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 Abel to Cain

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Abel Underwood
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MessageSujet: Re: Abel to Cain   Dim 26 Juin 2016 - 12:05

D’après ce que lui disait Tamara, son foyer était bien pire que le sien. Est-ce qu’Abel sous-estimait le point de dégradation que pouvaient atteindre certaines relations familiales ? Peut-être. Après tout, il était fils unique, venait d’une famille où il n’avait jamais manqué de rien, avait « réussi » sa vie lui-même… malgré tout le recul qu’il essayait d’avoir, peut-être bien qu’il voyait le monde à travers un miroir. Le syndrome des gens aisés… son père à lui, même à l’apogée de sa colère, n’avait pas osé évoquer le fait de mettre dehors femme et enfant. Il avait préféré leur suggérer de garder la maison et s’en trouver une autre.

- C’est ma mère qui a mis du temps à se décider. J’avais dans la vingtaine, avait-il simplement répondu à la question de la jeune femme.

Il ne s’en souvenait plus vraiment. Mine de rien, ça datait maintenant… certains détails lui échappaient, volontairement. Ce n’était pas sa faute, il avait choisi de soutenir sa mère dans une phase difficile, mais il n’était pas fier de ce qu’il avait fait. Dire ses quatre vérités à son père, pour le simple plaisir de le « battre », de lui clouer le bec… des années après, il le regrettait encore. David Underwood avait ses défauts, mais il restait un être humain, avec des émotions… piétinées violemment par son propre fils.

Quand Tamara annonça qu’elle regrettait de ne jamais avoir partagé sa vie avec quelqu’un, Abel souleva un sourcil étonné avant de sourire avec affection. Encore un préjugé. Elle s’affichait tellement comme libre et indomptable qu’il se la visualisait comme une éternelle « joueuse solo » pour parler dans son jargon. Il aurait juré qu’elle se moquait de la l’amour, des relations, de la famille… qu’il était bête et borné. Le cinquantenaire n’en dit rien, mais il était persuadé que l’auto-psychanalyse de la vendeuse était la bonne : oui, elle avait sûrement fait tout ça pour énerver ses parents. Renier leur autorité, ses liens avec eux, tout ce qu’ils représentaient. Mais au final, comme tous les papillons de nuit, elle était attirée par la lumière.

- Tu ferais une maman géniale, assura Abel, sérieusement. Ça se sent. Tu as le feeling avec les gosses, et puis tu as ce truc… animal. Je veux dire, expliqua-t-il en riant, comme les louves, tu vois ? On sent que si tu avais des enfants à toi, tu ferais tout ce qu’il faut pour les protéger.

Comme lui ? Peut-être… d’ailleurs, il hésitait encore à l’image à utiliser. Tamara était si solaire qu’il penserait plutôt à une lionne en la voyant. Mais ceux-ci avaient beau être communautaire, le lien mère/enfants était moins intense que chez les loups. Dans tous les cas, c’était peut-être pour ça qu’il lui faisait autant confiance pour s’occuper de Victoria… au-delà de leur entente, il sentait que la vendeuse n’hésiterait pas à franchir une limite s’il était question de sa survie. Comme lui ; là, c’était certain.

Dans tous les cas, il n’osait pas lui faire une observation pseudo-optimiste style « tu as encore le temps d’en avoir ». L’un comme l’autre, ils étaient conscients que ce serait un mensonge – ou en tout cas une remarque sans fondement. Est-ce que le monde actuel les autorisait à faire des enfants ? Oui… si on avait pas peur de perdre la mère en couche, de voir les pleurs attirer les rôdeurs et de promettre au bébé une mort atroce entre des crocs putréfiés.

- Et bien en tout cas… la prochaine fois qu’on n’arrive pas à dormir, on pourra s’infiltrer dans la réserve pour se trouver de quoi boire. On trinquera à nos paternels sans lesquels on a très bien vécu ! On a ça en commun.

