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 Explorateurs de l'autre vie

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MessageSujet: Re: Explorateurs de l'autre vie   Ven 8 Juil 2016 - 0:25

Visiblement, la jeune femme n'avait pas l'accord de ses camarades dans son choix de séparations temporaire, ce qui dans un premier temps l'agaçait profondément, après tout, c'était elle seule que ça regardait, et au pire ils étaient toujours trois pour se soutenir, surtout que l'endroit n'était pas immense et que Rebecca avait appris à se reposer avant tout sur elle même, ils iraient assez vite avant même qu'un problème potentiel n'arrive.
Même si la suédoise était loin d'être une meneuse, elle n'aimait pas qu'on dicte que ses choix quand ceux ci ne la concernait qu'elle et ne mettait en danger personne. Cependant, elle se rendit vite compte que c'était son besoin de solitude qui primait avant tout, et que même si il y avait peu de risque, autant le réduire un maximum. La jeune femme se contenta d'acquiescer.
Elle culpabilisa aussi de la légère réprimande qu'Abel avait faite à Malou, même si elle n'avait pas vraiment apprécier la critique que cette dernière avait fait quand à son choix de lui donner son eau à la place de la sienne, elle ne lui en voulait pas et ne voyait pas non plus nécessaire tout ce qu'il se passait.
C'était sans compter sur l'intervention de Liam, où la jeune femme se rendait compte que son comportement avait pris des proportions assez inattendues, la demoiselle avait juste envie d'aller plus vite... elle ne remettait absolument pas en cause le travail d'équipe, car il avait fait ses preuves pendant l'attaque du stade, et la jeune femme avait été au front pour aider et protéger ses camarades et les personnes qu'elle considéraient maintenant comme des amis proche et comme une meilleure famille que ce qu'elle avait eu avant.
Malou semblait d'accord avec eux, et était encore plus calme et coopérative qu'au début, seulement le contrecoup de son état et de sa méfiance naturelle que la biologiste avait pu percevoir. Elle s'en voulait un peu que cela crée un malaise et des tensions, ce n'était absolument pas son but.

- Je n'ai jamais remis en cause tout ça... J'ai simplement proposer quelque chose.

Rebecca semblait s'excuser que son asociabilité naturelle ait encore fait des siennes, mais malgré tout ça, il n y avait pas tant de tensions que ce qui pouvait paraître au premier abord, et que cette légère mise au point clarifier un peu ce malentendu, du moins c'est ce qu'elle avait ressenti elle.
Malou montrait des signes de faiblesse et préféra aller se reposer en prétextant un cycle menstruel. Personne n'était dupe, mais elle était sans doute trop fière pour l'admettre, ce que Rebecca trouvait presque touchant.
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Abel Underwood
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MessageSujet: Re: Explorateurs de l'autre vie   Ven 8 Juil 2016 - 12:21

Liam fit bien mieux que le soutenir, il parvint à adoucir les angles de ce qui ressemblait trop à une leçon de moral. Toujours entre les deux femmes, Abel observait attentivement l’effet qu’avaient sur elles les paroles de son coéquipier et visiblement, il avait touché juste. Jouer sur l’entraide, traiter Malou comme une adulte plutôt que comme une gamine, sensibiliser Rebecca… parfait.

Il baissa les bras et se gratta l’arrière de la tête alors que la benjamine du quatuor bredouillait des explications. Elle montrait les crocs par défiance ? Dans sa situation, c’était une mauvaise idée, mais l’agent garda cette réflexion pour lui. Elle ne devait pas avoir rencontré de « vrais » méchants alors pour être encore de ce monde, simplement des personnes plus méfiantes, ou plus affectées. Si les vraies hyènes sans foi ni loi de l’apocalypse lui tombaient dessus, l’adolescente était morte, et son agressivité d’enfant sauvage ne lui aurait servi à rien. Néanmoins, c'était attendrissant. Au fond, elle avait besoin de compagnie et de confiance ; il suffisait de voir sa motivation à les aider, façon d'exprimer sa reconnaissance.

