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 Follow me down to Costco

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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Follow me down to Costco   Mar 31 Mai 2016 - 19:08

Selene gara le Four Runner sur le parking du Costco. Bobby avait repéré l’endroit il y a plusieurs semaines, mais ils n’avaient pas estimé nécessaire de revenir tout de suite. Aujourd’hui, le géant avait repris la route pour Seattle, dieu sait pour combien de temps, alors la musicienne souhaitait parer aux imprévus. Ils avaient bien évidemment besoin de nourriture, comme d’habitude, mais aussi de bouteilles de gaz, d’essence, de produits d’hygiène, et n’importe quoi qui pourrait améliorer leur quotidien. L’entrepôt grossiste était une excellente idée pour condenser tous leurs efforts, c’était véritablement une aubaine qu’il se trouve à moins de trente minutes du chalet. Il devait déjà avoir été visité, mais la pianiste supposait que les rayons ne pouvaient pas encore tous avoir été dévalisés – les grosses agglomérations n'étaient pas légions dans le coin.

- Aller, c’est parti.

Elle sauta au bas de la voiture et glissa les clefs dans la poche de son jean. La vue était assez dégagée, il y avait peu de véhicules abandonnés ici. La plupart avaient des portes ouvertes, ou une vitre éclatée, signe qu’elle avait déjà été pillée. Pour cette fois, Selene n’avait pas pris l’arbalète ; elle avait préféré un bon vieux glock 17. Celui-ci était docilement logé dans le holster de sa ceinture multifonction, qui contenait également sa paire de menotte, sa matraque télescopique et sa lampe torche. Une fois n’était pas coutume, elle avait emporté la machette de chasse et avait glissé son couteau de camping dans sa chaussette droite. Tirant la longue lame de son étui en bandoulière, l’étudiante tourna ses yeux bleus vers Abigail. Cette dernière ne semblait pas forcément à l'aise, alors elle essaya de la rassurer :

- J’ai déjà fait ça plusieurs fois, fais-moi confiance, ok ? On se couvre mutuellement. Tu regardes dans une direction, je regarde dans l’autre, comme ça on ne se fait pas surprendre. Si on voit un rôdeur ou deux, on s’en débarrasse : ça fera toujours ça de moins si jamais un groupe débarque. S’ils sont plus, on avise.

Elle ne s’était jamais rendu compte comme ses expéditions étaient organisées. En vérité, elle était habituée à faire ça avec Bobby. Ils se comprenaient si bien désormais qu’ils n’avaient plus besoin de se parler, alors chaque geste était devenu naturel. D’ailleurs, un grognement attira son attention : un cadavre qui les chargeait en claudiquant, souffrant visiblement de plusieurs mois de décomposition. La peau de son visage se détachait des os, ses mains étaient ensanglantées, ses vêtements en lambeaux, l’une de ses jambes à moitié cassée. Sans peur, Selene s’approcha, s’assurant que la charogne était bien isolée, et asséna un violent coup transversal avec sa lame. Elle déchira les chairs putréfiées, emportant l’avant de la boîte crânienne et une partie du visage. Quelques gouttelettes brunes tachèrent ses traits d'ivoire. La pianiste reporta alors son attention sur Abigail et fit un signe de tête vers l’entrepôt en expliquant :

- On entre d’abord faire un tour, voir ce qui reste, éventuellement nettoyer les rôdeurs, et quand c’est clean, on revient prendre un de ces gros caddies et on fait le plein.

La musicienne craignait de ne pas être pédagogue pour un sou. L’irlandaise avait certes l’habitude de survivre seule dans la forêt, mais ce n’était pas la même chose que de mener une expédition pareille. Jusqu’à ce qu’elle rentre au chalet, elles étaient seules au monde, remises à leurs seules ressources. N’importe quoi pouvait se passer, mais elle devrait s’en sortir, parce que d’autres comptaient sur leur retour. Avec un air compréhensif, l’étudiante se rapprocha de son aînée. Pas seulement pour éviter d’élever la voix, mais aussi pour que leur proximité incite à la confidence.

- Si tu n’es pas sûre de vouloir faire ça, on peut se contenter de fouiller les voitures qui restent sur le parking. Les réservoirs n’ont peut-être pas été tous siphonnés. Un peu d’essence, c’est toujours ça de pris.    