A la différence que le père de Tamara ne s’était pas sacrifié pour la sauver. C’était sans lui qu’elle avait trouvé le chemin de Century l’automne dernier. Il n’y avait plus qu’à espérer qu’ils ne se fassent pas prendre… ou que Gary saura pardonner cet accès d’immaturité de la part d’un doyen. C’était stupide, il le savait, mais c’était une façon pour lui de dire adieu au passé… encore une fois. Définitivement.


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Tamara C. Kroeger
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MessageSujet: Re: Abel to Cain   Dim 26 Juin 2016 - 14:12

J’observais un peu plus Abel. Je voyais en lui un alter ego. Il était si différent, mais je me sentais si proche de lui en même temps. J’avais l’impression de me sentir attiré un peu comme un aimant. Peut-être que ça venait de tous les compliments qu’il me faisait. J’avais du mal à comprendre d' où venait cette sensation étrange. Je ne comprenais pas vraiment ce que mon cerveau était en train de me faire. J’étais flatté lorsqu’il disait que j’aurais pu être une bonne mère. Avec la vie que j’ai menée, j’aurais sans doute eu du mal en réalité.

- Il parait que c’est absolument génial d’être enceinte également, j’ai vécu avec une amie sa grossesse. Elle me racontera absolument tout, mais en réalité, je suis bien contente de ne pas être tombée enceinte. J’ai déménagé à Seattle fin 2010. Il m’a fallu deux bonnes années pour avoir un travail fixe et un appartement correct. Ce qui implique que j’aurai pu avoir un enfant de quatre ans et le monde qui nous entoure n’est pas fait pour élever des enfants. J’ai de la peine pour les petits Walker. Victoria est plus grande donc c’est moins dur.

J’avais un sens des responsabilités, même s’il n’était pas vraiment très présent quand on me voyait physiquement. J’avais un look assez atypique qui forçait les gens à s’interroger un peu plus sur moi. Oui j’avais fait tout un tas de folie, mais j’en étais consciente. J’avais réfléchi avant d’agir pour une fois dans ma vie. Il me comparait à une louve, c’était bien trouvé. Surtout que j’étais prête à tout pour ma meute, ici j’entends toutes les personnes à Evergreen. Je me sacrifierais pour ce groupe s’il le faut.

- Je suis flatté par ta comparaison. Je la trouve encore plus vraie, parce que pour la première fois de ma vie. J’ai l’impression d’avoir une vraie famille. Je peux compter sur bien plus de personnes ici que je n’ai pu le faire tout au long de ma vie. Je suis prête à tout pour aider le groupe. Même si j’avoue que certaines personnes comptent beaucoup plus pour moi.

Je posais alors un regard appuyé sur Abel. J’avais certainement les yeux qui pétillent comme souvent. Si je rayonnais autant, c’est aussi parce que j’ai des gens comme lui à mes côtés. Il m’est bien plus facile de sourire au côté des personnes que j’aime. Oui je refuse de me laisser abattre par l’épidémie, mais si j’y arrive, c’est uniquement parce qu’elle m’a donné bien plus que ce qu’elle m’a pris. Abel et sa fille m’avaient apporté tellement de choses, beaucoup de joie et d’inquiétude. Est-ce que c’était ça être une maman ? Je le saurais peut-être un jour. L’homme parlait alors de picoler. L’idée pourrait sans doute être très marrante, à condition de ne pas se faire prendre.

- C’est une bonne idée ! Par contre, je te préviens, j’ai l’alcool joyeux alors ne me fait pas rire. Sinon, j’aurais sans doute besoin d’une heure pour m’en remettre.

J’exagérais à peine. On m’invitait souvent pour que je mette l’ambiance. Une fois que j’avais assez bu. Plus rien ne pouvait m’arrêter. Les blagues même les plus nulles étaient une forme d’amusement. J’avais des souvenirs plein la tête, mais je voulais les effacer pour les remplacer. M’en créer des nouveaux, ici avec le groupe, mais surtout avec Abel. Alors que j’étais en train de le regarder, je fis de mon mieux pour réprimer un bâillement. J’étais absolument crevé par le manque de sommeil, mais je m’en rendais à peine compte. C’était sans doute sa présence à mes côtés.