De son côté, la biologiste avait renoncé à ses envies de solitudes. Abel lui sourit légèrement et se tourna vers Liam pour lui adresser un coup d’œil entendu. Finalement, c’était peut-être à lui que devait revenir le rôle de médiateur ? Il semblait bien plus doué que le cinquantenaire, plutôt formé à discuter fermement de contrats et de conditions de jeu. Les relations humaines, c'était une autre paire de manches.

- Ok, dit-il prudemment, on y va ?

Et non. C’était sans compter une nouvelle crise de la jeune fille qu’ils avaient trouvée gisant dans l’herbe. Prétendre qu’elle avait ses règles, c’était vraiment les prendre tous les droits pour des noix de coco, mais était-ce raisonnable de s’imposer ? Abel ne se voyait pas la retenir par le bras pour la forcer à les accompagner, mais pouvaient-ils également perdre du temps à la veiller ? Suivant des yeux la silhouettes maigrichonnes qui retournait se réfugier dans la camionnette, l’agent se pinça l’arête du nez et se frotta la nuque. Encore.

- Hey, tu es sûre que…

Il s’était approché pour s’enquérir de l’avis de Malou, mais celle-ci était déjà allongée et au bord de l’inconscience. Elle n’était vraiment pas bien, mais aucun d’eux n’étant médecin, rester à son chevet à se regarder dans le blanc des yeux n’allait pas l’aider. Il devait encore réfléchir. Gary avait été catégorique sur ce qu’il pensait des étrangers : ne pas parler du camp à n’importe qui. Mais ce n’était qu’une enfant… se tournant vers ses collègues, il attendait vraiment leur avis cette fois.

- On pourrait… si on ferme sa camionnette, même si des rôdeurs se pointent, ils ne sauront pas qu’elle est là. De notre côté, on peut fouiller les baraques et… on lui laissera une partie de ce qu’on trouve.

Ou ils la ramèneraient, ce n’était pas encore décidé. Dans tous les cas, ils ne pouvaient pas continuer à tergiverser, parce que le soleil ne les attendait pas, lui. Il courait droit sur l’horizon, et même s’ils avaient encore de nombreuses heures devant eux, le temps n’avait jamais fait plus peur à Abel qu’aujourd’hui. Sans doute parce qu’il n’y avait plus que Victoria ; Tamara aussi l’attendait. Alors sa mission quotidienne restait la même : faire ce qu’il fallait et rentrer les protéger.

- Si vous préférez, proposa le cinquantenaire, on reste là et on attend qu’elle se réveille pour décider.

L’important était qu’ils restent ensemble. Il l’avait dit et le pensait : ne jamais baisser sa garde, ne jamais se croire en sécurité, même dans une zone qui semblait déserte.


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MessageSujet: Re: Explorateurs de l'autre vie   Dim 10 Juil 2016 - 1:04

