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 Follow me down to Costco

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Abigail Breckenridge
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MessageSujet: Re: Follow me down to Costco   Mar 14 Juin 2016 - 13:41

« On faisait du ramassage, une bande de mordeurs a débarqué à cause de débiles qui tiraient en pleine ville. On a été séparés et quand je l’ai retrouvée, elle était morte… j’ai juste eu le temps de voir un grand mec embarqué une fille dans cette voiture et ils sont partis. Ils l’ont battue à mort p’tain… ça fait 3 mois que j’attends de leur faire la même chose. » Les mots de l'homme lui glacèrent le sang. Elle jeta un regard à Selene qui avait changé d'expression. La peur semblait se lire sur ses traits et cette vision ne fit qu'accentuer l'angoisse de la jeune blonde. C'était bien d'eux qu'ils parlaient. Du moins de ses amis, de cette famille d'adoption. Les pas se faisaient de plus en plus proches et Abigail ne savait pas comment réagir. Même Selene semblait douter de la technique à adopter. « Hey les gars, les morts arrivent ! Une trentaine, on fait quoi ?! » Abi serra les dents. La situation empirait. Elle murmura un merde ! pour elle même. Tout allait très vite dans son esprit. Si elles sortaient maintenant, elles risquaient de se faire tirer dessus. Si elles attendaient, elles risquaient de se faire dévorer vivante. « Attire-les par ici, ils tiendront compagnie à nos amis qui se cache quelque part… » ajouta l'autre. Puis les pas s'éloignèrent. Le silence. Total. Abigail fronça les sourcils. Elle bougea légèrement, se redressant lentement pour enfin regarder discrètement par dessus le comptoir de la caisse. Personne. Rien. Pas un homme. Pas un monstre. Le dos courbé, elle s'avança lentement, la lame toujours levée. Plus elle avancé et plus elle entendait un léger bruit au loin. Tic. Tac. Tic. Tac. Elle s'arrêta pour essayer de mieux entendre quand soudain le minuteur sonna. Un bruit strident et aiguë résonna dans l’entrepôt. Abigail se tourna, pleine d'effroi, vers Selene. A la porte les premiers cadavres se présentaient en grognant. Attirés par le bruit, attisés par l'odeur de chaire fraîche, ils se déplaçaient aussi vite qu'ils le pouvaient et bien vite l'entrée fut bouchée. Se battre était inutile. Ils étaient bien trop nombreux. Elles étaient piégées. Mais Abi n'avait pas envie de mourir ce jour-là. Elle devait rapporter de la nourriture pour sa famille et de quoi s'occuper convenablement du bébé à venir. Il fallait fuir. Mais par où ? Comment ? L'endroit était un vrai labyrinthe rempli de minotaures. Et elles n'avaient pas de fil d'Ariane pour en sortir. Abi était perdue. Elle avait déjà travaillé un été dans un hypermarché comme celui-ci en Irlande. Elle repensa aux bureaux et à la salle de détente pour les employés. Ils se trouvaient généralement au fond du bâtiment. « Par là, vite ! » Elle voulait essayer. Dans tous les cas, elles n'avaient pas d'autres solutions. Elle attrapa le bras de Selene et l'entraîna avec elle à toute vitesse. Elles arrivèrent au fond du bâtiment et Abigail parcouru des yeux le mur à la recherche d'une porte. « Là ! » Placardée sur la porte, une affiche 'authorized personnel only'. Elle se précipita vers la poignée. « Putain c'est fermé ! » s'exclama l'Irlandaise. Elle soupira légèrement, cherchant une solution. Elle porta une main à son front, alors qu'elle entendait les pas des monstres se rapprocher. Il fallait trouver une solution. Et rapidement. Ou elles allaient mourir ici. L'épingle à cheveux. Elle avait vu une vidéo, un jour, sur youtube. Elle attrapa la petite épingle qui retenait ses cheveux rebelles plaqués contre son crâne. Elle l'ouvrit précipitamment en deux, au niveau de la pliure, jusqu'à ce qu'elle se brise. Avec un des deux morceaux, elle plia le bout afin d'en faire un crochet, qu'elle enfonça dans la partie inférieure de la serrure. Elle le stabilisa avec son pouce, en exerçant une légère pression puis elle enfonça l'autre moitié de l'épingle dans le haut de la serrure. Elle jeta un coup d’œil à Selene qui la couvrait. Les cadavres étaient de plus en plus proches, elle pouvait commencer à les voir s'engouffrer dans leur rayon. Elle transpirait à grosses gouttes. De l'autre côté du rayon, d'autres grognements se firent entendre. Elles étaient encerclées à présent. Elle n'avait plus d'autres choix que de réussir. Elle bougea alors l'épingle et tourna le crochet dans le sens d'ouverture du verrou. « Allez, allez.... » Elle avait envie de fondre en larmes. Sa méthode ne fonctionnait pas et la mort s'approchait. « S'il te plait, ouvre toi.... » Elle serrait les dents, continuait à bouger et tourner, priait pour entendre enfin le petit clac qui serait leur salut. Selene commençait à devoir se battre d'un côté. Mais elle ne pourrait gérer l'affluence. Elle devait leur sauver la vie. Au loin, le minuteur continuait d'hurler. Et puis soudain, le bruit tant attendu. La porte s'ouvrit miraculeusement. « SELENE ! » hurla Abigail. Elle tenait la porte ouverte et attendit que son amie s'y glisse avant d'entrer à son tour. Elles découvrirent des escaliers et des murs blancs. Avant de se sauver, elles devaient à nouveau bloquer la porte. Selene était déjà entrain de pousser des casiers pendant qu'Abi tentait tant bien que mal de retenir la porte avec les dernières forces qui lui restaient. Le bruit aiguë du fer contre le sol fit grimacer la jeune femme et bientôt la porte fut bloquée. Derrière, les morts tapaient et griffaient la porte, désespérés de ne pas avoir pu assouvir leur faim. Abigail fit deux pas en arrière, essoufflée. Elle sentait ses cheveux dans sa nuque et sur son front, ainsi que son t-shirt lui coller à la peau dû à la transpiration. Elle tourna la tête vers Selene. Elle aurait voulu lui demander comment elle allait, mais aucun mot ne sortit de ses lèvres sèches. Elle se contenta de poser une main sur le bras de son amie, comme pour s'assurer qu'elle allait bien, le souffle encore court, les yeux encore humides. Elle avait cru qu'elles allaient mourir dévorées. Vraiment. Plus que jamais. Et puis elle croisa son regard. Abi soupira une nouvelle fois, rassurée cette fois-ci, parce que Selene venait de retrouver une certaine détermination.

