Partagez | .
 

 A matter of life and death

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : 1, 2  Suivant
Auteur
Message
Invité
Invité
WALKING WITH THE DEADS

MessageSujet: A matter of life and death   Jeu 2 Juin 2016 - 2:20


Faye Megan Campbell
29ans • Américaine• Barmaid • Travelers

i've got a war in my mind


Je suis du genre à ne jamais lâcher prise. Que cela soit en sport, en amour, ou en survie, je me bats jusqu'au bout. Je n'accepterai la défaite que si j'ai tout donné.. et que je n'étais simplement pas à la hauteur. Mais vous savez quoi ? En vérité, je ne supporte pas l'échec.. haha. Avoir tort est un échec. Je vous laisse deviner à quel point je peux être une tête de mule.. Quand j'ai quelque chose en tête, je ne l'ai pas ailleurs, et si vous trouvez ça dommage, j'vous mets au défi de venir y remédier.

Il fût un temps, une courte période dans ma vie où j'avais peur. J'ai fais ce que j'avais à faire pour changer ça. Et depuis, je me sens mieux. Je suis sûre de moi, j'ai confiance en moi. Et ça attire les autres. Je suis ce genre de personne qu'on a envie d'aborder, et je le rend bien. Je parle bien et beaucoup. Avec moi, c'est sûr, il n'y a pas de soirée monotone affalés sur un canapé en attendant le match. Je parle, de tout et de rien. De sujets graves ou du quotidien. Et quand j'en viens à exposer une idée, on se tait et on écoute. Déjà car je dis rarement de conneries, et ensuite, on ne me coupe pas la parole. C'est déconseillé.
Je plaisante beaucoup, aussi. Mon humour est une arme redoutable dont je me sers bien volontiers pour séduire. Oh oui, j'aime séduire, j'adore ça.. C'est un jeu pour moi.

Si je n'étais pas très brillante à l'école, je peux dire que j'en ai quand même assez dans le crâne. J'peux me débrouiller seule, me sortir de situations dangereuses.. ou simplement les éviter en réfléchissant un petit peu, et en faisant preuve de prudence. Aussi, je sais comment me comporter avec les gens pour qu'ils agissent comme je le souhaite. En clair, je manipule. C'est pas joli je sais.. mais.. je n'ai jamais dit que c'était toujours pour de mauvaises raisons. Parfois c'est profitable à la personne, souvent ça l'est pour moi. C'est comme ça.. Je pense à moi avant de penser aux autres. C'est une règle d'or, même quand il s'agit de mon propre père. C'est certainement ce qui me permet de rester en vie encore aujourd'hui.

Quand je suis contrariée, c'est un peu le second visage de l'apocalypse. Je râle et ce n'est pas très poétique. D'ailleurs, je suis rarement poétique.. Je dis ce que je pense, et je le sers cash, sans y aller par quatre chemins. Les belles formules, c'est pas pour moi. J'aime pas exprimer mon mécontentement en me parfumant le gosier à l'eau de rose, quoi. J'ai aussi une facilité à trouver les mots vexants, choquants et je n'hésite jamais à m'en servir si besoin. La parole est une arme, un catalyseur, et je l'ai compris depuis longtemps.


and blood on my hands



Pas très grande, je mesure 160 cm, et je pèse dans les 50 kg. Peut être même un peu moins..
Je suis plutôt mignonne, je le sais, et j'en joue. De grands yeux bleus, des cheveux châtains, et un visage rond. Un sourire franc, communicatif, parfois un peu bête.. et c'est encore plus charmant, pas vrai ? J'ai des formes et je sais les mettre en valeur. Enfin, à l'heure actuelle, je m'habille surtout de ce que je trouve. Et de ce qui est pratique.. Vêtements de toile, treillis, ou encore survêtements. Une veste de cuir usée, peut être un peu large, que je garde souvent sur moi, surtout quand je sors avec ma moto. Je veux garder une entière liberté de mouvement. Je suis assez agile, rapide, et endurante.. et ça, ça aide. Par contre, je préfère porter des bottes de randonnées que des chaussures de sports. C'est bien plus solide et plus fiable !

Mon équipement de survie se compose de chose que j'ai eu la chance de ramasser. J'ai un petit poignard, à la lame courte et effilée. C'est cette arme qui me sert à tuer les " Watainz ". Silencieux et efficace. J'utilise mon ancien pistolet de sport, un S&W MP22 de calibre 22lr pour " chasser ". Le plus souvent ça signifie des chats, des rats ou des oiseaux. J'ai ramassé un fusil d'assaut, un HK416, laissé à un barrage militaire abandonné.

Ma moto, c'est une harley. Une road-king. Je l'aime.. alors il vaut mieux ne pas y toucher.
Pour le reste, il s'agit de choses utiles pour survivre.

a storm is coming



Lorsque je suis née, le 31 octobre 1986, mes parents m'ont nommée Faye. Une fée qui naît un soir d'Halloween. Un joli prénom, qui ferait presque rêver. Mes parents n'étaient pas riches, bien loin de là. Nous habitions la ville d'Everett, une ville à 30 miles au nord de Seattle. Comme pour la majorité des gens de cette ville, mon père travaillait à l'usine Boeing. Comme simple opérateur.. n'imaginez pas que je suis la fille d'un ingénieur aéronautique. Avant ma naissance, ma mère travaillait à la réception du bureau de poste. Elle a arrêté de travailler pour m'élever, jusqu'à mes trois ans disait elle. Pour combler au manque de revenus, mon père était obligé de multiplier les heures. Ma mère s'occupait aussi des tâches ménagères du voisinage, quand elle en avait le temps, pour quelques billets.

Toute mon enfance, je l'ai passée à entendre dire que je ne manquais de rien. C'était vrai, dans le sens possessions. Mais ce ne sont pas ces choses là qui pouvaient me parler, me prendre dans leurs bras, ni me faire sourire. Mon père a continué à travailler à un rythme élevé pour garder son salaire. Il pensait faire ce qu'il devait faire. J'étais gamine et je n'avais aucune notion de la valeur de l'argent, mais je savais que c'était ça qui occupait tant mon père et m'empêchait de le voir.

A l'école, je n'étais pas brillante. Mais pas non plus mauvaise. J'avais la moyenne, et je fournissais assez d'efforts pour la conserver. J'ai rapidement assimilé l'école et le travail, et j'ai vite commencé à prendre peur de me retrouver enfermée dans la même prison que mon père. J'avais pour habitude de dire que non, je ne voulais pas gagner beaucoup d'argent, je voulais juste avoir beaucoup de temps. Assez de temps pour profiter des miens, de mes enfants quand j'en aurai. Du temps pour avoir des hobbies, des passions. D'ailleurs, je commençais déjà à en avoir. L'une des rares chose que j'ai demandé en cadeau, c'est un synthétiseur. J'avais huit ans quand je l'ai reçu, et je m'amusais à découvrir les gammes et les mélodies, seules. Ce qui n'était pas très concluant et fortement dissonant. Alors, j'ai eu le droit au solfège. J'y ai découvert que les hobbies pouvaient aussi devenir des prisons.. mais aussi que si on veut quelque chose, on doit lutter pour l'avoir. Je commençais à comprendre un peu plus la situation de mon père, et je lui en voulais de faire passer le matériel avant sa famille. Je lui reprochais souvent ses absences lors de mes représentations, scolaire ou musicales. Lors de mes entraînements sportifs aussi. Oui, peu après le mondial de football en 1994, j'ai demandé à pouvoir pratiquer ce sport. J'y découvrais d'autres facettes de moi-même. La compétition me montait un peu à la tête, et sur un terrain, je devenais une lionne. Je courais partout, je ne lâchais jamais un adversaire et je faisais tout pour marquer moi même les buts, quitte à envoyer la balle voler n'importe comment..