Liam n’aurait jamais cru ça possible mais la jeune fille venait de rougir quand elle avait entendu ses propos. Elle qui quelques secondes plus tôt s’était retournée vers lui avec un regard qui en disait long, prête à rétorquer, voilà qu’elle semblait réellement ému. C’était étrange de la voir ainsi, elle qui s’évertuait à coiffer une sorte de cuirasse autour d’elle. Apparemment il avait trouvé une corde sensible en parlant d’équipe et en la mettant en avant en dépit du reste. Et mieux encore ce que le blond avait dit été tout à fait sincère, se quereller pour des broutilles c’était bon avant quand le seul enjeu était de bosser pour pouvoir se faire plaisir mais maintenant c’était totalement stupide. Liam espérait sincèrement que ses propos changeraient la gamine parce qu’elle semblait vraiment avoir bon fond. Il regarda cette fois du côté de Rebecca pour savoir si là aussi ses palabres n’avaient pas été vaines. C’était déjà plus contrasté. Dans un premier temps elle sembla marquer une sorte d’agacement ce qui était en soit tout à fait logique puisque Liam ainsi que Abel venaient de remettre en question ses choix. Mais elle sembla se radoucir et s’adressa au groupe en expliquant qu’elle ne voulait en aucun cas remettre en cause le travail d’équipe, que ce n’était pas du tout son intention et qu’elle avait simplement proposé un truc. Liam s’en voulait un peu de l’avoir mal jugé et espérait ne pas l’avoir froissé en avançant ça mais c’était en quelque sorte le sentiment qu’il avait perçu. Mais peut-être fallait-t-il mettre ça sur le compte d’une certaine asociabilité ou du moins une envie de solitude. Et le grand blond ne pouvait en aucun cas en vouloir à cette jeune femme, lui qui malgré sa présence au chalet depuis le début ne s’était jamais vraiment investi et n’avait jamais trouvé de nouveaux amis sur qui compter ou bien même des simples relations. Mais plus il avançait avec ces personnes qui étaient il y a quelques heures presque totalement inconnues plus il avait envie de se mêler aux autres et de cette fois tenir un véritable rôle. De ne plus être passif comme il l’avait toujours été depuis l’apocalypse.

Malorie après quelques secondes releva enfin la tête et s’adressa au groupe en entier. Liam avait vu juste en pensant qu’elle érigeait une sorte d’armure autour d’elle, celle-ci prenant la forme de remarques désobligeantes comme elle l’avait d’ailleurs fait avec Rebecca. Tout ça pour tester la réaction des personnes. Liam se garda bien de dire ce qu’il pensait de cette technique mais pour lui c’était très peu constructif. En effet même les personnes avec au départ de bonnes intentions risquaient de lui tourner le dos après s’être fait vanner d’une telle sorte. C’était ce qui avait d’ailleurs failli se produire dans leur groupe. Et au contraire les personnes qui elles avaient véritablement des intentions néfastes risquaient encore plus d’être menaçant. Il ne fallait jamais donner une raison de se faire battre à ses ennemis. Mais si la jeune fille avait réussi à survivre jusqu’à là c’était sûrement que sa technique bien qu’elle soit insolite et à double tranche marchait d’une certaine façon.

Liam regarda Abel sourire à Rebecca qui au final semblait vouloir rester parmi eux et puis il lança une sorte de clin d’œil entendu au grand blond. Sa réaction lui donna du baume au cœur, lui qui commençait à avoir vraiment une grande estime pour Abel, voilà que lui aussi semblait le considérer grandement. C’était d’autant plus important pour l’ancien avocat puisqu’il avait cru au premier abord qu’il était une sorte de « chefaillon » très carré, très droit. Celui-ci proposa d’ailleurs d’y aller et Liam plus que motivé faillit sauter sur l’occasion mais c’était sans compté la santé fragile de Malorie qui prétextant une histoire de règle s’éloigna du groupe. Mais personne ne fut vraiment dupe, pas même le grand blond qui ne connaissait plus grand-chose aux affaires des filles. Visiblement la jeune fille ne s’était pas totalement départie de son armure et gardait une certaine fierté, ce qui aux yeux de Liam était très touchant et surtout impressionnant au vu de ce que la gamine avait dû avoir vécu. Liam la trouvait de plus en plus forte.

Abel essaya de se diriger vers elle pour s’enquérir de son état mais elle dormait déjà. Il revint vers eux et leur proposa de continuer la fouille en mettant Malorie en sécurité dans la camionnette avec les portes verrouillées. Effectivement c’était une bonne idée qui ne présentait presque aucun risque, comme il l’avait dit, les mordeurs ne risquaient pas de la localiser et quand bien même ce serait le cas ils auraient extrêmement de mal à l’attraper. D’autant plus que Liam, Abel et Rebecca ne risquaient pas d’être bien loin. Le périmètre à couvrir n’était pas non plus énorme et puis le temps était compté. La nuit commençait à se rapprocher et même si elle était encore loin il valait mieux être prudent. Liam n’avait aucune envie d’affronter une horde de mordeurs la nuit, l’attaque du stade lui avait suffi. Abel semblait demander des avis c’est pourquoi chose étrange, pour la deuxième fois en une journée Liam prit part au débat qui commençait à se profiler.

