. Dès le premier coup d’œil Malou et moi savons que ce n'est pas ici que nous ferons le plein. La seule essence qu'il reste c'est celle qui a séchée sur le sol. Chou blanc pour la première station. Repensant à ce qu'elle m'a dit je revois ma position sur le fait d'aller vérifier chaque station. Je suis certain que même la plus petite pompe perdue dans un coin isolé, désert, de Seattle sera vide. Ne reste plus donc qu'à partir pour un coin plus tranquille de la ville. Loin de cette énorme avenue. Soit pour se reposer. Soit pour déjà entamer un minimum les recherches. Inspecter trois, quatre maisons. Vérifier qu'il n'y a pas de voiture dans le garage. Une voiture où le réservoir pourrait être à moitié plein. Nous trouverons bien cela. Tout le monde n'a pas du prendre son auto   pour s'enfuir. Tous les véhicules n'ont pas du être siphonné. La ville est immense. Des maisons et des voitures en veux-tu en voilà. Si nous étions dans l'un de ces petits villages où nous avons fait des haltes avec les collègues lors de notre marche vers Seattle cela ne m'étonnerait que toutes les voitures soient à sec. Mais ici, même au bout de plus d'une demie-année, impensable. On continue alors notre route. Discutant un peu.  Où est ma famille ? Où est son frère ? Si seulement je connaissais la réponse. Sont-ils toujours ici ? Sont-ils partis à Olympia ? Dans les montagnes ? Ont-ils pris un bateau pour aller je ne sais où ? Tant de possibilités.

« Il me reste encore pas mal d'endroits à vérifier. Où ils auraient pu se réfugier. Je veux être sûr qu'ils ne soient pas à Seattle avant d'aller ailleurs. J'en serais jamais vraiment certain parce que la ville est immense mais je crois que je saurai si je dois bouger ou non le moment venu. S'ils sont quelque part ici … Je veux être sûr de ne pas passer à coté d'eux. »

Haussant doucement les épaules. C'est vrai. Peut-être qu'ils sont à mille kilomètres d'ici. Peut-être aussi qu'ils sont à cent mètres de moi. Dans ce bâtiment là. Ou celui là. Aux dernières nouvelles ils n'avaient pas vraiment prévu de quitter Seattle. Mais ce sont des nouvelles qui datent de … je ne sais même plus vraiment … huit, neuf mois ? C'est qu'il peut s'en passer des choses pendant tout ce temps. Et je n'ai pas la moindre idée ce qu'ils ont pu penser. Un jour je me dis que ma mère leur aura proposer de se retirer en campagne. Un autre que mon père a pris les choses en main et qu'ils se sont barricadés quelque part avec une dizaine d'autres personnes. Un autre que ma sœur a pris la tête de notre petite famille et qu'ils sont partis à Olympia. Je ne peux rien faire de plus que ce que je ne fais maintenant. Les chercher. Encore et encore.

« La galère c'est un peu notre quotidien maintenant. Je lui souris légèrement. Je me demande comment on a pu en arriver là … Oui je vais continuer un peu vers le nord-ouest, je crois que c'est un peu plus calme. Un peu plus résidentiel. Et ne t'en fais pas concernant nos éventuelles petites expérimentations. Si tu ne te sens pas d'aplomb, aujourd'hui ou même dans les jours à venir je comprends. De toute façon j'ai survécu jusqu'ici sans connaître ce petit tour alors c'est peut-être pas si vital que ça. Même si ça peut être utile. Très utile. »