---

Quand je suis entrée au lycée, j'avais toujours ces deux hobbies. Les cacophonies aléatoires de ma chambre se sont transformées en douces mélodies. Rien de transcendant, mais au moins ça sonnait. J'étais aussi souvent sur les terrains, à entraîner ma frappe bien plus que la précision de mes passes, ou de mes tacles. Il y avait de la concurrence dans l'équipe... Je n'étais que la remplaçante. La titulaire était une jeune fille du nom de Meryl. Elle était plus douée, c'est vrai. Peut être moins athlétique, moins rapide, moins mordante, mais au moins elle ne risquait pas de se faire exclure du terrain. Aussi, elle avait l'esprit d'équipe, et pas moi. Pour récupérer la place de numéro neuf, je me suis entraînée autant que je le pouvais. J'ai progressé, jusqu'à même commencer à penser à l'équipe et à ses résultats avant de songer à mes prouesses. Meryl m'est ensuite venue en aide. J'étais méfiante, froide et distante au début, puis nous sommes devenues amies. Et au fil du temps, meilleures amies. C'est vrai, je n'en avais encore jamais eu. Non pas que j'étais du genre à rester dans mon coin. Mais je n'avais jamais accordé autant ma confiance à quelqu'un. Mes entraînement se faisaient toujours en duo avec elle maintenant. Nous étions inséparables, au bout de quelques mois. Comme deux soeurs jumelles. Même sur le terrain, quand le coach a changé son dispositif pour que Meryl et moi soyons ensemble en attaque. On était assez efficaces.. l'équipe gagnait souvent.

Le sport n'était pas l'unique chose qui me liait à Meryl. Elle chantait.. enfin elle aimait essayer de le faire. Ce n'était pas terrible je l'avoue. Mais nous nous amusions tellement. Même en classe, nous étions toujours ensemble. Si bien que nous avions souvent les mêmes notes. Oh bien sûr, pour moi, c'était une nette amélioration.. Les professeurs ont eu quelques soupçons, mais même en nous séparant, les résultats restaient les mêmes. Nos méthodes de triches étaient peut être trop ingénieuses.. hihi.

Le temps passait. Nous grandissions.. J'avais abandonné le synthétiseur pour m'intéresser à un tout autre instrument, la basse ! Oh, j'adorais ça ! Faire trembler les murs en jouant comme une tarée sur les musiques de neo metal, de punk rock californien, bref tout ce qui avait des guitares électriques et qui était populaire dans les années 2000. 2002 pour être plus précise. Nous approchions de nos seize ans, et nous étions de véritables rebelles. J'aimais m'habiller de noir, à l'effigie de groupes de « tarés » comme disait ma mère. Des A pour anarchie, des sacs eastpack remplis de patches incompréhensibles et de petits mots gentils au marqueur. Des bottes énormes, des bas troués sous des jupes noires.. Emo ? Oh non, c'était bien avant ça. Ne vous avisez plus jamais de me dire ça !
Bref, Meryl, notre bande et moi agitions nos coiffures improbables devant les clips de MTV. Sportivement.. nous avons décroché. Pour nous consacrer à d'autres cacophonies, à hurler notre soif de liberté et affirmer nos identités dans des micros, sous des rythmes et des riffs aléatoires. Tout ça dans le garage des parents de.. ce qui nous servait de batteur.
Les relations que j'avais avec mes parents n'allaient pas mieux. Bien au contraire, en ces temps de rébellions. Quand je n'étais pas dehors, je restais enfermée dans ma chambre, avec la musique à fond. A table, je tirais la gueule. J'aurai même pu faire chuter mes notes, mais la simple idée d'avoir un échange de paroles prolongé sur ce sujet avec ma mère me faisait au contraire travailler plus. Il n'y avait plus aucun dialogue entre mes parents et moi. Ces années de haine envers mon père ont germés, et se sont étendues à ma mère. Je la détestais de se servir de moi comme d'un prétexte. Je détestais mon père d'être aussi aveugle et matérialiste. Je connaissais le petit manège de ma mère. Je savais où elle allait quand elle disait qu'elle allait faire le ménage chez « quelqu'un ». J'ai vu ce quelqu'un, plusieurs fois. Quelqu'un, c'était un homme. Et cet homme baisait ma mère. Je le détestais aussi, pourtant je n'étais pas sensée le connaître. Je gardais le secret pour moi.

---

Mon père gravissait les échelons, ma mère multipliait les liaisons, et un jour j'ai eu 17 ans. Lors de mon anniversaire, je suis restée toute la journée chez Meryl. Et quelle surprise quand j'ai revu son grand frère, Michael, parti pour ses études à l'étranger pendant si longtemps. Il avait 24 ans, et il était .. beau à en tomber. Ce n'était pas vraiment une découverte, je l'avais déjà vu.. sauf que j'avais 13 ans la dernière fois. Je n'étais que la gamine aux cheveux courts qui tapait dans un ballon. Là, j'étais cette jeune fille qui avait bien grandi, qui s'habillait comme une espèce de punk gothique à piques.. et dont les cheveux avaient poussé. Bien poussé.. comme d'autres choses.. hum. Je me souviens de ce regard qu'il a posé sur moi en me revoyant. De sa voix grave et de son sourire quand il m'a dit bonjour. J'étais conquise, et il semblait bien intéressé. Oh c'est sûr, il ressemblait bien plus à un courtier en assurance qu'à un batteur musclé et tatoué comme je commençais à en rêver la nuit. Mais bon, de toutes façons, mon batteur n'était pas musclé. Ni tatoué. Ni beau.

Dès que j'en ai eu l'occasion, je me suis éclipsée, abandonnant ma fidèle amie pour m'intéresser de plus près à son frère. Et je jouais à un jeu bien dangereux.. Je me faisais féline dans ma démarche et mes gestes pour attirer son regard. Je lui offrais bien des promesses au fond des yeux. Des promesses que je n'allais pas tenir.. pas encore. J'étais vierge, et je ne voulais plus l'être, certes. Mais je ne voulais pas le faire sur un coup de tête. Ah.. adolescence contradictoire. Il y avait le feu et je voulais le faire éteindre en me faisant étreindre. Je me suis posée devant lui en souriant. Il m'a renvoyée à mes poupées en rigolant.

C'était la première fois que j'essayais de séduire un mec. Enfin.. jusqu'à ce point.Un homme, un vrai. J'ai donc goûté au râteau pour la première fois aussi. Mais je n'ai pas abandonné. Face à lui, je me sentais comme sur le terrain. J'ai continué à lui faire du rentre dedans. Sans cesse, ce qui semblait beaucoup agacer Meryl. D'ailleurs, elle détestait que je lui parle de mon attirance pour son frère. Mais rien ne pouvait m'arrêter. Toujours plus provocante, repoussant les limites jusqu'à complètement les dépasser le jour où je lui ai envoyé mes sous vêtements par colis. - Lui confessant évidemment qu'il s'agissait de ceux que je devais porter le jour de la réception, et que je serai bien heureuse qu'il me les rapporte. -
Suite à ça, il est venu me voir, pour me parler. Et il m'a avoué quelque chose qu'il n'avait encore avoué à personne. Il était gay. Et il ne voulait pas que ça se sache... Voilà pourquoi il s'autorisait à me regarder comme ça en public, et m'envoyer paître ensuite en privé. Gay ? Oh non, je n'y croyais pas. Mais alors là, pas du tout.
Ce soir là, j'étais seule chez moi. J'avais parfaitement prévu le coup, oui.. Je l'ai donc invité à entrer, et à me rejoindre dans ma chambre pour qu'il puisse se confesser à l'abri des oreilles indiscrètes. Bien sûr.. quelle gentille et sage petite fille. Il s'est assis sur mon matelas, et a commencé à me raconter son histoire. Moi, je l'écoutais.. au début du moins. Alors qu'il était parti dans ses souvenirs les plus chers, me contant l'histoire de ses premiers petits amis, moi j'enlevais mes vêtements pour ne laisser que cette robe de chambre que j'avais piquée à ma mère. Une robe de chambre très courte. Il tourna la tête pour me regarder, son air décomposé me fît rire. J'ai marché jusqu'à être face à lui, j'ai posé mes deux genoux à terre. Je l'ai déshabillé, lui interdisant toute réticence. Et j'ai reproduit ces scènes qu'il me décrivait. C'était la première fois pour moi, mais ses refus me donnaient bien trop envie pour que je m'inquiète encore de ma vertu. J'étais gauche et maladroite.. Mais j'ai réussi à l'embarquer dans ma danse infernale. J'ai eu ce que je voulais de lui, il n'a finalement pas pu résister.