« Bah écoute, au risque d’être complètement à l’opposé de ce que j’ai dit tout à l’heure, je pense que cette fois on devrait vraiment laisser la gamine en sécurité dans la camionnette pendant que nous allons chercher des ressources comme prévu. Et puis on va pas se leurrer, elle aura trop de fierté pour le dire mais vu l’état dans lequel elle est, elle ne pourra jamais nous accompagner… D’ailleurs profitons qu’elle dorme pour aborder un sujet sensible… qu’est ce qu’on va faire d’elle. Je sais pas vous mais moi je me vois mal abandonner cette enfant à son sort une fois qu’on aura terminé notre besogne. Je me souviens qu’elle voulait juste mettre la main sur de l’essence mais à mon avis ça serait plus prudent de… je sais pas moi. L’aider plus. L’amener avec nous ? à partir du moment où nous avons décidé de l’aider c’est devenu notre responsabilité. »


Liam savait qu’il venait d’aborder un sujet très sensible, déjà parce qu’on ne savait pas au vu de son caractère comment Malorie pouvait réagir si on lui proposait une place au chalet et puis dans tous les cas choisir si oui ou non la gamine avait une place dans le chalet n’était pas du ressort d’Abel et encore moins de lui. Mais de Gary qui avait été d’ailleurs été très explicite sur ce point là. Mais Liam ne pouvait s’empêcher de se morfondre à l’idée de l’abandonner. Cette gamine aurait pu être sa fille, s’il en avait eu une.
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MessageSujet: Re: Explorateurs de l'autre vie   Mer 20 Juil 2016 - 14:25

Malou émergea doucement de sa torpeur et se demanda pendant un instant où elle était avant de reprendre ses esprits: la panne d'essence, les champignons, les gens...
Elle se redressa vivement et pour une fois écouta son corps. Elle se sentait reposée et si son estomac n'était pas en train de crier famine elle se serait sentie en pleine forme.
Elle se leva, bu une rasade d'eau pour tromper la faim, se pencha sur la pendulette du tableau de bord pour constater qu'elle avait fait une sieste d'une demi-heure puis regarda au travers du pare -brise.
L'endroit était désert mais la voiture était toujours là, bien garée non loin de son van; les trois personnes devaient certainement être partis fouiller les maisons.

Une baisse de moral subite la fit se rassoir lourdement sur le lit médical: elle n'avait pas eu la force d'aller avec eux donc elle n'aurait rien et même ne demanderait rien car dans sa petite tête pas toujours très logique elle raisonnait comme cela tant elle était incapable d'imaginer que des adultes puissent ressentir un élan de générosité envers elle.
C'est donc avec une terreur panique qu'elle constata ensuite que les portières étaient verrouillées de l'intérieur; elle ne les avait pourtant pas fermées derrière elle...
Sautant sur ses pieds elle fouilla ses poches.
Pas de clés.
Son sang ne fit qu'un tour, son imagination aussi; voilà qui collait mieux avec l'idée qu'elle se faisait des grandes personnes: ils avaient profité de son sommeil pour les lui piquer !
Ils devaient à présent être cachés à attendre son réveil pour l'attaquer et partir avec l'ambulance, la laissant seule sur le bas côté de la route...
Les salopards ! susurra t-elle entre ses dents.
Ne sachant plus que faire, elle quitta la cabine et s'effondra sur le siège avant, face au volant; qu'allait-elle devenir ?