- Peut-être que boire nous aidera à trouver le sommeil. Sinon on pourra toujours essayer autre chose…

Sans vraiment m’en rendre compte. J’avais presque fait disparaitre la frontière entre lui et moi. J’avais irrestiblement envie de l’embrasser. Plus j’en savais sur lui, plus j’avais envie de le mettre dans mon lit. Je n’avais pas ressenti un tel désir pour un homme depuis bien longtemps. Souvent c’était eux qui venaient à moi et non l’inverse. Je laissais mon action en suspens. Je ne savais pas ce que lui voulait et c’est ce qui m’arrêta. Peut-être qu’il me considérait uniquement comme une grande sœur pour Victoria et que par extension pour lui je n’étais que sa fille. C’était ce qu’il avait dit au pillard après tout.



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Abel Underwood
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MessageSujet: Re: Abel to Cain   Dim 26 Juin 2016 - 18:08

Ces yeux… ses yeux. Étincelants, pénétrants, vivants. Implicitement, Tamara venait de lui avouer qu’elle s’était attachée aux Underwood. Pour Victoria, ça lui faisait plaisir bien sûr, qu’une figure féminine – voire maternelle – s’occupe parfois de la petite sourde muette. Elle en avait besoin, pour que sa vie garde un semblant de normalité. Mais lui ? Il y avait une grande différence entre passer du temps ensemble et « savoir » qu’il comptait pour elle.

Il souriait toujours quand elle avouait avoir l’alcool joyeux et alors que la distance qui les séparait s’amenuisait, son cœur se mit à battre comme celui d’un jeune premier. Après tout… il n’avait pas vraiment « connu » de femme depuis Lily. Simplement des aventures éphémères, instantanées, sans veille ni lendemain. Alors que le désir revenait timidement, il avait peur. Pas de sa cadette, mais plutôt de ce qu’ils allaient devenir. Tous les deux, que représentaient-ils ?

Elle était si proche désormais qu’Abel se sentait irradiée par son aura. Ses images préconçues, ses préjugés, tout cela vola en éclat. Ce n’était pas la Tamara d’avant l’épidémie qu’il adorait, c’était celle d’aujourd’hui. L’amazone, l’aventurière, la louve. Sa main eut un mal fou à se décoller du lit, paralysée, et vint doucement caresser une joue de la jeune femme. Ce contact l’électrisa, son front s’accola au sien, leurs souffles se mêlaient. Fébriles.

- Tu es sûre que…

Le cinquantenaire ne termina pas sa question. Il ne voulait pas offrir à la gameuse la possibilité de rompre cette proximité. La vérité, c’était qu’il avait envie d’elle. Envie qu’elle lui rende une partie de sa jeunesse, de ses espoirs, de sa lumière. Ici, dans ce chalet, il pouvait se passer quelque chose de beau. D’immorale ? Il pourrait être son père, c’était vrai… mais au final, quand les morts revenaient à la vie pour dévorer les vivants, quelle importance avait le regard des autres ?

Alors Abel mit fin au suspens, s’embrasant au contact des lèvres sulfureuses de Tamara. Sa main glissa sur sa peau et se cala derrière sa nuque. Tendrement. Fermement. Pour qu’elle ne lui échappe pas, qu’elle ne renonce pas. Ses doigts entremêlés à ses cheveux sombres, son cerveau enivré par son odeur, sa chair grisée par sa chaleur. Ces sensations, il les aurait presque oubliées après les derniers mois. L’ancien agent repoussait déjà délicatement la vendeuse sur le lit quand le bruit d’une porte qui s’ouvre l’arracha à son moment de volupté.