Durant les mois qui suivirent cette nuit de décembre, nous avons entretenu une relation discrète et secrète. Je le laissais vagabonder à ses préférences, tant qu'il me revenait dans l'ombre de mes nuits. Je n'avais aucune idée du jeu auquel je jouais, mais j'y jouais sans aucune retenue. Je m'offrais à lui sur la banquette arrière de sa voiture, ou dans le lit d'une maison vide. Je m'éloignais un peu plus de Meryl chaque jours, me laissant emporter vers ce que j'appelais déjà être une femme. Je n'ai pas été vigilante, et là où une simple attirance nourrissait mes envies, des sentiments naissaient. Et ses bras les faisaient vibrer toujours plus fort, jusqu'à ce que je ne puisse plus nier la réalité. J'étais amoureuse. Totalement folle d'un homme plus âgé. D'un homme qui aimait les hommes, pour qui je n'étais que le dessert. La situation me déplaisait. Je le voulais pour moi, et moi seule. Je voulais le posséder, en faire le mien à tout jamais. Je devenais jalouse. Je sentais leurs parfums sur sa gorge et j'avais envie de tout brûler. Désagréable au début, puis invivable à la fin, je n'ai pas pu le retenir. Il s'en est allé, me laissant pour compte, sans un mot, sans aucune nouvelle, quelques semaines avant mon 18ème anniversaire.

J'étais effondrée, mais je ne pouvais le montrer. Je n'en parlais à personne.. jusqu'à ce que je me confesse à Meryl. Elle était furieuse.. elle me hurlait dessus. Elle m'en voulait. Elle est partie de chez moi, et ne m'a plus parlé jusqu'à la fête organisée par mes parents, pour mes 18 ans. Ensuite, quand j'essayais d'aborder le sujet, elle en changeait immédiatement, refusant de me dire ce qui la gênait tant que ça. C'est mon frère, voilà tout ce qu'elle me répondait..
Je me suis finalement remise de ma rupture, et ne me souciais plus que très peu de mon ex. J'étais jeune, et un coeur jeune croît aussi vite en l'amour qu'il l'oublie.
J'ai terminé l'année scolaire avec la moyenne, comme toujours. Et je n'ai pas désiré poursuivre mes études. Faire quoi, au juste ? Je n'en avais même pas la moindre idée. J'en avais juste tellement marre. Mes parents, cette ville, cette vie. Après un mois à chercher un travail, j'en ai trouvé un comme caissière dans un supermarché. Un mi-temps pour commencer, les premiers mois. A gagner bien peu d'argent, que je laissais de côté. J'avais envie de partir. Je voulais aller à Seattle, pour trouver d'autres opportunités. J'étais une pauvre fille rebelle et paumée, prête à partir à la conquête d'un monde qui se pourléchait les babines à l'idée de me croquer. J'en ai pris conscience ce soir là, en rentrant tard chez moi après une journée de travail. Passant dans une rue mal éclairée, j'ai distingué une silhouette adossée contre un mur. Je ne me suis pas méfiée.. et cette ombre s'est faufilée derrière moi. Il s'est saisi de moi, et face à sa force et sa détermination, je ne pouvais rien faire.. J'ai immédiatement compris ce qu'il voulait faire, alors j'ai hurlé à l'aide. Autant que je le pouvais, avant qu'il ne me plaque une main contre le visage. Il me grognait de la fermer, de le laisser faire, que ce serait vite terminé.. J'étais foutue. Maladroit et empressé, il cherchait à me déshabiller, jusqu'à ce qu'une voix masculine le fasse fuir. Je m'effondrais au sol, en larmes. L'homme, mon sauveur, se précipita sur moi, et appela la police.

Ce soir là, je m'en tirais à très bon compte. Et je le savais.. Beaucoup de choses changèrent suite à ça. Mes tenues provocantes étaient définitivement rangées dans l'armoire. Je laissais tomber les coiffures étranges et les colorations de punk. J'étais redevenue une fille normale, parmi tant d'autres, capable de passer inaperçue. Mes goûts en matière de musique n'ont certes pas changé, malgré tout.
Je me sentais toujours vulnérable. Terrorisée à l'idée d'être de nouveau agressée.. et de ne pas avoir de sauveur cette fois. Alors, j'ai décidé de suivre des cours de self defense. C'était bien loin de l'idée que je m'en faisais. J'imaginais des monstres de muscles sortis tout droit de comics, de films et de salles de musculation. Mais je me retrouvais avec des gens de tout âge. Avant d'apprendre à me battre, j'y ai appris à ne pas le faire. A contrôler mes émotions, principalement la peur, pour garder confiance en moi. Au bout de quelques séances, j'étais déjà mieux dans ma peau. Je savais comment réagir. Et tout allait encore mieux quand enfin, on m'a enseigné à répondre aux attaques. Je n'avais simplement plus peur. Je me savais forte, et prête à vivre ma vie comme je l'entendais. Et ce que j'entendais, c'était Seattle !

---

Je suis partie de la maison à mes 21 ans, après avoir économisé assez d'argent. Sans autre explications à mes parents qu'un au revoir. Je n'en pouvais plus de les voir rôder comme des fantômes, entre le boulot et l'adultère. Ah ça.. quand ma mère l'a enfin annoncé à mon père, il lui a fait comprendre qu'il s'en fichait. Comment peuvent ils encore vivre ensemble ? C'est hallucinant.
Bref, je partais seule à l'aventure, sans aucune idée de ce que j'allais vivre le lendemain. C'était excitant ! Arrivée en ville, je me suis lancée à la recherche d'un travail. Dans une ville telle que Seattle, les opportunités étaient nombreuses. Je me suis retrouvée serveuse dans un fast food durant un temps, puis vendeuse dans du prêt à porter. Je ne roulais pas sur l'or, mais je m'en fichais. J'avais assez pour vivre, et pour m'amuser. Oh.. m'amuser. A Seattle, quand on aime les guitares hurlantes comme moi, on ne s'ennuie pas. Ici c'était autrefois le fief de Nirvana, et de bien d'autres groupes du même mouvement. Le rock a laissé son emprunte ici. Le Hard Rock Cafe était rapidement devenu comme une seconde demeure pour moi. J'y avais mes amis, mes amants, et rapidement une place de vendeuse dans le rock shop. C'était le rêve pour moi. C'était bien plus que je n'osais l'imaginer.

Meryl me manquait, cependant. Je ne la voyais que rarement, elle qui était restée à Everett. On se parlait souvent au téléphone, mais cela ne me suffisait pas. Et à elle non plus. Alors.. je lui ai proposé de venir habiter avec moi, dans mon petit appartement. C'était pas très grand, ni très beau, mais c'était la liberté, celle dont nous rêvions. Je n'étais plus seule.. enfin en compagnie de ma meilleure amie. Avec elle, j'ai multiplié les sorties. Je l'ai présentée à mes autres amis, et à mon patron. Oh il ne l'a pas engagée, mais il a.. un peu bavardé avec quelqu'un qu'il connaissait, dans un bar un peu plus haut, et elle a trouvé une place.