Je retourne mon regard vers la route et aperçoit une bande d'individus. Pas spécialement proche. Mais pas spécialement loin. Je commence déjà à ralentir alors que j'entends Malou qui commence à paniquer. Merde. Merde. Qu'est-ce que je fais ? Vite décide-toi. Ils sont armés. Ils n'ont pas l'air commode. Et s'ils … ? Vite. J'empoigne fermement le volant de la main gauche, place la main droite sur le tronc de Malou et la plaque contre le siège. Pour ne pas qu'elle s'envole à travers le pare-brise. Car je freine comme une brute. Les pneus crissent et je vois déjà que ça n'a pas l'air de plaire à nos nouveaux camarades. Je parviens tant bien que mal à me bloquer pour ne pas moi non plus être éjecté à travers la vitre. ACCROCHE TOI !. J'embraye, pose une main sur le pommeau de vitesse, marche arrière, je commence à tourner le volant, mets les gaz, débraye, tourne à fond. Le van fait un demi-tour en marche arrière avec une vitesse que je n'estime pas assez rapide à mon goût. Mais pourtant. Coup d’œil dans le rétro. Ils approchent. En joue. Je les entends gueuler. HEY ARRETEZ-VOUS OU … Ou quoi ? Trop tard. J'embraye, passe la première, appuie presque à fond sur l'accélérateur et débraye en même temps. Le van fait un soubresaut monstrueux et file avec une accélération dont je ne l'en pensais pas capable. Putain putain putain … . HEY !! J'entends alors quelques coups de feu. COUCHE TOI … Je m'abaisse à moitié. Pose une main sur l'arrière de la tête de Malou pour qu'elle se penche en avant. Et aussi pour la protéger. Quelques balles viennent trouer les portes arrières de la camionnette. Coup d’œil dans le rétro de gauche. J'en vois quatre qui nous coursent. Deux autres en position de tir, en train de vider leur chargeur. Oh putain oh putain … . Bam. Plus de rétro. Ce qui a l'effet de me faire un brin sursauter. ACCROCHE-TOI ! Et là je tourne violemment à gauche. Toujours pied au plancher. Je sens les deux roues gauches se décoller du sol. Le temps presque au ralenti. Le van qui penche. WooOOOooh … On déboule dans la nouvelle rue sur un deux roues. Je regarde devant et je vois une bagnole abandonnée à cinq mètres. Je fous tout mon poids à gauche. Presque en donnant un coup d'épaule sur la portière. Le van se remet sur ses quatre roues. Avant de continuer du à l'inertie et voilà que ce sont les roues droites qui décollent. Je suis en train de foncer droit sur l'arrière de la voiture. Un coup de volant. Le van se remet comme il faut. Un dernier coup de volant. Aaaahhh ! Je percute un peu le coffre de l 'avant droit. Mais ça nous arrête pas. Les deux mains serrés sur le volant je fonce. En slalomant. Toujours à coup de Putain. Je roule sur cinq cents mètres. Sans regarder Malou. Mais je sais qu'elle est toujours là. Ouf. Sans regarder derrière. Putain. Je tourne à droite. Bien plus doucement que toute à l'heure. Mais pas trop quand même car on est pressé. Deux cents mètres puis la prochaine à gauche. Je sais pas où je vais mais j'y vais. Puis je me calme un peu. Je passe la tête par la fenêtre. Personne. Plus rien. Je pousse un ouf de soulagement immense. Avant d'être pris d'un petit fou rire. Nerveux. Petit fou rire qui se prolonge. Si on était pas en temps d'apocalypse. Si on était pas poursuivi par des truands armés qui nous tiraient dessus. Si on avait pas failli se retourner. Si on avait pas failli rentrer dans un voiture. La situation aurait presque pu être drôle. Mais ça fait beaucoup de si. Après quelques secondes je me calme, reprend mon souffle, passe une manche sur mes yeux, à moitié rempli de larmes de rire.

« Pardon … C'était nerveux ... Je me retourne vers l'arrière. Ils nous pas loupé. Mais ça aurait pu être pire je pense ... Je te propose qu'on roule un peu et qu'on se pose. Là je crois qu'on a eu notre compte … »

Et si on pouvait tomber sur une maison tranquille. Pas de monstres, pas de malfrats, de la nourriture, un lit, de l'eau, de l'essence... Ce serait pas du luxe. Mais j'en demande un peu beaucoup je crois ...
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MessageSujet: Re: We could be like Ernest and Célestine   Jeu 28 Juil 2016 - 23:45

Le cri que Malou poussa en voyant les malfrats n'étaient rien à côté des glapissements qui suivirent.
Une chose était sûre, elle n'était pas habituée au road trip ou plutôt bad trip comme celui-ci !
Pourtant elle en avait vu des films de courses poursuites entre brigands et policiers à la télé mais le vivre était une autre histoire !
Cramponnée à son siège elle n'en finissait plus de brailler à chaque coup de volant. Josh lui fit plonger la tête en avant tandis qu'il malmenait le véhicule dont les pneus hurlaient sur le macadam, soulevant la poussière.
Des coups de feu retentirent ponctués par les « putain » du conducteur qui ne firent qu'augmenter la crise d'hystérie de l'adolescente.
Elle entendit des débris voler et voulu voir ce qu'il en était. Peine perdue; la paluche de son ami empêchait tout mouvement.
Tout à coup elle se sentit pencher.
Non, ce n'était pas elle, c'était le van !
une nouvelle série de beuglement suivis de: on est quand pas en train de rouler sur deux roues quand même !!! tombèrent à plat. L'homme avait l'air si concentré à semer les sinistres individus qu'il ne semblait même pas l'entendre.
Mais putain de bordel, on va se rétamer la gueule, arrrêêête !!! cria t-elle encore.
Choc.
Malou plongea brutalement encore plus en avant, heurtant le vide-poche. Aïe, merd... Un coup de volant lui plaqua lourdement le dos contre le siège le rendant muette de stupeur avant de se sentir éjectée à droite, contre la portière puis à gauche contre l'épaule de Josh dans une série de slaloms infernaux.