C’était Victoria, ses cheveux à peine disciplinés, signe qu’elle s’était bien amusée. Interdite, elle regarda tour à tour son père et Tamara, sans être vraiment sûre de comprendre. Abel ne lui avait jamais présenté aucune de ses conquêtes et aussi loin que ses souvenirs pouvaient remonter, la gamine le voyait seul ou avec sa mère. C’était un choc de le découvrir avec une autre femme, surtout avec la gameuse. Car elle la voyait plus comme une grande amie, une sœur, que comme une maman. C’étaient les mamans qui embrassaient les papas, non ? Lentement, ses mains signèrent « vous faites quoi ? ».

- Ahum…

Pris en flagrant délit, le cinquantenaire d’habitude si volubile venait de se faire couper le sifflet. Il ajusta rapidement le col de sa chemise, à croire que ça lui rendrait un peu de contenance, et se racla la gorge en regardant Tamara. Si elle savait quoi dire pour sauver le coup, c’était le moment. Parce qu’effectivement, que faisaient-ils ?


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Tamara C. Kroeger
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MessageSujet: Re: Abel to Cain   Dim 26 Juin 2016 - 20:49

À cet instant présent, il n’y avait plus rien d’autre que lui. J’étais envouté, je le regardais droit dans les yeux sans pouvoir détourner le regard. Une partie de moi voulait s’enfuir en courant, n’assumant pas vraiment les responsabilités de ce qui se passerait ensuite, mais de l’autre comment est-ce que je pourrais résister ? J’avais toujours été attiré par les hommes plus vieux. C’est leurs expériences qui me plaisaient, leurs cheveux poivre et sel. Mais surtout, parce qu’ils savaient ce qu’ils voulaient. Il n’avait plus ni le temps ni l’âge de jouer. Deviner ce que voulait l’autre ne m’amusait plus depuis longtemps, mais aujourd’hui, c’était si différent de tout ce que j’avais connu avant.

Je sentais mon corps vibrer alors que ses doigts se posaient sur ma joue. J’avais l’impression que cela faisait une éternité qu’on n’avait pas touchée ainsi. Il faut dire ce qu’il y est, je n’ai pas eu de contact avec un homme depuis des années. Je continuais à m’approcher inexorablement, mon front se posait sur le sien. Je ne réalisais pas ce qui était en train de se passer sous mes yeux. J’entendais vaguement la voix d’Abel. Je devinais sa réaction qui était très humaine. Étions-nous vraiment légitimes ? Personne n’était là pour nous juger. Personne n’avait besoin de savoir après tout.

- Chuuuut…

C’est en un soupir que j’avais prononcé ses mots alors qu’il s’était arrêté. Il n’était pas question de rompre la magie de ce moment avec des questions en trop. Finalement, c’est lui qui fit le premier pas. Je ne m’y attendais pas, tout comme je ne m’attendais pas à ce que sa main vienne se placer derrière ma nuque. Je n’étais pas décidé à m’enfuir bien au contraire. Pour la première fois, j’avais l’impression d’être plus qu’un objet pour un homme. J’étais Tamara ! La fille que j’avais cachée au fond de moi depuis aussi longtemps que je me souvienne.

La seconde d’après, j’étais déjà sur son lit, je cherchais toujours ses lèvres qui me procuraient tant de sensation que je redécouvrais avec merveille. J’avais envie de plus et visiblement lui aussi. Je ne m’attendais pas à entendre la porte s’ouvrir. Je n’avais pas tourné la tête instantanément. J'avais honte d'être prise la main dans le sac. Étant donné que je n’entendais aucune voix, je comprenais rapidement qu’il s’agissait de Victoria. Il lui faudrait une explication, quelque chose de crédible. Il était temps de mettre à profit mes piètres talents d’actrice. Sans l’avoir vu signer, je savais qu’elle voudrait des explications.

Je passais une main sur mon visage pour faire disparaitre le fond de teint, je savais que j’aurais la mine pâle. J’affichais une tête décomposée et surprise avant de signer avec difficulté quelques mots. Mentir à une gamine ce n’était pas génial. J’avais l’infime conviction qu’elle n’y croirait pas, mais est-ce qu’elle avait réellement besoin d’une réponse où est ce qu’elle savait déjà de quoi il était question ? Je tremblais en signant les quelques mots suivants.