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Abigail Breckenridge
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MessageSujet: Re: Follow me down to Costco   Mar 31 Mai 2016 - 20:48

Abigail n'avait pas prononcé un mot depuis qu'elles avaient quitté le chalet. Ses mains étaient moites et sa gorge nouée. Elle tentait d'éviter de se rajouter de l'angoisse en pensant à Bobby parti à Seattle. Elle venait de le retrouver (elle avait débarqué au chalet quelques jours auparavant) et il était déjà reparti. Elle était terrifiée à l'idée de ne plus jamais le revoir. Bobby était sa bouée de sauvetage, son phare dans une nuit tourmentée, l'homme qui l'avait tant aidé, qui lui avait tant donné. Elle regrettait de ne pas avoir pu l'accompagner. Son absence lui pesait et la nuit dernière elle avait rêvé de son retour. Plongée dans ses pensées, elle ne remarqua même pas qu'elles étaient arrivées. « Aller, c’est parti. » Abi posa le regard sur Selene et hôcha le visage en signe d'approbation. A son tour, elle sortit de la voiture et prit une forte inspiration. Elle ne voulait pas lui montrer sa peur, mais ses yeux et ses traits tendus la trahissaient. Elle rejoignit son amie de l'autre côté du véhicule avant de découvrir véritablement les lieux. C'était grand et plutôt calme. Instinctivement, elle effleura du bout des doigts le SIG-Sauer qu'elle avait accroché à la ceinture de son jean. Quelques jours plus tôt, Selene lui avait appris à tirer avec mais c'était la première fois qu'elle allait réellement s'en servir. Elle laissa sa main glisser jusque sa poche où elle avait dissimulé les munitions. « J’ai déjà fait ça plusieurs fois, fais-moi confiance, ok ? On se couvre mutuellement. Tu regardes dans une direction, je regarde dans l’autre, comme ça on ne se fait pas surprendre. Si on voit un rôdeur ou deux, on s’en débarrasse : ça fera toujours ça de moins si jamais un groupe débarque. S’ils sont plus, on avise. » Une fois encore, Abi se contenta de hôcher la tête, l'air toujours grave. Imitant Selena, elle récupéra son couteau de cuisine dont le manche dépassait de son sac à dos. Elle y avait également fourré deux ou trois bricoles comme une corde, une trousse de secours, une bouteille d'eau et quelques barres de céréales. Elle avait hésité un instant à tout prendre, mais en cas de problème, elle s'était dit que cela devenait indispensable.

Leur attention fut détournée par un grognement rauque. Abi se tourna vers la bête, tendue. Elle sentait ses muscles se raidir. Elle n'était pas dégoûtée par le sang et la chaire en putréfaction. Elle en avait vu, des monstres abîmés, ses corps déchirés, des visages dévorés par le temps et les insectes. Mais l'angoisse d'une morsure lui retournait le ventre. Elle tenta de se ressaisir et détourna le regard.

« On entre d’abord faire un tour, voir ce qui reste, éventuellement nettoyer les rôdeurs, et quand c’est clean, on revient prendre un de ces gros caddies et on fait le plein. » L'Irlandaise lui répondit un faible OK, fixant toujours le bâtiment qui s'élevait face à elle. Elle n'entendit pas Selene s'approcher. C'est seulement lorsque sa voix se fit plus proche qu'elle posa enfin les yeux sur elle. « Si tu n’es pas sûre de vouloir faire ça, on peut se contenter de fouiller les voitures qui restent sur le parking. Les réservoirs n’ont peut-être pas été tous siphonnés. Un peu d’essence, c’est toujours ça de pris. » Si elle s'était écoutée, Abi lui aurait dit qu'elle ne voulait plus le faire, qu'elle n'était pas capable, qu'elle préférait en effet récupérer un peu d'essence et repartir comme elles étaient venues. Mais si elle n'était pas la plus courageuse des survivantes, elle n'était certainement pas une lâche. Et puis elle devait vaincre ses peurs si elle voulait survivre. « Non. » répondit-elle simplement en plantant son regard dans celui de Selene. Elle voulait qu'elle lui fasse confiance, comme elle avait confiance en elle. Abi pourrait lui confier sa propre vie (et celle de Bobby) les yeux fermés. Mais elle voulait que Selene apprenne elle aussi à lui faire confiance. Elle devait lui prouver qu'elle en était capable, qu'elle pourrait assurer leur survie à tous, elle aussi. « Je peux le faire. » ajouta Abigail d'un ton plus sur. Elle laissa un sourire en coin s'échapper, comme pour assurer à son amie qu'elle était prête. Comme pour appuyer ses propos, elle fit un pas en avant et leva légèrement le bras qui tenait fermement le couteau de cuisine. L'entrée du magasin était fermée, le rideau descendu. Abi ignorait si il était possible de l'ouvrir ou si il fallait chercher une autre entrée. Elle avait eu l'habitude de la forêt, de la montagne, mais beaucoup moins de la ville et elle n'avait pas les réflexes aussi exacerbés que Selene et les autres du groupe. Elle attendait donc les commandements, comme une élève assidue.
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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: Follow me down to Costco   Mer 1 Juin 2016 - 8:36

Malgré la peur qui se lisait dans ses yeux clairs, Abigail assura qu’elle souhait continuer en soutenant le regard de la musicienne. Celle-ci hocha légèrement la tête en signe de compréhension et reporta son attention sur les grilles baissées de l’entrepôt. Impossible de les soulever à mains nues. Elle songea à frapper dessus pour forcer d’éventuels squatteurs à se révéler, mais si jamais une horde se cachait là-dedans, Selene n’avait pas envie de l’exciter. Elle les forcerait à déguerpir les mains vides avant que le bruit n’en attire d’autre. Non, il fallait qu’elle entre discrètement et fasse le ménage au compte goutte.