Puis enfin le calme...
L'ami roulait à présent à une vitesse raisonnable dans une rue avant de tourner à gauche dans une autre, résidentielle et tranquille.
Suivant son exemple, elle regarda aussi par la fenêtre afin de constater la même chose: il les avait semé !
Regardant son ami avec des yeux encore agrandis par la peur qu'elle ne fut pas sa surprise de le voir ébaucher un rictus puis pouffer avant d'éclater d'un rire nerveux.
Complètement interloquée elle allait ouvrir la bouche pour l'insulter copieusement mais la tension était telle qu'elle partit elle aussi dans un fou rire à ne plus pouvoir s'arrêter.
Des larmes plein les yeux, elle levait régulièrement la tête pour croiser le regard bêtement hilare de Josh avant de repartir de plus belle.
Quand enfin, la crise passa, elle lança: j'ai envie de pisser maintenant, c'est pas malin !
Plus sérieusement, elle répondit à son ami qui se penchait vers l'arrière pour constater les éventuels dégâts:
t'inquiète y'a rien; c'est juste de la trace de poudre noircie; ma camionnette est une ancienne ambulance, elle est blindée. Par contre on est bon pour piquer un rétroviseur afin de remplacer celui qui a explosé.


Josh roulait lentement à présent.
Leurs yeux braqués sur l'alignement de portails, ils cherchaient une maison tranquille.
Malou étouffa un bâillement et marmonna: c'est vrai que je ne serai pas contre une bonne nuit de repos, j'en ai ma claque de la ville.
Enfin le véhicule stoppa.
Lequel des deux avait vu le premier cette petite maison aux volets clos, naguère pimpante qui avait l'air de leur tendre les bras ? Aucune importance.
La bâtisse était petite avec un étage. Habitaient probablement là un couple avec un enfant, pas plus.
La simplicité du lieu laissait à penser qu'il n'étaient pas riche mais pas pauvres non plus; la juste moyenne.
Tandis que Josh faisait une manoeuvre pour se garer le long du trottoir, Malou se décontractait avec la certitude qu'ils seraient en sécurité dans ce coin là.

A peine le frein à main fut-il tiré qu'elle prit son sac à dos à la volée et descendit vérifier les environs.
D'abord elle examina l'état de l'avant de son véhicule et haussa les épaules: il n'y avait pas grand chose, juste le pare-choc enfoncé. Elle regarda ensuite à droite et à gauche, personne à l'horizon hormis une hirondelle qui fusait dans le ciel en piaillant.
Le soleil se couchait et une brise légère se levait.
Le jardinet jadis coquet était envahit de mauvaises herbes et la petite barrière de bois était cadenassée.
Etonnée, la jeune fille se tourna vers son coéquipier et murmura: on dirait que cette maison n'a pas été pillée... ce serait trop beau !
Impatiente, elle escalada le portail et courut vers la porte d'entrée pour constater qu'elle était fermée à clé.
Va chercher le pied de biche dans ma valise à outil à l'arrière ! Cria t-elle tout émoustillée par cette découverte, véritable cadeau des dieux, s'il y en avait encore dans ce monde pourri.