- J’étais venu voir ton père pour lui parler de notre sortie d’hier. J’ai fait un malaise à cause du manque de sommeil et de nourriture. Il m’a rattrapé de justesse alors que j’allais m’écrouler par terre et il m'a déposé sur le lit le temps que je récupère mes esprits.

Beaucoup d’amis m’avaient répété que pour qu’un mensonge soit crédible, il fallait que l’histoire soit ahurissante. Je ne savais pas si elle allait me croire, mais en tout cas. Je savais que j’en avais toujours plus dit qu’Abel qui pour une fois semblait sur le cul. Je ne me redressais pas plus pour ne pas paraitre trop en forme. Je n’osais pas regarder dans sa direction, trop gêné par la situation.



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MessageSujet: Re: Abel to Cain   Lun 27 Juin 2016 - 18:03

La situation devint tellement cocasse que s’il ne s’agissait pas de sa propre fille, Abel aurait certainement éclaté de rire. Entre le mensonge de Tamara gros comme l’américain moyen et le regard sceptique de Victoria, il tenait un tableau inoubliable. La gamine était trop intelligente pour gober ça, mais l’était également assez pour prétendre adhérer à ce que disait la vendeuse. A ce stade, autant abonder dans le sens du courant. Il aurait tout le temps, plus tard, de chercher la meilleure façon de lui expliquer ce qui s’était vraiment passé.

Le cinquantenaire s’appliqua alors à prendre un air sérieux avant de signer « C’est vrai. J’allais l’allonger 5 minutes, puis on allait voir Rose ». Impassible, la sourde-muette répondit immédiatement « Je viens de la voir, je vais la chercher si tu veux » ; « NON » ses mains venaient de brusquement faire le geste approprié. « Non ne t’en fais pas, je vais l’amener. Qu’est-ce que tu venais chercher ? » ; « Juste mes crayons, je vais aller dessiner avec les autres ».

Abel fit une mine approbatrice, laissant alors Victoria lentement se diriger vers ses affaires. Elle n’entendait pas ce qu’il se passait, mais son père sentait qu’elle prenait volontairement son temps. Il se tourna alors vers Tamara, réprimant l’éclat de rire qui menaçait toujours de franchir ses lèvres, et lui demanda avec un peu trop d’emphase :

- Tu vas un peu mieux ou tu as besoin d’aller voir Rose ?

Il ne réalisa qu’après que puisque sa fille était sourde, il était inutile de jouer la comédie. Elle avait beau être douée, elle ne l’était certainement pas assez pour lire sur les lèvres le dos tourné. L’agent fit alors un signe de tête à la vendeuse en direction de la porte et s’engagea le premier, quittant la pièce saturée par une sensation d’embarras. Une fois dans le couloir aux côtés de la belle, il s’efforça de rester le plus naturel possible dans sa gestuel, mais il glissa du coin des lèvres :

- Je suis horrible, pas vrai ? Ma fille me surprend, je lui raconte n’importe quoi… je me sens comme dans une mauvaise comédie avec Ben Stiller.

Il regarda Tamara. Même après avoir fait baver son maquillage, il la trouvait belle. Trop sans doute. Trop pour lui. Il aurait envie de reprendre ailleurs, un endroit plus tranquille, mais il craignait qu’elle n’ait été refroidie. Et puis, son instinct paternel le sermonnait, il n’était plus complètement dans l’humeur. Abel avait aussi peur que cette situation ait balancée brusquement la réalité au visage de la jeune femme : prendre le cinquantenaire, quelque soit le degré d’engagement de leur relation, c’était aussi prendre Victoria. Le package était indissociable. Et elle avait beau aimer s’occuper d’elle de temps à autre, l’adopter ne serait pas la même chose. Alors il était là, à marcher pour marcher, jusqu’à ce que sa cadette lui donne une raison de s’arrêter.

- Elle ne m’a jamais vu avec quelqu’un tu comprends, se sentit-il obligé d’expliquer de façon confuse, à part avec sa mère. Je ne préférais pas… enfin c’était mieux… bref.