On s'amusait bien. Et quand je n'étais pas avec elle, j'étais dans une salle d'entraînement, à continuer de suivre les cours de défense. Ou peut être étais je dans une autre salle, à courir sur un tapis, ou soulever des poids avec les jambes pour entretenir mon postérieur. Ou encore dans une jam à taper quelques lignes de basses avec des inconnus.
Et ça, j'en ai connu, des inconnus. Ces coups de vent dans mes draps. Ces histoires d'une semaine ou deux, ou d'un soir seulement. J'aimais séduire. J'aimais me sentir désirée et je faisais tout pour y arriver. C'était un jeu que je maîtrisais bien mieux qu'autrefois.
Meryl jouait au même jeu que moi. Et lorsqu'elle le faisait, elle me regardait comme si nous étions en compétition. Ses grands yeux bleus me narguaient toujours. Se sentait elle meilleure que moi ? Haha !

Un soir, en rentrant d'une sortie plutôt arrosée, nous nous sommes affalées dans le divan. Nous avons allumé la télé et regardé une compétition de chanteurs locaux. Que des casseroles, hormis l'un ou l'autre. C'était affligeant.. mais on se marrait. J'avais remarqué que Meryl était un peu différente. Quelque chose la perturbait, et je n'arrivais pas à deviner son problème. Je lui posais la question, simplement, et elle ne répondait pas. Elle me regardait à son tour, souriant étrangement, avec quelque chose au fond des yeux que je faisais mine de ne pas comprendre. Je fronçais les sourcils, et laissais une moue déformer mes lèvres. Elle souriait d'autant plus. Puis elle s'est lancée sur moi, comme un prédateur sur sa proie, pressant ses lèvres contre les miennes. J'étais figée.. Je ne savais plus quoi faire. Et elle cherchait à transformer ce contact en baiser passionné, assumé. J'hésitais à répondre.. et finalement je la dégageais, la renvoyant dans son coin du divan. Les sourcils encore plus froncés, pour bien signifier que je n'étais pas contente, je lui expliquais que.. ce n'était pas mon délire. J'avais le coeur qui allait exploser, je respirais lourdement et j'avais horriblement chaud d'un seul coup, mais je me refusais d'entrer dans ce jeu. Meryl se mit à rire et revint contre moi. Je la bloquais de mes mains, mais elle arrivait à poser de nouveau ses lèvres sur moi. Je luttais, mais de moins en moins. Jusqu'à finalement m'abandonner à ses désirs.

Le lendemain matin, je me réveillais dans ce divan, Meryl nue contre moi. Je me sentais très.. bizarre. Je ne savais pas si c'était bien ou mal. Si j'avais aimé ou pas. Je me sentais coupable.. Je me regardais dans la glace, essayant de comprendre qui j'étais vraiment. Je soupirais, maudissant cette famille qui décidément.. avait un sacré problème ! Une bonne douche m'aida à me remettre les idées en place. J'étais propre, je me sentais mieux. Meryl était réveillée, et avait préparé le petit déjeuner. Elle m'attendait, habillée d'un peignoir ouvert.. J'étais furieuse. Je ne la regardais pas. J'avais au mois la décence d'être pudiquement vêtue. Je l'engueulais, et elle évoquait cette nuit que nous avons partagé comme excuse. J'étais encore plus furieuse. Je hurlais que tout était de sa faute, qu'elle avait commencé, que c'était une erreur que je n'étais pas prête de recommencer. Et elle riait. Elle présenta ses commentaires sur mon intimité, et sur ma façon d'apprécier la sienne. J'avais envie de la tuer.. Je hurlais encore plus fort que pour qu'elle espère y toucher encore, elle devrait se faire pousser ce qui lui manque pour me plaire. Elle répondit rien cette fois, me regardant droit dans les yeux, en se mordant la lèvre. J'ai grogné comme un chaton. Je me suis levée de mon tabouret, je l'ai poussée sur le divan et...

... 40 minutes plus tard, j'avais besoin d'une nouvelle douche. J'étais toujours en proie à ces sensations nouvelles, à ces étranges découvertes, et aux questions qui me ruinaient l'esprit et le moral. J'y répondais, en me regardant toujours dans la glace. Non, je n'étais pas attirée par les filles. Je n'avais jamais eu ce genre de fantasme, ni jamais regardé une autre fille autrement que par pure jalousie. Oui, j'avais aimé ça, sa douceur et l'excitation de braver l'interdit, l'immoral, d'être en marge de la société bien pensante que je détestais. Oui, j'avais envie de recommencer, mais non, je n'avais pas envie de renoncer aux hommes. Non, je ne voulais pas avoir une autre fille qu'elle sous mes draps. J'en conclus que.. Meryl et moi avions une relation spéciale. Qu'il était possible pour nous de vivre ça sans renoncer au reste, sans s'attacher, sans appartenir à quelque chose qui.. n'était pas moi. J'étais persuadée que ça pouvait marcher comme ça.

Nous recommencions souvent. Parfois avec nos autres partenaires, parfois avec le même que nous partagions, mais souvent seules. Bien trop souvent à mon goût. Toute cette histoire prenait une tournure encore plus terrible à supporter pour moi. J'avais peur qu'elle soit amoureuse. Et j'avais raison, car c'est ce qu'elle m'avoua lors de la dispute qui éclata quand j'imposais de nouvelles barrières. C'était même pire que je ne le pensais, car elle l'était depuis longtemps. Depuis notre adolescence, et je n'avais rien vu. Rien. Tout devenait clair maintenant. Ses crises à propos de son frère, sa présence près de moi, ses attitudes câlines que je considérais comme innocente, l'étant moi-même. C'en était trop. Alors elle partit, en claquant la porte. En oubliant ses affaires que je répandais sans scrupules aux yeux de la ville pour ne pas avoir à souffrir son retour. J'avais perdu une.. je ne savais comment la nommer. Amie ? Amante ? Qu'importe, elle était partie.

---

J'avais tout juste 24 ans à son départ. Notre amitié dura près de 15 ans, notre relation près de deux ans. Et tout ça était bon à jeter. J'avais du mal à l'accepter, et souvent, seule dans mon lit, elle me manquait. Je me détestais pour ça. Je ne voulais pas de ça.. Je ne l'ai jamais rappelée, elle ne l'a jamais fait elle non plus. Tourner cette page fût difficile. Le problème se répercutait dans mes autres relations, et dans mon travail. Je n'assurais plus. Je déconnais.. Le soir, au lieu de rentrer, je traînais dans les bars. J'ai commencé par boire un peu, pour me remotiver. Puis un peu plus. J'ai touché à des choses qui me faisaient délirer, qui m'envoyaient dans un autre monde, et qui me firent perdre mon travail. Pff, je n'en n'avais plus rien à foutre. Seule la fête m'intéressait. Pour vivre, je me servais de mes charmes. Non pas en traînant sur un trottoir, mais en rendant un mâle amoureux. C'était tellement simple. Un sourire, un regard, un geste suffisait souvent à s'attirer les grâce d'un idiot. Un idiot qui pouvait me nourrir, me loger, me blanchir, me supporter. C'était moche. Et quand j'en ai eu marre de planer, après près d'un an à faire n'importe quoi, je me suis arrêtée. J'avais presque 25 ans, et il était temps de reconstruire quelque chose de stable.