Encore tremblante, Abi suivit Selene dans les escaliers. Elles se voulaient discrètes et progressaient plutôt lentement. Elles atteignirent le premier palier. Il s'agissait des bureaux. Elles devaient trouver un moyen de sortir d'ici. Une sortie de secours, une fenêtre, quelque chose. Mais elles ne pouvaient plus rester ici et elles devaient abandonner l'idée de faire leurs courses aujourd'hui. Elles avaient échoué.
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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: Follow me down to Costco   Mar 14 Juin 2016 - 18:39

Le silence lui donna l’illusion d’un espoir. Peut-être les types s’étaient-ils ravisés, peut-être remettaient-ils leur vengeance, peut-être n’étaient-ils pas si cruels. Abigail recouvrit ses mouvements mais elle, restait tétanisée, bloquée par cette réminiscence du passé. Juste retour des choses, son jugement dernier. La minuterie résonna alors jusqu’au plafond de l’entrepôt, décuplé par l’acoustique de l’endroit. Les morts ne la manqueraient pas et s’ils étaient vraiment trente… alors il n’y avait aucune chance que les deux jeunes femmes en viennent à bout.

Ce fut l’irlandaise la plus réactive : elle l’entraîna par le bras et Selene pensa simplement à allumer sa lampe torche pour qu’elles puissent correctement voir où elles allaient. Les grognements et les râles remplissaient le Cotsco, réverbérés eux aussi, véritable chœur morbide. Arrivée devant l’issue cherchée par son aînée, le cœur de la musicienne dégringola dans ses entrailles en s’apercevant que c’était fermé. La panique était si intense que ses pensées peinaient à chercher à plan bis. Il y avait bien d’autres moyens de sortir d’ici, un entrepôt de cette taille n’était pas réduit à une porte arrière, même si le rideau de fer était baissé.

Trop tard. Un rôdeur venait de les trouver, puis un autre, et un troisième… l’étudiante joua furieusement de la machette pour les abattre. Le dernier, au crâne ramollit par de longs mois de décomposition, fut carrément décapité au-dessus de la mâchoire. Ce n’était pourtant que les prémices : une douzaine d’autres charognes suivaient de près, affamés, excités par le bruit aussi. Le bras de la jeune femme fatiguait déjà et elle commençait à se demander si son alliée ne ferait pas mieux de l’aider au lieu d’essayer de crocheter la serrure.

- Abi… Abi, tu t’en sors ?!