Il s’enfouit brièvement le visage dans ses mains pour s’autoflageller. Si les awards recommençaient aujourd’hui, il pouvait prétendre à celui du père le plus bidon du camp ; voire même l’emporter, haut la main.


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Tamara C. Kroeger
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MessageSujet: Re: Abel to Cain   Lun 27 Juin 2016 - 23:30

J’étais bien consciente que mon histoire ne tenait pas la route, mais je n’avais rien trouvé de mieux dans l’immédiat et surtout que devant l’air surpris d’Abel, j’avais bien compris qu’il ne voulait pas lui dire ce qui venait de se passer, en même temps, il ne ce n’était pas passé grand-chose en réalité. Du moins pas encore, est-ce que l’apparition de la gamine changerait les choses de son côté ? En tout cas, je savais ce que moi je voulais. Je restais immobile sur le lit pendant qu’il parlait avec sa fille, que pouvais-je bien ajouter, j’en avais déjà dit assez. Je savais bien que ce n’était absolument pas crédible, mais qu’importe.

Il se tournait vers moi pour me demander si j’allais bien comme pour continuer de jouer la comédie. Je savais que la petite était capable de lire sur les lèvres. Je devais donc faire attention à ce que je racontais. Tout en me redressant pour de bon cette fois j’ajoutais quelques mots.

- On devrait peut-être y aller, ce doit certainement être un problème de glycémie.

Il indiquait d’un signe de tête la porte. Sortir était sans doute la meilleure des solutions pour esquiver cette situation des plus gênantes. Lorsque la porte claquait derrière nous, je me sentais soulagé. Je ne m’étais pas du tout attendu à me retrouver dans ce genre de situation. Quand j’étais plus jeune, je m’étais déjà fait choper par mes parents, mais ça n’avait rien à voir avec la sensation que je venais de ressentir.

- Techniquement, c’est moi qui ai raconté n’importe quoi… Tu me laisses trouver des excuses foireuses pendant que Monsieur se tait. Je t’ai connue plus volubile que ça.

Mon sourire redoublait alors que je glissais ses quelques mots. J’avais envie de rire, mais j’avais peur de voir Victoria ressortir de la pièce en vitesse. Nous devrions nous cacher rapidement. Alors que nous continuons à marcher dans le couloir. La chambre que j’occupais n’était pas loin et je devais sans doute ressemblait à un monstre à l’heure actuelle. Comme il m’arrivait souvent de le faire, j’attrapais Abel par le bras pour l’entrainer dans ma petite chambre. J’avais depuis quelque temps quitté celle que je partageais avec Dante et Kass. D’un geste rapide, je fermais la porte à clé derrière nous alors qu’Abel m’expliquait que sa fille ne savait rien de sa vie sexuelle.

- Tu sais, tu n’as vraiment pas besoin de t’expliquer. Ta fille n’a pas besoin de savoir ce genre de chose. Quoi qu’il se passe, rassure-toi, je n’en parlerais pas.

Je m’étais éloigné de lui. Je fouillais dans ma petite valise que j’avais réussi par miracle à garder avec moi. Je sortais alors du démaquillant et un mouchoir. Je voulais reprendre forme humaine rapidement. En quelques passages, j’avais fait disparaitre toute trace de mon maquillage. Je pouvais de nouveau voir les magnifiques cernes que je me trainais et mon teint blafard. Je me tournais vers Abel en me rapprochant doucement de lui.

- Je suis désolé, je n’ai vraiment pas bonne mine aujourd’hui. J’ai des cernes à en faire pâlir de jalousie un monstre dehors.

Je continuais de manger la distance qui me séparait de lui. J’avais envie de reprendre là où nous nous étions arrêtés. Je ne savais pas du tout si ce n’était pas son cas. Je ne voulais pas m’immiscer dans sa vie et encore moins le séparer de sa fille. Une nouvelle fois, je le regardais avec les yeux pétillants. Je finis par être assez proche de lui pour pouvoir poser une main sur son torse et déposaient mes lèvres sur les siennes.