J'avais dans l'idée de retourner travailler au HardRock cafe, mais hélas, le patron ne m'a pas accordé de seconde chance. J'aurai pu laisser tomber. J'étais proche de la rechute.. Mais non. Je me le refusais. Je gardais l'espoir de trouver rapidement un job, pour me sortir de mes conneries.. et je faisais bien. Je poussais la porte de ce bar, le Free Flight. Les speakers passaient nothing else matters de Metallica, et j'adorais cette musique. Etait ce un signe ? Sans doutes. J'y ai rencontré ce Texan bien étrange.. répondant au nom de Nans. Je lui expliquais ma situation, et mon désespoir de ne pas trouver de travail. Une discussion bien courte, à la fin de laquelle il m'engageait. Je crois bien l'avoir serré dans mes bras, tellement j'étais heureuse. Je commençais le lendemain même.
Travailler pour lui, c'était bien. Il était du genre sympa, et ses employés étaient sacrés. Il était respecté de ses clients et sa parole faisait office de loi. Moi, j'étais bien vue aussi. Toujours le sourire, toujours le mot pour rire, ou remonter le moral.  C'est vrai, les fréquentations n'étaient pas très recommandables. Beaucoup n'étaient pas très clean, et avaient une aversion pour le moins viscérale envers les afro-américains. Je ne m'en mêlais pas. J'étais là pour servir les bières, pas pour participer aux aventures douteuses qu'ils menaient en dehors du bar.

Cependant, ne pas entrer dans leurs histoires ne m'empêchait pas de devenir proches d'eux. Nans devint un peu comme un grand frère pour moi. On parlait de musique, d'instrument, de motos quand il me transmit sa passion. J'ai essayé de parler de désir avec lui.. en vain. Contrairement à mes habitudes, je n'ai pas insisté. Peut être n'était ce qu'une plaisanterie, avec lui. Peut être que je n'avais pas envie de briser notre amitié pour un séjour sous ses draps.
Mais par contre.. Pour ce qui était de Tyler.. les choses étaient bien différentes. Il avait quelque chose qui m'attirait. Quelque chose contre quoi je ne pouvais ni ne voulais lutter. Il n'était pas le genre de mec qui se laissait avoir par une minette souriante. Mes grands yeux ne suffisaient pas à l'attirer dans ma toile. Je me devais d'être intéressante.. alors je n'avais pas le choix. Il fallait que j'entre dans son jeu. Même si je restais loin de ses délires racistes, j'essayais de passer le plus de temps possible en sa compagnie. Je voulais qu'il m'apprenne à me servir d'un flingue, qu'il me conseille sur mon premier tatouage, qu'il m'explique et m'enseigne toutes les choses qui avaient un sens pour lui. Je n'étais pas amoureuse. Juste fière et j'avais envie de lui.

J'ai fini par l'avoir. Les choses étaient claires, rien de sérieux. Je n'avais aucune envie que nos aventures puissent être un danger pour mon travail. J'y tenais, bien plus encore qu'à celui que j'avais autrefois. De toutes façons, notre histoire n'a pas duré. Je me désintéressais rapidement.. comme toujours sûrement. Nous y avons mît fin d'un commun accord. En restant vaguement amis.
Je continuais ma vie. Relations sans attaches, sans rien construire. Vivre au jour le jour et demain.. Je m'en foutais pas mal, de demain. J'étais heureuse, c'est ce qui importait. J'avais ma place parmi ces gens là. J'étais leur rayon de soleil, comme ils disaient.
Je touchais toujours aux sports .. Et aussi du tir. Tenir une arme m'amusait vraiment ! Ainsi donc je me retrouvais rapidement avec mon propre jouet de chez Smith&Wesson, de calibre 22.

Le temps passait, inlassablement. Nous étions déjà en mai 2015. J'avais 28 ans.
Ma vie avait continué sur sa lancée. Toujours dans le même bar, avec les mêmes personnes, et j'aimais ça. J'avais ma propre moto depuis un moment déjà. Oh.. j'en étais fière.
J'avais mes rencarts, mes ex et mes futurs ex. Un pauvre gars paumé et en proie aux regrets qui en avait marre de sa blonde teinte en rousse, un Irlandais dans la marine marchande qui aimait penser comme moi, un grand blond qui aimait peut être un peu trop faire la fête.. Et il y en avait beaucoup d'autres, mais aucun n'avait ce qu'il fallait pour me retenir. Parfois, c'était le contraire. Je tombais sur un mec bien et.. il se lassait finalement de moi.
Je vivais d'amants, de musique et de bières fraîches. Jusqu'au jour où je reçus un appel. Le genre d'appel que je n'attendais pas. D'une personne que j'avais oublié : Mon père.
Ma mère était morte. Subitement, sans prévenir, dans la chambre de son amant. A son âge.. sérieusement.. Hum. Non, je vous rassure, c'est l'annonce de sa mort qui me choqua le plus. Elle fût victime d'un AVC. Et il était trop tard quand son amant a appelé les secours.
Mon père était effondré au téléphone, et je ne savais pas quoi lui répondre. Il était un inconnu pour moi, encore plus maintenant. J'avais presque envie de lui dire que c'était bien de se souvenir de mon existence alors qu'il avait besoin de moi. Envie de l'envoyer paître. Mais non.. je pleurais. Comme une pauvre conne, je pleurais en l'écoutant. Et je craquais. J'ai expliqué la situation à Nans. Compréhensif, il m'accorda des vacances. Et je partis rejoindre ce père en larme, sur ma moto.
Les retrouvailles furent étranges. J'avais l'impression d'avoir de nouveau 16 ans. Et quand il se mît à pleurer dans mes bras.. toute la haine que j'avais accumulé s'effaça simplement.

Il s'excusa d'avoir été un père absent. Il m'avoua qu'il nous aimait, ma mère et moi, plus que tout. Qu'il pensait faire son rôle de père et de mari en travaillant comme un damné. Il m'avoua avoir souffert quand je l'ignorais. Qu'il était anéanti le jour où il apprit que ma mère couchait ailleurs. Mais que pour rien au monde il ne l'aurait abandonnée. Il pensait que, plus âgée, elle reviendrait vers lui, et qu'ils attendraient la mort ensemble. Maintenant il était seul. Je ne pouvais le laisser. Alors j'appelais Nans pour lui dire que je ne rentrais pas.
J'étais désolée d'avoir été une ado idiote, incapable de ressentir la souffrance de son propre père, et d'essayer de l'en soulager. Je m'en voulais, mais j'étais soulagée d'être là près de lui. Je m'occupais de lui. Je lui préparais à manger, je faisais le ménage, pendant qu'il allait travailler, encore. Lui même le disait, s'il arrêtait le travail maintenant, il ne serait plus rien.
Ma mère, je ne la regrettais pas. Je regrettais cette époque où j'aurais peut être pu faire changer les choses, si j'avais parlé à mon père. Peut être aurait elle arrêté immédiatement ses conneries.. Oui, je me sentais responsable, en un sens. Ce qui me fit le plus mal, c'est quand je compris que j'étais .. comme elle. Tant d'histoires, si volage.. tant d'amants et tant de pages tournées. Un soir, je me confiais à mon père. J'avais besoin qu'il le sache, pour me libérer de ce poids. Ce que j'avais vu, pourquoi je le gardais pour moi, ce que j'étais devenue. Et mon père me répondit que je n'avais pas à me sentir coupable pour les erreurs de ma mère. Et que si ma vie n'était pas pour lui plaire, au moins je ne trompais pas mon mari. Évidemment, je n'en avais pas. Et je n'étais pas prête d'en avoir un..

Je restais avec lui. J'étais avec lui quand ces choses bizarres ont commencé..




on the highway to hell


Tout à commencé par d'étranges faits divers, le 11 octobre 2015. Des cas d'agressions violentes, très violentes. Quand la présentatrice du journal télévisé aborda le sujet, je sentis la peur monter en moi. Les souvenirs du soir où un homme voulait me soumettre à lui revinrent hanter mes pensées. Je tournais simplement la tête, et changeais de chaîne. Je soupirais, regardant mon père. Il me disait que ce n'était rien, des foutaises, peut être même était ce lié à un match sportif.

Les jours suivant, la situation n'allait pas mieux. Elle empirait. Internet délirait.. alors je l'évitais. Je n'avais pas envie de lire de sombres histoires d'horreur. J'en avais assez de zapper et de voir de la violence, de la peur. Je disais même que les médias grossissaient les faits pour faire de l'audience.. Puis j'ai vu les premiers barrages. Il ne s'agissait plus simplement de police, mais de l'armée. C'est là que j'ai réalisé que tout ça était.. sérieux.