Tandis que l'homme était parti chercher l'outil, elle fit le tour du propriétaire.
Toutes les persiennes étaient sagement closes. Pas même une trace de pas sur la terre ni dans les herbes. Sur le côté, un petit garage était fermé lui aussi.
Rassurée, elle se hasarda vers les buissons. A part un cadavre de chat dont il ne restait plus que la carcasse et quelques poils, elle ne découvrit rien de plus.
Joyeusement, elle retourna vers la porte que l'ami commençait d'enfoncer.
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Josh Harper
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MessageSujet: Re: We could be like Ernest and Célestine   Ven 29 Juil 2016 - 22:01

Quelle Aventure ! Avec un grand 'A' oui. Ca fait un bail que je n'ai pas autant ri. Et je crois que c'est la même chose pour Malou. Mon fou rire la contaminant. Je m'arrête cinq secondes, histoire de reprendre mon souffle et mon sérieux. Avant de l'entendre glousser à nouveau et me revoila en train de pouffer. Je ne suis pas prêt de l'oublier celle-là. Ca fait du bien. De décompresser. Parce qu'on ne dirait pas là comme ça. Les deux compères avec les larmes aux yeux et les zygomatiques qui tirent. Mais on vient d'échapper à quelque chose de dangereux. Je n'aurais pas donné cher de notre cher de notre peau si nous avions du nous arrêter. J'ai eu le bon réflexe. C'était soit faire demi-tour, soit leur foncer dessus. Mais avec leurs armes, ils auraient pu tirer dans le pare-brise ou les pneus. Là ils étaient trop éloignés et mal positionnés. Soulagement immense donc. Et puis je ne dirais jamais non à une telle « tranche de rigolade ». Bien que je préférerais des situations un peu moins périlleuses. Comme si les monstres n'étaient pas assez il faut aussi se méfier des personnes vivantes. Et je dirais même qu'elles sont plus dangereuses que ces mangeurs d'hommes.

Après nous être calmés, m'être excusé et avoir exposé mes idées, Malou me répond. Sa légère vulgarité me surprend et me fais doucement rire en même temps. Pisser. Je n'ai jamais été très familier avec ce verbe. Faire pipi ou aller aux toilettes. C'est bien mieux tout de même. Ce n'est pas non plus extrêmement grossier. Et elle ne dit pas ça avec un air  de crasseuse. Je jette rapidement un deuxième coup d’œil vers les portes arrières. Une chance que cette ambulance en soit une. Elle n'est pas si abîmée que ça finalement. Hormis le rétroviseur mais est-il encore vraiment nécessaire ? Je ne crois pas qu'il y ait besoin de vérifier avant de tourner. C'est que le trafic routier est inexistant. Pareil pour se garer ou faire des manœuvres. Franchement, même si on tamponne les autres voitures, qui viendra s'en plaindre ? Surtout que le véhicule est robuste. Ce n'est pas parce qu'on fonce à toute allure et qu'on percute l'avant-droit contre une autre automobile qu'on tombe en panne. Mais si elle souhaite un rétro de remplacement alors je ferai mon possible pour lui dégoter ça. Pas pour aujourd'hui car elle est fatiguée. Parce qu'elle baille aux corneilles et parce qu'elle me le dit. Je m'arrête donc quelques dizaines de mètres plus loin.

« Oui reposons-nous. Le temps de sécuriser le périmètre et il sera temps de se poser. Beaucoup d'émotions en cette journée ! »

L'endroit semble relativement calme. Une maison somme toute classique. Idéale pour nous y poser pour la nuit. J'ai toujours privilégié ce type d'habitation plutôt que les studio de dix mètres carrés ou les énormes bâtisses. Elle procure un confort sobre mais suffisant. Il ne faut que quelques minutes pour s'assurer qu'il n'y a pas de monstres à l'intérieur. Elle reste assez facile à défendre en cas d'attaque surprise. Je me gare tranquillement. Malou se prépare et sort derechef. Comme une pile électrique. Peut-être qu'elle a encore envie d'aller au petit coin. Bien plus plaisant que dire « pisser » quand même. Un coup d’œil sur l'avant-droit de l'ambulance pour constater les dégâts. Le pire a été évité. Aucune inquiétude à avoir. Elle continuera à rouler. A condition de trouver l'essence bien sûr. Une tâche à laquelle nous nous attarderons demain. Portail fermé, Malou me fait remarquer que cette maison pourrait ne pas être sans dessus-dessous. Peut-être que les propriétaires se sont enfermés à l'intérieur. Peut-être qu'ils étaient partis en vacances avant que tout ne commence. Nous verrons bien une fois à l'intérieur.