- Viens, murmura-t-elle comme indication, surveille derrière-nous et préviens-moi s’il y a quelque chose.

La pianiste s’approcha souplement de la façade du Costco et la longea lentement, le bras levé, jusqu’à l’angle le plus proche. Elle prit une profonde inspiration avant de se dévpoiler et se retrouva face au vide. Il n’y avait rien du côté est de l’entrepôt, sinon quelques cadavres inertes et une carcasse de voiture au pare-brise rouge de sang. De ce côté-ci, on trouvait aussi les pompes à essence, à l’ombre du bâtiment. Si elles avaient de la chance, les filles réussiraient à en tirer quelque chose.

- C’est bon, assura la musicienne en avançant toujours le long du mur, tu n’utilises le flingue que quand c’est vraiment nécessaire, ok ? Le bruit en fait venir d’autres, et ça les rend plus agressifs.

Au fur et à mesure qu’elles approchaient de l’arrière du magasin, l’appréhension oppressait la poitrine frêle de Selene. Elle s’efforçait de ne pas le montrer, pour ne pas effrayer plus encore sa complice qui n’était vraiment pas dans son élément, mais les souvenirs lui revenaient comme une gifle. Les deux fois où, par le passé, elle avait tenté de dévaliser un grand magasin, ça avait mal tourné. Les morts s’étaient invités en masse, elle avait failli mourir ou voir d’autres gens ne pas s’en sortir. Il fallait que tout aille bien aujourd’hui ; elle ne pouvait pas, au retour de Bobby, lui dire qu’Abigail n’était plus…

La pianiste jeta un œil à l’angle du mur pour épier l’arrière de l’entrepôt. Des corps, des déchets, des machines de manutention en hibernation, des palettes morcelées, des piles de cartons déchirés par la pluie, et un hangar à camion en arrière plan. Pour l’instant, il n’y avait qu’un rôdeur, zonant passivement, se prenant les pieds dans ce qui traînait au sol. L’une des doubles-portes qui devait servir à l’acheminement des marchandises par le personnelles semblait entrouverte. La musicienne avisa tous les éléments et se tourna vers son acolyte :

- Je ne vois qu’un mordeur, mais faut faire gaffe… tout n’est pas dégagé, il peut y en avoir un ou deux planqués quelque part. On garde un œil sur le garage aussi, des fois qu’ils ne débarquent pas à plusieurs de là-bas.

Son cœur battait si fort qu’elle avait l’impression qu’il déformait sa voix. Selene voulut demander à nouveau à Abigail si elle était sûre de vouloir s’infiltrer dans l’entrepôt, mais rattrapa ses mots au bord de ses lèvres. La jeune femme lui avait assurée pouvoir le faire, ça ne lui rendrait pas service de la couver comme une enfant. Il fallait qu’elle la traite comme une véritable équipière, comme quelqu’un qui ne risquait pas d’être pétrifiée par la peur devant une charge de morts-vivants. Après un signe de tête quasi imperceptible, la pianiste quitta la protection du mur est, s’avançant à moitié baissée, jambes fléchis, droit sur le zombi qui s’évertuait à tourner en rond.

Quand elle fut à moins de deux ou trois mètres, elle arma son bras, mais un raclement rauque détourna son attention. Un putréfié se redressait, jusque là dissimulé par un chariot élévateur et s’élança vers elle bras tendus. D’un geste réflexe, Selene frappa en descendant, enfonçant presque tout la largeur de sa lame dans le crâne encore peu décomposé. Le deuxième rôdeur venait enfin de s’apercevoir de sa présence. Il ouvrit grand sa bouche immonde en s’avançant avidement vers elle. La pianiste voulut récupérer sa machette pour frapper une seconde fois, mais elle était bloquée dans l’os du cadavre qu’elle avait abattu.

- Merde, siffla-t-elle. Elle repoussa son assaillant d’un coup de pied dans l’abdomen qui déchira ses chairs fragiles et l’envoya momentanément au tapis, Abigail, est-ce…

L’étudiante se tourna vers son aînée, espérant recourir à son aide, mais s’aperçut alors qu’un troisième infecté, certainement planqué derrière un carton éventré, avait pris l’irlandaise en chasse. L’angoisse monta d’un cran : Selene n’était pas certaine que la blonde en vienne à bout, il fallait qu’elle l’aide ! Elle avait pourtant ses propres problèmes. Malgré son acharnement, la lame de sa machette s’extirpait trop lentement. Elle y était presque quand la charogne revint violemment à la charge. Il faillit la désarçonner, plus fort qu’elle. L’avant-bras sur sa gorge, la musicienne peinait à le tenir à distance. Dégainer son glock lui apparut comme une douce solution, mais elle ne voulait pas faire feu ici. Si une horde se tenait derrière la porte entrouverte, elles auraient du mal à s’échapper. Luttant fiévreusement, les traits tendus par l’effort, elle aperçut son salut du coin de l’œil. Se servant du poids du rôdeur qui s’acharnait contre lui, Selene pivota en l’envoya s’empaler sur les lames du chariot élévateur, levées à hauteur de torse. Le mort eut beau grogner, elle avait appris à ne pas se laisser attendrir par ces gémissements d’outre-tombe. Enfin, elle put dégager sa machette, le pied prenant appui sur la tête du cadavre, et s’en servit pour mettre fin à la non-vie de son deuxième agresseur. Ne restait plus qu’à aider Abigaile, s’il n’était pas trop tard…