Puis vinrent les manifestations, qui se changèrent en scènes d'extrême violence. Les vols et les agressions se multipliaient, partout dans la ville, partout dans l'état. On nous chantait que tout était sous contrôle.. je n'y croyais plus. Tout se barrait en couilles, ouais..
Le 21 octobre, mon père évoqua l'idée d'aller chercher des vivres, histoire d'avoir tout ce dont nous aurions besoin si la crise continuait. Sortir ne m'enchantait pas, mais il le fallait bien, il avait raison. Ce que je voyais dehors me rendait folle. Policiers, militaires, manifestations.. trop !

Mon père entra dans un magasin et se servit de ce qu'il trouvait utile. Il remplissait des sacs de plastique. Je les tenais ensuite.. Je le regardais faire. Mon père en train de voler tout ce qu'il pouvait rester d'intéressant dans un petit magasin.. Ce même petit magasin où je venais acheter des sodas avec mes amis. J'avais honte. Je lui demandais des explications, et il me répondait que.. c'était comme ça. Qu'il fallait s'adapter au monde qui nous entourait. Il jura rembourser le commerçant le jour où tout rentrerait dans l'ordre. Je baissais la tête.. Il avait raison. Alors je l'aidais..

Nous avons enchaîné d'autres sorties. Certaines étaient vaines, d'autres fructueuses. Nous remplissions notre cave de conserves et de bouteilles d'eau. Il barricadait les fenêtre et renforçait la porte avec de nombreuses planches. Nous devions les retirer chaque fois que nous voulions sortir.. J'en avais marre de cette situation. Je voulais partir. Je n'avais aucune idée de la destination mais je voulais partir, loin de cette folie. Et lui voulait rester enfermé là, à attendre. A force de tenter de nous convaincre et de camper sur nos positions, les disputes éclatèrent. Elles devenaient fréquentes, et de plus en plus animées. Oh elle n'étaient que l'écho de ce qui se passait dehors.. La folie nous emportait. Comme elle emportait ces gens.. ces infectés. Je n'en avais pas encore croisé, mais les histoires parlaient d'actes de cannibalisme, d'une résistance surhumaine, d'un état second dont il est impossible de sortir.. Je ne voulais pas finir comme ça. Je ne voulais pas de cette.. maladie. Ce n'étaient que des rumeurs certes, mais les mêmes rumeurs.

---

Je partis tôt le matin, le 26 octobre, après une longue panne de courant. J'emportais un sac de vivre, un autre de vêtements, mon pistolet et un couteau de cuisine avec moi. J'enfilais ma veste et j'enfourchais ma moto. La veille, je suppliais encore mon père de partir d'ici. Il refusait. Alors je le laissais seul. Je lui en voulais tellement de ne pas m'écouter, de ne pas me faire confiance.
Je partais vers l'est. Je voulais quitter la ville pour rejoindre les champs, la forêt, un lac.. peut m'importait. Je voulais juste être loin de tout ce chaos. Le phare de ma moto éclairait les vestiges de scènes de violences sans nom.. Elles se rapprochaient de plus en plus de notre quartier. J'avais raison de partir. Je regardais une dernière fois en arrière, souhaitant bonne chance à mon père dans mes pensées.

Je quittais rapidement la zone urbaine. Je l'évitais.. je n'avais pas trop envie de me retrouver face aux violences. Ni même face aux militaires.. Je n'avais pas confiance en eux. Je voulais trouver un coin retiré de tout, pour m'y cacher et attendre que tout ça finisse par passer. Je me suis arrêtée à Three Lake. Je squattais alors une grange, annexée à une ferme qui semblait abandonnée. En tout cas, personne n'était venu pour m'accueillir. Je me retrouvais bien bête de ne pas avoir pensé à... du matériel pour dormir. J'en soupirais.. pas le choix, la paille allait me servir de lit.

Une semaine plus tard, je traçais de nouveau la route. J'étais encore bien trop proche d'Everett à mon goût.. alors je roulais. J'évitais les grands axes, préférant les petites routes. Des champs, des forêts, des maisons et des fermes abandonnées encore. Des véhicules laissé là, sur la route.. Je ne voulais pas voir ça. Et pourtant..
Je me suis arrêtée devant le panneau annonçant l'arrivée dans la petite ville de Goldbar. Un peu plus loin, des voitures de police et un gros véhicule semblant appartenir à l'armée bloquaient la route. L'endroit semblait désert.. mais j'avais peur de me retrouver dans l'un de ces camps de réfugiés dont ils parlaient à la télé, et à la radio. Je n'avais pas envie de me retrouver entre leurs pattes..
L'arme au poing, je m'avançais lentement, réticente mais bien trop curieuse. Peut être, dans le fond, avais je envie de voir quelqu'un. Juste quelqu'un à qui parler. Quelqu'un pour me dire que tout ça allait bientôt se terminer.. Oh j'en avais marre ! Quelque chose ne tournait pas rond dans cette histoire, et me retrouver dans un barrage fantôme, c'était pas vraiment pour me rassurer.

Je n'étais pas si seule que ça. Je l'ai distinguée, cette forme vaguement humaine, s'avançant lentement dans ma direction. Je croyais avoir halluciné mais.. non. Je serrais mon arme dans mon poing et me retournais vers elle. Je lui ai demandé de se présenter.. de me dire ce qu'il s'était passé ici. Je l'ai supplié de me répondre.. et j'ai ensuite réalisé que j'avais à faire à l'un de ces fameux infectés. J'étais dans la merde. Je reculais vers ma moto, prête à quitter cette ville de malheur ! Je pointais mon arme vers lui. La silhouette s'avançait toujours et à force de marcher à reculons effrayés, j'ai trébuché. J'étais sur le cul.. et l'infecté se ruait sur moi. Je le repoussais de coups de pieds, rampant en arrière pour m'enfuir. Je voulais me relever, mais dans la panique.. Je tremblais.. je n'arrivais plus à respirer.. Je n'avais plus le choix. Je l'ai visé, et j'ai tiré. L'impact n'avait aucun effet sur lui. Il avançait toujours.. Je tirais, encore, et encore. Rien à faire, il ne tombait pas. Je lui hurlais de crever.. et relevant enfin le canon vers la tête, à bout portant, j'en vins à bout. Les deux derniers tirs touchèrent son oeil et son crâne. Je le visais encore, appuyant frénétiquement sur la gâchette, espérant encore tirer malgré le chargeur vide.

J'étais effondrée en larme, sur le bitume.. et ce sont ces horribles râles qui m'obligèrent à réagir. D'autres de ces monstres virent à ma rencontre. Je n'avais pas le choix.. je devais partir. Ou mourir.
Je me suis réfugiée dans une cabane, au bord de la rivière Skykomish. Au moins, j'avais de l'eau. Je pris un bon bain, j'en rêvais ! J'ai tenté de pêcher, en vain. Alors je me nourrissais de ce que je trouvais là. Bref, J'avais un toit, malgré tout. Je me disais que le propriétaire des lieux n'allait pas se courroucer de voir une minette comme moi dans sa piaule, si d'aventure il revenait.. mais il ne revint pas. Je suis restée des semaines dans cette cabane, à me poser toutes les questions sur l'avenir du monde. J'ai commencé à devenir prudente, à me dire que.. c'était peut être ça, l'avenir. Qu'il n'y avait peut être plus aucune solution, plus aucun espoir pour notre civilisation, et qu'il valait mieux apprendre à survivre. A réellement survivre. Et pire que tout, l'hivers arrivait. Pour m'en sortir, j'allais devoir retourner à Goldbar. J'allais devoir fouiller cette ville, et ne plus me contenter des habitations oubliées le long de la route.