« Ne crions pas victoire trop vite. Mais c'est vrai que la barrière fermée est plutôt bon signe. »

Tel un chat, Malou grimpe et passe par dessus la barrière. Elle court et je m'inquiète. Je vais lui crier de faire attention avant de me rendre compte que faire autant de bruit n'est pas la meilleure des choses. Elle essaye d'ouvrir la porte. Mince. Et si elle tombe face à une troupe de monstres ? Je me prépare moi aussi à passer par dessus le portail pour la rejoindre. Même sans ma hache, je serai en mesure de faire quelque chose en cas de pépin. La porter et courir par exemple. Mais la porte est fermée. Ouf. Elle se retourne et crie. Je la regarde en écarquillant les yeux. Mais ne fais pas autant de raffut enfin ! J'essaye de plus ou moins mettre mon doigt devant la bouche pour lui dire de se taire. Alors qu'elle était si discrète toute à l'heure là voila toute enjouée. Il y a peut-être de quoi être content mais un peu de silence ! Pour le moment du moins. Le pied de biche. Ok. J'hoche la tête avant de partir ouvrir les portes arrières de l'ambulance. Constatant une fois de plus les dégâts. Causés par les balles. Je me saisis de l'outil. Ainsi que de ma hache. Je me sentirai bien mieux avec mon arme si nous devons affronter des abominations. Je ferme les portières. J'escalade le portail. Pas aussi gracieux qu'elle mais ma grande taille me permet de passer sans trop d'effort. Je ne la vois plus. Ou est-elle ? Mon cœur s'accélère. Allons. Il ne faut que je m'inquiète autant. Je suis certain qu'elle s'en sortira. Après tout elle est encore en vie. Elle est très agile. Furtive. Quand elle ne crie pas ! Et je ne suis pas loin. Un hurlement et je rapplique.

Je m'avance donc vers la porte. Elle ne va pas me résister bien longtemps. Une porte aussi classique que la maison. Pas de verrouillage incassable, de super blindage. Je dépose la hache. Prend le pied de biche à deux mains. L'enfonce d'un coup sec au niveau de la serrure. Un léger bruit sur la gauche. Côté par lequel Malou me rejoint. Me voila tout de même rassuré. Je fais un mouvement de levier. Je sens la porte qui commence à se fracturer. Je retire le pied de biche. Je le renfonce avec un mouvement plus sec encore. Fais levier directement. Puis de l'autre coté. Et je sens que je suis parvenu à faire sauter la serrure.

« Je crois que c'est bon. Recule un peu. »

Je retire l'outil. Le dépose. Reprend ma hache. L'instant de vérité. Je donne un léger coup de pied dans la porte pour l'ouvrir et me recule d'un pas. Prêt à abattre un monstre qui aurait été alerté par le bruit. Il fait assez sombre mais rien à l'horizon. Je regarde Malou. Ce serait trop beau tu disais ? Je pose un pied dans l'entrée. Paillasson en bon état. Avance ma tête pour mieux observer. Renifle. Il semblerait qu'il n'y ait pas d'odeur particulièrement forte mais cela ne veut rien dire. Il peut toujours y avoir un cadavre planqué dans une pièce fermée. Je me dis que je ferais bien du bruit. Taper avec ma hache contre du métal ou siffler. Mais le boucan du pied de biche enfoncé dans la porte aurait forcément rameuté des monstres s'il y en avait.

« Je sais que j'ai dis qu'il fallait être méfiant mais franchement je crois qu'on a rien à craindre. Je n'entends rien. Ca ne sent pas spécialement mauvais. On fait le tour prudemment et puis on revient chercher nos affaires dans l'ambulance. Ca te va ? »

Un peu de calme le temps d'une soirée. Le temps d'une nuit. Dormir tranquillement sans avoir un œil à moitié ouvert. Nous sommes bien tombés. Ne pas vendre la peau de l'ours mais après les différentes péripéties de la journée, moi fuyant une horde, elle criant et martelant les jambes des monstres, elle pleurant parce que nous sommes nous aussi sans doute infectés, la fuite en ambulance, surtout. Nous avons eu notre dose. Un peu de calme. Juste un peu de calme maintenant. Si tout se passe bien d'ici cinq minutes nous serons affalés dans un canapé douillet. Encore cinq petites minutes.
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MessageSujet: Re: We could be like Ernest and Célestine   Sam 30 Juil 2016 - 23:00