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Abigail Breckenridge
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MessageSujet: Re: Follow me down to Costco   Ven 3 Juin 2016 - 17:24

« Viens, surveille derrière-nous et préviens-moi s’il y a quelque chose. » lui murmura Selene. Il ne lui en fallait pas plus. Abi hôcha la tête et se positionna. Le dos légèrement courbé, longeant le mur, elle suivait la jeune femme et scrutait les alentours avec concentration. Leur sécurité était entre ses mains. Si elle ne voyait pas ou ne réagissait pas assez vite, tout pouvait vite se compliquer. Elles avançaient lentement mais sûrement. Ses doigts serraient fermement le manche du couteau et une goutte de sueur perlait sur sa tempe droite. Elle était tendue, son cœur battait de plus en plus vite, mais elle conservait son esprit focalisé sur la situation et ignorait plutôt bien pour le moment l'appréhension qui la rongeait. Mais soudain tout bascula. Elle regarda d'abord Selene s'avancer vers le mort et elle suivit à une distance raisonnable pour ne pas la gêner dans ses gestes. Mais la lame de la jeune femme resta coincée dans le crâne du monstre. Abigail resta pétrifiée pendant qu'un autre corps en décomposition s'avançait vers son amie en grognant. Ses jambes se mirent à trembler et restèrent ancrées dans le béton. Elle aurait voulu réagir, courir, hurler, mais pas un seul membre ne bougea d'un centimètre. Elle ne reprit conscience de son corps que lorsque quelque chose s'agrippa à son sac à dos. Elle fut violemment tirée en arrière et tomba sur le sol. Le béton lui brûla le coude droit avec lequel, par réflexe, elle avait atterri. C'est à cet instant précis, encore sous le choc de la surprise, qu'un visage s'approcha rapidement du sien. Elle vit d'abord les mâchoires, les dents qui claquaient et l'odeur pestilentielle qui piqua les yeux. Le mort avait un œil crevé à moitié dévoré, certainement par les oiseaux. Abigail tendit les bras, tentant de repousser du mieux qu'elle pouvait le monstre. L'homme mort s'était agenouillé près du corps paniqué de la jolie blonde avant de se pencher vers elle et de s'y appuyer de tout son poids. Elle bougeait dans tous les sens, se retenant d'hurler pour ne pas en attirer d'autres. Elle remuait les jambes de manière saccadée, ne contrôlant plus vraiment les spasmes causés par la peur. L'esprit vide, l'Irlandaise fixait, les yeux exorbités et le visage déformé, les dents qui s'approchaient de sa tête. Elle n'en avait jamais vu de si près, jamais senti sur son corps. Il était lourd. Il pesait et elle avait l'impression de s'enfoncer dans le sol pour ne plus jamais pouvoir en sortir. Dans la chute, elle avait perdue son couteau. Elle se voyait mourir. Elle pensa à Kate. Elle pensa à la morsure et à sa mort. Rapidement, encore faible de son hiver difficile, elle sentait ses forces s'épuiser. Elle ne voulait pas mourir. Ou plutôt, pas comme ça. Parce qu'elle avait peur de la souffrance. Elle ne pouvait pas imaginer la douleur que pouvait procurer se faire dévorer vivante. Dans un dernier geste d'espoir, presque instinctif, sans vraiment réfléchir, elle se cambra légèrement et plia sa jambe gauche qui avait plus de liberté que la droite pour envoyer de toutes ses forces sa basket dans le ventre de la chose. Elle recula moins que ce qu'elle avait espéré, mais ça lui permettait de se dégager de son emprise. Rapidement, toujours au sol, elle recula en poussant sur ses pieds afin de s'éloigner le plus possible d'une mort certaine. Elle regarda furtivement autour d'elle à la recherche de la lame. Elle posa son regard sur quelque chose qui brillait. Bingo ! Le soleil se reflétait sur le couteau. Il n'était pas loin, à deux mètres tout au plus, elle pouvait y arriver malgré la proximité du monstre. Haletante, elle se jeta sur sa seule arme. Le manche en main, elle tourna la tête vers le mort qui se jetait à nouveau sur elle et elle lui planta le métal dans l'oeil encore valide, avant de l'enfoncer en grimaçant. Du sang éclaboussa son visage et le corps s'écroula sur le sien. Abigail n'osait pas respirer. Sa tête collée à celle du cadavre, elle eut un haut-le-cœur. Le contre-coup de l'adrénaline la rendait faible, sans possibilité de pousser le corps. Elle suffoquait, priant pour que Selene soit encore vivante. Elle ne s'en remettrait pas si elle avait perdu la vie ou avait été blessée parce qu'elle n'avait pas su réagir. Pour se concentrer afin de ne pas vomir, elle ferma les yeux et serra les dents dans une grimace. Soudain, le poids s'envola et elle sentit le corps glisser à ses côtés. Selene était venue l'aider. Elle ouvrit les yeux et découvrit son amie. Si elle avait le visage ensanglanté, Abi pu nettement voir que ce n'était pas le sien, parce qu'il n'y avait pas de coupures ou d’égratignures sur sa peau. Selene lui tendit la main et Abi ne se fit pas prier pour la prendre. Elle était encore engourdie par ce qu'il venait de se passer. Ce fut lorsque la pianiste tira sur son bras qu'Abigail sentit la douleur au niveau de son coude. Mais elle ne broncha pas. Elle se contenta de baisser les yeux. Les excuses n'étaient pas nécessaires pour l'instant. Elle pourrait lui en parler à leur retour. Pour le moment, elle devait montrer à Selene qu'elle était capable. Qu'elle pouvait le faire. Elle récupéra le couteau planté dans le mort d'un coup sec avant de reposer les yeux sur son acolyte du jour.

