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 Follow me down to Costco

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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: Follow me down to Costco   Mar 21 Juin 2016 - 19:05

Selene sourit en voyant le piercing de son amie. Elle avait voulu en faire aussi, mais n’était jamais allé jusqu’au bout. Sans vraie raison, ça n’avaient pas été les occasions qui avaient manqué. L’espace de quelques secondes, ses yeux se perdirent dans la contemplation du ventre d’Abigail. Un frisson la surprit, inexplicable, alors que la musicienne ne se souvenait pas avoir déjà « vraiment » été attirée par les filles. C’était sans doute une chimère. Mis à part son coup avec Harold, son corps n’avait plus connu l’extase depuis longtemps alors… oui c’était ça. La beauté naturelle de l’irlandaise mêlée à leur complicité du moment, ça embrouillait ses émotions.

- Plus sage mais plus sexy ! Commenta la musicienne avait une expression taquine.

Elle passa une main dans ses cheveux et ressortit machinalement son arme de son étui pour en inspecter le chargeur. Encore à moitié plein, ça suffirait, elle espérait ne plus avoir à tirer tant que ça. En bas, les rumeurs étaient moins mortes. Peut-être les morts se lassaient. Sans visu ni aucun bruit pour les mettre sur la voie, ils risquaient de se disperser à la recherche d’autres membres frais à grignoter. Selene rengaina alors son glock dans son étui, poussa un soupir et reposa sur sa complice un regard emprunt d’espièglerie :

- Alors comme ça, tu étais plutôt du genre fille sans histoire ? J’étais assez discrète depuis la fac mais au secondaire… j’étais une peste. Une connasse même, n’ayons pas peur des mots. Avec le recul, je ne sais même pas comment mon père me supportait…

Ce père mort dès les premiers jours de l’épidémie. Avait-il été abattu ou errait-il dans les rues de Seattle ? La jeune femme ne s’était jamais posé la question. C’était peut-être une bonne chose car sinon, avant, elle aurait passé des jours – voire des semaines – à essayer de le retrouver. Désormais, elle s’était faite à l’idée. Dans tous les cas, il y avait toutes les chances du monde qu’il ne la reconnaisse pas. Il avait vu sa fille en gamine appliquée, en adolescente garce, en étudiante silencieuse, mais en guerrière ? Jamais.

- On ne se serait sans doute pas entendu à cette époque, avoua Selene en riant, alors que maintenant…

Ses mots se suspendirent dans les airs. Ses yeux bleus pétillèrent, un éclair meurtrier, une part d’elle-même qu’elle n’avait plus peur de cacher. Leurs motivations n’étaient peut-être pas les mêmes, mais les résultats étaient indiscernables. Deux harpies, belles et enchanteresses jusqu’à ce qu’elles dévoilent leurs serres. Leur vraie apparence ; une monstruosité latente.

- Je les tuerai, déclara soudainement la pianiste d'une voix lente, les types de tout à l’heure, s’ils sont toujours là, je les tuerai.

Parce qu’elle voulait rentrer vivre avec les siens ? Oui et non. C’était un beau mensonge de croire que ça ne tenait qu’à ça. Parce qu’ils l’avaient attaquée ? Oui et non. C’était un prétexte. Parce qu’elle avait la rage. Cette bête sans visage logée dans ses entrailles, cette voix qui susurrait des litanies sanglantes dans sa tête. Elle perdait pied avec la réalité sans s’en rendre compte. Et Abigail avait permis ça… de ne plus museler ces pulsions violentes.

- Tu es avec moi ? On fait le tour de cet étage et on bouge.