Quand Josh mit son doigt sur la bouche en signe de silence, elle plaqua sa main contre la sienne en guise d'excuse.
C'était la deuxième fois aujourd'hui qu'elle manquait de vigilance; cela finirait par lui être fatal si elle ne faisait pas plus attention.
Honteuse, elle en avait profité pour faire du repérage dans le jardin et soulager sa vessie par la même occasion, bien cachée derrière un arbuste.
Elle n'avait pas remarqué le regard étonné de son ami quand elle avait prononcé le mot « pisser ». Pour elle il n'y avait rien de sous jacent dans cette expression, c'était juste un mot comme un autre pour traduire le besoin d'uriner. D'ailleurs chez elle on ne disait pas « le petit coin » ou « la petite commission », etc... On ne disait rien.
Elle en profita pour se remémorer avec plaisir le fou rire. C'était peut-être la première fois qu'elle s'était allée ainsi et fut surprise de constater que cela faisait du bien.
Les angoisses et la tension de cette journée s'étaient envolées; il ne restait plus qu'une vague torpeur due à la fatigue et une certaine forme de joie malgré tout ce qu'ils avaient vécus.

Josh revenait avec l'outil.
Elle se dépêcha de se reculotter et courut vers lui afin de regarder comment il s'y prenait.
C'est sous son oeil admiratif que l'homme, sous le coup d'une dernière pression vint à bout de la serrure.
Méfiante et apeurée, elle se positionna derrière lui, rouleau à pâtisserie en main, prête pour une tentative d'attaque s'il le fallait mais rien en se passa et quand Josh lui annonça qu'à priori il n'y avait rien à craindre, elle jubila intérieurement et ne se le fit pas dire deux fois pour faire le tour des pièces.

Le lieu était sombre puisque les volets étaient fermés et les ouvrir aurait pu attirer l'attention.
A regret elle alluma sa lampe torche dont le faisceau balaya un petit couloir carrelé aux murs blancs.
Sur une console de bois un téléphone fixe trônait aux côté d'un agenda et d'un bouquet de fleurs fanées.
Hormis une odeur de renfermée mêlée d'un vague relent de détergent, rien d'autre ne vint titiller les narines grandes ouvertes de la jeune fille qui s'enhardit à ouvrir la petite porte vitrée du fond.
Elle laissa passer Josh devant elle afin qu'il supervise la pièce et découvrit une grande salle de séjour composée d'un coin repas, d'une petite cuisine américaine pimpante dans les tons orangés, le reste de l'espace étant dédié à ce qu'on pouvait appeler le salon.
Un canapé et deux petits fauteuils de toile, placés devant une table basse faisaient face à un récepteur de télévision. Une armoire était calée contre le mur du fond, un tapis coloré et des étagères pleines de jolis bibelots égayaient le tout.
Tout était propre et bien rangé comme si les gens avaient fait le ménage avant de s'absenter pour des vacances ou une déplacement prévu; rien à voir avec un départ précipité dû aux évènements.

Au fond, un escalier de bois les invitaient à monter à l'étage.
Laissant une fois de plus son ami prendre la tête, elle le suivit à pas de loup jusque sur le palier où elle découvrit trois portes fermées.
Immobile, aux aguets, elle huma l'air et écouta.
Aucun bruit.
Ce silence qui aurait pu être être relaxant devenait pour elle lourd et angoissant.
N'y tenant plus, elle ouvrit la première porte et vit une chambre pour enfant aux tons bleus pâles.
Le lit une place était fait et les jouets, petites voitures, garage, ours en peluches, soigneusement rangés.
Josh avait du ouvrir les portes suivantes puisque la première béait sur la chambre des parents toute aussi ordonnée et la troisième sur une salle de bain.
Eberluée, elle lança un regard interrogateur à l'homme et finit par murmurer: quelle chance, cette maison n'a jamais été visitée ! Tu crois qu'on pourrait la squatter quelques temps ?

Rien qu'à cette idée elle se mit à rêver.
Rester ici quelques jours en faisant comme si rien jamais ne s'était passé...
Elle dormirait dans la chambre du petit garçon tandis que Josh s'approprierait la chambre des parents et ils vivraient là, comme frère et soeur, à l'abri de tout...
Un bâillement l'arracha de ses pensées; elle était vraiment fatiguée et elle avait faim.
Je propose qu'on fouille demain matin; je voudrais me reposer ce soir. On pourrait redescendre et se poser un peu dans les fauteuils puis chercher dans les placards de la cuisine s'il ne resterait pas des choses à manger avant d'aller chercher nos affaires, qu'en penses-tu ?