« On continue. » dit-elle d'un ton sur. Elle sentait encore ses jambes molles à cause de l'adrénaline, son ventre barbouillé à cause de l'odeur et une douleur était apparue dans sa poitrine, certainement dû au moment de grand stress qu'elle venait de vivre. « Je te couvre. » insista la jeune femme. Elle savait qu'elle pouvait le faire. Elle voulait que Selene y croit aussi. Une fois encore, elle planta son regard bleuté dans celui de la brune. Fais moi confiance... fais moi confiance...
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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: Follow me down to Costco   Sam 4 Juin 2016 - 12:41

- Non…

Ce que Selene vit une fois débarrassée des deux charognes, ce fut Abigail, écrasée par le poids du troisième rôdeur. Ce dernier ne bougeait plus, il devait certainement être – définitivement – mort, mais à quel prix ? Le monde tangua, ses jambes faiblirent. La jeune femme aussi était inerte, alors… était-elle encore en vie ? Avait-elle été blessée ? Mordue ? Son cœur s’affolait, mais il fallait qu’elle sache. Lentement, la musicienne approcha, la lame levée, prête à affronter le pire. Le cadavre était lourd, elle souffla bruyamment pour le repousser et découvrir les yeux de son aînée. Celle-ci respirait. Son visage était taché de sang coagulé, mais aucune trace de dents, tout allait bien…

Son corps tout entier fondant à la chaleur du soulagement, la pianiste tendit une main à l’irlandaise pour qu’elle se relève. Peut-être avait-elle vu trop grand, peut-être n’était-elle vraiment pas encore prête pour ce genre d’expédition. Selene regrettait de ne pas avoir convaincu Harold, ou même Gabriel, de les accompagner. Elle allait suggérer de faire demi-tour en se contentant de ce qu’elles glaneraient à l’extérieur quand Abigail assura vouloir continuer. Les orbes de la musicienne plongèrent dans les siens, cherchant à sonder ce qu’elle ressentait, mais au-delà de la peur qui faisait frissonner tout son être, elle ne lisait que de la détermination. La blonde avait envie de réussir, ça ne lui rendrait sans doute pas service de s’arrêter là.

- Ok…, consentit l’étudiante, reprends ton souffle, on entre après.

Elle sourit faiblement et se détourna, essuyant d’une manche de sa chemise son visage moucheté d’hémoglobine. L’émotion passée, elle observa les trois putréfiés qu’elles venaient de neutraliser. Pas si mal pour deux filles, songea-t-elle avec autodérision. Elle se souvenait de la première fois que des rôdeurs avaient croisé sa route… du chemin avait été parcouru depuis. Quand Abigail se sentit prête, les deux complices reprirent la petite formation, chacune couvrant l’autre. Selene se plaça près de la porte entrouverte, prit plusieurs inspirations et l’ouvrit en armant sa machette.

Rien. Pour l’instant en tout cas. La lumière pénétrait difficilement à l’intérieur de l’entrepôt, il était plongé dans une pénombre collante. Un nuage de puanteur voguait dans les airs et prenait les survivantes à la gorge. Un mélange de chairs en décomposition et d’aliments moisis depuis belle lurette. La musicienne décrocha sa lampe torche de sa ceinture, l’alluma et balaya les environs. C’était visiblement une entrée réservée au personnel qui donnait directement sur les rayons arrières : des boissons a priori ; sodas diverses. Les étalages avaient été copieusement dévalisés mais l’endroit était gigantesque, une quantité raisonnable de fourniture restait exploitable.