---

Quand j'y suis retournée, nous approchions de décembre. Je n'avais plus de munitions, mais je gardais l'arme pour son effet dissuasif. Je tenais fermement le couteau dans ma main gauche. J'avais l'air d'une héroïne de jeu vidéo, ma parole..
Les premières fouilles furent tranquilles. Rien ni personne ne venait me déranger. Jusqu'à ce que j'entre dans cet ancienne armurerie de chasse et pêche. Et là.. je l'ai vu surgir de nulle part. Bon sang.. je n'avais pas fait attention. J'ai faillis y rester. J'ai eu le réflexe de planter la lame dans son crâne, alors que ses dents cherchaient à mordre mon bras. C'était ignoble.. il puait. Il puait vraiment. Je l'ai nommé Watain, ainsi que tout ses semblables, en référence à un groupe que j'avais vu un jour. Ils se tartinaient de sang de porcs moisi et jouaient avec des carcasses sur scène.. Argh.

Cette ville était perdue. J'en étais certaine maintenant.. J'allais devoir apprendre à me battre contre eux. Ils étaient mes ennemis, et je devais prendre leur ville d'assaut pour me l'approprier. Quand ils étaient en petits nombres et bien visibles, je n'avais pas peur. Mais l'idée de retomber sur cette bande qui me fît fuir me faisait froid dans le dos. Une guérilla.. voilà, c'est ce que j'allais faire ici. Une véritable guérilla pour revendiquer cette ville ! .. jusqu'à ce qu'on vienne tous nous sauver. J'y croyais encore.

Je commençais par faire attention à mes mouvements. Je devais rester furtive, et surtout beaucoup plus prudente. Vérifier les lieux, les coins, les accès.. essayer d'attirer les  infectés hors de leur repaires. J'ai découvert qu'ils étaient complètement débile, et qu'ils répondaient uniquement à leur faim. Je m'entraînais à les tuer sans faire de bruit.. et ce fût compliqué. J'ai perdu mon couteau de cuisine, et je me suis bien vite rendue compte que le couteau de survie n'allait pas être très adapté. La lame s'était coincée dans le crâne du watain, et l'en déloger fût pénible et répugnant. J'avais besoin d'une lame fine, pointue, plus courte peut être.

Quand je n'étais pas en guerre contre les infecté, si je puis dire, j'essayais de pêcher, toujours en vain, et de chasser. Pour les lapins, les écureuils et tout autre gibier, c'était mort. Mais pour les oiseaux et les chats, qu'il était plus facile d'appâter et de tromper, c'était jouable. Quand j'avais de la chance, je me régalais d'un félin. Horrible ? Pas pire que la mort. Quand on a pas le choix, on a pas le choix..
L'hivers était là, et bon dieu.. il caillait bien celui là. J'espaçais mes excursions pour rester dans ma cabane, au coin d'un feu de bois. Heureusement qu'un des voisins avait prévu un grand stock.

Les jours passèrent, les semaines.. Je continuais comme je le pouvais, ressemblant chaque jours un peu plus à une sauvageonne. Il faut dire, je n'avais plus parlé à quelqu'un depuis des.. des mois. Je commençais à me demander si je n'étais pas la seule survivante de ce foutu monde. Est ce que ça faisait de moi la reine, ou une connerie du genre ? Est ce que j'allais pouvoir me reproduire toute seule pour assurer la survie de l'espèce ? Qu'étaient devenus tout ceux que j'avais connu ? Meryl, Michael, mon père ? Étaient ils devenu des monstres eux aussi ? J'avais bien trop de questions en tête. Il me fallait quelqu'un à qui parler. Ou quelque chose. Pas un chat, j'avais trop faim. Alors je partis en quête de.. n'importe quoi. J'étais devenue folle, je sais. Ne le seriez vous pas, à ma place ?

Je revins avec un ours en peluche. Le genre d'ours débile qu'aurait pu offrir un puceau à l'élue de son coeur. J'imagine tellement le message mielleux qui devait être accroché à son cou. L'ours était bleu, alors je l'appelais " Blue ". Blue était mon confident. Il ne répondait pas mais au moins, il m'écoutait. Il n'était pas chiant, Blue. Je pouvais le câliner, et m'en servir d'oreiller pour dormir. Enfin.. j'en avais marre d'avoir mal à la nuque le matin !

Janvier passa. Février aussi. Avec les chutes de neiges et les températures à ne pas mettre une brune dehors, je ne sortais que quand j'avais absolument besoin de me ravitailler. Une fois toutes les deux semaines, environs. J'avais récupéré un SUV, plus pratique pour le transport de conserves. Je le cachais, comme ma moto, sous une grande bâche, un peu plus loin. Je n'avais encore croisé personne d'autre mais.. Blue était bien d'accord avec moi. Mieux valait être prudents.

Un matin de début mars, quelque chose de fou me réveilla. Un bruit de moteur au loin.. enfin, pas si loin que ça d'ailleurs ! J'ouvrais de grands yeux dans mon lit de fortune. Un instant plus tard, j'épiais ce qui arrivait par la fenêtre, avec mes jumelles. Un gros 4x4 noir roulait lentement dans la neige, suivant la route. Mon dieu !! Quelqu'un ! J'étais euphorique, et paniquée en même temps. Serrer Blue contre moi m'aida à me ressaisir. Je repris les jumelles, et je vis une silhouette sortir du véhicule. Il marchait dans la neige, vers ma cabane. Avais-je oublié d'effacer mes traces de pas dans la neige ?.. Non.. impossible. Des sueurs froides coulaient dans mon dos.

Je me planquais sous le lit, derrière mes couvertures, brandissant le fusil d'assaut que j'avais ramassé lors d'un de mes raids sur Goldbar. Si ce connard me voulait du mal, il allait être servi.. Il entra, et se mît à fouiller. Dans le fond, il faisait comme moi. Mais.. là c'était ce que j'avais eu du mal à ramener. Je grognais intérieurement.. Je voulais qu'il se barre sans mes affaires. Il saisit Blue.. Alors je surgis hors de ma cachette. Je hurlais, et je le menaçais de mon arme ! Il me menaça de la sienne, disant qu'il allait simplement partir avec ça, et qu'il ne reviendrait pas. Il avait Blue dans sa main.. Il partait avec Blue.. Je lui hurlais que non, mais il partait.. je pressais la détente. Une douzaine de tirs partirent, et il s'effondra. Fallait pas toucher à Blue !.. J'étais en panique. Je m'écroulais au sol, en larmes. C'était horrible. Son sang avait giclé partout. Je regardais son visage, il avait l'air jeune, si jeune.. peut être la vingtaine, pas plus.

Il fallut longtemps pour que je sorte enfin, pour dégager le véhicule. Le coffre était rempli de vivre, mais je n'y touchais pas.. Je le laissais à l'abandon plus loin, simplement. Je suis restée un long moment assise derrière le volant, à pleurer sur ce que je venais de faire.. Il n'était pas infecté, celui là. Merde.. Fallait pas toucher à Blue..

Je suis rentrée et.. je me rendais compte qu'il fallait que je me débarrasse du corps. Il n'allait pas rester là comme ça.. Je soupirais. Je redoutais de devoir le traîner. D'affronter son visage. Mais en m'approchant de la cabane, je le vis.. debout. Etait il vivant ?! Oh mon dieu.. Je me mis à courir, pointant l'arme et lui hurlant de ne surtout pas bouger, sinon j'le tuais encore !! Il s'est retourné et.. il était un watain. C'était quoi ces conneries ?! Il n'était pas infecté, j'en étais sûre ! Et s'il l'était ? Et si.. J'achevais son cadavre.. et j'inspectais son corps. Je devais le savoir.. Je ne vis aucune trace de morsure. Aucun lambeau de chair ne manquait.. Pas comme la plupart des autres infectés que j'avais pu voir. Il n'était pas infecté.. j'en étais certaine ! J'emportais Blue et des vivres et.. je changeais de cabane. Celle là me dégoûtait. Installée, je consultais Blue. Il était d'accord avec moi.. peut être étions nous tous infectés, et qu'une fois mort, nous nous relevions.. Peut être que même sans être mordu, nous nous transformions en monstre, quoi qu'il arrive. Quelle horreur...