Elle espérait que Josh dirait oui. De toutes façons, en ce qui concernait ses affaires, à par sa vieille savonnette - mais y aurait-il de l'eau ? - et un tee-shirt à la propreté plus que douteuse, elle n'avait plus grand chose d'autre.
Si en plus dans la grande armoire il y avait un jeu de société pour finir cette journée en beauté pour une fois, ce serait parfait !
A conditions toutefois qu'il ne passe rien, que personne ne viennent les déranger car Malou ne se sentait pas d'humeur à accepter que quiconque vienne troubler leur nouveau havre de paix !
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Josh Harper
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MessageSujet: Re: We could be like Ernest and Célestine   Dim 31 Juil 2016 - 19:06

Je suis prêt à avancer. Je n'ai pas pensé à aller chercher la lampe torche qui est dans mon sac. C'est quand Malou allume la sienne que cela me revient en tête. Excellente idée. Nous avançons lentement dans le hall d'entrée. Prenant un bref instant pour observer la décoration. Ca fait un bout de temps que je ne suis pas tombé sur une maison où tout est encore en place. D'ordinaire c'est armoires grandes ouvertes, meubles renversés ça et là, de la crasse au sol, l'un ou l'autre cadavre, quand il n'est pas « vivant ». J'ai rapidement changé d'avis. Nous n'avons plus rien à craindre. La pire qui pourrait nous arriver ? Tomber sur un cadavre dans la baignoire. Je ferme la porte derrière nous. Malou s'avance dans le couloir avant de me laisser prendre la tête de notre petite exploration. Elle reste près de moi, un peu en décalé afin d'éclairer l'endroit. La pièce principale de l'habitation. Une pièce que je qualifierais de magnifique. C'est comme si nous étions dans une autre réalité. Que passer la porte d'entrée, était comme traverser un portail magique ou je ne sais quoi. Il y a forcément de la poussière. Mais hormis ce détail insignifiant, un semblant de paradis. Un mirage que l'on rencontre en plein désert. Sauf que tout ceci est bien réel. Incroyable. Mais vrai.

Avant de fouiller les armoires, de défaire ses bottines, de s'installer confortablement dans ce sofa, il faut bien faire le tour complet de propriétaire. Et puis c'est relativement agréable de découvrir quelque chose de sain. Je m'imagine déjà ouvrir une garde robe avec une dizaine de sweat, chemises, t-shirt sentant la lavande. Des sous-vêtements. Un simple caleçon. Propre. Une pensée qui me réjouit déjà. Avant de tomber sur une photo de la famille qui habitait ici. Un jeune couple et un petit garçon. L'homme paraît être « normal ». C'est-à-dire qu'il ne fait pas près de deux mètres et le quintal plus une dizaine de kilos. Il va me falloir revoir mes positions sur le fait de trouver des vêtements à ma taille. Car je ne rentre pas dans du L. Dommage. Mais ce n'est pas non plus la priorité absolue. Grimpant les escaliers lentement, assurément, l'oreille à l'affût du moindre bruit, je me sens léger. Je l'imagine très bien à présent. Un bon repas. Il doit rester pas mal d'aliments encore frais dans les armoires. Une soirée complètement pas comme les autres.

Arrivé à l'étage, toujours aucun signe de vie. Malou ouvre alors la première porte. Je jette un coup d’œil rapide par dessus son épaule. Rien. Parfait. Elle s'attarde quelque peu à observer la pièce. La chambre du gamin d'après ce que j'ai aperçu. Pendant ce temps j'ouvre la deuxième porte. Les yeux grands ouverts pour capter un maximum de lumière. La chambre du couple. Rangée. Un lit en parfait état. Rien à signaler. Je me retourne pour examiner la troisième et dernière pièce. C'est presque nonchalamment que j'ouvre la porte. En aucun cas sur mes gardes. Certainement l'une des rares fois où je suis aussi relax depuis ces derniers mois. La salle de bain. En ordre elle aussi. Pas de cadavre dans la baignoire non. J'expire tout l'air de mes poumons. Sourit machinalement. Je ne le cache pas. Ca fait du bien. Je tourne la tête vers Malou qui me murmure quelque chose. Une sacrée veine oui. Nous venons de tirer le gros lot ! Et encore, nous n'avons pas regardé les armoires ! Rester ici ? Pourquoi pas. Ce serait bien. On fouillerait les alentours la journée, à la recherche de nos familles avant de revenir le soir. On pourrait faire ça un petit bout de temps. Mais pas éternellement. A un moment ou un autre, il faudra bien changer de quartier. Je me vois mal rester ici, « à ne rien faire ». Attendant simplement que le temps passe. Mais je ne souhaite pas briser son enthousiasme. Et puis nous aurons cette discussion en temps voulu. Inutile de créer un semblant de tension. Cette soirée sera placée sous le signe de la détente, de l'amitié.

