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 Le Prix du Sang

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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: Le Prix du Sang   Mar 21 Juin 2016 - 8:12


Le géant fracassa littéralement son gourdin de fortune sur le crâne de deux goules qui s'étaient avancées à la porter de son allonge formidable. Le premier choc fendit la boite crânienne d'un être abject qui n'avait qu'un demi-visage figer dans un hurlement silencieux. Le craquement sonore annonça à Robert que la branche venait de voler en éclats. Mais des fragments de matières grises de l'aberration suivirent le schéma complexe que dessinaient les copeaux de bois mort dans l'air.  N'ayant qu'un pieux dérisoire dans sa main immense et rugueuse, le géant grognant son défi face à la mort elle-même. Les cannibales revenus à la vie ne passeront pas le rempart de chair cicatrisés de l'erreur de la nature. Plantant profondément sa dernière arme disponible dans l'orbite blanchâtre d'un réceptacle sans âme, le golem de chair allait faire un baroud d'honneur pour sauvegarder sa famille. Son ouïe déficiente n'ayant pas entendu les gémissements affamés en arrière de lui, le sens auditif de l'homme difforme était déjà saturé par le chœur macabre de complaintes des fils de la Faucheuse, Robert sursauta en voyant le zombie chuter à ses côtés. Voyant la coupure net qui avait tranché le crâne et le fil de la marionnette de la non-vie du virus, Robert soupira de soulagement. Jugeant qu'il avait le temps de regarder par-dessus son épaule démesurée, le monstre de Frankenstein fit enfin le duo de ses sauveurs. Gabriel l'archange de la bonté et Abigail l'ange de la miséricorde. Deux êtres divin qui avaient décidé de mettre leur vie en jeu pour sauvegarder celle de la lie de l'humanité.

Un moment d'accalmie, une suspension dans l'horreur de la scène en quelques sortes, permis à Bobby de jauger ses alliés salvateurs. L'ancien professeur semblait sur les dents, un bandage de fortune enserrait un biceps ce qui fit monter un début d'inquiétude  dans le cœur en charpie de l'homme. Mais ce qui fit hurler l'âme du protecteur, le plongeant dans un maelström de sentiments. Un ouragan de peur, de souffrance, de sollicitude et de colère venait d'assaillir la paisible créature. L'ange à la chevelure doré, celle qui lui avait donné son amitié sans jamais ne rien demander en retour, était pâle comme la mort. De la sueur coulait dans ses yeux si semblable à ceux du mineur. Le monstre de foire et l'être céleste. Habituellement de la bonté, de la sincérité et de la gentillesse découlaient de leurs regards océaniques si pures. Mais à cet instant, les yeux de l'Irlandaise n'était que deux mers agitées par la frayeur et la souffrance. La voyant sur le point de tomber, remarquant sa démarche peut assurer, le colosse fit une enjambée démesurée. Rejetant loin sa gêne habituelle, sa peur de corrompre l'aura majestueuse de son ange, les jambes du géant au cœur d'or sillonner de plaies à peine guéris se fléchirent. Sans aucune hésitation il fit basculer la belle dans ses bras immenses de bête pour la soulever de terre. La mort, le sacrifice qu'il devait donner pour laisser sa famille adoptive un autre jour de survie allait attendre un peu. Robert ne voulait que ramener les êtres merveilleux, qui étaient revenu pour lui, en sécurité. Comprenant les mots vibrant de douleur de la jeune femme, le ton rauque et inquiet du colosse lui dit dans un murmure.

Robert- Oui je te ramène à la maison mon ange…

Devant l'urgence de la situation, le géant simplet avait laissé tomber le surnom qu'il avait afflué en secret  l'irlandaise. Regardant Gabriel, une sorte d'apaisement et de confiance descendit sur les épaules massives du mineur. Le protecteur venait d'apparaître de nouveau, cet être dédié à la survie de ceux qui le méritaient au détriment de sa propre vie.

Robert- Suis-moi Gaby… Euh… J'ouvre le chemin et pas un méchant ne va vous toucher toi et Abi…

Transportant son précieux fardeau sur sa poitrine, laissant le doux battement de son cœur noble et loyal apaiser la jeune femme effrayée, les pas du géant commença à se transformer en enjambés longues et déterminer. Voyant le chemin, devinant à vrai dire le trajet qu'il avait maints de fois emprunter, Robert dégagea à l'occasion le chemin de puissants coups de pieds dans la masse compact de morts-vivants pour les projeter au loin. L'étau qui venait de se resserrer sur le trio fut démantibuler en  éclats par la force brute du géant et de la détermination de l'enseignant qui surveillait son dos. Voyant une créature pathétique se diriger vers la forme étendue de Flann le Goliath regarda son amie qui reposait dans ses yeux. Elle dit quelques mots, que Robert interprétait sans peine. On ne laissait personne derrière et surtout pas comme amuse-gueule à des cannibales revenus à la vie. D'un puissant coup de pied qui fit tomber sur le dos le zombie à plusieurs pas de là. Regardant Gabriel dans les yeux, le géant eut une supplice dans sa demande rauque.

