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 Arès K. Coleman-I didn't have much but i lost everything

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WALKING WITH THE DEADS

MessageSujet: Arès K. Coleman-I didn't have much but i lost everything    Dim 19 Juin 2016 - 10:03


Arès Kye Coleman
27 ans • Américain• Videur • Travelers

To be or not to be

Ce qui fait l'homme, c'est son caractère ; ce qui fait le caractère, c'est la nature. Le caractère est cette puissance de l'âme, cette force inconnue qui semble unir par une flamme invisible le mouvement à la volonté, et la volonté à la pensée.

Je commencerais par préciser quelque chose de relativement important. J’ai un caractère bien précis comme la plupart des gens il me semble cependant mon caractère change radicalement en certaines circonstances. Ces circonstances particulières sont les suivantes. Lorsque je suis entouré de gens que j’aime et avec lesquels je me sens bien. Sinon, le reste du monde a le droit à mon caractère habituel qui n’est pas franchement des plus plaisants sans pour autant être exécrable. Mais, j’imagine que cette distinction n’a plus lieu d’être aujourd’hui. Après tout, les personnes qui comptaient pour moi ont quittés ce monde devenu abject. Quelques fois, je me dis que c’est bien mieux ainsi. Que de toute manière la vie ici-bas n’est plus qu’un long cauchemar sans fin. Alors, ce n’est peut-être pas plus mal qu’elles ne soient plus là. Non, là je me mens à moi-même. Enfin quoi qu'il en soit, je ne vais pas y couper bien que je n'apprécie pas vraiment parler de moi. Alors comme je le disais plus tôt, mon caractère diffère radicalement selon les personnes qui m'entourent.

Si, je ne vous connais pas, je risque fort bien de me montrer renfrogné, méfiant, distant, maussade voire sinistre. En somme, vous risquez de vous heurter à ma carapace naturelle. L'armure dans laquelle j'ai drapé ma personnalité il y a bien longtemps pour me protéger du monde extérieur alors que je n'étais qu'un jeune orphelin. Ses traits de caractère qui furent artificiels à l'origine n'étant alors rien de plus que les fines couches d'un masque qui s'était finalement intégré jusqu'à devenir réalité et faire partie intégrante de l'homme que je suis. Pour le reste, je suis taciturne alors ne vous attendez pas à me voir vous adresser naturellement la parole. Si jamais cette éventualité devait se produire, ne vous étonnez pas de mon ton bourru ou de mon manque de tact. Je préfère aller à l'essentiel notamment depuis que la majeure partie des êtres de ce monde est coincée entre le statut de vivant et celui de mort. Mon regard s'apparente la plupart du temps à un iceberg corroborant parfaitement la mauvaise réputation que vous pourriez être tenté de m'attribuer. Mais, malgré les apparences je ne suis pas si mauvais. Je sens votre scepticisme à des kilomètres. Pourtant, lorsque je suis entouré des personnes méritant le qualificatif de "miens", je peux tout à fait me montrer attentif, rassurant, compréhensif, doux voire dévoué. En effet, les personnes les plus importantes à mes yeux furent peu nombreuses mais eurent le droit à tout ce qu'il y avait de bon et lumineux en moi et étaient capables de faire ressortir le meilleur. J'ai toujours eu tendance à être possessif et extrêmement protecteur envers  les personnes que j'aime.        

Je suis quelqu'un de peu expressif mais certaines personnes parviennent ou plutôt sont parvenus à changer cela. Notamment, l'homme que j'ai toujours considéré comme mon frère, la femme que j'ai aimé comme je me pensais incapable d'aimer et ma fille le plus précieux de mes trésors. Ces dernières pouvaient me rendre taquin et joueur. Je conclurais cette dichotomie de mon caractère et ma personnalité en disant que je suis plus que cette dualité. Je suis quelqu'un de calme voire impassible qui ne perd que rarement son sang froid. Confiant dans mes capacités, une certaine assurance se dégage de ma personne. Cette assurance peut ressembler à de l'arrogance voire de l'orgueil mais je ne le suis qu'en partie car la curiosité qui ne m'a jamais quitté depuis l'enfance me pousse à réexaminer le monde extérieur sous un nouvel angle chaque fois que cela s'avère nécessaire. De cette curiosité a découlée un sens de l'observation perçant et acéré qui s'est révélé terriblement utile depuis que l'enfer s'est déchainé sur terre. Je suis quelqu'un de droit et de juste du moins j'estime l'être car je n'ai pas suivi le reste de ma petite bande lorsque celle ci a basculée  plus profondément du mauvais coté de la loi. J'ai toujours apprécié les belles choses de ce monde depuis mon plus jeune âge et n'ai cessé de développer un certain hédonisme. Intelligent, j'ai tendance à analyser les choses que ce soit les situations, les gens ou les lieux avant de foncer.      

Depuis, les derniers évènements, il m'arrive de me montrer cynique et sarcastique par rapport au nouveau monde. Bien qu'il ne s'agisse pas vraiment d'un trait de caractère, je dois confesser qu'il m'arrive de parler seul dans le vide durant les rares moments de paix relatives. Je m'adresse à mes disparus comme s'ils pouvaient m'entendre du néant dans lequel ils se trouvent désormais. C'est profondément stupide et pathétique mais j'imagine qu'il s'agit du même instinct qui me pousse à fabriquer des jouets en bois alors que mon petit ange ne pourra jamais les utiliser pour s'épanouir. Ce monde m'a changé. Il nous change tous qu'on le veuille ou non et nous n'y pouvons strictement rien. J'ai tué un homme pour protéger les miens et je ne le regrette pas et ne le regretterais jamais. Il faut bien se salir les mains pour survivre. Il y a toujours un prix à payer. J'imagine que ma conscience s'est atrophiée. D'un autre coté, j'aurais mis le monde à feu et à sang pour sauver ma famille. Ce monde n'est plus qu'une vaste jungle dans laquelle nous sommes les morceaux de viandes alléchants aux yeux des nouveaux prédateurs. Seulement, les proies peuvent se montrer prédatrices entre elles. Tout a changé et rien n'a changé. L'homme est toujours un loup pour l'homme. C'est à mes yeux bien cela le plus triste. Si une apocalypse n'a pas suffit pour unifier l'humanité, rien ne le pourra jamais. Si être ou ne pas être est la question, je pense illustrer le dilemme de cette citation. Je suis vivant de fait mais je suis pourtant mort à l'intérieur depuis les morts de Malia, Milan et Ozalee.  