Acculée, elle recula, rangeant sa machette couverte d’hémoglobine pourrie dans son étui, et dégaina son glock. Chacune des déflagrations était assourdissante mais à cette distance, à la lumière de sa lampe torche, elle ne rata qu’une fois en six tirs. D’autres arrivaient néanmoins, toujours plus, la pianiste savait qu’elle ne les retiendrait pas tous. Même si elles se battaient à deux, c’était peine perdue…

Désespérée, elle en tomba deux autres, les plus proches, et enfin : son amie avait ouvert la porte. Sans attendre, elle se glissa dans l’ouverture et chercha immédiatement avec quoi bloquer l’issue. Elle avisa des casiers, certainement lourds, mais elle n’avait pas d’autres choix. Pendant que sa complice retenait tant bien que mal les putréfiés, Selene puisait dans toutes les ressources de son corps gracile pour déplacer le meuble. Elle grimaçait, en nage, ses traits couverts de sang tendus par l’effort.

Enfin, la porte fut suffisamment entravée pour que l’acharnement des macchabées n’en vienne pas à bout. Pas tout de suite. Essoufflée, les yeux bleus croisèrent ceux de la blonde. C’était bien vu de sa part, elle les avait sauvées toutes les deux. La musicienne lui adressa une ébauche de sourire, signe de félicitation, mais son visage ne pouvait pas faire mieux. Elle lui devait des explications aussi, mais ça attendrait qu’elles ne soient plus à quelques pas d’une horde enragée.

Précédée par son glock, elle commença à monter lentement les marches. Pas un bruit ne provenait de l’étage : si un rôdeur s’était trouvé là, il serait certainement descendu à leur rencontre, mais on ne savait jamais. Au premier : des bureaux administratifs. Les dossiers, les tas de papiers, les ordinateurs, tout était encore là comme avant l’épidémie. Les seuls témoins du temps qui s’était écoulé étaient les plantes vertes, desséchées dans leurs pots. Selene remonta tout le couloir, vérifiant chaque pièce, RAS.

- C’est bon, dit-elle enfin en rangeant son arme, bien joué pour la serrure. Vraiment bien joué.

Ici, la lumière du jour filtrait par les fenêtres, alors elle pouvait éteindre sa torche. Elle passa une main dans ses cheveux trempés de sueur et s’approcha d’une vitre pour voir l’extérieur. Bien évidemment, les deux acolytes étaient du mauvais côté de l’entrepôt, mais elle avait essayé.

- C’est peut-être pas plus mal qu’on ne sorte pas tout de suite, pensa la pianiste à voix haute, s’ils nous croient mortes, ils vont partir. Je suppose, ça signifiait qu’ils renonçaient aussi à l’entrepôt alors rien n’était sûr, pour l’instant on a qu'à fouiller les bureaux. Il doit bien y en avoir qui ont laissé des barres de céréales, des bonbons, ou je ne sais quoi d’autre dans leur tiroir.

Sur ces mots, Selene renversa la corbeille en papier pour la vider et utiliser le sac poubelle. Elle n’avait pas pris de sac à dos, persuadée de pouvoir faire les courses directement du chariot à la voiture. L’air encore troublée, elle choisit d’avouer :

- C’était bien moi qu’ils cherchaient… si tu demandes… c’était un accident. Cette fille m’est rentrée dedans, elle était vraiment sale, j’ai eu peur, j’ai cru que c’était un rôdeur qui m’attaquait alors j’ai…, ses doigts mimèrent une explosion à côté de sa tête, j’en ai pas parlé aux autres… il n’y a que Bobby qui sait, mais je ne crois pas qu’il ait compris que cette fille ne m’avait rien fait en fait… je…, ses yeux s’humidifièrent. Sous le sang qui souillait son visage, elle était blême, je ne veux pas que les autres saches que j’ai des moments… je ne deviens pas folle, tu vois ?! Juste des fois c’est…

Oui. En fait, je perds la tête.



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Abigail Breckenridge
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MessageSujet: Re: Follow me down to Costco   Jeu 16 Juin 2016 - 11:10

Elles firent le tour de l'étage. Rien. Tous avaient dû quitter précipitamment les lieux et l'endroit avait été épargné. Abigail posa son couteau de cuisine sur un des bureaux. Son cœur s'était un peu allégé. « C’est bon. Bien joué pour la serrure. Vraiment bien joué. » Ce fut Selene qui brisa leur silence. Abi esquissa un léger sourire. Ca avait été un vrai coup de poker. « J'avais vu ça, un jour, sur youtube... au lieu de réviser. » ajouta la jeune femme, légèrement amusée. Le souvenir d'une vie paisible, d'étudiante ordinaire. Ca lui paraissait si loin. Elle commençait à oublier certaines choses, les odeurs d'abord. Elle ne pouvait se souvenir de l'odeur de la bibliothèque et de ses vieux livres, du pain chaud lorsqu'elle entrait dans cette boulangerie française qu'elle affectionnait tant, du parfum de Kate... A cette pensée, elle baissa légèrement la tête. Elle s'était promis de ne jamais oublier le visage de ses parents et de sa sœur. Mais au rythme auquel filaient les souvenirs, elle ne pouvait plus être certaine d'honorer sa promesse. Et ça lui brisait le cœur. Elle avait l'impression de salir leur mémoire, ou plutôt de ne pas réussir à leur rendre tout ce qu'ils leur avaient tant donné toutes ces années.