Robert- On peut pas laisser Flann là… Euh… On doit la ramener dedans. Ouvre la porte je vais m’en occuper ok…

Suivant le professeur, le géant entra en vitesse dans le refuge par la porte de garage, évitant les goules qui essayaient de monter les marches du balcon. et déposa le corps gracile de la blonde sur le fauteuil qui servait de lit au monstre de foire. Le geste, bien que précipiter, était empreint d'une douceur et d'une tendresse. Sortant de nouveau dans la pénombre, Robert saisit le corps de la rousse et l'emmena à l'intérieur. La déposant sur le divan, sentant la rigidité gagner le corps de celle qui avait été si gentille avec lui, les larmes inondèrent l’horrible faciès de la bête. Il n'avait pas été là pour la protéger, pour éviter ce projectile de la tuer. D'encaisser ce tir mortel et de laisser la chance à l'enfant de naître, de grandir. Sans un mot, il agrippa son manteau de motard et l'enfila ainsi que ses gants. Ne voyant pas sa hache, il se dirigea vers Abigail. Il se pencha près d'elle et il saisit sa ceinture à outils. Souriant tendrement, une lueur de compassion passa dans son regard bleuté.

Robert- Euh… Pas besoin de te faire mal pour faire un tour dans mes bras tu sais…

Rougissant un peu il continua sur un ton moins joyeux.

Robert- Selene et Harold sont pas là et les méchants qui mordent sont partout… Euh… Je vais les attirer à la crevasse… Euh… Je vais revenir je te le promets ok? Je ne veux plus être loin de toi tu sais Abi.

Se releva gauchement, il réprima son envie d'embrasser sur le font l'ange ronger par la douleur. Le monstre de foire ne voulait pas entacher l'aura divin de l'être angélique avec ses lèvres exsangues et dégoûtantes. Il enserra tendrement l'épaule de son amie. Bobby passa près de Gabriel et lui dit dans l'oreille.

Robert- Quand je vais sortir, laisse entrer ma sœur et mon grand frère ok? Ensuite vous vous barricadez et plus un bruit… Euh… Je connais le coin les yeux fermés et je vais m’occuper des méchants.

Sortant dans la nuit d'encre, le colosse saisit son marteau et son pied de biche de sa ceinture. S'essuyant ses larmes avec la manche de son manteau renforcé, il sauta par-dessus la rambarde du balcon. Esquivant le groupe de zombies, Robert se diriga vers l'orée du bois avec un pas calme et assuré, Robert se mit à frapper ses armes de fortunes l'une contre l'autre. Un bruit métallique résonna alors et qui semblait satisfaire l'attention des macchabées revenus à la vie. Voyant les formes traînantes et gauches se diriger vers lui, le mineur difforme se mit à crier.

Robert- SELENE! BABY! JE VAIS EMMENER LES MÉCHANTS EN BALADE ET QUAND ON SERA PLUS LÀ CACHEZ-VOUS! JE REVIENS PLUS TARD QUAND CE SERA FINI.

Tel un joueur de flûte d'un ancien conte, le mastodonte entraîna à sa suite les aberrations putrides. Des fois il devait arrêter son tintamarre pour trucider une ombre chancelante qui voulait le saisir…



Perdre les gens qu'on aime vous affecte en profondeur. La douleur est ensevelie dans votre corps, votre âme et votre cœur. Et en résulte alors un énorme gouffre de souffrance et de douleur. Ce gouffre peut transformer un être de lumière en ténèbres...
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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: Le Prix du Sang   Mar 21 Juin 2016 - 18:29

D’un signe, la musicienne comprit et s’élança la première à l’ombre des ombres. La nuit était presque totale désormais, Bobby attirait l’attention, les cadavres brouillaient les pistes. Les sons se mélangeaient : bruissements de feuilles, bribes de voix, coups de feu… Selene savait que ses comparses, comme leurs ennemis, ne devaient pas être loin, mais impossible de les localiser. Un grognement surgit alors du chaos sonore, un putréfié qui se jetait sur elle. En pivotant, elle l’esquiva et le laissa continuer sa course contre un tronc d’arbre. Avant même que le rôdeur n’ait le temps de se retourner, la pianiste agrippa ses cheveux sales et fracassa son front contre l’écorce. Une fois, deux fois, trois fois. De toutes ses forces, jusqu’à ce que la carcasse en décomposition s’effondre mollement.

Haletante, elle regarda autour d’elle : plus de traces de Baby, ils avaient été séparés. De là où elle était, elle voyait les ombres mouvantes qui frappaient à la porte du chalet. Heureusement, la plupart de leurs compatriotes défunts avaient été retenus, empalés dans les barrières de pieux qui rendaient les accès à la bâtisse trop exigus pour une armée de pantins. Ça ne suffirait pas sur le long terme, mais ça évitait pour l’instant que les chimères fassent tomber leur maison à coups de poings.

Selene poursuivit son avancée, d’arbre en arbre, ses yeux dilatés par la rage s’étant adaptés à l’obscurité. Les coups de feu s’étaient raréfiés, mais elle doutait encore que les types se soient repliés. Leur plan ne s’était certainement pas déroulé aussi bien que prévu, parce qu’ils s’étaient défendus, que les charognes s’étaient manifestées bien vite. Son cœur battait fort, toutes ses griffes étaient sorties. Louve qui truciderait chacun des intrus ayant osé s’attaquer à sa meute.

Des rumeurs de rôdeurs se détachait un son, un glissement, comme un corps qui rampait difficilement. L’étudiante en cherchant la provenance et finit par apercevoir l’homme qui se tirait à bout de bras. Le visage ensanglanté, mordu à la jambe, c’était celui qu’Abigail avait laissé pour mort. La pianiste s’approcha à pas lent, savourant cet instant, grisé par la supériorité. Quand elle fut à sa hauteur, sa proie s’immobilisa. Il ne pensa même pas à se retourner, ni à parler. Il attendit. Selene serra les dents et appuya sur la gâchette. Une balle en plein dans l’arrière du crâne.