Lost and damned

Se décrire est un exercice aussi délicat que barbant vous en conviendrez. Car, il est bien difficile de ne pas s’avantager et de se voir comme on est réellement d’une part et énumérer les points qui font de nous ce que nous sommes peut-être assez lassant d’autre part car ne sommes-nous pas censés renvoyer une image au monde extérieur. Une image qui devrait pourtant lui suffire à vous cataloguer dans une case comme il avait l’habitude de le faire avant la fin du monde inopinée qu’il vient de connaître. Désormais, il n’y a plus que deux catégories de gens en ce bas monde. Les vivants et les morts qui marchent, les morts qui se relèvent, les morts qui dévorent tout ce qui a le malheur de passer à leur portée et d’avoir un palpitant en état de fonctionnement correct. Ou devrais-je dire les survivants car il n’y a plus de vie dans cet univers dévasté fait d’horreurs et d’aberrations. Il n’y a plus de temps pour cela, plus de latitude pour cela et dans mon cas plus de volonté pour atteindre ce but, ce rêve utopique de retrouver ce que l’on a perdu. Je n’avais pas grand-chose mais ce pas grand-chose était le plus précieux des trésors à mes yeux. Et, je sais pertinemment que je ne le retrouverais jamais. C’est pourquoi j’erre telle une âme en peine. Survivant pour la mémoire des miens et uniquement pour cela. Car, comment le passé pourrait-il réchapper à l’abysse sans fond de l’oubli s’il n’y avait pas des hommes pour se rappeler ?

Les derniers hommes. Les dernières femmes. Voilà ce que nous sommes. Autrefois prédateurs, aujourd’hui devenus proies. Mais, je sens bien que je suis en train de radicalement m’éloigner du sujet à savoir ma personne. Alors, je vais me décrire puisque c’est ce que vous attendez visiblement de moi. Je suis ce que l’on pourrait aisément qualifier d’armoire à glace. Du haut de mon mètre quatre-vingt-cinq et de mes quatre-vingt-cinq kilos, je dois bien concéder que c’est la stricte vérité. Mon corps est musclé et taillé par la boxe que je pratiquais avant que tout ne bascule. J’ai toujours été quelqu’un de très sportif. Le sport était le moyen le plus sain de me débarrasser de la colère sourde me rongeant les veines depuis ma plus tendre enfance. Les bagarres de rue ayant eu lieu durant la période la plus sombre de ma vie m’ont laissées quelques cicatrices à divers endroits de mon corps. Notamment, le flanc droit et le dos mais ces dernières ne sont pas très grande bien que légèrement disgracieuses. Pour le reste, j’ai quelques tatouages tribaux ayant chacun une signification bien précise à mes yeux mais dont les histoires respectives sont des secrets que je ne compte pas dévoiler à qui que ce soit. Mon visage est le plus souvent un masque impénétrable car je ne suis pas quelqu’un d’expressif, je ne l’ai jamais été. Les seules expressions qui marquent mon quotidien sont la renfrognée et la mine sombre. J’ai arrêté de sourire au moment où ce nouveau monde m’a volé les derniers vestiges de ma vie passée. Des yeux marrons mi foncés mi noisettes autrefois espiègles et désormais vides de toute lumière. J’ai les cheveux rasés très courts et une barbe de trois jours que je ne prends que rarement la peine de raser.

Une stature intimidante au premier coup d’œil et un regard glacial et pénétrant. Le genre de regard qui vous donne la sensation de lire en vous. Si avec ça vous voulez encore me croiser. Honnêtement, ce ne serait pas vous mentir de vous dire que j’exsude l’hostilité. Mais, puisque je fais tout pour ne croiser personne sur la route, cela s’avère bien inutile. Je fais tout pour ne croiser personne sur la route parce que dans l’ancien monde, j’ai flirté avec les aspects les plus sombres de la nature humaine alors je suis bien conscient que dans le nouveau ou les règles ont été brisées, l’homme est bien plus dangereux que les rodeurs. Froid, c’est ce que je suis désormais. Peu de choses peuvent m’atteindre. Le bruit caractéristique des rodeurs est devenu une bande son qui ne me gêne pas plus que cela. C’est un bruit de fond malsain et effrayant mais qui a au moins le mérite de nous rappeler que les règles du jeu ont changés et que désormais la survie est un combat de tous les instants. Je porte des vêtements à la fois confortables et très simples qui n’entravent pas mes mouvements et m’assurent une grande liberté d’action. Je porte donc un treillis noir et une paire de botte de bonne qualité récupérée sur un cadavre. Un tee shirt manche longue de couleur gris foncé recouvre mon torse. Un sweat shirt à capuche remplace parfois le tee shirt lorsque je sens que le climat de l’Etat de Washington l’impose.  Un foulard rouge entoure mon cou. Un collier ne me quitte jamais peu importe les évènements. Ce collier est très simple puisqu’il s’agit d’un lacet de cuir marron sur lequel pend deux alliances. La mienne et celle de ma défunte épouse. Mes mains sont souvent gantées de cuir noir. Les gants sont très utiles pour ne pas entrer en contact avec des choses peu ragoutantes ou pour effectuer certaines tâches.

Mes épaules sont couvertes par une veste longue noire m’arrivant aux genoux. J’ai coupé les manches de cette veste pour avoir une meilleure liberté de mouvement. Une fourrure a été cousue au niveau des épaules par mon épouse qui se disait qu’avec les températures du nord du continent il valait mieux ne pas prendre le risque de tomber malade bêtement. Voilà pour ma tenue mais passons maintenant à mon armement. Celui-ci se compose de quatre armes. Quatre comme le nombre de personnes qui composaient mon petit groupe de survivants au début de l’apocalypse. Quatre membres de ma famille. Mon univers. Je portais la machette militaire récupérée dans une armurerie ainsi que la hachette de combat ramassée sur le chemin. Malia portait le glock que le cadavre d’un policer nous a offert de son abandon. Et Milan portait l’arc de Malia car il était le plus habile de nous trois. Le carquois pend désormais dans mon dos. Il contient une douzaine de flèches ce qui est relativement peu mais je les récupère à chaque fois et j’essaie d’en fabriquer de nouvelles dès que je me trouve dans un endroit sûr. L’arc se trouve le plus souvent dans ma main gauche. La hachette est accrochée à ma ceinture et la machette le long de ma jambe gauche tandis que le glock est rangé dans mon sac vers le sommet pour qu’il reste toujours à portée au cas où mes armes silencieuses s’avèreraient insuffisantes. Mais, j’évite d’y avoir recours au maximum parce que le silence est la meilleure des protections contre nos ennemis héréditaires. Un sac de couchage est accroché à mon sac de voyage qui contient une tenue de rechange, quelques boites de conserve, une lampe de poche, un briquet, un portefeuille dans lequel se trouve des photos de mes disparus, une couverture légère, un couteau suisse bien trop petit pour causer le moindre dommage mais qui remplit une fonction bien précise pour moi puisqu’il me sert à tailler des jouets en bois. Une manie que je n’arrive pas à effacer. Quelques petites figurines tels qu’un chevalier figure au compte de ces résultats maniaques. Un carnet dans lequel il m’arrive de dessiner des panoramas éblouissant ou d’écrire des choses.