Son regard tomba sur le compteur et enfin, son cerveau s'éveilla quelque peu: elle était en panne ! pour voler son véhicule encore fallait-il pouvoir le démarrer or, comme c'était un diesel, il faudrait en plus le réamorcer; elle n'avait donc rien à craindre !
Mais alors, pourquoi avaient-ils pris les clés ?
Elle soupira, leva le loquet de la portière avant et sortit en prenant soin de ne pas la claquer pour éviter le bruit.

Elle avait peur.
Elle avait toujours eu peur de fouiller des maisons seules; les grandes pièces vides ou saccagées, silencieuses, froides, sentant le renfermé et l'abandon lui donnaient des frissons.
Attrapant son rouleau à pâtisserie d'une main un peu tremblante, elle s'avança à pas de loup vers un garage dont la porte avait été fracturée.
Ce genre de lieu l'intimidait moins, c'était toujours sombre et cela sentait toujours le renfermé, le chaos n'y avait rien changé.

Elle pénétra à l'intérieur et attendit un moment avant de sortir sa lampe torche.
L'endroit semblait désert, aucun bruit n'écorchait ses oreilles tant l'atmosphère semblait figée pour l'éternité.
Plus tranquille malgré le coeur battant, elle alluma la pile électrique et dirigea le faisceau de lumière un peu partout; il n'y avait plus grand chose...
Un bocal en verre éclaté au sol, laissait voir un reste de confiture moisi; au-dessus, l'étagère était vide.
Dans un coin, un tas de vieux chiffons noirs de graisse révéla un pot de savon noir presque vide.
Malou s'en saisit. Ce qui restait était durci mais avec de l'eau elle pourrait peut-être récupérer un peu de ce précieux détergent.
Elle le posa vers la porte et continua ses investigations.
Une vieille friteuse pleine d'huile sombre et rance avait été poussée au coin d'un mur à côté d'une pile de magazines et quelques livres.
Machinalement elle s'accroupit pour les regarder, écartant d'office les « reader digest » en pagaille et les bouquins sans images.
Deux ouvrages attirèrent son attention: « Plantes et fleurs des montagnes » et « Trucs et astuces; l'encyclopédie du petit fûté ». Elle les feuilleta, regarda quelques photos, lu un paragraphe fort intéressant, se leva d'un bond et s'empressa de les poser à côté du pot à savon avant d'attraper la friteuse qui rejoignit le reste de ses trésors.
Furetant encore un peu, elle tomba sur quelques revues de sciences pour adolescents, étalant des articles richement illustrés. Elle mit de côté celles dont les grands titres étaient évocateurs d'une quelconque utilité et laissa le reste pêle-mêle.

A part une souris crevée et un foutoir de chaises longues en plastiques cassées elle ne trouva rien d'autre aussi se décida t-elle à ressortir.
Au moment où elle passa la tête dans l'encadrement de la porte, elle entendit des sons.
Se plaquant à nouveau contre le mur, elle éteignit la lumière haletant d'effroi dans l'obscurité.
Elle espérait deux choses: que ce soit le groupe qui sortait d'une maison et si ce n'étaient pas eux, que personne ne l'ait aperçu.
Immobile, elle attendit de mieux distinguer le timbre des voix avant de pointer à nouveau son nez.
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Abel Underwood
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MessageSujet: Re: Explorateurs de l'autre vie   Mar 2 Aoû 2016 - 8:28

Bien. Bon. Inutile de tergiverser plus : le temps filait ; alors idéalement, ils devaient trouver quelque chose avant de reprendre la route du chalet. Abel hocha la tête et fit signe de se diriger vers une des baraques. Les marches du perron étaient couvertes de feuilles et de fleurs portées jusque là par le vent. Elles craquèrent lorsque les survivants les piétinèrent. La porte avait déjà été forcée, alors le cinquantenaire n’eut aucune difficulté pour l‘ouvrir, libérant le passage vers un minuscule vestibule qui débouchait immédiatement sur un salon à l’américaine. Par précaution, il frappa à plusieurs reprises sur le mur de l’entrée avec son couteau papillon fermé. Aucune charogne ne se rua sur lui, mais un bruit de fond leur parvenait. Un mélange de coups, de râles étouffés et un cliquetis métallique. L’agent fonça les sourcils en dépliant sa lame.