La détonation avait attiré deux charognes qu’elle battit en trois coups. Elle allait se remettre à fureter quand une grande silhouette jaillit d’un buisson et se rua sur elle. Un homme, bien plus lourd et bien plus fort. Il lui avait coupé le souffle en la plaquant au sol, puis lui avait décoché une droite qui fendit sa lèvre inférieur et lui fit voir trente-six étoiles. Ses larges mains se serrèrent alors autour de son cou gracile, violemment, douloureusement. La jeune femme fut immédiatement privée d’air. Dans la pénombre, elle distinguait à peine le visage de son assaillant, elle devinait simplement son sourire dément et triomphale.

La musicienne se débattait comme une diablesse pourtant, mais elle était impuissante. Son glock fut repoussée plus loin, son corps était entravée, sa vue se tachait déjà de points noires. Puis le répit. Cinq charognes s’étaient approchées, avides de chair. Avec un ricanement goguenard, le pillard se releva, laissant sa victime reprendre son inspiration, la gorge en feu. Il n’élimina que deux mordeurs, rien que pour pouvoir se dégager, et poussa les autres pour qu’ils ne s’intéressent qu’à l’étudiante.

Celle-ci était encore fébrile, la vue brouillée, la respiration sifflante. Elle voyait les silhouettes s’approcher, se pencher même. C’était trop tard, elle allait mourir comme ça. En désespoir de cause, Selene rampait à reculons, maladroite, désarmée. Elle crut sentir une main s’agripper à sa chaussure, elle se dégagea péniblement. Il lui restait le SIG-sauer, plein. Il y avait peu de chance qu’elle descende les trois macchabés qui l’attaquaient mais…

Un vacarme s’éleva et une voix tonitruante. C’était Bobby. Le géant qui frappait dans ses outils pour attirer à lui le maximum de défunts, et ça marchait. Tous, même ceux qui étaient sur le point d’attraper la musicienne tournèrent la tête, puis changèrent de cible en râlant. Elle voulut dire quelque chose, crier à son ami de ne pas faire ça, mais sa voix était morte. Retrouvant ses esprits, elle se releva, chancela brièvement, et revint en courant vers le chalet. Sans ménagement, elle creva à coup de couteau les crânes des rôdeurs obstinés qui étaient toujours aux portes de leur refuge, puis frappa à son tour en forçant sur sa voix cassée :

- Ouvrez ! C’est moi, ouvrez !

Quand la porte s’écarta enfin, ce fut pour découvrir une Selene aux cheveux en bataille, blafarde, le menton inondé de sang. Sans attendre, elle courut à l’étage, s’introduisit dans l’armurerie pour attraper une lampe torche, un nouveau chargeur et le Remington 1911 R1 qui appartenait à Flann. Elle redescendit alors les marches quatre à quatre et déclara à ceux qui étaient là, sans prendre le temps de fixer les visages. Ses yeux bleus étaient fous, absents, aucun n’arriverait à la retenir.

- Harold est toujours dehors, Bobby est en train de se sacrifier, et je ne sais pas combien de ces types sont encore vivants, elle coinça le deuxième revolver dans sa ceinture et débloqua la sécurité du SIG-sauer, j’y vais, et je les ramène tous les deux.

Et elle tuerait les autres. Cette fois, pas d’erreur au programme. Selene n'attendait pas de réponse, ni d'approbation. En un clin d’œil, elle était déjà en train de disparaître dans la nuit noire.


Go back and forward, but all is melting like the snow ♪ Taking all from us, all we thought was left to know ♪ On what we treasure falls a dusty snow ♪ taking us backwards, but where we will never know.
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Gabriel Fowler
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MessageSujet: Re: Le Prix du Sang   Mer 22 Juin 2016 - 14:10

Abi avait l'air de ne plus savoir où elle en était. Malgré tout, en repérant la blessure qui commençait à rougir sa manche, elle sacrifia son vêtement pour lui fabriquer un pansement de fortune. Ce n'était pas tellement le moment mais il se laissa néanmoins faire. D'autant que la raison qu'elle invoqua n'était pas tout à fait fausse. Il n'avait pas spécialement envie de se retrouver à l'état de cadavre ambulant.
« Merci » fit t-il simplement lorsqu'elle eut terminé.

C'était toujours le chaos tout autours d'eux. Et après un bref échange de regard, ils se relevèrent pour aller porter secours à leurs amis. Et du secours, Bobby en avait plus que besoin. Avec sa fâcheuse manie de vouloir toujours se sacrifier pour le plus grand nombre, c'était lui, à présent, qui avait besoin d'aide ! Non mais vraiment ! Abi boitait, mais ça ne l’empêcha pas de foncer vers le géant pour le débarrasser d'un putréfié qui l'aurait mordu sans son intervention. Tout proche d'elle, il en repoussa un du pied alors qu'il faisait claquer ses mâchoires décharnées. La créature tomba à la renverse et se retrouva à moitié empalée sur une branche basse.
À la réflexion d'Abi, il ne put retenir une réponse acerbe :
« Nan tu crois ? »