Quelques bouteilles d’eau, une poignée de médicaments de premier secours et un chargeur complètent mes maigres possessions. Pour finir, je conclurais avec mon dernier compagnon et non des moindres. Mon chien Sam, un berger allemand male de trois ans et demi. Mon fidèle compagnon qui s’est comme moi adapté à ce nouveau monde chaotique. Ce dernier n’aboie qu’à bon escient et jamais dans des moments délicats. Il avait été dressé pour être un chien de garde en plus d’être le futur compagnon de jeu de ma fille encore bébé au moment des évènements qui ont transformés la face du monde. Il est désormais mon dernier lien avec mon ancienne vie. L’affection que je lui porte est totale et je fais entièrement confiance à ce dernier pour me réveiller en cas de danger immédiat ou de problèmes pressants.

Nigthmare can become a dream

Je suis né dans la ville de Seattle le 16 juin 1989 de mère et père inconnus. Bien sûr comme tout le monde j’ai des parents qui m’ont mis au monde mais cela s’arrête là puisque j’ai été abandonné alors que je n’étais qu’un nourrisson. Je ne me rappelle nullement de tout ce qui s’est passé après mon abandon. Un enfant en bas âge ne peut pas conserver des souvenirs de l’aube de son existence. Tout ce que je peux vous dire c’est que j’ai été placé en orphelinat très rapidement. Je ne sais rien de mes parents, n’ai jamais rien su à leur sujet et ne souhaite certainement pas savoir la moindre chose à leur sujet. Ils m’ont laissé tomber alors que je n’étais qu’une petite chose fragile qui n’avait rien demandé à personne. Je ne sais pas s’ils avaient de bonnes raisons pour faire ce qu’ils ont fait. Pour choisir d’abandonner la chair de leur chair au système. Les seules fois ou je me suis posé la question de qui ils pouvaient bien être, j’ai finis par me persuader qu’ils devaient être des criminels ou des gens de ce genre parce que pour faire une chose pareille il faut nécessairement être une pourriture non ? Bon comme vous l’avez surement remarqué, il s’agit là du point de vue d’un enfant blessé par le fait que les gens qui auraient dû être là pour lui et l’inonder de bonheur et d’amour n’ont jamais été là pour lui. Alors, j’imagine que je ne suis pas sincère en disant que je n’ai jamais rien voulu savoir à leur sujet. Cela m’a obsédé durant une bonne partie de mon enfance mais j’ai fini par m’y faire et laisser les questions liées à cette histoire, mon histoire de côté.

Mon enfance à l'orphelinat a été à la fois agréable et heureuse une fois que le blocage émotionnel lié à l'abandon fut dépassé. Il faut dire que l'on ne m'a pas vraiment laissé le choix. Le petit garçon sombre, sinistre et taciturne que j'étais n'a pas vécu seul bien longtemps ce qui paraît somme toute logique car un orphelinat n'est pas un lieu individuel. Pourtant, ce n'était pas faute de désirer voire de rechercher cette solitude à la fois douloureuse et apaisante. Non, je n'ai pas pu la savourer ni me morfondre dans cette tristesse car un petit blondinet au grand cœur n'a rien trouvé de mieux que de venir me coller à longueur de journée. Du matin à l'après midi, de l'après midi au soir et ainsi de suite jusqu'à ce que je ne le repousse plus. Milan ne me lâchait pas. Une véritable sangsue que ce mioche. Une sangsue qui est très vite devenue ma famille au milieu des loups. Il faisait la conversation pour deux, débordait d'enthousiasme pour deux et avait toujours le mot pour rire. C'était comme si me voir malheureux nuisait à son propre bonheur si tant que l'on puisse parler de bonheur pour un orphelin. Disons plutôt sa joie de vivre légendaire. Le fait est que cette boule d'énergie et moi sommes rapidement devenus absolument inséparables. S'il faisait quelque chose, je le faisais avec lui. Si je faisais quelque chose, il le faisait avec moi. Nous veillions l'un sur l'autre à longueur de temps. On se protégeait mutuellement de toutes les emmerdes qui se dressaient sur nos routes. Honnêtement, on se croyait complètement invincibles et rétrospectivement je crois qu'il s'agit de la plus belle période de ma vie. Grâce à  Milou comme je l'ai très vite surnommé, j'ai pu connaître une enfance aussi joyeuse que celle de la plupart des enfants. Les enfants normaux j'entends. Vous savez ceux qui ont des parents, des oncles, des parrains et des marraines pas les enfants oubliés de tous sauf du système que nous étions. Nous avons fait les quatre cents coups et profité de l'enfance comme nous avons pu. Je mentirais si je disais que je serais là ou j'en suis aujourd'hui si ce petit soleil ne s'était pas trouvé sur ma route à l'époque ou plutôt n'avait pas délibérément choisi de faire un barrage à ma mélancolie naturelle que cela me plaise ou non.