La voix de Selene résonna. Abi hôcha la tête et retira le sac sur son dos pou pouvoir y glisser certaines choses. Elle commença, silencieuse, à ouvrir les tiroirs du bureau le plus proche. Une nouvelle fois, c'est Selene qui pris la parole. « C’était bien moi qu’ils cherchaient… si tu demandes… c’était un accident. Cette fille m’est rentrée dedans, elle était vraiment sale, j’ai eu peur, j’ai cru que c’était un rôdeur qui m’attaquait alors j’ai..., j’en ai pas parlé aux autres… il n’y a que Bobby qui sait, mais je ne crois pas qu’il ait compris que cette fille ne m’avait rien fait en fait… je… je ne veux pas que les autres saches que j’ai des moments… je ne deviens pas folle, tu vois ?! Juste des fois c’est… » Abigail releva les yeux vers son amie. Elle ne lui avait pas demandé qu'elle lui raconte. Ce n'est pas qu'elle ne voulait pas savoir, mais elle ne voulait pas que Selene se sente obligée de lui dire parce qu'elle avait été là aujourd'hui. Lentement, l'Irlandaise ferma le tiroir. Elle comprenait ce que la jeune femme voulait dire. Elle comprenait la difficulté de se voir changer, ou plutôt de découvrir qui elle était vraiment. Abigail vivait ça, également. Elle s'approcha doucement de Selene et fouilla dans son sac pour en sortir une barre de céréales qu'elle avait emporté. « Tu devrais manger, tu sais. » déclara simplement Abi avant de s'adosser contre le mur, face à son amie. « J'ai porté Kate jusque un local à poubelle, quand Ziggy et Juliane nous ont mis dehors. Elle est morte là bas. Mais je n'ai rien enfoncé dans son crâne. Je pouvais pas... Je l'ai attaché, pour qu'elle ne fasse de mal à personne et j'ai... Je suis partie, la laissant là. » Sa voix se brisa. Elle avait honte de la faiblesse qu'elle avait eu à cet instant. Elle pensait alors à sa sœur qui, à ce moment même, devait se traîner au sol, se tortiller dans tous les sens, grogner de colère de ne pouvoir se lever et chercher de la chaire fraîche à dévorer. « Parfois, je ferme les yeux et je vois le visage de Juliane. Je sers son cou... De toute mes forces. Elle est rouge et ses yeux me fixent, grands..., elle se stoppa un instant, détournant les yeux du visage de Selene, et ça me donne un plaisir fou. Je me sens puissante, et libérée, aussi. Je pense à Kate et je serre les dents... Je serre son cou... D'autres fois, quand je ferme les yeux, c'est Ziggy que je vois, elle se racle la gorge et baisse la tête. Elle connaissait, du moins par observation, la relation que pouvait avoir Ziggy et Selene à l'époque et elle ne voulait pas la heurter en lui dévoilant ses plus intimes et sombres désirs de vengeance. Il est à genoux, reprit la jeune femme, et j'ai le canon d'un pistolet contre sa tempe. Il me supplie, quelques fois... Souvent... Et je n'ai même pas de pitié. J'enfonce le canon dans la peau de son crâne. Et je tire. » Sa voix s'éteignit, pendant qu'une honte l'envahit et tord son estomac. Elle se mordillait nerveusement la lèvre inférieure, jusqu'au sang. « Mais je n'ai pas de peine. Je me sens juste... bien. Libérée d'un poids. J'y prends plaisir. J'en rêve, je le désire, c'est au fond de moi. Je dois me venger. Ils doivent payer. » Cette fois, ce fut trop. Les larmes coulèrent sans qu'elle ne s'en rende vraiment compte. Elle essuya ses joues ensanglantées avec le dos de sa main avant de poser de nouveau ses yeux bleus sur le visage blême de Selene. « Tu n'es pas la seule à ne plus te reconnaître. » lâcha alors Abigail, simplement, presque trop simplement... Elle s'était habituée à cette idée de vengeance, à cette idée qu'elle devait les tuer pour se sentir mieux. Mais elle ne s'était pas habituée à l'idée qu'elle y prenait un certain plaisir, qu'elle aimait, au fond, les voir mourir dans son esprit. En bas, les coups des morts contre la porte résonnaient jusque les deux jeunes femmes et Abigail savait que ce n'étaient pas eux les vrais monstres.
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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: Follow me down to Costco   Jeu 16 Juin 2016 - 17:29