La pianiste avançait à pas mesurés, éclairant chaque recoin, guettant le moindre bruit. Fanta, Sprite, Crush, Formula 50, Coke aromatisé, … les produits Coca-Cola s’alignaient comme les vestiges d’une alimentation révolue. En faisant glisser son faisceau lumineux sur les étagères Selene constata que certaines étaient si hautes qu’il était impossible de les atteindre sans les chariots adaptés. Arrivées au bout de la rangée, elles durent enjamber deux corps. Deux rôdeurs qui avait été abattu d’une balle dans la tête. Comme s’y allait la pianiste, d’autres personnes avaient pensé au Costco avant Bobby. Heureusement qu’ils n’avaient pas eu la possibilité de complètement vider les rayonnages.

- On fait un tour global pour l’instant, murmura l’étudiante, pour voir si on est tranquille et évaluer ce qu’il reste. Faut d’abor viser la bouffe et l’eau. Après on verra ce qu’il y a côté hygiène et ménage. Si on trouve des trucs pour bébé… genre couches, lait en poudre, vêtements, … faut en prendre.

Elle n’était pas certaine qu’Abigail soit au courant mais il allait bien falloir qu’elle le soit. Ça allait sans doute faire quatre mois bientôt, le temps était impitoyable à ce sujet.

- Flann est enceinte… elle devrait accoucher à la fin de l’année.


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Abigail Breckenridge
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MessageSujet: Re: Follow me down to Costco   Jeu 9 Juin 2016 - 19:52

Elles pénétrèrent à l'intérieur et Abigail eut une nouvelle fois envie de vomir. L'odeur de mort et de corps en décomposition lui prenait à la gorge et lui piquait les yeux. Elle serra les dents, se concentrant pour reprendre le dessus sur ses fragilités physiques. Elles avancèrent à pas de loup et c'est Selena qui brisa en première le silence. « On fait un tour global pour l’instant, pour voir si on est tranquille et évaluer ce qu’il reste. Faut d’abord viser la bouffe et l’eau. Après on verra ce qu’il y a côté hygiène et ménage. Si on trouve des trucs pour bébé… genre couches, lait en poudre, vêtements, … faut en prendre. » Abigail haussa un sourcil. Pour bébé ? Elle n'avait pas vu un seul bébé au chalet. Il y avait un petit garçon, oui, mais un bébé... « Flann est enceinte… elle devrait accoucher à la fin de l’année. » Merde... pensa Abi. Mais elle ne prononça pas un mot et ne répondit pas. Ca compliquait leur survie. Un bébé, ça allait les mettre en danger, les ralentir s'il fallait quitter le chalet pour une raison ou pour une autre. L'idée qu'un nouveau-né fasse parti de leur quotidien l'angoissait terriblement. Elle trouvait que c'était une très mauvaise idée. Et en même temps, plus elle y pensait, et moins elle ne pouvait rejeter cette idée. Après tout, un peu de douceur dans ce monde de brutes ne ferait pas de mal. Un peu d’innocence, de vie au milieu de la mort... C'était peut-être ça l'espoir ? L'espoir d'une vie meilleure, presque normale. Peut-être qu'ils arriveraient à surmonter tout ce bordel pour ce petit ange, peut-être que c'était le signe que c'était le début de la fin. Alors elle scruta les allées. Elle en oubliait presque le danger de l'endroit. C'était si grand que n'importe qui, n'importe quoi pouvait se cacher derrière chaque rayonnage. Quelque chose attira son attention. Elle l'avait repéré au loin. Elle avait directement reconnu l'étiquette. Elle pressa le pas et une fois devant, elle attrapa de ses mains encore partiellement recouvertes de sang, le pot de Nutella qui prônait sur l'étagère. Un léger sourire se dessina sur ses lèvres. Devant elle se dressait le souvenir d'une vie normale, gourmande, opulente. Jamais elle n'aurait pensé vivre ça aujourd'hui, vivre cette vie compliquée, toujours la peur au ventre, toujours la gorge sèche, toujours le sourire quelque peu crispé. Elle ouvrit le pot discrètement, faisant le moins de bruit possible. Elle essayant son doigt sur son tee-shirt et le plongea dans la pâte à tartiner. Lentement, dans un geste de dégustation, elle le porta à la bouche et laissa la texture fondra sur sa langue. Elle avait oublié à quel point elle aimait ce truc gras. Elle entendit Selene s'approcher et lui tendit le pot. Puis elle le glissa dans son sac avant de reprendre les recherches. Le silence régnait dans ce grand espace. Mais un bruit sourd retentit soudain. Les deux jeunes femmes se figèrent. Elles échangèrent un regard et Abi comprit que Selene comptait sur elle, sur son sang froid. Elle serra les poings, sur le qui-vive. Le même bruit retentit à nouveau dans tous le hangar. Il venait de leur droite. Lentement, elles s'avancèrent jusqu'au bout de l'allée pour tenter d'apercevoir d'où cela provenait. Quelque chose apparut subitement, et passa à leurs pieds rapidement. Un chat, mal en point de toute évidence, avait eu peur de la lumière et s'était sauvé. Elles découvrirent une boite de thon couverte de traces de crocs. L'animal avait dû s’abîmer les dents en tentant d'ouvrir la boite et Abigail eut un pincement au cœur. Mais elle fut soulagée de savoir que ce n'était que ça. Durant quelques minutes, elles continuèrent leur tour, repérant ce dont ils auront besoin : boites de conserves, couches, quelques produits d'hygiène etc.