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Abigail Breckenridge
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MessageSujet: Re: Follow me down to Costco   Sam 25 Juin 2016 - 13:37

Derrière son masque de sang séché, les joues de la jeune blonde s’empourprèrent légèrement aux mots de Selene. Timidement, elle lui lança un sourire. Elle n'était pas tellement d'accord. Elle avait toujours trouvé les brunes plus mystérieuses, plus intrigantes, plus intenses, et donc plus sexy. Elle trouvait la blondeur quelque peu fade parfois. Alors le compliment de son amie, bien qu'indirect, l'avait flattée. Et puis surtout, cela faisait des mois qu'elle ne s'était pas sentie ni belle ni sexy. Plaire avait toujours fait plus ou moins parti de ses objectifs dans sa vie d'avant. Elle voulait être parfaite, elle voulait qu'on la regarde, qu'on la désire. Ce n'était pas le genre de filles à tomer dans les bras de n'importe qui, mais ça la rendait plus confiante quand on la draguait. Elle soupira légèrement. Tout cela était bien loin. Aujourd'hui sa préoccupation principale était de ne pas mourir, de survivre et de garder tout le monde sain et sauf du mieux qu'elle pouvait.

« J'étais... terriblement ennuyante, ouais. » répondit Abigail avant de lâcher un léger ire enfantin. Aux paroles de son amie, elle leva les sourcils de surprise. Elle n'aurait jamais imaginé Selene dans ce rôle. A vrai dire, elle ne s'était jamais imaginé Selene dans une vie qui était maintenant terminée. Qu'elles ne vivraient plus jamais. Elle ne s'était jamais demandé quelles étaient les vies de chacun avant que tout cela ne commence. Où vivait Selene ? Avec qui riait-elle ? Et Bobby... Comment passait-il son temps libre ? Est-ce qu'il chantait souvent ? Elle ne savait rien de ceux qu'ils avaient été et aussi étrange que celui puisse paraître elle ne se sentait pas intéressée par ce passé. Elle aimait aujourd'hui dans ce monde, dans ce présent. Le reste n'avait pas d'importance. Ce qu'ils avaient fait, ce qu'ils étaient... Un court silence s'installa. La voix de Selene la fit légèrement frissonner. Ce n'était pas pas peur, par angoisse, par effroi... C'était parce qu'il y avait quelque chose d'excitant. Elle semblait si déterminée, si possédée... Les poils de ses bras s'hérissèrent et un léger sourire étrange naquit sur ses lèvres. A quelques centimètres du corps de Selene, elle pouvait presque entendre les battements de son cœur. Ou peut-être était-ce son imagination ? Elle planta son regard dans celui de la musicienne, glissant sa main vers la sienne. Doucement, elle serra les doigts de la jeune femme. « Toujours. » répondit-elle simplement, avant de relâcher la pression. Elle s'éloigna de la brune, attrapa son couteau qu'elle avait posé quelques minutes avant. Tuer ne lui faisait plus peur. Elle s'en sentait capable. La présence de Selene la rendait plus forte, plus puissante, plus cruelle...

Elle fit le tour des tiroirs de la pièce en quête d'elle ne savait quoi. Elle avait pris pour habitude de fouiller partout, histoire de ne rien louper. Mais ici il n'y avait rien de bien intéressant à emporter. A part peut-être ces anti dépresseurs ? Elle hésita un instant avant de les glisser vite fait bien fait dans son sac. Ses yeux se posèrent sur une photo de famille. Des sourires, un chien, des yeux rieurs, des enfants, du bonheur... Elle détourna le regard, comme si le souvenir d'un bonheur la rendait mal à l'aise. Elle imaginait cette famille dévorée ou dévorant, parents comme enfants. Alors elle s'en détourna le plus rapidement possible, chassant les images morbides de son esprit et rejoignit Selene.

« C'est parti. »
dit-elle doucement, déterminée à sortir d'ici et à en finir. La colère d'une vie oubliée, abandonnée, qu'elle chérissait, la mettait en colère. Elle sentait son corps frêle s'emplir de feu. Elle voulait courir, sauter, frapper, tuer. C'était une des premières fois où elle se sentait si puissante.