Lorsqu'elle proposa de quitter la place, il opina vivement du chef avant de réceptionner avec prudence un putréfié par le cou et de lui planter sa lame directement dans son orbite. En se retournant vers la jeune femme, il la vit vaciller. C'était pas le moment de flancher ! Par chance, Bobby l'avait vu également et l'accueillit dans ses bras démesurés. Le problème c'est qu'il ne pourrait pas la porter et se débarrasser des monstres en même temps. Mais le géant lui assura qu'il ouvrirait la voie. Pas vraiment rassuré, il lui répondit tout de même :
« Ok, je te suis. »

Il comprit alors ce que 'ouvrir la voie' signifiait pour Bobby. Il fit de telles enjambées que Gabriel dut courir pour ne pas se faire distancer. Les quelques putréfiés qui se rapprochaient d'eux par les côtés ne risquaient pas de les rattraper à cette vitesse là... Quant à ceux qui se trouvaient sur le chemin du colosse ? Il se retrouvaient éparpillés, certaines complètement disloqués, par les simples mais puissants coups de pieds qu'envoyait Bobby.
Ils arrivèrent alors non loin de leur destination. Mais le regard de Gabriel se posa sur une silhouette étendue, inanimée, sur le sol. Il avait vu juste... Flann avait bel et bien été tuée. Mais entre se le dire et le constater... Un creux se forma dans son estomac, comme un oursin vicieux qui se serait entêté à le déchiqueter de l'intérieur. Il ne vit même pas Bobby envoyer valser un mort vivant, il ne voyait que le visage morne et certainement déjà froid de la jeune femme.

Mais le géant le sortit rapidement de sa contemplation. Obéissant à sa supplique, il passa en tête et se chargea de lui ouvrir la porte. S’engouffrant à l’abri avec lui, il le regarda retourner dehors chercher le corps de Flann. Abigail était plus blanche qu'un cachet d'aspirine et il ne devait certainement pas en mener large non plus. Se rapprochant de la porte, il vit Bobby qui revenait déjà avec, entre ses gros bras, le corps sans vie de cette femme qu'il commençait à peine à connaître.
Une nouvelle fois, il se retrouva incapable de détacher son regard de Flann. Une image s'imposa alors à son esprit. Une image de cauchemar qu'il avait souhaité ne plus jamais revoir. Il vit sa sœur. Les yeux clos, inexpressive, sa peau devenue froide et pâle. Puis il se vit prendre son arme, pointer le canon contre son front, puis appuyer sur la détente. Ce coup de feu résonna à son oreille comme s'il venait de tirer, à moins que ce ne soit un de ceux qui continuaient de pleuvoir là dehors ?

Figé, debout au beau milieu de la pièce, en cet instant il avait plus l'allure d'un de ces putréfiés que d'un être humain bien vivant. Ce ne fut qu'en entendant Bobby prononcer le nom de Selene qu'il reprit conscience de ce qui l'entourait. Secouant doucement la tête, il détacha enfin son regard du corps sans vie de Flann. Puis lorsque Bobby lui annonça qu'il avait encore l'intention de se sacrifier pour les autres, il voulu le retenir. Mais Selene était dehors... Alors plutôt que d'essayer d'argumenter avec lui, ce qui n'aurait certainement servi à rien de toute façon, il fit oui de la tête et lui répondit simplement :
« Pas de folie. On te veux de retour en vie et en pleine forme c'est compris ? »

Il referma vivement la porte derrière lui, se plaquant dos au mur, incapable de réfléchir posément à tout ça.  Il entendit Bobby beugler, faisant un maximum de boucan. Si avec ça les charognes n'étaient pas attirées ! Puis, peu de temps après, il entendit la voix de Selene. Il lui ouvrir à la volée et elle se précipita directement à l'étage. Elle était dans un sale était... mais au moins, elle était en vie.
Lorsqu'elle redescendit, c'était avec une expression déterminée sur le visage, avec une pointe de colère en prime. Elle avait l'intention d'y retourner, et pas même une horde de putréfiés en furie n'aurait été capable de l'en dissuader. Alors qu'elle se volatilisait dans la pénombre, Gabriel agit sans même réfléchir. Sans un regard en arrière, il se lança dans son sillage, refermant la porte derrière lui. Elle avançait vite et avec beaucoup de discrétion mais il la rattrapa tout de même.  
Il lui tapota doucement l'épaule pour lui signifier qu'il était là et il cru mourir de trouille lorsqu'il se retrouva avec un canon pointé entre ses deux yeux.
« C'est moi ! » Précisa t-il aussitôt. « Tu ne croyais tout de même pas que j'allais te laisser y retourner seule non ? »
La plupart des putréfiés avaient déserté la zone, entraînés par Bobby et un étrange calme s'était installé.
« Dis moi simplement ce que tu veux que je fasse. »
Si elle lui disait 'retourne te planquer', il lui tirerais une grimace avant de continuer de la suivre. Il était hors de question qu'il soit planqué comme un gamin pendant qu'elle risquait sa vie.
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Harold Switak
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MessageSujet: Re: Le Prix du Sang   Sam 25 Juin 2016 - 22:41

Ce n’est pas la voix de Selene qui répondit à la question de Gabriel mais le beuglement de Baby qui surgit de la pénombre étouffante pour laisser tomber quelque chose brutalement à leurs pieds. Tel le Père Noel déchargeant sa hotte, il venait de faire tomber l’un des assaillants qui, encore en vie mais toujours sonné, avait heurté le sol sans la moindre douceur. Baby quant à lui, ne ressemblait plus à rien. Il avait fracassé la tête et le bide de plusieurs infectés, s’offrant une nouvelle douche d’hémoglobine, de pus et de cervelle putréfie. Dire qu’il avait à peine nettoyé cette tenue. Il était décidément bien difficile de rester propre et soigné en Apocalypse Zombie.