Elle attrapa la barre de céréales entre ses doigts fins mais n’avait pas envie de la manger. Ça lui tira une ébauche de sourire pourtant : généralement, c’était Bobby qui était toujours armé en douceurs quand il sortait. Selene avait plutôt le réflexe de se contenter de l’essentiel : de quoi casser du rôdeur en cas de nécessité. Ce fut au tour de l’irlandaise de se confier et pour le coup, son récit acheva de nouer l’estomac de la musicienne. Elle se doutait que sa sœur était morte, forcément, mais elle ne savait pas exactement comment. Par empathie, elle sentit la souffrance de son aînée lui déchirer les entrailles. Dans ses souvenirs, le visage de Kate était flou, maladif, mais elle l’imaginait transformée, déshumanisé.  

Selene en avait voulu à Juliane et Ziggy pour leur réaction, simplement parce qu’ils n’avaient fait preuve d’aucune délicatesse. Mais ce que ressentait Abigail devait être indescriptible. Impossible de prétendre savoir ce que c’était, même si elle comprenait. L’homme qui avait violé Flann, elle aurait rêvé en faire plus… l’humilier avant de l’abattre, lui faire regretter au centuple. Parfois, elle oubliait qu’il était mort et songeait à le retrouver pour venger son amie.

Lentement, la pianiste s’était approchée de la blonde. Plus sa voix faiblissait, plus ses yeux fuyaient, plus elle donnait l’impression de vouloir se dérober, plus l’étudiante était proche. Son cœur battit un peu plus fort ; pas à cause de la peur cette fois, mais à cause de l’élan d’affection qu’elle ressentait pour l’irlandaise. La distance qui les séparait était égale à bien peu de chose quand Selene s’arrêta. L’une de ses mains effleura délicatement les joues baignées de larmes et souillées de sang, alors que ses yeux couleur glacier plongeaient dans ceux d’Abigail.

- On est pareille toutes les deux… tout le monde croit qu’on est restée deux gamines fragiles alors qu’en fait…

Sa phrase ne se termina pas, elle savait que son aînée comprendrait. La pianiste ne s’était pas trompée : elle l’avait pensé depuis qu’elles s’étaient rencontrées, qu’Abigail et elle étaient de la même trempe. Ces jeunes femmes sensibles mais indestructibles, celles qui sombraient dans les ténèbres mais qui étaient renforcées par l’obscurité. L’étincelle de démence au fond des prunelles de la blonde était un écho à la sienne. C’était glauque, n’est-ce pas ? Se sentir attirée par quelqu’un parce qu’elle hébergeait les mêmes pulsions latentes. Elle étreignit alors brièvement la jeune femme en lui glissant dans l’oreille :

- J’ai appris à les oublier, j’ai eu d’autres personnes à détester mais… si on les revoit, et que tu veux toujours te venger… je t’aiderai. Tu peux me croire.

Selene la relâcha et s’éloigna alors, déballant machinalement la barre de céréale. Les morts frappaient toujours en bas, avec un acharnement inépuisable. Au lieu de commencer à fouiller la pièce, elle repoussa d’une main la paperasse désordonnée qui traînait sur le bureau et la repoussa négligemment pour pouvoir s’y assoir. C’était dingue de se sentir aussi sereine alors que l’apocalypse cognait au rez-de-chaussée. C’était sans doute parce que pour la première fois, la musicienne sentait qu’elle pouvait être comprise. Ce n’était ni Bobby et sa candeur, ni Baby et sa nonchalance, ni Breann et sa relativisation, ni Gabriel qu’elle craignait de choquer. Abigail pouvait regarder en face le monstre tapis dans son âme, et le reconnaître.

- J’ai tué 7 personnes tu sais… je me souviens de toutes… mon voisin, qui m’a agressé au début de l’épidémie, un flic que j’ai achevé parce qu’il s’était fait bouffé à la gorge, le chef d’un gang de pillards, trois malades mentaux qui faisaient partie d’un groupe de fanatiques à Brinnon et cette pauvre fille là… Melany… ce qui est le plus dur, c’est pas de vivre avec. C’est de prendre conscience que je ne le regrette pas au fond de moi…

Elle mordit dans la barre de céréales sans trop y croire. En fait avant de compter, elle ne s’était jamais rendu compte comme ça faisait beaucoup. L’épidémie faisait déjà des ravages incommensurables et elle ajoutait six noms à la liste. Le pire c’était qu’elle aurait envie de croire aux théories de la paix qui prônaient le respect de toutes les formes de vie ; mais… non. Ça ne la touchait pas.