 
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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: Follow me down to Costco   Sam 25 Juin 2016 - 19:17

Le sourire qui fendit son visage quand Abigail confirma la soutenir était presque carnassier. Contraste avec la chaleur qui flottait encore sur sa peau suite à leurs mains qui s'étaient entrelacées. Récupérant son sac poubelle, l’étudiante fit rapidement le tour des bureaux. Il n’y avait rien de vraiment intéressant, seulement trois paquets de biscuits type Oreo, dont un entamé qui avait attiré une colonie de fourmis. Maigre récolte. Une fois l’irlandaise retrouvée, Selene se mit en quête d’une autre sortie. Il y en avait forcément une : le personnel administratif ne passait pas par l’entrepôt chaque fois qu’il avait besoin d’aller ou venir.

Son revolver tendu, elle ouvrait la voie. Il fallait redescendre, là où les casiers retenaient tant bien que mal la horde. On entendait plus frapper les mains décharnées, elles s’étaient lassées. Mais les râles ne s’évanouissaient pas, ils semblaient ramper sur les murs et s’incruster dans la peinture. A croire que l’ensemble du bâtiment expirait douloureusement.

- Là, regarde.

Au bas des marches, la musicienne suivit un couloir vers la gauche. Une porte. Close. Elle retint sa respiration, abaissa la poignée, et… ouverte. De l’autre côté, les ténèbres étaient épaisses, moite. Pas un bruit ne se faisait entendre, alors elle osa se décrisper pour décrocher sa lampe torche de sa ceinture et éclairer les lieux. C’était une espèce de vestibules, avec des panneaux d’affichage, des porte-manteaux, des prospectus posés sur un comptoir et une entrée vers des toilettes. A l’autre bout, une autre porte dont l’embrasure était découpée par le soleil.

Par l’interstice du bas, on pouvait voir une ombre passer plusieurs fois devant, à un rythme aléatoire. Selene s’approcha et plaqua son oreille contre le panneau. Un fond de raclement guttural lui appris ce qu’elle voulait savoir : c’était un rôdeur. Elle noua son sac poubelle à sa ceinture, raccrocha à contre cœur sa torche et dégaina sa machette. A voix basse, elle compta jusqu’à trois et ouvrit, protégeant ses yeux de la main qui tenait le glock 17. Plutôt que de sortir pour être à la merci de potentiels tirs, et être complètement aveuglée par la lumière du jour, la pianiste laissa le macchabée la rejoindre. Une fois à portée, sa lame se planta violemment dans son crâne et elle le repoussa du pied pour se dégager.

La charogne s’effondra, puis le silence reprit ses droits. La musicienne osa passer la tête pour jeter un œil… la voie était dégagée. Elles étaient du côté du mur est. Il n’y avait rien, ni personne, à part des voitures dépouillées jusqu’à leur moteur. Sans un mot, elle rangea la machette et fit signe à la blonde de la suivre. Longeant la paroi, à moitié courbée, Selene progressait avec souplesse. Maculée de sang, les cheveux encore humide de sueur, elle avait l’air d’une créature sauvage.

Arrivée au coin, elle s’assura qu’Abigail était sur ses talons, s’accorda une pause, et risqua un regard. Ils étaient là… quatre personnes, mais leur voiture avait disparu. Au lieu de s’intéresser à l’entrepôt, ils avaient plutôt l’air d’attendre quelqu’un. Du renfort ? Possible que l’un d’eux soit parti chercher des bras supplémentaires. Maintenant que les rôdeurs avaient investi les lieux, ils n’étaient plus assez nombreux pour le dévaliser.

- Tu es prête ? murmura Selene, ils sont assez près pour qu’on les prenne par surprise… on les descend, on court à la voiture, et on part.