- Faites gaffe… il y en a un on dirait, mais il est bloqué par quelque chose.

Il s’aventura le premier dans cette maison qui sentait encore la paisible vie de famille. Des photos poussiéreuses sur les murs montraient un couple de quarantenaires et leurs jeunes enfants. Il y avait même un chien sur certains clichés ; un berger australien pour être exact. Les plantes en pot mortes depuis longtemps trônaient toujours sur les meubles, les canapés avaient été déshabillés de leurs coussins, la télévision, la chaîne hi-fi, les consoles de jeux, tout ce confort futile dormait, à l’abandon.

Le trio découvrit l’origine du bruit en jetant un œil par-dessus le bar qui donnait sur la cuisine. Un rôdeur était attaché par les poignets à une chaîne enroulée autour du lourd réfrigérateur brandt. Certainement la mère de la famille ? Elle portait une robe printanière, ses cheveux étaient longs. Ils étaient roux sur les photos, là ils étaient plutôt passés à un marron sale, sans vie. Abel regarda un moment cette pauvre femme se débattre, cherchant à s’extraire de ses liens comme une bête sauvage, puis il vit l’ardoise posée sur le bar. Comme une épitaphe.

« Anna Mcduke, ma femme, mordue autour d’avril 2016. S’il vous plait, ne lui faites pas de mal, laissez Dieu décider de quand la rappeler à lui. »

Alors le cinquantenaire eut l’impression de voir un film en accéléré. La famille qui survivait là depuis l’automne passé, suffisamment isolée pour ne pas être fréquemment attaquée. Puis les denrées qui se raréfiaient, les sorties qui se faisaient de plus en plus loin, la mère qui revenait mordue, le père paniquée, la mort lente par la fièvre, puis la dure décision de l’abandonner ici pour fuir avec les enfants… Abel renifla. Il n’était pas vraiment empathique, mais ça lui foutait le cafard quand même. Sans doute aurait-il fait la même chose si c’était Lily qui avait été contaminée.

Il allait laisser vivre cette femme, il aurait voulu, mais un détail attira son attention : la chair de ses poignets qui s’épluchait littéralement à force de tirer sur la chaine. Celle-ci glissait, vers ses mains, arrachant la peau putréfiée. Anna finirait par se libéré et alors, qu’importe que ses muscles décomposés soient à vifs : elle se ruerait sur le premier humain qui passerait pour en faire son déjeuner. Ça pourrait être eux, ça pourrait être quelqu’un du chalet qui revenait voir le coin… il ne pouvait pas laisser passer ça.

- Désolé monsieur Mcduke, murmura-t-il en contournant le bar pour venir immobiliser le rôdeur d’une main en le plaquant contre le frigo et lui enfoncer sa lame dans le cervelet.

Au moins, c’était propre, mais désormais, le cadavre était attaché au réfrigérateur comme la victime d’un sadique sexuel. L’agent grimaça en se tournant vers ses compagnons. Il n’avait pas envie de leur expliquer – ils devaient comprendre son geste, non ? – mais espérait qu’ils seraient d’accord avec la suite.

- On finit nos fouilles, et on revient essayer de la détacher, ok ?