Passant la main sur son visage pour le nettoyer à la va-vite, il leur chuchota, comme pour être sur de ne pas davantage éveiller l’attention :

« Regardez ce que j’ai trouvé… L’est encore en vie… J’pense qu’on pourrait en apprendre plus sur ses types… Il a pas l’air bien fragile et j’suis sûr que Bobby saurait lui faire cracher toutes les informations nécessaires sur son groupe… »

La main appuyée contre le tronc de l’arbre le plus proche, Baby, pourtant athlète accompli, avait du mal à reprendre son souffle et évacuer l’adrénaline engrangé durant l’attaque. A la différence de Fiann, il était encore en vie. Gabriel, Selene étaient encore en vie. D’après ce qu’il avait pu en voir, la plupart de leurs assaillants devaient être morts, captifs ou en fuite. De toute évidence, on ne s’en prend pas aux Messies indéfiniment…

Sans laisser aux autres le temps de répondre, un grognement caractéristique se fit entendre derrière lui. Nul besoin pour Baby de se retourner pour en comprendre la provenance. Le fusil en bandoulière, la fourche ensanglantée plantée dans le sol, il beugla aux deux autres :

« Vous vous en chargez ou je m’en occupe ? »

Puis, sans à nouveau attendre une action ou une réponse de leur part, il tira vigoureusement sur la poignée de la fourche pour la reprendre en main - arrachant au passage une grosse motte de terre - pour se retourner et faire face à une très jeune femme, une infectée morbide d’à peine treize ou quatorze ans. Il y a encore quelques semaines, Baby aurait été rebuté, peiné, attristé d’assister à pareil spectacle. Désormais, il l’avait bien compris, c’était lui ou eux… et son bras ne trembla pas quand il chargea la pauvre créature, les dents de la fourche déchiquetant son cou pour la planter sur un arbre.

Devant son visage juvénile inexpressif, Baby ne se retint pas davantage alors qu’il sectionna brutalement le cou de l’infectée pour la décapiter, sa tête roulant sur le sol, tentant encore de mordre celui ou celle qui tomberait à ses côtés.

Les yeux remplis par la fatigue et la haine, il dégagea sa fourche de l’arbre pour finalement la planter dans la tête qui rendit un dernier soupir.

Reprenant encore péniblement sa respiration, Baby finit par lâcher :

« Tain… C’est qu’ils sont durs à crever ces p’tits salopards… »
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Abigail Breckenridge
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MessageSujet: Re: Le Prix du Sang   Mar 28 Juin 2016 - 11:18

Le silence. Elle se sentait étouffer, écrasée par la pénombre et ce calme lourd, inquiétant. Breann avait emporté l'enfant, choqué, dans une autre pièce. Abigail était restée seule avec Aori et le corps de Flann. Tous les autres étaient repartis dehors ou s'y trouvaient encore. Elle se sentait coupable de ne pas être avec eux. Mais sa cheville la faisait encore souffrir et elle ne pouvait se permettre de leur rajouter un poids. Elle ne serait d'aucune aide à l'extérieur. Elle reprenait son souffle, encore sous le choc de l'attaque. Elle sentait couler dans sa nuque et dans son dos les gouttes de sueur froide. Elle frissonna et elle un sanglot attira son attention.

Dans un coin de la pièce, Aori continuait de pleurer Flann et le bébé. Avec difficulté l'Irlandaise se releva du fauteuil dans lequel Bobby l'avait déposée et boita jusqu'au couple. Lentement, elle s'agenouilla près du corps de la jeune femme et elle posa sa main sur celle d'Aori. Elle était là. Elle n'était pas seule pour affronter ce qu'elles devaient faire. Abi savait à quel point c'était difficile. De son autre main, elle caressa doucement les cheveux humide de Flann et son regard glissa jusqu'au ventre arrondi. Sa gorge se serra, son ventre se noua et son cœur battit plus fort. La tristesse l'emportait sur tout. Elle se sentait si désemparée face à ce meurtre. C'était comme si tout s'effondrait. Leurs vies ne seraient définitivement plus les mêmes à présent.

Abigail jeta un regard à Aori et celle-ci lui répondit par un hochement de tête. Elle savait que c'était inévitable. Qu'elles ne pouvaient pas laisser revenir Flann comme ça. Qu'il fallait la laisser reposer en paix, avec son enfant. Alors Aori se leva, chancelante et se dirigea vers l'armurerie. Pendant ce temps, Abi récupéra le grand plaid qui recouvrait le fauteuil et non sans difficultés, elle enroula du mieux qu'elle pouvait le petit corps frêle de la défunte, laissant seulement son visage découvert. Elle en profita pour humidifier un torchon afin de nettoyer les tâches de sang sur son front et ses joues. C'était inutile, puisque dans quelques instants, elle serait à nouveau en sang. Mais elle pensait que ce serait mieux pour Aori d'avoir l'impression que Flann était paisiblement endormie. Parfois l'illusion était ce qui les sauvait de la folie.