Dans les yeux de son amie, elle lut qu’elle ne la laisserait pas tomber. Toutes les deux, ensembles, elles vendraient leurs âmes au diable. La musicienne n’avait même plus peur, elle ne se sentait même plus coupable… le vide venait de remplir sa tête. Seule les « voix » comblaient cette espace, lui susurrant de faire couler le sang, de rendre le Mal pour le Mal, de libérer le monstre.

Alors elle sortit de sa cachette, canon dressé, avec ses allures de chimère. Les hommes ne l’avaient même pas vue avant qu’elle tire son premier coup, qui toucha une cible entre les deux omoplates. Les autres avaient sursauté, s’étaient retournés, mais déjà deux autres balles partaient, dont une qui se logea dans l’abdomen d’un de ceux qui avait tenté de les condamner à mort.


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Abigail Breckenridge
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MessageSujet: Re: Follow me down to Costco   Mar 28 Juin 2016 - 20:33

Lentement, elle glissa son couteau dans sa poche et sortit le SIG-Sauer accroché à sa ceinture. Son chargeur était plein et elle savait exactement combien de balles elle pourrait tirer. Dix pour être exacte. Et elle comptait bien loger ces dix balles dans les corps de leurs ennemis. Selene ouvrit le bal macabre. Elle tira une première fois et Abi la suivit. Elle n'était pas spécialement douée avec les armes à feu, mais Selene lui avait un peu appris depuis son arrivée. Elle s'était durement entraînée. Elle se concentrait, ne pensait qu'à viser les corps qui courraient autour d'elle. Plus rien ne tournait dans son esprit. Seulement tirer. Seulement toucher. Seulement tuer.

Sa première balle toucha un homme à la jambe qui s'écroula au sol sous la douleur. Selene toucha une seconde personne à l'abdomen qui réussit à trouver la force de se cacher derrière leur véhicule en compagnie du seul ennemi qu'elle n'avait pas réussi à toucher. Celui qu'avait blessé Selene dans le dos était allongé par terre. Il vivait encore mais avait du mal à se déplacer. Abi pressa le pas, elle passa près de la victime de Selene et l'acheva d'une balle dans la tête. Elle laissa Selene finir l'homme blessé à la jambe et lui fit signe de se diriger vers le véhicule. Abi passerait par le côté droit, tandis que Selene les attaquerait du côté gauche.

Abigail se sentait pousser des ailes. Elle avait l'impression d'être l'ange de la Mort, comme Némésis elle rendrait justice. SA justice. Ils avaient voulu qu'elles meurent dévorer vivante, mais elles étaient plus fortes et ils allaient goûter à leur vengeance. Plus rien ne la guidait à part la colère et la rage. Lorsque Selene fut totalement prête, elles s'approchèrent d'un pas vif et découvrirent les deux rescapés. Ils étaient armés également, mais ils n'avaient pas prévu une attaque. Leurs armes n'étaient pas prêtes et les filles prirent l'avantage. Abi tira. Une fois, deux fois, trois fois, quatre fois... Elle vida son chargeur sur les deux corps. Elle entendait les cris et les râles mais rien ne vint toucher si cœur autrefois si tendre.

C'en était terminé. Elles les avaient tués. Le bruit des détonations avaient attiré les infectés de plus en plus nombreux. Ceux qu'ils avaient attiré à l'intérieur du Costco ressortaient excités par autant d'activité. Sans plus attendre, elle se mirent à courir vers leur voiture. Abi reprit sa place du côté passager t claqua la porte au moment où Selene démarra le moteur. Elle partit en trombe, laissant les morts arracher les chaires encore chaudes de leurs ennemis. Abi était légèrement essoufflée par le sprint final, mais une satisfaction la remplissait d'un bonheur inexplicable. Elle sentait libre, juste, bien. Le visage encore recouvert de sang, elle tourna la tête vers Selene qui roulait à vive allure, histoire de s'éloigner le plus vie possible du lieu du crime. Alors un sourire naquit sur les lèvres séchées de la blonde. Elle était fière. Fière de Selene et fière aussi d'elle même. Elles l'avaient fait. Elles avaient montré qui contrôlait, qui décidait des règles du jeu. Et définitivement, c'était elles aujourd'hui.