HRP:
 


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MessageSujet: Re: Explorateurs de l'autre vie   Lun 29 Aoû 2016 - 23:29

Rebecca réfléchissait à tout ce que Liam avait dit à propos de ce qu'ils allaient faire de Malorie. D'ailleurs personne n'avait répondu à ce sujet, peut qu'Abel était en train de réfléchir également et Rebecca n'avait pas vraiment envie de donner son opinion tout de suite là dessus... Même si les débuts ont été un peu difficile avec elle, la biologiste ne pouvait pas abandonner un autre être vivant à son sort, même si celle-ci provenait de l'espèce humain qui la décevait de plus en plus avec le temps, même si les derniers évènements lui avait fait rendre compte qu'il en existait encore qui en valait la peine.
Pour le moment le sujet était encore au fouilles, le motif de leur présence ici. Les trois s'aventurèrent dans une maison, où à l'écoute, un Odöda s'y trouvait à l'intérieur, faisant des bruits répétés et assez cyclique comme si on essayait de tirer désespérément sur quelque chose. Abel passa devant, et quand Rebecca y entra, elle put remarquer la poussière qui s'y était installée, elle n'avait pas été visitée depuis un moment, et la chose qui était encore ici devait y être depuis un moment. Peut être s'était il pendu et qu'à force, la chair en putréfaction, l'avait fait naturellement tomber et qu'il était tombé sur quelque chose ? Elle avait vu ça assez souvent, bizarrement les gens ne savaient peut être pas que même mort sans être mordu, il se réveilleraient tôt ou tard.

Rebecca avait eu à moitié raison, effectivement il s'agissait d'une femme, résidente de la maison apparemment si on pouvait la comparer au photo, même si c'était plutôt difficile de reconnaître d'un seul coup d’œil... Abel avait hésité à la tuer, sans doute à cause du mot qu'il avait lu. Mais si il l'avait pas fait, Rebecca l'aurait fait. La jeune femme était très empathique, mais pas pour eux, ils étaient mort et la jeune femme ne pouvait pas ressentir la moindre émotions, si ce n'était à la limite pour le mari qui avait laissé le mot, mais il n'était pas en face d'elle. Elle n'était plus qu'un corps, marionnette de ce qui l'avait rendu comme ça.

Suite à ça, ils pouvaient procéder aux fouilles... La jeune femme alla à l'étage et ouvrit la salle de bain, qui malgré un peu de poussière ressemblait encore à quelque chose, d'ailleurs elle ne l'avait pas notifié tout de suite mais la maison en général semblait en bon état malgré un peu de désordre pour des raisons évidentes. Peu de personnes se sont aventurée ici, et elle n'a visiblement pas été mordue ici... Ce qui veut dire qu'elle a certainement du se faire mordre en allant chercher des provisions... Dés lors il ne trouveront probablement pas grand chose, le mari ayant du récupérer les choses importantes avant de repartir. Mais peut être que dans la précipitation... Et ça n'avait pas loupé, il restait quelques trucs dans l'armoire à pharmacie, qui avaient été soigneusement refermée... ce n'était pas grand chose... Quelques pastilles pour les maux de gorges, et une boîte presque vide d'antibiotiques. C'était toujours mieux que rien.
Après avoir fouillé les chambres et avoir seulement trouvé une boîte de préservatifs dans la commode des parents, (ce qui pouvait toujours servir étant donné le nombre de couples qu'il y avait a Evergreen, mais elle était étonné d'en trouver une alors qu'ils étaient censé être marié)la jeune femme redescendit faire son "rapport" aux deux autres, leur montrant les maigres choses qu'elle avait trouvées, et tendant la dernière chose qu'elle avait trouvée à Abel ou à Liam.

- Ça ne me sera probablement pas très utile.dit elle en leur souriant.
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MessageSujet: Re: Explorateurs de l'autre vie   Mer 31 Aoû 2016 - 21:27

Les bruits semblaient encore lointains, ce qui l'étonna; les trois personnes auraient-elles décidées d'aller visiter une maison isolée avant de revenir par ici ? Ce n'était pas très logique mais faisable s'ils n'avaient rien trouvés dans les parages.
Elle aurait bien eu envie de risquer un oeil dehors ou d'appeler mais n'osait pas alors elle repoussa tant bien que mal la porte métallique éventrée et attendit encore silencieusement.