- J’ai 20 ans et je suis une criminelle multirécidiviste, reprit la musicienne en levant le poing en signe de fausse victoire, toi tu ne fais qu’en rêver alors… ne sois pas trop dure avec toi-même. Mais n’en parle pas à Bobby, ajouta-t-elle, il ne comprendrait pas…


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Abigail Breckenridge
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MessageSujet: Re: Follow me down to Costco   Lun 20 Juin 2016 - 11:31

Le contact de sa peau contre celle de la jeune femme serra le ventre d'Abigail. Selene avait glissé ses doigts contre sa joue et elle sentit son cœur battre plus vite. Il y avait quelque chose de rassurant dans ce geste doux et tendre. Comme un instant suspendu, de paix. Selene était entrée dans sa bulle et Abi ne s'en était pas sentie agressée. Depuis son retour à la vie sociale, elle avait eu beaucoup de mal avec les contacts physiques. Sauf avec Bobby. Abigail tourna la tête vers la pianiste et elle prit conscience de sa proximité. Une nouvelle fois, découvrir son visage semblait l'inonder d'une sérénité inexplicable dans cet endroit et quelques minutes après ce qu'elles avaient vécu. Elle lisait dans son regard qu'elle la comprenait. Qu'elle savait qui elle était et elle ne la rejetait pas. Mieux, même : elles étaient identiques. Leurs âmes semblaient se confondre en cet instant et cette compréhension adoucissait quelque peu le cœur coupable de la jeune femme. Selene confirma sa pensée. Elle n'avait pas besoin de parler plus, Abi sentait, savait, ce qu'elle voulait dire, ce qu'elle ressentait.

Les bras de Selene s'enroulèrent autour d'elle et elle ne se sentit pas gênée par cette brève étreinte. Selene était devenue une véritable alliée, une véritable amie. Elle prenait conscience qu'elle n'était plus seule dans les ténèbres. Peut être qu'elle pourrait lâcher la main de Bobby, parce qu'elle pourrait survivre avec Selene, même en enfer ? Peut-être qu'elle n'avait plus besoin d'Orphée maintenant qu'elle avait Perséphone près d'elle ? Elles étaient plus fortes dans la difficulté, dans l'horreur. Abi, peu à peu, se nourrissait des flammes pour survivre. Elle devenait de plus en plus forte chaque fois qu'elle était en colère, chaque fois qu'elle sentait cette haine l'envahir. Elle ne survivait par elle même que par aigreur. Elle devenait un animal féroce, poussée par la fureur. Ce n'était pas celle de vivre, mais celle de tuer, de se venger. Elle savait que c'était elle l'abomination, pas les morts. Mais à présent, elle n'avait plus peur. Selene était un véritable soutient dans cette transformation, dans sa métamorphose.

A ces mots, elle ferma les yeux quelques instants. Une nouvelle fois, Selene lui prouvait qu'elle la comprenait. Elles s'éloignèrent l'une de l'autre et Abi se sentait plus forte, plus courageuse, plus solide. A présent, elle savait qu'elle pouvait laisser agir l'ombre noire de son âme. Qu'elle pouvait ouvrir la cage. Elle écouta attentivement son amie. Quelque part au fond d'elle, il y avait une sorte d'envie. Oui, elle aussi voulait tuer. Oh pas n'importe qui. Elle savait très bien qui était sur sa liste et elle rêvait de pouvoir réaliser ses rêves. Abigail attrapa le dossier de le chaise de bureau et d'un geste lent elle la recula avant de s'y asseoir. Elle leva les jambes qu'elle posa sur le bureau, croisées. Elle voulait rester là, quelques instants encore, reprendre ses esprits, peut-être mettre au point un plan pour fuir l'endroit. Elles étaient en sécurité ici, du moins pour un temps. Et Abigail voulait profiter de ce tête à tête encore un instant. Etre comprise n'avait pas de prix.

« Tu as raison. Il est trop... pur pour comprendre. » déclara-t-elle avant de sourire faiblement. Oui, Bobby avait une âme trop blanche pour être salie par une telle conception de l'homme. Plus encore, Abi ne voulait pas entacher cette âme. Parce qu'ici, les taches étaient irrécupérables. Elle posa les mains sur son ventre et détourna les yeux vers la fenêtre. « Je pensais que je survivrai pas une seule journée sans lui. J'avais pris pour habitude de me reposer sur sa force. » dit-elle doucement, la mélancolie trahissant ses traits. « Mais quand j'ai quitté Seattle, j'ai survécu. C'était pas que je voulais vivre... Elle marqua un temps d'arrêt, reposant ses yeux sur Selene, puis reprit : Pourquoi t'es encore vivante ? » Tous avaient une raison pour être encore là aujourd'hui. Certains juste parce qu'ils ne voulaient pas mourir, d'autres parce qu'ils cherchaient à retrouver quelqu'un qu'ils aimaient, ou encore pour protéger leur famille. Pour Abi c'était bien loin d'être le résultat de sentiments louables et beaux. Elle n'aurait pas pu être l'héroïne d'un livre ou d'un film traitant de ce sujet. Elle n'aurait pas pu être la gentille.
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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: Follow me down to Costco   Lun 20 Juin 2016 - 21:05