Abigail leva alors l'avant bras, la paume de la main tendue vers Selene pour qu'elle tape dedans en signe de victoire. Les yeux d'Abigail pétillaient. Quelque chose les liait à présent. Elles étaient les Érinyes, ces déesses infernales, ces divinités persécutrices... Et ça lui plaisait plus que de raison.



 
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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: Follow me down to Costco   Mer 29 Juin 2016 - 18:24

Ils avaient été complètement dépassés. Oh oui, deux d’entre eux parvinrent à se planquer derrière leur véhicule, mais ce n’était qu’une question de secondes. Ils le savaient, Selene le sentait. Les deux jeunes femmes s’approchèrent, portées par leurs ailes d’anges déchues, galvanisée par l’odeur de la poudre et du sang. A hauteur de leur victime, la musicienne toisa froidement le type touché à la jambe avant de l’achever d’une balle dans la tête. Ce serait un mensonge de dire que son regard implorant n’avait pas ouvert une brèche dans sa conscience, réveillant son empathie naturelle, mais… elle n’avait pas le choix. Ils la traquaient pour la tuer, ils l’avaient condamnée à mort…

Quand elle découvrit les deux autres terrés derrière leur voiture, abasourdi par ce qui leur tombait dessus, la pianiste eut l’impression que cet instant dura une éternité. Ses yeux glacés dans les leurs, à déchiffrer leur peur, leurs peines, leur colère, leurs suppliques muettes… cette image les accompagnerait dans la mort. Cette dernière vision : celle de la brunette maculée de sang, les prunelles ployant sous la folie. Déesse du chaos dans ce monde qui s’étiolait. Son bras s’était levé, son index avait pressé la détente. Une fois.

Mais Abigail… Abigail ne s’arrêta pas. Les détonations se répétèrent, bien après que leurs victimes aient succombé, jusqu’à ce que le chargeur soit exsangue. Selene la regarda, étudiant ce qu’elle voyait naître sur les traits doux de sa complice. La satisfaction… une espèce de plaisir sadique, cruel, à avoir tué ces hommes. Ce n’est seulement alors qu’elle comprit leur différence. La musicienne était malade… elle le savait, elle voyait sa raison partir en morceau et chaque fois qu’elle ôtait une vie, son âme agonisait. Mais elle le faisait… elle le ferait autant que nécessaire pour protéger les siens, pour rester de ce monde. Mais l’irlandaise ? Elle avait « aimé » les assassiner…

Les rôdeurs étaient de retour, alertés par le concert de coups de feu. Ils étaient déjà trop proches pour se permettre de dépouiller la voiture de ces inconnus, mais l’étudiante eut le temps de récupérer leurs armes et deux chargeurs dans leurs poches. Elle bondit alors au volant du Four Runner, balança son propre flingue sur le tableau de bord et mit le contact. Le moteur gronda comme le tonnerre quand elle appuya sur l’accélérateur pour opérer une marche arrière d’urgence. Quelques mains putréfiées couinèrent sur le capot, mais la voiture s’échappa. Dans son rétroviseur, Selene vit les charognes se rabattre sur le véritable festin qui les attendait.

L’entrepôt avait à peine disparu dans leur dos qu’Abigail leva une main qui réclamait un signe de victoire. La pianiste l’avait regardée d’abord, surprise de la voir si transformée entre le moment où elles étaient arrivées et maintenant. Et finalement, une révélation éclaira tous ses doutes : elles étaient faites pour ça. La musicienne avait beau se raccrocher à la morale ou à ses émotions exacerbées… elle ne regrettait rien. Silence radio. Son âme était hypocrite, ou bipolaire. Ce qui c’était passé, c’était une leçon – un message : si on voulait les tuer, il fallait aller au bout, s’assurer que le travail était fait. Parce qu’elles n’étaient plus n’importe qui…

Un sourire naquit finalement sur ses traits et elle tapa dans la paume de son amie. Le pacte était scellé désormais. Qu’importe leurs raisons, qu’importe leurs différences… ce qu’elle avait en commun était plus fort. Cette rage latente, cette force née de leur faiblesse. Toutes les deux, elles braveraient l’Enfer, parce qu’elles « deviendraient » l’Enfer. Comme son tatouage… et c’était si bon de se sentir puissante, si bon de se sentir vivante.