C'est lorsqu'elles se dirigèrent vers la porte par laquelle elles étaient rentrées pour récupérer des chariots que l'affaire se compliqua. Une camionnette se gara à cet instant sur le parking du magasin. Abigail se figea. Elle avait été « préparée » à l'éventualité d'une horde de ces monstres, préparées à combattre des morts. Mais des vivants... Elle lança un regard à Selene, cherchant des réponses. Elles ne pouvaient pas retourner à leur véhicule, elles ne pouvaient pas repartir d'ici sans rien. D'un autre côté, elles ne savaient pas à qui elles allaient avoir à faire. Est-ce que ces personnes allaient être prêtes à partager l'endroit ? Ou est-ce qu'ils allaient considérer cette trouvaille comme la leur, et seulement la leur ? Discrètement, elles retournèrent à l'intérieur du bâtiment et se faufilèrent jusque une caisse où elles décidèrent de se cacher. Les bruits de pas résonnèrent. Ils venaient d'entrer. Abi retint sa respiration et tenait fermement son couteau. « Harry et Shane, vous faites le tour part la droite. Ali et moi on prend le côté gauche. On se retrouve au niveau du rayon parapharmacie. » Ca n'avait été qu'un chuchotement, mais la voix de l'homme avait raisonné. Abigail écoutait attentivement, essayant de deviner par le bruit des pas, leur manière de marcher, s'il s'agissait de personnes agressives ou plutôt pacifiques. La voix de l'homme avait été ferme, mais pas méchante, pas cassante, pas autoritaire. Peut-être que le groupe n'était que des gens comme eux, qui tentent de survivre, sans empiéter sur les autres, sans tuer, sans piller. « J'ai touché le capot de la bagnole en passant. C'était encore tiède. Les mecs doivent pas être loin. » reprit une autre voix masculine, quelques minutes plus tard (qui lui avait semblé des heures), plus près d'elles cette fois-ci. Abi déglutit difficilement. Cette fois, elle douta de la bonne foi du groupe. Il lui semblait que sa dernière phrase avait sonné comme une menace et ils étaient visiblement à leur recherche. Elle avait cependant généralement du mal à cerner les survivants qu'elle croisait. Elle avait eu pour habitude de s'en méfier, de les considérer comme des dangers potentiels tous autant qu'ils sont. Mais peut-être que ce n'était pas le cas. Peut-être qu'il était possible de faire des pactes avec d'autres survivants, de s'entraider... Elle tourna doucement la tête vers Selene, essayant de scruter sa réaction, ce qu'elle pouvait penser de la situation.
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Selene Sweetnam
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MessageSujet: Re: Follow me down to Costco   Ven 10 Juin 2016 - 17:54

L’inspection des lieux fut longue et fastidieuse. Selene avait beau suivre méthodiquement les rayons, elle crut qu’elle ne verrait jamais le bout de cet entrepôt. Il y avait que trois rôdeurs, isolés, mais de nombreux autres étaient inertes sur le sol. Des prédécesseurs devaient avoir fait le ménage, sans doute un groupe, plus nombreux. Quand Abigail lui proposa du Nutella, la musicienne refusa avec un sourire invisible dans le contre-jour de sa lampe torche. Oh oui, elle adorait le chocolat, mais elle ne voulait pas prendre le risque d’avaler les extraits de chair en décomposition qui mouchetaient ses mains et son visage.

Un bruit sourd retentit soudain, se réverbérant dans tout le bâtiment. La jeune femme dressa sa lame, prête à frapper, jetant nerveusement dans toutes les directions. Pas de râle, pas de grognement, pas de corps qui se traîne, simplement ce choc qui se répercute à nouveau sur les hautes parois. Les deux alliés n’eurent besoin que d’un regard pour se comprendre et se diriger vers l’origine des coups. Le faisceau de lumière courait du sol aux plus hautes étagères, scrutant le moindre des recoins, et finalement : le cœur de Selene fit un bond dans sa poitrine frêle quand un chat rachitique détala en courant.

Elle laissa alors retomber son bras armé en expirant, relâchant la pression. Une main ébouriffa ses propres cheveux alors qu’elle s’autorisait un petit rire d’auto dérision. Il fallut alors reprendre le repérage et l’étudiante put constater que globalement tout ce dont ils avaient besoin était encore disponible. C’était parfait, elle avait bien fait de prendre le Four Runner – il avait une meilleur capacité de chargement que leurs deux autres véhicules.

- Plus qu’à faire nos courses maintenant, commenta la pianiste pour signifier qu’elles pouvaient aller chercher les chariots.