Ouais, vous l'avez compris. Il s'agit d'une sacrée bromance. Ce mec est un véritable frère à mes yeux et je l'aime comme tel depuis toujours. Aujourd'hui, quand je lui demande pourquoi est ce qu'il avait décidé de me harceler jusqu'à parvenir à me dérider, il me répond qu'il ne sait pas vraiment pourquoi. Que c'était écrit et un tas d'autres conneries du genre. Au final, cela importe peu car certaines choses n'ont clairement pas besoin d'explications. Pour en revenir à ma vie d'orphelin, j'ai tout de suite été un élève très studieux. Non pas que j'avais quelque espoir quant à une possible réussite professionnelle future mais j'ai toujours aimé apprendre. Enfant, j'étais très sérieux et impliqué dans l'activité scolaire. Ce que je préférais, c'était la lecture. Et, je me suis évadé de mon quotidien morne et monocorde à travers la lecture. J'étais friand de tout ce qu'il me passait par la main et appréciais chaque lecture à la même mesure. Bon, vous vous doutez néanmoins que je ne lisais pas des œuvres philosophiques profondes à dix ans et demi. Mais, peu importe l'histoire le pouvoir des mots exerçait une véritable attraction sur moi. C'est d'ailleurs grâce aux mots que la famille s'est agrandie. Il se trouve que le fait de passer le plus clair de mon temps à lire quand je n'étais pas fourré dans un coup foireux avec Milan m'a aidé à  me faire d'autres amis et ce alors même que je ne cherchais pas à atteindre ce but à l'origine. Car un seul véritable ami me suffisait amplement. C'est lors d'un petit rassemblement à l'orphelinat autour de Milan et moi que la bande se forma. Enzo, Lucas, Jace et Ryan s'approchèrent pour écouter l'histoire que je racontais nonchalamment à mon ami. Et raconter des histoires était alors l'un de mes passe temps favori. Mais, je le faisais à ma sauce si vous voyez ce que je veux dire. Chaque orateur a ses propres tournures et autres éléments particuliers. Je rendais des histoires apparemment banales, extraordinaires. Je donnais une tournure plus proche de nos vies aux histoires que les mioches aiment lire.

De fil en aiguille, des liens se créèrent entre nous six et bien vite les deux inséparables devinrent les six. Les bagarres à l'orphelinat se firent plus fréquentes au passage de l'enfance à l'adolescence. Ce n'était pas comme si elles n'avaient jamais existé. Le personnel encadrant faisait sûrement de son mieux mais le fait est que ces accès de violence faisaient partie intégrante de l'établissement. Milan et moi avions réussi à éviter les problèmes et la plupart des conneries que   la vie promettait à une bande de gamins désœuvrés et à l'avenir incertain jusqu'à l'adolescence. Mais, vous savez ce que c'est l'effet de groupe. On est entraîné par les autres, on suit le mouvement. Et, cela pas forcément par faiblesse. Lorsque l'on est seul au monde, on est bien plus susceptible que le reste du monde de se reposer les uns sur les autres. Chaque personne compte bien plus que ce que  l'on peut imaginer. On veille les uns sur les autres comme une véritable famille parce que l'on  sait que l'on en a été privé pour des raisons qui nous sont inconnues. Se laisser entraîner les uns par les  autres  sur le mauvais chemin nous paraît être le cadet de nos soucis. Rien ne peut nous arriver tant que l'on est ensemble. Et parallèlement rien n'a d'importance tant que l'on roule ensemble. J'ai participé à ma première bagarre à l'age de treize ans et j'ai tout de suite pris goût à l'adrénaline    que le  combat procure. De plus, j'avais enfin un moyen d'extérioriser la rage que je ressentais envers le monde extérieur à cause de ma propre situation. La violence. Les bagarres se succédèrent qu'elles aient lieu dans l'enceinte de l'établissement ou dans le quartier adjacent. Malgré, la douleur, les réprimandes et les problèmes que cela ne manquait jamais de m'attirer. Mon niveau scolaire chuta radicalement. Non pas parce que mes capacités cognitives avaient régressé d'une façon ou d'une autre mais parce que je préférais désormais partager le point de vue des gars. Celui disant que  les études étaient absolument inutiles parce que nous n'avions aucun avenir de toute façon. Et ce au grand dam des professeurs parfaitement conscients que j'étais capable de faire bien mieux. Faire le mur pour quitter l'orphelinat en pleine nuit, traîner aux quatre coins de la ville, se procurer de l'alcool...

Bref, pour faire court je ne suis pas fier de mon adolescence bien qu'elle fut aussi agréable que l'enfance pour des raisons bien moins catholiques. Avec, le recul je me rends compte que j'ai été stupide de foutre en l'air mes chances de faire des études. Mais sur le moment, cela n'avait pas la moindre apparence à mes yeux. J'avais les gars à mes cotés. On était libres, jeunes et insouciants aussi sauvages que des mustangs. Seulement on a peu à peu basculé dans la petite délinquance    et malgré l'argent que nos larcins nous rapportait, quelque chose avait changé du moins à mon goût. La recherche de l'argent facile était venue souiller notre petite fraternité et je tentais à de nombreuses reprises de faire revenir la bande dans le droit chemin. Mais, je n'y suis jamais parvenu malgré le soutien de Milan. Et c'est ainsi que nous nous sommes scindés en deux groupes. Enzo, Lucas, Ryan et Jace ont continués sur la voie que nous avions emprunté. Une voie qui mena   Ryan en maison de correction et qui manqua de coûter la vie de Jace. J'avais alors dix huit ans. C'est à  cet âge que nous quittions l'orphelinat. Trois ans avant l'âge adulte légal seulement l'établissement n'avait pas les moyens de garder des jeunes aussi longtemps. J'ai vécu de petits boulots durant  deux ans. Milan et moi louions un minuscule appartement. Des petits boulots aussi divers que variés. Déménageur, vendeur, livreur... Tant que cela ne requérait pas de diplômes et de compétences particulières, je prenais. Milan faisait la même chose de son coté. Et malgré que nous galérions au sens littéral du terme, nous étions fiers de nos choix jusqu'au jour ou Lucas se pointa chez nous et se pavana comme un fanfaron en vantant les mérites de l'argent facile.

Il nous proposa de rejoindre  son équipe de criminels qui comprenait déjà le reste de notre petite bande mais nous avons refusé. J'ai néanmoins décidé d'utiliser l'une des informations qu'il nous a donné pour gagner de l'argent d'une manière certes illégal mais bien loin de la criminalité pure et dure dans laquelle s'était embarqué les quatre crétins. De vingt ans à vingt et un ans, j'ai combattu dans un cercle de combat illégal pour me constituer une épargne. Je n'étais pas mauvais et j'avais la rage dans le sang que mes adversaires n'avaient pas. Je ne touchais qu'une modeste somme des paris mais cette somme valait largement la peine de saigner et de finir dans un sale état quelques fois par mois. Milan désapprouvait mais ne m'a pas trop ennuyé non plus. Ma vie était ce qu'elle était jusqu'à mes vingt et un an. C'est à cet âge qu'un autre soleil est entré dans ma vie. Celui ci fut encore plus rayonnant que le blagueur fou à la bonne humeur infatigable.    