- Il ne faudra pas en parler aux autres, précisa Selene alors que la voiture quittait le centre de Sequim, on leur dira juste… que les rôdeurs sont arrivés et qu’on a dû se frayer un chemin vers la sortie. Ce qui n’est pas complètement faux, son sourire s’effaça alors qu’elle ajoutait avec un air presque grave, ils ne comprendraient pas…

Elle roula encore quelques mètres et s’immobilisa un peu brusquement. Elles étaient encore au milieu des champs, mais les arbres de la forêt qui les guideraient jusqu’au chalet n’était pas loin. Le moteur ronronnait, la pianiste se tourna vers Abigail pour la regarder. En vérité, elle avait envie de l’embrasser. Cette pulsion sexuelle était morbide, inexplicable, mais se clarifiait. C’était ce lien mystique, toute cette violence, cette soif de sang qui émanait de l’irlandaise qui l’attirait…

- On ne peut plus revenir en arrière maintenant, prévint-elle, tu le sais ? … comment tu te sens ?


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Abigail Breckenridge
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MessageSujet: Re: Follow me down to Costco   Jeu 30 Juin 2016 - 14:11

Selene avait raison. Elle savait que le reste du groupe ne pourrait pas comprendre. Après tout, elles auraient pu tenter de s'enfuir discrètement, sa cacher en attendant qu'ils disparaissent. Mais elles avaient choisi la violence. Et elles n'en étaient même pas désolées. C'est certainement ça qui serait compliqué à comprendre par les autres. Elles ne regrettaient pas. Malgré les regards suppliants, malgré le sang, malgré ce qu'elles devenaient chaque jour un peu plus. Elles n'étaient pas désolées. Pire encore, Abi était satisfaite de l'avoir fait. Le monde avait changé et elle changeait avec lui. Elle savait qu'elle devait se montrer forte, inflexible, cruelle si elle voulait survivre. Après tout, ils avaient cherché à les tuer, eux aussi. Après tout, elles avaient seulement gagné la loi du plus fort. En quoi devraient-elles être désolées ?

Abigail se contenta de hocher la tête en signe d’approbation. Elle regardait défiler le paysage quand la voiture s'immobilisa subitement et Abi posa un regard étonné sur Selene. Elle se doutait que c'était pour parler sérieusement ou du moins éclaircir un point ou deux étant donné qu'il n'y avait rien sur la route qui pouvait barrer leur passage. Le ventre de la blonde se serra légèrement, parce qu'elle ignorait ce qu'elle avait pu bien faire de mal pour que Selene veuille mettre les choses à plat au point de stopper la voiture. La pianiste prit la parole et Abi sentit quelque peu rassurée et perdue à la fois. Comment se sentait-elle ? La question était pertinente, vraiment. Il fallait qu'elle mette un nom sur ce sentiment ? Cette impression d'avoir fait quelque chose de juste et d'y avoir pris plaisir ? Car oui, elle était satisfaite d'avoir tuer. Pas inutilement. Pas des innocents. C'était pour la justice. Pour la vengeance. Elle détourna le regard de Selene, réfléchissant au terme qui pourrait correspondre à ce qu'elle ressentait.