Mangeant distraitement la barre de céréales, Selene écoutait son amie. Elle comprenait parfaitement ce qu’elle voulait dire à propos de Bobby : elle aussi, au début, avait été tiraillée par l’envie de se servir de lui. Avoir son grand corps comme bouclier, ses larges muscles comme épée, et survivre de cette façon. Puis finalement, la jeune femme avait appris à connaître ses propres forces. Pendant plusieurs mois, elle avait été seule à Seattle. Seule avec les morts qui hantaient chaque coin de rue, seule avec la peur, la faim et ses démons. En retrouvant le géant, la musicienne avait compris qu’il avait plus besoin d’elle que l’inverse. Ça n’enlevait rien à ce qu’elle ressentait, mais elle était simplement mieux préparée au pire.

- Pourquoi je suis vivante…, répéta-t-elle pensive.

La pianiste saisit le sens de la question. Pourquoi n’avait-elle pas baissé les bras ? C’était une très bonne question. Que cherchait-elle à prouver quand elle avait pris la route, seule, sans se tourner vers personne ? Aussi précisément qu’elle pouvait s’en souvenir, ce n’était qu’un instinct, une pulsion animale, qui lui dictait de vivre. Il n’y avait pas de raison, pas de motif, pas de but glorieux. Elle se battait parce qu’elle sentait dans ses tripes qu’elle était faite pour ça.

- Depuis le chalet, je suis là pour protéger tout le monde. C’est venu tout seul et c’est… un truc super fort. Melany, ou les fanatiques de Brinnon que j’ai tué, c’était pour ça… je me disais que je devais rentrer pour ceux qui était au refuge, et je gagnais…

Ses yeux se perdirent brièvement dans le vague avant de se fixer sur Abigail. C’était bon de pouvoir parler sans détour. Selene savait que ce moment ne serait pas éternel, qu’elles allaient devoir trouver un moyen de sortir, mais pour l’instant… elle ne voulait pas être ailleurs. Elles étaient deux louves, sauvages, indépendantes. Avec les autres, elles savaient faire semblant d’être domestiquées mais au fond… elles étaient libres.

- Avant ça… je ne sais pas… bon j’ai eu de la chance, mais il y avait un truc en moi… une rage, tu vois ? Je devais survivre. L’épidémie venait de commencer quand mon voisin m’a agressé. Je ne sais toujours pas s’il voulait me violer ou me piller. Il était plus grand, plus fort, j’étais seule, mais… je suis là, et pas lui, elle haussa les épaules, c’est comme ça…

Déjà petite, la mort l’avait refusée. Certes, la balle l’avait touché au bras, mais elle avait perdu beaucoup de sang, le choc était terrible. L’enfant aurait pu capituler, suivre sa mère plutôt que rebrousser chemin seule. Mais non. La pianiste s’était battue et elle avait ouvert les yeux. Maudite mais triomphale. Elle aurait dû le savoir que c’était un signe, qu’elle deviendrait un ange de la mort. Le temps d’une pause, elle avala ce qu’il restait de sa barre de céréale et jeta le papier dans la corbeille récemment dénudée de son sachet. Vieux réflexe.

- J’avais un truc aussi… un mantra, auquel je pense des fois… je ne dis pas qu’il est moral, je suis sûre que tu vas comprendre pourquoi il me plait.

Selene étira alors le col de son T-shirt pour dévoiler son tatouage, juste sur le cœur. Le tissu protestait mais elle s’en fichait. Sur sa peau ivoirine, les lettres noires et élégantes étaient clairement lisibles : « Si tu ne veux pas que la peur du mal te hante, alors il te faudra incarner le mal en personne ».

- J’avais 16 ans quand je l’ai fait, et je trouvais déjà ça assez… intense.

Elle rit brièvement en soulageant enfin son haut déjà abîmé. Adolescente, cette phrase était surtout une manière de marquer sa rébellion. D’autres se tatouaient des phrases de Gandhi ou des citations débiles sur l’amour ? Elle parlerait du Mal. Elle « serait » le Mal. C’était ce qu’elle avait incarné à son échelle pendant quelques temps d’ailleurs… petite délinquance, drogue, sexualité débridée, alcool… la musicienne avait été une caricature. Une peste. Tellement qu’elle avait eu perd de se perdre.