Au passage mes cicatrices viennent pour la plupart de ces combats clandestins. Pour en revenir à ce soleil. Il s’appelait Malia Howard et avait vingt quatre ans. Malia est entré dans ma vie par le plus grand des hasards. Je fêtais ma victoire à un combat avec Milan et le reste de la bande que nous revoyions de temps en temps dans un petit bar du centre ville. Elle fêtait quant à elle quelque chose de bien plus respectable, son embauche dans un hôpital de la ville en tant qu'infirmière.  Tout nous opposait dans la foule de ce bar branché du centre ville. Nos milieux de vies respectifs, nos éducations, ses amis bien plus fréquentables que les miens et bien d'autres choses. Jusqu'à nos caractères complètement opposés. Malia est une personne lumineuse et profondément altruiste alors que moi je suis et ai toujours été ténébreux et égoïste sauf envers les personnes les plus importantes à mes yeux. Des personnes se comptant sur les doigts de la main. Je ne savais pas encore à ce moment là que la ravissante blonde souriante et débordante d'énergie deviendrait l'une d'entre elles si ce n'est la plus importante de toutes. Une bousculade involontaire renversant une pinte  de bière et une remarque acerbe de ma part. Voilà comment les choses se sont engagées entre nous. Non, pas de foutu coup de foudre ici. Quand on galère dans la vie et que l'on rame pour gagner sa pitance, croyez moi le contenu gaspillé d'une pinte hors de prix a de quoi vous mettre de mauvaise humeur.

Malgré, mon manque de tact et ma mauvaise humeur notoire. Mademoiselle Howard a persévéré comme la battante qu'elle a toujours été. Et a finie par m'apprivoiser après plusieurs mois de fréquentation, bâtissant une amitié sincère avec moi alors même qu'elle aspirait d'emblée à plus. Quant à moi, je n'envisageais pas d'établir une relation amoureuse avec elle au départ. Pour être parfaitement sincère, sa lumière intérieure et son énergie à priori sans limite m'exaspérait . Ça et le fait qu'elle ne pouvait s’empêcher de me faire sentir sa compassion par rapport à ma situation d'orphelin. Je n'ai jamais eu besoin de réconfort par rapport à cela et je n'en ai jamais demandé.  Ce qu'a fait Milou, c'était de me permettre d'oublier tout simplement. Mais, si j'ai bien appris une chose de cette femme extraordinaire c'est bel et bien que la persévérance paie. Quelques mois plus tard ,  Milan l'a emmené voir l'un de mes combats sans savoir que cela lui déplairait au plus haut point.  La voir dans la foule m'a déstabilisé et je me suis mangé une raclée sévère comme je n'en avais plus connu depuis longtemps. Je n'ai pas eu de félicitations de l'ange blond bien au contraire. Si je ne peux pas savoir ce que cela fait de se faire démolir verbalement par ses parents. J'ai  eu l'impression d’être un gamin devant sa mère furieuse. A ce moment là, je commençais déjà à ressentir quelque chose pour la belle infirmière mais n'étais pas prêt à l'assumer. Comment dire ? Je n'avais connu que des relations à usage unique si je puis dire depuis toujours. Ne souhaitant pas m'attacher à quelqu'un qui me blesserait même sans le vouloir. Ce n'est pas parce que l'on dirait que je n'ai pas de cœur que c'est le cas. Nous avons néanmoins commencé à flirter et à nous rapprocher .

Cependant,  Malia pensa que je ne souhaitais que m'amuser avec elle et finit par se détourner. Nous nous sommes éloignés jusqu'au jour ou je l'ai croisé avec un autre homme et là j'ai ressenti une douleur indicible dans la poitrine. Je lui ai fait comprendre que j'étais prêt à lui donner ce qu'elle voulait ou du moins à essayer de faire de mon mieux. C'est ainsi que notre relation de couple débuta. La fin des combats illégaux fut proclamée dans la foulée par Malia première du nom et celle ci m'aida  à trouver un job réglo. La violence fut remplacée par une pratique sportive intensive. C'était comme une drogue pour moi. Courir, boxer, courir, aller à la salle. Je me débarrassais de ma rage latente à travers l'effort physique.  Le père de l'un de ses amis d'enfance tenait une boite de nuit et cherchait à recruter du personnel. Le métier de videur fut tout indiqué. Répétitif, sans originalité mais calé sur les mêmes horaires que ma petite amie qui travaillait souvent de nuit. Et le plus important le job était bien payé car les affaires tournaient plutôt bien pour l'établissement. Nous avons emménagé ensemble un an plus tard. Nous sommes fiancé deux ans plus tard. Je vous passe tout le reste de mon histoire de couple qui n'est pas très intéressant. Rencontre avec les beaux parents habitant à Maple Grove, acceptation par les amis de la demoiselle. Soins prodigués gratuitement et anonymement sur Enzo après une fusillade. Tout ce qu'il faut retenir de ces années de vie commune c'est qu'elle a réussie  à m'arracher de nombreux sourires, crises de fous rires et moments de tendresse à faire pâlir Edward Cullen. Nous nous sommes mariés il y a deux ans. J'ai trouvé le contraste entre la foule des invités de Malia désormais Malia Coleman et la poignée de mes propres invités très amusant. Enfin, ce fut un moment très agréable et sûrement l'un des plus beaux de mon existence. A ce moment là, vous savez ce que l'on se dit. On se dit que tout est possible et que ce n'est pas parce que  la vie a longtemps été une garce avec nous qu'elle le sera à l'avenir. Oui, ce fut un merveilleux moment. Notamment parce que la joie de Malia était tellement puissante qu'elle en était presque palpable. Les pitreries des gars y sont sûrement aussi pour quelque chose malgré la honte de se coltiner des amis pareils. Je me suis mis à dessiner et à peindre une fois de temps en temps  surtout parce que ma femme a réussie on ne sait comment à me transmettre l’âme d'un artiste.