« Vivante. » finit-elle par lâcher, quelque peu perturbée. Aujourd'hui était un tournant dans sa vie et elle savait qu'elle ne serait plus jamais la même. Elle tourna de nouveau la tête vers Selene et leurs regards se mélangèrent. Quatre yeux bleus comme un océan infini. Elle aurait voulu ajouter quelques mots, expliquer, lui dire tout. Mais aucun mot ne franchit la barrière de ses lèvres. Elle sentait quelque chose, comme une décharge électrique. Vivante oui. Et sa nouvelle vie était bien meilleure que celle d'avant. Malgré les larmes, malgré les cris, malgré la mort, malgré le sang... Elle semblait se révéler, briser les barrages, s'envoler, se libérer. « Oui... Vivante. » répéta Abigail. C'était une révélation, une lumière qui s'éclairait. C'était la vie, c'était se battre.

Une nouvelle fois, elle voulait parler. Briser ce silence. Mais quelque chose lui dicta de se taire. Elle laissait tomber tout ce qui la freinait. Elle devenait elle, vraiment, suivait ses instincts comme un animal. Elle n'arrivait plus à se défaire du regard de Selene et elle n'essayait même pas de s'en échapper. Comme prise dans des filets dans lesquels elle s'était jeté avec un plaisir indécent. Cet instant était le leur, cette tuerie était leur secret. Elles étaient liées par ce nœud morbide, attachées l'une à l'autre et Abi ne voulait plus jamais le défaire, plus jamais couper la corde. Si elles tombaient, ce serait ensemble, si elles s'envolaient, ce serait ensemble.

« Plus vivante que jamais. » ajouta Abi dans un léger sourire, encore chamboulée par ce contact visuel qui avait remué bien plus qu'elle ne l'aurait pensé. Elle n'avait jamais été attirée par une femme auparavant. Mais Selene était différente. Peut-être était-ce elle ? Peut-être était-ce la nouvelle Abi ? Peut-être était-ce la situation ? Abigail l'ignorait et à vrai dire elle s'en fichait. Elle était vivante et elle voulait vivre cette vie. Alors, doucement, elle approcha sa main du visage de porcelaine de son amie et avec son pouce, elle frotta la lèvre inférieure de celle-ci, effaçant la goutte de sang qui s'y était éclatée. Puis elle se détourna de la jeune femme, laissant en suspend cet instant, ce premier véritablement contact physique entre les deux jeunes femmes.

Abigail aurait voulu suspendre leur tête à tête encore et encore... Elles étaient seules et elles pouvaient aller plus loin si elles le souhaitaient. Si Abigail sentait le désir monter au creux de ses reins, elle préféra stopper ici son rapprochement. Non par peur. Mais elle ne voulait pas que ce soit si vite, si facile, si rapide. Elle voulait encore ressentir ce battement, cette tension...



 
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MessageSujet: Re: Follow me down to Costco   Jeu 30 Juin 2016 - 18:07

Vivante. Telle était la réponse d’Abigail. Plongée dans ses yeux bleus, connectée par un lien mystique, Selene ressentait ce qu’elle voulait dire, plus qu’elle ne comprenait. Elles remontaient à l’essence même de la vie, au fondement de toute chose. La Création, le règne animal, l’évolution… toutes ces théories avaient en commun qu’un élément disparaissait pour qu’un autre émerge. Tuer était désormais devenu une manière d’affirmer que dans le bassin des humains, elles étaient supérieures. Parmi celles qui survivaient, celles qui s’adaptaient… celles qui faisaient pousser leurs crocs pour être capables de se défendre.