Go back and forward, but all is melting like the snow ♪ Taking all from us, all we thought was left to know ♪ On what we treasure falls a dusty snow ♪ taking us backwards, but where we will never know.
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Abigail Breckenridge
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MessageSujet: Re: Follow me down to Costco   Mar 21 Juin 2016 - 11:55

Protéger tout le monde... Abigail baissa les yeux. Si Selene avait cette volonté, cette force, ce n'était pas le cas d'Abi. Elle ne se sentait pas capable de porter à bout de bras toutes ces personnes comme la brune le faisait. Oh, Abi pouvait aimer. Elle aimait Selene, elle aimait Bobby et elle commençait à porter dans son cœur Gabriel, Flann, Aori et elle avait beaucoup d'affection pour le petit bonhomme qu'était Arun. Les contacts étaient plus compliqués avec Harold et Breann. Le premier parce qu'il était trop drôle, trop sur, trop taquin et que la solitude l'avait rendue stérile à tout échanges légers. La seconde parce qu'elle se méfiait énormément de son rapprochement avec Bobby. Il était fragile malgré son apparence. Son cœur était tendre et doux et Abi craignait qu'elle ne le détruise. Même sans le vouloir. Mais elle savait que ces personnes étaient sa famille et elle ne les laisserait pas mourir. Mais de là à les protéger et à se battre avec férocité comme le faisait Selene... Elle savait qu'il y aurait des pertes, parce qu'il était impensable dans ce monde qu'ils restent tous jusqu'à la fin. Si il y en avait une. Elle espérait juste que ceux qui partiraient soient ceux qu'elle affectionnait le moins. En bonne égoïste qu'elle était. Mais elle avait assez souffert de la perte de Kate et même si elle s'était promis de ne plus s'attacher à qui que ce soit à part Selene et Bobby. Manqué...

Elle écoutait attentivement la jeune femme. Selene tuait pour survivre ou pour protéger. Abi n'avait envie que de vengeance. Et si finalement elle était pire que ce qu'elle croyait ? Et si finalement, c'était elle Perséphone ? Elle déglutit difficilement, perturbée par cette pensée. Une fois encore elle s'était reposée sur quelqu'un. Elle avait cru que Selene était comme elle et qu'elle pourrait, bras dessus bras dessous, traverser l'enfer. Mais elle avait peur à présent d'être celle qui traîne dans les ténèbres pour d'autres raisons obscures. Elle était perdue, comme une enfant dans la forêt noire. Sauf que c'était elle la sorcière. Elle soupira doucement. Avant de tourner la tête vers Selene qui avait piqué sa curiosité. Cette dernière leva son haut pour laisser apparaître sur sa poitrine un tatouage. Surprise, Abi leva les sourcils, un léger sourire accroché à ses lèvres.

« Ah ouais ! T'as toujours été cool, toi. » lança-t-elle, quelque peu amusée, pour détendre la conversation. Abi avait toujours été une jeune fille sage. Pas de dérapages. Pas de mauvaises notes. Que des relations très sérieuses et une vie sexuelle presque inexistante. Aujourd'hui, elle le regrettait un peu. Chaque jour elle vivait avec la mort au creux du ventre et elle n'avait pas profité, expérimenté une vie qu'elle n'aura jamais plus. Elle se leva de sa chaise pour mieux voir et lire plus nettement la phrase incrustée dans la peau de son amie. Si tu ne veux pas que la peur du mal te hante, alors il te faudra incarner le mal en personne... Les mots prenaient tout leur sens à présent. Ils résonnaient dans la tête et l'âme de la blonde et son sourire s'effaça légèrement. Selene cacha le tatouage et Abi s'éloigna de quelques centimètres de la musicienne avant de se reposer contre le bureau, aux côtés de son amie.

« Tu m'étonnes. » lâcha-t-elle d'un air distrait. « Tu veux voir le truc le plus intense que j'ai fait dans ma vie ? » demanda-t-elle, un sourire en coin. Elle se posta face à Selene et souleva son t-shirt laissant découvrir son ventre. Là, accroché à son nombril, un faux diamant. « Tadaaaa ! » Avec sa main droite, elle désigna la petite chose qui brillait. Elle lâcha un petit rire avant de cacher sa peau. « Les blondes c'est toujours plus sages que les brunes. » Elle haussa les épaules, amusée, un air taquin sur le visage. Elle l'avait fait en cachette de Kate qui ne l'avait jamais su. Elle ne s'en voulait même pas de ne pas lui avoir avoué avant que celle-ci ne meure. C'était la chose la plus folle qu'elle avait fait dans sa vie. A cette pensée, elle se sentit nostalgique. Sa vie avait été facile. Souvent elle rêvait de revenir à cette existence qui lui paraissait si lointaine. D'un autre côté, aujourd'hui, elle se sentait beaucoup plus... elle-même. Et d'autant plus à cet instant précis, en compagnie de Selene.
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MessageSujet: Re: Follow me down to Costco   Aujourd'hui à 7:03

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