- Pour moi, c’était plutôt drôle. En tout cas, ça ne change rien…

Je ne savais pas comment finir ma phrase alors je préférais de ne rien dire.



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MessageSujet: Re: Abel to Cain   Jeu 30 Juin 2016 - 8:54

Cette femme, c’était… une succube, pensa Abel avec amusa. Enfermé dans sa petite chambre, il la regarda justifiant ses mensonges, débarrassant son visage de son maquillage gâché. Elle avait beau accuser ses cernes de l’enlaidir, le cinquantenaire la trouvait plus attirante. Alors que la jeune femme s’approchait avec une étincelle lascive dans le regard, il sourit pour lui-même en songeant à l’image qui avait émergé dans son esprit. Une succube oui… à coup sûr : elle le charmerait et lui volerait son énergie vitale pendant l’extase. Bien trop belle pour être réelle, mais il plongeait volontiers dans cette illusion.

- Je ne serai pas là si les « mobs » dehors étaient comme toi, plaisanta-t-il à bout de souffle.

Il aimait lui voler quelques mots de son jargon. Les lèvres de Tamara épousèrent les siennes, il s’embrasa à nouveau. Il n’osait pas l’admettre mais à cet instant, il avait déjà oublié Victoria, son mensonge, la possibilité que la gamine rapporte tout à Rose, les questions qu’elles poseraient, les explications à fournir… Abel ne songeait plus qu’à la vendeuse qu’il serra doucement contre lui, sans trouver les mots pour répondre. Pour lui non plus, ça ne changeait rien. C’était encore plus excitant de ne pas savoir comment appeler cette attirance animale et intense. La brésilienne était un monde pour lui, un symbole. Il ne concevait plus la vie sans elle mais ne voulait pas la « réduire » à une amante, ou une femme.

Elle Était, avec toute l’intensité presque biblique que ça impliquait. Le cinquantenaire comprenait l’expression « avoir quelqu’un dans la peau », parce que c’était un peu ce qu’il ressentait. C’était à la fois plus fort et complètement différent de l’amour. Il ne comprenait pas, il était fou ? Tant pis. La vie était désormais trop courte pour qu’être raisonnable soit amusant. Il n’y avait pas d’âge pour se sentir vibrer, pas d’âge pour communier, pas d’âge pour prouver à une femme qu’elle était bien plus qu’un objet.

L’agent l’embrassait passionnément, une main calée dans sa nuque, l’autre délicatement posée au creux de ses reins. Il sentait son sang palpiter sous sa peau chaude, son rythme cardiaque s’accélérait. En la tenant ainsi, Abel avait une nouvelle fois l’impression que Tamara était plus fragile qu’elle en avait l’air. Elle avait beau être une amazone solaire une fois passée les portes du chalet, ou être une louve errante aux yeux de tous, elle était aussi une femme… jeune, voluptueuse, mais finalement… si peu « aimée » à sa juste valeur. Il n’osait presque plus bouger, comme si son corps était fait d’un verre qu’il risquait de briser d’un geste brusque.

Il suspendit leur baiser, juste pour poser son front contre le sien et sentir son souffle sur son torse. Vision parfaite. L’agent refusait l’accès à son cerveau des questions les plus pénibles : pourquoi lui ? Que cherchait-elle ? De quoi avait-elle envie sur le long terme ? Est-ce que ça durerait ? Qu’importe. Doucement, la main qui était dans son cou glissa, caressant ses épaules, effleurant ses bras, suivit le dessin de son corps jusqu’à se poser sur ses hanches. Abel ne voulait pas aller trop vite, parce que c’était si… exceptionnel. Il ne voulait rien gâcher, rien précipiter. Oh quelqu’un pouvait bien les interrompre encore, il savait qu’ils ne perdraient pas le fil ; parce que l’un comme l’autre, n’appelait qu’à se consumer dans cette étreinte sulfureuse.


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