La musicienne regretterait presque de ne pas avoir profité de « son » moment quand sa lame avait transpercé la gorge de son voisin. A l’époque, elle avait eu peur, elle était fragile. Ses émotions n’étaient pas encore aliénées par la folie, son âme s’agrippait à son humanité. Aujourd’hui, ses yeux couleurs glacier étaient incapables de se détacher de ceux de son amie. Au fond, elle l’admirait, impressionnée par sa beauté silencieuse ; celle qu’on ne voyait pas. Sa transformation. Là où Selene était un dommage collatéral, Abigail était le pur produit de cette épidémie. Sa personnalité brûlée par le chagrin, la haine et le froid de l’hiver. Toutes les deux…

Ses pensées s’estompèrent quand le pouce de la blonde effleura sa lèvre inférieure. Voir que sa pulsion était réciproque rendait l’envie devenait insoutenable. Leurs esprits étaient déjà connectés, c’était désormais sa chair qui appelait à la communion. Sa conscience essayait de lui souffler quelque chose, à propos de Gabriel, mais la pianiste l’ignora royalement. Il n’était pas question d’amour, simplement d’un fantasme brûlant et passionné ; la concrétisation de leurs penchants communs. Deux déesses excitées par le sang.

A contrecœur, elle vit la main de son aînée s’éloigner, mais elle n’osa pas la rattraper. Pas encore. Quoique soit ce sentiment, il devait murir encore un peu. S’il allait dans le bon sens, alors… le plaisir n’en sera que plus inoubliable. Elle se contenta de débrayer, mettre le point mort, lever le frein à main et couper le contact. Silence. Maintenant que le ronronnement du Four Runner s’était éteint, il n’y avait plus un bruit. Au loin, dans les champs, on pouvait distinguer des silhouettes mouvantes, décharnées, mais elles étaient bien trop loin pour être un danger. La musicienne se tourna alors légèrement et appuya le coin de son front contre son repose-tête.

- Je ne m’arrêterai pas, dit-elle alors, de tuer des gens. Je veux dire… je suis comme ça maintenant, je le sais…

Est-ce que c’était une excuse ? Ou une ultime mise en garde ? Elle ne savait plus vraiment. Un peu des deux, parce que malgré tout, l’étudiante s’en voulait de ne pas s’en vouloir. Si Abigail avait choisi de l’accompagner sur cette voie sanglante, alors elle ne devait pas ignorer avec qui elle s’engageait. C’était pour ça qu’elle lui confia :

- J’entends… des choses maintenant. Des voix surtout. Et parfois… je me sens plus vraiment moi, tu vois ? J’ai l’impression que ça a explosé dans ma tête et que je ne peux plus recoller les morceaux.

Pas vraiment une dissociation de sa personnalité, parce que ses pensées étaient un chaos total. Une véritable pelote de nœuds. Plutôt un trouble bipolaire. La musicienne était tout et son contraire : femme et monstre, meneuse et criminelle, alliée et meurtrière. Ça n’avait pas de sens. Son âme sautait allégrement en Enfer et hurlait silencieusement qu’on la sauve. Si seulement elle pouvait tasser ou dompter ces émotions contradictoires… mais c’était impossible. Ça faisait partie d’elle ; c’était tout ce qui lui restait.

- Ce que je veux dire, expliqua Selene en ayant l’air de choisir précautionneusement ses mots, c’est que j’ai conscience de devenir folle. Enfin… plutôt, j’ai conscience que parfois je n’en ai pas conscience. C’est compliqué de me faire soigner maintenant, commenta-t-elle avec un bref éclat de rire sans joie, alors… je voulais juste que tu saches. Parce que je ne peux pas en parler aux autres, et que je veux pas que tu me suives sans savoir…

Au fond d’elle, peut-être aussi espérait-elle que l’irlandaise reprendrait ce qu’elle avait commencé à bâtir, si un jour elle n’était plus capable d’assumer son rôle. Bobby, Breann ou Gabriel étaient certainement trop doux pour faire les choix difficiles et Harold… il manquerait de l’instinct « maternel » au moment opportun. Abigail était vraiment la seule à pouvoir reprendre son flambeau si son esprit lâchait complètement.


Go back and forward, but all is melting like the snow ♪ Taking all from us, all we thought was left to know ♪ On what we treasure falls a dusty snow ♪ taking us backwards, but where we will never know.
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Follow me down to Costco

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