A ce moment là tout allait bien. L'année d'après a été marquée par un certain nombre de disputes. Malia voulait  un enfant tandis que j'estimais que c'était un peu tôt pour cela. Je ne voulais pas  que nous fassions un enfant pour faire un enfant. Je voulais que ce marmot ait les meilleures chances possibles dans la vie et ce qu'il y a de mieux. Or, je pensais ne pas être pour l'instant capable de lui offrir cela. Finalement, ce qui devait arriver arriva notamment parce que je ne peux pas refuser grand chose à cette femme d'une part et que d'autre part je me mentais à moi même. Je n'avais rien contre le fait d'avoir un enfant. J'étais juste tétanisé par la peur d’être un mauvais père. Ce n'était pas comme si j'avais eu un quelconque exemple durant ma vie. Nous avons acheté Sam et Isha  au début de l'année 2013. Malia adorait littéralement les animaux et plus particulièrement les chiens et les chats. Si, je l'avais laissé faire la maison serait devenue une ménagerie. La naissance de la petite le 22  mars 2015 a balayée tous mes doutes et je suis rapidement devenu gaga de ce bout de chou. Ma  fille Ozalee. Nous avons choisi un prénom amérindien en raison des racines de Malia. Ce  nom signifie soleil levant. Et c'est exactement ce qu'elle était pour nous un petit soleil.  Pour conclure ma vie se déroulait parfaitement bien avant que la fin du monde ne me prive  de tout ce qui m'était cher. De tout ce que je n'aurais jamais cru avoir un jour.                                                      


Don't fear the reaper

 
Jour 1 (09/10/15) :
Les journaux parlent des faits divers ayant eu lieu en ville comme d’incidents isolés et parfaitement rationnels mais ils sont bien en peine d’expliquer pourquoi la ville d’habitude si paisible est touchée par cette vague de comportement étranges aussi violents qu’inquiétants. Ozalee pleure dans mes bras pendant que Sam est agité dans la petite maison nous servant de foyer. Je vais chercher un biberon dans la cuisine et commence à nourrir ma fille dans l’espoir qu’elle se calme. Je gratte la tête du berger allemand tout en serrant la petite contre moi. Le chien se calme bien vite mais je perçois pourtant qu’il n’est pas dans son état normal. Isha le malamute d'Alaska gambade sur la pelouse du jardin. Je n’y prête néanmoins pas plus attention que cela. La petite est de nouveau calme et commence à somnoler contre mon épaule. Le téléphone sonne et je vais répondre. C’est Ethan mon patron qui me dit de ne pas venir travailler ce soir car il préfère ne pas ouvrir l’établissement par pure précaution. Je me dis qu’il est légèrement paranoïaque car les télévisions indiquent que ces incidents mineurs sont inquiétants mais que les autorités ont la situation en main. Je le remercie cependant car je vais pouvoir passer la soirée avec ma famille plutôt que de jouer les videurs devant une boite de nuit huppé du centre-ville. Pas que je n’aime pas mon boulot en soi. Non, je ne l’aime définitivement pas mais pour avancer dans la vie sans diplômes, il faut nécessairement savoir faire des concessions. Je vais m’assoir sur le canapé et regarde les informations d’un œil inquiet. La porte s’ouvre quelques minutes plus tard sur Milan et Malia. Mon meilleur ami et ma compagne ont les bras chargés de course et sont en train de rire. Sam quitte les abords du canapé pour aller se précipiter dans les jambes de sa maitresse. Isha en profite pour rentrer dans la maison et se frotte lui aussi contre les jambes de Malia. Je place un doigt sur ma bouche pour leur faire signe de baisser d’un ton car la petite roupille tranquillement contre mon épaule. Je vais ensuite la déposer dans son berceau et la regarde dormir avec un sourire de fierté incommensurable sur les lèvres. Je sens une présence derrière moi et les bras de ma femme enserre ma taille tandis qu’elle pose sa tête contre mon épaule. Nous restons là un long moment à regarder notre enfant dormir d’un sommeil paisible. Puis, nous regagnons le salon et Milan nous apporte une bière tandis que nos regards se fixent sur l’écran qui ressassent indubitablement les mêmes histoires. Nous proposons à mon meilleur ami de rester dormir à la maison et il accepte volontiers. Bien content de ne pas avoir à retourner dans son petit appartement du centre-ville. L’inquiétude est bien vite balayée par les blagues de Milan et c’est avec le sourire que nous dinons en famille.

Jour 2 (10/10/15) :
Je me réveille tardivement et cherche instinctivement la présence de Malia à mes côtés mais ma femme est déjà partie travailler. Je me lève et me prépare tranquillement avant de revenir dans la chambre pour vérifier que la petite dort encore à point fermer. Ce qui est bel et bien le cas alors je me dirige vers la cuisine d’un pas nonchalant d’ours mal réveillé. Je verse du lait dans un bol et y ajoute des céréales. Une fois, mon petit déjeuner terminé. Je laisse un mot sur la table pour prévenir Milan qu’il doit s’occuper d’Ozalee jusqu’à mon retour. Puis, je vais enfiler un jogging et un tee shirt ainsi qu’un sweat shirt. Mon meilleur ami ainsi que frère de cœur émerge du couloir avec une mine de déterré et je le salue après avoir enfilé des baskets. Isha reste dans la maison allongé, la tète sur les pattes avant. Puis, je passe la laisse à Sam et quitte la maison dans la foulée. Je promène mon chien tout en faisant un jogging et prend par la même la « température » de la ville dans laquelle j’avais vu le jour. Le climat n’est pas à l’inquiétude dans les rues de la cité d’Emeraude et je suis rassuré par ce que je vois. J’imagine qu’il n’y a vraiment pas de quoi s’inquiéter. Je rentre donc le cœur léger car ces divers incidents m’inquiétaient énormément. Notamment par rapport à Malia qui est infirmière dans un hôpital. La simple idée qu’un malade puisse s’en prendre à elle me révulse et réveille des instincts protecteurs d’une extrême violence.