La journée s’annonçait beaucoup trop belle. Moins de dix rôdeurs sur les lieux, des rayonnages raisonnablement remplis, il fallait que ça se gâte. Le destin ne l’aurait pas toléré autrement. Selene se figea en même temps que son aînée en apercevant la voiture se garer sur le parking. Le regard d’Abigail croisa le sien, mais elle ne savait pas encore quoi dire, alors elle se planqua en haussant les épaules. Elle gardait toujours un mauvais souvenir du groupe de pillards de Seattle, et des fanatiques de Brinnon, mais Hope et Joshua avaient rééquilibré la balance. Tous les vivants n’étaient pas mauvais ; pas encore.

Prudence, tant qu’elles n’en avaient pas le cœur nette. Comme une seule personne, les deux complices retrouvèrent la pénombre de l’entrepôt. La musicienne n’alluma sa lampe que pour qu’elles trouvent une large caisse remplie de paquets chips pour se dissimuler. Entre le carton et le mur, leurs deux gabarits avaient la place de se serrer sans problème. L’étudiante éteignit alors sa torche, plongeant les deux alliées dans le noir, sa main droite crispée sur sa machette. Elle sentit Abigail retenir sa respiration, elle semblait trembler légèrement, alors elle raccrocha sa lampe à sa ceinture pour pouvoir glisser mêler ses doigts aux siens. Un contact rassurant, sororal. Selene ferait tout pour qu’elles s’en sortent.

Une première voix s’éleva alors. A l’entendre, ils étaient quatre, mais rien ne garantissait qu’un ou deux autres ne faisaient pas le guet dehors. Le silence retomba, ponctué par uniquement quelques bruits de pas. L’endroit était grand, les filles avaient sans doute mis deux heures pour le ratisser entièrement, alors il leur faudrait au moins moitié moins temps pour le faire également. L’étudiante comprenait l’inquiétude palpable de l’irlandaise quand un autre des arrivants, plus proche, parla de leur voiture. C’était elles qu’on cherchait… Abigail voulait des réponses mais malheureusement, la musicienne n’en avait aucune. Néanmoins, pas jusqu’à ce que la suite la glace sur place :

- J’ai reconnu la voiture, c’est eux…
- Qui ça, eux ? Tu veux dire…
- Ouai… ceux qui on tué Melany, la voix hésita avant de raconter, on faisait du ramassage, une bande de mordeurs a débarqué à cause de débiles qui tiraient en pleine ville. On a été séparés et quand je l’ai retrouvée, elle était morte… j’ai juste eu le temps de voir un grand mec embarqué une fille dans cette voiture et ils sont partis. Ils l’ont battue à mort p’tain… ça fait 3 mois que j’attends de leur faire la même chose.

Selene ferma les yeux, prise d’une soudaine nausée. Ce crime, elle pensait l’avoir abandonné dans son sillage, premier fruit de sa démence latente. Mais voilà qu’il la rattrapait, sournois, une épée de Damoclès qui lui tombe enfin sur la tête. Elle n’avait pas fait exprès ! La peur l’avait rendu folle, un simple accès de démence passagère, qui avait couté la vie d’une innocente. Elle ne savait pas qu’il y avait eu des témoins… ses paupières s’ouvrirent, écarquillées d’effarement désormais. Sa main serra plus fort encore celle d’Abigail, la terreur lui donna le tournis : ces types voulaient la tuer. Ils ne savaient pas encore que c’était elle, mais ça revenait au même.

Que faire ? Les pas approchaient, elle pourrait jaillir de l’ombre, l’effet de surprise lui donnait l’avantage. Avec deux de moins, les choses seraient peut-être plus gérables, mais elle serait alors la criminelle qu’ils recherchaient, sans aucune possibilité de négociation. Les filles pourraient aussi simplement se faufiler jusqu’à la sortie : l’entrepôt était si grand que c’était possible, mais il faisait noir… et même si elles y parvenaient sans trébucher sur un paquet ou un rôdeur, quelqu’un pouvait les attendre dehors.

Tue-les.
Une voix sifflante s’élevait dans l’enceinte de son crâne.
Tue-les.
Aiguë et déchirante.
Rappelle-toi... tu n’as pas tué Doug à Seattle, il a fait violer Flann. Tu n’as pas tué Alice après Brinnon, elle a défiguré Bobby.
Tue-les.

La réalité s’estompait lentement. Le contact de la peau de l’irlandaise, son regard effrayé dans les ténèbres, les pas en approche…

- Hey les gars ! Le son de la porte de l’entrepôt qui s’ouvre en hâte ramena la musicienne sur terre, les morts arrivent ! Une trentaine, on fait quoi ?!
- Attire-les par ici, répondit une voix après un instant d’hésitation, ils tiendront compagnie à nos amis qui se cache quelque part…


Go back and forward, but all is melting like the snow ♪ Taking all from us, all we thought was left to know ♪ On what we treasure falls a dusty snow ♪ taking us backwards, but where we will never know.
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MessageSujet: Re: Follow me down to Costco   Aujourd'hui à 15:04

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