« Oui c'est incroyable. Il ne doit pas rester beaucoup de maisons comme celle-ci. Ca semble l'endroit idéal pour se reposer quelques jours oui. J'en reviens toujours pas … C'est un peu comme … un rêve en fait. »

Un échange de sourire. Un rêve éveillé. Cette maison est un bonheur en soi. La partager avec une personne comme Malou me fait extrêmement plaisir. On se connaît pas. Pas du tout même. Et pourtant je peux dire que c'est une bonne personne. J'espère pouvoir rire avec elle comme toute à l'heure. La rassurer à nouveau si elle a un petit coup de blues. Elle se met à alors à bailler. Oui il n'y a aucune urgence. Nous fouillerons correctement demain. Je suis certain qu'on va trouver pas mal de choses utiles. J'acquiesce à chacun de ses mots. C'est un bon plan. Une dizaine de minutes d'activité avant de s'effondrer dans le canapé. Un paquet de biscuit. Pourquoi ? Quatre paquets de biscuit ! Et une casserole d'eau bouillante avec des pâtes ou du riz. Mon ventre gargouille.

« Complètement d'accord. Par contre on devrait plutôt faire l'inverse. Fouiller, préparer quelque chose et puis se reposer. Enfin je n'ai rien dit. Tu te poses dans les fauteuils. Tranquillement. Et je regarde à tout ça. »

Je lui souris et nous redescendons. Direction la cuisine sans plus attendre. Mon premier réflexe est d'ouvrir le frigo mais je me retiens. Ca fait un bail qu'il n'y a plus d'électricité et je suis sûr que les produits laitiers ont du tournés. L'odeur sera atroce. J'ouvre donc un placard. C'est comme si tout s'effondre autour de moi. J'en ai presque les larmes aux yeux. Spaghetti, coquillettes ou autre pâte classique. Sachet de riz. Des nouilles. Différentes sortes de sauce. Tomate, pour risotto, sauce chinoise. Pas besoin de vérifier la date car ce genre d'aliment se conserve longtemps. De la variété. De la quantité. De suite j'ouvre le deuxième. Et je ne sais plus où donner de la tête.

« Viens voir … Vite viens voir … »

Trois paquets de céréales. Deux ouverts qui ne seront sans doute plus bon mais le troisième est fermé. Un rang entier de paquet de biscuit. Tout ce qu'on peut imaginer pour le goûter d'un enfant. Fourrés au chocolat, à la vanille ou nature. En forme de rond ou de carré. C'est beau. C'est con mais c'est beau. Des tablettes de chocolat. Blanc, au lait. Avec des éclats de noisettes ou amandes.

« Je fais chauffer de l'eau. Tu veux quoi ? N'importe quoi j'aime tout. On peut même faire deux casseroles différentes. Je mangerais presque tout en même temps là … Prends quelque chose en attendant que l'eau bout. J'y crois pas … J'y crois pas … »

Sucré, salé. Un coup de fourchette dans des spaghettis sauce tomate. Avant de manger une cuillère de céréales. Avant une poignée de chips paprika. Car il y a aussi des biscuits apéritif. Des mélanges complètement absurdes. Je suis clairement redevenu un vrai gosse de dix ans. Et ce n'est qu'une partie de la cuisine. Doit se cacher, ici ou ailleurs, des boissons de toute sorte. Des conserves. De la soupe ? Et en plus il y a tout le nécessaire. Je suppose. Assiettes, couverts, poêles, verres, tasses, bols. Une merveille de cuisine. Avec une taque au gaz. Pas à induction ! Au gaz ! En espérant que la bonbonne ne soit pas vide. Pourquoi le serait-elle ? J'ai un peu de mal à le penser mais quand même, j'ai l'impression que c'est le plus beau jour de ma vie. Avant que mon ventre ne gargouille de nouveau. Que mes papilles me disent qu'elles veulent retrouver du goût. Ca arrive … Ca arrive ...
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MessageSujet: Re: We could be like Ernest and Célestine   Aujourd'hui à 7:03

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