Jour 3 (11/10/15) :
C’est l’anniversaire de l’un de mes amis d’enfance, un autre orphelin tout comme Milan et moi. Je m’étais éloigné de ma petite bande avec mon meilleur ami au moment où celle-ci s’était orientée vers l’illégalité la plus complète. La délinquance est souvent le premier pas vers la criminalité. En fait, si je m’en étais éloigné c’était principalement à cause de Malia qui m’avait poussé vers la bonne direction et remis dans le droit chemin. Pourtant, je ne pouvais pas cesser de voir ces mecs comme mes frères. Parce que c’étaient avec eux que j’avais grandi que je le veuille ou non, ils étaient ma famille. Nous avions pris des chemins différents à l’âge adulte mais cela n’y changeait rien. Alors, en ce jour d’automne j’étais passablement de bonne humeur et étais bien décidé à fêter les 28 ans de Lucas comme il se devait. Ozalee a été confié au bon soin de nos voisins. Un couple de retraité avec lesquels nous entretenions des rapports cordiaux. Je ne travaille pas ce soir puisque j’ai posé un congé pour l’anniversaire. Je dépose un baiser sur le front de la petite avant que Malia ne la dépose délicatement dans les bras d’Elizabeth. Je caresse le sommet du crâne de Sam et gratouille Isha avant d’enfiler une veste en cuir noir. Puis, je saisis la main de Malia et nous quittons la maison après l’avoir refermé. Je roule à une allure modérée vers le quartier dans lequel se trouve la maison de Lucas. Sur la route, nous discutons des évènements ressassés par les chaines d’information. Malia, m’informe de ce qu’elle sait au sujet de la situation. Elle n’est pas médecin mais infirmière pourtant elle en sait plus que la plupart des gens de la ville. L’inquiétude me saisit à l’écoute de ses propos et sa tentative pour me rassurer est un coup dans l’eau mais je fais mine de retrouver la sérénité pour ne pas gâcher la soirée. Une soirée qui se révèle être très agréable. Les présences de Milan, Enzo, Lucas, Jace et Ryan m’apaise. La petite bande est de nouveau réunie le temps d’un anniversaire et le barbecue est convivial. Les bières s’enchainent dans le jardin et les rires brisent la quiétude nocturne. On se charrie, on se taquine, on se tapote l’épaule et on redevient l’espace de quelques instants des gamins insouciants se moquant de tout. Lorsque, je m’assois sur une chaise longue et que Malia vient s’assoir sur mes genoux. Je me sens bien et je me dis que l’avenir ne pourrait pas me prendre cela. J’avais tort.

Jour 4 (12/10/15) :
Je me réveille avec la gueule de bois, il faut dire que nous n’y étions pas allés de main morte hier soir avec les gars. Comme au bon vieux temps, il convient de le reconnaître. Malia est allé travailler et je pousse un léger soupir. Je suis inquiet. En fait, je suis dévoré par l’inquiétude depuis les révélations qu’elle m’a faite hier soir. Je ne veux pas qu’elle continue d’aller travailler mais cette femme est une force de la nature qui n’en fait qu’à sa tête et je serais bien en peine d’essayer de l’empêcher de faire ce qu’elle veut. Je repousse la couverture et me masse le front avant de quitter le lit. Je range les lieux avant d’ouvrir la fenêtre. La petite roupille comme une marmotte dans son berceau et cela m’arrache un grand sourire. Je vais prendre une douche glacée pour me remettre les idées en place. Une fois cela fait, j’enfile un jogging, un tee shirt et enfonce une casquette aux couleurs de l’équipe locale sur ma tête avant d’aller nourrir le berger allemand et le malamute d’Alaska en train de se dégourdir les jambes dans le jardin. Puis, les pleurs de ma fille me ramène dans ma chambre ou je la prends dans mes bras. Je la divertis comme je peux mais c’est seulement lorsque sa tétine trouve le chemin de sa bouche qu’elle se calme. Je la garde dans mes bras pendant que je prends mon petit déjeuner. Le mouvement de ses petites quenottes tentant d’effleurer mon nez me fait sourire et une fois la vaisselle faite à une main. Je vais m’installer devant l’ordinateur. Les informations tournent en rond et nous rabâchent les mêmes choses sans arrêt. Avec ce que m’a dit Malia hier, je préfère avoir une autre source d’information à portée. C’est pourquoi, je tape une série de mots clés dans la barre de recherche du navigateur. Tout ce que je lis me parait complètement délirant pourtant quand je mets cela en parallèle avec les maigres informations données par ma compagne. Non, cela ne saurait être la vérité. On nage en plein délire là ! Je vais remettre Ozalee dans son berceau après lui avoir donné le biberon et changé sa couche. J’allume la télévision et écarquille les yeux en apprenant que les médias s’éloignent peu à peu de la version officielle. Celle que les autorités veulent nous faire gober depuis le début de ce merdier. J’appelle Milan qui bosse comme déménageur en ce moment et lui fait part de mes inquiétudes et des derniers éléments à notre disposition. Il me calme comme il peut et m’assure qu’il passera ce soir. Je passe ma journée à lire, boxer, regarder ma fille jouer et à attendre que la soirée arrive. Lorsque Milan passe le pas de la porte d’un pas nonchalant, je réprime un soupir de soulagement. Cependant l’inquiétude ne me quitte pas jusqu’à l’arrivée de ma femme que je serre dans mes bras comme si j’avais eu peur de ne jamais la revoir. Mon meilleur ami me regarde comme si j’étais complètement paranoïaque mais Malia me rassure d’une voix douce. La discussion s’engage autour d’un plat de pâtes. Malia tient Oza dans les bras. Je propose de quitter la ville dès ce soir pour aller à Mapple Grove là où vivent les parents de Malia. Milan est mitigé tandis que Malia est d’accord pour quitter la ville dès le lendemain. Lorsque Milan quitte la maison pour rentrer chez lui, les sirènes d’une voiture de patrouille brisent le silence nocturne. Nous restons sur le palier et observons les gyrophares tout comme la plupart des habitants du quartier. Elizabeth et Thomas nous adresse un petit signe de la main que nous leur rendons poliment.