Aori revint avec une arme à feu et Abi ne perdit pas de temps. Elle attendit seulement qu'Aori se place à son tour près du corps et elle colla le canon contre la tempe de la jeune femme. « Tu veux le faire ? » demanda-t-elle doucement, levant la tête vers la vétérinaire qui secoua la tête en signe de désapprobation. Abi comprenait. C'était plus simple de laisser faire et de détester la personne qui l'avait fait à votre place... Elle était prête à se faire détester, haïr s'il le fallait. Mais elle ne pouvait définitivement pas laisser Flann revenir. Pas elle. Pas un membre de sa famille. Alors elle appuya sur la gâchette et le coup de feu retentit dans toute la maison. Aori poussa un léger cri et fondit en larmes. Du sang avait éclaboussé le visage déjà ensanglanté d'Abigail. Elle posa l'arme et recouvrit le visage de Flann. Le sang de ses blessures avaient tâché le sol et Abi serra les dents. Quelque chose naissait en elle. Elle le savait. Une rage, une frénésie qu'elle ne savait pas encore si elle pourrait la contrôler. Au fond de ses entrailles se propageait la férocité, comme une maladie incurable.

Avec prudence et pudeur, elle posa sa main dans la nuque d'Aori et l'attira vers elle. Elle posa alors un baiser sur le front salé de la jeune femme en peine. Elle voulait lui montrer qu'elle serait toujours là. Qu'elle pouvait compter sur elle. Qu'elle la protégerait de tout et n'importe qui. Et elle scellait sa promesse dans un baiser. Ce n'est qu'en s'éloignant de la tête d'Aori qu'elle se rendit compte que celle-ci était blessée. « Il faut te soigner, viens. » Mais Aori refusait de quitter Flann. Elle pleurait, sanglotait et secouait frénétiquement la tête. Noyée par ses larmes, elle ne pouvait prononcer un seul mot. Alors Abi se leva, alla chercher en grimaçant la trousse de secours et revint. Elle jeta un coup à sa cheville gonflée. Elle priait pour que ce ne soit qu'une foulure et que d'ici une heure ou deux grand maximum ça irait mieux. En attentant, elle s'installer par terre, auprès d'Aori et de Flann et tenta du mieux qu'elle pouvait de procurer les premiers soins à la blessée.
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Bobby Smith
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MessageSujet: Re: Le Prix du Sang   Mer 29 Juin 2016 - 8:33

Le colosse difforme ressemblait à cet instant à un chef de fanfare qui donnait le rythme à grand renfort de coup de marteau sur la tête de la hache d'incendie. Il était à la tête d'un cortège macabre qui accompagnait de leur voix grinçante la lente progression vers leur destin funeste. Un chœur de gémissements et de grognements laissant entrevoir la véritable nature des abominations sans âmes et de leur bestialité latente. La lune, camouflé presque totalement par des nuages menaçants, éclairait difficilement le sentier tortueux que les pas pensant et gauche du géant tout de cuir vêtu empruntait. Les branches des arbres semblaient, pour l'intellect limité du mineur, à des monstres des contes de fée qui essayaient de l'agripper avec leurs doigts griffus. Mais dans cette vallée de la mort, Robert n'éprouvait aucune peur. Dans son subconscient, le mastodonte savait que la folie qu'il entreprenait était la seule solution envisageable. Il devait emmener les parodies de non-vie loin du refuge, de sa famille. Il savait qu'il allait mourir un jour ou l'autre, c'était la dette que tous devaient rembourser dès que la vie prenait possession de leur corps de chair. Mais si par son sacrifice il pouvait laisser ceux qui le méritaient de vivre un jour de plus, Robert payerait sa dette à la Faucheuse avec le sourire. C'était le destin de tous monstres de mourir pour permettre à des êtres divins de dispenser leurs lumières bienfaitrices de par le monde. Bobby ne servait réellement à rien. Breann ne l'aimait pas, les autres toléraient ses stupidités. Il aurait dû mourir à la place de Flann, cette femme courageuse qui allait apporter un nouvel espoir en donnant la vie.

Le cœur transformé en charpie par les griffes de la déception, le puissant amour pour quelques âmes le faisaient battre encore. Un battement pour Abigail et sa pureté d'ange de la compassion. Un battement pour Selene, l'ange d'ivoire qui l'aimait comme un frère sans aucun égard pour son enveloppe charnelle repoussante. Un battement pour Breann, celle qui lui avait offert ce premier baiser et des promesses inassouvis. Un chant triste comme les pierres, annonciateur de la fin prématuré de cette âme si pur qui n'avait jamais connu l'amour véritable, s'échappa des lèvres exsangues de l'homme maintes fois brisé. Le rythme des armes improvisées qui s'entrechoquaient était maintenant lent, en diapason avec les battements de son cœur. Les goules tendaient leurs bras décharner pour frôler le col de la veste du géant, Robert ne fit qu'un pas plus gigantisme. Gravissant la petite colline pour rejoindre le ravin et le tronc d'arbre de fortune qui le jonchait, le colosse laissa couler quelques larmes. Il voulait tant revoir Abigail, Selene et Breann pour une dernière fois. S'excuser à l'Irlandaise de ne pas avoir tenu sa promesse d'être toujours à ses côtés. De protéger la pianiste de son corps défendant. D'inonder d'amour la journaliste. C'était un hymne à ses anges présents et passés, une promesse que son âme débordante de bonté et de bienveillance sera toujours aux côtés des êtres divins qui avaient partagé la misérable existence de la bête de foire. Quelques pas et le mineur pourrait franchir le pont salutaire pour laisser les engeances démoniaques dans les profondeurs de la terre.