Le temps passait, et si je m'en voulais après les premiers jours, je commençais à vivre en accord avec mes actes. J'avais tué, ouais. Et ? Ce mec me volait mes vivres. C'est comme si il me tuait. Il m'avait vue, il avait le choix. Oui ! Je lui avais laissé le choix !
Ce même choix qui s'impose à moi. Une question de vie ou de mort. Je me faisais donc à l'idée qu'à l'avenir, je devrais peut être recommencer. Que deux survivants qui se croisent ne sont pas forcement deux amis..

---

Le petit jeu avait assez duré. Lassée de survivre comme un rat dans son trou, je brûlais mon refuge, en y laissant Blue. Il était temps de nous séparer.. ma relation avec cette peluche bleue était malsaine ! J'enfourchais ma moto, forte et déterminée.. retour à Everett. Et puis.. arrivée devant les barrages abandonnés et la grande danse macabre que m'offraient les Watainz devant moi, je décidais de rejoindre Seattle. Je savais très bien que le danger y serait encore plus grand.. mais quitte à vivre dans une ville, autant retourner dans celle que j'aimais tant autrefois. Mais avant, j'avais une mission à accomplir. Me frayer un chemin à travers les méandres de la mort fût compliqué, mais j'étais entraînée. J'avais assez combattu de ces monstres pour me débrouiller comme une pro. Enfin.. pour éviter de finir en repas, surtout.

Deux jours. C'est ce dont j'ai eu besoin pour me faufiler jusqu'à cette maison qui fût la mienne, dans mon enfance. Deux heures, c'est le temps dont j'ai eu besoin pour me décider à ouvrir la porte et affronter la réalité. Deux minutes, c'est le temps qu'il a fallut pour que je découvre le cadavre de mon père errant dans la cuisine. Deux secondes, c'est le temps que j'ai eu pour me décider à l'abattre, car il fondait sur moi. Un réflexe de survie, accompagné d'un hurlement.. j'aurai voulu arrêter mon geste. J'aurai voulu ne pas l'avoir frappé au crâne.. il était trop tard, et c'était tant mieux. Qu'importe les larmes.. j'étais en vie, lui beaucoup moins depuis un bon moment, le regarder déambuler n'aurait rien arrangé. C'est ce que je me disais. Pour peut être échapper à la réalité. Pour ne pas me poser cette question, que je fuis encore aujourd'hui. Serait il encore en vie si j'étais restée ?

Je repartais vers Seattle.. Et la route fût longue, difficile, dangereuse. 30 miles, pas plus, pour atteindre le centre ville. Mais 30 miles d'agglomération. De ville morte, ou du moins, peuplée de non-morts. Combien de temps ? 50 jours. 60 peut être ? Je n'en sais rien, j'ai arrêté de compter. A quoi bon ? Les dates ne servent plus à rien dans le chaos. J'avais souvent la dalle. Se nourrir n'était vraiment pas simple ici.. Je m'arrêtais à certains endroits, j'en évitais d'autres. Je rencontrais d'autres survivants, et je me jouais d'eux, sans scrupule. Je ne tuais plus, mais je leur piquais ce que je pouvais, et dans le feutré. Je n'avais que faire de leur survie. La mienne m'importait, rien que la mienne.

Aujourd'hui, j'ai ouvert les yeux, une fois de plus, dans ce qui était mon ancien appartement. J'y survis depuis quelques jours. Un peu plus d'une semaine, peut être. C'est dangereux, mais je m'en fiche. C'est ce que je suis venue chercher ici. Le grand frisson, l'adrénaline, la folie assumée et peut être.. un véritable sens à ma survie. Je ne serai plus jamais un rat. Je serai un prédateur.. Oh, ça me plaît ! Gare à vous.. me voilà !



time to meet the devil

• pseudo › Obi !
• âge › 31
• comment as-tu découvert le forum ? › Grâce à Daario
• Ton ancien personnage ?  › Alistair O'Corrigan
• et tu le trouves comment ? › Allongé dans le port de Seattle ( y a des rôdeurs qui chantent.. )
• présence › Ohwi

• code du règlement › Mu !
• crédit › de la bannière et du gif, écrire ici
passeport :
 

fiche (c) elephant song.
Revenir en haut Aller en bas
Wade Lockharts
WALKING WITH THE DEADS
Date d'inscription : 11/12/2015
Messages : 577
Age IRL : 26

MessageSujet: Re: A matter of life and death   Jeu 2 Juin 2016 - 5:52

Wouah. Tellement mignonne ce bout de femme là ! J'le redis mais Clarke, je l'aime de trop.
Impatiente que tu remplisses ta fiche, j'veux savoir quel caractère tu vas lui donner moi !
Bon jeu et amuse toi bien avec elle !



The solid ground begins to crack. I pulled her down and down and down. I lost my breath I thought I'd drown. White Knuckles. MM.
Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
WALKING WITH THE DEADS

MessageSujet: Re: A matter of life and death   Jeu 2 Juin 2016 - 6:45

Ca arrive bientôt ! <3
Revenir en haut Aller en bas
Dwight A. Momsen
Leader | Northern Creek
WALKING WITH THE DEADS
Date d'inscription : 31/10/2015
Messages : 3305
Age IRL : 22

MessageSujet: Re: A matter of life and death   Jeu 2 Juin 2016 - 10:33

Après celle de Sophia Bush, une deuxième malédiction vas être brisé aujourd'hui xD



₪ Crush Your Enemies. See Them Driven Before You ! ₪

Mes AnnexesDwight écrit en #6699cc
Revenir en haut Aller en bas
http://www.walkingdead-rpg.com/t6813-listing-des-comptes
Shane C. Evans
Fondatrice à la retraite
WALKING WITH THE DEADS
Date d'inscription : 04/03/2013
Messages : 2232
Age IRL : 28

MessageSujet: Re: A matter of life and death   Jeu 2 Juin 2016 - 22:07

Bon, ça suffit les conneries.

Tu gares tes dragons dans le parking et tu te dépêche de finir cette fiche :MisterGreen:


Sometimes, I hate, the life, I made
Holding on I'm lost in a haze.Fighting life to the end of my days.Don't wanna be rude but I have to.Nothing's good about the hell you put me through.I just need to look around.See that life that has come unbound.And you're so cynical, Narcissistic Cannibal.©pathos.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
WALKING WITH THE DEADS

MessageSujet: Re: A matter of life and death   Jeu 2 Juin 2016 - 22:37

Viens les chercher. :3 !!!
Revenir en haut Aller en bas
Selene Sweetnam
leader | Messiah
Modérateur
WALKING WITH THE DEADS
Date d'inscription : 07/11/2015
Messages : 1258
Age IRL : 26

MessageSujet: Re: A matter of life and death   Ven 3 Juin 2016 - 10:33

Tyrion va venir aussi du coup ? =3


Go back and forward, but all is melting like the snow ♪ Taking all from us, all we thought was left to know ♪ On what we treasure falls a dusty snow ♪ taking us backwards, but where we will never know.
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé
WALKING WITH THE DEADS

MessageSujet: Re: A matter of life and death   Aujourd'hui à 11:37

Revenir en haut Aller en bas
 

A matter of life and death

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 2Aller à la page : 1, 2  Suivant

 Sujets similaires

-
» Live your life to death (Featuring Nayki)
» Sometimes it seems that the going is just too rough and things go wrong no matter what I do. Now and then it seems that life is just too much. ₪ 20 mars, 12h58
» — bring me to life
» Life in UCLA
» Commande Death at Koten

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
The Walking Dead RPG :: Archives Fiches :: Fiches Personnages Morts/ Supprimés.-