Jour 5 (13/10/15) :
Je me réveille aux aurores et me rends dans la cuisine. Ce n’est qu’une fois avoir avalé mon café que je prends le temps de réfléchir. Est-ce que c’est vraiment la meilleure solution ? Quitter la ville maintenant. J’appelle Milan qui me réponds d’une voix éraillée et endormie. Je lui dis de prévenir Jace, Lucas, Enzo et Ryan que l’on va quitter la ville et de leur dire de venir avec nous s’ils le veulent. Il répond par l’affirmative avant de raccrocher. J’espère qu’il ne va pas faire le con et partir avec nous. Bien plus que mon meilleur ami depuis toujours, ce type est le parrain de ma fille et un ami de ma femme. Il fait entièrement partie de la famille. Je commence à faire des stocks de nourriture et fourre le tout dans des sacs. Malia me rejoint dans la cuisine et m’embrasse mais je suis entièrement concentré sur mes taches. Elle parvient néanmoins à m’en détacher et nous discutons une nouvelle fois de notre plan. Elle me demande si je partirais quand même si Milan ne se pointe pas et bien que cela me déchire le cœur, j’hoche la tête. Ma priorité est d’éloigner Malia et Oza de cette ville et de ce virus qui se propage. Milou est un grand garçon. S’il fait un autre choix que le nôtre, je ne lui en voudrais pas. Bien que cela m’attristerait énormément. Je prépare les autres sacs avec des produits de première nécessité. Des affaires pour la petite, des habits de rechange, des piles, des couteaux de cuisines, une lampe de poche, des médicaments. Ce genre de chose. Il est midi lorsque la sonnette sonne. Je vais ouvrir et laisse entrer Thomas le voisin, un ancien policier malgré ma méfiance. Il observe les lieux et hoche la tête avant de me dire qu’il comptait quitter la ville avec sa femme avant que la situation ne dégénère. Nous discutons du meilleur endroit pour se poser après la fuite précipitée. Il me confie qu’il compte descendre vers le sud ou il a de la famille. Nous nous serons la main et nous souhaitons bonne chance. Le soir venu, je charge le quatre quatre et fais monter les chiens à l’arrière. Je retarde l’échéance car je suis inquiet de ne pas voir Milan mais il semble que ce dernier ait pris sa décision. Finalement, la moto vrombissante de mon ami se fait entendre et un sourire étire mes lèvres. Il me serre dans ses bras et me rappelle notre promesse vieille de vingt ans de ne jamais se séparer. Je charge son sac tandis qu’il serre Malia et caresse la joue de la petite. Je lui demande si les gars ont accepté de quitter la ville mais il répond par la négative. Je monte dans la voiture et Milou remonte sur sa moto. Je ressens un pincement au cœur mais lorsque je tourne la tête vers ma compagne et ma fille. Malia pose sa main sur la mienne et je sais que je suis en train de faire le bon choix. Les rues sont animées par des manifestations relativement violentes que la police réprime brutalement. Je ferme la fenêtre pour me couper de ce vent de folie qui plane sur la ville et emprunte le chemin le plus sûr pour quitter la ville.  
 



10 LIGNES MINIMUM. N'hésite pas à te tourner vers la chronologie du forum pour savoir plus précisément comment ça se passe. Les premiers temps, comment ton personnages en est arrivé où il en est, ce qu'il fait.

time to meet the devil

• pseudo › Arès  
• âge › 22 ans  

• comment as-tu découvert le forum ? › Google est un ami très utile.
• et tu le trouves comment ? › Absolument superbe bien que j'aurais bien aimé lire quelques rps. J'imagine que ce n'est plus qu'une question de temps.
• présence › Normale je dirais. Plusieurs fois par semaine.

• code du règlement › Fear cuts deeper than swords.  
• crédit › de la bannière et du gif, Tumblr
passeport :
 

fiche (c) elephant song.
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Dwight A. Momsen
Leader | Northern Creek
WALKING WITH THE DEADS
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Age IRL : 22

MessageSujet: Re: Arès K. Coleman-I didn't have much but i lost everything    Dim 19 Juin 2016 - 10:39

Bienvenue parmis nous Very Happy



₪ Crush Your Enemies. See Them Driven Before You ! ₪

Mes AnnexesDwight écrit en #6699cc
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http://www.walkingdead-rpg.com/t6813-listing-des-comptes
Luke G. Hugh
WALKING WITH THE DEADS
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Messages : 253
Age IRL : 25

MessageSujet: Re: Arès K. Coleman-I didn't have much but i lost everything    Dim 19 Juin 2016 - 11:20

Bienv'nue o/
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Kassandra Fletcher
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Date d'inscription : 01/11/2015
Messages : 414
Age IRL : 26

MessageSujet: Re: Arès K. Coleman-I didn't have much but i lost everything    Dim 19 Juin 2016 - 13:23

Cool ton choix de visage, bonne rédaction pour ta fiche **


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Erik Ziegler
Sanctuary Hills
WALKING WITH THE DEADS
Date d'inscription : 03/01/2016
Messages : 355
Age IRL : 31

MessageSujet: Re: Arès K. Coleman-I didn't have much but i lost everything    Dim 19 Juin 2016 - 13:50



bienvenue sur le forum !

Te voilà fraîchement inscrit sur The Walking Dead RPG ! Après avoir lu consciencieusement le règlement du forum, voilà quelques petites choses à retenir pour tes débuts parmi nous :

1 – Le délai pour finir ta fiche est de 10 jours. Un délai supplémentaire peut être accordé par un Administrateur.

2 – Si tu as oublié de le faire avant de t'inscrire, jette un petit coup d’œil aux bottins des noms, des prénoms, des métiers et des avatars.

3 – Lors du choix de ton avatar, il est important de bien respecter ces deux points du règlement : Les images choisies doivent être cohérentes avec le contexte, et l'âge de ton personnage avec l'aspect physique de ta célébrité.

4 – Afin d'éviter les RP répétitifs d'intégration dans un camp, nous te conseillons d'intégrer ton personnage à un groupe dès son histoire ! Si tu choisis d'intégrer le groupe des solitaires, il te faudra conserver ce statut durant 1 mois minimum avant de pouvoir t'installer dans l'un des groupes sédentaires.

5 – Si ton histoire comporte des personnages que tu souhaiterais proposer en Scénario, sache qu'il faudra également patienter 1 mois et être actif en zone RP.

6 – Une fois ta fiche terminée, signale le dans ce sujet AVERTIR ▬ FICHE TERMINÉE.

Bonne rédaction !


Bienvenue ! Si tu as des questions, n'hésite pas !


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Invité
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MessageSujet: Re: Arès K. Coleman-I didn't have much but i lost everything    Dim 19 Juin 2016 - 15:55

Merci à tous pour cet accueil !

Je n'hésiterais pas Erik.
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Maxine Preston
Fondatrice à la retraite
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Date d'inscription : 10/11/2013
Messages : 6195
Age IRL : 28

MessageSujet: Re: Arès K. Coleman-I didn't have much but i lost everything    Dim 19 Juin 2016 - 16:10

Hello & Bienvenue !

Si tu as des questions, n'hésite pas !

J'aime beaucoup beaucoup ta signature, elle est très classe !



- But I can't compete with the she-wolf,
What do you see in those yellow eyes ? -
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MessageSujet: Re: Arès K. Coleman-I didn't have much but i lost everything    Aujourd'hui à 4:08

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Arès K. Coleman-I didn't have much but i lost everything

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