Le regard océanique se figea alors d'incompréhension. Le tronc qui enjambait la crevasse qui s'ouvrait dans la terre rocailleuse n'était plus là. Disparu. Un regard paniqué dans les profondeurs appris au géant que sa planche de salut gisait au tréfonds du trou. Se tournant vers le regroupement d'ombres vacillantes qui commençaient à gravir maladroitement l'inclinaison de la pente, Robert serra les dents. Il devait faire face aux mandibules gorgées de virus cannibalismes. Chaque créature sans âmes qu'il trancherait le fil de la non-vie avec sa hache sera une menace de moins contre sa famille d'adoption. Laissant une fureur froide s'emparer de toute sa masse musculaire impressionnante, l'adrénaline courait à flot dans les veines du colosse balafré. Les feux de la rage illuminaient les yeux bleuté habituellement si doux de la bête. Serrant le manche de sa hache à s'en faire blanchir les jointures, Robert hurla son défi à la face du diable et de Dieu. Pour se donner du cœur au ventre, le berseker des temps modernes entrepris de réciter des versets de la bible qui étaient gravés dans sa mémoire. La voix rauques et tonitruante, semblable à un coup de tonnerre dans un ciel d'été, s'abattît sur les fils de la mort grimaçante.

Robert- Quand je marcherais dans la vallée de l’ombre de la mort, je ne crains aucun mal. Mon amour pour ma famille me fera tenir contre vent et marée, même contre la mort elle-même… Euh… Je ne crains pas les myriades des âmes impures qui m’assiègent de toutes parts.

Les premiers assaillants putrides vinrent alors tâter de la hache du monstre furibond qui ressemblait à cet instant à un titan qui balayait des simple mortels du sommet de sa montagne. Les cinq minutes qui suivirent furent d'une violence inouï, membres et têtes furent projeter autour du colosse comme des offrandes sanglantes pour sa gloire combative. Continuant d' hurlé les versets de la sainte bible, rajoutant les noms de sa famille pour ne pas faiblir, le golem de chair était maintenant un phare aveuglant pour les goules des environ qui se pressaient vers cette source de bruit. Quelquefois des charognards réussirent à passer les arcs d'aciers de la machine combative et essayèrent de planter leurs mandibules pourrîtes dans les chairs de l'homme difforme. Mais les vêtements renforcés de kevlar encaissèrent les assauts des âmes en peines et épargnèrent la transformation au géant balafré. Rugissant de dégoût et de fureur, le minotaure percuta alors les goules du poing ou du pied pour les faire chuter dans la crevasse pour les faire disparaître de la face du monde. Une danse macabre qui décida de la survie ou bien de la fatalité de Robert s'exécuta, les attaques tourbillonnaient sans cesses des deux côté. Un coup de feu se fit entendre et un zombie à moitié dévoré par ses semblables fut touché dans le dos. Bobby crut que c'était un allié, mais le projectile fatale lui était destiné.

Le dernier tireur, celui-là même qui avait démoli le pont de fortune pour priver la voie de la retraite aux membres du groupe assiéger, venait d'entrer dans la danse. Le chasseur sans foi ni loi avait suivi la procession funèbre, bien décidé à ajouter le géant répugnant à son tableau de chasse morbide. Réajustant sa mire vers le combat inégal qui venait de réapparaître dans la luminosité lunaire, l'agresseur des Messiah sourit sadiquement. Il voyait que le géant allait remporter contre toute attente son dernier carré contre la vigueur surnaturelle des morts-vivants. Il ne restait que deux ou trois créatures d'outre-tombe qui s'avançaient les bras tendus vers le mineur qui présentait des signes de fatigue de plus en plus prononcés. Robert ressemblait à un boucher dément avec tous les fluides corrompus dispenser sur ses habits de cuirs. Sa hache était restée ficher dans le crâne d'un obèse morbide ressusciter et il maniait un marteau et un pied de biche pour affronter les dernières poches de résistances cadavériques…

L'index commençait à presser la gâchette, sinistre avertissement qui allait mettre fin à la seconde victime du tueur.




Perdre les gens qu'on aime vous affecte en profondeur. La douleur est ensevelie dans votre corps, votre âme et votre cœur. Et en résulte alors un énorme gouffre de souffrance et de douleur. Ce gouffre peut transformer un être de lumière en ténèbres...
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MessageSujet: Re: Le Prix du Sang   Mer 29 Juin 2016 - 17:41

En quelques pas, elle avait retrouvé l’endroit où elle avait failli être dévorée. Son glock 17 égaré dans l’herbe refléta la lumière de sa torche. En toute hâte, elle le ramassa et reprenait sa route en le coinçant également dans sa ceinture quand Gabriel l'interpella. Selene le dévisagea quelques secondes, comme s’il appartenait à une autre réalité que la sienne. Que devait-il faire ? Très bonne question… elle ne connaissait que son propre objectif, motivée par la rancœur. Ses paupières papillonnèrent étrangement alors qu’elle essayait de reconnecter sa raison, mais ses lèvres s’ouvrirent sans qu’aucun son n’en sorte.

Pour toute réponse au professeur : le beuglement de Baby qui déposa lourdement un paquet à leurs pieds. Humain. Ennemi. La musicienne contemplait la prise de son aîné d’un air glacial pendant que celui-ci exposait ses intentions. Lui faire cracher des intentions… oui. C’était une bonne idée. Peut-être n’était-ce qu’un coup de semonce, peut-être que d’autres viendraient, peut-être qu’ils avaient un camp… mais Bobby n’était pas le mieux qualifié pour ça. Non il était trop tendre : la dernière fois que la jeune femme lui avait confié un otage, il s’était laissé amadouer et avait failli perdre un œil. Sa langue effleura la blessure de sa lèvre, le goût ferreux du sang l’électrisa.