Les sons se rapprochaient, c'était bien des sortes de voix mais impossible de deviner si c'était celle de Rebecca ou des deux hommes alors elle commença à comprendre et ce à quoi elle pensait lui glaça le sang.
Elle était seule dans un garage cubique uniquement pourvu de sièges en plastique en guise de protection, d'un rouleau à pâtisserie pour toute arme et pour couronner le tout l'huisserie continuait à claquer au vent par intermittence.

Ils n'étaient plus bien loin à présent, grognant comme des chiens affamés.
Elle chercha des yeux une cachette miraculeuse mais n'en trouva pas; de toute façon cela aurait été inutile, dans quelques minutes ils sentiraient son odeur et s'exciteraient.

Ils n'avaient pas l'air nombreux malgré tout mais même s'ils n'étaient que deux, c'était suffisant pour venir à bout d'une adolescente sans force.
C'était la fin; elle ne verrait pas le soleil se coucher, ne retrouverait pas son frère, ne retournerait jamais voir ses parents et ne croiserait plus Nounours sur aucun chemin terrestre.

Coincée comme un rat dans sa cage, il lui fallait trouver une idée rapidement.
A nouveau elle eut un regard circulaire dans le local et ses yeux tombèrent sur la pile de revues; seraient-elles suffisantes pour tenir la porte ? Elle en doutait. Il lui faudrait beaucoup de temps pour déplacer tout cela, il ne faudrait qu'une minute à un mangeur d'homme pour les pousser.
Paniquée, elle fut bien obligée de constater qu'elle n'avait pas le moindre plan en tête, elle était bonne pour le signe de croix.

Horrifiée elle s'accroupit tandis que les grommellements lugubres se rapprochaient encore.
Tassée dans son coin comme une bête acculée ses yeux tombèrent sur la friteuse.
Elle l'avait mise de côté pour remplacer le gas-oil, elle l'avait lu dans le livre; sa camionnette aurait pu redémarrer.
Encore indécise, elle pesa pendant quelques secondes le pour et le contre. Que valait-il mieux ? Mettre du carburant dans un véhicule qu'elle ne conduirait plus jamais ou tenter quelque chose pour se protéger ?

La réponse était évidente.
Tandis que les morts vivants n'étaient plus qu'à quelques mètres de sa prison, elle attrapa le récipient, versa son contenu au sol, et barbouilla d'huile l'entrée du garage à pleine mains.
Quand se fut terminé, elle se rua derrière la pile de chaise longues et attendit le coeur battant.

Le premier à entrer fut un enfant.
Cela lui fit un choc. C'était la première fois qu'elle en voyait un dans cet état et était à deux doigts de prendre pitié.
Il ne devait pas avoir plus de cinq ans et titubait dans un petit short d'été et des sandalettes de cuir blanches. Le visage aurait été mignon, encadré de boucles blondes s'il n'avait eu ces yeux morts qui fixaient l'obscurité sans la voir.
Sa commisération ne dura pas longtemps. Le bambin avançait bras tendus, dévoilant des ongles acérés.
Malou se cala davantage et fit bouger une chaise; elle était repérée.
Le garçonnet se rua vers l'entrée, glissa et tomba tandis qu'une ombre plus imposante approchait plus lentement.

L'enfant pataugeait dans le liquide adipeux sans pouvoir se relever. Prenant son courage à deux mains, elle s'élança vers lui, cogna sur le crâne avec son rouleau à pâtisserie plusieurs fois avant d'en venir à bout et se recula vivement.
Le deuxième monstre qui était un homme s'avançait vers elle, piétinant la petite dépouille, dérapa à son tour, se rétamant lourdement de tout son long.
Malou s'apprêtait à refaire la même chose mais elle n'eut pas le temps de réagir, qu'il se mit à ramper dans sa direction, mâchoire grande ouverte.

Au summum de l'effroi, Malou ouvrit elle aussi une bouche large comme un four et hurla: AU SECOUUUURS !!!
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