- Le faire parler…, murmura la pianiste pour elle-même.

Ses yeux bleus croisèrent ceux de Gabriel alors qu’un rôdeur qui avait boudé la fanfare du géant se manifesta en grognant. Le temps que Baby ne s’occupe de l’adolescente putréfiée, la musicienne soutenait le regard de son ami. Elle se doutait qu’il n’approuverait pas, lui qui était un pacifiste dans l’âme, mais ça devait être fait… pour le bien de tous.

- Occupe toi en, décida-t-elle après que l’acteur se fut plaint de la ténacité des rôdeurs, fais-le parler. Bobby… n’y arrivera pas. Moi… je vais terminer tout ça.

Sans un mot de plus, Selene s’engouffra plus en avant dans la forêt. Elle se doutait que Gabriel la suivrait, elle n’avait pas besoin de lui dire. Son faisceau lumineux balayait ce qui l’entourait à la recherche d’indices. Le géant lui avait appris à traquer, à repérer les marques de passages, alors c’était exactement ce qu’elle ferait. Et si en plus la torche la trahissait au milieu des ténèbres… tant mieux, elle gagnerait du temps. Pendant quelques instants, l’étudiante n’entendit plus que sa propre respiration et le vacarmes lointain du colosse en fond sonore. Les battements intenses de son cœur semblaient résonner sur toute sa peau hérissée de chair de poule. Galvanisée par la colère et la démence, elle savait que cette nuit la transformerait. Comme à Costco, le monstre jaillissait des entrailles, impitoyable, incontrôlable ; le fruit de toute l’horreur traversée depuis 8 mois.

Un coup de feu déchira le voile sourd dans ses oreilles et quelque chose lui effleura l’épaule. C’était une balle en fait, qui avait fendu le tissu de son tee-shirt et entaillé sa chair blanche, mais elle ne ressentait presque plus la douleur. Elle poussa Gabriel pour qu’il se mette à couvert et répliqua abondamment dans la direction où elle avait aperçu l’étincelle. La moitié de son chargeur y passa avant qu’elle ne se cache derrière un arbre, haletante, le sang qui s’écoulait de sa lèvre coulant jusque dans son cou. Elle agita brièvement sa lampe torche : une autre balle fit voler de l’écorce. Immédiatement, Selene jaillit comme un diable de sa boîte et fit feu. A l’aveugle, frénétiquement, mais cette fois, un cri bref suivi d'une chute l’informa qu’elle avait touché.

…tu l’as eu…
…ce n’est pas fini…
…tue…
…tue…
…il en reste, tu le sais…
…ta faute…


La musicienne tremblait. Glacée. Trépanée par ces voix qui s’infiltraient dans son subconscient. Son visage se crispa alors qu’elle luttait contre leur omniprésence. Gabriel voulait savoir ce qu’il devait faire, alors voilà :

- Va voir… s’il est mort… je vais retrouver Bobby. Fais-le, s’il te plait, insista-t-elle en croyant voir hésiter son aîné, on ne peut pas les laisser partir…

Lentement, puis plus vite, elle s’éloigna en direction du bruit. Le combat devait faire rage : le géant hurlait des passages de la Bible, entrecoupés de chocs et de bruits métalliques. Sa voix puissante dominait le chœur de râles cadavériques, mais pour combien de temps ? Ses oreilles bourdonnaient, sa vue se floutait légèrement, Selene savait que son énergie tenait au miracle. Sa gorge était en feu, son souffle irrégulier, mais elle courait, ignorant les quelques goules retardataires qu’elle croisa. Seul Bobby importait, lui seul, son héros…

Un coup de feu la stoppa net. Elle n’était plus très loin, elle se savait, mais quelqu’un d’autre était encore plus près. Encore un des pillards… la pianiste se remit à courir, manquant de trébucher sur une racine, mais ses jambes tinrent bon.

Il était là, elle l’avait trouvé, celui qui l’aurait étranglée sans l’intervention des morts. Celui qui avait tué Flann ? Il armait déjà un autre tir, le colosse dans son viseur, cible facile, au bord du gouffre.

- NOOON !!

L’étudiante avait rugit avant de dresser son arme. BLAM. BLAM. clic. clic. clic. Au moins elle avait touché, les deux fois. L’homme avait vacillé, titubé, mais n’était pas à terre. Comme une louve, Selene se jeta sur lui et l’envoya au sol. Il avait beau être plus lourd, ses blessures l’avaient affaibli. Il avait beau être plus fort, elle ne se contrôlait plus. Quelque chose au fond de son âme venait de se briser, oppressé par la terreur, la colère et le chagrin. La jeune femme abandonna son revolver vide pour son couteau de chasse qu’elle planta furieusement dans le visage de son assaillant. Encore. Encore. Encore. Encore. Encore. Encore. Encore. ...

Elle sombrait sans un tourbillon de folie sans fond, encouragée par les voix immatérielles. Chaque coup était ponctué d’une exclamation de rage. Le sang chaud lui gicla à la figure, le monde se voila de rouge, mais elle n’entendait rien ; ne voyait rien ; ne sentait rien.


Go back and forward, but all is melting like the snow ♪ Taking all from us, all we thought was left to know ♪ On what we treasure falls a dusty snow ♪ taking us backwards, but where we will never know.
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